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Et en la premiere on trounera dinerfes confiderations touchant les [ciences. En la feconde, les principales regles de la Methode que l'Autheur a cherchée, En la 3, quelques vnes de . celles de la Morale qu'ilatirée de cete Methode. En la &, les raifons par lefquelles il pronue l'exiflence de Dieu , © de l'ame humaine, qui four les fondemens de [a Metaphyfique. En la 5, l’ordre des queffions de Phyfique qu'il a cherchées, & particulierement l'explication du mounement du cœur, © de quelques autres difficulte? qui appartie= . nent a la Medecine, puis au[]y la difference qui eff entre noftreame & celle des beffes. Et en la derniere, quelles chofes il croit eftre requifés our aller plus auant en la recherche de la Nature qu'il n'acfté, © quelles raifons l'ont fait efcrire. WW DC s tust à ae ® eftre fibien pouruû,que ceux mefme qui 1] Lo %) {ontles plus difficiles a contenter en tou- Pre te autre chofe, n’ont point couftume d'en blable que tous fe trôpent: Mais plutoft celatefmoigne PREMIERE PARTIE. lus qu'ilkenont. En quoyiln'eft pas vray fem- que la puiffance de bieniuger , & diftinguer le vray d’auecle faux, qui eft proprement ce qu'on nomme le bon fens, ou la raifon , eft naturellement efgale en tous leshommes, Etainfi queladiuerfitéde nos opinionsne vient pas de ceque les vns font plus raifonnables que les 8 2 .'AUTES foi 4 Discours autres, mais feulement de ce que nous conduifons nos penfées par diuerfes voyes,& ne confiderons pasles mef- ineschofes. Car ce n'eft pas aflez d’ auoir l’ efprit bob, mais le principaleft de l'appliquer bien. Les plus grandes ames font capables des plusgrans vices, auffy bien que des plus grandesvertus: Et ceux qui ne marchent que fort lentement peuuent auancer beaucoup d’auantage, s'ils fuiuent toufiours le droit chemin, que ne font ç ceux quicourent, & qu s'en efloignent. Pour moy ie n’ay iamais prefume que mon efprit fuft en rien plusparfait que ceux du commun: mefme j'ay fouuent fouhaité d’auoir la penfee auflÿ prompre , ou l'imagination aufly nette & diftinéte, ou la memoire auf. {y ample, ou aufly prefente ,que quelques autres. Etie ne fçache point de qualitez que celles cy, qui feruent a la perfection de l’efprit: car pour la raifon, ou le fens, d’au- tant qu'elle eft la feule chofe quinous rend hommes, & nous diftingue des beftes, ie veux croyre qu’elle eft tou- te entiere en vn chaîcun ; & fuiure encecy l'opinion commune des Philofophes | qui difent qu’il n'y a du _plus & du moins qu'entre les accidens | & non point entre les formes où natures des #ndinidus d’vne mefme efpece_.. , Maisie ne craindray pas de dire queie penfe auoir eu beaucoup d'heur, de m'eftre rencontré dés ma ieuneffe en certains chemins, qui m'ont conduit à des confidera- tions & des maximes, dont r l'ay forme vne Methode, par Taquelleilme femble que i’ay moyen d'augmenter par degrez ma connoiffance, & de l’efleuer peu a peu au plus haut Ales la mediocrité de mon efprit & la cour- te du- DS} De La METHODE. s te durée de ma vie luy pourront permettre d'atteindre. Car ïi'en ay defa receuilly de tels fruits , qu'encore qu'aux iugemens queie fais de moymefme , ie tafche tou fiours de pencher versle coftéde la defiance , plutoft que vers celuy de la prefomption, & que regardant d'vn œilde Philofophe les diuerfes a&ions & entreprifes de tous les hommes , iln'y en ait quañ aucune quine me femble vaine &inutile, lene laiffe pas de receuoir vne extreme fatiffaétion du progrés que ie penfe auoir defia fait en la recherche de la verité, & deconceuoir de telles efperances pour l'auenir,que fientre lesoccupations des hommes, purement hommes, ily en a quelqu'vne qui * foit folidement bonne &importante , iofe croyre que c'eft celle que iay choifie. Toutefois il fe peut faire que ie me trompe. & ce n'eft peuteftre qu’ vn peu de cuiure & de verre que ie prens pour de l'or & des diamans. le fcay combien nous fom- mes fuiéts anous méprendre en ce qui nous touche; & combien aufly les iugemens de nos amis nous doiuent eftre fufpeéts, lorfqu'ils font en noîftre faueut. Maisie feray bien ayfe de faire voir en ce difcours quels font les chemins queiay fuiuis, & d'y reprefenter ma vie com- me en vn tableau, afin que chafcun en puiffe iuger, & qu'apprenant du bruit commun les opinions qu'on en aura , ce foit vn nouueau moyen dé m'inftruire, que i’ad- ioufteray a ceux dont i’ay couftume de meferuir. Ainfi mon deffein n’eft pas d’enfeigner icy la Metho- de que chafcun doit fuiure pour bien conduire faraifon: . mais feulement de faire voir en quelle forte j’ay tafché de conduire lamiene. Ceux qui fe meflent de donner 4 3 des #£ -Drscou:r:s. des preceptes, {e doiuenteftimer plus habiles, que ceux. aufquelsils des donnent, & s'ils manquent en la moin- dre chofe, ilsen font blafmables. Mais ne propofant cet efcrit,que comme vnehiftoire,ou fi vousl'aymez mieux que comme vne fable,en laquelle parmi quelques exem- ples qu'on peutimiter, on en trouuera peuteftre aufly plufieursautresqu’onaura raifon de ne pas fuiure,ïefpe- re qu'il fera vtile a quelques vns, fans eftre nuifible a per- _. & que tous me fçauront gré de ma franchife, Fay efténourriauxlettres dés monenfance, & pour- cequ'on me perfuadoit que par leur moyen on pouuoit acquerir vne connoiffance claire & affurée de tout ce qui eft vtile a la vie, ï auois vn extreme defir de les appreu- dre. Mais fitoft quei’eu acheué tout ce cours d’eftudes, au bout duquel ona couftume d’eftre receu au ran g des doctes , ie changay entierement d'opinion. car ie me trouuois embarafé de tant de doutes & d'erreurs, qu'il me fembloit n’auoir fait autre profit en tafchant de m’in- ftruire, finon que’auois décounert de plusen plus mon ignorance. Etneanmoinsreftois:en l'vne des plus cele. bres efcholes de l'Europe, où ie penfois qu'il deuoit ÿ auoir de fçauans hommes s’il y en auoit en aucun endroit de la terre: l'yauois appris tout ce que les autres y ap- prenoient,; & mefme ne m'eftant pas contentédes fcien- ces qu'on nons.enfei gnoit, Y'auois parcouru tous les liu- res, traitans de celles qu’on eftime les plus curieufes & . les plusrares, qui auoient pû tomber.entre mes mains: Auec celaie fçauois les iugemens que les autres faifo- ient de moy, & ie ne voyois point qu'on m'eftimaft infe- rieur a mes condifciples, bienqu'il y en.euft defa entre F cux DE LA METuop»r, eux quelques vns,qu'on deftinoit aremplirles places de nos maiftres: Et enfin noftre fiecle me fembloit auffy fleuriffant, & auflÿ fertile en bonsefprits, qu'ait efté au- cundesprecedens. Cequime faifoit prendre laliberté, de iuger par moy de tousles autres, & de penfer qu'il n'y auoit aucune doctrine dansle monde qui fuft telle qu’on m'auoit auparauant fait efperer. Te nelaiflois pas toutefois d’eftimerles exercices, au{-- quels on s'occupe dans les efcholes. Ie fçauois que tes langues qu'on y apprent font neceffaires pour l’intelli: ence des liuresanciens ; Que la gentilleffe des fables reueille l'efprit; Queles actions memorables des hiftoi- - res.le releuent , & qu’eftant leuës auec difcretion elles aydént a formerleingement, Cuelalecture detous les bons liures eft comme vne conuerfation auec les plus _ honneftes gens des fiecles paffez, qui en ont efté les au- theurs, & mefmevne conuerfationeftudiée, en laquelle: ils ne nous découurent que les meilleures de leurs pen- fées, Que l’'Eloquence a des forces & des beautez in comparables; Que la Poëfie a des delicatefles & des douceurstresrauiffantes ; Que les Mathematiques ont desinuentions tresfubtiles , & qui peuuent beaucoup . feruir, tant a contenter les curieux, qu'a faciliter tous les arts, & diminuerle trauail des hommes, Que-les efcris qui traitent des meurs contienent plufieurs enfeigne- mens, & plufieurs exhortations a la vertu qai font fort vtiles, Que la T'heologie-enfeigne a gaigner le ciel, Que la Philofophie donne moyen de parler vrayfemblable- ment de toutes chofes, & fe faire admirer des moins fçauans,; Que la lurifprudence, la Medecine, & les autres À 4 | fcien- - Le . # - Das cours. _fciences apportent des honneurs & des richeffes a ceux. quiles cultiuent, Et.enfin qu'il eft bon de les auoir tou- tesexaminées, méfiñe les plus fuperftitieufes & Les plus fauffes, afin de connoiftre leuriufte valeur , &fe te d'erieftre trompé. - Maïs ie croyois auciidefs ia donne affez de tems aux langues; & mefme aufly a la leéture des liures anciens, & a leurs hiftoires, & aleurs fables. Carc'eft quafi le mef. me de conuerfer auecceux des autres fiecles, que de voyager. Ileft bon de fçauoir quelque chofe des meurs de diuers peuples, affin de iuger des noftres plus faine- ment, & quenous ne peufon$ pas que tout ce qui eft contre nos modes foit ridicule, & contre raifon ; ainfi qu'ont couftume de faire ceux quin'’ont rien và : Mais lorfqu'onemploye trop de tems a voyafger on deuient enfin cftranger en fon païs; & lorfqu'on eft trop curieux des chofes qui fe pratiquoient aux fiecles paifez, on de- meure ordinairemenit fort ignorant de celles qui fepra- tiquenten cetuycy. Ontre que lesfables fontimaginer Plufieurs euenemens comine poflibles qui ne le font point; Et que mefine les hiftoires les plusfideles, fi elles 4 échangent ny n’angment la valeur des chofes pour les. - rendre plus dignes d’eftreleuës, au moinsen omettent elles prefque toufiours les plus baffes. & moins illuftres _circonftances, d’où vient que le refte: ne paroift pas tel qu'ileft, & que ceux qui reglent leurs meurs parites exemples qu'ilsentirent, font fuiets a tomber dans les extrauagances desPaladinsde nos romans, & a conce- uoir des deffeins qui paffent leurs forces. :: : l'eftimois fort l'Eloquence, & i’eftoisamoureux: dé la Poëfie: 162: À | DE La METHODE. 9 Poëfie: Maisie penfois quel vne & l'autre eftoient des dons de l'efprir, plutoft que des fruits del'éftude. Ceux qui ont le raifonnementle plus fort , & quidigerent le mieux leurs penféesain deles rendre claires & intelli- gibles, peuuent toufiours le mieux perfuader ce qu'ils propofent, encore qu'ils ne parlaffent que bas Breton, & qu’ils n’euffent jamais apris de Rhetorique: Etceux qui ont les inuentions les plus agreables & qui les fçauent exprimer auec le plus d'ornement &.de douceur ne lair- roient pas d’eftre les meilleurs Poëtes, encore que l'art Poëtique leur fuft inconnu. | | Ie me plaifois fur tout aux Mathematiques, a caufe de la certitude & del’euidence de leursraifons, maisiene remarquois. point encore leur vray vfage AE ce 1 penfant qu'elles ne feruoient qu'aux arts Mechaniques , ie m'ef- tonnois.de ce que leurs fondemens eftans fi fermes &c fi folides, on n’auoit rien bafti deffus de plusreleuc. Com- me au contraire ie comparois les efcris des anciens _ payens qui traitent des meurs, à des palais fort fuperbes, & fort magnifiques, qui n’eftoient baftis que fur du fa- ble, & fur de labovë, Ilsefleuent forthautles vertus, &c les font paroiftre eftimables par deffustoutes des chofes qui font au monde, maisils n’enfeignent pas affez a les connoiftre, & fouuent ce qu'ils appelent d'vn fi beau nom n'éft qu'vneinfenfibilité, ou vn orgueil, ou vn defe= fpoir,ou va parricide. brise le reuerois noftre Theologie , & pretendois autant qu'aucun autre a gaigner le ciel; mais ayant apris com- me chofe tresaflurée, que le chemin n’en.éft pas moins ouuettauxplusignorans qu'aux | doctes , & que les ’ veritez 10 Dirscours, veritez reuelées qui y conduifent, font audeffüs de no- ftre intelligence, ie n'euffe ofe Les foumettre à la foiblef fe de mes raifonnemens , & ie penfois que pour entre- prendre de les examiner, & y reuflir , il eftoit ed &auoir quelque extrordinaire aflftence du ciel, d'eftre plusqu'homme. Je ne diray rieñ dela Philofophie , finon que voyant qu’elle aefté cultiuée par les plus excellens efprits qui ayent vefcu depuis plufieurs fiecles , & que neanmoins. il ne s’y trouue encore aucune chofe dont on ne difpute; & par confequent quine foit douteufe , ie n’auois point aflés de prefomption pour efperer d'y rencontrer mieux que les. autres ; Et que confiderant combien il peut y auoir de diuerfes opinions touchant vne mefme matie- re, qui foient fouftenués par des gens doctes, fans qu il 4 en puiffe auoir iamais plus d'vne feule qui foit vraye , reputois prefque pour faux tout ce qui-n'eftoit qu js _femblable. Puis pour les autres Fin ea d' autant qu’elles emprüne tent leurs principes de la Philofophie,. ie iugeois qu’on ne pouuoit auoir rien bafti qui fuft folide, far des fonde- mens fi peu fermes; Etny l'honneur , ny le gain qu ‘elles. promettent, n ’eftoient fuffans, pour me conuier à les apprendre: Carieneme fentois point, gracesa Dieu, de condition, quim'obligeaft a faire vn meftier de la fcien. ce, pour la foulagement de ma fortune ; Et quoy que ie. ne fiffe pas profeflion de mefprifer la gloire en Cynique, | ie faifois neanmoins fort peu d’eftat de celle que ie n'efperois point pouuoir acquerir qu'a faux titres. Et enfin pour les mauuaifes doétrines , ie penfois defa con- noiftre DE La METHODE. TI noiftre aflés ce qu'elles valoient,pourn’eftre plus fuiet a eftre trompé, ny par les promefles d’vn Alchemifte , ny parlesprediétions d'vn Aftrologue, ny par les impoftu- res d'vn Magicien, ny par les artifices ou la venterie d’aucun de ceux qui font profeffion de fçauoir plus qu’ils ne fçauent. | C’eft pourquoy fitoft que l'aage me permit de fortir de la fuietion de mes Precepteurs , ie quittay entiere- ment l’eftude deslettres. Et me refoluant de ne cher- cher plus d’autrefcience, que celle qui fe pourroit trou- ueren moymefme, oubien dansle grand liure du mon- de, l'employay le refte de maieuneffe à voyager , à voir des cours, & des armées, à frequenter des gens de diuer- fes humeurs & conditions, à receuillir diuerfes experi- ences,à m'éfprouuer moymefme danses rencontres que la fortune me propoloit, & partout à faire telle reflexion fur les chofes qui fe prefentoient que i’en puffe tirer quelque profit. Carilme lembloit que ie pourrois ren- contrer beaucoup plus de verité dans les raifonnemens que chafcun fair,touchantles affaires qui luy i importent, & dont l'euenement le doit punir bientoft apré s’ila mal iuge; que dans ceux que fait vn homme de lettres dans * #fon cabinet touchant desfpeculations quine produifent aucun effect, & qui ne luy font d'autre confequence, fi- non que peuteftre il en tirera d’autant plus de vanité qu’elles feront plus efloignées du fens commun : a caufe qu'il aura deu employer d’autant plus d’efprit & d’arti- fice à tafcher de les rendre vrayfemblables. Et i’auois toufiours vn extreme defir d'apprendre a diftinguer le vray d’auec le faux, pour br: clair en mes actions, 2 | X 12 : Drscours & marcher auec aflurance en cete vie: Ileft vray que pendant que ie ne faifois que conf de- rerles meurs desautres hommes, ie n'y trouuois gueres dequoy n'aflurer, & que 1’ÿ remarquois quafi autant de diuerfité que f’auois fait auparauant entre les opinions - des Philofophos . En forte que leplus grand profit que j'en retirois,eftoit que voyant plufieurs chofes, qui bien- qu'elles nous femblent fort extrauagantes & ridicules, ue Jaiffent pas d’eftre communement receuës & approu- uées par d’autres grans peuples , i’apprenois a ne rien croire trop fermement de ce qui ne m'auoit efté perfua- déque par l'exemple & par la couftume : Etainfiie me deliurois peu a peu de beaucoup d'erreurs, qui peuuent offufquer noftre lumiere naturelle, & nous rendre moins. capables d'entendre raifon. Maïs aprés que eu employé quelques années a eftudier ainfi dans le liure du monde, & a tafcher d'acquerir quelque experience , ie pris vn jour refolution d’eftudier auffy en moymefme, & d’em- ployer toutes les forces de mon efprit a choyfir les che- mins que ie deuois fuiure. Ce qui me reuflit beaucoup mieux, ce me femble, que fi iene me fuffe iamais efloi- gné, ny de mon pais, ny de mes hures. Secôde. l’étois alors en Allemaigne ou l’occafon des guerres partie, quin'y font pas encorefinies m'auoit appelé, & comme je retournois du couronnement de l'Empereur vers l'ar- mée, le commencement de l'hyuer m'arefta en vn quar- tieroume trouuant aucune conuerfation qui me diuer- tift, &n’ayant d’ailleurs par bonheur aucuns foins ny pafions qui me troublaffent , ie demeurois tout le. iour enfermé feul dans vn poëfle , ou i’auois tout loyfir de m'en- DE LA METHODE. 13. m'entretenir dé mes penfées. Entre lefqu’ellesl'vne des premieres, fut que ie m'auifay de confiderer , que fou- uent il n’y a pas tant de perfection dans les ouurages compofez de plufieurs pieces, & faits de la main de di- uers maiftres, qu'en ceux aufquels vn feul a trauaillé. Ainfivoit on queles baftimens qu’vn feul Architecte à entrepris &acheuez, ont couftume d’eftre plus beaux & mieux ordonnez, que ceuxque plufeurs ont tafché'de racommoder , en faifant feruir de vieilles murailles qui auoient efte-bafties a d’autres fins. Ainfi ces ancienes citez, qui n'ayant efté au commencement que des bour- gades, font deuenuës par fucceflion detems de grandes villes, font ordinairement fi mal compañfées , au pris de ces places regulieres qu'vnIngenieur trace a fa fantaifie dans-vne plaine, qu'encore que confiderant leurs edifi- ves-chafcun a part on y trouue fouuent autant où plus d'art qu’en ceux des autres, toutefois a voir comme ils Âontarrangez, icyvngrand, lavnpetit , & commeils rendent les rues courbées & inefgales,on diroit que c’eft plutoft la fortune, quela volonté de quelques hommes vfansde raifon, qui lesaainfi difpofez: Et fion confide- re qu’il y a eu neanmoins de tout tems quelques offi- ciers, qui ont eu charge de prendre garde aux baftimens desparticuliers, pour les faire feruir a l’ornement dupu- blic; on connoiftra bien qu’ileft malayfé , enne trauail- lant que farles ouurages d'autruy , de faire des chofes fortaccomplies. Ainfi ie m'imaginay que les peuplés, qui ayant efté autrefois demifauuages, & ne s'eftant ci- uilifez que peu a peu , n'ont fait leurs lois qu'a mefure que l'incommodité des crimes & des querelles les y a CON 3. | TA ASC ONU AE. | contrains, ne fçauroient eftre fibien policez , que ceux qui désle commencement qu'ils fe font affemblez, ont obferué les conftitutions de quelque prudent Legifla- teur. Commeil eft bien certain que l'Eftat de la vraye religion, dont Dieu feul a fait les ordonnances, doit eftre incompatablement mieux regléque tous lesautres. Et pour parler des chofes humaines, ie croy que fi Sparte a efté autrefois tresfloriffante, ce n’a pasefté à caufe de Ja bonté de chafcune de fesloix en particulier, vû que plufieurs eftoient fort eftranges, & mefme contraires aux bonnesmeurs, mais a caufe que n'ayanteftéinuen- tées que par va feul, elles tendoient toutes a mefme fin. Et ainfiie penfay que les fciences des liures,au moins cel. les dont les raifons ne font que probables, & qui n’ont au- cunes demonftrations , s'eftant compofées & groflies peu a peu des opiniôs de plafieurs diuerfes perfonnes,ne {ont point , fiapprochantes de la verité’, que les fimples raifonnemens que peut faire naturellement vn hôme de bon fens touchant les chofes qui fe prefentent. Et ainf encore ie penfay ,que pourceque nous auons tous efté enfans auant que d’eftre hommes , & qu’il nous a fallu long tems eftre gouuernez par nosappetis & nos Prece- pteurs, qui eftoient fouuent contraires Les vns aux au- tres, & qui ny les vns ny les autres ne nous confeilloient peuteftre pas toufiours le meilleur, Ileft prefq; impoffi- ble que nos iugemens foient fi purs, ny fi folides qu'ils au- roient efté , fi nous auions eu l’vfage entier de no- ftre raifon dé le point de noftre naiffance , & quenous n’euffons jamais efte conduits que par elle. ILeft vray que nous ne voyons point qu’on iette par terre De LA METHOBE.. 1$ terre toutes les maifons d’vne ville, pour le feul deffein de les refaire d'autre façon, & d’en rendre les ruës plus belles;mais on voit bien que plufieurs font abatre les leur pour les rebaftir, & que mefme quelquefois ils y font contrains, quand elles font en danger de tomber d’elles mefmes, & que les fondemensn’en font pas bien fermes. À l'exemple dequoy ie me perfuaday , qu'il n'ÿ auroit véritablement point d'apparence, qu'vn particulier fift deffein de reformer vn Eftat,en y changeant tout désles fondemens,. & en le renuerfant pour le redreffer , Ny.. mefme auffy de reformer le cors des fciences, ou l’ordre eftabli dans lesefcholes pour les enfeigner. Mais que pour toutes les opinions que i'auoisreceuës iufques alors en ma creance, ie ne pouuois mieux faire que d’entre-- , prendre vne bonne fois de les enofter , affin d’y en re- mettre parapres, ou d'autres meilleures, oubien les mef- mes, lorfque ie les aurois aiuftées au niueau de la raifon. Etie creu fermement que par ce moyenie reuflirois a: conduire maviebeaucoup mieux, que fiiene batiflois. que fur de vieux fondemens , & que ie ne m'appuiañle que fur les principes queie m’eftois lai perfuader en. ma ieunefle , fans auoir iamaisexamine s'ils eftoient vrais. Car bienque ie remarquaffe en cecy diuerfes diff. cultez, elles n'eftoient point toutefois fansremede , ny comparables a celles qui fe trouuent en la reformation des moindres chofes quitouchent le public. Ces grans cors font trop malayfez à releuer eftant abatus, ou mef: me a retenir eftant esbranflez, & leurs cheutes ne peu-- uent eftre que tres rudes. Puis pour leursimperfedions, silsenont , comme la feuledinerfité qui eft entre eux. | | | loft. 2% ARE MD -H:S-Cioiu kr 5 | fuffit pouraffurer que plufieursen ont, l’vfage les a fans doute fort adoucies, & mefmeil en a euité, ou corrigé infenfiblement quantité , aufquelles on ne pourroit fi bien pouruoir parprudence , Et enfin elles font quafi toufours plus fupportables que ne feroit leur change- ment, En mefme façon que les grans chemins, qui tours noyent entre desmontaignes , deuienent peu a peu fi vais & ficommodes, à force d’eftre frequentez, qu'il eft beaucoup meilleur de les:fuiure , .que d'entreprendre d'aller plus droit, en grimpant au deffus.des rochers, & defcendant iufques au bas des precipices. C'eft pourquoyienefçaurois aucunement approuuer ces humeurs brouillonnes, & inquietes , qui n’eftant ap- pelez, ny parleurnaiffance, nypar leur fortune, au ma- niement des affaires publiques, ne laiflent pas d' y faire toufioursen Idée quelque nouuelle reformation. Ertfiie penfois qu'il y euft la moindre chofe en cet efcrit, par la- quelle on me püft foupçonner de cetefolie, ie ferois tres marry de fouffrir qu'il fuftpublié. Iamais mon deflein, ne s'eft eftendu plus auant que de tafcher a reformer mespropres penfées, & de baftir dans vn fons qui eft tout amoy. Que monouurage m'ayant aflez pleu, ie vous enfais voiricyle modelle , ceneft pas pourcela queie veuille confeiller a perfonne de l'imiter : Ceux que Dieu a mieux partagez de fes graces aurôt peuteftre des deffeins plus releuez, maisie crains bien que cetuy-cy ne {oit defia que trop hardi pour plufieurs. La feule refolu- tion de fe défaire de toutes les opinions qu’on a receuës auparauant en fa creance , n’eft pas vn exemple que chaf- cun doiue fuiure : Etle monde n’eft quafi compofé que | de DE LA METHODE, 17 de deux fortes d’efpris aufquels il ne conuient aucune- ment. À fçauoir de ceux qui fe croyans plus habiles qu'ils ne font ne fe peuuent empefcher de precipiter leurs iugemens, ny auoiraffez de patience pour condui- re par ordre toutes leurs penfées : d’où vient que s'ils auoient vne fois pris la liberté de douter des principes | qu'ils ont receus, & de s’efcarter du chemin commun ia- mais ils ne pourroient tenir le fenrier qu'il faut prendre pour aller plus droit , & demeureroient efgarez toute leur vie. Puis de ceux qui ayant affez de raifon, ou de modeftie, pouriuger qu'ils font moins capables de di- ftinguer le vray d’auec le faux que quelques autres par Jefquels ils peuuenteftreinftruits, doiuent bien plutoft fe contenter de fuiure les opinions de ces autres, qu'en chercher eux mefmes de meilleures. Et pour moy f’aurois efté fans doute du nombre deces derniers , fi ie n’auois iamais eu qu'vn feul maïftre, ou queie n'euffe point fceu les differences qui ont efté de touttems entre les opinions des plus doétes. Mais ayant appris défle College, qu'on ne fçaufoit rien imaginer de fi ftrange & fi peu croyable, qu'iln’ait efté dit par quel- qu'vn des Philofophes, Et depuis en voyafgeant ayant reconnu, que tous ceux qui ont des fentimens fort cor trairesaux noftres, ne font pas pour cela barbares ny fau- uages, mais que plufieurs vfent autant ou plus que nous de raifon, Et ayant confideré combien vn mefme hom- me, auec fon mefme efprit, eftant norri dés fon enfance entre des François ou des Allemans, deuient different de ce qu'il feroit, s’il auoit toufiours vefcu entre des : Chinois ou des Canibales ; Et comment iufques aux c modes 18. | Discours. modes de nes habits, la mefme chofe quinousaplüilya dix ans, & qui nous plaira peuteftre encore auantdixans,. nous femble maintenant extrauagante & ridicule: En - forte que c’eft bien plus la couftume & l'exemple qui nous perfuade, qu'aucune connoïffance certaine ;, Et que neanmoins la pluralité des voix n’eft pas vne preune qui vaille rien, pour les veritez vu peu malayfees a dé- couurir, a caufe qu'ileft bien plus vrayfemblable qu'vn homme feulles ait rencontrées que tout vn peuple. Je ne pouuois choifir perfonne dont les opinions me fem- blaffent deuoir eftre preferées a celles des autres, & ie me trouuay comme contraint d'entreprendre moymef- me de me conduire. | ; Mais comme vn homme qui marche feui, &dansles tenebres, ie me refolu d’allerfilentement , &d’vferde tant de circonfpeétion en toutes chofes, que fi ie n’auan- Gois que fort peu,ie me garderois bien au moins de tom- ber. Mefme ie ne voulu point commencer a reietter tout a fait aucune des opinions, qui s’eftoient pü cliffer autrefois en ma creance fans yauoir efté introduites par la raifon , que ie n'eufle auparauant employé aflez de tems à faire le proiet del’ouurage que i'entreprenois, & à chercher la vraye Methode pour paruenir à la connoif. fance de toutes les chofes dont mon efprit feroit ca- pable. | | Pauois va peu eftudié, eftant plus ieune, entreles par. ties de la Philofophie à la Logique, &entreles Mathe- matiques a l'Analyfe des Geometres, & àl'Algcebre,trois ars ou fciences qui fembloient deuoir contribuër quel- que chofea mon deffein.. Mais enles examinant ie pris garde, DE LA METHopez, 19 garde, que pour la Logiquefesfyllogifmes , &la plus part de fes autres inftruétions feruent plutoift a expli- quer a autruy les chofes qu’on fçait, oumefme, comme lartdeLulle , a parler fans iugement de celles qu’on ignore, qu’à les apprendre. Er bienque elle contieneen effect beaucoup de preceptestres vrais &tres bons, ily en a toutefois tant d’autres meflez parmi, qui font ou nuifibles ou fuperflus, qu'ileft prefque aufly malayfé de les en feparer, que de tirer vne Diane ou vne Miuerue hors d'vn bloc de marbre qui n’eft point encore ébau- ché Puis pour lAnalyfe des anciens, & l’Alcebredes modernes, outre qu'elles ne s’eftendent qu’a des matie- res fort abftractes, & qui ne femblent d'aucun vfage, La premiere eft toufioursfiaftrainte a la confideration des figures, qu’elle ne peutexercer l'entendement{ans fati. guer beaucoup l'imagination, Et on s’eft tellement af fuieti en la derniere a cerraines reigles | & a certains chiffres, qu'on en a fait vnart confus & obfcurquiem- barraffe l’efprit, au lieu d'vnefcience quilecultiue. Ce ‘qui fut caufe queie penfay qu'il falloir chercher quelque autre Methode, qui comprenant les auantages de ces trois, fuft exempte deleurs defaux. Et comme la mul- titude des loix fournift fonuent des excufes aux vices; en forte qu'vneftat eft bien mieux reiglé, lorfque n’en ayant que fort peu, elles y font fort eftroitemént obferuées: Ainfi au lieu de ce grand nombre de preceptes dont la Logique eft éoripolée’ , ie creu que j’aurois affez des quatre fuiuans, pourvüque ie prifle vne ferme & con- ftanterefolutionde ne manquer pas vne feule fois a les obferuer. à | | ÿ, c'3 Le 20- DPTSCCURS | Le premier eftoit de ne receuoiriamaisaucune chofe pour vraye queie nelaconnuffeeuidemmenteftre telle: c'eft à dire, d'euiter foigneufementla Precipitation, & la Preuention, & de ne comprendre rien de’ plus en mes iugemens, que ce qui fe prefenteroit fi clairement & fi diftinctementa mon efprit, que ie n ‘euffe. aucune occa- fion de le mettre en doute. Le fecond, de diuifer chafcune des difficultez que _jexaminerois en autant de parcelles qu'ilfe pourroit, & qu'il feroit requis pour les mieux refoudte. Le troifiefme de conduire parordre mes-penfées, en commenceant par les obietsles plus fimples, & les plus ayfeza connoiftre , pour monter peu a peu comme par. degrez iu fques a la connoiflance des plus compolez: Et fappofant mefme de l'ordre entre ceux qui ne fe prece- dent point naturellement les vnsles autres. Et le dernier de faire partout des denombremens fi entiers, &.des reueués fi generales,que ie fuffe afluréde- ne rienomettre.. Ces longues chaifnes de raifons toutes finaples & faci- les, dont les Geometres ont couftume de fe feruir, pour paruenir a leurs plus difficiles demonitrations, m'auoient. donné occafion de m'imaginer,que toutes les chofes qui. peuuent tomber fous la connoiffance des hommes s'en. trefuiuent en mefme façon , & que pourvü feulement qu'on s’abftiene d'en reçeuoir aucune pour vraye qui ne le foit,& qu'on garde toufiours l’ ordre qu'il faut pour les. déduire les vnes des autres | il n’y en peut auoir de fi efloignées aufquelles enfin on ne paruiene , ny de fica- chées qu'on nedécouure, Etie ne fus pas beaucoup en peine. De La METHODE. 21- peine de chercher par lefquelles il eftoit befoin de com- mencer: carie fçauois defia que c'eftoit par les plusfim- ples & les plus ayfées a connoiftre, & confiderant qu’en- _tre tous ceux qui ont cy deuant recherchéla verité dans les fciences, iln'y a eu que les feuls Mathematiciens qui ont pù trouuer quelques demonftrations , c'eft à dire quelques raifons certaines & euidentes , ie ne doutôis point que ce ne fuft par les mefmes qu'ils ont exami- nées, bienque ie n’en efperafle aucune autre vtilité, fi- non quelles accouftumeroient mon efprit a fe repaiftre- de veritez, &nefe contenter point de faufles raifons.. Mais ie n’eu pas deffein pour cela de tafcher d’appren- dre toutes ces fciences particulieres qu’on nomme communement Mathematiques: & voyant qu’encore que leurs obiets foient differens, elles ne laiffent pas de s'accordertoutes , en ce quelles n’y confiderent autre chofe que les diuers ra ppors ou proportions qui s'y trou- uent, iepenfay qu'il valoit mieux que rexaminaffe {eu- lement ces proportions en general, & fans les fappofer que dans les fuiets qui feruiroient a m’en rendre la con. noiffance plus ayfée ; mefme aufly fans les ‘y aftreindre aucunement, afhn de les pouuoir d'autant mieux appli- quer aprés atous les autres aufquelselles conuiendroiët. Puis ayant pris garde que pour les connoiftre, i’aurois quelquefois befoin de les confiderer chafcune en parti culier, & quelquefois feulement de les retenir, ou de” les comprendre plufieurs enfemble: ie penfay que pour les confiderer mieux en particulier, ie les deuois fu ppo- fer en deslignes, à caufe que ie ne trouuois rien de plus fimple, ny queie pûffe plus diftinétement reprefenter à: 8 3 mon { 22 Discours. | mon imagination & à mes fens, mais que pour les rete- nir, ou les comprendre plufieurs enfemble, il falleitque ie les expliquaffe par quelques chiffres les plus courts -qu'il feroitpofhible. Et que par ce moyen 'emprun- -terois tout le meilleur de l’Analyfe Geometrique, & de l'Algebre, & corrigerois tous les defaus de l’vne par l'autre. Commeen effect rofe dire, quel’exatte obferuation de ce peu de preceptes que f'auois choifis,me donna tel le facilité a demefler toutes les queftions aufquelles ces deux fciences s'eftendent, qu'en deux ou troismois que i’employay ales examiner, ayant commencé parles plus fimples & plus generales, & chafque verité que ie trou- uois eftant vne reigle qui meferuoit aprés a en trouuer d’autres, non feulementie vins a bout de plufeurs que j'auoisiugées autrefois tres difficiles, maisil me fembla auffy verslafin que iepouuois determiner , en celles mefme que i’ignorois, par quels moyens, & iufques où, il eftoit poffible de lesrefoudre. En quey ie ne vous pa- roiftray peuteftre pas eftrefort vain, fi vous confiderez que n'y ayant qu'vne verité de chafque chofe , quicon- que la trouue en fçait autant qu'on en peut fçauoir,: Et que parexemple vn enfant inftruit en l'Arithmerique ayant faitvne addition fuiuant fesreigles, fe peut aflurer .d’auoir trouué, touchant la fomme qu’il examinoir, tout ce que l’efprit humain fçauroit trouuer. Car enfin la Me- thode quienfeigne à fniurele vray ordre , &à dénom- -brer exactement toutes les circonftances de ce qu'on cherche, contient tout ce qui donne de la certitudeaux eigles d’Arithmetique, ee à Mais Ds La METHODE. 2. Mais ce qui me contentoit le plus de cete Methode, . eftoit que par elle r'eftois afluré d'vferentout de marai- fon, finon parfaitement , au moins le mieux qui fuft en. mon pouuoir: outre que ie fentois en la prattiquant, que mon efprit s'accouftumoit peu a peu à conceuoir plus netement & plus diftinétement fes obiets ; & que ne l'ayant point afluiettie à aucune matiere particuliere ,ie me promettois de l'appliquer auffy vtilement aux difi- cultez desautres fciences,que auoisfaita cellesde l'Al- gebre.Non que pour cela 'ofaffe entreprendre d ‘abord. d'examiner teutes celles quifeprefenteroient. car cela. mefme euft efté contraire a l’ordre qu’elle prefcrit: Mais ayant pris garde que leurs principes deuoient tous eftre ‘empruntez dela Philofophie, en laquelle ie n’entrou- uoispoint encore de certains, ie penfay qu'il faloit auant tout queie tafchaffe d'yeneftablir, & que cela eftant la chofe du mondela plusimportante,. & où la Precipita- tion & la Preuention eftoient le plus a craindre, ie ne de- uois point entreprendre d’en venirabout,queie n’eufle attaint vnaage bien plusmeur que celuy de vingt-trois ans que j'auoisalors, Et que ie n’eufle auparauant em- ployé beaucoup de temsa m'y preparer, tant en deraci- _ nant de mon efprit toutes les mauuaifesopinions query auois receuës auant ce tems là, qu'en faifant amas de plufieurs experiences, pour eftre aprés la matiere de mes raifonnemens, & en m'exerceant toufours en la Metho- de queie m 'eftois prefcrire, si de m'y affermir de PA en plus. Fa Et enfin comme ce n'eft pas affez, auant de commen:- Troifi- | s cer arcbaftir lelogis ouon demeure, que de l'abattre, & partie. - | de | 24, MERS CO b RAS de faire prouifion de materiaux & d’Architectes,ou s'ex- ercer foymefme à l’Architeéture | & outre cela d'en auoir foigneufement tracé de deffein ; mais qu'il faut aufly s’eftre pourvû de quelque aûtre , où on puiffe eftre logé commodement pendant le tems qu’on y rrauaille- ra. Âinfi afin que ie ne demeuraffe point irrefolu en mes actions , pendant que la raifon m'obligeroit de leftre en mésiugemens, & que ie ne laiffaffe pas de viure dé lors Le plus hureufement queie pourrois ie me for- may vne morale par prouifion, qui ne confiftoit qu'en trois ou quatre maximes , dont ie veux bien vous faire part. | La premiere eftoit d’ subie aux lois & aux couftumes de mon païs , retenant conftanment la religion en 1a- quelle Dieu m'a fait la grace d'eftre inftruit dés mon enfance, & me gouuernant en toute autre chofe fuiuant les opinions les plus moderees, & les plus efloignées de l'excés qui fuffent communement receués en pratique, parles mieux fenfez de ceux auec lefquels raurois a vi- ure. Carcommenceant dés lors a ne conter pour rien - les mienes propres, à caufe que ie Les voulois remettre toutesal'examen , i'eftois afluréde ne pouuoir mieux quedefuiure celles des mieux fenfez. Et encore qu’ily enait peuteftre d’aufly bien fenfez parmi les Perfes ou les Chinois que parminous , il me fembloit que le plus vtile eftoit de me regler felon ceux auec lefquels r'au- _toisa viure; Et que pour fçauoir quelles eftoient verita- blement leurs opinions, ie deuois plutoft prendre garde acequ'il prattiquoient qu'a cequ'ils difoient;non feule- ment a caufe.qu'en a nt dre de nos mœursil ya peu DE LA METHODE. 25 peu de gens qui vueillent dire tout ce qu’ils croyent, mais auffy a caufe que plufieurs l'ignorent eux mefmes, car l’action de la penfée par laquelle on croit vne chofe eftant differente de celle par laquelle on connoift qu’on la croit, elles font fouuent l’vne fans l’autre.Et entre plu- fieurs opinions efgalement receuës, 1e ne choififlois que es plus moderées, tant a caufe que ce font toufiours les plus commodes pour la prattique, & vrayfemblablement Jes meilleures, tous excés ayant couftume d’eftre mau- uais, comme aufy affin de me détourner moins du vray chemin, en cas queie failliffe, quefi ayant choïifi l'vn des extremes, c'euft efté l’autre qu'il euft fallu fuiure. Ec particulierement ie mettois entre les exces toutes les promeffes par lefquelles on retranche quelque chofe de fa liberté: Non que ie defaprouuafñfe les lois, qui pouf remedier a l’inconftance des efprits foibles, permettent lorfqu'on a quelquebon deffein, ou mefme pour la feu- retédu commerce, quelque deffein qui n'eft qu'indifte- rent, qu’on face desvœux ou des contrats qui obligent a y perfeuerer: Mais a caufe que iene voyois au monde au- cune chofe qui demeuraft toufiours en mefmeeftat, & que pour mon particulier ie me promettois de perfe- ctionner de plus en plus mesiugemens, & non point de lesrendrepires , i’eufle penfé commettre vne grande faute contre le bon fens, fi pourceque i’approuuois alors quelque chofe, ie me fuffe oblige de la prendre pour bonne encore aprés, lorfqu’elle auroit peuteftre cefféde l'eftre,ou que j’aurois ceffé de l’eftimer telle, Ma feconde maxime eftoit d’eftre le plus ferme & le plus refolu en mes actions que ie pourrois, & de ne fuiure EE PR | a ‘pas AE rise Discours oui pas moins conftanment les opinions les plus douteufes lorfque ie m'y ferois vne fois determiné , que fi elles cuffenteftétresaflurées. Imitant en cecy les voyafgeurs qui fe trouuant efgarez en quelque foreft ne doiuent pas errer en tournoyant tantoft d’vn cofté tantoft d'vn au- tre, my encore moins s'arefter en vne place , mais mar. _ chertoufioursle plus droit qu'ils peuuent vers vn mef- me cofté, & ne le changer point pour de foibles raifons, encore que ce n'ait peuteftre efté au commencement. que le hafard feul qui les ait determinezale choifir : car parce moyen s'ilsne vont iuftement où ils defirent, ils. arriueront au moins à la fin quelque part, où vrayfem- blablementils feront mieux que dans le milieu d’vne fo- reft. Etainfiles actions de Ja vie ne fouffrant fouuent aucun delay, c'eft vne veritétres certaine, que lorfqu'il n'eft pas ennoftre pouuoir de difcérner les plus vrayes opinions, nous deuonsfuiureles plus probables, Et mef- me qu'encore que nous neremarquions point d’'auanta- ge de probabilité aux vnes qu'aux autres , nous deuons: neanmoins nous determiner a quelques vnes , Et les confiderer aprés non plus comme douteufes , en tant quelles fe rapportent à la prattique, mais comme tres. vrayes & tres certaines, à caufe que la raifon qui nous y a fait determiner fetrouuetelle. Etcecy fut capable dés lors de me déliurer de tous les repentirs & les remors, qui ont couftume d'agiter les confciences de ces efpris foibles & chancelans, qui fe laiffent aller inconftanment à prattiquer comme bonnes ,. les chofes qu'ils iugent apré eftre mauuaifes, .. Matroifiefme. maxime eftoit de tafcher toufours plutoft DE LA METHODE. 27 plutoft à me vaincre que la fortune, & à changer mes de- firs que l'ordre du monde : Et generalement de m'ac- couftumer à croire qu'il ny a rien'qui foit entierement en noftre pouuoir que nos penfees, en fortequ'apré que nous auons fait noftre mieux touchant les chofes qui nous font exterieures, tout ce qui manque de nous reuf- fr eft au regard de nous abfolumentimpoflible, Et ce- cy feul me fembloiteftre fufifant pour m'empefcher de rien defirer a l’auenir que ie n'acquiffe , & ainfi pour me rendre content: Car noftre volonté ne fe portant natu- : rellement a defirer que les chofes que noftre entende- ment luy reprefente en quelque façon comme poflibles, left certain que fi nous confiderons tous les biens qui {ont hors de nous comme efgalement efloignez de no- ftre pouuoir, nousn'aurons pas plus de regret de man- quer de ceux qui femblent eftre deus a noftre naiffance, lorfque nousen ferons priuez fans noftre faute, que nous auons de ne poffeder pas les royaumes de la Chine ou de Mexique: & que faifant,comme on dit, de neceffité ver- tu, nous ne defirerons pas d'auantage d’eftre fains eftant malades, ou d’eftre libres eftant en prifon, que nous fai- fons maintenant d’auoir des cors d’vne matiere aufly peu corruptible que les diamans, ou des ailes pour voler comme les oifeaux. Mais r'auouë qu’il eft befoin d’vn Jong exercice , & d’vne méditation fouuent reïterée, pour s’accouftumer a regarder de ce biais toutesles cho- fes: Et ie croy que c’eft principalement en cecy , que confiftoit le fecret de ces Philofophes, qui ont püû autre- fois fe fouftraire de l'empire dela Fortune, & malgréles douleurs s & la pauureté, difputer de la félicité auec leurs | 2 Dieux. "DIET Discours Dieux. Car s’occupant fans ceffe à confiderer js se nes qui lenr eftoient prefcrites par la Nature, ils fe per- fuadoient fiparfaitement que rien n’eftoit en leur pou uoir que leurs penfées, que cela feuleftoit fuifant pour les empefcher d'auoir aucune affection pour d’autres. chofes, &ilsdifpofoient d’elles fi abfolament , qu'ils auoient en cela quelque raifon de s’eftimer plus riches, & pins puiffans, & plus libres , & plus hureux, qu'aucun des autreshommes, qui n'ayant point cete Philofophie. tant fauorifez de la Nature & de la Fortune-qu'ils puif- _fent eftre, ne difpofent iamais ainfi de tout ce qu'ils. veulent. | | Enfin pour conclufion de cete Morale ie m ai de faire vne reueuë fur les diuerfes occupations qu'ont les hommesencetevie , pour tafcher à fairechois dela meilleure, & fans queie vueille rien dire de celles des au- tres, ie penfay que ie ne pouuois mieux que de continuër en celle lamefme ou ie me trouuois, c'eft à dire, que d'employer toute ma vie à cultiuer ma raifon,& m'auan- cer autant que ie pourroisen la connoiffance de la verité fuiuant la Methode que ie m'eftois prefcrite. l’auois efprouuéde fi extremes contentemés depuis que i’anois commence à meferuir de cete Methode , que ie ne croyois pas qu'on en puft reçeuoir de plus doux, ny de plus innocens, en cete vie: Et defcouurant tous les i iours par fon moyen quelques veritez, qui me fembloient af. fez importantes, & communement ignorces des autres hommes, la fatisfaétion que i'en auois remplifloit telle- ment mon efprit que tout le refte ne me touchoit point. Outre que les trois maximes precedentes n'eftoient fondées, DE LA METHODE. 29 fondées , que fur le deffein que i’auois de continuer à m'inftruire: Car Dieu nous ayant donné a chafcun quel- que lumiere pour difcerner le-vray d’auec le faux , ie n’eufle pas creu me deuoir contenter des opinions d'au- truy vn feul moment, fi ie ne me fufle propofé d’em- ployer mon prope ingement a les examiner lorfqu'il {e- roittems: Etie n’eufle fceu m'exemter de fcrupule en les fuiuant, fie n’euffe efperé de ne perdre pourcela au- eune occafion d'en trouuer de meïlleures, en cas qu'ily en euft, Et enfin ie n'eufle fceu borner mes defirs ny eftre content, fiie n’eufle fuiui vn chemin par lequel pen- fant eftreafluré de l’acquifition de toutes les connoiffan-- ces dontie ferois capable , ie le penfois eftre par mefme moyen de célle de tous les vrais biens qui feroient i4- mais en mon pouuoir : d’autantque, noftre volonté ne: fe portant a fuiure ny a fuir aucune chofe, que felon que noftre entendement luy reprefente bonneou mauuaife, il fuffit de bien iuger pour bien faire, & deiuger le mieux qu'on puiffe, pour faire aufly tout fon mieux, c’efta dire; _ pour acquerir toutes jes vertus, & enfemble tous les au- tres biens , qu'on puifle acquerir, & lorfqu'’on eft cer- tain que cela elt ; onne fçauroit manquer d’eftre con- tent. | | | #. Aprés m'eftre ainfi afluré de ces maximes , &lés auoir mifes a part, auec les veritez de la foy, qui ont toufiours. eftéles premieresen ma creance, ie iugay que pour tout le refte de mes opinions ie pouuois librement entrepren- dre de m'en defaire. Er d'autant que i’efperois en pou- uoir mieux venir a bout en conuerfant auec les hommes, qu’en demeurant plus long tems renfermé dans le poifle | | | d3 OU: 30 Drscours. | oufauois eu toutes ces penfées, l’hyuern'’eftoit pas en- core bien acheuéqueie meremisa voyafger. Etentou- tes les neuf années fuiuantes ie ne f autre chofe que rouler çà & là dans le monde, tafchant d'y eftre fpedta- teut plutoft qu'acteur en toutes les Comedies quis'y jouent ; Et faifant particulieremét reflexion en chafque matiere fur ce qui la pouuoit rendre fufpecte , , & nous donner occafion de nous mefprendre, ie déracinois ce. pendantde mon efprit toutesles erreurs qui s'y eftoient pü glifferauparauant. Non que r'imitafle pour cela les Sceptiques, qui ne doutent que pour douter, & affectent d’eftre toufiours irrefolus : Car au contraire tout mon deffein ne tendoit qu’a m'aflurer, & a reietter la terre mouuante & le fable, pour trouuer le rocou l'argile, Ce qui me reufliffoit ce me femble affez bien, d'antantque tafchant a defcouurir la faufletéou l’ botte des pro- pefitions que i’examinois, non par de foibles coniectu- res, mais par des es clairs & aflurez, ie n’en rencontrois point de fi douteufes,queie n’en tira tou- fiours quelque conclufion affez certaine, quand ce n'eut efté que cela mefme qu'elle ne contenoit rien de certain. Et comme en abatant vn vieux logis, on en referue ordi- näirement les demolitions, pour feruir à en baftir vn nouuéau: ainfien détruifant toutes celles de mes opi- nions queieiugeois eftre mal fondées, ie faifois diuerfes obferuations, &acquerois plufieurs experiences , qui m'ont ferui depuis à eneftablir de plus certaines. Et de plus £e continuois a m’exercer en la Methode que ie m'eftois prefcrite. car outre que i’auois foin de condui- re re generalement toutes mes PEAIRES felon fes reigles, ié me | DE EA METHODE. 3 me referuois de tems en tems quelques heures que i’em- ployois particulieremêt a la prattiquer en des difficultez de Mathematique, ou mefme aufly en quelques autres que ie pouuois rendre quafi femblablesa celles des Ma- thematiques, en les détachant de tous les principes des autres fciences queie ne trouuois pas affez fermes, com- me vous verrés que iay fait en plufieurs qui font expli- quéesencevolume, Et ainfi fans viure d’autre façon en apparence, que ceux qui n'ayant aucun employ qu'a paf. fer vne vie douce & innocente, s’eftudient a feparer les plaifirs des vices; & qui pour iouir de leur loyfir fans s’en- nuyer, vient de tous les diuertiffemens:qui font honne- ftes, le ne laïflois pas de pourfuiure en mon deffein, & de profiter en la connoiffance de la verité, peuteftre plus, que fiie n'euffe fait que lire desliures’, ou frequen- ter des gens de lettres. Toutefois ces neuf ans s'efcoulérent'auant que reufle encore pris aucun parti touchant les difficultés qui ont couftume d’eftre difputées entre les doétes, ny com: mence a chercher les fondemens d'aucune Philofophie pluscertaineque la vulgaire. Et l'exemple de plufieurs excelens efpris, quien ayant eu cy deuant le deflein me fembloient nyauoirpas reufli, m'y faifoit imaginer tant de difficulté, que ie n'eufle peuteftre pas encore fitoft ofé l'entreprendre, fiien’euffe vû que quelques vns fai- foient defa courre le bruit que ren eftois venu a bout, le ne fçaurois pas dire fur quoyils fondoient cete opinion; & fi i'yY ay contribué quelque chofe par mes difcours, ce doitauoir efté en confeffant plus ingenuëment ce que rignorois que n'ont couftume de faire ceux qui ont vn peu : 32 Discours. peu-eftudié, & peuteftre aufy en faifant voir les raifons que j’auois de douter de beaucoup de chofes que les au- | tres eftiment certaines, plutoft qu'en me vantant d’au- cune doctrine. Mais ayant le cœur affez bon pour ne vouloir point qu'on me prift pour autre que ie n’eftois, ie penfay qu'il faloit que ie tafchafle par tous moyens à me rendre digne dela reputation qu’on me donnoit: Et ilyaiuftement huit ans que ce defir me fit refoudre à m'efloigner de tous les lieux ou ie pouuois auoir descon- noiffances, & à me retirer icy en vn païs où la longue du- rée de la guerre a fait eftablir de tels ordres ; que les ar- mées qu’on y entretient ne femblent feruir qu'a faire qu'on y'iouife des fruits de la paix auec d'autant plus de feurete, & où parmi la foule d’vn grand peuple fort actif, & plus foigneux de fes propresaffaires, que curi- eux de celles d’autruy, fans manquer ne des com- moditez qui font dans les villes les plus frequentées, ray pü viure auffy folitaire & retiré que dans les defers les plusefcartez. Quatri- Ienefçayfie doy vous entretenir 4 premieres me- EME ditatiôs que i'y ay faites, car elles font fiM etaphyfiques & Se i peu communes, qu’elles ne feront peuteftre pas au gouft de tout le monde : Et toutefois affin qu'on puiffe iuger fi les fondemens que j'ay pris font affez fermes, ie me trouue en quelq; façon contraint d'en parler. l'auois dés long temsremarqué que pour les meursil eft befoin quelquefois de fuiure des opinions qu’on fçait eftre fort incertaines, tout de mefme que fi elles eftoient indubi- tables,ainfi qu'ila efté dit cy deflus: mais pourcequ'alors ‘36 defirois vacquer feulement a la recherche de la veri- | té,ie DE LA METHODE (283 té, ie penfay qu'il faloit que ie fife tout le contraire, & -que ie reiettafle comme abfolument faux tout ce en quoyie pourrois imaginer le moindre doute , afin de voir s'ilnerefteroit point aprés cela quelque “se en ma creance qui fuft entierement indubitable. Ainf a -caufe que nos fens nous trompent quelquefois, ie voulü {uppofer qu’il n’y auoit aucune chofe qui fuft telle qu'ils nous la font imaginer : Et pourcequ'il y a des hommes qui fe méprenent en raifonnant , mefme touchant les plus fimples matieres de Geometrie, & y font des Para- logifmes, iugeant que r'eftois fuiet a faillir autant qu’au- -Cunautre, ie reiettay comme faufles toutes les raifons que j'auois prifes auparauant pour Demonftrations : Et enfin confiderant que toutes les mefmes penfées que nousauons eftant efueilléz , nous peuuent auffy venir | quand nous dormons fans qu’il y en ait aucune pour lors qui foit vraye,iemerefolu defeindre quetoutes les cho- _ fes qui m'eftoient iamais entrées. en l'efprit n’eftoient nÔ plus vrayes que les illufions le mes fon ges: Mais auffÿ- _toftaprés ie prisgarde, que pendant que ie voulois ainf penfer quetonteftoit faux, il falloit neceffairement que “moy qui le penfois fufle quelque chofe: Etremarquant que cete verité, ce penfe, doncie uis, eftoit f ferme & fi _ affurée que toutes les plus extrauagantes fuppoñitions -des Sceptiques n'eftoient pas capables de l'esbranfler , ie _‘Augay que ie pouuois la receuoir fans fcrupule pour le premier principe dela Philofophie queiecherchois. Puisexaminant auec attention ce que j’eftois, & voy- ant que ie pouuois feindre que ie n’auois aucun cors & ” ibn y auoit aucun monde ny: aucun lieu on ie. fofle, en. mais ‘44 ns Drscours, | mais. que ie ne pouuois pas feindre pour cela que ie n'eftois point; & qu'aucontraire de cela mefme que ie penfois a douter dela verité des autres chofes, il fuiuoit tres euidenment & tres certainement que i’eftois : au lieu que fi i’euffe feulement ceffé de penfer, encore que que tout le refte de ce que j’auois iamais imaginé euft _efté vray, ie n’auois aucune raifon de croire que i’euffe efté: le connû de là que r'eftois vne fubftance dont toute l’effence ou la nature n'eft que de penfer, & qui. pour eftre n’a’befoin d'aucun lieunyne depend d'aucu- ne chofe materielle, En forte que ce Moy, c'eft a dire; l’Ame par laquelle ie fuis ce queie füuis, eft entierement | diftinéte du cors, & mefme qu'elle eft plus aifée a con- noiftre que luy, & qu'encore qu'ilne fut point, elle ne- lairroit pas d'éftre tout ce qu’elle eft. Aprécelaie confideray en generalce quieft requis a: vne propofition pour eftre vraye & certaine; car puifque ie venois d'en trouuer vne-queie fçauois eftre telle, ie penfay que ie deuois auffÿ fçauoir en quoy confifte cete certitude. Etayant remar quéqu'iln'y a rien du tout en. cecy,e pen[e donc te fuis, qui m'aflure queie dis la verité, finon que ie voy tres clairement que pour. penfer il faut cftre: Le iugaÿ que ie pouuois prendre pour reiglegene- rale, que les chofes que nous cônceuons fort clairement .& fort diftinétement font toutes vrayes, Mais qu’il y a: feulement quelque difficulté à bien remarquer. quelles. font cellesque nous conceuons diftinétement. En fuite de quoy faifant reflexion fur ce que ie dou- tois, & que par confequent mon eftre n'eftoit pas tout parfait; car ie véyois clairement. ue: c'eftoit vne plus. Lu . $ DE LA METHODE, a. grande perfection de -connoiftre que de douter : Ie m'auifay de chercher d'où i'auois appris à penfer à quel- que chofe de plus parfait que ie n’eftois, & ie connu eui- _ denment que ce deuoiteftre de quelque nature qui fuft eneffe® plus parfaite. Pour ce qui eft des penfées que d'auois de plufieurs autres chofes hors de moy, comme - du ciel, delaterre, dela lumiere, dela chaleur, & de milles autres, ie n’eftois point tant en peine de fçauoir ‘d’où elles venoient à caufe que ne remarquant rien en elles qui me femblaft les rendre fuperieures à moy, ie pouuois croyre que fi elles eftoient vrayes , c’eftoient _desdependances de manature , entant qu’elle auoit quelque perfe&ion; & fi elles ne l'eftoient pas, que ie les tenois du neant , c'eft a dire, qu'elleseftoient en moy pourceque j’auois du defaut. Mais ce ne pouuoit eftre le mefme de l'idée d'vn eftre plus parfait que le mien: . Carde la tenir du neant c’eftoit chofe manifeftement : impoñible; Et pourcequ'il n’y a pas moins de repugnan- _ce que Le plus parfait foit vne faite & vne dependancetäu moins parfait, qu'il yena que de rien procede quelque ‘chofe, ie ne la pouuois tenir non plus de moymefme; De façon qu’ilreftoit qu'elle euft efté mife en moy par vne nature qui fuft veritablemet plus parfaite queie n’eftois, & mefme qui euft en foy toutes les perfections dont ie pouuois auoir quelque idée, c’eft a dire, pour m'expli- qner en vn mot, qui fuft Dieu. : A quoy i 'adiouftay que puifq; ie PRE quelques perfections que ie n’auois point, ie n’eftois pas le feul eftre qui exiftaft (vferay s'il vous plaift icy librement des mots de l'Efchole) Mais L. ‘'e il falloit de neceflité qu'il yen euft quelque autre plus e 2 ae par-. JR CRE Discours. OR parfait, duquelie dependiffe, & duquel 'euffe acquis. tout ceque j'auois: Car fi 'eufle efté feul & indepen- dant detoutautre ,en forte que i ‘euffe eu de moymef- me tout ce peu que ie participois de l’eftre parfait, reufle. plauoir de moy par mefme raifon tout le furplus queie connoifloisme manquer, & ainfi eftre moymefme inf- ” mi, eternel,immuable, tout connoiffant, tout puiffant, & ‘enfin auoir toutes les perfeétions que ie pouuois re-. marquer eftre en Dieu. Car füuiuant les raifonnemens | queie viens de faire, pour connoiftre la nature de Dieu autant que la miene en eftoit capable, ie n’auois qu'à con-. fiderer de toutes les chofes dont ie trouuois en moÿ: quelg; idée, fi c’eftoit perfection ou non de les poffèder, & i'eftois afluré qu'aucune de celles qui marquoient quelque imperfection n’eftoit en luy , mais que toutes lesautres yeftoient. Comme ie voyois que le doute, l'inconftance, latriftefle, & chofes femblables, n'y pou uoienteftre, vüquei 'euffe efté moymefme bienayfe d'en. efife exempt. Puis outre cela j'auois des idées de plu- fieurs chofesfenfibles & corporelles : car quoy que ie: fuppoñañle que ie refuois, & que tout ce que ie voyois ou _ imaginois eftoitfaux, iene. pouuois nier toutefois que. les dues n’en fuflent bain en ma penfée : Mais: pourceque f'auois defia connu en moy tres clairement que la nature intelligente eft diftinéte de la corporelle, confiderant que toute compofition tefmoigne de la de- pendance, & que la dependance eft canierneer vn défaut, ie iugeois de là, que ce ne pouuoit eftre vne per- fection én Dieu d'eftre compofédeces deux natures, & a par confequent il na eftoit pas, Mais qnes’'ily auoit quel- 7. DE La METHODE. 37 quelques corsdans le monde, oubien quelques intelli- gences ou autres natures qui ne fuffent point tontés pars faites, leur eftre deuoit de pendre de fa puiffanceen tel- le forte, quelles ne pouuoient. HbBfer fans luÿ vn feul moment. | id Je voulu chercher apré bla d'autres veritez , & m'eftant propofé l'obiet des Geometres ,. que ie conce- uois comme yn cofs CONTINU, OÙ VN efpace indefiniment eftendu en lôgueur largeur & hauteur ou profondeur, di- uifibleen diuerfes parties, qui pouuoient auoir diuerfes figures, & grandeurs, & eftre meuës ou tranfpofées en toutes{ortes, car les Geometres fuppofent tout. celaen leur obiet,, ie parcouru quelques vnes de leurs plus fim- ples demonitrations. Erayant pris garde que cete gran- dé certitude, que rour le monde leurattribuë, n'eft fori-: dée que fur ce qu'onles conçoit euidenment , fuiuantla reigle que jay tantoft dite ;.Ie pris garde aufly qu'iln'y. auoit rien du tout en elles. qui m'afluraft de l'exiftence. de leur obiet : Car parexempleie voyois bien, que fap- pofant vntriangle il falloit que fes trois angles fuffent | efgaux ? à deux dioits, mais ie ne voyoisrien pour cela qui: m'affuraft qu'il y euft au monde aucun triangle : Au lieu que reuenant à examiner J’idee que 'auois d'vn Eftre parfait , ie trouuois que l’exiftence y eftoit com- prife, en mefme façon qu'il eft compris en celle d’vn triangle que ces trois angles font efgaux à-deux droits. ou en celle d’vne Sphere que toutesfes parties fontefga- lement difrantes de fon centre , ou.mefme encore plus euidenment, Et que par conféquent ileft pour le moins aufly certain, que Hions quieft cet Eftre parfait, eft ou a La exite. à -38 D ISCOURS. exifte, qu' ‘aucune demonftration de Geometrie le fçau- roitcftre. Ë Mais ce qui fait qu'ily en aplufieurs qui fe per bsdene -qu ily a deladificulréàJe counoiftre, & mefme auflÿ à -connoiftre ce que c’eft queleur ame, c’èft qu'ils n’efle- “nent iamais leur efprit au delà des chôes fenfibles , & qu ‘ils font tellement accouftumez à ne rien confiderer -qu'en l’imaginant, qui eft vne façon de penfer particulic. repour leschofes materielles, que tout ce qui n'eft pas _imaginableleur femble n'eftre pasintelligible. Ce qui eft afez manifefte de ce que mefme les Philofophes tienent pour maxime dans les Efcholes, qu'il n°y a rien dans l'en- tendement qui n'ait premierementefté dansle fens , où toutefoisileft certain queles Idées de Dieu & de l'amé n'ont iamais efté, Etil me femble que ceux qui veulent vfer de leur imagination pour les comprendre , font tout de mefme que fi pour ouïrlesfons, ou fentirles odeurs, ils fe vouloient feruir de leursyeux : Sinon qu'ilyaenco- reccte difference, que le fens de la veuë ne nous aflure pas moins dela veritédefesobiets , que font ceux de l'odorat ou de l’ouye; au lieu que ny noftre imagination ny nos fens ne nous fçauroient jamais aflurer d aucune chofe, finoftre entendement n'y interuient. | Enfin s’il y a encore des hommes , qui ne foient pas a fez perfuadez de l’exiftence de Dieu & de leur ame, par les raifons quei’ay apportées, Ie veux bien qu'ils fçachent que toutes lesautres chofes, dontils fe penfent peuteftre plusaffürez, comme d’auoir vn cors , &qu'il ya des aftres, &vneterre, & chofes femblables, font moins cer- faines : Car.encore qu'on ait vne nance morale de | ee ; Ces = De La METHODE. : 39 ces chofes, quieft telle, qu'il femble qu'à moins que d'eftreextrauagant on n’en peut douter; Toutefois auf fya moins que deftre déraifonnable , lorfqu'il eft quef- tion d'vne certitude metaphyfique, on ne peut nier,que : ce ne foit affes de fuiet pour n en eftre pas entierement. affuré, que d'auoir pris garde quon peut en mefme fa- _ çon, simaginer eftant endormi quona vnautre cors,& qu'on voit d'autresaftres, & vne autre terre, fans qu'il enfoitrien. Car d'où fçait on que les penfées qui vie- nent en fongéfont plutoft faufles que les autres, vüque fouuent elles ne font pas moins viues & expreffes ? Et que les meilleurs Efprits y eftudient tant qu'il leur plaira, ie pe croy pas qu'ils puiffent donner aucüne raifon qui foit fufifante pour ofter ce doute; s'ils ne prefuppofent l'ex- iftence de Dieu. Car premierement cela mefine que ‘ay tantoft pris pour vne reigle, à fçauoir queles chofes que nous conceuons tres clairement & tres diftinétement _ font toutes vrayes, n'eft afluré qu'a caufe que Dieu ef ouexifte, &qu'ileft vn eftre parfait, & que tout ce qui _eft en nous vient de luy: D'où il fuit que nos idées où no- tions, eftant des chofes reelles, & qui vienét de Dieu,en tout ceen quoy elles font claires & diftinétes , ne peu- uentencelaeftre que vrayes. En forte que fi nous en _ auons affez fouuent qui contienent de la fauffeté , ce ne peuteftre que de celles, qui ont quelque chofe deconfus & obfcur, à caufe qu’en cela elles participent duneant c'eft a dire, qu’elles ne font en nous ainfi confufes qu'a caufe que nous ne fommes pas tous parfaits. Ecil eft eui- dent qu'il n’y a pas moins de repugnance que la faufferé œuf imperfection procede de Dieu entant que telle qu'il ven. 40 “Discours: ; venaque la verité ou la perfection procede du neant. _Maisfi nous ne fçauions point que tout ce qui eft en nous.de reel, & de vray, vient d'vneftre parfait & infini, pour claires & diftinctes que fuffent nos idées, nous n'au- rions auctine raifon quinous afluraft, qu ‘elles euffent és | gd d'eftre vrayes. Or aprés que la connoiffance de DEA & de l'ame ‘nousaainfi rendu certains de cete regle, il eft bien aylé à connoiftre que les refueries que nousimaginons eftant _endormis, ne doiuent aucunement nous faire douter de la veritédes penfées quenousauonseftant efueillez. Car s’il arriuoit mefime en dormant qu’on euft quelque idée fort diftinéte , comme par exemple qu'on Geometre | inuentaft quelque néuuelle demonftration, fon fommeil nel’empefcheroit pas d’eftre vraye : Et pour l'erreur la plus ordinaire de nos fonges ; qui confifte en ce qu'ils. nous reprefentent diuers obiets en mefmeé façon que font nosfens exterieurs n'importe pas qu'elle nous don- _ me occafion de nous deffier de la verite detelles idées, à caufe qu'elles peuuent auffy noustromper affez fouuent . | fans que nous dormions: comme lorfque ceux qui ont la jaunifle voyent tout de couleurianne; ou que les aftres ou autres cors fort efloignez nous paroiffent beaucoup plus petits qu'ilsne font: C Carenfn, foit que nous veil- lions, foit que nous dormions , nous ne nous deuons 1a- _ mais laïffer perfuäder qu'a l'enidence de noftre raifon. Etileftaremarquer queie dis, de noftre raifon , & non point, denoftre imagination ny de nos fens. Comme en- core que nous voyons Je foleiltres clairement, nons ne deuons pas iuger pour cela qu'il ne foit Ein de la gran- deur ) Ka DE La METHope. 41 deur que nous ie voyons, Et nous pouuons bien imagi- ner diftinéte mêt vne tefte de lion entée fur le cors d’vne cheure, fans qu'il faille conclure pour cela qu'il y ait au monde vne Chimere: Car la raifon ne nous dicte point que ce que nous voyons ou imaginons ainfi foit verita- ble. Mais elle nous diéte bien que toutes nos idées ou notions doiuent auoir quelque fondement de verité,car il ue feroit pas poffible que Dieu quielt tout parfait & tout veritable les euft mifes en nous fans cela; Et pour- ceque nosraifonnemens ne font jamais fi euidens ny fi entiers pendant le fommeil que pendant la veille, bien- que quelquefois nos imaginations foient alors autant ou plus viues &exprefles, elle nous diéte auffy quenospen- fées ne pouuant eftre toutes vrayes, à caufe quenous ne fommes pas tous-parfaits,ce qu’elles ont de verité doit infalliblement fe rencontrer en celles que nous auons cftant efüueillez, plutoft qu’en nos fonges. | Te ferois bien ayfe de pourfuiure, & de faire voir iCÿ Cinqui- toute la chaifne des autres veritez que iay deduites de efme ces premieres: Mais a caufe que pour cet effet, il feroit PA'tie. maintenant befoin queie parlaffe de plufieurs queftions, qui font en controuerfe entre les doctes,auec lefquels i ie . nedefire point me brouiller, ie croy qu 54 fera mieux que iem'enabftiene ; & que ie die feulement en general quelleselles font, afin de laiffer iuger aux plusfages, s’il feroit vtile que le public en fuft plus particulierement informé. Ie fuistoufiours demeuré ferme en la refolu- tion que l'auois prife, de ne fuppoferaucunautre princi- pe, queceluy dont ie vien de me feruir pour demon- ftrer l’exiftence de Dieu & del ” , & de nereceuoir aucune 43 Discours aucune chofe pourvraye, quine mefemblaft plus claire & plus certaine que n’auoient fait auparauant les de- monftrations des Geometres: Et neantmoins i’ofe dire, . que nonfeulement ï'ay trouué moyen de me fatisfaire enpeudetems, touchant toutes les principales difcul- tez dont on a couftume de traiter en La Philofophic; Es auffs reflexion, nous ne fçaurions ; exactementobferuces, entout ce qui ef ou- qui fe fait dansle monde. Puis en confiderant la fuite de ces loix, ikme femble auoir defcouuert plufieurs verirez plus vti- les & plus importantes, que tout cequei'auoisappris au- parauant, ou mefme efperéd’apprendre. Mais pourceque iay tafché d'en expliquer les princi. pales dans vntraité, que quelques confiderations m’em- pefchent de publier, ie ne les fçaurois mieux faire con- noiftre , qu’en difant icy fommairement ce qu'ilcon- tient. Iay eu defféin d'y comprendretout ce queie pen- fois fçauoir auant que de l’efcrire, touchant la nature des chofesmaterielles: Mais tout de mefme que les peintres, . ne-pouuant efgalement bien reprefenter dans vn tableau. plat toutes les diuerfes faces d’vn cors folide, en choifif-. fent vne des principales qu’ils mettentfeule vers le iour, & ombragean les autres, ne les font paroïftre, qu'antant qu'on les peut voirenla regardant: Ainf craignant de ne pouuoir mettre en mon difcours tout cequej'auois enla. penfee , i'entrepris feulement d'y expofer bien ample- ment ce queie conceuoisde la lumiere ; Puisa fon occa- | fon. 43 DE LA METHODE. 43 fixes, à cauf qu’elleen procede prefq; toute, des cieux, 4 caufe qu'ils la &delaterre efchir,& en par- ticulier de tousles cors qui font furla terre, à caufe qu'ils font oucolorez, ou tranfparens, ou lumineux, & enfin de l’homme, à caufe qu'il en eft le fpectateur. Mefme pour ombrager vn peu toutes ces chofes, & pouuoir dire plus librement ce que j'en iageois, fans eftre obligé de fuiure ny de refuterles opinions qui font receuës entre les doctes, ie me refolu de laiffer tout ce monde icy a leurs difputes, & de parler feulement de ce qui arriue- Méca mn nnnmeas, f Ou crenisminienanoguelque part dans les efpaces imaginaires : e_mati _Jecompofer, & qu'il agitait diuerfe ment & fs ordre les diuerfes parties de cete matiere, en forte qu’il en com- pofaft vn Chaos aufly confus que les Poëtes en puiffent feindre , Et que par apresil ne fift autre chofe que pre- fter fon concours ordinaire a la Nature, & la laiffer agir foiuant les loix qu ‘ilaeftablies. Ainfi premierement ie defcriuis cete matiere, & tafchay de la reprefenter telle qu'ilnyarienau monde, ceme femble, de plus clair ny plus intelligible am cequi a tantoft efté dit de Dieu & de lame: Car mefme ie fuppofay expreflement , qu’il n'y auoit éfelle aucune de ces formes ou qualitez dont on difpute dans les Efcholes , ny generalement aucune chofe , dont la connoiffance ne fuft fi naturelle a nos ames, qu'on ne puft pas mefme feindre de l'ignorer. De plusie fis voir quelles eftoient les loix de la Nature, Et fans APP: uier mes raifons fur aucun autre principe que fur 1e | les 44 | «‘Drscours les perfectionsinfinies de Dieu, ie tafchay à Rriities toutes celles dont on euft pu auoir quelque doute, Et à _ faire voir qu’elles font telles, qu’encore que Dieu auroit creé plufieurs mondes, iln’y en Içauroit auOir AUCUN où elles, manquañfent d’ Eh obferuées. Apres cela ie mon- ftray comment la plus grand part de la matiere de ce Chaos deuoit,en fuite de ces loix, fe difpofer & s’arren- ger d’vne certaine façon qui larendoit femblable a nos cieux: Comment cependant quelques vnes de fes parties deuoient compofer vne Terre , & quelques vnes des Planetes,.& des Cometes, & quelques autres vn Soleil, & des Eftoiles fixes: Eticy m'eftendant fur le fuiet dela lumiere, iexpliquay bien au long quelle eftoit celle qui {e deuoit trouuer dans le Soleil & les Eftoiles , Et com- ment de là elle trauerfoit en vn inftant les immenfes efpaces des cieux, Et comment elle fe reflefchifloit des Planetes & des Cometes vers la Terre. l'y adiouftay aufly plufieurs chofes touchant la fubftance, la fituation, lesmouuemens , & toutes les diuerfes qualitezde ces cieux & decesaftres, Enforte queiepenfisen dire af- fez pourfaire connoiftre , qu'ilne fe remarque rien en ceux de ce monde , qui ne deuft, où du moins qui ne pûff, paroiftre tout femblable en ceux du monde queie defcriucis. De lie vins à parler particulierement de la Ferre: Comment, encore que j'euffe expreflement fup- pofé, que Dieu n’auoit mis aucune pefanteur en la ma- tiere dont elle eftoit compofée, toutes fes parties ne laif foient pas de tendre exaétement vers fon centre: Com- ment y ayant de l'eau & de l'air fur à füperficie, la difpo- “fition des cieux & desaftres, Paacipelenent dela fine. y de- DE La METHODE. 4 y deuoit caufer vnflus & reflus, qui fuft femblable en toutes fes circonftänces à celuy qui fe remarque dans nos mers, Et outre cela vn certain cours tant de l’eau que de l’air, du leuant vers le couchant, tel qu'onle re- marque auffy entre les Tropiques : Comment les mon- taignes, les mers, lesfontaines, & les riuieres pouuoient paturellement s’y former, Et les metaux y venir dans les mines, Et les plantes y croiftre dans les campaignes,; Et generalement tous les cors qu'on nomme meflez ou compofezs s'y engendrer: Et entre autres chofes à caufe qu'aprés les aftresie ne connois rien au monde que le feu qui produife de la lumiere ie m'eftudiay a faireentendre bien clairement tout ce qui appartient à fa nature, com- ment il fe fait, commentil fe nourrit , comment iln’a quelquefois que de lachaleur fans lumiere , & quelque- fois que de lalumiere fans chaleur , comment il | peut in- troduire diuerfes couleurs en diuers cors, & diuerfes au- tres qualitez, comment il.en fond quelques vns-, & en durcift d’autres, commentilles peut confumer mr tous, ou conuertiren cendres & en fumée ; Et enfin comment de ces cendres par la feule violence de fon ation il forme du verre: Car cete tranfmutation de cen- .dres en verre me femblant eftre aufly admirable qu’au- cune autre qui fe face.en la nature » lepris particuliere- ment plaifir a la defcrire, Toutefois ie ne voulois pasinferer de toutes ces cho- fes, que ce monde ait eftécreéen la façon que ie propo- fois: Car ileft bien plus vrayfemblable que dés le com- -mencement Dieu l'arendutel qu'il deuoit eftre. Mais il eft certain, & c'eft vne opinion communement receuë FRE entre AC :Drsto-uRr:s. entrées" T'heologiens, que l’action par laquelle mainte- nant ille conferue, eft toute la mefmie que celle par la- quelle il l'a creé : De façon qu’encore qu’il ne luy auroit _point donné'au commencement d'autre forme que celle -du Chaos, pourvû qu'ayant eftabliles loix de la Nature, ‘Alluy pretaft fon concours pour agir ainfi qu’elle à de _couftume, on peut croyre, fans faire tort au miracle de a creation, que par cela feul toutes les chofes qui font pu- tement materiellesauroient pûauec le tems s'y rendre telles que nous les voyons a prefent : Et leur nature eft_ bien plus ayfée a conceuoir lorfqu'on les voit naiftre peu apeuencete forte, que lorfqu'on ne les confidere que toutes faites. | Dela defcription des corsinanimez & des plantes, ie paffay a celle des animaux , & particulierement a celle des hommes. Mais pourcequeie n'en auois pas encore affez deconnoiffance pour en parler du mefme ftyle que durefte, c'eftadire, en demonftrant les effets par les caufes, & faifant voit de quelles femences, "& en quelle façonla Natureles doit produire , Ie me contentay de Æuppofer, que Dieu formaft le cors d'vn homme, entie- rement femblable a l’vn des noftres, tanten la figure ex- terieure de fes membres, qu’en la conformation inte- rieure defes organes, fans le compofer d'autre matiere quede celle que i’auois defcrite, & fans mettre en luy au commencement aucune ame raifonnable , ny aucune _ autre chofe pour y feruir d'ame vegetante on fenfitiue, Sinon qu'ilexcitaft en fon cœur vn de ces feux fanslu- miere que l'auois defia expliquez, & que 1e neconce- uois point d'autre nature que celuy qui échaufe le ra | Jorf- | DE E4A METHOPE. 47 lorfqu'on l'a renferméanant qu’il fuft fec ,ou quifait bo- - uillirles vins nouueaux, lorfqu’on les laife cuuer fur la répe. Cat examinant les fonétions, qui pouuoiént en füitede celaeftreencecors , ï'y trouuois exactement toutes celles, qui peuuenteftre en nous fans que nous y penfions, ny par confequent quenoftre ame, c'eft à dire, cete partiediftincte du cors dont il a efté dit cy'deflus que la nature n eft que depenfer,y contribuë, Et qui font toutes les mefmes en quoy on peut dire que les animaux fans raifon nous refemblent: Sans que iy en püfle-pour cela tronuer aucune , de celles qui ; eftant dependantes de la penfée , font les feules qui nous apartienent entant qu'hommes ; Au lieu que ie les ÿtrouuoistoutes par aprés, ayant fuppofé que Dieu creaft vne ame raifonna- ble; & qu'illaioignifta cecors en certaine façon que ie- décriuois. | Mais affin qu'on Fe voir en quelle forte i'y traitois cete matiere, ieveux mettre icy l'explication du mou- uement du coeur & des arteres , qui eftant lepremier & le plus general qu'on obferue dansles animaux , on iuge- ra facilement deluy ce qu on doit penfer de tous les au- tres. Etaïhn qu'on ait moins dedificulté a entendre ce- _queiendiray, ie voudrois que ceux qui ne font point. verfez enl’Anatomie priffent la peine, auant quede lire : cecy , de faire couper deuant eux le coeur de quelque grand animal qui ait des poumons, car ileft en tous aflez femblable a celuy de l'homme ; Et qu'ils fe fiffent mon- trer les deux chambres ou concauitez qui yfont , Pre- mierement celle qui eft dans fon cofté droit, a lagnelle | ; ven ét deux tuyaux fort larges ; À fcauoir [a vene |: CAUE, 48 | Drscouns. caue, quieft le principalreceptacle du fang, & comme Je tronc de l'arbre dont toutes les autres venes du cors font les branches; Et la vene arterieufe, qui a cfté ainfi mal nommée pourceque c'eften effect vne artere, la- _quelle prenant fon origine du coeur, fe diuife, aprés en eftrefortie, en plufieurs branches qui fe vont ref pandre partout dansles poumons. Puis celle qui eft dans fon coftégauche , a laquelle refpondenten mefme façon _ deux tuyaux, qui font autant ou plus larges que les pre- cedens; À fçauoir l’artere veneufe, qui a efté auflÿ mal nommée à caufe qu'elle n’eftautre chofe qu’vne vene, laquelle vient des poumons , oùelleeft diuifée en plu- fieurs branches, entrelacées auec celles de la vene arte- ficufe, & celles de ce conduit qu'on nomme le fifflet par où entre l'air de la refpiration,; Et la grande artere, qui fortant du coeur enuoye fesbranches par tout le cors. le voudrois aufly qu’on leur montraît foigneufement les onze petites peaux, qui comme autant de petites portes “ouurent & ferment les quatre ouuertures qui font en ces deux concauitez: À fçauoir, trois a l'entrée de la ve- ne caue, où elles font tellement difpofées , qu'elles ne peuuent aucunement empefcher que le fang qu’elle con- tient ne coule dansle concauité droite du coeur, & tou- tefoisempefchent exaétement qu'il n'en puiffle {crtir; Trois a l'entrée de la vene arterienfe, qui eftant difpo- fces toutau contraire, permetent bien au fang , qui eft dans cete concauité, de pañfer dans les poumons | mais non pas a celuy qui eft dans les poumons d'y retourner, Etainfi deux autres a l'entrée de l'artere veneufe, qui laiflent couler le fang des poumons vers la concauité | gauche DE LA METHODE, 49 gauche du coeur, mais s’oppofent a fon retour, Ettroisa Fentrée de la grande artere, qui luy permetent de fortir du coeur, mais l’'empefchent d'y retourner. Etiln'eft point befoin de chercher d'autre raifon du nombre de ces peaux, finon que l’ouuerture de l’artere veneufe, eftant en ouale a caufe du lieu ouelle fe rencontre , peut eftrecommodement fermée auec deux, aulieu que les autres, eftant rondes, le peuuent mieux eftre auec trois. De plus ie voudrois qu'on leur fift confiderer , que la grande artere & la vene aïterieufe font d’vne compoñ: tion beaucoup plus dure & plus ferme, quene font l’ar- tere veneufe & la vene caue ; Et que ces deux dernieres s'eflargiffent auant que d'entrer dansle coeur, & y font comme deux bourfes, nommées les orcilles du coeur, qui .… font compofées d’vne chair femblable à la fiene, Et qu'il ya toufours plus de chaleur dans le coeur, qu’en aucun autre endroit du cors ; Et enfin que cete chaleur eft ca- pable de faire, que s’il entre quelque goutte de fang en _ fes concauitez, elle s’enfle promtement & fe dilate, ainfi que font generalement toutes lesliqueurs, lorfqu’on les laiffetomber goutte à goutte en quelque vaiffeau qui eft fort chaud. | LA Car aprés cela ie n'ay befoïn de dire autre chofe pour expliquer le mouuément du coeur, finon que lorfque fes concauitez ne font pas pleines defang , ily en coule ne- ceffairement dela vene caue dans la droite, & de l’artere veneufe dans la gauche: D'autantque ces deux vaiffeaux en font toufiours pleins, & que leurs ouuertures, quire- gardent vers le coeur , ne peuuent alors eftre bouchées. … Mais que fitoft qu'il eft entré ainf deux gouttes de fang, £ vne #o ‘ADUS EI uv Rts. : vnc en chacune de fes concauitez, Ces gouttes, qui ne peuuent eftre que fort grofles, à caufe queles ouuertures par où elles entrent font fort larges, &les vaifleaux d’où elles vienent fort pleins de fang, fe rarefient & fe dila- tent, à caufe de fa chaleur qu’elles ytrouuent, Au moyen de gquoy, faifant enfler tout Le coeur, elles pouffent & fer- ment les cinq pctitesportes , qui font aux entrecs des: deux vaiffeaux d'où elles vienent , empefchant ainfi qu'il nc defcende d'auantage de fang danslecoeur ; Etcon- tinuant a fe rarefier de plus en plus , elles pouffent & ouurent les fix autres petites portes, quifont aux entrées: des deux autres vaiffeaux par ou ellesfortent, faifant en. fler par ce moyen toutes les branches de la vene arterieu- {e, & dela grandeartere, quafi au mefme inflant quele coeur, Lequelincontinent aprés fe defenfie, comme fontaufly cesarteres, à caufe que le fang quiyeftentré s’yrefroidift, &leurs fix petites portes fe referment, & les cinq de la vene caue & de l’artere veneufe fe r'ouurét,. & donnent paflage a deux autres gouttes de fang , qui font derechefenfler le coeur & les arteres, tout de mef- me que les precedentes. Etpourcequele fang, quien- treainfi dans le coeur , paffe par ces deux bourfes qu'on nomme fes oreilles, de [à vient que leur mouuement eft contraireau fien, & qu'elles fe defenflent lorfqu'il s'enfle: Aurefte afin que ceux qui ne connoiflent pas la force des demonftrations Mathematiques , & ne font pas ac: coutumezadiftinguer les vrayesraifons des vrayfembla: bles, ne fe hafardent pas de nier cecy fansl’éxaminer, Ie les veux auertir que ce mouuement que ie vien d'expli- quer, fuit aufly neceffairement de la feule difpofition des :/ Or TA«. 5 LS De La METHODE. sr organes qu'on peut voir a l’œil dans le coeur, & de la chaleur qu'on y peut fentirauecles doigts, & de la natu- re du fang qu’on peut connoiftre parexperience , Que fait celuy d’vn horologe, de la force, de la fitua- tion, & de la figure de fes contrepois & de fes rouës. Mais fi en demande comment le fang des venes ne s’efpuife point, en coulant ainfi continuellement dans le coeur, & comment les arteres n’en font point trop rem- plies, puifque rout celuy qui paffe par le coeur s'y varen- dre; Ten'ay pas befoin d'y refpondre autre chofe, que ce A4 qui a defia efté efcrit par vn medecin d'Angleterre au- pa quel ilfaut donner la louange d’auoir rompu la glace en cétendroit, & d’eftrele premier quia enfeigne, qu’il ÿ a plufieurs petirs paflages aux extremitez desarteres, par ou le fang qu’elles recoiuent da coeurentre dansles pe- tites branches desvenes, d'où il fe va rendre derechef vers le coeur, En forte que fon cours n’eft autre chofe qu'vne circulation perpetuelle. Ce qu'il prouue fort bien, par l'experience ordinaire des Chirurgiens ,. qui ayant lié le bras mediocrement fort, au deflus de l'en- droit où ils ouurent la vene, font que le fang en fort plus abondamment, ques’ils ne l’auoient point lié: Etilarri- ueroittout lecontraire, s'ils le lioient au deffous entre la main & l'ouuerture; oubien qu'ils le liaffent tres fort au deffus. Carileft manifefte que le lien mediocrement férré, pouuant empefcher que le fang qui eft defia dans le bras ne retourne vers le coeur par les venes, n’empe- fche pas pour cela qu'il n’y en viene touiours de nouueau par lesarteres: A caufe qu'elles font fituées au deffous des venes ; Et que leurs peaux eftant plus dures font, £ 2 moins 52. | Discours. moins ayfées a preffer, Et auffy que le fang qui: vient du coeur tendauec plus de force a pañler parelles versla main, qu'ilne fait a retourner delà vers le coeur par les _ venes,; Et puifque ce fang fort du bras par l’ouuerture qui eft enl'vnedes venes ; il doit neceffairement y auoir _ quelques paffagesau deffous du lien, c'efta dire, versles extremitez du bras, par oùily puiffe venir des arteres. 1} prouue aufly fort bien ce qu'il dit du cours du fang, par certaines petites peaux , qui font tellement difpoféesen diuers lieuxle long desvenes, qu'elles ne luy permetent point d'ypañler du milieu du cors vers les extremitez; mais feulement de retourner des extremitez vers le coeur;.Et de plus par lesperience qui monftre quetout. celuy quieft dans le cors en peut fortir en fort peu de temsparvne feule artere lorfqu’elleeftcoupée, encore: mefme qu'elle fuft eftroitement liée fort proche du coeur, & coupée entre luy &le lié, En forte qu’on n’euft aucun fuiet d'imaginer que le fang qui en fortiroit vint d’ailleurs. # à Maisil y a plufieurs autres chofes qui tefmoignent que la vrayecaufe de ce mouuement du fang eft celle que iay dite. Comme premierement la difference, qu’on re. marque entre celuy qui fort des venes & celuy qui fort des arteres, ne peut proceder que de ce qu'eftant rarefié, & comme diftilé, en paflant par le coeur, ileft plus fub- til & plus vif & plus chaud incontinent aprés en eftre. forti, c'eft a dire, eftant dans les arteres, qu'il n'eft vn peu deuant que d'y entrer, c’eft a dire,eftant dans lesve- nes: Et fi on y prend garde , on trouuera que cete diffe- rence ne paroift bien que vers le coeur, & non point tant aux. DE La METHODE , 53 aux lieux qui en font les plus efloignez. Puis la dureté despeaux , dont lavenearterieufe & la grande artere font compofées, monftre aflez, que le fang bat contre elles auec plus de force que contre les venes, Et pour- “ quoy la concauité gauche du coeur & la grandeartere.. feroient elles plus amples & plus larges, que la concaui- te droite & la venearterieufe ? Si ce n’eftoit que le fang de l'artereueneufe, n'ayant efté que dans les poumons. depuis qu'ila paffé parle coeur, eft plus fubtil, & fe rare- fie plus fort & plus, fement, que celuy qui vient imme- diatement dela venecaue. Et qu'eftce que les mede- cins peuuent deuiner en taftant le pouls, s'ilsne fçauent, que felon que le fang change de nature, il peut eftre ra- refié par la chaleur du coeur plus ou moins fort , & plus. ou moins vifte qu'auparauant. Et fi on examine com- ment cete chaleur fe communique aux autres mem- bres , ne faut il pas auouër que c’eft par le moyen du fang, qui paffant par le coeur s'y refchauffe, & fe refpand _ de là partout le cors: D'où vient que fi on ofte le fang de quelque partie, onen ofte parmefme moyen la chalet, Et encore quele coeur fuft aufly ardent qu’vn fer em- brafé, ilne fufiroit pas pour refchauffer les pieds & les mains tant qu'ilfait, s’il n'y enuoyoit continuéllement denouueau fang. Puisaufly on connoift de R, que le vray vfage de la refpiration , eft d'apporter affez d'air frais dans le poumon, pour faire que le fang , qui y vient de la concauité droite du coeur, où il a efté rareñié & comme changéen vapeurs, s'y éfbaiffiffe, & conuertifle: en fang derechef, auant que de retomber dans la gau- che; fans quoy il ne pourroit eftre propre a feruir de nou- Re: 3. riture S4 : Discours. riture au feuquiyef, Ce qui fe confirme parce qu’on void que les animaux qui n'ont point de poumons, n’ont auffy qu'vne feule concauité dans le coeur; Et que les enfans, quin'en peuuent vfer pendant qu ‘ils font renfer- mez au ventre de leurs meres, ont vne ouuerture par où il coule du fang dela vene caue en la concauité gauche du coeur, Et vn conduit paroùilen vient de la vene ar- terieufe en la grande artere, fans pañfer par le poumon. Puisla coction comment fe Fan elle en l’eftomac » file coeur n’y enuoyoit de la chaleur par lesarteres, & anec cela quelques vnesdes plus coulantes parties du fang qui aydent a difloudre les viandes qu’on y a mifes.Et l’action qui conuertift le fuc de ces viandes en fang, n’eft elle pas ayfcea connoïftre, fi.on confidere qu'il fe diftile, en paffant & repañlant par le coeur, penteftre plus de cent ou deux centfois en chafque iour. Et qu’at on befoin d'autre chofe pourexpliquerla nutrition, & la produ- étion des diuerfes humeurs qui font dans le cors, finon de dire que la force, dont le fang en fe rarefiant pafle du coeur vers lesextremitez desarteres, fait que quelques vnes defes parties s’areftent entre celles des membres ou elles fe trouuent, & y prenent la place de quelques autres qu'elles en chaffent, Et que felon la fituation , ou la figure, ou lapetiteffe des pores qu'elles rencontrent, Les vnesfe vont rendre en certains lieux plutoft que les autres, En mefine façon que chafcun peut auoir vû di- uers cribles, qui eftant diuerfement percez feruent a fe- parer diuers grains les vns des autres. Et enfin ce qu'il Y a de plus remarquable en tout cecy, c'eft la generation . desefprits animaux, qui font comme vn venttresfüubtil, | ou e . _ DE La MEeTHopez. _$f ou plutoft comme vne flametres pure & tres viue, qui montant continuellement en grande abondance du coeur dansle cerueau, fe va rendre de là par les nerfs dansles mufcles , & donne le mouuement à tous les membres: Sans qu'ilfaille imaginer d'autre caufe , qui face que les parties du fang, qui eftant les plus agitées 8 les pluspenetrantes font les plus propres a compofer ces efprits, fe vontrendre plutoft vers le cerueau que vers ailleurs, Sinon queles arteres, qui les y portent, font. cel- les qui vienent du coeur le plus en ligne droite de tou- tes, Et que felon les regles des Mechaniques ; qui font les mefmes que celles de la nature, lorfque plufeurs cho- fes tendent enfemble a fe mouuoir vers vn mefme cofté oùiln'ya pasaffez de place pour toutes, ainfi que les parties du fang qui fortent de la concauité gauche du coeur tendent versle cerueau, les plus foibles & moins agitées en doiuent eftre détournées par les plus fortes, aquipar ce moyen s'yvont rendre feules. Yauois expliqué affez particulierement toutes ces chofes dans le traité que i’auois.eu cy deuant deffein de publier. Etenfuite i'yauois monftré, quelle doiteltre la fabrique des nerfs 8 des mufcles du cors humain pour faire que lesefprits animaux, eftant dèdans, ayent la for- cede mouuoir fes membres: Ainfi qu’on voit que les te ftes, vifpeu aprés eftre coupees, feremuent.encore, & mordent la terre, nonobftant qu’elles ne foient plus ani- mées, Quels changemens fe doiuent faire dans le cer- ueau pour caufer la veille , & le fommeil & les fonges. - Comment la lumiere, lés fons, les odeurs, les gouts, la: chaleur ,. & toutes les autres qualitez des obietsexte- - | rieuts» rs :56 D'1S C6; -rieurs y peuuentimprimer diuerfesidées , par l’entre- mife.des fens,; Comment la faim, la foif, &lesautres pañlionsinterieures, y peuuent auffÿ enuoÿer les leur, Ce qui doit y eftre pris pour le fenscommun , où ces idées font receuës, pour la memoire qui les cofBiue:; & pour Ja fantaifie, qui les peut diueïfement changer, &encom- pofer de nouuelles, & par mefme moyen, diftribuant les efpris animaux dans les mufcles, faire mouuoir les mem- bres de ce cors, en autant de dde façons, & autant à. propos des obiets quife prefentent à fes fens, & des paf- fionsinterieures quifontenluy, que les noftres fe puif- fent mouuoir fans quelavolontéles conduife. Ce quine _femblera nullement eftrange, à ceux qui fçachant com- bien de diuers automates, ou machines mouuantes , l’in- _duftrie des hommes peut faire, fans y employer que fort peu de pieces, à comparaifon de la grande multitude des -os, des mufcles, des nerfs, desarteres, desvenes , & de toutes les autres parties, qui font dans le cors de chafque animal, Confidereront ce cors comme vne machine, qui ayant efté faite des mains de Dieu , eft incomparable. ment mieux ordonnée, & a en foy des mouuemens'plus admirable$, qu'aucune de celles qui peuuent eftreinuen- tées parleshommes. Etie m'eftois icy particulierement areftéà faire voir, que s'il y auoit detelles machines, qui euffent les organes & la figureexterieure d vnfinge, ou de quelque autre animal fans raifon nous n'aurionsaucun moyen pour reconnoiftre , qu ‘elles ne féroient pas en tout de mefme nature que ces animaux: Au lieuques’il y en auoit quieuffent la refemblance de nos cors, & imi- taffent autant nos actions que moralement ilferoit pof- | | fible, ” x + F: SR PR RON RS PE OS DE PO DE LA METHODE. | 57 fible, nous aurions toufours deux moyens tres certains, pour reconnoiftre qu’elles ne feroient point pour cela de vraishommes, Dont lepremiereft que iamais elles ne pourroient vier de paroles, ny d’autres fignes en lescom- pofant, comme nous faifons pour declarer aux autres nospenfées. Car ou peut bien conceuoir, qu'vne machi- ne foit tellement faite qu’elle profere des paroles, & mef- me quelle en profere quelques vnes à pfépos des actions corporelles qui cauferont quelque changement en {es organes : Comme fion la touche en quelque endroit, qu'elle demande ce qu'on luy veut dire; fien vn autre, qu’elle crie qu'on luy fait mal, & chofes femblables : Mais non pas qu'elleles arrenge diuerfement, pour ref pondre au fens de tont ce qui fe dira en fa prefence, ainfi que les hommes les plus hebetez peuuent faire. Et le fe- condeft, que bienqu'elles fiffent plufieurs chofes , aufy bien,ou peunteftre mieux, qu'aucundenous, elles man- queroientinfalliblement en quelques autres , par lef- quelles on découuriroit qu'elles n’agiroient pas par con- noiffance, mais feulement parla difpofition de leurs or. ganes: Car au lieu que la raifon eft vn inftrument vni- uerfel, qui peut feruir en toutes fortes de rencontres, ces organes ont befoin de quelque particuliere difpofition pour chafque aétion particuliere;d’où vient qu’il eft mo- ralementimpofñhble, qu'il y en aitafféz de diuers en vne machine, pour la faire agir en toutesles occurrences de Ja vie, de mefme façon que noftre raifon nous fait agir. Or par ces deux mefmes moyens, on peut aufly connoi- ftre la difference, qui eft entreles hommes & les beftes. Carc'eft vne chofe bienremarquable, qu'il ny a point h d’hom- 58 _Dirscours. En d’homtnes fihebetez & fi ftupides | fans en excepter mefme lesincenfez, qu'ils ne foient capables d’arrenger enfemble diuerfes paroles, & d’en compofer vndifcours par lequel ils facent entendre leurs penfées ; Et qu'ai contraire, iln ya point d’autre animal, tant parfait & _ tt heureufemêt né qu’il puiffe eftre, qui face le fembla- ble. Cequin'arriue pasde ce qu'ils ont faute d'organes, caron voit quefes pies &les perroquets peuuent profe- rer des paroles ainfiquenous , & toutefois ne peuuent parler ainfi que nous, c’eft adire, entefmoignant qu'ils penfent ce qu'ilsdifent : Au lieu que les hommes, qui eftans nez fours & mucts.font priuez des organes qui {er- uent aux autres pour parler;autant ou plus que les beftes, ont couftume d’inuenter d’eux mefmes quelques fignes, par lefquels ils fe font entendre a ceux qui eftans ordinai- rement auec eux ont loyfir d'apprendre leurlangue. Et cecy ne tefmoigne pas feulement que les beftes ont moins de raifon que les hommes, mais qu’elles n’en ont point du tout: Car on voit qu’il n’en faut que fort peu pour fçauoir parler, & d'autant qu’on remarque de l’in- efgalité entre les animaux d’vne mefme efpece , aufly bien qu'entre les hommes, & que les vns font plus ayfez - adrefferqueles autres, iln’eff pas croyable qu’vn finge- ou vn perroquet, qui feroit des plus parfaits de fon efpe- ce, n'égalaft en cela vn enfant des plus ftupides, ou du moins vn enfant qui auroit le cerueau troublé , fi leur: ame n’eftoit d'vne nature du tout différente dela noîftre. Et on ne doit pas confondre les paroles, auec les monue- mês naturels, quitefmoignèêt les paflions, & peuuêt eftre imitez par des machines auffy bien que par les animaux: | Ïe } s ES A : AS PR: > ri PT D ee ee RTS I EDR RS PA PE RER ST TN TS PE EE SE TPE DE LA METHODE. s9 ny penfer, comme quelques Anciens,que les beftes par- lent, bienque nous n’entendions pas leur langage: car s'ileftoit vray, puifqu’elles ont plufieurs organes qui fe rapportentauxnoftres , elles pourroient aufly bien fe faire entendre a nous, qu’aleurs femblables. C'eft auffy vne chofe fort remarquable, que bien qu’il y ait plufieurs animaux quitefmoignent plus d'induftrie que nous en quelques vnes de leurs aétions, on voit toutefois que les mefmes n’en tefmoignent point du tout en beaucoup d’autres: De façon que ce qu'ils font mieux que nous, ne _ prouue pas qu'ils ont de l’efprit, cara ceconteils en au- roient plus qu'aucun denous, & feroient mieux en toute autre chofe; Mais plutoft qu ils n'en ont point, & que c'eft la Nature qui agift en eux felon la difpofition de leurs organes: Ainfi qu’on voit qu'vn horologe, qui n’eft compofé que de rouës & de reflors, peut conter les heu- res, & mefurer le tems , plus iuftement que nous auec _ toute noftre prudence. _ T'auois defcrit aprés cela l'ame raifonnable, & fait voir qu'elle ne peut aucunement eftre tirée dela puiffance de de lamatiere , ainfi que les autres chôfes dont i'auois “parlé, mais qu'elle doit expreffemetïit eltre crece ; Et commentilne fuffitpas, quelle foit logée dans Le cors humain ainfi qu'vn pilote en fonnauire , finon peuteftre pour mouuoir fes membres, Mais qu'il eft befoin quelle {oitiointe, & vnie plus eftroitement auec luy,pour auoir outre cela des fentimens, & des appetits femblables aux noftres, & ainfi compofer vn vray homme. Au refte ie me fuis icy vn peu eftendu fur le fuiet de l'ame, à caufe - qu'ileft des plusi Le dis Car 7. l'erreur ‘de ceux ' n 2 qui Sixi- efme partie. 60 ie Discours. qui nient Dieu, laquelle ie penfe auoir cy deffus aflez re- futée, iln'yena point qui efloigne plutoft les efprits foi- bles du droit chemin de la vertu, que d'imaginer ss l'ame des beftes foit de mefme nature que la nofître, que par confequent nous n’auons rien à craindre, ny à efperer, aprés cete vie, non plus que les moufches & les fourmis: Au lieu que lorfqu’on fçait combien elles diffe- tent, on comprent beaucoup mieux les raifons,qui prou- uent que la noftre eft d’vne nature entierement inde- pendante du cors, & par confequent qu'elle n’eft point fuiette à mourir auec luy : puis d'autant qu'on ne voit point d’autres caufes qui la deftruifent, on eft naturelle- ment porté àiuger de là qu’elle eft immortelle. Oril ya maintenanttrois ans que j’eftois paruenua la fin du taite qui contient toutes ces chofes , & que ie commencois à le reuoir afin de le mettreentre les mains d'vnimprimeur, Lorfque i'appris que des perfonnes à qui ie defere; & dont l'authoïité ne peut gueres moins for mesactions, que ma propre raifon fur mes penfées, auoient defapprouué vne opinion de Phyfique publiée va peuauparauant par quelque autre , de laquelle ie ne veux pas dire queie fuffe, mais bien que ie n’ÿauoisrien remarqué;auant leur centure,que ie puffe imaginereftre preiudiciable ny a la religion ny a l'eftat, ny par confe- quent qui m ’euft empefché de lefcrire, fi la raifon me l'euft perfuadée, Et que cela me fit baie qu'ilne s’en trouuaft tont de mefme quelqu’ vncentre les mienes en laquelle ie me fuffe mépris: nonobftant le grand foin que j’ay toufiours-eu, de n’en point receuoir de nouuellesen ma creance, dont ien’eufle des demonftrations tres Cer- taines. DE La METHODE. ét taines. & de n’en point efcrire,qui puffent tourner au def- auantage de perfonne. Ce quia eftéfufifant pour m’ob- liger a changer la refolution que rauois euë de les pu- _blier. Car encore que les raifons , pour lefquelles ie Pauois prife auparauant , fuffent tres fortes, mon incli- nation, qui m'a toufiours fait haïr le meftier de faire des liures, m'en fit incontinent trouuer affez d'autres pour m'enexcufer. Etces raifons de part & d'autre fonttel- les, que non feulement ay icy quelque intereft de les _ dire, mais peuteftre aufly que le public en a de les fça- uoif. | le n’ay jamais fait beaucoup d’eftat des chofes qui ve- noient de monefprit, &pendant que ie n’ay receuilly d’autres fruitsde la methode dontie me fers, finon que ie me fuisfatisfait touchant quelques difficultez qui ap- partienent aux fciences fpeculatiues,oubien que r'aÿtaf- _ché de regler mes meurspar les raifons qu’elle m'enfei- gnoit, ie n’ay point creu eftre obligé d'en rien efcrire, Car pour ce quitouche lesmeurs, châcun abonde fi fort en fon fens, qu'il fe pourroit trouuer autant de reforma- teurs que de teftes, s’il eftoit permis à d’autresqu’à ceux que Dieua eftablis pour fouuerains fur fes peuples, au- bien aufquelsil a donné affez de grace & de zele pour eftre prophetes, d'entreprendre d'y rien changer ; Et bienque mes fpeculations me pleuffent fort , i'ay creu que les autres enauoient aufy, qui leurplaifoient peut- eftre d’auantage. Mais fitoft que ï'ay eu acquis quel- quesnotions generales touchant la Phyfique ,. & que commençant a les efprouuer en diuerfes difficultez par- ticulieres, ay remarqué iufques où elles peuuent con- Fe duire. . L 62 Ds c durs | duire, & combien elles different des principes dont on s'éfft ferui iufques a prefent, l’ay creu que ie ne pouuois lestenir cachées, fans pecher grandement contre la loy qui nous oblige à procurer autant qu'il eft en nousle bien general de tousles hommes : Car elles m'ont fait voir qu'il eft pofhible de paruenir a des connoiffances quifoient fort vriles a la vie, Et qu’au lieu de cete Phila- fophie fpeculatine qu'on enfeigne dans les efcholes, on en peut trouuer vne pratique, parlaquelle connoiffant la force & les actions du feu, de l’eau, de l'air, des aîtres, _des cieux, & de tous les autres cors qui nous enuiron- nent, auflÿ diftinétement que nous connoiflons les di- uers métiers de nos artifans,nous les pourrions employer en mefme façon a tous les vfages aufquels ils font pro- pres, &ainfinous rendre comme maïftres & poffeffeurs dela Nature. Ce qui n’eft pas feulèment a defirer pour Finuention d'vneinfinité d'artifices, qui -feroient qu'on iouiroit fans aucune peine des fruits de la terre, & de tou- res léscommoditez qui s'y trouuent: Mais principale. ment aufly pour la conferuation de lafanté, laquelle eft fans doute le premier bien, & le fondement de tous les autres biens de cete vie: Car mefme l’efprit depend fi fort du temperament, & de la difpofition des organes du cors, que s’il eft poffible detrouuer quelque moyen, qui rende communement les hommes plus fages, & plus ha- biles qu’ils n’ont eftéiufques icy, ie croy que c’eft dans la Medecine qu'on doitle chercher. 1l1eft vray que cel- le qui eft maintenant en vfage contient peu de chofes dont lvtilité foit fi remarquable: Mais fans que i’aye au- cun deffein dela mefprifer, Ie m'affare qu'il n’y a per- | fonne, + . De La MerTuopr. 63 fonne, mefme de ceux qui en font profeflion, qui n’auo- uë que tout ce qu'on y {çait n'eft prefque rien, à compa- raifon de ce qui refte à y fçauoir, Et qu'on fe pourroit exemter d'vneinfinité de maladies, tant du cors que de l'efprit, & mefme aufly peuteftre del’affoibliffement de la vieilleffe, fi on auoit aflez de connoiffance de leurs caufes, & de tous les remedes dont la Nature nous a pourueus. Orayant deffein d'employer toute ma vie a la recherche &vne fcience fi neceffaire, & ayant ren- contré vn chemin qui me femble tel qu’on doit infalli- blement la trouuer enle fuiuant, ficen'eft qu'on en foit empefché, ou par la brieueté de la vie , ou par le defaut des experiences, le iugeois qu’il n'y auoit point de meil- leur remede contre ces deux empefchemens , que de: communiquer fidellement au public tout le peu que j'aurois trouué, & de conuier les bons efprits à tafcher de pafler plus outre; en contribuant, chafcun felon fon in- clination & fon pouuoir, aux experiences qu'il faudroit faire, & communiquant aufly au public toutes les chofes: qu'ils apprendroient , aflin que les derniers commen- çeant où les precedensauroient acheué, & ainfiioignant les vies & les trauaux de plufeurs, nous allaflions tous enfemble beaucoup plus loin que chafcun en particulier ne fçauroit faire. ne _ Mefmecie remarquois touchant les experiences, qu'el- les font d'autant plusneceffaires , qu'on eft plus auancé enconnoïiffance. Car pour le commencement, il vaut: mieux nefeferuir que decelles qui fe prefentent d'elles mefines anos fens , & que nous ne fçaurions ignorer. pourvüque nous y facions tant foit on de rcfl exion, ir | et \ 64 «rD:TSCOURS d'en chercher de plus rares & eftudiées: Dont la raifon eft que ces plusrarestrompent fouuent , lorfqu'’onne fçait pas encore les caufes desplus nine & que les circonftances dont elles dependent font quafñ toufours fi particulieres, & fipetites, qu'ileft tres malayfé de les remarquer. Maisl'ordrequeraytenuencecy aeftétel, Premierement j'ay tafchéde trouuer en generalles:prin- cipes qu premieres caufes de tout ce qui eft ou qui peut eftre dans le monde, fans rien confiderer pour cet effect que Dieu feul quil'a creé, ny les tirer d'ailleurs que de certaines femencesde veritez qui font naturellement en nos ames. Apres cela fay examiné quels eftoient les premiers & plus ordinaires effets qu'on pouuoit deduire de ces caufes, Etil me femble que par là ï'ay trouué des cieux, desaftres,vneterre, & mefme fur la terre de l'eau, de l'air, du feu, des mineraux, & quelques autres telles chofes, qui font les plus communes de toutes , &les plus fimples, & par confequent les plus ayfées a connoi tre, Puis lorfque ray voulu defcendre a celles qui eftoient plus particulieres, il s’en eft tant prefenté a moy de di- uerfes,que ie n’ay pas ereu qu’il fuft poflible à l'efprit hu. main de diftinguer les formes ou efpeces de cors qui font furlaterre, d’vne infinité d’autres qui pourroient y eftre fi c'euft eftéle vouloir de Dieu de les y mettre; Ny par confequent de les rapporter a noftre vfage, fi ce n’eft qu'on viene au deuant des caufes par les effets, & qu'on fe ferue de plufieurs experiences particulieres. En fuite dequoy repaffant mon efprit fur tous les obiets qui s’eftoient jamais prefentez a mes fens, i'ofe bien dire que 46 n'yay remarqué aucune < chofe que ie ne peufle aflez com- DE LA METHODE. 65 commodement expliquer par les principes -que i’auois trouuez: Maisil faut auffy que j’auouë, que la puiffance dela Nature eft fi ample, & fi vafte, & que ces principes font fi fimples & fi generaux, que ie ne remarque quafi plus aucun effeét particulier, que d’abord ie ne con- noifle qu’il peut en eftre deduit en plifieurs diuerfes fa- çons; Etque ma plus grande difhculté eft d'ordinaire de trouuer en laquelle de cesfaçonsilen depend, Cara celaie ne fçay point d'autre expedient que de chercher derechef quelques experiences, qui foient telles, que leur euenementne foit pas le mefme fi c’eft en l’vne de ces façons qu'on doit l'expliquer, que fi c’eft en l’autre. Aurefte r'enfuis maintenant là, queie voy ce me fem- ble affez bien de quel biaizon fe doit prendre à faire la plus part de celles qui peuuent feruir a cet effet: Mais ie voyaufly qu'elles font telles & en fi grand nombre, que ny mes mains > NY mon reuenu, bienque ren eufle mille fois plus queie n’en ay, ne fçauroient fufire pour toutes: En forte que felon quei ‘auray deformais la com- modite d'en faire, plusou moins, i’auanceray auffy plus -Où moins en la connoiffance de fa Nature. Ce que ie me prometois de faire connoiftre par le traité que i’auois -efcrit, & d'y monftrer fi clairement! vtiliteque le public en peut receuoir, que j’obligerois tous ceux qui defirent en generalle bien des hommes, c'eft à dire, tous ceux qui font en effect vertueux, & non point par faux fem- blant, ny feulement par opinion, tant a me communi- quer celles qu'ils ont defiafaires , qu'a m’ayderen la re- cherche de celles qui reftent a faire. Mais j'ay eu depuis ce tems là d’autres raifons qui à m'ont 66. Discours. m'ont fait changer d'opinion, & penfer que ie deuois veritablement continuër d'efcrire toutes les chofes. que ie iugerois de quelque importance, à mefure que j'en découurirois la verité, &y apporter le mefme foin que fi ieles voulois faireimprimer : T'ant afin d’auoir d’au- tant plus d'occafion de les bien examiner, Comme fans doute on regarde toufours de plus prés a ce qu'oncroit deuoir eftre veu parplufeurs,.qu’a ce qu’on ne fait que pour foymefme, Et fouuent leschofes, qui m'ont fem- blévrayes lorfqueïay commencé à les conceuoir,m'ont parû fauffes lorfque ieles ay voulu mettre fur le papier: Qu’affin de ne perdre aucune occafon-de profiter au pu- blic fi j'en fuis capable, & que fi mes efcrits valent quel- que chofe ,.ceux qui les auront aprés ma mort en puif- fent vfer, ainfi qu'ilferale plus à propos. Mais que iene deuoisaucunement confentir qu’ils fuffent publiez pen- dant ma vie, afin que ny les oppofitions & controuerfes aufquelles ils feroient peuteftre fuiets, ny mefme la repu- tationtelle quelle qu'ils me pourroient acquerir, ne me donnaffent aucune occafon de perdre le tems que ray deffein d'employer a m'inftruire. Car bienque il foit vray que chafque hommeeftobligéde procurer autant qu’ileft en luy le bien des autres, & que c’eft propre- ment ne valoir rien que de n’eftre vtile a perfonne, Fou- tefois ileft vray aufly que nos foins fe ii eftendre plus loin queletems prelent, & qu'il eft bon d'émettre les chofes qui apporteroient peuteftre quelque profit à ceux qui viuent, lorfque c’eft à deffein d’en faire d'autrés quien apportent d’ auantage à nos neueux, Comme en cifcet ic veux bien qu'on fçache, que le peu que iay appr ris - DE LA METHODE, 67 appris iufques icy «'eft prefque rien, à comparaifon de ce quel'ignore, & que ie ne defefpere pas de pouuoir apprendre : Car c'eftquafi le mefme de ceux qui décou- urent peu a peu la verité dans les fciences, que de ceux qui commenceant a deuenir riches ont moins de pei- nea faire de grandes acquifitions, qu'ils n'ont eu aupa- rauant eftant plus pauures a en faire de beaucoup moin- dres. Oubien on peut les comparer aux chefs d'armée, dont les forces ont couftume de croifire a proportion de leurs viétoires , & qui ont befoin de plus de conduite pour fe maintenir aprés la perte d'vne bataille qu'ils n’ont aprés l'auoir gaignée a prendre des villes & des prouin- ces. Car c’eft veritgblement donner des batailles, que de tafcher a vaincretoutes les difficultez & les erreurs, qui nous empefchent de paruenir a la connoiffance de la verité, & c’eften perdre vne, que de receuoir quelque fauffe opinion, touchant vne matiere vn peu generale & importante: I faut apres beaucoup plus d’adreffe pour fe remettre au mefme eftat qu'on eftoit auparauant, qu'il … ne fauta faire de grans progres, lorfqu’on a defia des prin- cipes qui font aflurez. Pour moy fiï'ay cy deuant trouué quelques veritez dans les fciences ( & i'efpere que les chofes qui font contenuës én co volume feront iuger que jen ay trouué quelques vnes) iepuis dire que cenefont que des fuites & des depeudances de cinq ou fix princi- pales dificultez que i'ay furmontées,& que ie conte pour autant de batailles où i'ay eu l'heur de mon cofté: Mef- me ie ne craindray pas de dire que ie‘penfe n’auoir plus befoin d'en gaigner que deux ou trois autres femblables, pour venir entierement a bout de mesdefleins ; Etque 2 2, mon 6S BTSICHONT K 5. mon aage n'eft point fiauance, que felon Îe cours ordi- naire de la Nature, ie ne puiffe encore auoir affez de loy- firpour cet effet. Mais ie croyeftre d'autant plus ob- ligé à ménager le tems qui me refle, queï ay plus d'efpe- rance de le pouuoir bien employer, Et i'aurois fans dou te plufieurs occafions de le perdre, fi ie publiois les fon- demens de ma Phyfique. Car encore qu'ils foient pref- que tous fi euidens qu'il ne faut que les entendre pour les croire, & qu'iln'y en ait aucun dont iene penfe pouuoir donner des demonftrations ; toutefois a caufe qu'il eff impoffible qu'ils foient accordans auec toutes les diuer- fes opinions des autres hommes , ie preuoy que ie fe- rois fouuent diuérti par les oppofitions qu'ils feroient. naiftre. se | On peut dire que ces oppofitionsferoientvtiles, tant afin de me faire connoiftre mes fautes , quaffin que fi 'auois quelque chofe de bon, les autresen euffent par ce. moyen plus d'intelligence, &, comme plufieurs peuuent. plus voir quvn homme feul , que commenceant des maintenant a s'en feruir, ils m'aydafflent aufiy de leurs. iauentions. Mais encorequeie me reconnoiffe extreme. ment fuiet à faillir, & que ie ne me fie quafi iamais aux. premieres penfées qui me vienent , toutefois l'experien- ce.que j'ay des obiections qu'on me peut faire m'em- pefche d'en efpereraucun profit: Car : ay defia fouuent cfprouué lesiugemens, tant de ceux que i'ay tenus pour: mesamis, que dé quelques autres a quiie penfoiseftre. indifferent, & mefme aufly de quelques vns dont ie {ça- uois que la malignité & l'enuie tafcheroit aflez a décou- urirceque l'affection cacheroiïit à mes amis ; Mais il eft rarc- DE LA METHobE. 69 rarement arrinéqu on m aytobiecte quelque chofe que ie n’eufle point du tout preueuë, fi ce n’eft qu'elle fuft: fort éloignée de mon fuiet: En forte que ie n’ay quafi ia- mais rencontre aucun Cenfeur de mes opinions, qui ne me femblaft ou moins rigoureux , Où moins equitable que moymefme. Et ie n'ayiamais remarqué non plus, que par le moyen des difputes qui fe pratiquent dans les Efcholes,on ait decouuert aucune verité qu'on ignoraft | auparauant. Car pendant quechafcuntafche de vain- cre, ons’exerce bien plus a faire valoir la vrayfemblance, qu'a pefer les raifons de part & d'autre: Et ceux quiont eftélongtems bons auocats, ne font pas pour cela par aprés meilleursiuges. | Pour l'vtilitéque les autres receueroient de la com-- munication de mes penfees, elle ne pourroit aufly eftre fort grande, d'autantque ie neles ay point encore con- duites filoin, qu'ilne foit befoin d'y aioufter beaucoup de chofes, auant que de les appliquer a l'vfage. Et ie. penfe pouuoir dire fans vanité, que s'il ya quelqu’vn qui en foit capable , ce doiteftre plutoft moy qu'aucun au-. tre: Non pas qu'ilne puifle y auoir au monde plufieurs- “efprits incomparablement meilleurs que lemien, mais. pourcequ'on ne fçauroit fi bien conceuoir vne chofe, & la rendre fiene, lorfqu’on l’apprent de quelque autre, que lorfqu'on l’inuente 0 An Cequieftfi verita-. ble en cete matiere, que bienque j’aye fouuent expliqué. quelques vnes de mes opinions a des perfonnes de tres bon efprit, & qui pendant que ie lenr parlois fembloient les entendre fort diftinétement, toutefois lors qu'ils les . ontredites, l'ay remarqué qu'ils les ont changées pref- LE pe 70 Discours. que toufiours en telle forte que ie ne les pouuois plus auouér pour mienes. A Poccafon de quoy ie fuis bien ayfe de prier iCy nos neueux, de ne croire jamais que les chofes qu'on leur dirayibnerit de moy, lorfqueie ne les auray point moymefme diuulguées: Et ie ne m’eftonne aucunement des extrauagances qu'’onattribueatousces anciens Philofophes dont nous n’auons point les efcrits, ny ne iuge pas pour cela que leurs penfées ayent efté fort deraifonnables, veu qu'ils eftoient des meilleurs efprits de leurs tems, Mais feulement qu'onnous les a malrap- portées. Comme on voit aufly que prefque iamais il n'eft arriué qu'aucun deleursfectateursles ait furpaffez: Etie m'affure que lesplus paflionnez, de ceux qui fui- uent maintenant Ariftote, fecroyroient Hureux , s'ils auoient autant de connoïffance de la Nature qu'il ena eu, encore mefme que ce fuft a condition qu'ils n’en au- roient iamais dauantage. Ils font comme lelierre, quinz tend point a monter plus haut que les arbres qui le fou- tienent, & mefme fouuent qui redefcend aprés qu'il eft _ paruenu iufques a leur faifte : Car il me femble aufly que ceux la redefcendent, c'eft a dire, fe rendent en quelque façon moins fcatans que $ ils s'abftenoient d’eftudier, lefquels non contens defçauoir tont ce qui eft intelligiblementexpliqué dans leur Autheur, veulent outre cela y trouuer la folution de plufieurs difficultez dontilnedit rien , & aufquelles il n’a peuteftre iamais penfé. Toutefois leur façon de philofopher eft fort com- mode, pour ceux qui n’ont que des efprits fort medio- ces: car l'obfcurité des diftinétions, & des principes ‘dont ils fe feruent, eft caufe qu'ils peeuent parler de tou- tes = DE La METHODE. 71 teschofes auffy hardiment quesils les fçauoient, &fou- ftenir tout ce qu'ils en difent contre les plus fubtils & les plus habiles, fans qu’onait moyen deles conuaincre: Enquoy ils me femblent pareils a vnaueugle, qui pour fe battre fans defauantage contre vn qui voit, l’auroit fait venir dans Le fonds de quelque caue fort obfcure: Et ie puis dire que ceux cy ont intereft que ie m'abftiene de publier les principes de la Philofophie dont ie me fers, careftanstres fimples & tres euidens, commeils font , ie ferois quafi le mefme en les publiant , que fi rouurois quelquesfeneftres, & faifois entrer du iour dans cete ca- ue où ils font defcendus pour fe battre. Mais mefme les _ meilleurs efbrits n'ont pas occafion de fouhaiter de les : connoiftre: car s'ils veulent fçauoir parler detoutes cho- fes,.& acquerir la reputation d’eftre doctes, ils y par- uiendront plus ayfement en fe contentant de la vray- femblance, qui peut eftretrouuéefans grande peine en toutes fortes de matieres, qu’en cherchant la verité, qui ne fe découure que peu a peu en quelquesvnes , & qui: lorfau'ilett queftion de parler des autres oblige a con- feffer franchement qu’on les ignore. Que s'ils preferent: la connoiffance de quelque peu de veritez à la vanité de _ paroiftren’ignorer rien, comme fans doute elle eft bien preferable, & qu'ils vueillent. fuiure vn deffein fembla- ble au mien, ils n’ont pas befoin pourcela que ie lèur die rien d’auantage que ce que: ay defia diten ce difcours. Cars’ils font capables de pafñler plus outre que ie n’ay fair, ils le feront auffy a plus forte raifon,detrouuer d’eux mefmes tout ce queie penfe. auoir trouué : D'autant que n'ayant i amais rien examiné que par ordre, il eft certain, . que: “72 ARE DHS C0 8.RS que ce qui me refte encore a découurir eft de foy plus difficile & plus cache, que ce que i'ay pü cy deuant ren- contrer, &ils auroient bien moins de plaifir a l’appren- dre de moy que d'eux mefmes : Outre que l’habitude qu'ilsacquerront, en cherchant premierement des cho- fes faciles, & paffant peu a peu par degreza d’autres plus difficiles, leur feruira plus, que toutes mes inftruétions ne fçauroient faire. Comme pour moyie me perfuade, que fi on m’euft enfeigné dés ina ieuneffe toutes les ve. ritez dont i’ay cherché depuis les demonftrations,& que ie n’eufle eu aucune peine a les apprendre, ie n’en aurois peuteftre iamais fceu aucunes autres, & du moins que jamais ie n’aurois acquis l'habitude , & la facilité que ie penfe auoir, d'entrouuer toufiours de nouuelles, à me- fure que ie m'applique à les chercher. Eten vn mot s'il y aau monde quelque ouurage, quine puiffe eftre fi bien acheuéparaucunautre, que parle mefme qui l’a com- mencé, c’eft celuy auquelie trauaille. | Ileft vray que pour ce qui eft des experiences qui peu- uent y feruir, vn homme feul ne fçauroit fuffire ales fai. re toutes: Maisiln’y fçauroit auffy employer vtilement d’autres mains que les fienes, finon celles des artifans, ou telles gens qu ilpourroit payer, & a qui l'efperance du gain, quieft vn moyentres efficace, feroit faire exate- ment toutes les chofes qu'il leur preferiroit. Car pour les volontaires, qui par curiofité ou defir d'apprendre s'offriroient peuteftre de Juy ayder, outre qu'ils ont pour l'ordinaire plus de promeffes que d’effeét , & qu'ils ne font que de belles propofitions dont aucune jamais ne rebfit, Hs voudroientinfalliblement eftre payez par l'ex- phcation DE LA METHODE. 73 plication de quelques difhicultez, ou du moins par des _complimens & desentretiens inutiles: qui ne luy fçau- roient coufter fi peu de fon tems qu’il n’y perdift.Et pour les experiences que les autres ont defia faites, quand bien mefme ils les luy voudroient communiquer, ceque ceux qui les nomment des fecrets ne feroient iamais, elles font pour la plus part compoñées de tant de circonftances, ou d'ingrediens{uperflus, qu'il luy feroittres malayié d’en déchiffrer la verité: Outre qu'il les trouueroit prefque toutes fi malexpliquées, ou mefme fi fauffes,à caufe que ceux qui les ont faites fe font efforcez de les faire paroi- ftre conformes a leurs principes , que s’il y en auoit quel- ques vnes qui luy feruiffent, elles ne pourroient derechef valoir le tems qu’illuy faudroit employer a les choifir. De façon que s’il y auoit au monde quelqu’vn , qu'on fceuft aflurement eftre capable de trouuer les plus gran- des chofes, & les plus vtiles au public qui puiffent eftre, & que pour cete caufe les autres hommes s'efforçaffent par tous moyens de l'ayder a venir a bout de fes deffeins: Ie ne voy pas qu'ils peuffent autre chofe pour Iny, finon fournir aux frais des experiences dont il auroit befoin, & du refteempefcher quefon loifir ne luy fuft ofté par l'importunitéde perfonne. Maisoutre que ie ne prefu- me pas tant de moymefme, que de vouloir rien promet- tre d’extrordinaire; ny ne me repais point de penfées fi vaines, que de m'imaginer que le public fe doiue beau- coup intereffer en mes deffeins: Ie n’ay pas auffy l'ame fi baffe, que ie vouluffe accepter de qui que ce fuft aucune faueur, qu’on puft croyre queie n’aurois pas meritée. Toutes ces confiderations jointes enfemble furent k caufe 74 DIrscours caufeily atrois ans que ie ne voulu point diuulouer le traité que j'auois entre les mains, Et mefme que ie pris refolution de n’en faire voir aucun autre pendant ma vie, qui fuft fi general , ny duquekon püft entendre les fon- demens de ma Phyfque: Maisil ya eu depuis derechef deux autres raifons, qui m'ont oblige à mettre icy quel- ques effais particuliers ; & a rendre au public quelque compte de mesactions, & de mes deffeins. La premiere eft, quefi ry manquois, plufieurs,qui ont fceu l'intention que r'auois euë cy deuant de faire imprimer quelques efcrits , pourroient s'imaginer que les caufes pourlef- quelles ie m'en abftiensferoient plus a mon defauantage qu’elles ne font. Car bienqueie n'ayme pas la gloire par excés, ou mefme, fiie l'ofedire,que ie la haïffe, en tant queie la juge contraire au repos, lequeli'eftime fur tou- tes chofes : Toutefois aufyie n’ay iamais tafchéde ca- cher mesactions comme des crimes,ny n’ay vié de beau- coup de precautions pour eftre inconnu ; tant à caufe que j'euffe creu me faire tort, qu'à caufe que cela m'au- roit donné quelque efpece d’inquietude, quieuft dere- chefefté contraire au parfait repos d’efprit que ie cher- che. Etpourcequem'eftant toufiours ainf tenu indif- ferententre le foin d’eftre connu ou ne l'eitre pas,ie n’ay pü empefcher que ie n'acquiffe quelque forte de reputa- tion , j'ay penfé que ie deuois faire mon mieux pour mexempter au moins de l'auoir mauuaife.L'autre raifon quim'aobligéaefcrire cecy, eft que voyat tous les iours de plus en plus leretardement que fouffre le deffein que jay dem'nftruire, àcaufe d'vne infinité d'experiences dontiaybeloin, & qu’ileft impoflible que ie face fans | l'ayde DE LA METHone. 75 l’ayde d'autruy, Bienqueie ne meflatte pas tant que d'e- fperer que le public prene grande parten mesinterefts, Toutefoisiene veux pasaufly me defaillir tant a moy- mefme, que de donner fuiet a ceux qui me furuiuront de mereprocher quelqueiour , quei’euffepi leur laiffer plufieurs chofes beaucoup meilleuresque ie n'auray fait, fiie n'euffe point tropnegligé de leur faire entendre en quoyils pouuoient contribuer a mes deffeins. Et j'ay penfé qu'il m'eftoit ayfé de choifir quelques maticres, qui fans eftre faietes a beaucoup decontrouer- {es, ny m’abliger a declarer d’ auantage de mes principes queie ne defire,ne lairroient pas de faire voir affez clai- rement ce que ie puis, ou ne puis pas, dans les fciences. En quoy ie ne fçaurois dire fi i’ay reufli, & ie ne veux point preuenir tes iugemés de perfonne, en parlant moy- mefme de mes efcrits: Mais ie feray bien ayfe qu’onles examine, & affin qu'on en ait d'autant plus d’occafon,ie fupplie tous ceux qui auront quelques obiections a y fai- re de prendre la peine delesenuoyer a monlibraire, par lequeleneftantauerti, ie tafcheray d'y ioindre ma re- fponfe en mefme tems, &-par ce moyen les lecteurs, voyant enfemble l'yn &lautre, iugeront d'autant plus ayfement de la verité: Car ie ne promets pas d’y faire ia- mais de longues refponfes, mais feulement d'anouërmes fautes fort franchement, fie les connois; oubien fi iene les puis aperceuoir, dedire fimplement ce que ie Croyray eftre requis, pour la defence des chofes que l'ay efcrites, fans y adioufter l’explication d'aucune nouvelle matie- re , affin de ne me a CORRE" fans ie de l'vne en l'antre . eu | me TE ï ISCOURS Que fi quelques vnes de celles dont i'ay parléancom- mencemêtde la Dioptrique & des Me teores,chocquent d’abord, a caufe que ie les nomme des fappoñtions, & que ie ne femble pas auoir enuie de les prouuer, Qu'ô ait la patience de lire le tout auec attention , & iefpere qu'on s'entrouuerafatisfait : Car ilme femble que les raifonss'y entrefuiuent en telle forte , que comme les- dernieres font demonftrées, par les premicres qui font leurs caufes; ces premieres le font reciproquement, par les dernieres quifont leurseffets. Et on ne doit pas ima- giner qneie commette en cecy la faute que les Logi- ciens nomment van cercle; car l’experience rendant la plus part deceseffets tres certains, les caufes dontie les deduits ne feruent pas tant à les prouuer qu'à les expli- quer; mais tout au contraire ce font elles qui font prou- uces pareux. Etie ne les ay nommées des fuppoñitions, qu'affin qu’on fçache que ie penfe les pouuoir deduire de ces premieres veritez que i'ay cy deffusexpliquées, Mais que j'ay voulu expreflement ne le pas faire ; pour empe- {cher que certains efprits, qui s’imaginent qu'ils fçauent en vn iourtout ce qu'vnautre a penfé en vingt années , fi toft qu'illeur en afeulement dit deux outroismots, & qui font d'autant plus fuiets àfaillir, &-moins capables de la verité, qu'ils font plus penetrans &plusvifs, Nepui£ fent de là prendre occafon, de baftir:quelque Philofo- phieextrauagante fur ce qu'ils croyront eftre mes prin… cipes, & quonm'enattribue lafaute. Car pourlesopi- pions quifont toutes mienes, iene les éxcufe pointcom- me nouuelles, d'autantque fi on en confidere bien les raifons,ie m'aflure qu'on les trouucra fi fimples, 2 CON | ormes. Ds La METRopE, 27 formes au fens commun, quelles fembleront moins ex- trordinaires, &'moins effranges,qu' aucunesautres qu'on puiffe auoir fur mefmesfuiers. Etie ne me vante point. aufly d'eftre le premier Inuenteur d'aucunes , mais bien queie ne les ay jamais receuës, ny pource qu'elles auoiét efté dites par d’autres,ny pourcequ'elles ne l'auoiët point efté,mais feulemët ponrceq; la raifô me les a perfuadées. Que files artifans ne peuuent fi toft executer l’inuen- tion qui eft expliquée en la Dioptrique , ie ne croy pas. qu'on puiffe dire pour cela quelle foit mauuaife : Car d'autant qu'ilfaut de l’adreffe & del’habitude, pour fai- re, &pour aiufter, les machines que ray defcrites , fans “qu'ily manque aucune circonftance , ie ne m’eftonne-. rois pas moins s'ils rencontroient du premier coup, que fi quelqu'vn pouuoit apprendre.en vniour a iouer du. luth excellemment, par cela feul, qu’on‘lay auroït don- ne de la tablature qui feroit bonne. Et fiiefcrisen Fran- çois, qui eft la langue de mon païs, plutoft qu’en Latin, qui eft celle de mes Precepteurs, c’eft a caufe que r'efpe- re que ceux qui ne fe feruent que de leur raifon naturelle : toute purelugeront mieux de mes opinions, que ceux quine croyent qu'aux liures anciens: Et pour ceux qui: joignent le bon fens auec l’eftude, lefquels feuls ie fou- haite pour mes iuges, ils ne feront point ie m’affeure, fi. partiaux pour le Latin, qu'ils refufent d'entendre mes raifons pourceque ie les explique en langue vulgaire. Aurefteie ne veux point parlericyen particulier des progres, que l'ay efperance de faire a l’auenir dans les. fciences, Ny m'engager enuersle public d'aucune pro-- mefle, que ie ne fois pas affuré d'accomplir: Maisie diray : k.3 feule 3 78 Discours DE La METHODE. feulement que ay refolu,de n'employer le tems quime refte à viure.à autre chofe, qu'à tafcher d’acquerir quel- que connoiffance de la Nature, qui foittelle, qu’on en puiffe tirer des regles pour la Medecine, plus aflurées que celles qu'on a euësiufques a prefent, Et que mon inclination m'efloigne fi fort de toute forte d’autres def- fins , principalement de ceux qui ne fçauroient eftre vtiles aux vns qu'en nuifant aux autres, que fi quelques occafions me contraignoient de m'y employer , ie ne crey point que ie fuffe capable d'y reuffir. De quoy ie faisicy vne declaration , queiefçay bien ne pouuoir fer- uira me rendre confiderable dans le monde, mais auffy n'ayie aucunement enuie de Leftre : Et ie me tiendray toufiours plus obligéà ceux , par la faueur defquels ie iouiray fans empefchement de mon loifir; que ienefe- rois a ceux qui m offriroient les plus honorables emplois de la terre, EX DIOPTRIQUE. ù 2 re Po A ES MENU re 2 ÿ Se a pi C7 , + of A CE LT RE ne de - SR. : SE": * DIOPTRIQUE Difcours Premier DE LA LVMIERE. Die iv , OuTE la Conduite de noftre vie depend La de nos fens, entre lefquels celuy de la #2 veue eftant le plus vniuerfel & le plus > noble, il n'y a point de doute , que les #À inuentions qui feruent a augmenter fa _ puiffance, nefoyent des plus vtiles qui puiffent eftre. Et ileft malaifé d'en trouueraucune qui l’augmente dauantage que celle de ces merueilleufes lunettes , qui n’eftant en vfage que depuis peu,nous ont defia découuert de nouueaus aftres dans le ciel, & d’au- tres nouueaus obiets deffus la terre en plus grand nombre que ne font ceus, que nous y auions veus au- parauant : en forte que portant noftre veüe beaucoup plus loin que n’auoit couftume d’aller l'imagination de nos peres, elles femblent nous avoir ouuert le chemin, pour parvenir a vne connoiffance de la Nature beau- coup plus grande & plus parfaite, qu'ils ne l'ont eue. Mais a la honte de nos fciences, cette inuention fi vtile & fi admirable, n’a premierement efté trouuée que _par l'experience & la fortune. Il y a environ trente ans, qu'vnnommé laques Metius de la ville d’Alcmar en Hollande, homme qui n’aucit jamais eftudié, bien qu'ileuft vn pere & vn frere qui ont fait profeflion des  | mathe- 2 | LA DioPpTriqueE | mathematiques, mais qui prenoit particulierement plai- fir à faire des miroirs & verres bruflans , en compofant mefme l hyuer auec de laglace ,ainfi que l'experience a monftré qu’on en peut faire, ayant à cete occafon plu- fieurs verres de diuerfes formes, s’auifa par bonheur de regarder au trauers de deus, dont l’uneftoit vn peu plus efpais au milieu qu'aux extremites, & l'autre au contrai- re beaucoup plus efpais aus extremités qu’au milieu, & il les appliqua fi heureufement aus deux bouts d’untu- yau, que la premiere des lunettes, dont nous parlons, en fut compofée. Er c’eft feulement fur ce patron, que toutes les autres qu’on a veües depuis, ontefté faites, fans que perfonne encore, que ie fçache , ait fuffifan- ment determiné les figures que ces verres doiuent auoir. Car, bienqu'ily ait eu depuis quantité de bons efprits, qui ont fort cultiué cete matiere , & ont trouué à fon occafñon plufieurs chofes en l'Optique qui valent mieux, que ce que nousen auoient laiffé les anciens , toutefois à caufe que les inuentions vn peu malayfées n’arriuent pas à leur dernier degré de perfection du premiercoup,il eft encore demeuré affé de dificultéz en celle cy, pour me donner fujet d'en efcrire.Et d’autant que l'execution des chofes queie diray, doit dependr e de l'induftrie des artifans,qui pour l'ordinaire n’ont point efludié ;; ie ta- fcheray de me rendre intelligible à tout le monde, & de ne rien omettre ny fuppofer , qu'on doiueauoir appris des autres fciences. C'eft pourquoy ie comenceray par l'explication de la lumiere & de fes rayons, puis ayant fait vne brieue defcription des parties de l’œil, ie diray particulieremêt en quelle forte fe fait la vifion, & en fuite ayant | & Drscours PREMIER. g ayant remarqué toutes les chofes qui font capables dela rendre plus parfaite, renfeigneray comment elles y peu- uent eftre adiouftées par les inuentions o. ie de- fcriray. Or n'ayañt icy autre occafion de par ler de lalumiere, que pour expliquer comment fes rayons entrent dans l'œil, & comment ils peuuent eftre détournés parles di- vers cors qu'ils rencontrêt,iln'eft pas befoin que r'entre- prene de dire au vray quelleeft fa nature, & ie croy qu'il fufhira que ie meferue de deus ou trois comparaifons, qui aydent a la conceuoir en la façon qui me femble la plus cômodé, pour expliquer toutes celles de fes proprieté, que l'experience nous fait connoiftre,& pour deduire en fuite toutes les autres qui ne peuuent pas fi ayfémet eftre remarquées. Imitant en cecy les Aftronômes, qui, bienque leurs fuppofitions foyent prefque toutes fauffes ‘ouincertaines, toutefois à caufe qu'elles fe rapportent à diuerfes obferuations qu ils ontfaites,ne laiffent pas d'en tirer plufieurs confequences tres vrayes &tres aflureés. Il vous eft bien fans doute arrivé quelque fois en mar- chat de nuit fans flambeau, par des lieux vn peu difficiles, qu’il falloit vous ayder d’vn bafton pour vous conduire, & vous aués pour lors pû remarquer, que vous fentiés par l’entremife de ce bafton, lesdiversobieéts qui fe rencontroyent autour de vous, & mefme que vous pou- … uiés diftinguer s’il y auoit des arbres, ou despierres, ou du fable, ou del’eau , ou de l'herbe, ou de la boüe, ou quelqu’autre chofe de femblable. ILeft vray que cette forte de fentiment eft vn peu confufe & obfcure, en ceus , qui n'enont pas vn long vfagé: mais confiderés la | À 2 en a | LA DIroPrTRIQUE | en ceus, qui eftant nés aueugles, s’en font feruis toute leur vie, & vous l'y trouuerés fi parfaitte, & fi exacte, qu'on pourroit quafi dire qu’ils voyent des mains,ou que leur bafton eft l'organe de quelque fixjefme fens , qui leur a efté donné au defaut de la veué. Et pourtirer vne comparaifon de cecy, ie defire que vous penfiés, que la lumiere n’eft autre chofe dans les corps qu’on nomme lumineux ; qu'vn certain mouuement, ou vne action fort promte, & fort viue , qui pañle vers nos yeux, par l'entremife de l'air & des autres corps tranfpa- rens en mefme façon que le mouuement ou la refiften- ce des corps, que rencontre cet aueugle, pafle vers fa main , par l'entremife de fonbafton. Ce qui vous émpefchera d'abord de trouuer eftrange , que cefte lumiere puiffe eftendre fes rayonsen vninftant, depuis le foleiljufques à nous: car vous fçaués que l'action, dont on meut l’vn des bouts d’vn bafton, doit ainfy _paffer en vninftant iufques à l’autre, & qu ‘elle y deuroit paffer en mefme forte , encores qu'il y auroit plus de di- ftance qu'iln'yen a depuis la terre iufques aux cieux. Vous netrouverés pas eftrange non plus, que par fon moyen nous puiflions voir toutes fortes de couleurs; Et mefme vous croyrés peuteftre que ces couleurs ne font : autre chofe dans les corps qu'on nomme colorés, que les diuerfes façons, dont ces corps la reçoyuent &larenuo- . vent contre nos yeux:fi vous confiderés que les differen- ces, qu'vn aueugle remarque entre des arbres, des pie- ‘2e, Alien. & chofes femblables, par l entremife de fon bafton,ne luy femblent pas moindres , que nous font celles, qui font entre le rouge, le jaune ,le verd , & tou- tes Discours PREMIER. $ tes les autres couleurs, & toutefois que ces differences ne font autre chofe en tous ces corps, que les diuerfes fiçons de mouuoir, ou derefifter aux mouuemens de ce bafton.… Enfüite de quoy vous aurés occafion de iuger, qu'il n'eft pas befoin de fuppofer qu'il pafle quelque chofe de materiel, depuis les obieéts iufques à nos yeux, pour nous faire voir les couleurs &la lumiere , ny mef- me qu'il y ayt rien en ces obie&s, qui foit fermblable aux idées , ou aux fentimens que nous en auons : tout de mefme qu'ilne foft rien des corps, que fent vn aueugle, _qui doiue pañler le long de fon bafton iufques à fa main, & que la refiftence ou le mouuement de ces corps, qui ef la feule caufe des fentimens qu’il en a, n'eft rien de femblable aux idées qu'ilen conçoit. Et parce mo- yen voftre efprit fera deliuré de toutes ces petites ima- ges voltigeantes par l'air, nommées des e/peces intentio- nelles, quitrauaillent tant l'imagination desPhilofophes. Mefme vous pourrés ayfément decider la queftion, qui eft entre eux, touchant le lieu d'ou vient l’action qui caufe le fentiment de la veüe. car comme noftre aueu- gle peut fentir les corps qui font autour de luy, non feu- lement par l'action de ces corps, lors qu'ils fe meuuent contre fon bafton , mais aufy par celle de fa main , lors qu'ils ne font que luy refifter: ainfy faut il auoüer, que les obiects dela veue peuuenteftre fentis, non feulement par le moyen de l’action, quieftant en eux, tend vers les yeux; mais auflÿ par le moyen de celle, qui eftant dansles yeux, tend vers eux. ‘T'outefois pour ce que cefte action n’eft autre chofe que la lumiere, il faut re- marquer qu'il n'ya que ceux qui peuuent voir pendant ARE les 6 LA DiorTRIQUE les tenebres de la nuit, côme leschats, dans les yeux def. quels elle fe trouue: & que pour l'ordinaire des hommes, ils ne voyent que par l'adtion qui vient des obiects ; car l'experience nous monftre que ces obicéts doiuent eftre lumineux ou illuminés poureftre veus, & non point nos yeux pour les voir. Mais pour ce qu'il y a grade differèce entre le bafton de cet aueugle, & l'air ou les autres corps tranfparens, par l'entremife defquelsnous voyons, il faut que je me ferue encores icy d'vneautre comparaifon. Voyés vne cuue au temps de vendange ; toute pleine de raifins à demi foulés, & dans le fons de la quelle on ait faitvn trou ou dl comme À & B, par ou le vin doux, qu ‘elle contient , puiffe cou- ler. Puis penfés que n'y ayant point de vuide en la Nature , ainfy que préfque tous les Philofophes a- uouënt, , & neantmoins -yayant plufeurs pores en tous | Jescorpsque j nous aper- Fu) ceUONs au tour de nous , ainfy que lexpe- rience peut moftrer fort clairement , ileft nécef. faire que ces pores vue remplis de quelque matiere fort fubtile & fort fluide , qui s’eftende fans interru- ption depuis les Aftres fées à nous. Orcefte ma: uiere fubuile eftant comparéeauec le vin de cefte cu: UC ? Discours PREMIER : 07 ue , & les parties moins fluides ou plus groffieres tant de l'air, que des autres cors tranfparens, auec les grappes de raifins qui font parmi : vous entendrés :fa- cilement , que comme Îles parties de ce vin, qui font par exemple vers C, tendent à defcendre enli- _gne droite par le trou À, au mefme inftant qu'il eft ou- uert, & enfemble par letrou B, & que celles qui font vers D, & vers E, tendent aufly en mefme tems à def. cendre par ces deux trous, fans qu'aucune de ces actions _ foit empefchée par les autres, ny aufy par la refiftence des grappes qui font en cefte cuue, non obftant que ces grappes, eftant fontenües l’vne par l’autre, ne tendent point du tout à defcendre par cestrous À &B, comme le vin; & mefme qu'elles puiflent cependäat eftre meües h en plufieurs autres façons, par ceux qui les foulent. Ain- - fytoutesles parties de la matierefubtile, que touche le _ cofté du Soleil qui nous regarde , PE en ligne droite vers nos yeux au mefme inftant qu'ils font ou- uers, fans s'empefcher les vnes les autres, & mefme fans eftre “empefchées par les parties groffieres des corstran- “: | Tparës, qui font entre deux: foit que ces cors fe meuuent … end'autres façons, comme l'air , qui eft prefque tou- fieurs agité par quelque vent ; bit qu'ils foyent fans mouuement, comme peut eftre le verre ou le criftal. Et remarqué icy qu'il faut diftinguer entre le mouuement, & l'action ou inclination àfemouuoir. Caron peut fort | bien conceuoir que les parties du vin, qui font par exem: ple vers C, tendent vers B, & enfemble vers A, non cb- ftant qu'elles ne puiffent aétuellement fe mouuoir vers ces deus coftés en mefme temps, & qu'elles tendent Ex= acte- } 8 LA DiIoPTRIQUE aétement en ligne droite vers B & vers A, non obftant qu’elles ne fe puiffent mouuoir fi exaétement vers la enligne droite, à caufe des grapes de raifins qui font entredeux : & ainfy penfant que ce n'eft pas tant le mouuement, comme l'action des cors lumineus qu'il faut prendre pour leur lumiere, vous deués iuger que les rayons de cette lumiere ne fontautre chofe, que les li- gnes , fuiuant lefquelles tend cette action. En forte qu'il y a vne infinite de tels rayons qui vienent de tous les poins des cors Iumineus, vers tous les poins de ceus qu'ils illuminent, ainfy que vous pouuc imaginer vne infinité de lignes droites , fuiuant lefquelles les actions qui vien- ent detousles poins de la fuperficie du vin C DE, ten- dent vers À, & vneinfinite d’autres, faiuant lefquelles, les aétions qui vienent de ces mefmes poins, tendent auffy vers B. fans que les unesempefchenr les autres. Au refte ces rayons doiuent bien eftre ainfy toufiours imaginés exactement drois , lors qu’ils ne paflent que par va feul cors tranfparent ; , qui eft par tout efgalà foy- mefme: mais lors qu'ils rencontrent quelques autres cors, ils font fujets à eftre détournés pareux, ouamor- tis, en mefme façon que l’eft le mouuement d'vne balle, ou @ vne pierre iettée dans l'air, par ceux qu'ellerencon- tre. Caril eft bien ayfé à croire que l’action ou inclina- tion à fe mouuoir, que i’ay dit deuoir eftre prife pour la lumiere, doit fuiure en cecy les mefmes loys que Île mouvement. Et afin que rexplique cette troifiefme comparaifon tout au long, confideres que les corps, qui peuuent ainfy eftre rencontrés par vue balle qui pañle dans l'air, font ou mous,ou durs, ou liquides, & que s'ils | font Discours PREMIER. 9 font mous, ils arreftét & amortiffent tout à fait fon mou- uement : comme lors qu’elle donne contre des toiles, ou du fable, ou de la bouë, au lieu que s'ils font durs, ils la renuoyent d’vn autre cofté fans l'arrefter ; & ce en pluñeurs diuerfes façons: Car ou leur fuperficie eft tou- re efgale & vnie , ou rabotteufe &inegale, & derechef eftant efgale, elle eft ou platte, on courbée : &eftantin- egale, ou fon inegalité ne confifte , qu’en ce qu’elle eft compofée de plufeurs parties diuerfement courbées, dont chacune eft en foy aflés vnie, ou bienelle confifte outre cela,en ce qu'elle a plufieurs diuers angles ou poin- tes, ou des parties plus dures l’vne que l’autre, ou qui fe meuuent, & ce auec des varietés qui peuuent eftre imaginces en mille fortes. Etil faut remarquer que la bale, outre fon mouuement fimple & ordinaire , qui la porte d'vn lieu en l’autre, en peut encores auoïir vn deuxiefme, qui lafait tourner autour de fon centre, & _quelaviteffe de ceftuy cy peut auoir plufieurs diuer- fes proportions auec celle de l’autre.Or quand plufieurs bales venant d’vn mefme cofté, rencontrent vn cors, dont la fuperficie eft toute vnie & efgale, elles fe refle- fchiflent efgalement , & en mefme ordre , en forte que fi cette faperficie eft toute plate, elles gardent _entreelles la mefime diftance, apres l’auoir rencontree, qu’elles auoyent auparauant, & fi elle eft courbée en dedans , ou en dehors , elles s’approchent, ou s’efloig- nêt en mefme ordre les vnes des autres, plus ou moins, à raifon de cefte courbure. Comme vous voyés icy les ba- les AB C, qui, apres avoirrencontré les fuperficies des cors DEF, fereflefchiflentvers GHI. Etfces bales B feENCOLU- 16 | LA DIOPTRIQUE rencontrent vne fuperficie inefgale, comme L,ou M, elles fe reflefchiffent versdiuers coftés, chafcune felon la fituatio de l'endroit de cefte fuperficie qu’elle touche. Etelles ne changent rien que cela en la façon de leur mouuement, lors que fon inefyalite ne confifte qu’en ce que fes parties font courbées diuerfement., Mais elle _ peut aufly confifter en plufeurs autres chofes & faire par ce moyen que fi ces bales n'ont eu auparauant qu'vn fimple mouuement droit, elles en perdent vne partie, & en acquerent au lieu vn circulaire, qui peut auoir diuerfe proportion auec ce qu'elles retienent du droit, felon que là fuperficie du cors qu’elles rencontrent peut eftre di- uerfement difpofée. Ce que ceux qui iouent a la paume efprouuent affés, lors que leur bale rencontre de faux quareaux, ou bien qu'ils la touchent en biaifant de leur raquette, ce qu'ils nôment, ce me femble coupper ou fri- fer. En fin confiderés que fivne bale quife meut rencon- tre obliquement la fuperficie d'vn,cors liquide, par le- quelelle puiffe pafler plus où moins facilement, que par celuy d'ou elle fort, elle fe détourne & change fon cours | cn Discours PREMIER. YE en yentrant: côme par exemple, fi eftant en l'air au point À on la pouffe vers B,clle va bien en ligne droite de- puis À iufques à B, fi ce n'eft quefape- Z fanteur ou quelqu’ autre caufe parti- culiere l'en empef- che, mais eftant au point B ou ie fup- _pofe qu'elle rencontre la fuperficie de l’eau CB Ecliefe derourne & prend fon cours vers L,allat derechefen ligne droite depuis Biufquesa! ,ainfy qu'il eftayféà verifier par l'experience. Or il faut penfer en mefine façon, qu'il y a des cors qui eftant rencontrés par les rayons de la lumiere les amortiffent, & leur oftenttouteleur force, a fçauoir ceux qu'on nôme noirs, les quels n’ont point d'autre cou- leur que lestenebres, Et qu'il yen a d’autres qui les font reflefchir les vns au mefine ordre qu'ils lesreçoiuent, a fçauoir ceux qui ayant leur fuperficie toute polie peuuent feruir de miroirs tant plats que courbés, & les autres con- _fufement vers plufieurs coftés. Et que derechef entre ceux cy les vns font reflefchir ces rayons fans aporter au- - cunautrechangemët en leuraétion;a fçauoir ceux qu'on nomme blancs : & les autres y aportent auec cela vn changement femblable a celuy que reçoit le mouue- ment d'une balle quand on la frize ; a fçauoir ceux qui font rouges, ou iaunes,ou bleus, ou de quelq; autre tel- lecouleur, Car ie penfe pouuoir determiner en quoy B 2 con- 12 LA DroPpTRIQUE confifte la Nature de chacune de ces couleurs, & le fai- re voir par experience; mais cela pañle les bornes de mon fuiet, Et ilme fuffit icy de vous auertir, que les rayons,qui tombent fur les cors qui font coloré & non polis, fe reflefchiffent ordinairement de tous coftés, en- cores mefme qu'ils ne vienent que d’vn feul cofté. Com- me encore que ceux qui tombent fur la fuperficie du cors blanc A B , ne vienent D que du flambeau C,ils ne laif- # {ent pas de fe reflefchirtelle B Ment de tous coftés , qu’en quelque lieu qu'on pofe l'œil, . comme par exemple vers D, il s’en trouue toufours plufeurs venans de chafque endroit de cefte fuperficie À B,qui tendent versluy. Et mefme fi l’on fuppofe ce cors fort delié comme vn papier ou vne toile,en forte quele iour pañle autrauers,encores _ que l'œil bic d'été colté que le flambeau, comme vers E, ilne lairra pas de fe reflefchir vers luy quelques rayons de chacune des parties de ce cors. En fin con- fiderés queles rayonsfe detournent auflÿ, en mefme fa- çon qu'il a efté dit d'vne bale, quand ils rencontrent ob- liquement la fuperficie d’vn cors tranfparant , par lequel ils penetrent plus ou moins facilement, que par celuy d'où ils vienent, & cette façon de fe détourner s'apelleen eux rx Refraction. Discours SECOND, 13 DE LA REFRACTION Difcours Second. D uTANT quenous aurons befoin cy apré defça- uoir exactement la quantité de cette refraction, & qu'elle peut affés commodément eftre entendue par la comparailon,dont ie viens de me feruir, ie croy qu'il eft à propos, que ie tache icy tout d’vn train de l'expliquer, & que ie parle premierement de la reflexion , afin d’en rendre l'intelligence d’autant plus ayfée. Penfons donc, qu'vne bale eftant pouffee d'A versB, rencontre au point B, la fuperficie de lhterre CBE, qui lempefchant de pañler outre , eft caufe qu’elle fe de- tourne ; & voyons vers quel cofté,Mais afin de ne nous embaraffer point en des nouuelles difficultés, fuppofons que la terre eft par- faitement platte & dure, & que la balle va toufiours d’efgale vitefle , tant en defcendant , qu'en remontant, fans nous enqueriren aucune façon de la puiflance, qui continue de la mouuoir, apres qu’elle n’eft plus tou- chée dela raquette,ny confiderer aucun effeét de fa pe- fanteur, ny de fa groffeur, ny de fa figure. Car il n'eft pas icy queftion d'y regarder defiprés, &iln'y a pie B 3 € 1 AE : AL A DIORTRIQUE de ces chofes qui ait lieu en l’action de 12 lumiere a la quelle cecy fe doit rapporter. Seulement faut il remar- _ quer, que la puiflance, telle qu'elle foit qui fait côtinuer le mouuemêt de cefte balle,eft differente de celle,quila determine a fe mouuoir pluftoft vers vn cofté,que vers vaautre, ainfy qu'ilefttrésayfé a cognoiftre de ce que c'eftla force dont elle a efté pouffée parlaraquette, de qui depend fon mouuement, & que cefte mefme force lauroit pü faire mouuoir verstout autre cofté, aufly fa- cilement que vers B,au lieu que c’eft la fituation de cefte raquette qui [a determine a tendre vers B, & quiauroit pü ly determiner en mefme façon ,encores qu’vne autre force l’auroit meue. Ce qui monftre defia qu'il n’eft pas impofhble que cefte balle foit détournee parla ren- contre de laterre, & ainfy que la determination qu’elle auoitatendre vers B foit changée, fans qu’il y ait rien pour cela de changé en la force de fon mouuement, puis que ce font deux chofes diverfes : & par confequent qu'onne doit pas imaginer qu'il foit receffaire qu'elle s’arefte quelque moment au point B auant que de re- tourner vers F, ainfy que font plufeurs de nos Philofo- phes, car fi fon mouuement eftoit vne foix interrompu par cet arreft, ilne fe trouueroit aucune caufe, qui le fift par apré recommencer. De plusil fant remarquer,que la determination a fe mouuoir vers quelque cofté, peut aufly bienque le mouuement, & generalement quetou- te autre forte de quantité eftre diniféeen routes les par- ties, defquelles 6n peut imaginer qu'elle eft compofe. & qu'on peut ayfement imaginer que celle de la balle qui femeut d’ A vers B eft compofée de deux autres, dont Discouxs SEcowp. 1 dont l'vne la fait defcendre de laligne A F. verslaligne CE, &lautreen mefme temps la fait aller de la gau- à che AC , vers la _droite FE, enfor- te que ces deux jointes enfemble la conduifent iuf- ques à B fuiuant l4 ligne droite A B. Eten fuite il \ eft ayfe à enten- dre, que larencontre de laterre ne peut empefcher que l’vne de ces deux determinations,& non point l’autre en aucune façon. Carelle doit bien empefcher celle qui faifoit defcendre la balle d’A F vers CE, à caufe qu’elle occupe tout l'efpace qui eft au deflous de CE, mais pourquoy empefcheroit elle l'autre ; qui la faifoit auan- cer vers la main droite, vû qu’elle ne luy eft aucune- ment oppofée en ce fens-la> Pour trouuer donc iufte- ment vers quel cofté cefte balle doit retourner, defcri- uons vn cercle du centre B, qui pañle par le point A, & difons quen autant de temps qu'elle aura mis à fe mou- uoir depuis À iufques à Belle doitinfalliblement retour- ner depuis B iufques à quelq; point dela circonference de ce cerele,d’autät que tous les points qui font auffy di- ftans de ceftuy cy B,qu’en eft A ,fe trouuent en cefte cir- conference, & que nous fuppofons le mouuemet de cefte balle eftre toujours efgalemêt vifte. Puis à fin de fçauoir précifement au quel de tousles points de cefte circon- ference elle doit retourner, tirons trois lignes os 2. 16 LA DIioPTRIQUE AC,HB,&FE perpendiculaires fur C E,&entelle for- te, qu'il n’y ait ni plus ni moins de diftance entre AC, & H B,qu'entre H B,& FE: & difons, qu’en autant de temps,que la bale à mis à s’auancer vers le cofté droit, depuis A, l’vn des poins delaligne A C, iufques àB l’vn de ceux de la ligne H B, elle doit auffy s’auancer depuis la ligne H B, iufques à quelque point de la ligne FE. car tous les poins de cefte ligne F E ,fontautantefloignés deHB en cefenslà,lvn comme l’autre, & autant que ceux delaligne A C, &elle eft aufly autant determincée à s’auancer vers ce cofte-là, qu’elle ä efté auparauant. Or eftil, qu'elle ne peut arriuer en mefme tems en quelque point delaligneFE, &enfemble à quelque point de la circonference du cercle A F D, fi ce n’eft au point D, ou au point F,d’autant qu'il n’y a que ces deux, où elles s’en- trecoupent l’vne l’autre, fi bien que laterre l'empefchant de pañfer vers D, il faut conclure qu'elle doit aller infal. liblement vers F. Etainfivous voyés facilement, com- ment fe fait lareflexion, à fçauoir felon vn angle tou- fiours efgal à celuy qu’on nomme l'angle d'incidèce. C6- me fi vnrayon, venant du point À, tombeau point B fur la fuperficie du miroir plat CBE, ilfereflefchift vers F, en forte que l'angle de lareflexion FBE , n’eftneplus ne moins grand que celuy de Pincidence A B C. Venons maintenant à la Refraction. Et premierement fuppofons qu'vne bale pouffée d'A vers B, rencontre au point B ,n6 plus la fuperficie de la terre, mais vne toile C BE, qui foit fi foible & deliée que cefte bale ait la force de la rompre & de pañfer tout au trauers,en perdant feu- lement une partie de fa viteffe, à fçauoir, par exemple, la moitié, Discours SECOND. moitié. Orcela pofé , à fin de fçauoir quelchemin elle doit fuiure,confiderons derechef, que {on mouuement differe entieremêt de fa determina- tion à fe mouuoir pluftoft vers vn co- Îté que vers vn mms autre , d'où il fuit que leur quantité doit eftre exami- née feparément . | _ Etconfideronsauf- _ fy que des deux parties, dont on peut imaginer que cefte determination eft compofée, iln’ya que celle qui faifoit tendre la bale de haut en bas, qui puiffe eftre cha- gée en quelque facon par la rencontre de la toile, & que pour celle qui la faifoit tendre vers la main droite, elle doit toufiours demeurer la mefme qu’elle aefté, à Cao que cette toile ne luy eft aucunemét oppofée en ce fens- à. Puisayant defcrit du centre B lecercle À F D,&tiré _à angles droits fur CBE les trois lignes droites AC, _ HB,FE,entelle forte qu'il y ait deux fois autant de di- ftance entre FE & H B, qu'entre H B & AC, nous verrons que cefte bale doit tendre vers le point I. Car puis qu'elle perd la moitie de fa vitefle, en trauerfant la toile CBE, elle doit employer deux foisaütant de rems à paffer au deflois depuis B, iufques à quelque point de la circonference du cercle A FE D, qu’elle afait au deflus à venir depuis A ,iufques à B. Et puis qu'elle ne perd rien du tout de la determination qu’elle auoit à s'auan- C cer le SAS F8 LA Don uronr ; cer vers le cofté droit , en deux fois autant de temps, qu'elle en a mis à paffer depuis la ligne AC iufques à H B, elle doit faire deux fois autant de chemin vers ce mefme cofté, Et par confequentarriuer à quelque point ‘ delaligne droite E E , au mefme inftant qu’elle arriue aufli à quelque point dé la circonference du cercle AF D. Cequi feroitimpoñible, fielle n'alloit vers I, d'au. tant que c’eft le feul point au deflous de latoile C B E;où le cercle A FD, & la ligne droite FE, s ‘entrecoupent. Penfons maintenant que la bale qui vient d'A, vers D, rencontre au point B, non plus vne toile, mais de l'eau, dont la fu- petfcie CBE luy ofte iuftement la moitie de fa vitéf- fe ainfi que faifoit 3 cettetoile,. Etle _refte pofé comme deuant, ie dis que ‘ cefte bale doit paf- fer de B en ligne dite ronvers D,mais versI. Car premierement ileft certain, que la fuperficie de l’eau la doit detourner vers à en mefme façon que la toile,vû qu'elle luy ofte tout autant de fa force, & qu'elle luy eft oppofée en mefme fens. Puis pour le refte du cors de l’eau qui remplift tout l'efpace qui eft depuis B iufques à I, encores qu'il luy refifte plus ou moins que ne faifoit l'air que nous y fuppoñons auparauant, ce n'eft pas à dire pour cela qu'il doiue plus ou moins la détourner: car il fe peut ouurir pour Discours SECOND. 19 pour luy faire paffage tout aufi facilement vers vn cofté que vers vnautre. au moins fi on fuppofe toufours, comme nous faifons, que ny la pefanteur ou legereté de ceftebale, ny fa groffeur, ny fa figure, ny aucune autre telle caufe eftrangere ne change fon cours.Et on peut icy remarquer, qu'elle eft d'autant plus detournee par la fu- perficie de l'eau ou de la toile, qu’elle la a plus obliquement, en forte que fi elle la rencontre à angles droits, comme lors qu'elle eft pouffée d’H, vers B, elle doit pañfer outre en ligne droite vers G fans aucunement fe detourner. Mais fi elle eft pouffée fuiuant vne ligne, comme À B, qui foit fi fort inclinée fur la fuperficie de l'eau ou de latoileCBE, que la ligne FE eftant tirée , comme tantoft , ne coupe point le cercle A À D, cete bale ne doit aucunement la pene- Ftrer, mais reiaillir de "| | fa fuperficie B, vers ETF l'air L,tout de mefme D | quefielley auoit ren- contréde laterre. Ce | qu'on a quelque fois experimêté auec regrét. lors que faifant tirer pour plaifir des pieces d’Artillerie vers le fons d’vne riuiere, on a bleffé ceux qui eftoyent de l’autre cofté fur le riuage. Mais faifons encore icy vne autre fuppofition, & pen- fons que la bale ay ant efté. premierement pouffée d'A, versB, eft pouflée derechef eftant au point B, par la ra- quette CBE, qui augmente la force de fi move: ment, par exemple, d'vn tiers, en forte qu'elle puiffe, NS faire 20 La DIroPTRIQUE faire par aprés autant de chemin en deux momens, qu'el- leen faifoit en trois auparauant. Ce qui fera le mefme | effect, que fi el- le rencontroit au point B vn cors de | telle nature, qu'el- : . de:pañfaft au tra- ar | ; uers de fa fuperf- 77 re QE GRE, Frot 4 tiers plus facile- HW} : mentqueparlair. _ Et il fuit manife- fomene de ce quia efté defa demonftré , que fi lon defcrit. le cercle À D comme deuant, & les lignes AC, HB, FE, entelleforte qu'il y ait d’vntiers moins de diftance entre FE & H B; qu'entre H B & AC, le point Loulaligne droite FE,&la circulaire A D, s'en- trecoupent, defignera le lieu vers lequel cefte bale eftantau point B, fe doit detourner. Or on peut prendre auffi le reuersde cette OReItÉ on & dire que puis que la bale qui vient d’A en ligne droi- te iufques à B, fe detourne eftant au point B,& prend fon cours de là vers I, cela fignifie que la force ou facilité, dont elle entre dans le cors C B E Eeft à celle, dont elle fortdu cors ACBE,, comme la diftance qui eft entre AC&H B,à celle qui eft entre AB & FE c'eft à ae comme laligne CB ef à BE. En fn d'autant que Faétion de la lumiere faits en cecy | les mefmes Lloix que le mouuement de cette bale, - ilfaut dire ms que fes rayons paffent obliquement | d'un nor > Discours SEcoN5. 27 d'vh cors tranfparant dans vnautre, qui les reçoit plus’ ou moins facilement que le premier, ils s’y detournent entelle forte, qu'ils fe trouuent touñours moins inclinés _ fur la fuperficie de ces cors, du cofté où eft celuy quiles reçoit le plus ayfement , quedu cofté où eft l’autre: & ce iuftement à proportion de ce qu'il lés reçoit plus ay- _fément quene fait l’autre. Seulement faut.il prendre garde que cetteinclination fe doit mefurer par la quan- tité des lignes droites, comme CB ou AH, & EB ou 1G, &femblables, comparéeslesvnes aux autres ; non. par celle des angles, tels que {ont ABH, ou GBI,ny beaucoup moins par celle des femblables a D BI, qu'on nomme les angles de Refra@tion. Car la raifon ou pro- portion quieftentre ces angles, varie à toutes les diuer- . fsinclinations des rayons, au lieu que celle qui eft etre les lignes A H & I G oufemblables , demeure la mef- me en toutes les refractions qui font caufées par les mef- mes cors. Comme parexemple, s'il pafle vn rayon dans l'air d'A,vers B, qui rencontrant au point B la fuperficie | ie u verre C BR, fe de- tourne vers Ï dans ce. Ferre: ;, qu'il en vienne vn autre de K HE Be MORIN TE TS DE QUE fe detourne vers L ; & vn autre de P vers KR, qui fe de- tourne uers S, ildoit y auoir mefme proportion entre les Fe Æ lignes: 22. 1: a DAioPFRIQUE ares lignes KM & LN,ou PQ & ST, qu'entre AH & IG, maisnon pas la mefme entre les angles KBM & LBN,ouPRQ&SRT, qu'entre ABH &1BG. Si bien que vous voyes maintenant en quelle forte fe doiuent mefurer les refraétions, &encores que pour de- terminer leur quantité,entant qu’elle depend de la Na- ture particuliere des corsoùelles fe font, il foit befoin d'en venir a l'experience, onne laïfle pas de le pouuoir faire affés certainement & ayfement, depuis qu'elles font ainfitoutes reduites fous vne mefme mefure; caril fuft de les examiner en vn feul rayon pour cognoiftre toutes celles quifefont en vne mefmé fuperficie, & on _ peut euiter toute erreur, fi on les examine outre cela en quelquesautres. Comme finous voulons fçauoir la quan. tite de celles qui fe font en lafuperficie C B R;qui fepare l'air À K P, duverre LIS; nous n'auons qu’à l’efprouuer en celle du rayon À BI, en cherchant là proportion qui cftentreles lignes AH & IG. Puis fi nous craignons D | d’auoirfail- nt li en cefte -'experiens ce , il faut cncores l'efprouuer en quel- . quesautres 17 : rayons, comme KB L,ou PRS, & trouuant méfie propor- tiondeKMaLN, & de PQàST,qued'AHàI G:- nous n'aurôs plus aucune occaf6 de douter dela verite. | . Mais æ Discours SEconr. 23 Mais peuteftre vous eftonneré vous en faifant ces exberiences de trouuer que les rayons dé la lumiere s’inclinent plus dans l'air, que dans l'eau, fur les fuperf- cies où fe fait léur refraction ; & encores plus dans l'eau que dans le verre, tout au contraire d'vne bale qui s’in- cline d'avantage dans l’eau que dans l'air, ‘& ne peut an- cunement pafler dans le verre. Car par exemple, fi c'eft vae bale, qui eftant pouffée dans l'air d’A,vers B, ren- contre au point B la fuperficie de l'eau CB E, elle fe de- tournera de B vers V, & fi c’eft vn ra- yon , il ira tout au contraire de B, vers I. Ce que vous cef- ferés toutesfois de trouuer eftrange, fi vous vous fouuenés de la nature que j’ay attribuée a lalumiere quand f'ay dit qu’ellen’eftoitautre chofe, qu’vn certain mouuement ou vue action receuë en vne matiere tres-fubtile, qui remplift les pores des autres cors: & que vous confide - deriés, que comme vne bale perd d'avantage de fon agi- tation, en donnant contre vn cors mou, que contre va qui eft dur, & qu'elle roule moins ayfement fur vntapts, que {ur vne table toute nuë. ainfi l’a@tion de cefte ma- ‘ tiere fubtile, peut beaucoup plus eftre empefchée par les parties 4 Pair, qui eftant comine molles & mal-ioin- tes, ne luy font pas beaucoup derefiftance, que par cel- les de l'eau, qui luy en font d’auantage ; & encores plus par celles der” eau, que par celles du verre , ou du criftal. En &, 24 _ LA DIiOoPTRIQUE _ En forté que d'autant que les petites parties d’vn cors tranfparant font plus dures & plus fermes, d'autant laif- fent elles paffer la lumiere plus ayfément , car cette lu- _miere n’en doit pas chaffer aucunes hors de leur places, ainfi qu'vne bale en doit chaffer de celles de l'eau ay trouuer paflage parmy elles. : Aurefte, fçachant ainfi lacaufe des refra@ions qui fe font dans l'eau. & dans le verre, & communement entous les autres cors tranfparans qui font autour de nous, on peut remarquer qelles y doiuenteftre toutes femblables, quand les rayons fortent de ces cors, & JA quandils ÿentrent. Comme file rayon qui vient a A, œure en lapae Vers B, fe detourne deB, ver: I, en paffant de l'air dançsle < verre , celuy qui reviendra d’I, vers B , doit auffi fe de- tourner de B,vers A. Toutesfoisil fe peut bien trouuer d’autres cors, principalement dans le tiel, où les refra- étions Dibesdent d’autrescaufes, ne font pas ainfi reci- proques. Etilfe peut auffy trouuér certains cas, auf- quels les rayons fe doiuent courber, encores qu “ls ne ‘paflent que par vn feul cors tranfparant. ainfi que fe courbe fouuent le mouuement d’vne bale , pource qu’elle eft detournée vers vn cofté par fa pefanteur, & vers vnautre par l’action dont on l’a pouffce, ou pour di- . verfes autres raifons. Caren fin r'ofe dire que les trois comparaifons, dont ie viens de me feruir, {ont fi pro- pres, qué toutes les particularités qui s'y peuuent re- marquer, fe raportent à quelques autres qui fe trouuent . toutes femblables en lalumiere: mais ie ray tafché que d'expliquer celles qui faifoient le plus à mon fuiet. Et 1e ne vous veux plus faire icy confiderer autre chofe, fi- BOn Discours SECOND. 25 non que les fuperficies des cors tranfparens qui font courbées, detournent les rayons qui paffent par chacun de leurs poins, en mefme forte que feroient les fuperf- cies plattes, qu'on peut imaginer toucher ces cors aux mefmespoins. Comme par exemple, la refraction des rayons À B, AC, A D, qui venans du flambeau A , tom- bent fur la Superficie courbe de la boulede criftal B CD, doit eftre confiderée en mefme forte, quefi À B tomboit fur la füperficie plate EBF, & AC fur GCH, &AD {ur IDK, &ainfi desautres. D'où vous voyés que ces rayousfe peuuent affembler, ou efcarter diuerfement, fe- lon qu'ils tombent fur des fuperficies qui font courbées diuerfement. Et il eft temps que ie commence à vous defcrire,qu’elle eft la ftruture de l'œil, afin de vous pou- uoir faire entendre comment les rayons , quientrent de- dans, s’y difpofent pour caufer le fentiment de la veuë. 26 ; LA DIroPTRIQUE EE :LOÈEEL, Difcours T roifiefme . S! z eftoit poflible de couper l'œil par la moitie , fans que les liqueurs dont il eft rempli s'efcoulaffent , ni qu'aucune de fes parties changeaft de place, & que le plan de la fecion paffaft iuftement par le milieu de la prunelle , il paroiftroit tel qu'il eft reprefenté en cefte figure. AB CB,æft vne peau affés dure & efpaifle, qui compofe comme vn vaze rond dans lequel toutes fes parties interieures font con- tenues. DEF, eft vne autre peau plus deliée, qui eft ten- due ainfi qu'vne tapifierie au dedans de la precedente. ZH, eft le nerfnomme optique, qui eft compofé d'vn grand nom- bre de petits filets , dont les extremités s'eftendent es tout l’'efpace GHI, où fe meflant (l.) auec vne infinité de petites NZz veines & arteres, elles com- pofent vn efpece de chair extremement Pure & deli- | cate , laquelle eft comme vne troifiefme peau, qui cou- ure tout le fons de la feconde. K LM, font trois fortes de glaires ou humeurs fort tranfparentes, qui remplif_ {ent tout l’efpace contenu au dedans de ces peaux, & ont chacune la figure, en laquelle vous la voyé'icy repre- fentcé. Discours TROISIESME, 27 fentée. Et l'experience monftre, que celle du milieu E, qu'on nomme l'humeur criftaline, caufe à peu prés mef- me refraction que le verre ou lecriftal, & que les deux autres K & M la caufent vn peu moindre, environ côme l'eau comune , en forte que les rayons dela lumiere, paf- fent plus facilement par celle de milieu, que par les deux autres; & encores plus facilement par ces deux, que par l'air. En la premiere peau, la partie B C Befttranfparëte, & vn peu plus voutée que le refte B A B.Enlafeconde,la fuperficie interieure de la partie E F, quiregarde lefons de l'œil, eft toute noire & obfcure, &elle a au milieu vapetittrourondFF, qui eft ce qu’on nomme la pru- nelle, & qui paroift fi noir au milieu del’œil, quand on le regarde par dehors. Ce trou n’eft pas toufiours de mefme grandeur, &lapartie EE dela peau en laquelle ileft, nageant librement dans l'humeur K, qui eft fort li- quidé, femble eftre comme vn petit mufcle, qui fe peut eftrecir & eflargir à mefure qu'on regarde des obiets plus ou moins proches, ou plus ou moins efclairés , ou qu'on les veut voir plus ou moins diftinétement. Et vous pourré voir facilement l'experience de tout cecy enl'œil d’vnenfant. car fi vousluyfaites regarderfixe- ment vnobiet proche, vous verrés que fa prunelle de- uiendra vn peu plus petite, que fi vous luy en faites re- garder vn plus efloigné, qui ne foit point auec cela plus cfclairé. Et derechef qu’encores qu'ilregardetoufours le méfme obiet, il l'aura beaucoup plus petite, eftant en vne chambre fort claire, quefi en fermant la plus part des feneftres on larendfortobfcure, Et en-fin que de- meurant au mefme iour , & regardant le mefme obiet, 1) De | s’il 28 LA DroPpTRIQUE s’iltafche d'en diftinguer les moindres parties, fa pru- nelle fera plus petite, ques'il ne le confidere que tout entier, &fansattention. Et notés que ce mouuement doiteftre appelé volontaire, non-obftant qu’il fit ordi- nairement ignoré de ceux qui le font,caril ne laiffe pas pour cela d’eftre dependant, & de fuiure de la volonté qu’ilsont de bien voir ; ainfi que les mouuemens desle- . ures & de la langue qui feruët à prononcer les paroles, fe nomment volontaires, à caufe qu'ils fuiuent de la volon- té qu’on à de parler, nonobftant qu'on ignore fouuent quels ils doiuent eftre pour feruir a la prononciation de chaque lettre. EN,EN, font plufieurs petits filets noirs, qui embraffent tout au. C | RS tour l'humeur marquée L, & OR qui naiflans auf de la fecon- FT à B ,. : : £ \ de peau,en l'endroit ou la troi- fiefme fe termine, femblent à Li|| autant de petits tendons, par M le moyen defquels cette hu- / meur L deuenant tantoft plus a voutée, tantoft plus platte, {e- 2 | I l'i . 5 A Q{iA lon l'intention qu'on a de re- ÔN NN.) garder desobiets proches, ou NN à : efloignés, chan ge vnpeutoute la figure du cors de l'œil. Et vous pouués cognoïftre ce mouuement par experience, car fi lors que vous regar- _ dé fixement vne tour ouvne montaigne un peu cfloig- née, on prefente vnliure deuant vos yeux,vousn’y pour- ré voir diftinement aucune lettre, iufques à ce que leur figure {oit vn peu changée. EnfinOO, font fixou fept Discours TROISIESME. 29 fept mufcles attachés à l’œil par dehors, quile peuvent mouuoir detous coftés,& mefme auff, peuteftre, enle pr effant ou retirant ,ayder à changer fa figure. Te laiffe à deffein plufieurs autres particularités qui fe remar- quent en cefte matiere, & dont les Anatomiftes grofhf- fent leurs liures, car ie croy que celles que i’ay mifesicy, fuffiront pour expliquer tout ce qui fert à mon füuiet, & que les autres que i'y pourrois adioufter, n’aycant en rien voftreintelligence, ne feroyent que dinertir voftre attention. DES SENS EN GENERAL. Difcours Q natriefme. M 1 il faut que ie vous die maintenant quelque chofe de la Nature des fens en general, afin de ouuoir d'autant plus ayfementexpliqueren particulier celuy de laveuë. On fçait defia affés que c’eft l'âme qui fent, & non le cors : car on voit que lors qu’elle eft di- uertie par vne extafe ou forte contemplation, tout le cors demeure fansfentiment, encores qu'il y ait diuers obiets quiletouchent. Et onfçait que cen'eft pas pro- _ prement, entant qu’elleeft dans les membres qui fer- uent d'organes aux fens exterieurs, qu elle fent, mais entant qu'elle eft dans le cerucau , où elle exerce cette faculté qu’ils apellent le fenscommun,; car on voit des bleffures & maladies qui n’offenfant que le cerueau feul, empefchent generalement tous les fens, encores que le refte du cors ne laiffe point pour cela d’eftre anime. En D 3 | fin 40 | La DIoPTRIQUE fin on fçait que c'eft par l'entremife des Nerfs, que les impréflions que font les obietsdansles membres exte- rieurs, paruienêt iufques a l'ame dans le cerueau: caron voit diuersaccidens, qui ne nuifant à rien qu’à quelque Nerf, oftent le fentiment de toutes les parties du cors, où ce Nerfenuoyeces branches, fans rien diminuer de celuy des autres. . Mais pour fçauoir plus particuliere- ment en quelle forte l'ame demeurant dans le cerueau, peut ainf par l’entremife des Nerfs , receuoir les im- ë _préffions des obiets qui font au dehors, il faut diftinguer crois chofes en ces Nerfs ; à fçauoir premierement les peaux qui les enuelopent, & qui prenantleur origine de celles qui enuelopent le cerueau, font comme de pe- tits tuyaux diuifés en plufieurs branches , qui fevont efpandre ça & là par tousles membres, en mefme façon que les venes &r les arteres. Puis leur fubftance interi- eure, quis’eftend en forme depetits filets tout le long de ces tuyaux, depuis le cerueau, d’où elle prend fon ori- gine,iufques aux extremites des autres membres, où el- le s'attache; en forte qu'on peutimaginer en chacun de ces petits tuyaux, plufieurs de ces petits filets indepen- dans les vns des autres. Puis enfin les efprits animaux, . qui font comme vn air ou vn vent tres-fubtil, qui ve- nant deschambres ou concauités, qui font dansle cer- ueau, s’efcoulé par ces mefmes tuyaux dans les mufcles. Orles Anatomiftes & Medecins auoüent affés, que ces trois chofes fe trouuent dans les Nerfs, mais il ne me femble point qu'aucun d'eux enait encores bien diftin- : gue les vfages. Car voyant queles Nerfs ne feruent pas feulement à donner le feñtiment aux membres, mais aufli [* Discours QUATRIESME. 3zr: auffi à les mouuoir, & qu'ily a quelque fois des paraly- fies, qui oftent le mouuement, fans ofter pour cela le fentiment ; tantoft ils ont dit, qu’il y auoit deux fortes de Nerfs, dont les vns ne feruoyent que pour lesfens, & les autres que pour les mouuemens ; & tantoft que la faculté de fentir,eftoit dans les peaux où membranes, & que celle de mouuoir, eftoit dans la fubftance interieure des Nerfs, quifont chofes fort repugnantes a l'experien- ce &alaraifon. Car quia iammais pû remarquer aucun Nerf, qui feruift au mouuement, fans feruir auffi à quel- _quefens ? Et comment, fi c’eftoit des peaux que le fen- timent defpendift , les diuerfes impreffions des obiets pourroyent elles par le moyen de ces peaux parueniriuf- ques au cerueau? Afin donc d’euiter ces difficultés, il faut penfer que ce font les efprits, qui coulans par les _Nerfs dans Les Mufcles, & les enflans plus ou moins, tan- toft les vns, tantoft les autres, felon les diuerfes façons que le cerueau les diftribue, caufent le mouuement de tous les membres: &que ce font les petitsfilets, dont la fubftance interieure de ces Nerfs eft compofée, qui fer- uentausfens. Et d'autant que ie n'ay point icy befoin _ de parler des monuemens, ie defire feulement que vous conceuiés, que ces petits filets eftans enfermés, comme j'ay dit, en des tuyaux quifont toufiours enfiés & tenus _ouuers par les efprits qu’ils contienent , ne fe preffent ny empefchent aucunement les vns les autres,& font eften- dus depuis le cerueau iufques aux extremites de tous les membres qui font capables de-quelque fentiment, en telle forte que pour peu qu'on touche & face mouvoir _Fendroit de ces mêbres, où quelqu'vn d'eux eft attaché, | | cn 32 La DioPTRIQUE on fait auffi mouuoir au mefmeinftant l'endroit du cer- ueau d’où il vient, ainfi que tirant l'vn des bouts d'vne corde quiefttoutetendue, on fait mouuoir au mefme inftant l'autre bout. Car fçachant que ces filets font ainfi enfermés en des tuyaux, que les efprits tienent tou- fiours vn peu enflés & entre ouuerts, il eft ayfé à enten- dre qu’encores qu'ils fuffent beaucoup plus deliés , que _ ceux que filent les vers à foye, & plus foibles , que ceux _ des araignées, ilsnelairroyent ‘pas de fe pouuoir eften- dre, depuis latefte iufques aux membres les plus efloi- gnés, fans eftre en aucun hafard de fe rompre, ny queles diuerfes fituations de ces membres empefchaffent leurs mouuemens. Ilfautoutre cela prendre garde à ne pas {uppofer , que pour fentir, lame ait befoin de con- templer quelques images qui foyent enuoyées pas les obiects iufques au cerueau, ainfi que font communé- ment nos Philofophes; ou du moins il faut conceuoir [a nature de cesimages toutautrement qu'ilsnefont. Car d'autant qu'ils ne confiderent en elles autre chofe, finon qu’elles doinent auoir de la refemblance auec les ob- iects qu'elles reprefentent , il leur eft impoñfible de nous monftrer, comment elles peuuent eftre formées par ces obicéts , & receues par les organes des fens exterieurs , -& tranfinifes par les Nerfs iufques au cerueau. Etils n’ont eu aucune raifon de les fuppofer, finon que voyant que noftre penfée peut facilement eftre excitée par vn tableau , à conceuoir l’obiect qui y eft peint, il leur a femble qu’elle-deuoit l'eftre en mefme façon , à conceuoir ceux qui touchent nos fens , par quelques petits tableaux qui s’en formaffent en noftre tCHeT | Discours QUATRIESME. 33 _ tefte. aulieu que nous deuons confiderer, qu'il ya plu- fieursautres chofes que des images, qui peuuent exciter _noftre penfée; comme par exemple, les fignes & les pa- roles, qui ne refemblent en aucune façon aux chofes qu’elles fignifient. Et fipour ne nous efloigner que le moins qu'ileft poflible des opinions defiareceues, nous aymons mieux auouer,que les obiets que nous fentons, enuoyent veritablement leurs images iufques au dedans de noftre cerueau : il faut au moins que nous remar- quions, qu'il n’y a aucunes images, qui doiuent en tout refembler aux obiets qu’elles reprefentent, car autre- ment il n'y auroit point de diftinction entre lobiet & fon image: mais qu'il fufift qu’ellés leur refemblent en peu de chofes ; & fouuent mefme que leur perfection de- _ pend de ce qu'elles ne leur refemblent pas tant qu’elles pourroyent faire. Comme vous voyés que les taille- douces n'eftant faites que d’vn peu d’éncre pofée çà & -R fur du papier, nous reprefentent des forets, des vil- les, des hommes, & mefme des batailles, & destempe- ftes,bien que d'vneinfinitéde diuerfes qualités qu’elles nous font conceuoir en ces obiets , il ny en ait aucune que la figure feule , dont elles ayent proprement la re- _ femblance. &encoreseft-ce vne refemblance fort im- parfaite, vü que fur vne fuperficie toute plate, elles nous reprefentent des cors diuerfement releués & en- foncés. & que mefme, fuiuant les regles de la perfpe@i- ue, fouuent elles reprefentent mieux des cercles, par _des ouales, que par d’autres cercles, &des quarrés par lozanges que par autres quarrés, & ainfi de toutes les autres figures. en forte que fouuent pour eftre plus + ; par- 34 La DIoPTRIQUE parfaites en qualité d'images , & reprefenter mieux vn obiect, elles doiuentne luy pas refembler. Orilfaut que nous penfons tout le mefme des images qui fe forment ennoftre cerueau, & quenous remarquions , qu'il eft feulement queftion de fçauoir , comment elles peuuent donner moyen a l’ame, de fentir toutes les diuerfes qua- lités des obiets aufquels elles fe raportent, & non point, comment elles ont enfoy leur refemblance. Comme lors que l’Aueugle , dont nous auons parlé cydeflus, touche quelques cors de fon bafton , il eft certain que ces corsn'enuoyêent autre chofe iufques à luy, finon que faifant mouuoir diuerfement fon bafton, felon les diuer- fes qualités qui font en eux, ils meuuent par mefme mo- yenles nerfs de fa main, &en fuite les endroits de fon _cerueau d’où vienent ces nerfs, ce qui donne occafon à fon ame, defentir tout autant de diuerfes qualité en ces cors, qu'il fe trouue de varietés dans les mouue- mens, qui font caufés par eux en fon cerueau. » EN D RC ge SR AE Re 2" Discours CINQUIESME. 35 DES IMAGES QVF:SE: FORMENT SUR LE FONDS DE L'OEIL. Diféours C rniafle: N° us voyé doncaffé que pour fentir , lame n’a pas befoin de contempler aucunes images , qui foyent femblables aux chofes qu'elle fent.mais cela n'empefche pas qu ‘ilne foit vray, queles obiets que nous regardons, en impriment d’aflés parfaites dans le fonds de nos yeux, ainfi que quelques vns ont defa tres-ingenieufement expliqué, par la côparaifon de celles qui paroiffent dans vne chambre, lors que l'ayant toute fermée, referué vn . feultrou, &ayant mis au deuant de ce trou vn verreen formede lentille, oneftend derriere, à certaine diftan- ce, vn linge blanc, für quila lumiere, qui vient des obiets de dehors, forme cesimages. Car ils difent que cette chambre reprefente l'œil; ce trou, la prunelle ; ce verre, l'humeur criftaline, ou pluftoft toutes celles des parties de l'œil qui caufent quelque refraétion, & ce linge, la _ peau interieure , qui eft compolée des extremités du nerf optique. Mais vous en pourrés eftre encores plus certain , fi prenant l'œil d'vn homme fraifchement mort, ou au defaut, celuy d'vn bœuf, ou de quelqu'autre gros ani- mal, vous coupes dextrement vers le fonds les trois peaux qui l'enuelopent, enforte qu'vne grande partie de l'humeur M;qui y cft, demeure decouuerte, fans qu'il E 2 y ait La DioPTRIQUE . cpnevseurersenv . Ke - * A pe DC] An. « …, te, Moore Grasse ses ones à Drscours Crau IESME. 37 vait rien d'elle pour cela qui fe refpende. puis-l'ayant recouuerte de quelque cors blanc, qui foit fi delié, que le iour pale au trauers, comme par exemple d’vn mor- ceau de papier ou'de la coquille d'vn œuf, RST, que vous mettiés cet œil dans le trou d’vne feneftre fait exprés, comme Z,enforte qu'il ait le deuant, BCD), tourné vers quelque lieu où il y ait diuers obiets, com- me VX Y,efclairés par le foleil; & le derriere oùeft le cors, blanc, R ST, vers le dedans de la chambre, P, où vous ferés, & en laquelle il ne doit entrer aucune lumiere,que celle qui pourra penetrer au trauers de cet œil, dont vous fçaués. que toutes lesparties, depuis C iufques à S, font tranfparentes. Car cela fait , fi vous _ regardes fur ce cors blanc RST , vous y verrés non peut-eftre fans admiration, &plaifir, vne peinture, qui reprefentera fort naïuement. en perfpectiue tous les obiets, qui feront au dehors vers VX Y. au ioins fi vousfaitesen forte que cet œil retiene fà figurenatu- relle, proportionnée a la diftance de ces obiets: car pour peu que vous le preffiés plus ou moins que de rai- fon, cefte peinture en deuiendra moins diftincte. Et il eft à remarquer, qu'on doit le preffer vn peu d’auan- rage, & rendre fa figure vn peu plus longue , lors que les obiets font fort proches, que lors qu'ils font plus efloi- gne$S. Maisileft befoin que explique iCy plusaulong, comment fe forme cefte peinture, car ie pourray par mefme moyen vous faire entendre plufieurs chofes qui _apartienent a la vifion. Confideré donc premierement ; que de chafque pos des obiets VX Y, il entre en cet œil autant de RP rayons ; 38 LA DioPTriquEe rayonsqui penetrent iufques au cors blanc RS'T', que l'ouuerture de la prunelle F F en peut comprendre, & que fuiuant ce qui a efté dit icy deflüs, tant dela na- ture de la refraétion, que de celle des trois humeurs K,L,M, tous ceux dé ces rayons , qui vieneñt d’vn Hire point, fe courbenten trauerfant les trois fuper- ficies BCD; 123,&456, en la façon qui eft re- quife pour fe rafflembler derechef enuiron vers vn aie point. Et il faut remarquer, qu'afin que la pein- tufe, dontileft icy queftion, füit la plus parfaite qu'il eft poffible, les figures de ces trois fuperficies doiuent eftre telles, que tous les rayons, qui vienent de l'vn des points des obiets , fe raflemblent exactement en l'vn des points du cors blanc RS'T. Comme vous _voyé& icy que ceux du point X, s’'affemblent au point S, en fuite dequoy ceux qui vienent du point V, s’af. femblent auffi à peu prés au point R; 8 ceux du point Y,au point T. Et que reciproquement, il ne viene au- cun rayon vers S, que du point X; ny quafi aucun vers R, que du point V, ny vers T', que du point Y, &ainfi des autres. Or cela polé, fi vous vous fouuenés de ce qui a efté dit cydefflus, de la lumiere & des couleurs en general, & en particulier des cors blancs, il vous fera facile à entendre, qu'eftant enfermé dans la cham- bre P, & iettant vos yeux fur le cots blanc RST, vous y deu voir la refemblance des obiets VX Y. Car premierement la lumiere, c'eft à dire, le mouue- ment ou l’a@ion dont le ie ei quelqu'autre des cors qu'on nomme lumineux, pouffe vne certaine ma- tiere fort fubtile, qui fe trouue en tous les cors tranfpa- " TEnts, 39 O 2 ñ Drscours CrNQUIESME. L » Q Q Q Q = U > Q Q Q e e > Q LA e Q Q Q a Q - , Le .... sunserssss m7 eve Miss spesenes 40 18 LArDIOPTRIQUE rents, eftantrepouffée vers R, par l’obiet V, que ie fup- . pofe par exemple, eftre rouge, c’eft à dire, eftre difpo- fé, à faire que les petites parties de cette matiere fub- tile, qui ont efté feulement pouffées en lignes droites, par les cors lumineux, fe meuuent auffi en rond au- tour de leurs centres, aprés les auoir rencontrées , & que leurs deux mouuemens ayent entre eux la pro- portion , qui eft requife pour faire fentir la couleur rouge, ileft certain, que l’action de ces deux mouue- _ mens ayant rencontré au point R, vn cors blanc, c’eft à dire, vn cors difpofé à larenuoyer vers tout autre cofté fans la changer, doit delà fe reflefchir vers vos yeux par les pores de ce cors ; que j'ay fuppoïé à cet effect fort delié, & comme percé à iour de tous coftés, & ainf vous Lee voir le point R, de couleur ronge. Puis la : lumiere eftant aufli repouflée de l'obiet X, queie fup- pole iaune, versS, &d’Y,que ie fuppofe bleu, vers T', d'où elle eft portée vers vos. yeux, elle vous doit faire paroiftre S de couleur iaune, & T de couleur bleuë. Et ainf les trois poins R, S se paroïflans des mefmes . couleurs, & gardans entreeux le mefme ordre , que les trois V,X,Y, en ont manifeftement la refériblènce. Et la perfection de cette peinture depend principale- ment detrois chofes,à fçauoir, de ce que la prunelle de l'œil ayant quelque grandeur, il y entre plufieurs rayons de chafque point de l'obiet, comme icy XB 14 S, ROSE XD 36 S, & tout autant d’autres qu'on en puiffe imaginer entre cestrois, y viènent du feul point X: Et de ce que ces rayons fouffrent dans _ l'œil de telles refra@ions, que ceux au vienent de di- uCcrs * . Discours CINQUIESME. 45 uers poins, fe raffemblent à péu prés en autant d'au- tres diuers points fur le cors blanc RST. Et enfin _ de ce que tant les petits filets EN, que le dedans de la peau EF , eftant de couleur noire, & la chambre P, toute fermée & obfcure, ilne vient d’ailleurs que des obiets VX Y , aucune lumiere qui trouble l’action de _ ces rayons. Car fi la prunelle eftoit fi eftroite , qu'il ne paffaft qu’vn feul rayon de chafque point de Fob- iet, vers chafque point du cors RS T', il n'auroit pas affés de force pour fe reflefchir de là, dans la chambre .… P, vers vos yeux. Et la prunelle eftant vn peu grande, s'ilnefe faifoit dans l'œil aucune refraction , les rayons qui viendroient de chafque point des obiets, s'efpan- droyent ça & là entout l’ efpace RST, en forte que, . parexemple, lestroispoints V XY, enuoyeroient trois rayonsvers R, qui fe reflefchiffans de là tous enfemble vers vos yeux, vous feroient paroiftre ce point R, d’vne couleur moyenne entre lerouge, leiaune, &le bien, & tout femblable aux points S & T', vers lefquelsles note mes points VXYŸ, enuoyeroient aufli chacun vn de leursrayons. Et ilarriueroit auffi quaf le mefme, fila refraction qui fe fait en l'œil , eftoit plus ou moins grande qu'elle ne doit, à raifon. de la grandeur de cék œil. car eftant trop grande, les rayons qui viendroi- ent , par exemple du point X, s’aflembleroient auant que d’eftre paruenus iufques à S, comme vers M. & au contraire eftant trop petite, ils ne s'afflembleroient qu'au delà, comme vers P; fi bien qn'ils toucheroïent le corsblanc RST,en plufeurs points, verslefquels il viendroit aufli d’autres rayons des autres parties de é out re l'obiet. . La DioPpTRIQUE EE 0 . 66. F Pen : es | l ; > », RE M de eo SÈ & == KK À Ÿ ) Fe Î x e + \ . / . \ Discours CrNQUIESME 43. l'obiet. Enfin, fi les cors EN,EF, n’eftoyent noirs, c’eft à dire, difpofés à faire que la lumiere qui donne de contre, s'y amortifle, les rayons qui viendroient vers eux du cors blanc RS'T, pourroient de [à retourner _ ceux de T vers S, &versR, ceux deR, vers T', &vers S, &ceuxdeS, versR, & vers T': au moyende quoy, ils troubleroient lation les vns des autres, & le mefme feroient aufly lés rayons qui viendroient de la chambre P, vers RST, s’il y auoit quelque autre lumiere en cet- te chambre, que celle qu'y enuoyent les obiets V X Y. Maisapres vous auoit parlé des perfections de cette peinture, ilfaut auffi que ie vous face confiderer fes de- fauts. dont le premier & le principal eft, que quel- . ques figures que puiffent auoir les parties de l’œil, il eft impofñlbile, qu’elles facent que les rayons qui vienent de diuers poins, s'affemblent tous en autant d’autres di- uers points, & quetoutle mieux qu'elles puiffent faire, _ c’eft feulement que tous ceux qui vienent de quelque -_ point, comme d’ X, s’afflemblent en vn autre point, comme S, dansle Auto du fonds de l’œil; en quel cas il n'yen peut auoir que quelques vns de ceux du point V, qui s’affemblent iuftement au point R, ou du point _ Ÿ, quis’aflemblent iuftement au point T, &lesautres s'en doiuent efcarter quelque peu, tout a l’entour, ainfi que i’expliqueray cyaprés. Et cecy eft caufe que cette peinture n'eft jamais fi diftinéte vers fes extremités qu'au milieu, commeil a efté affés remarqué par ceux qui ont efcrit de l’'Optique. Car c’eft pour cela qu'ils ont dit, que la vifion fe fait principalement fuiuant la li: gue droite, qui paffe par les centres de l'humeur crifta- P3" | line AM - LA DIoPTRIQUE line & dela DU telle qu’eft icy la ligne XKLS, qu'ils nomment l'aiflieu de la vifion. Et notés, que les rayons , par exemple, ceux qui vienent du pointe V, s’efcartent autour du point R, d'autant plus que l’ou- uerture de la prunelle eft plus grande : & ainfi que fi fa grandeur fert à rendre les couleurs de cette peinture plus viues & plus fortes , elle empefche en reuanche que fes figures ne foyentf diftinctes, d’où vient qu'elle ne doiteftre que mediocre. Notés auffi que fes rayons s’efcarteroient encores plus autour du point R, qu'ils ne font, fi le point V, d’où ils vienent, eftoit beaucoup plus proche de l'œil, comme vers ro, ou beaucoup plus efloigné, comme vers rr, que n’eft x, a la diftance du- | queli ie fuppofe, que la figure de l'œil eft proportionnée, de forte qu'ils rendroyent la partie R, de cette peintu- re encores moins diftinéte qu’ils ne fone, Etvousenten- drés facilement les demonftrations de tout cecy, lors que vous aurés vûü cy aprés , quelles figures doiuent auoir les cofs tranfparents, pour faire que les rayons qui vienent d’vn point, s'aflemblenten quelqu’autre point, aprés les auois trauerfés. Pour les autres defauts de cette peinture, ils confiftent en ce que fes parties font renuer- fées, c'eftà dire, en pofition toute contraire à celle des obiets: & en ce qu'elles fontapetiflées & racourcies, les vaes plus, les autres moins, à raifon de la diuerfe diftan- ce, & fituation des chofes qu'elles reprefentent, qua- fi en mefme façon que dans vn tableau de perfpecti- ue. Commevous voyé icy clairement, que T', quieft _ vers le cofté gauche, reprefente Y, quieft versle droit, & que R, qui ieft versle droit, reprefente V,qui ef vers Je 45. 2QO Discours CINQUIESME. Q = Q Q > QU > e Q Q e Q & Q Q æ QU Q Q Q Q o = > q 43 , P* È ee . Fe ns sata nn an añdh 46 La Drortirout le gauche. Etde plus quela figure de l'obiet Y, ne doit pas occuper plus d'efpace vers R , que celle de l’obiet 10, quieft plus petit, mais plns proche. ny nous que celle de lobiet rr,quieft plus grand, mais à propor- tion plus efloigné, fi nôn en tant qu'elle eft vn peu plus diftine. Et en fin que laligne droite VXY, eft re- prefentée par la courbe RST. Orayant ainfi vü cefte peinture dans l'œil a vn ani- mal mort, & en ayant confideré les raifons, on ne peut douter qu'il ne s'en forme vne toute femblable en ce- ‘luy d’yn homme vif, fur la peau interieure , en la place de laquelle , nous auions fubftitué le cors blanc RST, & mefme qu'elle ne s’y forme beaucoup mieux, à caufe que fes humeurs eftant plaines d'efprits font plus tranfpa- rentes, & ont plus exactement la figure qui eft requife àceteffedt. Et, peut-eftre auffi, qu’en l'œil d’vn bœuf, la figure dela prunelle. ,qui n’eft pas ronde , empefche que cette peinture n'y loit fi parfaite. | Onne peut douter non plus que les images qu’ on fait paroiftre {ur vn linge. blanc dans vne chambre obfcure, ne sy forment tout de mefme, &pour la mefme raifon qu’au fonds de l'œil. mefmes à caufe qu’elles y font ordinairement beaucoup plus grandes , & s’y forment en plus de façons,on y peut plus commodement remar- quer diuerfes particularité , dont ie defire icy vous auertir, afin que vous en faciés l'experience, fi vous ne l’aués encores iamais faite. Voyés donc premierement, que fionne met aucun verre audeuant du trou qu'on aura fait en cette chambre, il paroiftra bien quelques images fur le lin ge , pouruû que le trou foit fort eftroit, mais Discours CINQUIESME. 47 mais qui feront fort confufes & imparfaites, & qui lefe- …ront d'autant plus , que ce trou fera moins eftroit. Et qu’ellesferont aufli d'autant plus grandes, qu'il y aura plus de diftance entre luy & le linge. en forte que leur grandeur doit auoir à peu prés, mefme proportion auec cette diftance, que la grandeur desobiets , qui les cau- fent, auec la diftance qui eft entre eux & ce mefme trou. , Comme il eft euident que fi A CB eft l’obiet, D letrou, &EGFE l'image ; EG eftà FD, comme -AB eft à CD. Puis aan mis vn verre en forme de lentille au _deuant de ce #trou, confi- deres qu'il y a certaine di- ftance deter- minée a la- quelle tenantlelinge , les i images paroïffent fort diftin- _ €es, & que pour peu qu'on l’efloigne , ou qu’on l'apro- che d’auantage du verre , elles commencent à l’eftre moins ; Et que cette diftance doit eftre mefuree par T'efpace quieft , non pas entre le linge & le trou, maisentrele linge & le verre : en forte que filon met le verre vn peu au delà du trou de part ou d'autre , le linge en doit auf eftre d'autant aproché oureculé, Et qu'el- le depend en partie de la figure de ce verre, & en La partie aufly de l’efloignement des obiets : Car en laif- fant lobiet en mefme lieu , moins les fuperficies du verre font courbées, plus le lin ge en doit eftre efloigné, & en feferuant du mefme verre, files obiets en font fort proches, 48 LA DIoPTRIQUE proches , ilen faut tenir le linge vn plus loin, que s'ils en font plus efloignés ; Et que de cefte Han. ce depend Îa grandeur des images , quafñi en mefme façon que lors qu’il n'y a point de verre au deuant du trou. Et que ce trou peut eftre beaucoup plus grand, Jors qu'on y met vn verre , que lors qu’on le laiffe tout vuide , fans que les images en foyent pour cela de beaucoup moins diftinétes. Et que plusileft grand, plus elles paroiffent claires & illuminées : en forte que fi on couure vne partie de ce verre, elles paroif- tront bien plus obfcures qu'auparauant , mais qu’elles ne lairront pas pour cela d’ occuper autant d'efpace fur le linge. Et que plus ces images font grandes & clai- res , plus elles fe voyent parfaitement : en forte auefi on pouuoit aufli faire vn œil, dont la profondeur fuft fort grande, & la prunelle fort large, & que les figu- res de celles de fes fuperficies qui caufent quelque refraction , fuffent proportionées à cette grandeur, les images s’y formeroient d'autant plus vifibles. Et que fi ayant. deux ou plufeurs verres en forme de lentilles, mais affés plats, onlesioint l'vn contre l’au- tre, ils auront à peu prés le mefme effet, qu’auroit vn feul , qui feroit autant vouté ou conuexe qu'eux deux enfemble carle nombre des fuperficies où fe font les refractions n’y fait pas grand chofe. Mais que fi on efloigne CES verres + certaines diftances les vas des autres, le fecond pourra redreffer Pimage , que le premier aura renuerfée , & le troiliefme la renuerfer -derechef, & ainfi de füite. Qui font toutes chofes dent les raifons font FOR aylées à deduire de ce que day gs + x QE re RS RSR PT ee. eV ER a Te 2 SRE. ST PR PRET LU TRES PR CE GT POS RS EE RTE ns ES 2 ml tele" > / Discours CINQUIESME. j'ay dit, & elles feront bien plus voftres,s’il vous faut vfer d’vn peu de reflexion pour les conceuoir, que fivous lés trouuiés icy mieux expliquées. 49 Au refte les images des obiets ne fe forment pas feu- lement ainñ au fonds de l'œil, mais elles paffent encores au delà iufques au cerueau, comme vous entendres faci- lement, fi vous penfés, que parexemple , les rayons qui LA LA 432 7 SLT, 7 7 X 4 Ki KN V ÿ SSsSe ASS Laiss SS £ SE ST < SNS. KE S DR LE S SS S SN TS SSI NVNSS PASS S SN RSS SSI SSS SSSSS vienent so LA DroPrTRriqQuEe vienent dans l'œil de l'obiet V, touchent au point R l'extremité de l'vn des petits filets du nerf optique, qui prend fon origine de l'endroit > de la fuperficie in- terieure du cerueau 789; & ceux de l’obiet X, touchent au point S l'extremité d’vn autre de ces filets, dont le commencement eft au point 8, & ceux de l’obiet Y, en touchent vnautre au point T, qui refpond 2 l'endroit du cerueau marqué 9. &ainf des autres. Et que la lu- miere n’eftant autre chofe qu’vn mouuement, ou vne action qui tend à caufer quelque mouuement, ceux de fes rayons, qui vienent d’V versR,, ont la force de mou- uoir tout le filet R 7, & par confequent l'endroit du cer- eau marqué 7, & ceux qui vienent d’'X vers S, de mouuoir tout le nerf S 8, & mefme de le mouuoir d’au- tre façon que n’eft meu R 7, à caufe que lesobiets X & V font de deux diuerfes couleurs, & ainfi que ceux qui vienent d'Y, meuuent le point 9. D'où il eft manifefte qu'ilfe forme derechef vne peinture 789,aflés femblable aux obiets V X Y, en la fuperficieinterieure du cerueau _qui regarde fes concauités. Et de là ie pourois encores latranfporter iufques à vne certaine petite glande, qui {e trouue enuiron le milieu de ces concauite$, & eft pro- prement le fiege du fens commun. Mefme ie pourois encores plusoutre vous monftrer côment quelquefois, elle peut pañfer de là par les arteresd'vne féme enceinte, iufques à quelq;, membre determiné de l’enfant qu'elle porte en fes entrailles, & y former ces marques d’enuie, qui caufent tant d’admiration à tous les Doctes. DE PR TR PR NE SOS EU RUES EE Discours SIXIESME. SI DE LA VISION. Difcours Sixiefme. O® encores que cette peinture en pañfant ainfi iuf- Z ques au dedans de noîftre tefte, retiene toufiours quelque chofe de la refemblance des obiets dont elle procede ; ilne fe faut point toutesfois perfuader, ainfi queie vous ay defia tantoft affés fait entendre, que ce {oit par le moyen de cette refemblance qu'elle face que nous les fentons , comme s’il y auoit derechef d’autres yeux en noftre cerueau, auec lefquels nous la pufions aperceuoir. Mais pluftoft que ce font les mouuemens _par lefquels elle eft compofée, qui agiffans immediate- ment contre noftre ame tant qu'elle eft vnie à noftre cors, fontinftitues de la nature pour luy faire auoir de tels fentimens. Ce que ie vous veux icy expliquer plus en detail. Toutes les qualités que nous aperceuons dans les obiets de la veuë, peuuent eftre reduites à fix princi- pales, qui font, la lumiere, la couleur, la fituation, la di- ftance, la grandeur, & la figure. Et premierement touchant la lumiere & la couleur, qui feules apartie- nent proprement au fens de la veuë, il faut penfer que noftre ame eft de telle nature, que la force des mouue- mens, qui fe trouuent dans les endroits du cerueau d’où vienêt les petits filets desnerfs optiques , luy fait auoirle fentiment delalumiere, & la façon de ces mouuemens, celuy de la couleur. ainfi que les mouuemens des nerfs qui refpondent aux oreilles, luy font oüir les fons, & ceux ae des 52 . LA DroPTRIQUE des nerfs de lalangue, Îuy font goufter les faueurs, & generalement, ceux des nerfs de tout le cors, luy font fentir quelque chatoüillement , quand ils font moderés, & quand ils font trop violents, quelque douleur; fans qu'ildoiue, en tout cela, y auoir aucune refemblance entre les idées qu’elle conçoit ,. & les mouuemens qui caufentces idées. Ce que vous croirés facilement, fi . vous remarques, qu'il femble à ceux qui reçoiuent quel- que bleflure dans l'œil, qu'ils voyent vneinfinitéde feux & d’efclairs deuanteux, nonobftant qu'ils ferment les veux, ou bien qu'ils foyent enlieu fort obfcur ; en forte que ce fentiment ne peut eftre attribué qu’a la feule for- ce du coup, laquelle meut les petits filets du nerf opti- que, ainfi que feroit vne violente lumiere. & cette mef- me force touchantles oreilles, poutroit faire ouir quel- que fon, &touchant le corsen d’autres parties , y faire fentir de la douleur. Et cecy fe confirme aufy, de ce que fi quelquefois on force fes yeux à regarder le foleil, ou quelqu'autre lumiere fort viue, ilsen retienent aprés va peu de temps l'impreflion, en telle forte, que nonob- ftant mefme qu'on les tiene fermés, il femble qu’on voye diuerfes couleurs, qui fe changent & pañlent de l’yne a l’autre,à mefure qu’elles s’affoibliffent : car cela ne peut proceder que de ce queles petits filets du nerf optique, ayant efté meus extrordinairement fort, ne fe peuueut arrefter fi toft que de couftume. Mais l’agita- tion, qui eft encores en eux apres que les yeux font fer- méf, n'eftant plusaffés grande, pour reprefenter cette forte lumiere, qui l'a caufée, reprefente des couleurs moins viues. Et ces couleurs fe changent en s’affoiblif- fant, Drscours SrxIESME. | 53 fant, ce qui monftre que leur nature ne confifte qu’en la diuerfité du mouuement, & n'eft point autre que ie l'ay cy deflus fuppolée. Et en fin cecy fe manifefte de ce que les couleurs paroiffent fouuenten des cors tranfparens, oùileft certain, qu'il n’y a rien qui les puiffe caufer, que les dinerfes façons, dont les rayons de la lumiere y font receus. comme lors que l’arc-en-ciel paroift dans les nuës, & encores plus clairement , lors qu'on en voit la refemblance dans vn verre , qui eft taillé à plu- _fieurs faces. Maisil fauticy particulierement confiderer , en quoy confifte la quantité de falumiere qui fe voit, c'eft à dire, de la force dont eft meu chacun des petits filets du nerf optique, car elle n’eft pas toufiours efgale a la lumiere, qui eft dans les obiets, maiselle varie à raifon de leur di- ftance, & de la grandeur dela prunelle, & aufly à raifon . de l’efpace que les rayons, qui vienent de chafque point _ defobiet, peuuentoccuperau fonds del'œil, Comme parexemple, il eft manifefte que le point X enuoyeroit yoyés1a plus de rayons dans l'œil B, qu'il nefait, fi la prunelle ma _. FF eftoit ouuerteiufques à G; & qu'ilenenuoye tout al * autantencet œil B, quieft proche de luy, & dont la prunelle eft fort eftroitte, qu’il fait en l'œil A, dont la prnnelle eft beaucoup plus grande, mais qui eft à pro- portion plusefloigné. Et encores qu’iln’entre pas plus de rayons des diuers points de l'obiet V X Y, confiderés tous enfemble, dans le fonds de l’œil À, que dans celuy de l’œilB, toutes fois ponrce que cesrayonsne s'yeften- dent qu’en lefpace TR, qui eft plus petit que n’eft HI, dans lequel ils s’eftendent au fonds de l'œil B, ils y doi- G 3 | uent ÿ4 VX TS %, or er 10 LA DIoPTRIQUE uent agir auec plus de force, contre chacune des extre- mité du nerf Ste qu ils ytouchent, ce qui eft fort Y aifé à oil Car fi par exemple , l’efpace HI eft quadruple de TR, & qu'il contiene les extremités de quatre mille des petits filets du nerf optique, T R,necon- tiendra que celles de mille, & par confequent chacun de ces petits filets fera meu dans le fonds de l'œil A, par la milliefme partie des Fotecs: qu'ont tous les rayons qui y entrent, iointes enfemble ; & dans le fonds de l'œil B, par Je quart de la milliefme par- tie feulement. J1 faut aufly confiderer , qu'on ne peut difcerner les parties des cors qu'on regarde , qu'entant qu'elles differenten quelque façon de couleur: & que la vifion diftindte de ces couleurs, ne depend pas feule- ment de ce que tous les rayons , qui vienent de chafque _ point de lobiert, fe raflemblent à peu prés en autant d’au- tres diuers points; au fonds de l'œil, & de ce qu'il n’en vient aucuns autres d’ailleurs, vers CES mefmes poins, ainfi qu'il a efté tantoft amplement expliqué: mais auf- fy de la multitude des petits filets du ner erf optique, qui font Drscours SIXIESME. SE: font en l’efpace qu'occupe l’image au fonds de l'œil. Car fi par exemple l'obiet V X Y,eftcompofe de dix mille parties , qui foyent difpofées à enuoyer des ra- vons , versle fonds de l'œil RST', en dix mille fà- çons differentes , & par confequent à faire voir en mefme temps dix mille couleurs, elles n’en pourront neantmoins faire diftinguer a l'ame que mille tout au plus, fi nous fuppofons qu'il n’y ait que mille, des fi- lets du nerf optique , en l’efpace R ST, d'autant que dix des parties de l’obiet , agiffant enfemble contre chacun de ces filets, ne le peuuent mouuoir que d’vne feule façon , compofée de toutes celles dont elles a- giflent, en forte que l'efpace qu'occupe chacun deces filets ne doit eftre confideré que comme vn point. Et c’eft ce qui fait que fouuent vne prairie qui fera peinte d’vne infinité de couleurs toutes diuerfes , ne paroiftra de loin que toute blanche , ou toute bleuë. Et generalement que tous les cors fe voyent moins diftinétement de loin, que de prés. Et enfin que plus on peut faire que l'image d'vn mefme obiet occu- pe d’efpace au fonds de l œil , plus il peut cftre vû diftinétement. Ce qui fera cy aprés fort à remar- quer. Pour la fituation, c’eft à dire, le cofté vers ; lequel eft pofée chafque partie de l'obiet au refpect de no- ftre cors, nous ne l'aperceuons pas autrement par l’en- tremife de nos yeux , que par celle de nos mains; & fa cognoïffance ne depend d'aucune image , ny d’au- cune action qui viene de l'obiet ; mais feulement de la fituation des petites parties du cerueau d’où les nerfs | prenent s6 | LA DIoPTRIQUE prenent leur origine. Car cette fituation fe changeant tant foit peu , à chafque fois que fe change celle des membres, où ces nerfs font inferés, eft inftituée de la nature, pour faire, non feulement que l'ame cognoif- fe , en quel endroit eft chafque partie du cors qu’elle anime , au refpeët de toutes les autres ; mais auffy qu'el- le puiffe transferer de là fon attention, à tous les lieux contenus dans les lignes droites, qu'on peut imapgi- ner eftre tirées de l’extremité de chacune de cespar- | ties , & prolongées à l'infini. Comme lors que FA- ueugle , dont nous auons defia tant parlé cy deflus, tourne fa main À, vers E, ou C, auf vers E , les nerfs | mferés en cette main, caufent vn certain changement en fon cer- - ueau , qui donne moyen à fon ame de connoïftre , non feulement le ieu A,ouC,maisauflytouslesau- du, tres qui font en la ligne droite ! AE, ou CE, en forte qu'elle peut porter fon attention iufques aux obietsB & D, & deter- . minerleslieux où ils font, fans connoiftre pour cela ny penfer aucunement à ceux où font fes deux mains. Et ainfi lors que noîftre œil, ou noftre tefte, fe tournent vers quelque cofté , noftre ame en eft auertie par le changement, queles netfs inferés dansles mufcles, qui feruent à ces mouuemens, caufent en noftre cerueau. Comme icy enl'œil RST, il faut penfer que la fitua- tion, du petit filet du nérf optique, qui eft au point R, ou S, ou T'; eft fuiuie d’vne autre certaine fituation, de la _ partie du cerueau 7, ou 8, ou 9, qui fait que l'ame peut connoiftre | Discours SIXrESMF. 5? connoiftre tous leslieux, qui font en la ligne RV, ou SX,ouTY. De façon que vous ne devés pas trouuer M min x V L j gr * À à | VA 3 , S\\CE 1 \NT TS LR = y; RS CPS PRINT, POSE) ere Ÿ oo: SÉRIELS Ÿ LS SNS SS- SAR 2 Q NN S ge SSS DS ? N / s os < r SE » , ».- Es + eftrange, que les obiets puiffent eftre veus en leur vraye fituation , non-obftant que la peinture , qu'ils impri- ment dans l'œil, en aitvne toute contraire. Ainfi que noftre aueugle peut fentir en mefme temps l’obiet B, qui eft à droite, par l'entremife de fa main gauche, &D, H qui 58 La Drorrrrour à qui eft à gauche, | par l’entremife de ucugle ne iuge point qu'vn corsfoit double, encore qu’il le touche de fes deux mains, ainfi lors que nos re, YEUX font tous deux difpofés en la façon qui eft requife pour porter noftre attention vers vn mefme lieu , ils ne nous y doi- uent faire voir qu'vn feul obiet , non-obftant qu'il s’en forme en chafcun d'eux vne peinture. La vifion de la diftance, ne depend non plus, que cel- le de la fituation d’aucunes images enuoyées des obiets. Mais premierement de la fioure du cors de l'œil, car, comme nous auons dit, cefte figure doit eftre vn peu autre, pour nous faire voir ce qui eft proche de nos yeux, que pour nous faire voir ce quieneft plus efloigné. & à melure que nous la changeons pour la proportion- ner a la diftance des obiets, nous changeons anflÿ cer- taine partie de noftre cerueau, d’vne façon qui eft in- HER CET ftituée de la nature pour faire aperceuoir à noftre ame cette diftance. Etcecynousarrine ordinairement fans que nons y facions de reflexion, tout de mefme que lors que nous ferrons quelque cors,de noftre main, nous la conformons a la groffeur & ala figure de ce cors, & le fentons par fon moyen, fans qu'il foit befoin pour cela que nous penfions à fes mouuemens. Nous cognoiflons en fecondheula diftance parle rapport qu'ont les. deux yeuxl'vnal'autre. Car comme noftre aueugle tenant les deux baftons A E, CE, dontie fuppofe qu’il ignore La longueur, & fçachant feulement l'intervale qui eft en- tre fa main droite. Et comme cet 4 NT RS à Le ne PO RP ET ne SEP ET AT EU PTT NE TS MOLRIE AR RP QE a Discours SrxIESME. 59 tre fes deux mains À & C, & la grandeur des angles ACE,CAE, peut de à, comme par vne Geometrie naturelle cognoiftreoüeftlepoint E. Ainfi, quand nos deux yeux RST & rsé#, fonttournés vers X, la gran- deur de la ligne S sr, & celle des deux angles X S s & M 4 X V es SSSR 2 SSSS SS SS SR DLSSSe & SS AN » at CR \ LI SsS CSS NS >= SS ES È - Xs S nous font fçauoir où eft le point X. Nous pou- uons aufly le mefme par l’aide d’vn œil feul en luy fai- | 5 QE fant é - … 4 DroPTRIQUE fant changer de place , comme fi le tenant tourné vers X, nous le mettons premierement au point S & in- continent apres au point s, cela fuffira pour faire que la grandeur de la ligne S s & des deux angles XS s & X sS fe trouuent enfemble en noftre fantaifie, & nous facent aperceuoirla diftance du point X. & ce par vae action de la penfée, qui n’eftant qu'vne imagination toute fimple, ne laifle point d'enueloper en foy vn rai- fonnement tout femblable à celuy que font les Arpen- teurs, lors que par le moyen de deux differentes ftations ils mefurent les lieux inacceflibles. Nous auons en- cores vne autre façon d’aperceuoir la diftance , à {ça- uoir, par la diftinion ou confufion dela figure, & en- femble par la force ou debilité de la lumiere. Comme pendant que nous regardons fixement vers X, les rayons qui vienent des obiets 10 & 12, ne s’affemblent pas fi exactement vers R, & vers T, au fonds de noftre œil, que fices obiets eftoyent aux points V, & Y, d’où nous voyons, qu'ils font plus efloignés , ou plus proches de nous, queneftX. Puisdece quelalumiere, qui vient de l’obiet ro vers noftre œil, eft plus forte, que fi cet ob- iet eftoit vers V, nous le iugeons eftre plus proche: & de ce qu: celle qui vient de l'obiet r2, eft plus foible, que s'ileftoit vers Y, nous le iugeons plus efloigné. Enfin quand nous imaginons defia d’ailleurs la grandeur d’vn obiet, ou fa fituation, ou la diftinétion de fa figure & de fes couleurs, où feulement la force de la'lumiere qui vient de luy, cela nous peut feruir, non pas proprement à voir, mais à imaginer fa diftance. Comme regardant de loin quelque cors , que nous auons accouftumé de voir 6E Discours SIXIESME. LT € . en … pi .. A 43 . EPITTS. DITES nee sers à susssss À PSS Ke. ET 50: ve , . « NS es forage Ad NOT TT CLLLLEY ET <= RO 7 ( | 1 ! = voir de pré, nous en iugeons bien mieux l’efloigne- ment , que nous ne ferions f fa orandeur nous eftoit moins connuë.. Et regardant vne montaigne expofée au foleil, au delà d’vne foreft couuerte d'ombre, cen’eft quela fituation de cette foreft, qui nous la fait iuger la plus proche. Et regardant fur mer deux vaiffeaux, dont l'vn foit plus petit que l’autre, mais plus proche à pro- portion, en forte qu'ils paroiffent efgaux, nous pourrons par la difference de leurs figures, & de leurs couleurs, & _de la lumiere qu'ils enuoyent vers nous,iuger lequel fera le plus loin. Au refte pour la façon dont nous voyons la grandeur, & la figure des obiets, ie n’ay pas befoin d'en rien dire de particulier, d'autant qu’elle eft toute comprife, en celle dont nous voyons la diftance, & la fituation de leurs par- ties. À {çauoir leur grandeur s’eftime, par laconnoiffan- ce, ou l'opinion, qu'on a de leur diftance , comparée auec la grandeur des images qu'ils impriment au fonds de l'œil; & non pas abfolument par la grandeur de ces images. ainf qu'il eft affés manifefte de ce que encore qu'elles foyent, par exemple, cent fois plus grandes, lors 62 La DioPpTRIQUE-. que les obiets font fort proches de nous, que lors qu'ils - en font dix fois plus efloignés,elles ne nous les font point voir pour cela cent fois plus aœräds, mais prefque efgaux, au moins fileur diftancene nous trompe. Et ileft mani. fefte auffy, que la figure fe iuge par lacognoiflance, ou opinion, qu'on a dela fituation des diuerfes parties des obiets, & non par la refemblance des peintures qui font dans l'œil. Car ces peintures ne contienent ordi- nairement que des ouales & des lozanges, lors qu’el- les Discours SIXIESME. 63 les nous font voir des cercles & des quarrés . Mais afin que vous ne puifliés aucunement douter, que la vifionne fe face ainfi que ie l’ay expliquée, ie vous veux faire encore icy confidererles raifons, pourquoy il arriue quelquefois qu’elle nous trompe. Premiere- ment à caufe quec’eft l'ame qui voit, & non pas l'œil, & qu'elle ne vaid immediatement que par l'entremife du cerueau, de là vient que les frenetiques, & ceux qui dorment, voyent fouuent, ou penfent voir, diuers obiets qui né font point pour cela deuant leurs yeux : à fçauoir quand quelques vapeurs remuant leur cerueau difpofent celles de fes parties, qui ont couftume de feruir a la vi- fion, en mefme façon que feroyent ces obiets s’ils efto- _ vent prefens. Puisàcaufe que lesimpreffions , qui vie- nent de dehors, paffent vers le fens commun par l'entre- mife des nerfs, fila fituation de ces nerfs eft contrainte par quelque cebte extrordinaire, elle peut faire voir les _obiets en d’autres lieux qu'ils ne font. Comme fi l'œil rst, eftant difpofé de foy à regarder vers X,eft côtraint par le doigt N, à fe tourner vers M, les parties du cer- ueau d'où vienent fes nerfs, ne fe difpoféront pas tout à : fait en mefme forte, quefic ‘eftoyent fes mufcles quile voyésta tournaffent vers M; ny auffy en mefmeforte, que s’il re- NE gardoit veritablement vers X, mais d'vne facon moyÿen- jo. ne entre ces deux, à fçauoir, comme s’il regardoit vers Y, & ainfi l'obiet M paroïftra au lieu ou eft Y, par l’en- tremife de cet œil, & Y au lieuoùeft X, & X au lieu où eft V, & ces obiets paroiffans aufly en mefme temps en leurs vrais lieux, parl’entremife de l’autre œil RS TT, ils fembleront doubles, En mefme façon que touchant la petite 64 La DIoPTRIQUE petite boule G, des deux doigts À & D croifés l'en fur cn l'autre, on en penfe toucher deux, à PE. Caufe que pendant que ces doists fe re- -tienent l'vn l’autre ainf croifés, les mu- {cles de chacun d'eux tendent à les efcarter, A vers C.,& D vers F, au mo- ÿ CO AA 547478) "ALL yen de quoy , les parties du cerueau d’où vienent les nerfs, qui font inferés en ces mufcles, fe : trouuent difpofées en la façon qui eft requife, pour faire ! qu'ils femblenteftre, A vers B, & D versE, & par confe- | * qHency PUCREr deux diuerfes boulzs, H,&I. De plus, à caufe que nous fommes accouftumés de in ger, que les impreffions qui meuuent noftre veuë, vienent des lieux vers lefquels nous deuons regarder pour les fentir,quand ilarriue qu’elles vienent d’ailleurs, nous ÿ pouuons faci- lementeftre trompés. Comme ceux quiontles yeux in- fectés de la iauniffe, ou bien qui regardent au trauers d’vn verre jaune, où qui font enfermés dans vne cham- bre oùiln'entre aucune lumiere que par de tels verres, attribuent cefte couleur à tous les cors qu’ils regar- dent. Et celuy qui eft dans la chambre obfcure que Rs. j'ay tantoft defcrite, attribue au cors blanc R ST les la page couleurs des obiets V X Y, à caufe que c’eft feulement vers luy qu'il dreffe fa veuë. Et les yeux A,B,C,D,E,F, voyanslesobiets T,V,X,V,Z, &,autrauers des verres N,0O,P, &dansles miroirs QRS, les iugent eftre aux pointsG, H,I,K,L,M, & V,Z., eftreplaspetits, &X, &, plus grands qu'ils ne font: ou bien aufly X, &, plus pe- tits &auec celarenuerfés, à fçavoir, lors qu'ils font vn peu loin des yeux CF, d'autant que ces verres & ces miroirs Discours SrxrESME. 65 miroirs detournent les rayons qui vienent de ces chiets, en telle forte, que ces yeus ne les peuuent voir diftin- tement, qu'en fe difpofant comme ils doiuent eftre pour regarder vers les points G,H,I,K,L, M, ainfi que | A : con- RE ds DIorTRIQUE 4 connoiftront facilement ceux qui prendront la peine de lexaminer. Etils verront par mefme moyen, combien les anciens fe font abufés enleur Catoptrique,lors qu'ils ont voulu determiner le lieu des: images, dans les miroirs creux, &conuexes. Ileft auffy a remarquer que tousles moyens qu'on a pour connoiftre la diftance,, font fort _incertains, car quant a la figure de l'œil, elle ne varie quafi plus fenf blement lors que l'obiet eft a plus de quatre ou cinq pieds loin deluy, & mefme elle varie fi peu lors qu’il eft plus proche,qu'on n'en peuttirer au- cune connoiffance bien precife. Et pour les angles, compris entre les lignes tirées des deus yeux Pyna l'au- tre & delà vers l'obict, ou de deus ftations d’vn mefme obiet., ils ne varient aufly prefque plus lors qu'on regarde tant foit peu loin. Enfuite de quoy noîftre fens commun mefme ne femble pas eftre capable de receuoir en doy l'idée d’vne diftance plus grande qu’ enuiron de cent ou deus cens pieds. ainfi qu'ilfe peut verifier de ce que la lune & le foleil, qui font du nombre des corsles plus efloignés que nous puiffions voir, & dont les diametres {ont a leur diftance a peu prés comme va cent, n’ont : couftume de nous paroiftre que d'vn ou deus pieds de diametre toutau plus, nonobftant que nous fcachions affés par raifon, qu'ils font extremement grands, & ex- _tremement efloignes. Car cela ne nous arriue pas, fau- te de les pouuoir conceuoir plus grands que nous ne fai- fons, vü que nous conceuons bien destours & des mon- taignes beaucoup plus grandes, mais pource que neles poutant conceuoir plus efloignés que de cent ou deus cens pieds, il fuit de R que leur diametre ne nous doit | paroiftre Discours SIXIESME. 6” paroiftre que d’vn ou de deuspieds, En quoy la fitua- tion aydeauffy a nous tromper, car ordinairement ces Aftres femblent plus petits lors qu'ils font fort hauts vers le midy, que lors que fe leuant, ou fe couchant, il{e . trouue diuers obiets entre eus &nos yeus, qui nous font micus remarquer leur diftance. Et les Aftronomes efprouuent affés en les mefurant auec leurs inftrumens, que ce qu'ils paroiffent ainfi plus grands vnefois que l'autre, ne vient point de ce qu'ils fe voyent fous vn plus grand angle, mais de ce qu'ils fe iugent plus efloignés. : d’ou il fuit que l’axiome de l’anciene Optique, qui dir, . que la grandeur apparente des obiets eft proportionnée _a celle de l'angle de la vifion, n’eft pas toufiours vray. On fe trompe auffy en ce que les cors blancs ou lumi- neus, & generalement tous ceus qui ont beaucoup de force pour mouuoir le fens de la veuë, paroïffent tou- fiours quelque peu plus proches & plus grands, qu'ils ne feroient s’ils en auoient moins. Or la raifon qui les fait paroiftre plus proches , eft que ie mouuement dont la prunelle s’eftrecift pour euiterla force de leur lumiere, eft tellement ioint auec celuy qui difpofe tout l'œil a voir diftinétement les obiets proches, & par lequel on iuge deleur diftance, que l'vn ne fe peut gueres faire, fans qu il fe face auffy va peu del’autre. En mefme fa çon qu'on ne peut fermer entierement les deus premiers doigts de la main, fans quele troifiefme fe courbe auffy quelque peu comme pourfe fermeraueceus. Etlarai- fon pourquoy ces cors blancs ou lumineus paroiffét plus grands , ne confifte pas feulement en ce que l'eftime qu'on fait de leur grandeur depend de celle de leur di- L°2 france, éS LA DioPrTRIQuE ftance, mais aufly en ce que leurs images s'impriment plus grandes dans le fonds de l'œil. Caril faut remarquer que les bouts des filets du nerf optique quile couurent, - encores quetrés petits, Ont neantmoins quelque grof- feur;en forte que chacun d’eus peut eftre touche‘en l’vne de fesparties par vn obiet, & en d’autres par d’autres, & que n’eftant toutesfois capable d’eftre meu que d’vne feule façona chafque foix, lors que la moindre de fes partieseft touchée par quelqu'obiet fort efclattant, & les autres par d’autres qui le font moins, il fuit tout entier le mouuement de celuy qui eft le plusefclatant, & en re- prefente l’image, fansreprefenter celle des autres. Com- me fi les bouts de ces petits filets font 123, & que les rayons qui vienent , par exemple , tracer l’image d’vne eftoile fur le fonds de l'œil, s'y eftendent fur celuy qui eft marqué r, & tant foit peu au dela tout autour fur les oo. Cxtremités des fix autres marqués 2, fur lefquels CD ie fuppofe qu'il ne vient point d’autres rayons, que fort foibles, des parties du ciel voifines à cette eftoile , fon image s'eftendra en tout l’efpace qu'occupent ces fix marqués 2, & mefme peut eftre en- coresen tout celuy qu'occupent les douze marqués 3, fila force du mouuement eft fi grande, qu’elle fe com- munique aufly aeus. Etainfi vous voyé que les Eftoi- les, quoy qu'elles paroïffent affés petites, paroiïffent ne- antmoins beaucoup plus grandes qu’elles ne deuroienta raifon de leur extremediftance ; Et qu’encores qu’elles ne feroient pas entierement rondes, ellesne lairroient pasdeparoiftretelles. Comme aufly vnetour quarrée eftant veué de loin patoïft ronde, & tous les cors qui ne Drscours STXTESME. 69 ne tracent que de fort petites images dans l'œil, n’y peu- uent tracer les figures de leurs angles, Enfin pour ce qui eft de iuger de ladiftance par la grandeur, oulafigure, ou la couleur, ou la lumiere , les tableaus de Perfpe“iue nous monftrent aflés, combienil eft facile de s’y trom- per. Car fouuent, parceque les chofes, qui y font pein- tes, font plus petites, que nous ne nous imaginons qu’el- les doiuenteftre, & que leurs lineamens font plus confus, & leurs couleurs plus brunes , où plus foibles, elles nous paroiflent plusefloignées qu’elles ne font. FPaRU LS DES 70 La Diorrrique DEA MOV E N:$.:D:E PERFECTIONNER LA ÿ VISION. Difiours $ cptiefme. AINTENANT que nous auons affés examine comment fe fait la vifion, recetillons en peu de mots, & nous remettons deuant les yeux toutes les con- ditions, qui font requifes à fa perfection , afin que confi- derant en quelle forte il a defia efté pourvû à chacune par la Nature, nous puiflions faire vn denombrement exad, de tout ce qui refte encore à Part à y adioufter. On peut reduire toutes les chofes, aufquelles il faut auoir icy efgard, a trois principales, qui font, les obiets, lesorganes interieurs qui reçoiuent les actions de ces obiets, & les exterieurs qui difpofent ces actions a eftre receues commeelles doiuent. Ettouchantles obiets, il fuffiit de fçauoir, que les vns font proches ou acceffibles, & lesautresefloignés & inaccefibles ; & auec cela les vas plus, les autres moins illuminés: afin que nousfoyons auertis que pource qui eft desaccefhbles , nous les pou- uons approcher ou efloigner, & augmêëter ou diminuer la lumiere quiles efclaire, felon qu’il nous fera le plus commode; mais que pour ce qui concerne les autres, nous n’y pouuons changer aucune chofe. Puis touchant les organes interieurs, qui font les nerfs & le cerueau , il eft certain auffy,que nous ne fçaurionsrienadiouter par art Discours SEPTIESME. TI art a leur fabrique ; car nous nefçaurions nous faire vn nouueau cors ; & fi les medecins y peuuent ayder en quelque chofe , celan’apartient pointa noftre fuiet. Si bien qu’ilne nousrefte a confiderer que les organes ex- terieurs, entre lefquels ie comprens toutes les parties tranfparentes de l'œil, auflÿ bien que tous les autres cors qu'on peut mettre entre luy & l’obict. Et ie trouue que toutes les chofes aus quelles il eft befoin de pouruoir auec ces organes exterieurs , peuuent eftre reduites a quattre points. Dont le premier eft, que tous les rayons, qui fe vontrendre vers chacune des extremités du nerf optique, ne vienent autant qu'il eft poñfible que d'vne mefme partie de l'obiet, & qu'ils ne reçoiuent aucun changement en l’efpace qui eft entre deus : car fans ce- lales images qu’ils forment, ne fçauroient eftre ny bien femblables a leur original, ny bien diftinctes. Lefecond, que ces images foient fort grandes, non pas en eftendue de lieu, car elles ne fçauroïent occuper que le peu d’e- fpace qui fe trouue au fonds de l'œil, mais en l’eftendue de leurs lineamens ou de leurs trais. car il eft certain qu'ils feront d'autant plus ay{és à difcerner qu'ils feront plus grands. Letroifiefme , que les rayons qui les for- ment foyent affés forts pour mouuoir les petits filets du nerfoptique, & parce moyen eftre fentis ; mais qu’ils ne le foyent pas tant qu'ils bleffent la veué. Et le quatrief- me, qu'il y ait le plus d’obiets qu'il fera poffible, dontles images fe forment dans l'œil en mefme temps , afin \ qu’on en puiffe voir le plus qu’il fera poffible tout d’vne veue. | | | Orla nature a employéplufieurs moyens à pouruoir à la 72 LA DioPTRIQUE à la premiere de ces chofes. Car premierement rem- pliffant l’œil de liqueurs fort tranfparentes, & qui ne font teintes d'aucune couleur, elle a fait que Les actions qui vienent de dehors, peuuent pañfer iufques au fonds fans fe changer. Et par les refractions que caufent les fuperficies de ces liqueurs, elle a fait qu'entre les rayons, fuiuant lefquels ces aétions fe conduiffent, ceux qui vie- nent d'vn mefme point, fe rafflemblent en vn mefme point contrele nerf, & en fuite, que ceux qui vienent des autres points, s’y rafflemblent auffÿ en autant d’au- tres diuers points, le plus exattement qu'il eft poffible. Car nous deuons fuppofer que la nature à fait en cecy tout ce qui eft pofhble , d'autant que l'experience ne nous y fait rien aperceuoir au contraire. Et mefme . nous Voyons, que pour rendre d'autant moindre le de- faut, quine peut en cecyeftre totalement euité, elle a fait qu’on puiffe reftrecir la prunelle quafi autant que la force de la lumiere le permet. Puis parla couleurnoire, dont elle a teint toutes les parties de l'œil oppofces au nerf, qui ne font point tranfparentes, elle a empefché qu'il n'allaft aucuns autres rayons vers ces mefmes points. Et enfin par le changement de la figure du cors de l'œil, elle a fait qu’encore que les obiets en puiffent eftre plus ou moins efloignés vne fois que l’autre,les ray- ons qui vienent de chacun de leurs points, ne laiffent pas de s'aflembler toufours, auflÿy exactement qu’il fe peut, en autant d'autres points au fonds de l'œil. Tou- tefois elle n'a pas fi entierement pourvi à cette derniere partie, qu'il ne fe trouue encore quelque chofe à y ad- loutér: car outre que communement à tous , elle ne nOUSs Drscours SEPTIESME. | 73 nous a pas donné le moyen de courbertant les fuperfi- cies de nos yeux , que nous puiffions voir diftintement les obiets qui en font fort proches,comme à vn doigt ou van demi doigt de diftance: Elley a encore manqué d'a- uantage en quelques vns, à qui elle a fait les yeux de tel- le figure, qu'ils ne leur peuuent feruir qu'a regarder les chofes efloignées, ce qui arriue principalement aus vieil- lars, Et aufly en quelques autres, a quiau contrairé elle les a faitstels, qu'ils ne leur feruent qu’a regarder les chofes proches, ce qui eft plus ordinaireausieunes gens. En forte qu'il femble que les yeux fe forment au com- mencement vn peu plus longs & plus eftrois qu'ils ne doinéteftre, & que par aprés pendat qu'on vieilliff, ils de- uienét plus plats & plus larges.Or afin que nous puiffions remedier par art a ces defauts, il fera premierement be- foin que nous cherchionsles figures , que les fuperficies d'vne piece de verre ou de quelq; autre cors tranfparent doiuent auoir, pour courber Les rayons, qui tombent fur elles, en telle forte que tous ceux qui vienëêt d'vn certain point de l’obiet,fe difpofét en les trauerfant,tout de mef- me que s'ilseftoient venus d'vnautre point, qui fuft plus proche, ou plus efloigné : a fçauoir, qui fuft plus proche, pour feruir a ceux qui ont la veuë courte, & qui fuft plus efloigné,, tant pour les vieillars, que generalement pour tous ceux , qui veulêt voir des obiets plus proches que la figure de leurs yeux ne le permet.Car par exéple l'œilB, ou C;eftant difpofé a faire que tous les rayons qui vienet dupoint H, oul, s’affemblent au milieu de fon fonds; & _ nele pouuanteftre.a faire aufÿ que ceux du point V, ou _ X,s’yaflemblent;il eft euident,que fi on met au deuat de K luy 74 LA DioPTRIQUE luy le verre O, ou P,qui face que tous les rayons du point V, ou X,entrent dedans, tout de mefme que s'ils ve. noyent du point H, ou I, on fuppleera par ce moyen a fon defaut. Puis a caufe “Le ‘il peut y auoir des verres de plufieurs diuerfes figu- \ res, qui ayent en cela | exactement le mefme / effect , il fera befoin, pour choifir les plus propres a noftre def: fein , que nous pre- | ki sx encore garde principalement à deux DE côditions, Dont la pre- HE mierceft, que ces fi- : gures foyent les plus fimples &lesplusayfées a defcrire & a tailler # : :? qu'ilferapoñlible. Etla Féb#r feconde , que par leur moyen les rayons qui vienent des autres points de Fob- iet, comme EE, entrent dans l'œil a peu prés de mef- me, que $ ‘ils venoient d’autant d’autres points ; com- me FF. Etnoté queie dis feulement icy a peu prés, nonautant qu'il eft pofhble ; caroutre qu’il feroit peut eftre affés mal-ayfé'a determinerpar Geometrie, entre vneinfinité de figures qui peuuent feruir a ce mefine ef- fect, celles qui y font exactement les plus propres, ilfe- roitentierement inutile, a caufe que l’œil mefme ne fai- fant pas , que tous les rayons qui vienent de diuers ù 1 points, | Discours SEPTIESME. 75 points, s’affemblent inftement en autant d'autres diuers points, elles ne feroyent pas fans doute pour cela les plus propresarendrela vifion bien diftincte. &ileftimpof- fible en cecy de choifir autrement qu’a peu prés , a caufe que la figure precife de l’œil ne nous peuteftre cognue. De plus nous aurons toufiours a prendre garde, lors _ que nous appliquerons ainfi quelque cors au deuant de nos yeux, que nous imitions autant qu’il fera poflible la nature, en toutes les chofes que nous voyons qu’elle a _obferué enlesconftruifant : & que nous ne perdions au- _ cun desauantages qu’elle nous a donnés, fi ce n’eft pour en gaigner quelque autre plus important. Pour la grandeur des images, il eft a remarquer, qu’el- le depend feulement de trois chofes. a fçauoir, de la di- ftance qui eft entre l’obiet, & le lieu ou fe croifent les ra- yons, qu'il enuoye de diuers de fes poins vers le fonds de l'œil, puis de celle quieft entre ce mefme lieu, & le fonds de l'œil, & enfin de la refraction de ces rayons. Commeil cie: cuident que l'image RST' feroit plus grande qu'elle n’eft, fi l'obiet V X Y eftoit plus proche du lieu K, où fe croyfentlesrayonsV KR & YKT ,ou pluftoft de la fuperficie BCD, qui eft proprement le lieu où ils commencent afe croifer, ainfi que vous verres cyaprés : Oubien fi on pouuoit faire que le cors de l'œil fuft plus long, en forte quil y euft plus de diftance qu'il n'y a, depuis fa fuperficie B C D, qui fait que ces rayons s'entrecroyfent , iufquesau fonds RS T': Ouenfin fi la refraction ne les courboit pas tant en dedans vers le mi- lieu S, maispluftoft, s'ileftoit poffible , en dehors. Et _quoy qu Le 2: outre cestroischofes, il ny a rien Sa K 2 qui ss PTE TTL CL LLLLLLLLELSS : DEN re TRIQUE 4 LA Diop = PPT Discours SEPTIESME. | dr _. qui puiffe rendre cette image plus grande. Mefme la defniere n’eft quafi point du tout confiderable, a caufe qu'on ne peut jamais augmenter l’image par fon moyen que de fort peu, & ce auec tant. de difficulté, qu'on le peut toufiours plus ayfement par l'vne des autres, ainf que vous fçaurés tout maintenät. Aufly voyonsnous que la nature l’a negligee, car faifant que les rayons, côme VKR & Y KT fe courbent en dedans vers S, fur les fu perficies BC D & r2 3;ellea rendu l'image RS'T vn peu plus petite, que fielle auoit fait qu'ils fe courbaffent en dehors, comme ils font vers $ fur la fuperficie 4 5 6; ou qu'elle les euft laiffé eftre tous droits. On n’a point _befoin auffÿ de confiderer la premiere de ces trois cho- fes lors que les obiets ne font point du tont acceffibles: mais lors qu'ils le font, il eft euident que d’autant que nous les regardons de plus prés, d'autant leurs images fe forment plus grandes au fonds de nos yeux. Si-bien- que la nature ne nous ayant pas donné le moyen de les regarder de plus prés , qu'enuiron a vn pied ou demi pied de diftance, afin d'y adioufter par art tout ce qui fe peut, ileft feulement befoin d'interpofer vn verre, tel que celuy qui eft marqué P , dont il a efté parlé tout vos. s maintenant ; qui face que tous les rayons , quivienent ie er d’vn point le plus proche qu'il fe pourra, entrent dans l'œil, comme s'ils venoient d’vn autre point plus efloi- gné. Or tout le plus qu’on puifle faire par ce moyen c’eft qu'iln'y aura que la douze ou quinziefme partie d'autant d’efpaceentre l'œil & l’obiet, qu'il y en deuroit auoir fans cela: & ainfique les rayons qui viendront de di- vers poins de cet obiet, fe croiffans douze ou quinze fois joue | plus 78 LA DIoPrTRIQUE plus prés de luy; ou mefme quelque peu d’auantage, a . caufe que ce ne fera plus fur la fuperficie de l’œil qu’ils commenceront a fe croifer, mais pluftoft fur celle da verre, dont l'obiet fera vn peu plus proche, ils formeront vaeimage, dont le diametre fera douze ou quinze fois plus grand qu’ilne pourroit eftre fi on ne fe feruoit point de ce verre: & par confequent fa fuperficie fera enuiron deus cens fois plus grande, ce qui fera que l’obiet paroi- ftra enuiron deux cent foisplus diftinétement. au moyen de quoy, il paroiftra auffy beaucoup plus grand, non pas deuscentfoisiuftement , mais plus ou moins a propor- tion de ce qu'onleiugeraeftre efloigné. Carparexem- ple, f en regardant l’obiet X au trauers du verre P,on | Aa difpofe fon œil C, en mefme forte qu'il deuroit eftre 74. pour voirvnautre obiet, qui feroit a 20 ou 30 pas loin de luy , & que n'ayant d’ailleurs aucune cognoifflance du lieu ou eft cet obiet X, on le iuge eftre veritablement à trente pas, il femblera plus d'vn milion de fois plus grand qu'il n'eft. en forte qu'il pourra deuenir d'vne puce vnelephant; carileft certain que l'image que for- me vne puce au fonds de l'œil, lors qu’elle en eft fi pro- che, n'eft pas moins grande, que celle qu'y forme vn ele- phant, lorsqu'ileneftatrente pas. Et c’eft fur cecy feul qu'eft fondée toute l’inuention de ces petites lunetes a puce compofees d’vn feul verre, dont l’vfage eft par tout aflés commun: bien qu'on n'ait pas encores connu la vraye figure qu'elles doiuent auoir:&r pource qu'on fçait ordinairement que l’obiet eft fort proche , lors qu'on les employeale regarder,ilne peut paroiftre fi grand, qu'il _feroit, fion l'imaginoit plus efloigné. | “rs Il ee Le 5 © 0 RES SE SNSNNNEN ASSISES ESRI NN IN IPS LAIT TT PS TT TT IA TT À 2 n l ] L HE TRE | ilf il \ [ll Discours SEPTIESME. 79 ‘Ilne refte plus qu'vn autre moyen pour augmenter la grandeur des images, quieft de faire ne Les: rayons qui vienent de diuers points de l’obier, fe croifent le plus loin qu'il fe pourra du fonds de Pœil. mais il eft bien fans cô- | [l | 1 | ji il TT ee Em | | | | | Il NT - | Ÿ SN ÿ EE qIll Hill cl | D ———— A % ER ll ï ME paraifon, le plus important & le plus confiderable de tous. Car c’eft l'vnique qui puifle feruir pour les obiets inacceflibles , aufly bien que pour lesacceflibles, & dont l'effet n'a point de BUS en forte qu'on peut ens'en feruant augmenter les images de plus en plus iufques a vne grandeur indefinie. Comme par exemple, d'autat que la premie- _re destrois liqueurs dont l'œil eft rempli, caufe a peu prés mefme re- fraction que l'eau commune, fion applique tout contre vn tuyau plein d'eau, comme EF, au bout du quel ilyaitvnverre GHI,dont la figure foit toute femblable à cel- le dela peau BC D quicouure cet- te liqueur, & ait mefme rapport a la diftance du fonds de l'œil; il ne fe fera plus aucune refraction up en trée de cet œil, mais celle qui s'y faifoit auparauant , & qui eftoit caufe que tous les rayons qui ve- noient d’vn mefme point de l’obiet commencoient a fe courber dés cet endroit- 80 La DiorTRIQuE endroit-la , pour s'aller affembler en vn mefme point fur les extremités du nerf optique, & qu’en fuite tous ceux qui venoyent de diuers points s'ycroifoient, pour s’aller rendre fur diuers points de ce nerffe fera des l’en- trée du tuyau GI: fibienque ces rayons fe croifans dés là, formeront l'image RS T beaucoup plus grande, que s'ils ne fe croifoient que fur lafuperficie BCD, & ils la formeront de plus en plus grande felon que ce tuyau fe- rapluslong. Etainfil'eau EF, faifant l'office de l’hu- meur K; le verre GHI,celuy dela peau BCD, & l’en- crée du tuyau GI, celuy de la prunelle, la vifion feferaen mefme façon que fi la nature auoit fait l'œil plus long qu'il n'eff,de toute la longeur de cetuyau.Sans qu'ily ait autre chofe a remarquer, finon que la vraye prunelle fe- ta pour lors, non feulement inutile, mais mefme nuifi- ble, en ce qu’elleexclura, par fa bctireile. e, les rayons qui pourroientaller vers les coftés du fonds de l'œil, & ainf _ Empefchera que les images ne s’y eftendent, en autant d’efpace qu’elles feroient, fi elle n'eftoit point fi eftroi- te. Ilne faut pas aufly que ie m'oublie de vous auertir, que les refraétions particulieres, qui fe font vn peu au- trement dans le verre GHI, que dans l'eau EF, ne font point icy confiderables, a caufe que ce verre eftant par toutefoalement efpais, fi la premiere de fes fuperfi- cies fait courber les rayons, vn peu plus que ne feroit celle de l’eau, lafeconde les redreffe d'autant à mefme temps. Etc'eft pour cette mefme raifon, que cydeflis ie n'ay point parlédes refraétions que peuuent caufer les peaus qui enueloppent les humeurs de l'œil, mais feule- ment de celles de fes humeurs. Or Discours SEPTIESME. gr : Ord'autant qu'ily auroit beaucoup d'incommodité a ioindre de l'eau contre noftre œil, en la façon que ie vien d'expliquer, & mefme que ne pouuant fçauoir pre- cifement quelle eft la figure de la peau B C D qui le cou- ure,on ne {çauroit determiner exactement celle du ver- re GHI, pourie fubftituer en fa place, il fera mieux de fe feruir d'vne autre inuention. Et de faire par le moyen d'vn ou de plufieurs verres , ou autres cors tranfparens, enfermés aufly en vn tuyau, mais non pasioints a l'œil fi exactement qu’il ne demeure vn peu d'air entre deux, que des l'entrée de ce tuyau, les rayons qui vienent d’vn _mefme point de l’obiet fe plient ,oufe courbent , en la façon qui eft requife, pour faire qu'ils aillent fe raffem- bler en vnautre point, vers l'endroit où fe trouuera le milieu du fonds de l'œil, quand ce tuyau fera mis au de- uant. Puis de rechef que cesmefmes rayons en fortant de ce tuyau fe plient & fe redreffent en telle forte qu'ils puiffent entrer dans l'œil tout de mefme que s’ils n'auo- ient point dutout efté pliés , mais feulement qu'ils vin- {ent de quelque lieu qui fuft plus proche. Et en fuite, _que ceux qui viendront de diuers points, s'eftant croifés _ des l’entrée de cetuyau, ne fe decroyfent point a la for- tie, mais qu'ils aillent vers l'œil en mefme façon que s'ils venoient d’vn obiet qui fuft plus grand, ou plus proche. Comme filetuyau HF eft rempli d'vn verre tout folide, dont la fuperficie GH I foit de telle figure, qu’elle face que tous les rayons qui vienent du point X, eftant dans le verre tendent vers S; & que fon autre fu- perficie KM lesplie de rechefentelle forte, qu’ils ten- - dent delà vers l'œil en mefme façon que s'ils venoient 82 > LA Dioprrique V du point x, que ie fuppofe :en tel lieu, queleslignes xC,&CS, ont entre elles mefme proportion que X H, & HS; ceux qui vien- dront du point V les croyferont neceffairement en la fuperficie GHI, de façon que fe trouuant defia efloignés d’eus lors qu'ils fe- ront a l’autre bout du tuyau, la fu- perficie K Mne les en pourra pas rapprocher, principalement fi elle eft concaue , ainf que ie la fuppo- fe, mais elle les renuoyra vers l'œil, à peu prés en mefme forte que s'ils venoient du point y. au moyen de quoy ils formeront l'image R ST d'autant plus gran- de, que le tuyaufera plus long. & il ne fera point befoin, pour de- terminer les figures des corstran- fparents dont on voudra fe feruir a cet effect, de fçauoir exacte- ment quelle eft celle de la fuperf- cie BC D. Mais pour ce qu'il y auroit de rechef de l’incommodité à trou- uer des verres ou autres tels cors qui fuffent aflé efpais pour rem- plir tout le tuyau HF, & aflés sa & tranfparens pour n’em- pefcher Discours SEPTIESME. 83 pefcher point pour cela le paffage de la lumiere:on pour- ra laiffer vuide tout le dedans de ce tuyau, & mettre feu- lement deux verres a fes deux bouts, qui facent le mef- me effet que ie vien de dire que les deux fuperficies GHI & KLM deuoientfaire. Et c’eft fur cecy feul qu'eft fondée toute l’inuention de ces lunetes compofc ces de deux verres mis aus deux bouts d’vn tuyau , qui m'ont donnéoccafon d'efcrire ce Traite. Pour latroifiefme condition qui eft requife a la perfe- Ction de la veuë de la part des organes exterieurs, afça- uoir, que les actions qui meuuent chafque filet du nerf optique, ne foient ny trop fortes ny trop foibles, la natu- re y a fort bien pourvû , en nous donnant le pouuoir d’eftrecir & d’eflargir les prunelles de nos yeux. Mais elle a encore laiffé a l’art quelque chofe à y adioufter. Car premierement lors que ces Actions font fi fortes, qu'on ne peut aflés eftrecirles prunelles pour les fouf. frir, comme lors qu’on veut regarder le foleil, il eft ayfé d'yapporter remedeen fe mettant contre l’œil quelque cors noir, dans lequel il n’y ait qu’vn trou fort eftroit, qui face l'office de la prunelle; ou bien en regardant au trauers d’vn crefpe, ou de quelqu'autre tel cors vn peu obfcur, & qui ne laiffe entrer en l'œil qu'autant de ra- yons de chafque partie de l'obiet,qu’ileneft befoin pour mouuoir le nerfoptique fans le bleffer. Et lors que tout au contraire fes actions font trop foibles pour eftre fenties, nous pouuons les rendre plus fortes, au moins quand les obiets font acceflibles , en les expofant aux rayons du foleil , tellement ramaflés par l’ayde d’vn miroir ou verre bruflant, qu'ils ayent le plus de force L 2 qu'ils Le S4 twL4A D:EOPTRAIQUE : qu'ils puiffent auoir pour les illuminer fans les cor- rompre. - Puis outre cela , lors qu’on fe fert des lunetes dont nous venons de parler, d’autant qu’elles rendent la pru- nelleinutile, & que c’eft l’ouuerture par où elles reçoi- uent la lumiere de dehors qui fait fon office, c'eft elle auffy qu'on doit eflargir ou eftrecir , {elon qu'on veut rendre la vifion plus forte ou plus foible. Et il eft a re- marquer, que fi on ne faifoit point cette ouuerture plus large qu'’eft la prunelle , les rayons agiroient moins fort contre chafque partie du fonds de l'œil, que fi onne fe feruoit point de lunetes: & ce en mefme proportion,que les images qu'ils y formeroient feroient plus grandes: fans conter ce que les fuperficies des verres interpofes oftent de leur force. Mais on peut la rendre beaucoup pluslarge, & ce d'autant plus, quele verre qui redreffe les rayons, eft fitue plus proche du point verslequel ce- luy qui les a pliésles faifoit tendre. Comme fi le verre G g Hz fait que tous les rayons qui vienent du point qu'on veut regarder tendent vers S, & qu'ils foient re- dreffés par le verre KL M, enforte que dela ils ten. dent paralleles vers l'œil: pour trouuer la plus grande largeur que puiffe auoir l’ouuerture du tuyau, il faut fai- re la diftance, quieft entreles points K &M, efgale au diametre de la prunelle ; puis tirant du point S deus lignes droites qui paffent par K & M, afçauoir S K, qu'il faut prolonger iufquesà g,; & S M, iufques à ;; on aura gi, pour le diametre qu'oncherchoit. Car ileft mani- fefte que fi on la faifoit plus grande, il n’entreroit point pour cela dans l'œil plus de rayons du point vers lequel on . Discours SEPTIESME. 85 ondreffe fa: veué, & que pour ceux qui y viendroient de pes ce autres es ne pouuans ayder à la vifion, ilsne i feroient que la rendre plus confufe. Mais fi au lieu du verre K L M , on fe fert de 4 lm, qui à es de fa figure doit eftre mis plus proche du point $S,onprendrade rechef Ja diftance entre les points k & m efgale au diametre dela prunelle, puistirant leslignes droites S/G, &S m I,onaura GI, pour le diametre de l'ou- uerture cherchée, quicomme vous voyéseft plus grand que gi, en mefme proportion que ha ligne S L furpañle S Z Et ficette ligne S 7 n’eft pas plus grande que le diametre de l'œil, la vifion fera aufly forte a peu pré$, & aufly claire, que 4 fi on ne fe feruoit point de lu- | nctes,& que les obiets fuffent en recôpenfe plus proches qu'ils ne font, d’autant qu’ils paroiffent plus grands. En : forte que fi la longeur du tuyau fait ; par exemple, que l'image d'vn obiet efloigné de trente lieues fe forme auffy grande dans l’œil, que s’il n’eftoit efloigné que de trente pas, la largeur de fon entrée eftant telle que ie … viens de la determiner, fera que cet obiet fe verra auflÿ … clairement, Hs fi, n’en eftant veritablement efloigné 15 3 que Î Fa 86 LA DIoPTRIQUE que dé trente pas, on le regardoit fans lunetes. Et fi on peut faire cetre diftance entre les points S & /encore moindre, la vifion fera encore plus claire. Mais cecy ne fert principalement que pour les obiets inacceflibles, car pour ceus qui font acceflibles louuer- ture du tuyau peut eftre d'autant plus eftroite qu'on les en aproche d'auantage, fans pour cela que la vifion en {oit moins claire. Comme vous voyés qu'il n'entre pas moins de rayons du point X dans le pe- titverre g4, que dans le grand GI. Et enfin elle ne peut eftre plus large que les verres qu'on y applique, lefquels a caufe de leurs figures ne doiuent point exce- der certaine grandeur , que ie determi- neray cyapres. Que fi quelquefois la lumiere qui vient des obiets eft trop forte, il fera bien ayféde l’affoiblir,en couurant tout autour les extremités du verre qui eft a l'entrée du tuyau : ce qui vaudra mieus que de mettre audeuant quelques autres verres plus troubles ou colo- rés, ainfi que plufieurs ont couftume de faire pour regar- derle foleil : car plus cette entrée fera eftroite, plus la vifionferadiftinéte. ainf qu'il a efté dit cydeffos de la prunelle. Et mefme il faut obferuer, qu’il {era mieux de couurir le verre par le dehors que par le dedans, afin que les reflexions ,qui fe pouroient faire fur les bords de {a fuperficie , n'enuoyent vers l'œil aucuns rayons: car ces rayons ne feruans point a la vifion, y pouroient nuire. Il n’y a plus qu'vne condition qui foit defirée de la part des organes exterieurs, quieft de faire qu’on aper- çolue ES PRE Eee hole 0e Te ML dr te _ Discours SEPTIESME. 87 çoiue le plus d'obiets qu'il eft poffible en mefme temps. Et il cft à remarquer qu'elle n’eft aucunement requife pour la perfeétion devoir mieux; mais feulement pour lacommodité de voir plus; eft mefne qu'ileft impofñi- ble de voir plus d’vn feul obiet a la fois diftinétement: en forte que cette commodité, d’en voir cependant confu- fement plufieursautres, n’eft principalement vtile,qu'a- fin de fçauoir vers quelcofté il faudra par aprés tourner fes yeux, pour regarder celuy d’entre eux qu'on voudra mieux confiderer. Et c’eft à quoy la nature a tellement pourvü, qu'il eftimpoffible à l’art d'y adioufter aucune chofe : mefme toutau contraire, d'autant plus que parle moyen de quelques lunetes on augmente la grandeur des lineamens de l'image qui s'imprime au fonds dé l'œil; d'autant fait on qu ‘elle reprefente moins d’obiets: à caufe que l'efpace qu'elle occupene peut aucunement eftre augmenté, fi ce n’eft peut eftre de fort peu en la renuerfant, ce que ie iuge eftre a reietter pour d’autres raifons. Maisileft ayfé, files obiets font acceflibles, de mettre -celéy qu'on veut regarder’en l'endroit où il peut eftre vü le plus diftinctement au trauers de la lunete ; & s’ilsfontinacceflibles, de mettre lalunete fur vne ma- chine, qui ferue à la tourner facilement verstelendroit determinéqu'on voudra. Et ainfi il ne nous manquera rien de ce quirend le plus cette e quarriefine condition confiderable. | | | _ Aurefte,afin queien ’obmette icy aucune chofe, i ay _ encore à vous auertir, que les defauts de l'œil, qui con- fiftent en ce qu'on ne peut affés changer la figure de l'humeur criftaline, ou bien la grandeur de la prunelle,fe peuuent 83 dr DIOPTRIQUE peuuent peu a peu diminuer & corriger par l'vfage, à caufe que cette humeur criftaline, & la peau qui con- tient cette prunelle, eftant de vrais mufcles, leurs fon- étions fe facilitent & s'augmentent lors qu'on les exer- ce; ainfi que celles de tous les autres mufcles de noftre cors. Et c’eft ainf que les chaleurs & les matelotsen s'exerçant a regarder des obiets fort efloignés, & les gra- ueurs ou autres artifans, qui font des ouurages fort fub- tils, àen regarder de fort proches;acquerent ordinaire- ment la puiffance de les voir plus diftinétement que les autres hommes. Et c'eft ainfi auflÿ, que ces Indiens qu on dit auoir pü fixement regarder le foleil, fans que leur veuë en fuft offufquée, auoient deu fans doute au parauant, en regardant fouuent des obiets fortefclatans, accouftumer peu a peu leurs prunelles a s’eftrecir plus quedes noftres. Mais ces chofes apartienent pluftoft a la Medecine, dont la fineft de remedier aus defauts de la veuë parla correction desorganes naturels, que non pas a la Dioptrique, dont la fin n’eft que de remedier aus mefmes defauts par l'application de quelques autres organes artificiels. : | 5 DES Drscours HuiCTrEsME, 89. DES FIGVRES QVE DOIVENT auoir les cors tranfparens pour detour- ner les rayons par refraétion en tou tes les façons qui feruent à la veuêé. Difiours Huidtiefme. O° afin que ie vous puifle tantoft dire plus exactce- ment en quelle forte on doit faire ces organes arti- ficiels, pour les rendre les plus parfaits qui puiffent eftre; il eft befoin que r’explique auparauant les figures que doiuent auoir les fuperficies des cors tranfparens pour plier & detournerles rayons de lalumiere en toutes les façons qui peuuent feruir a mon deffein. En quoy fi ie ne me puis rendre affés clair & intelligible pour tout le monde, a caufe que c'eft vne matiere de Geometrie vn peu difficile, ie tafcheray au moins de l’eftre affés pour ceux quiauront feulement appris les premiers Elemens de cettefcience. Et d’abord afin de nelestenir pointen fufpens, ie leur diray, quetoutesles figures dont ray icy a leur parler , ne feront compofces que d’Ellipfes où _ d'Hyÿperboles, & de cercles ou de lignes droites. ? . L'Ellipf ou l'Ouale eft vné ligne courbe queles M geêe Fe nt ue chematiciens ont accouftumé de nous expofer encou- ment mA 4 Da pant de travers vn Cone ou vn Cylindre, & que j'ay vu aufÿ quelquefois employer par des Iardiniers dans les M come Ed 90 LA DIoPTRIQUE compartimens de leurs parterres, où ils la defcriuent d'vne façon qui eft veritablement fort grofliere & peu exacte, mais qui fait, ce me femble , mieux comprendre fa nature, que la fection du Cylindre ny du Cone. Ils plantent en terre deux picquets, comme par exemple, l'vn au point H, l’autre au pointI, &ayant noüé enfem- ; ble les deux bouts d'vne corde ils la paflent autour . d'eux, enla façon que vous voyés icy BHI. Puis met- tant le bout du doigt en cette corde, ils le condui- fent tout autour de ces deux picquets , en la tirant tou- fiours a eux d’efgale force, | K afin de latenir tendue efga- 7 | lement, & ainfi inerte < fur la terre la ligne courbe DBK, quieft vne Ellipfe. Et fi fans changer la longueur de cette corde BH I, ils plantent feulement leurs picquets H & I vn peu plus prochesl’vnde l’autre , ils defcriront derechef vne Eli- pfe, mais qui fera d’ autre efpece que la precedente: & s'ils les plantent encore vn peu plus proches,ilsen defcri- rontencore vneautre: & enfin s'ils les ioignent enfemble toutafait, ce fera vn cercle qu'ils defcriront. au lieu que s'ils diminuent la longueur de la corde en mefme proportion que la diftance de ces picquéts, ils defcriront bien des Ellipfes, qui feront diuerfes en grandeur, mais qui feront toutes de mefme efpece. Et ainfi vous voyes qu'il y en peut auoir d'vne infinité d’efpeces toutes di- - uerfes, enforte qu'elles ne different pas moins l’vne de l'autre, ; Discours HuiCTIESME. OI l'autre, que la derniere fait du cercle, & que de chafque efpece, il y en peut auoir de toutes grandeurs. Et quefi d’vn point, comme B, pris a difcretion dans quelqu’vne de ces Ellipfes, ontire deux lignes droites, vers les deux points H &lI, oùles deuspicquets doiuent eftre plantés pour la defcrire : ces deux lignes B H, & BI, iointesen- femble, feront efgales a fon plus grand diametre D K. ainfi qu'ilfe prouue facilement par la conftruction. Car la portion de la corde qui s’eftend d’I vers B & delà fe replie iufques à H, eft la mefme qui s’eftend d'I vers K ou vers D & delà fe replie anflÿ iufques a H: en forte que DHeftefgaleaIK,;&H D plus DI, qui valent autant que HBplusBI, fontefgales alatoute DK. Et enfin les Ellipfes qu’on defcrit en mettant-toufiours mefme proportion entre leurplus grand diametre DK & la di- ftance des points H & I,fonttoutes d’vne mefme efpece. Et a caufe de certaine proprieté de ces points H &I, que vous entendrés cyaprés, nous lesnommerons les points bruflans, l’vninterieur,& l'autre exterieur,a fçauoir fi on _ les rapporte a la moitié de l’Ellipfe qui eft vers D, I fera l'exterieur, & fi on les rapporte a l’autre moitié qui eft versK, ilferal'interieur. 8 quand nous parlerons fans diftinétion du point bruflant, nous entendrons toufiours parler de l'interieur. Puis outre cela il eft befoin que vous fçachiés, que f par ce point Bontire les deuxlignes droites LB G & CBE, qui fe couppent l'vne l'autre à angles droits, & dont Fées: G, diuife l'angle H BI en deux parties efgales, l’autre € Etouchera cette Ellipfe en ce point B fans lacoupper. de quoy ie ne méts pas la demonftration pource que les Geometres la fçauent M3 : ailes, 92 : LA DIroPpTRIQUE - affés, & que les autres ne feroyent que s’ennnyer de l'entendre. Mais ce que j'ay icy particulierement def- fein de vous expliquer, c’eft que fi on tire encore de ce point B, hors de l'Ellipfe , la ligne droite B A, parallele au plus grand diametre D K, & que l'ayant prife efgalea BI, despoints À &lontire fur L G les deux perpendi- culaires À EL & 1G, ces deux dernieres À L & IG au- ront entre elles mefme proportion que les deux DK & HI. Enflortequefilalione AB eft vn rayon de lumie- re, & que cette Ellipfe DB K foit en la fuperficie d’vn cors tranfparent tout folide, par lequel, fuiuant ce quia va pay -ve-efté ditcydeflus, les rayons paffent plus ayfement que | par l’air,en mefme proportion quelaligne DK eftplus grande que HI: Ce rayon A B fera tellement detourné au point B, par la fuperficie de ce cors tranfparent , qu’il ira delà vers I. Etpourceque ce point B eff pris a difcre- tion dans l’Ellipfe, tout ce quife dit icy durayon A B, fe doit entendre generalement de tous les rayons, paral- lelesal’aiffieu DK, qui tombent fur quelque point de cette Ellipfe, a fçauoir qu'ils y feront tous tellement de- tournés, qu ils iront fe rendre delà vers le point I, | | | Or Drscours HuiICTrEsMeE. 93 | Orcecyfe demonftreen cette forte. Premierement Demar/frafom de : | CE quete e l'A, fi on tire du point B, la ligne BF perpendiculaire fur TM 1e K D, & que du point N,où L G &K D s'entrecoupent, l° Pat ons. : ontireauffÿ la ligne N M perpendiculaire fur 1B, on trouuera que À Left a I G, comme BFeft à N M. Car d'vne part lestriangles BF N &B L A font femblables, a caufe qu'ils font tous deux rectangles, & que NF & _ BA eftans paralleles, les angles F NB & AB EL font efgaus; & d'autre part lestriangles N B M & 1BG font auffy femblables, a canfe qu'ils font rectangles, & que l'angle vers Beift commun a tous deux. /Et outre cela — _ les deux triangles BFN & BMN ont mefme rap- port entre eux que les deux ALB & BGI, a cau- fe. que comme les bafes de ceux-cy BA & BI font efgales, ainfi BN qui eft la bafe dutriangle BF N eft efgale à foy mefme en tant qu'elleeft aufly la bafe du triangle BMN. D'où il fuit euidemment que com- meBFeftta NM, ainf AIKceluy des coftés du tri- ‘angle A LB qui fe rapporte a BF, dans le trian- gle BEN , c’eft a dire qui eft la fubtendue du mef- me angle j eft a 1G, celuy des coftés du triangle BGI quife rapporte au cofté N M dutriangle BNM. Puis B F eft a NM comme BI eft a NL, a caufe que les deux triangles BIF & NIM, eftansreétangles, & ayans le mefme angle vers I, font femblables. De plus fi on tire HO parallele à NB, & qu'on prolonge IB iuf- ques a O, on verra que BI efta NI,comme OI eft a HI, a caufe que les triangles BNI & OHI font fem- blables, Enfin les deux angles HBG & GBI eftant efgaus par à conftruétion, H O B quieft efgala GBI | M 3 | eft 5 A DIoPTRIQUE ch Rauffy efgal a OHB, a caufe que cetuycy eft efgala HBG. & par confequent le triangle H B O eft ifofce- le, &laligne OB eftant efgale à HB, la toute OI eft efgale a DK, d'autant que les deux enfemble HB & IB luy font efgales. Etainfi pour reprendre du premier au dernier, À Lefta IG comme BFeftaNM,&BF aN M comme BIaNI, &BIa NIcommeO Ia HI, &OI eftefgale a DK, donc AL efta IG commeDK eft a HI. Sibienque fi pour tracer l’Ellipfe DBK, on donne aux lignes D K & HI, la proportion qu'on aura connu par experience eftre celle, qui fert à mefurer la refra- étion de tous les rayons, qui paffent obliquement de l'air dans quelque verre,ou autre matiere tranfparente qu’on veut employer: & qu'onface vn cors de ce verre qui ait la figure que defcriroit cette Ellipfe fi elle fe mouuoit circulairement autour de l’aifeu DK ; les rayons qui feront dans Pair paralleles à cet aiflieucomme A B 46, entrans dans ce verre, s’y detourneront entelle forte, qu'ils iront tous s'affembler au point bruflant I}, qui des deux H & Left le plus efloigné du lieu d’où ils viennent. à Car 4 Drscours HuICTIESME of Car vous fçauéf que le rayon AB doit eftre detourné au point B, par la fuperficie courbe du verre, que repre- fente l'Ellipfe D BK, tout de mefme qu'il le feroit par la fuperficie plate du mefme verre que reprefente Îa ligne droite CBE, dans laquelle il doit ailer de B vers 1, a caufe qu'A L & IG font l’vne a l'autre comme DK & HI, c'eftadire,comme elles doiuent eftre pour mefurer la refraction. Et le point B, ayant efté pris a difcretion dans l’Ellipfe, tous ce que nous auons de- _ monftréde cerayon AB, fe doit entendre en mefme es façon de tous lesautres paral- lelesa DK, quitombent fur les autres points de cette El- lipfe; en forte qu'ils doiuent tous aller vers I. De plus a caufe que tous les rayons, qui tendent vers le centre d’vn cercle ou d'vn globe, tombans perpendicu- lairement fur fa fuperficie, n'y doiuent fouffrir aucune refraion: fi du centre I on fait vn cercle a telle diftance qu'on voudra, pourvü qu'il pañle entre D & I, comme BOB, leslignes DB & QB, tournant autour de l'aiflieu D Q, defcriront la figure d'vn verre , qui affemblera dans l'air au point I tous les rayons, vie page ; CR LA DIoPTRIQUE rayons, qui auront efté de l’autre cofté, auffÿ dans l'air, paralleles a cet aiflieu: & reciproquement quifera que tous ceux qui feront venus du point I, fe rendront paral- leles de l’ autre cofté, Et fi du mefme centre I on defcritle cercle R O atelle di_ ftance qu'on voudra au delà du point D, 1. _ & qu'ayant pris le point B dans l’'El- lipfe à difcretion, pourvi toutefoix qu'ilne foit pas plus efloigné de D que deK ,ontire laligne droite BO, quiten- ñ de vers I; les lignes RO,OB,&BD, meués circulairemêt RE DOUX autour de laiflieu | DR, defcriront la figure d'vn verre, qui fera que les rayons paralleles a cét aiflieu du co- fté de l’Ellipfe, s’efcarteront ça & [à de l’autre cofté comme s'ils venoient tous du point I. Caril eft ma- nifefte, que par exemple le rayon PB doit eftre autant detourné par la fuperficie creufe du verre D B A, comme AB par la conuexe ou boffue du verre DBK, & paf confequent que B O doit eftre en mefmeligne | droite on “ S a CE D » CU LL LL LE, 7700 Drscours HuIcTrEesMeE. 27 droite que BI, piégé PB eft en mefine ligne droite queBA. &ainf des autres. Et fide rechef dans l'Ellipfe D BKonen defcrit vrie autre plus petite, mais de mefme efpece comme db 4 dont le point bruflant marqué, . foiten mefme lieu que celuy de la precedente auflÿ marqué, & l'autre en mefme ligne droite & vers le mefme cofté que D - H, &qu'ayant pris B a difcre- tion, comme cy deuant, ontire la ligne droite B 4 , qui tende vers I, les lignes DB, B6,b4d, meues autour de l'aiflieu D 4 defcriront la figure d’vn verre qui fera que tous les rayons qui auant que de le rencontrer au- ront efté paralleles fe trouucront derechefparalleles apréenettre fortis, & qu'auec celails feront plusrefferrés, & occupe- ront vn moindre efpace du cofté dela uns petite El- moe d N .? pie 98 4 MNT À DioPTRIQUE lipfe db, que dé celuy de la plus grande. Etf pour eui- ter l’efpaiffeur de ce verre DB 4, on defcrit du centre I les cercles QB & ro, les faperficies D Ho & robd reprefenterornt les figures & la fituation de deux verres moins “pese qui auront en cela fon mef- me effect. Et fi on difbofe les deux verres femblables D BQ_& dbq inegaus en grandeur , en telle forte que leurs aiflieux foient en vne mef. me lipne droite , & leurs deux points bruflant extérieurs, mar- qués I, en vnmefme lieu ;: & que leurs (hperfiies circulaires BQ,; , à qg fe regardent l'vne l’autre , ils ; auront aufy en cela le mefine : effet. | î. Et fi on ioint ces deux verres femblables inegaus en grandeur DBQ _& db q,ouqu'onles mette a telle diftance qu’on voudra l’vn de l'autre, pourvû feulement que droite, & que leurs fuperficies Elli- ptiques f regardent, ils feront que tous les rayons qui viendront du point bruflant de J’vn mar qué I, s’i- ront afflembleren l'autre auflÿ nn mat + que Là Et 5 on ioint les deux differens DB Q & DB OR en leurs eu vb en mefine ligne 4 Drscours HuICTIESME 99 en forte auffy que leurs fuperficies DE & BD fe tes. ° gardent, ils feront que les rayons qui viendront du point i, que l'Ellipfe du verre DBQ 2 pour fon point bru- flant, s'efcarteront comme s'ils venoient du point I, qui eft te point bruflant du verre BDOR: ou reciproque- ment, que ceux qui tendent vers ce point I, s'iront af- | feribler en lautre marqué L. Et enfin fi on ioint les deus DBOR & DBOR toufiours en forte , que leurs fuperficies DB, BD fe regardent, on fera que les rayons qui entrauerfantl'vn de ces verres tendent au delà versI, s’efcarteront de- rechef en fortant de l'autre comme s'ils venoient de | I 2 l'autre #0 ‘1#T4 DioPTRIquE | | l'autre point I. Et on peut faire la diftance de chafcun de ces points marqués I plus ou moins grade autant qu’on veut, enchägeantla gradeur del Ellipfe dont il depëd.En forte. que auec l’Ellipfefeule & la ligne circulaire on peut defcire des verres qui facent | AID AV que les rayons qui vienent TE à d’vn point,ou tendët versun | point, ou font paralleles, changent de l’vne enl'autre de ces trois fortes de difpo- fitions en toutes les façons | in ï Lx qui puiffent eftre imaginées. TP on A 7 L'Hyperboleeft aufÿ vne _J'H nn ligne courbe que les Mathematiciens expliquent par la La De la de fe@ion d’vn Cone , comme l'Ellipfe. Mais afinde vous 5 28 la faire mieux conceuoir, fintroduiray encore icy vn iatdinier quis’enfert a com paffer la broderie de quelque parterre. Ilplante derechef fes deux piquets aux points _H& I; &ayantattaché au bout d'vne longue reigle le bout d’vne corde vn peu plus courte, il fait vn trou rond a l’autre bout de cette reigle, dans lequel il fait entrer le piquet I, & vne boucle 2 l’autre bout de cette corde qu'il pañfe dans le picquet H. Puis mettant Le doigt au point X, où elles font attachées l'vne a l’autre, ille coule delà en bar iufques a D, tenant toufours cependant la cree toute iointe & comme colée contre la reigle de- puis Discours HurCTIESME. IOX puis le point X iufques a l'endroit où il la touche, & auec cela toute tendue: au moyen dequoy, contraignant cette reigle de tourner autour du picquet I a mefure qu ‘ilabaiffe eu doigt, il defcrit fur la terre la ligne cour- be X BD, qui eft vne partie d'vne Hyperbo- le. Et aprés cela tour- nant fa reigle de l’autre cofté vers Y , il en de- fcrit en mefme façon vne autre partie Y D. Et de plus s’il pañle la boucle de fa cordedans le picquet I, &le bout defareigle dans le pic- quet H ,ildefcrira vne à autre hyperbole SK T toute femblable & polie a la precedente.” Mais fi fans changer fes picquets ny fa reigle, il fait feulement fa _ corde vn peu plus longue , il defcrira vne Hyperbole d’vne autre efpece, & s’il la fait encore vn peu pluslon- gue ,ilen defcrira encore vne d'autre efpece , iufques a ce que la faifant tout a fait efgale a la reigle , il defcrira - au lieu d’vne Hypérbole vne ligne droite. Puis sil change la diftance de fes picquets en mefme proportion que la difference qui eft entre les longueurs de la reigle & de la coïde, il defcrira des Hyperboles quiferont rou- tes de mefme efpece, mais dont les parties femblables, feront differentes en grandeur. Et enfin, s'ilaugmente cfgalement les longueurs dela corde & de la rei igle, fans N-3 chan- 202 MB LA DE OPTREQUE : changer nyleur difference, ny la diftance des deux pic= - quets, il ne defcrira toufiours qu'vne mefme Hyperbo- le, maisil en defcrira vne plus grande partie. Carcette ligne eft de celle nature, que bienqu’elle fe courbe tou- fiours de plus en plus vers vn mefme cofté, elle fe peut toutesfois eftendrea l'infiny , fans que iamais fes. extre- mités fe rencontrent. Et ainfi vous voyes qu’ellea en plufieurs façons mefme raport à la li gne droite, que l'El- lipfe à la circulaire. Et vous voyés auffy qu'il y en a d'vne infinite de diuerfes efpeces , & qu’en chafque efpece il yen a vneinfinité dont les parties femblables font differentes en grandeur, Et de plus que fi d’vn difcretion dans l’vne d’elles, ontire deux li- ones droites vers les _ &I,où les deux pic- quets doiuent eftre same pour la defcri- ; ST QUE NOUS nom- Re encore les points br uflants; la dif. ference de ces dite lie gnes HB &IB, fera toufiours efgale a la ligne D K, qui marque la diftance qui eft entre les Hyperboles ‘oppofées. Ce qui paroift de ce que BTeft plus longue que BH, d'autant iufte- ment que la reigle a efté prife plus longue que la corde, & que D Jef aufy d'autant plus longue que DH. Car fion point, comime B, prisa deux points comme H ES PTE pe NE. 2 NE ETS ve à » ne a Fe te $ £ REV FRS RS PS re Ha EE RER ben TT ee UN TE A Es RUE Ted nt qu. CRETE Pa RE , D nr dm ne D RE Taie A Discours HurCTrEsMeE. 103 fon accourciftcelle-cy DI, de KI, qui eft efgalea DH, on aura DK pour leur difference. Et enfin vous voyés que les Hyperboles ; qu'on defcrit en mettant toufiours mefme proportion entre DK & HI, font toutes d'vne mefme efpece. Puisoutre cela il eft be- foin que vousfçachiés, que fi par le point Bprisadifcre- tion dans vne Hyperbole, ontire la ligne droite C E, qui diuife l'angle H BI en deux parties efgales, la mefme CE touchera cette Hyperbole en ce point B, fansla couper. de quoy les Geometres fçauent affes la de- _ monftration. Mais ie veux icy en fuite vous faire voir que fi de ce mefme point B ontire vers le dedans de l’'Hyperbole la ligne droite B A parallele a DK, & qu'ontire aufly par le mefme point B la ligne L G qui couppe CE a an- gles droits, puis ayant pris BA efgale a BI, que des points À & lontire fur L G les deux perpendiculaires | AL & IG: ces deux dernieres À L & IG aurontentre ? | elles 104 La DiGRTRIQUE elles mefme proportion que lesles deux DK &HI. Et enfuite que fi ondonne la figure de cetteHyperbole a vn cors de verre dans lequel les refra@tions fe mefurentpar la proportion qui eft entre les lignes DK & HI,elle fera que tous les rayons qui feront paralleles à fon aiffieu dans ce verre, s'iront afflembler au dehors aupointI, au moins _ ficeverreeft conuexe,; & s’ileft concaue, qu'ils s’efcar- teront ça & là, comme s'ils venoient de ce point I. Ce quipeuteftreainfi demonftré. Premierement fi ontire du point B laligne BF perpendiculaire far KD prolongée autant qu’il eft befoin, & du point N, où LG & K Ds’entrecoupent, laligne N M perpendiculaire fur 1B aufly prolongée,on trouuera que A Left a IG com- me BFefta NM. Car d'vne part les triangles BF N à & BL A font femblables a caufe quils font tous deux rectangles & que NF & BA eftant paralleles les angles _FNB&LBA fontefgaus. Et d'autre part les trian- gles I GB &NMB font aufly femblables a caufe qu'ils font rectangles & que les angles 1BG & N BM font efgaus. Etoutre cela , comme la mefme B N fert de . bafe aux deuxtriangles BFN & NM B,ainfi B'A Ia bafe du triangle A LB eft efgale a BI la bafe du triangle 1GB. d’où il fuit que comme les coftés du triangle BE N fonta ceux du triangle NM B,ainf ceux du trian- gle A LB fontaufly a ceux dutriangle 1BG. Puis BF efta NM comme Blefta NE, a caufe que les deux tri- angles BIF & NIM, eftans rectangles, & ayans le _ mefime angle vers J, font femblables. De plus fontire H O parallele a L'G, on verra que Bleft a NI comme OIeft a HI, a caufe que les triangles BNI & OHI font 2 Discours HuICTiIEsMmMeE. 1 dt _ fontfemblables. Enfinles deux angles EBH & EBI eftans efgaus par la conftruction,& HO, qui eft paral- lele a LG, couppant comme elle CE a angles droits, les deux triangles BEH & BEO font entierement efgaus. Etainf B H la baze de l’vn eftant efgale a BO la baze de l'autre, ilrefte OT pour la difference qui eft entre BH &BI laquelle nous auons dit eftre efgale a DK. Sibienque A Left a1G, commeDK eft à HI. D'où il fuit que mettant toufiours entre les lignes DK & HI la proportion qui peut feruir a mefüurer les refra- étions du verre ou autre matiere qu'on veut employer, ainfi que nous auons fait pour tracer les Ellipfes, excepté que DK ne peut eftreicy que la plus courte , aulieu qu'elle ne pouuoit eftre auparauant que la plus Ion- gue: Sion trace vne pere à d'hyperbole tant grande qu'on voudra comme DB, & que de B on face de- fcendre a angles droits fur K D la ligne droite B Q,, les deux lignes DB, & ee tournant au tour de O l'aiflieu 106 | LA DiIoPTRIQUE es | | l'aiffieu D Q, defcriront la figure d’vn verre, qui fera que tous les rayons qui le trauerferont & feront dans l'air paralleles a cét aiflieu du cofté de la fuperficie plate BD, en laquelle, comme vous fçaués, ils ne fouffriront aucune refra- Ction , s'afflembleront de l'autre cofté au point I. Et fi ayant tracé l'hy- perbolé db femblable à 1a precedente,ontire la ligne J droite roentellieu qu'on “voudra , pourvû que fans coupper cette hyperbole elle tombe perpendiculairement fur fon aifieu d£ ; & qu'on ioigne les deux points & & o par vne autre ligne droite parallele à d£, les trois lignes ro, ob, & bd, . meuës autour del'aiflieu d£, defcriront la figure d’vn verre, qui fera que tous les rayons qui feront paralle- les a fon aiflieu du cofté defafuperficie plate, s’efcarte- ront ça & là de l’autre cofté, comme s'ils venoient du point I. | Et fi ayant pris la ligne HT plus courte pour tracer l'hyperbole du verre robd, que pour celle du verre DB Q, on difpofe ces deux verres en telle forte que leurs aiflieus D Q, r d foient en mefme ligne droite, & leurs deux points bruflans marques Ien mefme lieu, & : que Drscours HuiCTIEsME: 107 que leurs deux fuperficies hyperboliques fe regardent; Lo ils feront quetouslesrayons, qui auant que de les ren- contrer, auront efté paralleles a leurs aifieus, le feront encore aprésles auoir tous deux trauerfés, & auec cela feront referres en vn moindre efpace du cofté du verre r obdque de l’autre. Et fi on difpofe les deux verres femblables DB Q_ & dbq inefgaus en grandeur, en telle forte que leurs aiflieus D Q, d4 , foyent auffÿ en mefme ligne droi- te, & leurs deux points bruflans marques I en mef- me lieu, & que leur deux fuperficies hyperboliques fe regardent; ils feront comme les precedens que les rayons paralleles d’vn cofté de leur aiflieu le feront Lo A" aufTy LA DiopTRIQUE aufly de l'autre, & auecce- la feront referrés en moin- dre efpace du cofte du moin- dre verre. ; Et fi onioint les fuperficies plates de ces deux verres DBQ & db gs ouquonles mette à telle diftance qu'on voudra lvnde l'autre, pour- vü feulement que leurs fu- perficies plates fe regardent, fans qu’il foit befoin auec ce- la que leurs aiflieus foient en : mefme ligne droite : ou plu- ftoft fi on compofe vn autre verre , quiait la figure de ces deuxainfi conioints, on fera par fon moyen que lesrayons qui viendront de l'vn des points marqué$ I, s’iront af fembler en l’autre de l’autre cofte. Et fi on compofe vn verre qui ait la figure des deux DBQ & robd,tellementioints, que leurs fuperficies plates s’entretouchent, on fera que les rayons qui feront venus de l’vn des point I, s'efcarteront comme silses ftoient venus de l'autre. Et enfin, fi on compofe vn verre qui ait la figure de deux tels que rob d, de rechef tellement ioins, que leurs luperficies plates s'entretouchent , on fera que les ra- yons, ER En % À + = ART EME bd an + Lx nat rt ne En de. "= lg Éi Pr ple 2 5 ne ÉTÉ comp SL La èe Sr ere LRO LS PS el AT a SEC PR TR 109 Discours HurCTIESME, 110 LA DirorTrIQuE yons, quiallansrencontrer ce verre feront efcarté com- me pour s’aflembler au point I qui eft de l’autre cofté, feront derechef efcartés aprésl’auoir trauerfé, comme s'ils eftoient venusde l’autre point I. Et tout cecy eft ce me femble fi clair, qu'il ëft feule- ment befoin d'ouurirles yeux & de confiderer les figu- respour l'entendre. | Au refte les mefmes changemens de ces rayons que ie vien d'expliquer premierement par deux verres el- liptiques, & aprés par deux hyperboliques, peuuent auf- fy eftre caufés par deux dont l'vn foit elliptique & l’au- tre hyperbolique.: Et de plus on peut encore imaginer vneinfinite d'autres verres qui facent comme ceux cy, que tous les rayons qui vienent d’vn point, ou tendent vers vn point, ou font paralleles, fe changent exacte- ment de l’vne en l'autre de ces trois difpofitions. Mais icne pente pas auoir icy aucun befoin d’en parler, a caufe que ie les pourray plus commodement expliquer Cy aprés en la Geometrie, & que ceus que i'ay defcrits font les plus propres de tous a mon deffein. ainfi que ie veus tafcher maintenant de prouuer, & vous faire voir par mefme moyen lesquels d’entre eux y font les plus propres, en vous faifant confiderer toutesles principales chofes en quoyils different. La premiere eft que les figures des vns font beaucoup plus ayfées atracer que celles desautres: &ileft certain qu'aprés la ligne droite, la circulaire, & la parabole, qui feules ne peuuent fuffire pour tracer aucun de ces ver- res, ainfique chafcun pourra facilement voir, s’il l’exa- mine, iln'yena point de plus fimples que l'EllipR, & l'hy- / Discours HurCTIESME, IT l’hyperbole. enforte que la ligne droite eftant plus ay- fée atracer que la circulaire, & l’hyperbole ne l’eftant pas moins que l’'Ellipfe, ceux dont les figures font com- pofées d'hyperboles & de lignes droites, font les plus ay- fées a tailler qui puiflent eftre. Puis en fuite ceux dont les figures font compofées d’Ellipfes & de cercles: en forte que tous les autres que ie n’ay point expliqués le font moins. La fecondeeft qu'entre plufeurs , qui changent tous en mefme façon la difpofition des rayons qui fe rappor- tenta vn feul point , ou vienent paralleles d’vn feul co- fté, ceux, dont les fuperficies font le moins courbées, ou bien le moins inegalement, en forte qu'elles caufent les moinsinegales refractions, changent toufiours vn peu plus exactement que les autres, la difpofition des rayons qui fe rapportent aux autres points , on qui vienent des autres coftés. Mais pour entendre cecy parfaittement, il faut confiderer que c’eft la feule inefgalitéde Ha cour- bure des lignes dont font compofées les figures de ces verres, quiempefche qu'ils ne changent aufly exacte- ment la difpofition des rayons qui fe rapportent a plu- fieurs diuers poins , ou viennent paralleles de plufieurs diuers coftés, qu'ils font celle de ceux qui fe rapportent a va feul point, ou vienent paralleles d’yn feul cofté. Car parexemple, fi pour faire que tous les rayons qui vie- nent du point A s’affemblent au point B, il falloit que le verre GHIK, qu'on mettroit entre deux,euft fes fuper- ficies toutes plates, en forte que la ligne droite GH, qui x enreprefentel'vne, euft la proprieté de faire quetous ces rayons venans du point À, fe rendiffent paralleles dans f Y12 LA DIoPpTRIQUE dans le verre, & par mefme moyen que l'autre ligne droite KI fift que delà ils s’allaffent aflembler au pointB, ces mef- mes lignes GH & KI fe. roient auffy que tous les rayons T—+ fembler au point D, & genera- Jement, que tous ceux qui viendroient de quelqu’ vndes points de la ligne droite A C, que ie fuppofe parallele di GH , s'iroient affembler en quelqu'vn des points de B D, queie fuppofe auffy parallele a KT, & autant efloi- gnée d'elle, qu'A C eft de G H : d'autant que ces lignes GH & KI, n'eftant aucunement courbées , tous les _points de cesautres A C & BD fe rapportent a elles en mefme façon les vns queles autres. Tout de mefme fi c’eftoitle verre LM N O, dontie fuppofe les fuperficies LMN &LON eftre deux efgales portions de Sphe- re, qui euft la propricté de fai- fe que tous les rayons venans du point À s’allaffent affem- bler au point B, ill'auroit auffy de faire que ceux du point C s'aflemblaffent au point D, & generalement que tous ceux de quelqu'vn des points de la fuperficie € A, que ie fuppofe eftre vne portion de Sphere, qui a mefme centre que LMN, s'affembleroient en quelqu'vn de ceux de BD, queie fappofe aufly vne por- tion venans du point C s’iroient af. Discours HurCTIESME. 113 tion de Sphere, qui a mefme centre que LON & en cft auffy efloignée qu'A C eft dLMN, d'autant que toutes les parties de ces fuperficiess LMN &LON font efgalement courbées au refpeét de tous les points . qui je dans les fuperficies C A & BD. Mais a caufe. qu'il n’y a point d’autres lignes en la nature, que ladroite & la circulaire, dont toutes les parties fe rapportent en : mefme façon a plufieurs diuers points, & que ny l’vneny l'autre ne peuuent fuffire, pour compofer la figure d’vn verre , qui face que tous Les rayons qui vienent d’vn point s'afflemblent en vnautre point exaétement, il eft . euident qu'aucune de celles qui yfontrequifes, nefera que tous les rayons qui viendront de quelques autres . points, s'afflemblentexactement en d’autres points. Et que pour choifir celles d’entre elles qui peuuêt faire que ces rayons s’efcartent le moins des lieus où on les vou- droit affembler, il faut prendre les moins courbées, & les moins inefgalemét courbées, afin qu’elles approchent le plus de la droite ou de la circulaire ; & encore pluftoft de | Ha droite que de l cireulaire a caufe queles parties de cellecy ne fe rapportët d'vne mefme façon qu'a tousles points qui font efgalement diftans de fon centre, &ne fe rapportent a aucuns autres en mefme façon qu'elles Fee ace centre. D’oùileft ce de conclure qu en see Be furpañle l'Ellipfe , qu'il eft_ in d'i es des verres d’ Atratiité autre figure,qui Sr blent tous les rayons venans de diuers poins en autant ’au DJoins efpalement efloignés d’eux.fiex ent que celuy dont la figure fera compoñfée d'hyperboles. Et mefme fus que iem arrefte a vous en faire icy vne de- P monftration 114 LA DIoPTRIQUE monftration plus exaëte, vous pouués facilement appli- quer cecy aux autres façons de changer là difpofition | des rayons qui fe rapportent à diuers poins ou vienent , paralleles de diuers coftés, & connoiftre que pour tou- pes, ou les verres hyperboliques y font plus propres # qu'aucuns autres, ou du moins, qu'ils n’y font pas nota- #1 blement moins propres, en re que cela ne peut eftre 4, mis en contrepois auec la facilité d’eftre taillées,en quoy y, Us furpafñfent tous lesautres. * . | La troifiefme difference de ces verres eft que les vns font que les rayons quife croyfenten les trauerfant, fe trouuent vn peu plus efcartés de l’vn de leurs coftés que de l'autre; & que les autres font tout le contraire. Com- me fi les rayons G G font ceux qui vienent du centre du Soleil, & que II foient ceux qui vienent du cofté gau- che de fa circonference, & KK ceux qui vienent du . an 16 KW 7 HE TE Lo PR NU N A RE noté PP RER EEE CCS LE droit, ces rayons: s 'efcartentvi vn 1 peu plus les vns des au- tres à RÉ RE TR tn (De em NS DR me. LEE 0. AT Le ee no 15 EDS LT k Discours HuICTrESME. TIS tres aprés auoir trauer{é le verre hyperbolique DEF, qu’ils ne faifoient auparauant: &r au contraire, ilss’efcar- - tent moins aprés auoir trauerfé RÉiptiqué ABC,en forte que cet Elliptique rendles points L H M plus pro- chesles vns des autres, que ne fait l'hyperbolique, & mefme il les rend d'autant plus proches qu'il eft plus efpais. Mais neanmoins tant efpais qu'on le puiffe fai- re, il ne les peut rendre qu’enuiron d’vn quart où d'vn tiers plus proches que l’hyperbolique. Ce qui fe mefure par la quantité des refractions que caufe le verre en for; . te que le criftal de montaigne, danslequelelles fe font va peu plus grandes, doit rendre cette inefgalité vn peu _ plus grande. Maisil n’y a point de verre d'aucune au- tre figure qu'on puiffe imaginer, qui face que les points KLM foient notablement plus efloignés que fait cet hyperbolique, ny moins que fait cet Elliptique. ‘Orvous pouués icy remarquer par occafion en quel fensil faut entendre ce queï’ay dit cydeflus, queles ra- . yons venansde diuers poins, ou paralleles de diuers co- ftés, fe croyfent tous dés la premiere fuperfcie qui a la puiffance de faire qu'ils fe raffemblenta peu prés en au- tant d’autres diuers poins. Comme lors que ‘ay dit que ceux de l’obiet V X Y, qui forment l image R ST fur le fonds de l'œil, fe croyfent dé la premiere de fes fuperf- . cies BCD. Ce qui depend de ce que par exemple les troisrayonsV CR, XCS & Y CT, fe croyfent verita- blement fur cette fuperficie B C D au point C. d'ou vient qu'encore que V DR fe croyfeauec Y B T beau- coup plus haut,& VB R auec Y D T beaucoup plus bas: toutesfois pour ce qu'ils tendent vers les mefmes poins ‘118 | PR que OPTRIQUE ELA Dr 16 ge JET mm a Aa LA . k, ° .. AT, aus, 0 LS à » CE #2 LS ° * CS LUF .. *, …, ., * Q « e . » , ee D yOR .. . nannossenre .. ANS LOT RECENT ELU ELLELLE LES DT TS LE s os, Vis LES fée", ., Pre Sonamenenmntez nent se oudespassmste A2 PPLLLCLL LR Y « PECEL LS LES as | 5 né ps RTS QD ORDER RRQ OS RAR ER D IA BRL IR Aer amener 0 iassonanmus “2. À 7 22, 53 4 a Le, Se | 1l LULU tt Discours HuiCTrEsME. 117 que font V CR &Y CT, onles peut confiderér tout de mefme que s'ils fe croyfoient aufly au mefme lieu, Et pource que c’eftcetre fuperficie B CD qui Les faitain- fi tendre vers les mefmes poins, on doit pluftoft pen- fer que c'eft au lieu où elle eft qu'ils fe croyient tous, que non pas plus haut ny plus bas. Sans mefme que ce que les autres fuperficies , comme 123 & 456, les peuuent detourner , en empefche. Non plus qu'en- core que les deux baftons À C D & BCE qui font courbés, s’efcartent beaucoup des poins F & G, verslef- quels ils s'iroient rendre, fife croy- fans autant qu'ils font au point C auec cela ils eftoient droits ;, cene laiffe pas d’eftre veritablement en ce point C qu ils fe croyfent. Mais ils pourroient bien etre fi courbés, que cela les feroit croifer derechef en vaautrelieu. Eten mefme façonlesrayons, quitrauer- fent les deux verres conuexes DBQ & dbgq, fe croy- voyésia fent fur la fuperficie du premier, puis fe recroifent de- PE rechef fur celle de l’autre, au moins ceux qui vienent de x ë. diuers coftés: car pour ceux quivienent d’vn mefme co- fté, ileft manifefte, que cen'’eft qu'au point bruflant A B . marqué I, qu'ils f croifent. Vous pouues remarquer auffy par occ afion, que les ra- yons du Soleil ramaffés par le verre Elliptique ABC, jte ñ “ch doivent brufler auec plus de force qu'eftans ramaflés page 114. par l'hyperbolique DEF. Carilne faut pas feulement prendre garde aux rayons qui vienent du centre du So- leil, comme G G, mais aufly a tous les autres qui venans F3 des 18 La DioPpTrique | des autres points de fa fuperficie, n’ont pas fenfiblement moins de force, que ceux du centre; en forte que la vio- lence de la chaleur qu'ils peuuent caufer fe doit mefurer par la grandeur du corsquiles afflemble , comparée auec celle de l’efpace où il les affemble. Comme fi Le dia- metre du verre À BC eft quatre fois plus grand que la diffance qui eft entre les poins M & EL, les rayons ramaf- {és par ce verre doiuent auoir feize fois plus de force que s'ilsne pañloyent que par vn verre plat quine les deftour- naftaucunemeñt. Et pource que la diftance qui eft en- tre ces poins M &L, eft plus ou moins grande, a raifon de celle quieftentreeux &le verre ABC, ou autre tel Cors qui fait que les rayons s’y affemblent , fans que la grandeur du diametre de ce cors y puiffe rien adioufter, ny fa figure particuliere, qu'enuiron vn quart ou vntiers tout auplus, il eft certain que cette ligne bruflante à l’in- fini que quelques vas ont imaginée, n’eft qu'vne refue- rie.” Et qu'ayant deux verres ou miroirs ardens, dont l'vn foit beaucoup plus grand que l'autre, de quelle fa- Çon qu'ils puiffent eftre, pourvû que ns figures foient toutes pareilles, le plus grand doit bien ramaffer les ra- yons du foleil en vn plus grand efpace, & plus loin de {oy, quele plus petit, mais que ces rayons ne doiuent point auoir plus de force en chafque partie de cet efpa- ce, qu’en celuy où le plus petit les ramañle. En forte qu'on peut faire des verres ou miroirs extremement pe- tits, qui bruflerontauec autant de violance que les plus grands. Etun miroir ardent dont le diametre n’eft pas plus grand qu'enuiron la centiefme partie de la diftance qui eft entre luy & le lieu où il doit raffembler les rayons du Discours HuiIcTresme, 119. dufoleil, c'eft a dire, qui a mefme proportion auec cette _ diftance, qu'a le diametre du foleil auec celle qui eft en- tre luy & nous, fuft-il poli par vn Ange ne peut faire, que lesrayons qu'ilaffemble efchauffent plus en l'endroit où il les affemble, que ceux qui vienent directement du So- leil. Ce qui fe doit aufy entendre des verres braflans a proportion. D'où vous poués voir que ceux qui ne font qu'a demi fçauans en l’Optique fe laiffent perfuader beaucoup de chofes qui font impoñlibles, & que ces miroirs dont on a dit qu'Archimedebrufloit des nauires de fort loin, deuoient eftre extremement grands, ou _pluftoft qu’ils font fabuleus. ; La quatriefme differëce qui doit eftre remarquée entre les verres dont il efticy queftion appartiët particuliere- ment a ceux qui changent ladifpofition des rayons qui vienent de quelq; point affés proche d'eux, & confifte en ce que lesvns,afçauoir ceux dôt la fuperficie quiregarde vers ce point eff la plus creufearaifon de leur grandeu:”? peuuent receuoir plus gräde quantité de ces rayons, que d' me 120 _. La DIoPTRIQUE les autres, encore que leur diametre ne foit point plus grand. Et en cecyle verre Elliprique NOP, queie fuppofe fi grand , que fes extremites N & P font les poins où fe termine le plus petit diametre de l’Elli- pfe, furpafñfe l’hyperbolique Q RS, quoy qu'onlefup- pofe auffy tant grand qu’on voudra, & il ne peut eftre furpaflé par ceux d’aucuneautrefigure. Enfin ces ver- res different encore en ce que pour produire les mef- ‘mes effects eù efgard aux rayons qui fe rapportent a vn {eul point ou a vn feul cofté , les vns doiuent eftre plus en nombre que les autres , ou doiuent faire que les rayons qui fe rapportent a diuers poins, ou a di- uers coftés, fe croyfent plus de fois. (Comme vous avés vü que pour faire auec les verres Elliptiques, que les rayons qui vienent d’vn point s’affemblent en vn autre point, ou s'efcartent comme s'ils venoient d'vn autre point ; ou que ceux qui tendent vers vn point s’efcartent derechef comme s'ils venoient d'un autre point; ileft toufiours befoin d’y en employer deux ; au lieu qu'il n'y en faut employer qu'vn feul, fon fe fert _ des hyperboliques. Et qu'on peut faire que les rayons parälleles demeurans paralleles occupent vn moindre _efpace qu'auparauant , tant par le moyen de deux verres hyperboliques conuexes , qui font que les ra- yons qui vienent de diuers coftés fe croyfent deux fois ; que par le moyen d'vn conuexe & d'vn con- caue , qui font qu'ils ne fe croifent qu'vne fois. Mais il eft euident que iamais on ne doit employer / pluñeurs verres a ce qui peut eftre auffÿ bien fait (par l'ayde d'vn feul , ny faire que les rayons fe croi- | | | fent f ai Discours NEUFIESME, x2r fent plufieurs fois lors qu'vne fuñfift . LA DESCRIPTION DES EUNEÉRS "UTP Difcours Neufiefme. L eft beloin premierement de choifir vne matiere tranfparente, quieftant affés ayfée atailler, & neant- moins affés dure pour retenir la forme qu’on luy donne- ‘ ra, foit en outre la moins colorée , & qui caufe le moins de refleétion qu'ileft poffible. Et on n’en a point enco- se trouué qui ait ces qualités en plus grande perfection que le verre, lors qu'ileft fortclair, & fort pur, & com- poféde cendres fortfubtiles. Carencore que le criftal de montaigne femble plus set & plus tranfparent, tou- tes fois pource que fes fuperficies caufent la reflexion de plus de rayons que celles du verre, ainfi que l’experien- . cefemble nousaprendre il ne fera, peut eftre, pas fi propre a noftre deflein. Or afin que vous fçachiés la caufedecette reflexion, & pourquoy elle fe fait pluftoft UE à: : 122 _ La DroPTRIQUE ; - far les fuperficies tant du verre que du criftal, quenon pas en reipaienr. deleur cors, & pourquoy elle s’y fait plus grande dans le criftal que dans le verre. il faut que vous vous fouuenies de la façon, dont ie vous ay cydef _ fus fait conceuoir la nature de la lumiere, lors que iaÿy dit, qu’elle n’eftoit autre chofe dansles cors tranfparens que lation ouinclination a fe mouuoir d’vne certaine matieretres fubtile qui remplit leurs pores : & que vous penfes que les pores de chafcun de ces cors tranfparens font fi vnis & fi droits que la matiere fübtile qui peut y entrer coule facilement tout du long, fans y rien trouuer quilarrefte. Mais que ceux de deux cors tranfparens de diuerfe nature, comme ceux de l'air & ceux du verre ou du criftal, ne fe rapportent iamais fiinftement les vns ausautres, quil n'y ait toufiours plufieurs des parties de a matiere fubtile, qui, par exemple, venant de l'air vers le verre, s’yreflefchiflent, a caufe qu'elles rencontrent les parties folides de fa fuperficie : & tout de mefme, venant du verre vers l'air, fe reflefchiflent & retournent au dedans de ce verre, a caufe qu'elles rencontrent les parties folides de la fuperficie de cét air; car il yena auf {y beaucoup en l'air qui peuuent eftre nommées folides à comparaïifon de cette matiere fubtile. Puis en confide- rant que les parties folides du criftal groflés que celles du verre, & fes pores plus ferrés, ainfi qu'il eftayféa iuger de ce qu’il eft plus dur & plus pe- fant, on peut bien penfer, qu’il doit caufer fes-refle- xions encore plus fortes , & par confequent donner paflage a moins de rayons que ne fait ny l'air ny le verre ; bien que cependant il le donne plus libre à Le ceux font encore plus NE SA og nl D RE ÉTÉ r Pne n x tips ENT cé à Drscours NEUF:IESME, 123 ceux rx aufquels il le donne, fuiuant ce qui à efté dit cy- deffus, Ayant donc ainf choifile verre le plus pur , le moins coloré, & celuy qui caufe le moins de reflexion qu’ileft poffible, fi on veut par fon moyen corriger le defaut de ceux quine voyent pas fi bien les obiets vn peu efloi- gné, que les proches; oules proches, que les efloignés,; “les figures les plus propres à cét efe@ font celles qui fe _tracent par deshyperboles. Comme par exemple l'œil B,ouC, eftant difpofé a faire que tous les rayons, qui vienent du point H, ou I, s’aflemblent exactement au milieu de fon fonds, & non x ceux du point V, ou X, il faut, pour luy faire voir \ diftinétement l’obiet 1) qui eft vers V, ou X, Z mettre entre deux le verre O, ou P, dont les fuperficies , l’vne con- uexe & l’autre conca- _ue, ayant les figures tracées par deux hy- __ perboles qui foyent telles qu'H, ou I, {it _ le point brulant de k _ concaue ,qui doiteftre tournée vers l'œil ,_& V,ouY, celuy de la -COnUExE UE | Et fi on ppofe le point I, ou V, aies efloigné, comme {eulement a quinze Q 2 ou \ \ vers l'œiltoute plate. deb LA DiorTrique ou vingt pieds de diftance, il fuffira, au lieu del hyper: bole dontil deuroit eftre le point bn uflant, de fe feruir d'vne ligne droite, & ainfi de faire l’vne des fuperficies du verre toute plate; à fçauoir l'interieure qui regarde vers l'œil, fi c’eft I quifoit affés efloigné, ou l’exterieu- re, fi c’eft V. Car lors vne partie de l'obiet de la grandeur de la prunelle pourra tenir lieu d’vn feul point , a caufe que fon image n'occupera gueres plus d’efpace au fonds de l'œil, que Pextremité de l'vn des petitsfilets du nerf optique. Et mefme iln'eft pasbefoin def feruir de verres differens a chafq; fois qu’on veut regarder des obiets vn peu plus où moins efloignés l'vn que l’autre; mais c’eft affés pour l'vfage d’en auoir deux, dont l’vn foit propor- tionné a la moindre diftäce des he qu'off a couftume de regarder, & l’autre a la plus grande; où mefme feule- ment d'en auoir vn, qui foit moyenentre ces deux. Car les yéux aufquels on les veut approprier, n’eftans point tout a fait inflexibles, peuuent ayfement affés changer leur figure, pour l accommoder a celle d'vntel verre. ue fi on veut par JE moyen aufly d'vn feul verre faire | oup re pre & {e voyent peer plus difinde. ment que fans lunetes : le plus commode fera defaire MES mime tt celle des fuperficies cpaare sidi eftre rnurnee ais notes que ie dis le “vs COM- mode, car iaduoue bien que donnant à la fuperficie _ deceverre ie figure d'vne eEllipte, dont Le point bruflant ‘4° {oit 0 7 Didi NEUFIESME - 12$ foit auffy au lieu où on voudra mettre l’obiet, & a l'autre celle d’vne partie de Sphere, dont le centre (vit an mef- © me lieu que ce point bruflant, l'effet en pourra eftre vn - peu plus grand:mais en reuanche vn tel verre ne pourra -pasfñ commodementeftretaillé. Or cepoint bruflant, {oit de l'hyperbole, foit de l’ellipfe , doit eftre fi proche, que l’obiet, qu'il faut fuppofer fort petit, y eftant mis, il ne refte entreluy &leverre, que iuftement autant d e- fpace, qu'il en faut, pour donner paf. age a la lumiere qui doit l'efclairrer. Et il faut enchafñfer ce verre entelle forte, qu'il n’en refte rien de découuert que le milieu, _quifoit enuiron de pareille grandeur que la prunelle,ou AA R% mefme vn peu plus petit. Et que la matiere en quoy i#% “°"* ” ” fera enchaffé”Toit touté "noire du cofté qui doit eftre”. tourné verts l'œil, où mefme aufly il ne fera pas inutileé : qu'elle oit; garnie tout au tour d'vn bord de panne ou ve-#", à lours noir, a fin qu’on la puiffe commodement appuier #; tout contre l'œil, & ainfiempefcher qu’iln'ailie vers Any * aucune lumiere, que par l’ouuerture du verre. Mais en #. dehorsilferabon qu'elle foittouteblanche, ou plaftoft toute polie, & qu'elle ait la figure d'vn miroir creux, en forte qu'elle renuoye fur l'obieét tous les rayons dé la lumiere qui vienent vers elle.Et pour fouftenir cét obiet à ent endroit où il doit eftre pofé pour eftre vû , iene def- : etites fioles de verre où de criftal fort mun. Mais pour rendre la chofe ie crade il vaudra encore mieux qu’il y foittenu ferme, par vn ou deux pe- tits reflors en forme de bras, qui fortent du chaffis de la lunete, Enfin pour ne a à point de lumiere il fans Q 4 Ç : ‘dra | 126 Le SAS DiorTRiquE draen regardant cét obietle tourner tout droit vers le ” : foleil, Comme fi A eft le verre, C la partie interieure de la matiere en la quelle il eft enchaffé €, D lexterieure, E’ obiet, Gle petit bras qui le uen H l'œil, & Ile | foleil, dont les rayons ne vont point en l'œil directement , a caufe de l'interpofition tant de la lunete que de l’obiet , mais donnans contre la cors blanc, où le miroir D,ils fe re- flefchiflent premierement de là vers E, puis d’'Eils fe reflefchiffent vers l'œil. Que fion veut faire vne veut faire vne inbgée la plus parfaite qui puiff parfaitte qui puifle eftre pour feruir a voir les Aftres ou au- tres obiets fort efloignés & inaccef- fibles, On la doit compofer de deux verres hyperboliques, l'vn conuexe & l'autre conca- ue, mis dans les deus bouts d’vn tuyau en la façon que vous voyésicy reprefentee. Et premierement abc la fuperficie du verre concaue ab c def, doit auoir lafi- gure d’vne hyperbole, qui ait fon point bruflant a la di- ftance ala quelle l'œil, pour lequel on prepare cette lu- nete, peut voir le plus diftinétement fes obiets. Comme icyl œil G eftant difpoié a voir plus < diftintement.les obietsa qui | font vers H, ) qu'a ’aucuns autres, H doit eftre le point bruflant de l’ Hrpothite abc: & pour les vieillars, _quivoyent mieux les obiets fort efloignés, queles pro- ches, cette fuperficie 4 bc doit eftre toute plate; aulieu que pour ceux qui ont la veuë fort courte, elle doiteftre Discours NEUFIESME. 127 . PR Ni on , ni 7 rs L bi 7 . .. K an N & = HU R UE TT -] * SANS DS DES affésconcaue. Puis l’autre fuperficie de f doit auoit La figure d'vne autre hyperbole , dont le point bruflantI | _ Soit efloigné d’elle de la largeur d’vn pouce, ou enuiron, en forte qu’il fe rencontre versle fonds del’œil, Lors que ce verre eft appliqué tout contre fa fuperficie. Noté. | ass fois que ces proportions ne font pas fi abfolu- ment neceflaires, qu’elles ne puiffent beaucoup eftre L | | chan- 5 Le gene M en ge x Led 1238 LA DIoPTRIQUE changées, en forte que fans tailler autrement la fuperf- cie ab cpour ceux qui ont la veuë courte, ou longue, | que pour les autres, on peut aff commodement fe fer- uir d'vne mefine lunete pour toutes fortes d'yeux, en al- longeant féulement ou accourciffant letuyau. Et pour la fuperficie def, peut eftre qu'a caufe de la difficulté qu'on auraa la creufer tant comme 'avidit, il fera plus ay{é de lay donner la figure d’vne hyperbole , dont le point bruflant foit vn peu plusefloigné. Ce que l Expe- rience enfeignera mieux que mes raïfons. Et ie puis feulement dire en general qe les autres chofes, eftant efgales, d’au ue ce ra pl 1e, d’au- tant les obietsparoiftront ne UNE à caufe qu'il fau- dra difpofer l'œil comme s'ilseftoient plus prés de Iny, & que la vifion,pourraeftre plns forte & plus -elaire..-à caufe que l'autre verre pourra eftre plus grand; mais qu’elle ne fera pas fi diftincte, fi on le rend par trop pro- che, à caufe qu'il y aura plufieurs rayons qui tomberont trop obliquement fur fa fuperficie au pris des autres. Pour E “mpeg dE ce verre, re Et uerture de a prunelle. Et-pour. re clpaifeus RÉ UC # ju ji 111 es (ll l UIHE Hi HA ns + 2e DE D'——= | | | LARE] à À dh l TES AH RITES ) SN 1. | SN PT IEUEIN EE qe TR ns) Sr et a ——— _—S —Ù"# = es Fat. — He ve d ur HS … Ortouchantlafaçon defe feruir de l'outil Y 6 7, ileft aremarquer qu'on ne doit tailler que la moitie des lames _cnopa vne fois, par exemple que celle qui eft entre les poinsz &o Etacéeffetilfaut mettre vne barre en la machine vers P, qui empefche que la reigle KLM D cftant meuë d’ N vers O ne fe puifle auancer vers P … qu'autant qu'il faut, pour faire que laligne 3 4 QUI Mar- que le milieu de fon efpaiffeur paruiene iufques au plan 12GOCquon imagine coupper les planches a angles ; droits. Et le fer de cét outil Y 6 7 doit eftre de telle fou- re, quetoutes les parties de fon tranchant foient en ce _ mefmeplan, lors quelaligne 3 4 s'y trouue, & qu'il n'en ait point d’autres ailleurs qui s’auancent au dela versle LL coftémarqué P, mais quetdut le tallu de fon efpaiffeur | fiette vers N, Aurefte onle peut faire fi mouffe ou fi | | | su i1 AVS L 148 - _. La DrorTRiqQuE aygu, & tant on fipeuincliné, & de telle longueur qu’on voudra, felon qu'on le iugera plus a propos. Puis ayant forgéles lames c0p, &leurayant donné auec la lime la figure la plus approchate qu'onaura pü de celle qu’el- les doiuét auoir, illes faut appliquer & preffer contre cét _outilK6 7,& File mouuoir la reiole KL M, d’N vers O, & reciproquement d'O vers N, on taillera lvne de leurs moities. Puis afin de pouuoir rendre l’autre toute femblable, il doit y auoir vne barre ou autretelle chofe qui empefche qu’elles ne puiffent eftre auancées vers cet outil, au dela du lieu où elles fe trouuent lors que leur moitié N O eft acheuée de tailler : & lors les en ayant vn peureculées, il faut changer le fer de cet outil Y 67 &en mettre vnautre en fa place dont le tranchant foit exacte- ment dans le mefme plan, & de mefime forme, & autant auancé que le precedent, mais qui ait tout le tallu de fon efpaiffeur ietté vers P, en forte que fi on appliquoit ces deux fers de plat l'vn contre l’autre, leurs deux tran- chans femblaffent n'enfaire qu'vn. Puisayant transferé vers N la barre qu'on auoit mife auparauant vers P pour empefcher le mouuement de lareigle K LM, il faut fai- re mouuoir cette reigle d O vers P &de P versO, iuf- ques a ce que les lames cz0p foient autant auancées vers l'outil Y 6 7, qu'’auparauant, & cela eftant elles fe- ront acheuces detailler. Pour la rouë d, quidoiteftre de quelque matiere fort dure, aprés luy auoir donné auec la lime la figure la plus approchante de celle qu'elle doit auoir, qu'on aura pü,il fera fort ayfe de l’acheuer, premierementauec les lames Cnop, HART qu'elles ayent efté au commencement fi bien b Drscours DIxIESME. 149 ‘bien forgées que la trampe ne leur ait rien ofté depuisde leurfigure, & qu’onles applique fur cette rouë en telle forte que leur tranchant 0 p & fon aiflieu ee foient en van mefme plan, & enfin qu'il y ait vn reflort ou contre- pois qui les preffe contre elle, pendant qu'on la fait tour- ner fur fon aiflieu. Puis aufly auec l'outil Z 89, dont le fer doit eftre efgalement tallué des deuscoftés, &auec cela il peut auoir telle figure quaf qu’on voudra, pourvû que toutes les parties e {on tranchant 8 o foient dans vn plan qui couppe les fuperficies des planches CGEF a angles drois. Et pour s'en feruir on doit faire mouuoir la reigle K L M fur les poles r, 2, en forte qu’elle paffe tout de fuite de P iufques a N, puis reciproquement d’N iuf- ques a P, pendant qu'on fait tourner la rouë fur fon aiflieu. Au moyen de quoy le tranchant de cêt outil ofteratouteslesinelgalités, qui fe trouueront d'vn cofté a l'autre en l'efpaifeur de cette rouë, & fa pointe tou- tes celles qui fe trouueront dehauten bas. Caril doit auoir vn tranchant & vne pointe. Apprés que cette rouë aura ainfi acquis toute la per- _ fection qu'elle peut auoir, le verre pourra facilement eftre taillé par les deus diuers mouuemens d'elle & du tour, fur lequelil doit eftre attaché, pourv feulement qu il y ait quelque reflort, ou autre inuention , qui fans empefcher le mouuement quele tour luy donne, le pref- fe toufiours contre la rouë , & que le bas de cette rouë foit toufiours plongé dans vn vafe qui contiene le gré, ou l’emeri, ouletripoli, ou la potée, ou autretelle matie- re, dontil eft befoin de fe feruir pour tailler & polir le verre. / NE Le de Et 150 LA DIoPTRIQUE | Et a l'exemple de cecy vous pouuésaflés entendre en quelle forte on doit donner la figure aux verres conca- ues, a fçauoit en faifant premierement des lames com- me crop auec l'outil Z 89.puis taillant vne rouë tant auec ces lames qu'auecl'outil Y 67, &toutle refteenla façon qui vient d’eftre expliquée. Seulement faut il ob- {eruer que la rouë dont onfe fert pour les conuexes peut eftre aufy grande qu'onla voudra faire, mais que celle dont on fe fert pour les concauesdoit eftre fi petite que lors que fon centre eft visa visdela ligne 5 5, de la ma- chine qu'on employe a la tailler, fa circonference ne paf- fe point audeffus dela ligne x 2, de la mefme machine. Et on doit faire mouuoir cette rouë beaucoup plus vifte, que le tour, pour polir ces verres concaues ; au lieu qu’il eftmieux pour les conuexes de faire mouuoir le tour plus promtement, dont laraifon eft que le mouuement du tour vfe beaucouppluslesextremités du verre, que - le milieu, & qu'au contraire celuy dela rouë les vie moins. Pour l'vtilité de ces diuers mouuemens elle eft fort manifefte, car poliffant les verresauec la main dans vne forme, en la façon qui feule a efté en vfage iufques a prefent, il feroit impoñfible de rien faire de bien que par hafard, encore que les formes fuflent toutes parfaites, &c les peliffant auec le feul mouuement du tour fur vn mo- delle, tous les petits defauts de ce modelle marque- roient des cercles entiers fur le verre. Ie n’adioufte pas icy les demonftrations de plufieurs chofes qui appartienêt a la Geometrie, car ceux qui font vn peu verfés en cette fcience , les pourront affésenten- dre d'eux mefmes, &ie me perfuade que les autres fe- ront Discours Drxiesme,. Ne ront plus ayfes dem'en croire, que d’auoir [a peine de les lire. Aurefte, affin que tout fe face par ordre, ie voudrois premierement qu'on s'exercait a polir des ver- res, plats d’vn cofté, & conuexes de l'autre, qui euffent la figure d'vne hyperbole dont les poins bruflans fuf- fent a deux ou trois pieds l’un de l'autre : car cette lon- geur eft futfante pour vne lunete , qui ferue a voir affés parfaittement les obiets inaccefibles. Puis je - voudrois qu'on fift des verres concaues de diuerfes figures en les creufant toufiours de plus en plus, iuf- ques a ce qu'on euft tronué par experience la iufte f- : guréde celuy , qui rendroit cette lunete la plus par- faitte qu'il foit poflible, & la mieux proportionnce a l'œil qui auroit as’en feruir. Car vous fçaués que ces ver- res doiuent eftre vn peu plus concaues pour ceux qui _ ont la veuë coutte que pour les autres. Or ayant ain- fitrouué ce verre concaue, d'autant que le mefme peut _ feruir au mefme œil pour toute autre forte delunetes, il n’eft plus befoin pour les lunetes qui feruent a voir les obiets inacceflibles , que de s'exercer a faire d’autres verres conuexes qui doiuent eftre pofés plus loin du concaue que fe premier, & a en faire auffy par degrés qui doiuent eftre pofés de plus en plus loin, iufquesa la plus grande diftance qu'il { pourra, & qui foient aufly plus grands a proportion. Mais notes que d’au- tant que ces verres conuexes doiuent eftre pofés plus Join des concaues, & par confequent aufly de l'œil, d’au- tant doiuent ils eftre taillés plus exaétement, a caufe que _ les mefmes defauts y détournent les rayons d’autant plus loin de l’endroitoüilsdoiuent aller. Comme f le VCITE 152 La DioPTRrIqQuE verre F détourne le rayon C F autant que le verre E détourne A E, en forte quelesan- roles AEG & CFH foientefgaus, ileft ma- nifefte que CF, allant vers H, s'efloigne bien _plus du point D oùiliroit fans cela, qu'AE ne fait du point B, allant vers G. Enfin la dernie- :/#r re & principale chofe a quoyie voudroisqu’on s'exercaft, c'efta polir les verres conuexes des deux co- ftés pour leslunetes qui feruent a voir les obiets acceff- bles, & que s'eftant premierement exerce’ a en faire de ceux quirendent ceslunetes fort courtes, a caufe que ce _ feront les plus ayfés, on tafchaft aprés par degrés a en fai- re de ceux qui les rendent plus longues, iufques a ce qu'on foit paruenu aus plus longues dont on fe puiffe fer- uir. Etaffin que la dificultéque vous pourré trouuer en la conftruétion de ces dernieres lunetes ne vous dé- goufte, ie vous veux auertir qu’encore que d’abord leur vfage n’attire pas tant que celuy de ces autres, qui fem- blent promettre de nous efleuer dans les cieux, & de nous y monftrer furles aftresdes corsaufly particuliers, & peut eftre, aufly diuers que ceux qu'on void für later- re ; ie les iuge toutesfois beaucoup plus vtiles, a caufe qu'on pourra voir par leur moyen les diuers meflanges & arrengemens des petites parties dont les animaus & les plantes, & peut eftre aufly lesautres cors qui nous enui- ronnent, font compolés, & delatirer beaucoup d’auan- tage pour venir a la connoïffance de leur nature.Car def ia {elon l'opinion de plufieurs Philofophes tous ces cors ne font faits que des parties des elemens diuerfement meflées enfemble: & felon la miene, touteleurnature & leur 4 Led Discours DrxresMr. 193 Jeureffence, au moins de ceux qui font inanim&, ne confifte qu'en la groffeur, la figure, l’arrangement, &les mouuemens de Jeurs parties. Pour la difhculté qui fe rencontre , Ée qu'on voute ou creufe ces verres des deus cote. a faire que les fommets des deux hyperboles foient Dear op- pofés l'un alautre, on y pourra remedier , en arondif- fant fur le tour leur circonference, & la RAS exacte- ment efgale à celle des ee aufquels on Îles doit _ attacher pourles polir. Puis lors qu'on les yattache, & que le plaftre,ou la poix & le ciment, dont on les y ioint, eft encore frais & flexible, enles faifant pañfer auec ces . manches par vn anneau dans lequel ils n’entrent qu'a peine. lené vous parle point de plufeurs autres parti- cularités qu’on doit obferuer enlestaillant, ny aufTy de plufieurs autres chofes que ï'aytantoft dit eftre requifes en la conftruction des lunetes, cariln’y en a aucune que iciuge fi difficile qu'elle puiffe arrefter les bons efprits. &iene me reigle pas fur la portée ordinaire des artifans. mais ie veus efperer que les inuentions que ï’ay mifesen ce Traité feront eftimées affés belles & affés importan- tes pour obliger quelques vns des plus curieus & des plus induftrieus de noftre fiecle à en entreprendre l’exe- ; 5 NEA PES L METEORES. Wa | 157 2 S . BAÉEORES. Difcours Premier. DE LA NATVRE DES CORS TERRESTRES. Sÿ Ous auons naturellement plus d’admi- ESA À ration pour les chofes qui font au deflus Sa de nous que pour celles qui font a pareil- ©} le hauteur, ouau deflous. Et quoy que _ MANS les nues n CARE gueres les fommets 4 de quelques montaignes, & qu’on en voye mefme fou- uent de plus baffes que Les pointes de nos clochers , tou- tefois a caufe quil faut tourner les yeux vers le ciel pour les regarder, nous les imaginons fi relevées, que mefme les Poëtes & les Peintres en compofent le throfne de Dieu, & font que là ilemploye fes propres mains a ouurir & fermer les portes des vens , a verfer la rozée fur les fleurs, & a lancer la foudre fur les rochers. Ce quime fait efperer que fi i'explique icy leur nature, en telle for- te, qu’on n'ait plus occafion d'admirer rien de ce qui s'y voit, ou quien defcent, on croyra facilement qu'il eft poffible en mefme façon de trouuer les caufes de tout ce 0 qu'il y a deplusadmirable deffus laterre. Ie parleray en ce premier difcours de la nature des cots ue en general; afin de pouuoir mieus expli- V 3 EL que ni Les METEORES. quer dans le fuiuant celle des exhalaifons & des vapeurs. Puis a caufe que ces vapeurs s’efleuans de l’eau de lamer forment quelquefois du felau deflus de fa fuperficie, ie prendray delà occañon de m'arefter vn peu à le defcri= _re, & d’effayer en luy fon peut connoiftre les formes de ces cors que les Philofophes difent eftre compofés des elemens par vn meflange parfait, aufly bien que celles desMeteores qu'ils difent neneftre compofés que par vn meflan ge imparfait. Apré cela conduifant les vapeurs _ parl'air, 'examineray d'où vienent les vens, Et les fai. fant Membtet en quelquesendroits , ie defcriray la na- ture des nues : Etfaifant diffoudre ces nues, ie diray ca qui caufe la pluie, la grefle, & la neige, où ie n'oublieray pas celle dont les parties ontlafigure de petites eftoiles a fix pointes tres parfaitement compañlées, & qui, bien- qu’elle n'ait point efté obferuée par les anciens, nelaifle pas d'eftre l’vne des plusrares merueilles de la Nature. Je n'oublieray pas auflÿ lestempeftes, le tonnerre, la fou- dre, &les diuers feus qui s’allument en l'air, ou les lu- mieres quis y voyent. Mais für toutie tafcheray de bien depeindre l'arc en ciel, & de rendre raïfon de fes cou- leurs, entelle forte, qu'on puifle auffy entendre la natu- re de toutes celles qui fe trouuent en d’autres fuiets. A quoy i’adioufteray la caufe de celles qu’on voit commu- nement dans les nuës; & des cercles quienuironnent les aftres : Etenfin la Cure des Soleils, ou des Lunes > qui paroiffent quelquefois plufieurs enfemble: à Ileft vray que la connoiffance de ces chofes, depen- dant des principes generaus de la Nature, qui n’ont point encoreefté, queie fçache, bien expliqués, ilfaudra que ie : a Dr SCOURS D nt rf9 ie me ferue au commencement de quelques fuppofi- tions, ainfi que iay fait enla Dioptrique. maisietafche- ray de les rendre fi fimples & fi faciles , que vous ne ferés . peuteftre pas dificulté de les croyre, encore ui je ne _ les aye point demonitrées. : Ie fuppofe premierement que l’eau, la terre, l'air, & tousles autres tels cors quinous enuironnent, font com- pofés de plufieurs petites parties de dinerfes figures & groffeurs, quine font iamais fi bienarrengees, nifiiufte- ment iointes enfemble, qu'ilne refte plufeurs interual- les autour d'elles. Et que ces interualles ne font-pas _ wuides, mais remplis de cette matiere fort fübtile; par _ fentremife de laquelle 'ay dit cy deffus que fe cômuni- 74 longues, vaies, & gliffantes, ainfi que de petites anguil- & quoit l'action delalumiere. Puis en particulier ie fup- pofe que les petites parties dont l'eau eft compofée font _ Les, qui quoy qu’ ’elles fei joignent & s'entrelacent, ne fe 4 nouëntnyne S *accrochent iamais pour cela en telle fa- u’elles ne puiffent ayfementeftre feparces. Et au contraire que prefque toutes celles tant de la terre que mefmedel’air, & de la plus part des autres cors , ont des . figuresfortirregulicres &inefgales ; en forte qu'ellesne 3 . peuuenteftrefi peu entrelacées, qu'elles ne s’accrochent __&fe lient les vnes aus autres, ainfi que font les diuerfes branches des arbriffeaus, qui croiflent enfemble dans yne haye. Et lors qu ‘elles fe lient en cette forte, elles .… compofent des cors durs, comme delaterre, du bois, où autresfemblables. aulieu que fi elles font fimplement " Fe vne fürt es eftre que fort peu ou point tes, e Ke x60 _ Les METEORES tes, qu'elles puiffent eftre meuës &{eparées par l’apita. tion de la matiere fubtile qui les enuironne ; elles doi. _ uent occuper beaucoup d'efpace, & compofer des cors . liquides, fort râres, & fort nd comme des huiles, ou delair. De plus il faut penfer que la matiere fubtile, qui remplift les interuales qui font entre les parties de ces cors , eftde telle nature qu'elle ne ceffe iamais de fe mouuoir Ça & là grandement vifte, non point toutefois exactement de mefme vitefle,entouslieus, & en tous tems, mais quelle fe-meut communement vn peu plus : vifte vers la fuperficie de la terre, qu’elle ne fait au haut de l'air où fôt les nuës, & plus vifte vers les lieus proches del'Equateur, que vers les Poles, & au mefme lieu plus viftel’eftéque l’hyuer, & le iour que [a nuit. Dont la saifon eft euidente, en fuppofant que la lumiere n’eft au- tre chofe qu'vn certain mouuement , ou vne action, dont les cors lumineus pouffent cette matière fubtile de tous coftés autour d’eus en ligne droite, ainfi qu'ilaefté diten la Dioptrique. Car il fuit de là que les rayoris du foleil, tant droits, que reflefchis, la doiuent agiter d’a- “ei ee: ‘g SEE uantage le iour que la nuit, & l’efté que l'hyuer, & fous b. l'Equateur que fous les Poles, & contre laterre que vers lesnues. Puisil faut aufy penfer que cette matierefub- tile eftcompofée de diuerfes parties , qui bienqu’elles foient toutes tres petites, le font toutefois beaucoup noins les vnes que lesautres, & que les plus groffes, ou _ pour mieus parler les moins petites, onttoufiours le plus. de force, ainfi que generalement tous les grans COrs en ont plus que les moindres, quandils font autant esbran- flés.Ce qui fait que moins cette matiere eft fubtile,c'efta dire. Discours PREMIER, 161 dire compofée de parties moins petites, plus elle peut agiter les parties des autres cors. Er cecy fait aufly qu'’el- le eft ordinairement le moins fubtile aux.lieus, &aux tems où elle eft le plusagitée. comme vers lafuperficie dela terreque verslesnuës, & fous l'Equateur que fous les Poles, & en efté qu’en hyuer, & de iour que de nuit. Dont la raifoneft que les plus groffes de fes parties ayant le plus de force, peuuent le mieux aller vers les lieux, où l'agitation eftant plus grande, il leur eft plus ayféde con- tinuerleurmouuement. Toutefois il y en a toufiours quantité de fort petites qui fe coulent parmi ces plus groffes. Et ileft a remarquer que tous les cors terreftres ont bien des pores, par où ces plus petites peuuent paf fer, mais qu’il y ena plufieurs quiles ont fi eftroits, ou tellement difpofés, qu'ils ne recoiuent point les plus . groffes; & que ce font ordinairement ceux cy qui fe fen- tent les plus froids quand on les touche, ou feulement _ quand ons'enapproche. Comme d'autant que les mar- _ bres &les metaus fe fentent plus froids que Le bois, on doit penfer que leurs pores ne recoiuent pas fi facilemét les parties moins fubtiles de cette matiere, & queles po- res de la glace les recoiuent encore moins facilement que ceux des marbres ou des metaus,d’autant qu'elle eft encoreplusfroide. Cariefuppofeicy que pour le froid & le chaud, iln’eft point befoin de conceuoir autre cho- fe, finon que les petites parties des cors que nous tou- chons, eftant agitées plusou moins fort que de couftu- me, foit par les petites parties de cette matiere fubtile, foit par telle autre caufe que ce puiffe eftre; agitent auf- {y plus ou moinsles petits filets de ceux de nos nerfs qui | X | font 162 Les METEORES, de font les organes de l'attouchement. Et que lors qu'elles les agitent plus fort que de couftume, cela caufe en nous le fentiment de la chaleur ; au lieu que lors qu'ellesles agitent, moins fort, cela caufe le fentiment de la froi- deur. Etileft bien ayfé a comprendre qu'encore que cette matiere fubtile, ne fepare pas les parties des cors durs, qui font comme des branches entrelacées,en mef- me façon quelle fait celles de l’eau, & de tous les autres cors qui font liquides ; elle ne laifle pas de les agiter & faire trembler plus ou moins, felon que fon mounement eft plus ou moins fort, & que fes parties font plus ou moins grofles. Ainfi que le vent peut agiter toutes les branches des arbriffeaus dont vne paliffade eft compo- fée, fans les ofter pourcela de leurs places. Au refte il faut penfer qu'ily atelle proportion entre la force de cette matiere fubtile, & la refiftence des parties des au- tres cors , que lors qu'elle eft autant agitée, & qu'elle n'eft pas plus fubtile, qu’elle a couftumé d’eftre en ces quartiers contre laterre, elle a la force d'agirer, & de faire mouuoir feparement l’vne de l’autre, & mefme de plier la plus part des petites parties de l’eauentre lefquel- les elle fe glifle, & ainfi de la rendre liquide. Mais que lors qu'ellen'eft pas plus agitée, ny moins fubtile, qu'elle a couftume d’eftre en ces quartiers au haut de l'air, ou qu'elle y eft quelquefois en hyuer contre la terre, elle na pointaffés de force pour lesplier & agiter en cette fa- Çon, ce qui eft caufe qu’elles s’areftét confufement ioin- tes & pofées l’une fur l’autre , & ainfi qu'elles compofent va cors dur, a fçauoir de la glace, En forte que vous Pounés imaginer mefme difference entre de l’eau & de la Discours PREMIER. 16; Ja glace, que vous feriésentre vn tas de petites anguil. les, foit viues, foit mortes, flotantes dans vn batteau de pefcheur tout plein de trous par lefquels pañfe l'eau d’yne riuiere quilesagite, &-vn tas des mefmes anguilles tou- tes feiches, & roides de froid für le riuage. Et pource- que l’eau ne fe gele iamais que la matiere qui eft entre fes parties ne foit plus fubtile qu’a l'ordinaire , de 1à vient que les pores de la glace quife forment pour lors, ne s’ac- commodans qu’a la groffeur des parties de cette matie- re plus füubtile, fe difpofent en telle forte, qu’ils ne peu- uent receuoir celle qui left moins ; & ainfi que la glace _ eft toufiours grandement froide, nonobftant qu’on la | gardeiufques al’efté & mefme qu’elle retient alors fa _ dureté, fans s'amollir peu a peu commela cire, a caufe | quelachaleurne penetreau dedans qu'a mefure que le _ deflus deuient liquide. | | | _ : Jlyaicy de plusa remarquer qu'entre Îles parties lon- |. gues & vnies dont iay dit que l'eau eftoit compofée, il ÿ _ ena veritablement la plus part quife plient ou ceffent de fe plierfelon que la matiere fubtile qui les enuironne a quelque peu plus ou moinsde force qu'a l'ordinaire, ainfi queie viens d'expliquer, maisqu'ily en a auffy de plus _groffes, qui ne pouuant ainfi eftre pliées, compofent les fels, & de plus petites , qui le pouuant eftre toufiours, compofent les efprits ou eaus de vie, quine fe gelentia- mais. Et que lorfque celles de l’eau commune ceffent du tout de fe plier, leur figure la plus naturelle n'eft pas en toutes d'eftre droites comme des ioncs, mais en plu- fieurs d’eftre courbées en diuerfes fortes : d’où vient qu’elles ne peuuent pourlors fe renger en fi peu d’efpa- ; | mn à Ce; 164 Les METEORES. | ce, que lorfque la matiere fubtile, eftant affés forte pour les plier, leur fait accommoder leurs figures les vnes aux autres. Ileft vray aufly que lors qu’elle eft plus forte, qu'il n’eft requis a cét effect , elle eft caufe dereckef qu'elles s’eftendent en plus d’efpace. Ainfi qu’on pourra voir par experience, fiayant rempli d’eau chaude vn ma- tras, ou autre tel vafe dont le col foit affés long & eftroit, on l'expofe a l'air lors qu'il gele: car cette eau s’abaiffera vifiblement peu a peu, iufques a ce quelle foit paruenuë a certain degré de froideur, puis s’enflera & fe rehauffera aufly peu à peu, iufqu'a ce qu’elle foit toute gelée: en forte que le mefme froid qui l’aura condenfée ou referrée au commencement , lararefiera par appres. Et ou peut voir aufly par experience que l'eau qu'on a _tenuëé longtemsfur le feu fe gele plutoft que d'autre, dont la raifon eft que celles de fes parties, qui peuuent le moins cefler de fe plier , s’euaporent pendant qu'on la chauffe, | Mais afin que vous receuiés toutes ces fuppofñtions auec moins de difficulté, fçachés que ie ne concoy pas les petites parties des cors terreftres comme des atomes ou particules indiuifibles, mais que les iugeant toutes d'vne mefme matiere , ie croy que chafcune pourroit eftre rediuifée en vneinfinité de façons, & qu'elles ne different entre elles,que comme des pierres de plufieurs diuerfes figures, qui auroient eftécouppées d'yn mefme rocher. Puis fçachés auffy que pour ne point rompre la paix auec les Philofophes, ie ne veux rien du tout nier de ce qu'ils imaginent dansles cors de plus que ie n'ay dit, comme leurs formes fabflantielles, leurs qualités réelles, Discours SECOND. 16$ & chofes femblables, mais qu'il me femble que mes rai- fons deuront eftre d'autant plus approuuées , que ie les feray dependre de moins de chofes, DES VAPEVRS ET DES DER AE ANS: ONE Dijcours Second. S I vous confiderés que la matiere fubtile, qui eft dans les pores des corsterreftres, eftant plus fort agitée … vne fois que l'autre, foit par la prefence du foleil, foit par telle autre caufe que ce puiffe eftre, agite auflÿ plus fort les petites parties de ces cors ; vous entendrés facile. ment qu'elledoit faire que celles qui font affés petites, | &auec cela detellesfigures, ou en telle fituation, qu’el- les fe peuuentayfemêt feparer de leurs voyfines, s'efcar- tent ça & là les vnes des autres, &s'efleuenten l'air; non pointpar quelque inclination particuliere qu'elles ayent a monter, ou que le foleilait en foy quelque force qui _ lesattire, mais feulement a caufe qu’elles ne trouuent … point d'autre lieu dans lequelil leur foit fi ayfé de con- tinuer leur mouuement, Aïnfi que la poufliere d'vne campaigne fe foufleue, quand elle eft feulement pouffée & agitée parles pieds de quelque paflant. Car encore que les grains de cette poufliere foient beaucoup plus gros & plus pefans, que les petites parties dont nous par- lons, ilsne laiffent pas pour cela de prendre leur cours versle ciel, Etmefme on voit qu’ils y montent beau- X 3 | coup «66 Les MeTronres. coup plus haut, lors qu'vne grade plaine eft couuerte de gens qui fe remuënt, que lors qu’elle n’eft foulée que par va feul home.Ce qui doit empefcher qu'on ne s’efton- ne de ce que l'aétion du foleilefleue affés haut les petites parties de la matiere, dont fe compofent les vapeurs & lesexhalaifons, vü qu'elle s'eftend toufiours en mef- metems fur toute vne moitié de laterre, & qu’elle y de- meure les iours entiers. Mais remarqués que ces pe- tites parties qui font ainfi efleuées en l'air par le foleil, doiuent pour la plus part auoit la figure que i’ay attri- buée a celles de l’eau, acaufe qu'il n’y en à point d'au- tres qui puiflent fi ayfement eftre feparées des cors où ellesfont. Etceferontcellescy feules que ie nomme- ray particulierement des vapeurs ,affin de les diftinguer desautres qui ont des figures plus irregulieres, & auf. quelles ie reftreindray le nom d’exhalaifons, a caufe que ie n'en fçache point de plus propre. T'outefois aufly en- tre les exhalaifons ie comprendray celles, qui ayant à peu pré mefme figure que les parties de l’eau, mais eftant plus fubtiles, compofent les efprits ou eaus de vie: a caufe qu'elles peuuentfacilement s’embrafer. Et en _exclueray celles, qui eftant diuifées en plufieurs bran- ches, font fifubtiles, qu’elles ne font propres qu’à com- poferle cors de l'air. Pour celles qui eftant vn peu plus grofieres font aufly diuifées en branches, il eft vray qu'elles ne peuuent gueres fortir d'elles mefme des cors durs où elles fe trouuent, mais fi quelquefois Le feu s’ef. pranden ces cors, illesen chaffe toutes enfumeée. Et aufÿ lorfque l’eau fe gliffe dans leurs pores, elle peut fouuent les en degager, & les emporter en haut auec | ps eo Discours SECOND. 167 foy. En mefme façon que levent, paflant au trauers d'vne haye , emporte les feuilles ou les pailles, qui fe trouuent entrelacées entre fes branches. Ou plutoft comme l’eau mefme emporte vers le haut d’yn alem- bic les petites parties de ces huiles, que les Alchemi- ftes ont couftume de tirer des plantes feiches, lorf- que les ayant abbreuées de beaucoup d’eau, ils difti- lent le tout enfemble , & font par ce moyen que le peu d'huile , qu'elles contienent, monte auec la grande quantité d’eau quieftparmi. Car en effect la plus part de celles cy font toutes les mefmes , qui ont couftume . decompofer les cors de ces huiles. Remarqués aufly que les vapeurs occupent toufiours beaueoup plus d’e- fpace que l'eau, bienqu'elles ne foient faites que des | mefmes petitespatties. Dont laraifon eft que lorfque ces parties compofent le cors de l'eau, elles ne fe meu- . uent qu'affés fort pour fe plier, & s’entrelacer, enfe glif- _ fantles vnes contre les autres, ainfique vous les voyés a seprefentées vers À. Au lieu que lors qu'elles ont la for- med’vne vapeur , leur agitation eft fi grande, qu'elles tournent en rond fort promptement de tous cofté, & s'eftendent par mefme moyen de toute leur longeur, en telle forte que chafcune a la force de chaffer d’autour de foy toutes celles defes femblables, quitendent a en- _ treren la petite fphere qu’elle defcrit. Aïnfi que vous _ les voyés reprefentées vers B. Et c’eft en mefme façon que fi vous faites tourner affés vifte le piuot LM, au _trauérs duquel eft pañéela chorde N P, vous verres que cette chorde fe tiendra en l'air toute droite & eftendue, occupant par ce moyen tout l’efpace compris dans le | | cer- SARA QE -s ! É de, or = : III SZ ALI \UPPAARDNEES C2 9 > ee ,. Ze, A es < <= DS CINN aile i A (ès = - #3 à , Nr LA À 4e De Ce # < L'ILE MAN À Sul ; » 2 Wy= £ Es . 5 És S LE AS AS Se _# ÿ & ; ; Ah fr 4 NLEPDTINOES & 2 S le: PAPERS = M FE 3 5 ÈS Fe ŸS 19 RARNCTEE 5, AA) NN cercle NOPQ, entelle forte qu'on n’y pourramettre aucun autre cors, qu'elle ne le frappe incontinent auec force, pour l'en chaffer: au lieu quefivous la faites mou- ! uoir pluslentement,elle s’entortillera de foy mefmeau- tour de ce piuot, &ainfn’occupera plustantd’efpace. De plus il faut remarquer que ces vapeurs peuuent eftre plus ou moins preflées oueftendues,& plus ou moins chaudes ou froides , & ‘! plus ou moins tranfparentescuob- . fcures, & plus ou moins humidesou feiches vnefois que lautre. Carpre- miere- F Discours SECOND. 169 _ mierement lorfque leurs parties, n’eftant plus affés fort agitées pour fe tenir eftendues en ligne droite, com- mencent a fe plier & fe rapprocher les vnes des autres, ainfi qu’elles font reprefentées vers C & vers D, Oubien lors qu'eftant referrées entre des montaignes, ou entre les actions de diuers vens qui eftant oppoïé s’empe- {chentles vns les autres d'agiter l'air, ou au deffous de quelques nuës, elles ne fe peuuent pas eftendre en tant d’efpace que leur agitation le requert, comme vous les pouués voir vers E; Ou enfin lors qu’employant la plus grande partie de leur agitation a fe mouuoir plufieurs . enfemble vers vn mefme cofté, elles ne tournoyent plus * fort que de couftume, ainf qu’elles fe voyent vers F, oufortant de l'efpace E, elles engendrent vn vent qui fouffle vers G;Ileft manifefte que les vapeurs qu'elles . compofent font plus efpefles ou plus ferrées, que lors . qu’il n'arriue aucune de cestroischofes. Etileft mani- … fefte auflÿy que fuppofant la vapeur quieft vers E autant — agitée, que celle quieft versB, elle doit eftre beaucoup … pluschaude, a caufe quefes parties eftant plus ferrées . ontplusdeforce. Enmefme façon que la chaleur d’vn ferembraféeftbien plusardente, que celle des charbons oudélaflame. Et c’eft pour cette caufe qu’on fent fou- _ uentenefté vne chaleur plus forte & plus eftouffante, lors que l'air eftant calme & comme efgalement preflé de tous coftés couue vne pluie, que lors qu'il eft plus clair &plusferein. Pourla vapeur quieft vers C, elleeft plus froide que celle quieft vers B, nonobftant que fes parties foient vn peu plus ferrées; d'autant que ie les fup- pofe beaucoup moinsagitees. Et au contraire celle qui + eft 10 - LES METEORES, D + # ® = ’ cit vers D eff plus chaude; d'autant que fes parties font füppofées beaucoup plus ferrées, & feulement vn peu moinsagitées. Et celle qui eft vers F eft plus froide que celle qui eft vers E, nonobftant que {es parties ne foient ny moins ferrées, ny moins agitées, d'autant qu’elles s'accordent plus a fe mouuoir en mefme fens, ce quieft caufe qu’elles ne peuuent tant esbranfler les petites par- ties des autres cors. Ainf qu'vn vent qui fouffle tou- fiours de mefme façon, quoy quetres fort, n'agitc pas tant les feuilles & les branches d'vne foreft, qu’vn plus foible quieft moins efpal. Et vous pourrés connoiftre par experience que c'eft en cette agitation des petites | parties. Drscours SECOND. 177 parties des cors terreftres que confifte la chaleur, fi fouf: _ flantaffés foit contre vos doigts ioins enfemble, vous prenés garde que l'haleine qui fortirade voftre bouche vous femblera froide au deflus de voftre main,ou paffant fort vifte & d’efpale force elle ne caufera oueres d'agita- tion; au lieu que vous la fentirés aflés chaude dans les en- tredéux de vos doigs, ou pañfant plus inefgalement & lentement elle agitera d’auantage leurs petitesparties. Ainf qu'on la fent aufÿ toufiours chaude, lors qu’ ‘où foufle ayant la bouche fort ouuerte, & froide, lors qu'on fouffle en l'ayant prefque fermée. Et c’eft pour la mef- me raifon qu'ordinairement les vens impetueux fe fen- tentfroids, &qu'iln'yen agueres de chauds quine foi- ent lents. De plus les vapeurs reprefentees vers B, & vers E, & vers F,fonttranfparentes, &ne peuuenteftre difcernées : par la veué d’aueclerefte de l'air, d'autant que fe remu- ant fort vifte & de mefme branfle que la matiere fubtile qui les envuironne, elles ne la peuuent empefcher de re- _ceuoir l’action des corslumineux,mais plutoft elles la re- coiuent auec elle. Au lieu que la vapeur qui eft vers C commence a deuenir opaque ou obfcure, a caufe que fes parties n’obeiflent plus tant a cette matiere fubtile, qu'elles puit ent eftre meues par elle en toutes façons.Et la vapeur quieft vers D ne peuteftre du tout fi obfcure que celle qui eft vers C, a caufe qu'elle eft plus chaude. Comme vous voyé qu’en hyuer le froid fait paroiftre haleine ou la {ueur des cheuauxefchauffes, fous la for- me d'vne groffe fumée fort efpaiffe & obfenre ; au lieu qu'en efté, que l'air eft plus chand,elleeft inuifble. Eton h APCE ne 4 172 Les METEORES ne doit pas douter que l’air ne contiene fouuent autant ou plus de vapeurs, lors qu'elles ne s’y voyent aucune- ment, que lors qu’elless’yvoyent. Carcôment fe pour- roitil faire fans miracle, qu’en tems chaud & en plein midy le foleil, donnant fur vn lac ou vn mareft manquaft d'en efleuer beaucoup de vapeurs ? vü qu'on remarque mefme que pour lors leseaux fe deffeichent, & fe dimi- nuët beaucoup d’auantage, qu’elles ne font en tems froid &obfcur. Aurefte celles qui font vers E font plus hu- mides, c’eft a dire plus difpoféesa fe couuertir en eau & a mouiller ou humecter les autres cors comme fait l’eau, que celles quifont vers F. Car celles cy tout au contrai- re font feiches, vû qu’allant fraper auec forceles cors hu- mides qu'elles rencontrent , elles en peuuent chaffer & emporter auec foy les parties de l'eau qui s’y trouuent, & par ce moyen les deffeicher. Comme aufly nous efprouuons que les vens impetueux font toufiours fecs, & qu'iln'y en a point d'humides qui ne foient foibles.Et on peut dire que ces mefmes vapeurs, qui font vers E, font plus humides que celles qui font vers D,a caufe que leurs parties eftant plus agitées, peuuent mieux s’infi- nuer dans les pores desautres cors pour lesrendre humi- des; mais on peutdireaufly en vn autre fens qu’elles le font moins, a caufe que la trop grande agitation de leurs parties les empefche de pouuoir prendre fi ayfement la forme de l’eau. | Pour ce qui eft des exhalaifons, elles font capables de beaucoup plus de diuerfes qualités que les vapeurs, a caufe qu'il peut y auoir plus de difference entre leurs par- ties. Mais il fufhra icy que nous remarquions que É | Aie plus Discours SECOND. 173 plus groflieres ne font quafi autre chofe que de laterre, telle qu’on la peut voir au fonds d’vn vaze aprés y auoir laifférafleoir de l’eau de neige ou de pluie, ny les plus fubtiles autre chofe que ces efpritsou eaux de vie, qui _s’efleuent toufiours les premieres des cors qu'on diftile. Etqu'entre les mediocres, les vnes participent de la na- ture des fels volatiles, & les autres de celle des huiles,ou plutoft des fumées qui en fortent lors qu’onles brufle. Et encore que la plus part de ces exhalaifons ne montenten l'air que meflées auec les vapeurs, elles ne laiffent pas de pouuoir ay{ement par aprés s’en feparer ; ou d’elles mef- me, ainfi que les huiles fe demeflent de l’eau auec la- quelle on les diftile, on aydées par l'agitation des vens qui les raffemblent en vn ou plufeurs cors, en mefme fa- _ çonquelesvilageoifes en battant leur créme {eparent le _ beurre dupetit lait, ou mefme fouuent aufy par cek feul que fe trouuant plus ou moins pefantes, & plus ou | moinsagitées, elless'areftent en vne region plus baffe ou plus haute que ne font les vapeurs. Et d'ordinaire les huiles s'efleuent moins haut que les eaux de vie, & celles qui ne font que terre encore moins haut que les huiles. Mais il n’y en a point qui s’areftent plus bas que les par- ties dont fe compofe le felcommun, & bien qu'elles ne foient pas proprement des exhalaifonsny des vapeurs, a caufe qu’elles ne s’efleuent iamaïs que iufques au deflus de lafuperficie de l'eau , toutefois pourceque c'eft par _ Peuaporation de cette eau qu’elles y vienent, &qu'ilya plufieurs chofes en elles fort remarquables qui peuuent eftre commodementicy pipe 516 1 ay pas enuie deles omettre. Fo DV 174. Les METEORES. DV SEL Difcours T roifiefme. À faleure de la mer ne confifte qu’en ces plus groffes 1parties de fon eau, que ray tantoft dit ne pouuoir eftre pliées commeles autres par l’action de la matiere fubtile,ny mefme agitées fas l’entremife des pluspetites. Car premierement fi l’eau n’eftoit cépofée de quelques parties ainfi que ÿay tätoft fuppoféil luy feroit efgalemet facile ou difficile de fe divifer en toutes façons & en tous fens, en forte qu’elle n’entreroit pas fi facilement qu’elle fait dans les cors qui ont des pores vn peu larges, comme dans la chaux, & dans le fable; ou bien elle pourroitanflÿy en quelque façon penetrer en ceux qui les ont plus eftroits, comme dans le verre, & les metaus. Puis fi ces parties n’auoient la figure queïe leur ay attribuée, lors qu'elles font dans les pores des autres cors , elles:n en pourroient pas fi ayfement eftre chaffées par lafeule agitation des vens ou de a chaleur: ainfi qu’on l'efprou- ue affés par les huiles, ou autres liqueurs grafles , dont nous auons dit que les parties auoient d’autres figures, car on ne les peut quafi iamais entierement faire fortir des cors où elles font vne foisentrées. Enfin pourceque nous ne voyons point de corsenla nature, qui foient fi. parfaitement femblables entre sux, qu'il ne fetrouue prefque toufiours quelque peu d’inefgalité en leur grof- feur, nous ne deuons faire aucune difficulté de penfer que lesparties de l'eau ne font point exactement toutes efgales, Discours TRoOISIESME. 175$ efgales, & particulierement que dans lamer, quieftle receptacle de toutesles eaux, il s’en trouue de fi groffes, qu’elles ne peuuent eftre pliées comme les autres par la force quia couftume de les mouuoir. Etieveuxtafcher icy de vous monftrer,que cela feul eft fuffifant, pour leur donner toutes les qualités qu'a le fel. Premierement,ce n’eft pas merueille qu’elles ayent vn gouft picquant & penetrant, qui differe beaucoup de celuy de l'eau dou- ce: car ne pouuant eftre pliées par la matiere fubtile qui les enuironne, elles doiuent toufours entrer de pointe dans les pores de lalangue, & parce moyen y penetrer affés auant pour la piquer ; Au lieu que cellesqui com- pofent l'eau douce coulant feulement par deflus toutes . couchées,a caufe de la facilité qu’elles ont a fe plier,n’en peuuent quaf point du tout eftre gouftées. Et les parties. : du fel, ayant penetréde pointe en mefme façon dans les pores des chairs qu'on veut conferuer,non feulementen - oftent l'humidité, mais aufly font comme autant de pe- tits baftons plantés ça & là entre leurs parties, où de- meurant fermes & fans fe plier , elles les fouftienent, & empefchent queles autres plus pliantes, qui font parmi, ne les defarrengent en les agitant, &ainfi ne corrompent le cors qu'elles compofent. Ce qui fait anffy que ces chairs par fucceflion detems deuienent plusdures. Au lieu que les parties de l’eau douce, en fe pliät, & fe gliffat par cy par R dans leurs pores, pourroient ayder à les ra. mollir, &ales corrompre. De plus, ce n’eft pas mer- ueille que l’eau falée foit plus pefante que la douce, puif- qu’elle eft compofée de parties, quieftant plus groffes & plus maflues, peuuents’arrenger en moindre efpace : | car 196 trs METEORES car c’eft delà que depend la pefanteur, Maisileft befoin de confideréer, pourquoy ces parties plus mafñliues de- meurent méflées auec les autres qui le font moins,au lieu qu’il femble qu’elles deuroient naturellement aller au deffous. Etlaraifoneneft, au moins pour celles du fel commun, qu'elles font efgalement groffes par les deux bouts, &toutes droites, ainfi qu'autant de petits ba- ftons: car s’il y en a iamais eu dans la mer qui fuflent plus groffes par vn bout que par l’autre, ayant efté par mefme moyen plus pefantes , elles ont eu tout loyfir d'aller au fonds depuis que le monde eft, ou s’ily en a eu de cour- bées, elles ont eu loyfir de rencontrer des cors durs, & fe joindre aeux, acaufe qu’eftant vne fois entrées dans léurs pores , elles n’en auront pü fi facilement refortir, que celles qui font efgales & droites. Mais celles cy, fe tenant couchées de trauers l’vne fur l’autre, donnent moyen a celles de l'eau douce, qui font en perpetuelle a- gitation, de fe roller &s’entortiller autour d'elles, s'yar- rengeant & s'y difpofant en certain ordre; qui fait qu’el- les peuuent continuër a fe mouuoir plus ayfement , & plus vifte, que fi elles eftoiêt toutes feules.Car lors qu'el- les font ainfi rollées autour des autres, la force de lama- | tiere fubtile qui les agite, n’eft emploiée qu'a faire qu'el- les tournent fort promptement autour de celles quelles embraffent, & qu'ellespaffent ça & là de l'vne fur l'au- tre, fans pour celachanger aucun de leurs plis: au lieu qu'eftant feules, comme elles font lors qu'elles compo- ent l’eau douce, elles s'entrelaçent neceffairement en telle forte, qu'ileft befoin qu'vne partie de cette force de la matiere fabtile foit employée a les plier, pour les degager Sté | Discours TROISIESME. 1>7 degager les vnes des autres; & ainfy elle’ne les peut faire mouuoir pour lors fifacilement, nyfi vifte. Eftant donc vray, queces parties de l’eau douce peuuent mieux fe mouuoir eftant rollées autour de celles du fel, qu’eftant feules,ce n’eft pas merueille qu’elles s’y rollét, lors qu'el- les en font affes proches, & qu'aprés les tenant embraf- fées, elles empefchent que l'inefgalité de leur pefanteur ne les fepare. D'où vient,que le fel fe fond ayfement en l'eau douce , ou feulement eftant expofé a l'air en tems humide, & neantmoins qu'il ne s'en fond en vne quantité d’eau determinée, que iufques a vne quantité determi- née, a fçauoir autant que les parties pliantes de cete eau peuuent embraffer des fienes en fe rollant autour d’ellés. Ecfcachant, queles cors, qui fonttranfparens, le font d'autant plus qu’ils empefchent moinsles mouuemens de la matiere fubtile qui eft dans leurs pores, on voiten- core de cecy, que l'eau dela mer doit eftre naturelle- _mentplustranfparente, & caufer des refrations vn peu plus grandes, que celle des reuieres. Et on voit aufiy, qu'elle ne fe doit pas geler fiayfement, en fçachant que . l'eaunefe gele que lors que la matiere fubtile quieft en- tre fes parties , n’a pas la force de les agiter. Et mefme on peut encore icy entendre la raifon du fecret pour faire dela glace en efté, qui eft l’un des plus beaux que fca- chent les curieux, encore qu'il ne foit pas des plus rares. Ils mettent du fel meflé auec efgale quantité de neige ou de glace pilée tout autour d’vn vaze plein d’eau dou- _ ce, & fans autreartifice , a mefure que ce fel & cete nei- ge fefondentenfemble, l’eau qui eft enfermée dansle vaze, deuient glace, Dontlaraifoneft, quelamatiere Me | é | fubtile, 278 - Les METEORES. fubtile, qui eftoitautour des parties de ceteeau, eftant plusgrofliere, ou moins fubtile, & par confequent ayant | plus de force que celle qui eftoit autour des parties de ceteneige , va prendre fa place a mefure que les parties de la neige fe rollent autour de celles du felen fe fon- dant, car elle trouue plus de facilité a fe mouuoir dans les pores de l’eau falée qu’en ceux de l’eau douce, &elle tend incefflament a pañler d’vn cors en l'autre, pouren- trer en ceux où fon mouuement eftle moins empefché: au moyen de quoy la matiere plus fubtile, qui eftoit dans la neige, entre dans Péau, pour facceder a celle qui en fort; & pource qu’elle na point affes de force pour y entretenir l’agitation de cete eau, cela eft caufe qu'elle fe gele. Mais l'vne des principales qualités des parties du fel eft, qu'ellesfont grandement fixes , c’eft a dire qu'elles ne peuuent eftre efleuées en vapeur ainfy que celles de l’eau douce. Dont la caufeeft, non feule- ment, qu’eftant plus groffes, elles font plus pefantes, maisaufly, qu'eftant longues & droites,elles ne peuuent eftre gueres long tems fufpendues en l'air, foit qu’elles foient en action pour monter plus haut, foit pour en def- cendre , que l’vn de leurs bouts ne fe prefente versen bas, & ainfi qu’elles nefe tienent en ligne perpendicu- laire vers la terre.car tant pour monter que pour defcen- _ dre, illeureft bien plus ayfé a diuifer l'air eftanten cete fituation, qu'en aucune autre. Ce qui n’arriue point en mefme façonaux parties de l’eau douce,a caufe,qu'eftant faciles afe plier, elles ne fe tienent jamais toutes droites, fi ce n’eft qu’elles tournent en rond auec viteffe. Au lieu que celles du felnefçauroientiamais gueres tourneren | | cete # \ Discours TROISIESME. 179 cete forte; car fe rencontrant les vnes les autres & fe heurtant fans pouuoir {e plier pour s'entreceder, elles fe- roiént incontinent contraintes de s'arefter . Mais lors qu'elles fe trouuent fufpendues en l'air, ayant vne pointe enbas, commei'ay dit, ilefteuident, qu’ellés doiuent defcendre plutoft que monter : acaufe que la force qui les pourroit pouffer vers enhaut, agift beaucoup moins, que fi elles eftoient couchées de travers; & elle agift moins d'autant iuftement, que la quantité de l'air, qui re- fifte a leur pointe, eft plus petite , que ne feroit celle qui _refifteroit a leur longeur ; aulieu, que leur pefanteur, eftanttoufiours efpale, agift d'autant plus que cete refi- ftence de l'air eft plus petite. A quoy finous adiouftons que l’eau de la mer s’adoucift quand elle trauerfe du fa- ble, a caufe que les parties du fel, faute defe plier , ne _peuuent couler ainfy que font lesparties de l’eau douce par les petits chemins détournés, qui font autour des . grains de ce fable: nous fçaurons que les fontaines, &les riuieres, n'eflant compofees que des eaux qui ontefté efleuces en vapeurs, oubien qui ont paffé au trauers de beaucoup de fable, ne doiuent point eftre falées. Et aufTy que toutes ces eaux douces, rentrant dans la mer, _neladoiuent point rendre plus grande, ny moinsfalce, d’autañt qu'il en reflort continuellement autant d’au- tres; dont quelques vnes s’efleuent en l'air changéesen vapeurs, puis vont retomberen pluie, ou en ncige, furla terre; maisla plus part penetrant par des conduits fous- , terains iufques äu deffous des montaignes , d’où la cha | leur, qui eftdanslaterre, lesefleuant aufly comme en vapeur vers leurs fommets, ellesy vont remplir les four- | 472 ces go .1ÆLæes METEORES, ces des fontaines, & des riuieres. Et nous fçauronsauffy, que l'eau dela mer doit eftre plus falée fous lequateur que versles poles, fi nous confiderons, que le foleil, y ayant beaucoup de force, en fait fortir beaucoup de va- peurs, lefquellesne retombent point par aprés iuftement aux mefmes endroits d’où elles font forties, mais pour l'ordinaire en d’autres plus proches des poles, ainfy que vous entendrés mieux cy aprés. Au refte, finon queie n’ay pas enuie de m'arefter a expliquer particulierement la nature du feu,’adioufterois encore icy, pourquoy l’eau de la mer eft moins propre a efteindre les embrafemens que celle des riuieres, & pourquoy elle eftincelle la nuit, eftant agitée: car vous verriés, que les parties du fel, eftat fort yfées a efbräfler, a caufe qu'elles font comme fufpenduës entre celles de l'eau douce, & ayant beau- coup de force apré eftre ainfy esbranfles, a caufe qu’el- les font droites & inflexibles ; peuuent non feulement augmenter la flame, lorfqu’on ‘les y iette, mais aufly en - caufer d'elles mefme, en s’eflaçeant hors del'eauoùelles font. Comme f la mer qui ét vers An eftant pouflée = auecforce vers —= C, yrencontre va banc de fable ou quelque autre obftacle, qui la face monter vers B, le branfle que cete agitation donne aux parties du fel, peut faire queles premieres qui vienent en lair , fy dégagent de celles de l’eau douce ; quileste- noient entortillées ; . que fe trouuant feules vers B à cer- | taine Discours TROISIESME 18r taine diftance l’une de l’antre, elles y engendrent des eftincelles, affés femblables a celles quifortent des cail- lous quand onlesfrappe. Ileft vray, qu'a ceteffec il eft requis, que ces parties du felfoient fort droites, &fort gliffantes, affin qu’elles fe puiffent plus ayfement feparer de celles de l'eau douce: d’où vient, que ny la faumeure, ny l'eau de mer quia efté longtems gardée en quelque vaze, ny font pas propres. Ileft requis aufly, que celles de l’eau douce n’embraffent point trop eftroitement cel- les du fel: d’où vient, que ces eftincelles paroiïffent plus. quand il fait chaud, que quand il fait froid ; & que l'agi- tation de la mer foit affés forte: d’où vient, qu'en mefme tems il ne fort pas du feu detoutes fes vagues, &enfin que les parties du felfe meuuent de pointe, comme des flèches, & nonde trauers : d’où vient, que toutes les gouttes, quireiailliflent hors d’vne mefme eau, n'efclai- rent pas en mefie forte. “ Mais confiderons maintenant comment le fel flotte fur l'eau quandilfe fait, nonobftant que fes parties foient fort fixes & fort pefantes, & comment il s’y forme en pe- tits grains, qui ont vnefigure quarrée , prefque fembla- ble acelle d’vn diamenttailléentable, excepté quela pluslarge de leurs faceseft vn peu creufée.Premieremét ileft befoin a cet effect, que l’eau de la mer foit retenuë en quelques foffes;poureviter tant l'agitation continuel- Je des vagues, que l’afluence de l’eau douce que les pluies & lesriuieres amenent fans cefle en l'Ocean. Puisil eft befoin aufly d'vntems chaud & fec; afinque l'action du foleil ait affés de force ,pour faire que les parties de l'eau douce, qui font rollées autour de celles du fel , s'étapo- 23 rent. 182 . Les METEORES. rent. Et il fault remarquer, que la faperficie de l'eau eft toufours fort efgale & vnie, comme aufly celle de tou- tes les autres liqueurs:dont la raifon eft, que fes parties fe remuënt entre elles de mefime façon & de mefime bran- Île, & que les parties de l'air qui la touchent fe remuent aufly entre elles tout de mefme l'vne quelautre; mais que celles cyne fe remuent pas de mefme façon ny de mefme mefureque celleslà, & particulierement aufly, que la matiere fubtile, qui eft autour des parties de l'air, fe remue tout autrement que celle qui eft autour des parties de l'eau: ce qui eft caufe que leurs fuperficies, en {e frottant l’vne contre l'autre, fepoliflent, en mefme façon, que fi c’eftoient deux cors durs: excepté que c’eft beaucoup plusayfement,-& prefque en vninftant, pour« .Ce que leurs parties, n'eftant attachées en aucune façon les vnes aux autres, s'arrengent toutes dés le premier _ coup, ainfiqu'ileftrequisa ceteffet. Etcecyeftaufly caufe que la fuperficie de l’eau eft beaucoup plus malay- fée a diuifer, que n’eft le dedans: ainfy qu’on voit par ex. perience, en ce que tous les cors affés petits, quoy que de inatiere fort pefante, comme font de petites aiguil. les d’acier,peuuët flotter & eftre fouftenus au deflus, lors qu’elle n’eft point encore diuifée ; au lieu que lors qu’el- le left, ilz defcendent iufqu’au fonds fans s’arefter, En fuite de quoyilfault confiderer.que lors que la chaleur de l'air eft affés grande pour former lefel, elle peut non feulement faire {ortir hors de l’eau de mer quelques vnes des parties pliantes qui s’ytrouuent , &les faire monter en vapeur,mais auffy les y faite monterauectelle viteffe, qu'auant qu'elles ayenteu le loyfrdefe deueloper d'au- | tour 4 Drscours TROISIESME. 183 tour de celles du fel, elles arriuent iufques au deflus de la fuperficie de cete eau, où les apportant auec foy,el- les n'acheuent de s’en deuelopper, qu’apré que le trou, qu’elles ont fait en cete fuperficie pouren fortir, s’eft re- fermé, au moyen de quoy ces parties du fel y demeurent toutes feules flotantes deflus, comme É $ PAP vous lesvoyés reprefentées vers D. Car PS Ve yeftant couchées de leur long, ellesne fem fontpointaffés pefantes pour s'yenfon- PNSŸ non plus que les aiguilles d'acier # 7 dontie viensdeparler, & elles la font feulement vn peu courber & plier fouselles, a caufe de leur pefateur,tout de mefme que font aufly ces aiguilles. de façon que les premieres, eftant femees par cy par là fur cete fuperficie, y font plufieurs petites foffes ou courbu- res; puis les autres qui vienent aprés, fe trouuant furles pentes de ces foffes, roullent & gliffent vers le fonds, où elles fe vont ioindre contre les premieres. Etil fault par- ticulierement icy remarquer, que de quelque part qu’el- les y vienent , elles fe doiuent coucher iuftement cofte a cofte de ces premieres,comme vouslesvoyés versE, au moins les fecondes, &fouvent auf- = N LS fyles troifiefies, a caufe que par ce —#K_.£L M moyen elles defcendent quelque PIE Æ\Æ] peuplusbas, qu'elles ne pourroient Ve = M faire fi elles demeuroient en quel- | queautrefituation, commeencel- Je qui fe voit vers F, ou vers G, ou vers H. Etlemou- E | wmesiess | {nas | [ans K _ uement dela chaleur, qui esbranfle toufiours quelque { peu cete fuperfcie , ayde a les arrengeren ceteforte. | | | Puis 184 cr Les METEORES. Puis lors, qu'il y ena ainfy en chafque foffe deux ou trois -cofte a cofte l'vne de l’autre, celles qui y vienent, de plus fepeuuentioindreencore a elles en mefme fens, fi elles s'y trouuent aucunement difpofées;mais s’ilarriue qu’el- les penchent d'auantage versles bouts des precedentes que vérs les coftés, ellesfe vont coucher decontre a an- gles droits, comme vous voyé vers K: a caufe quepar ce moyen elles defcendent aufly vnpeu plusbas, qu'el- les ne pourroient faire fi elles s’arrengeoient autrement, comme elles font vers L, ou vers M. Et pourcequ'il s’en trouue à peu prés autant, qui fe vont coucher contreles bouts des deux ou trois premieres, que de cellesqui fe vont coucher contreleurs coftés; delàvient, que s’ar- rengeantainfy plufieurs centaines toutes enfemble, elles forment premierement vne petite table , qui au iuge- . ment de la veuë paroift tresquarrée , & qui eft comme la baze du grain defel quicommenceafeformer. Etil faut remarquer, qu'y en ayant feulement trois ou quatre couchées en mefme fens, comme vers N, celles du mi- lieu s’abaiflent vn peu plus que celles des bords, mais qu'y en venait d’autres qui s'y loigent en travers comme vers O, celles cy aydent aux autres des bords a s'abaiffer prefque autant que celles du milieu,& en telle forte, que : la petite table quarrée, qui fert de baze a vn grain de {el, à fe formantordinairement de plufeurs centaines iointes enfemble , ne peut paroiftre a l'oeil que touteplate, en- core qu'elle foittoufiours tant foit peu courbée. Ora mefure que cete table s ‘agrandiff, elle s’abaifle de plus enplus, mais fi lentement, qu'elle fait plier fous foy la fuperficie de l'eau fans la rompre, Etlors qu'elle eft paruenue Discours TROISIESME 18 paruenue a certaine grandeur, elle fe trouue fi fort aba- iflée, que les parties du fel, qui vienent de nouueau vers elle, au lieu de s'arefter contre fesbords, paffent par | deffus , &yroullent en mefme fens & en mefme façon que les precedentes roulloient fur l’eau . Cequi fait . qu'elles y forment derechef vne table quarrée, qui s’aba- iffe en mefme façon peu a peu. Puis les parties du fel qui vienent vers elle, peuuent encore pañfer par deflus, &y former vnetroifiefmetable. & ainfy de fuite. Mais il eft a remarquer que les parties du fel, qui forment la deuxi- efme decestables, neroulle pas fi ayfement furlapre- _miere, que celles qui ont formé cete premiere roul- Joient fur l’eau, car elles ny trouuent pas vne fuperficie du tout fi vnie, ny quileslaiffe couler filibrement: d’où vient que fouuêt elles ne roullét point infques au milieu, qui par ce moyÿen demeurant vuide, cete feconde table ne s'abaifle pas fitoft a proportion qu’auoit fait la pre- miere, mais deuient vn peu plus grande auant que la troififme commence a fe former ; & derechef le milieu de celle cy demeurant vuide elle deuient vn peu plus grande que la feconde, & ainfy de fuite, iufques a ce que le grain entier, qui fe compofe d’vn grand nombre de tel- les petites tables pofées l’vne fur l’autre, foit acheué,c'eft a dire, iufques a ce que touchant aux bords desautres grains voy fins, ilne puifle déuenir plus large. Pour ce quieft de la grandeur dela premiere table qui luy fert de baze, elle depend du degré de chaleur qui agite l'eau pendant qu'elle fe forme. car plus l'eaueft agitée, plus les parties du fel qui nagent deffus font plier fa fuperfi- cie ; d'où vient, que cete baze demeure plus petite, & 14 mefme 186 LEs METEORES. mefme l’eau peut eftre tant agitée que les parties du fel iront au fonds auant qu’ellesayent formé aucuns grains. Pour le tallu des quatre faces qui fortent des quatre co- “ftés de cetebaze , ilne depend que des caufes defia ex- pliquées, lors que la chaleur eft efgale pendant tout le tems que le grain eft a fe former: mais fi elle va enaug- mentant, ce talluen deuiendra moindre; & au contraire plus grand, fi elle diminue: en forte que fi elle augmen- te, & diminue, parinterualles, ilfe fera comme de pe- tits efchelons de longde ces faces. Et pourles quatre querres oucoftés qui ioignent ces quatre faces , elles ne font pas ordinairement fort aiguës ny fort vnies. carles parties, quife vont ioindre aux coftésde cegrain, sy vont bien quafitoufiours appliquer de long, comme ï'ay dit, mais pour celles , qui vont rouller contre fes angles, elles s’y arrengent plus ayfementenautre fens, a {çauoir a comme elles font reprefentées vers P. Ce | Rain qui fait que ces querres font vn peu moufles PE=d & inefgales, & que les grains de fel s’y fen. dent fouuent plus ayfement qu'aux autres lieux, & aufy que l'efpacevuide, qui demeure au mi- lieu, fe fait prefque rond plutoft que quarre. Outre cela pourceque les parties qui compofent ces grains fe vont ioindre confufement , & fans autre ordre que celuy que ie viens d'expliquer, ilarriue fouuent que leurs bouts, au lieu de fe toucher, laiffent entre eux affes d’efpace pour placer quelques parties de l'eau douce, qui s’y en- gas ferment, & y demeurent pliées en rond, He IR comme vous voyés vers R, pendant qu’elles ES ne s'y meunent que moyennement vifte; mais Discours TRoOISIESME. _ 187 mais lors qu’vne fort violente chaleur les agite, ellesten- … dent auecbeaucoup de force a s'eftendre, & fe déplier,en mefme façon qu'ilatantoft efté dit qu’elles font, quand l'eau fe dilate en vapeur. ce qui fait qu’elles rompent leurs prifons tout d'vn coup, & auecefclat. Et c'eft la raifon pourquoy les grains defel, eftantentiers, fe bri- - fenten fautant & petillant quand on lesiette dans le feu, & pourquoy ils ne font point le mefme eftant mis en poudre, car alors ces petites prifons font defia rompuës. De plus, l'eau de la mer ne peut eftre fi purement com- pofée des partiesque j’ay defcrites, qu'il ne s’y en ren- contre aufy quelques autres parmi, qui font de telle f- oure, qu’elles ne laiffent pas de pouuoir y demeurer, en- core qu'elles foient beaucoup plus deliées: & qui, s’al. lant engager entre les parties du fellors qu’il fe forme, luy peuuent donner & cete odeur de violette tres agre- able qu'a le felblanc quand ileft fraifchement fait, & cete couleur fale qu'a le noir, & toutes les autres varie- té qu'on peut remarquer dans lesfels, & qui dependent des diuerfes eaux dontils fe forment. Enfin vous ne vous eftonnerés pas de ce que le fel eft fi friable &fiayfé a rompre commeileft, en penfant a la façon dont fe ioig- _ nent fes parties; Ny de ce qu'ileft toufiours blanc ou _tranfparent eftant pur, enpenfantaleurgroffeur, &ala nature de la couleurblanche,qui fera cy aprés expliquée, Ny de ce qu'il fe fond affés facilement fur le feu quandil eft entier, en confiderant qu'ily a plufieursparties d’eau douce enferméesentre les fienes; Ny de ce qu'il fe fond beaucoup plus difficilement,eftant bien puluerifé & bien feiché, en forte qu'il n’y refte plus rien de l'eau douce, | Aa 2 | en 183 Les METEORES. en remarquant qu’ilne fe peut fondre,eftant ainfy feul fi fes parties re fe plient, & qu’elles ne peuuent que diffi- cilement fe plier. Car encore qu’on puiffe feindre, qu’au- trefois celles de la mer ontefté toutes, pardegré, les vnes plus pliantes, les autres moins: on doit penfer que toutes celles, quiont pà s’entortiller autour de quelques autres, fe font amollies depuis peu a peu, & renduës fort flexibles, au lieu que celles qui ne font point ainfy entot= tillées, font demeurées entierement roides: en forte qu’il ya maintement en cela grande difference, entre celles dufel, & celles de l’eau douce. Mais les vnes & les autres doiuent eftre rondes; afçauoir , celles de l’eau douce, comme des chordes; & celles du fel, comme des cylindres ou des baftons: a caufe que tousles cors, quife meuuent en diuerfes façons & longtems, ont couftume de s’arondir. Et on peut en fuite connoiftre qu'elle eft la nature de cete eau extremement aygre & forte, qui peut foudre l'or, & que les Alchemiftes nomment l'efprit ou l’'huyle defel. car d'autant qu’elle ne fe tire que parla violence d'vn fort grand feu, ou du fel par,ou du fel meflé auec quelque autre cors fort fec & fort fixe, comme de la brique, qui ne fert qu’al’empefcher de fe fondre: il eft euident que fes parties font les mefmes qui ont aupa- rauant compolé le fef, mais qu’elles n'ont pù monter par l'alembic, & ainfy de fixes deuenir volatiles finon apprés qu'en fe chocquantles vnes contre les autres, a force d’e- ftre agitées parie feu, de roides & inflexibles comme elles eftoient , elles font deuenuës faciles a plier, & par mefme moyen de rondes enforme de cylindres, elles font deuenuës plates & tranchantes, ainfy que desfeuil | les de Discours QYATRIESME. 189 les de flambe ou de glayeul. car fans cella elles n’au- roient pà fe plier. Et en fuite ileft ay féa iuger la caufe du . souft qu'elles ont fort different de celuy dufel. carfe couchant de long fur la langue , & leurs trenchans s’ap- puiant contre les extremité de fes nerfs ; & coulant deffus en les couppant, elles les doiuent bien agiter d’v- ne autre forte qu'elles ne faifoient auparauant , & pat confequent canfer vnautre gouff, a fçauoir, celuy qu’on nomme le gouft aygre. On pourroit ainfy rendre raifon de toutes les autres proprictés de cetceau, mais la chofe iroita l'infini, &1lfera mieux que retournant a la conf- deration des vapeurs, nous commencions a examiner comment elles fe meuuent dans l'air, & commentelles. y caufent lesvens. Ka * DES “VENS Difcours Quatriefme. Oure agitation d’air qui eft fenfible fe nomme À vent, &tout corsinuifible &inpalpable fe nomme ‘air. Ainf lorfque l’eau eft fort sarefiée & changée en va- peur fort fubtile, on dit qu'elle eft conuertieen air. non- obftant que ce grand air que nous refpirons ne foit, pour Ja plus part, compofé que de parties quiont des figures fort differentes de celles de l’eau, & qui font beaucoup plus deliées. Etainfi l'air eftant chaffé hors d'vn foufflet, ou pouffe pär vn éventail, fenomme vent; nonobftant -que ces venspluseftendus, quiregnent furlaface de la :mer & de laterre, ne foient ordinairement autre chofe AA 53 que le 190 LES METEORES que le mouuement des vapeurs, qui en fe dilatant paflent du lieu où elles font en quelque autre oùelles trouuent plus de commoditéde s’eftendre.En mefme façon qu’on voit ences boules nommées des Æolipiles, qu'vn peu d’eau s’exhalät en vapeur fait vn vent affés grand &affés fort a raifon du peu de matiere dontilfe copofe.Et pour- ceque ce vent artificiel nous peut beaucoup ayderaen- tendre quels font les naturels ,'il fera bon icy queie l’ex- | plique. ABCDE, eft vne boule de cuiure ou autre telle matiere, toute creufe, & toute fermée, __--Fexcepté qu'elle a vne fort és petite ouuerture en l’en- droit marqué D. & la par- tie de cete boule ABC eftant pleine d'eau, & l'au- | tre AEC eftat vuide, c’eft a dire ne contenant que de l'air, on la met fur le feu;puisla chaleur agitant les petites parties de l’eau, fait que plu- fieurs s’efleuent au deflus de la fuperficieA C,où elles s’e. ftendét,& s’entrepouflét en tournoyät, & font effort pour s’efcarterles vnes des autres, en la façon cy deffus expli- quée. Et pource qu'elles ne peuuent ainfy s’efcarter, qu'a mefure qu'il en fort quelques vnes par le trou D, toutes les forces dont elles s'entrepouffent confpiréten- femble à chaffer par là toutes celles qui en fontlesplus … proches, & ainfy elles caufent vn vent qui fouffle de Jà vers F. Et pourcequ'il y a toufiours de nouuelles par- ties de cete eau, qui eftant efleuces par la chaleur au deffus ns — — Discours QUATRIESME. 19E. deflusde cete fuperficie A C, s’eftendent & s’efcartent l'une de l’autre , amefure qu'ilen fort parle trou D: ce vent ne cefle point que toute l’eau de cete boule ne foit exhalé, oubien que la chaleur qui la fait exhaler n’aitceflé. Orles vensordinaires qui regnent en l'air fe font a peu prés en mefme façon que cetuy cy, &ilny a ” principalement que deux chofes en quoy ilz different. Lä premiere eft que les vapeurs, dont ilz fe compofent, ne s’efleuent pas feulement de {a fuperficie de l'eau, comme en cete boule; mais auffy des terres humides, | desneiges, & des nuës: d'où ordinairement elles fortent en plus grande abundance que de l'eau pure, a caufe que leurs parties y font defia prefque toutes deiointes ‘&defunies, &ain{y d'autant plusayfées afeparer. La . feconde eft que ces vapeurs ne pouuant eftre renfer- mées en l'air, ainfy qu’en une Æoli pile, font feulement empefchées de s’y eftendre efgalement detous coftés, par larefiftence de quelques autres vapeurs, ou de quel- ques nuës,ou de quelques montaignes, où enfin de quel- que vent quitend vers l'endroit oü elles font;mais qu'en reuanche il y a fouuent ailleurs d’autres vapeurs, qui s'ef- paifliffent, & fe refferrant au mefme tems que celles cy fe dilatent , les determinent a prendre leur cours vers l'efpace qu ‘elles leur laiflent. Comme par exemple f _ vousimaginés qu'il ya maintenant force vapeurs en l’en- droit de l'air marquéF, qui fe dilatent, & tendent a oc- cuper vn efpace incomparablement plus grand que ce- }uy quilestontièt,& qu'au mefmetemsilyena d'autres | vers G, qui fe refferrant & fe changeant en eau ou en : “à laiffet la plus grand part de l’efpace où elles eftoiet: vous 192 _ Les M£TEOoRES. /17 Fa / [y 7 4. £ 7 174 1 5 Se _/ Ve Ë Ksz re au ONE, Url) AT 4,710 DAS 2, 4h: Le. /1] y 1197} / / ES ESA LE = — En /, 7 L œ! 7 7 DS — 7 A LU Ji 1 11, AE 7% > F CE AR AR f Tr Mn | AM ANIN le (es vous ne douterés pas que celles quifont vers F ne pre- nent leur cours vers G, & ainfy quelles ne compofent vn vent qui fouffle vers là. Principalement fi vous penfés auec cela qu’elles foient empefchées de s’eftendre vers A, & vers B, par de hautes montaignes qui yfont, & vers E, pourceque l'air y eftpreffé & condenfé parvnau- tre vent, qui fofle de CiufquesaD, &enfinqu'ilyades : nuës au deffus d'elles, quilesempefchent des’eftendre plus haut vers le ciel. Et remarques que lorfqueles va- : peurs paflent en cete façon d’vn lieu en vnautre, elles emmenent ou chaffent deuant foy tout l'air qui fe trou: ue en leur chemin, & toutes les exhalaïfons qui font par- mi: en forte que bienque elles caufent quafi toutes feules les vens, ce ne font pas toutefois elles feules qui les com- pofent. Et mefme aufly que la dilatation & condenfa- ton Discours QUATRIESME. 193 tion de cesexhalaifons, & de cetair, peuuent ayderala production de ces vens: Mais que c’eft fi peu, a compa- raifon de la dilatation & côdenfation des vapeurs, qu'el- les ne doiuent quaf point eftre mifes en comte. Car l'air eftant dilatén'occupe qu’enuiron deux ou trois fois plus d’efpace qu’eftant mediocrement condenfé, au lieu que les vapeurs en occupent plus de deux ou trois mille fois d'auantage: Et les exhalaifons ne fc dilatent, c'eft a dire,ne fe tirent des corsterreftres , que par l’ayde d’vne grande chaleur, puis ne peuuent quafi iamais par aucune froideur eftre derechefautant condenfées, qu'elles l'ont efté auparauant. au lieu qu’il ne faut que fort peu de . chaleur pour faire que l’eau fe dilate en vapeur, & dere- chef que fort peu de froideur pour faire que les vapeurs {e changent en eau. Mais voyons maintenent en particulier les proprietés, 8e la generation des principaux vens. Premierement on obferue que tout Fair a‘ fon cours autour de la terre de l'Orient vers l'Occident. ce qu'il nous faut icy fuppo- fer,a caufe que la raifon n’en peut commodement eftre deduite, qu'enexpliquant toute la fabrique de l'vniuers. ce queie n'ay pas icy-deffein defaire. Maisen fuite on _obferue queles vens orientauxfont ordinairement beau- coup plus fecs, & rendent l'air beaucoup plus net & plus ferein quelesoccidentaux. dont la raifon eft que ceux cy, s'oppofant au cours ordinaire des vapeurs, les are- ftent, & font qu’elles s’efpaifliffent en nuës ; au lieu que les autres les chaffent, & les diflipent. De plus on ob- ferue que c’eft principalement le matin que foufflent les vens d Orient, & le foir que foufflent ceux d'Occident. Bb deqe +94 Les METEORES, dequoy la raifon vousfera manifefte, fi vous regardé la terre AB CD, & le foleil 5, qui en efclairent la moitie ABC, 8 faifant le midy vers B, &la minuit vers D, fe . couche enmefme tempsaurefpect des peuples qui ha- +: A bitent vers À,& fe leue au re- fpeét de ceux qui font vers C. Car pour ce que les va- : peurs qui font vers B font fort dilatées par la chaleur du iour,elles prenent leurcours, partie par À, & partie par C, vers D,où elles vont occuper la place que laiffent celles, que la fraifcheur dela nuit y condenfe: En forte qu'elles font vn vent d'Occident vers À, où le foleil fe couche; & * vn d'Orient vers C, où il fe leue, Et mefme il eft a re- marquer que ce vent, qui fe fait ainfi vers C, eft ordinai- rement plus bee & va plusvifte, que celuy qui fe fait vers A:tant à caufe qu'il fuit le cours de toute la mafle de l'air; comme auffy à caufe que la partie de la terre qui eft entre C&D , ayant efté plus long tems fans eftre efclairée par le foleil, que celle qui eftentre D & A, la condenfation des vapeurs a deu s’y faire pluftoft, & plus grande. On obferue auffy que c’eft principalement pen-, dant le iour que foufflent les vensde Nort , & qu'ils vie- nent de haut en bas, & qu'ils font fort violens , & fort froids, cd Discours QuUATRIESME. 195$ froids, & fort fecs. Dont vous pouués voir la raifon, en confiderant que la terre EBF D eft couuerte de plu fieurs nuës & brouillars, vers les poles E', &F , où elle _n’eft gueres efchauffee par Le foleil; & que vers B, où il donne a plomb, ilexcite quantité de vapeurs, quieftant fort agitées par l’action de fa lumiere , montent en haut tres promptement, iufquesa ce qu’elles foient tant efle- uces, que la refiftence de dre pefanteur face qu'il leur foit plus ayfe de fe détour- ner, & de prendre leur cours de part & d’autre vers I & M, au deflus des nuës G & K , que de continuer plus haut en ligne droite. & ces _nuës G &K eftant aufly en mefme tems efchauffees & rarefiées par lefoleil , fe con- Énétrifent en vapeurs, qui prenent leur cours de G vers H, & de K vers L,'plutoft que versE, & vers F: car l'air efPais, qui eft vers les poles, leur réfifte bien d'auantage, que ne font les vapeurs qui fortent de la terre vers le mi- 4 & qui eftant fort agitées,& preftes à fe mouuoir de tous coftés, leur peuuent facilement ceder leur place. Ainfi prenant Fpourlepole Ar@ique, le cours de ces vapeurs de K vers Lfaitvn ventde Nort , quifouflle pendantleiourenl'Europe. Etce vent fouflle de haut . en bas, a caufe qu'il vient des nuës vers laterre. Etileft ordinairement fort violent, a caufe qu'ileftexcité par la chaleur la plus forte de toutes, a fçauoircelle de midy; & dela matiere la plus ayfée a diffoudre en vapeur, a Ph B b LORS fçauoir 196 Les METEORES. : fçauoir desnuës. Enfin ce vent eft fort froid & fort fec, | tant a caufe de fa force, fuiuant ce quiaefté dit cy def. fus que les vens impetueux font toufiours fecs & froids, Comme aufyileft fec, à caufe qu’il n’eft ordinairement compofé que des plus groffieres parties de l’eau douce meflées auec l'air, au lieu que l'humidité dépend princi- _ palement des plus fubtiles ; & celles cy ne fe trouuent gueres dans les nuës dont il s’engendre, car, comme vous verréstantoft, elles participent bien plus de la na- ture de la glace, que de celle de l’eau, Et il eft froid, à caufe qu'ilamene auec foy versle midy Îa matiere tres fubtile qui eftoit versle Nort , de la quelle depend prin- cipalementla froideur. On obferue tout au contraire que les vens de midy foufflent plus ordinairement pen- dant la nuit, & vienent debas en haut , & font lens, & humides. Dont laräifon fe peut voiraufly , en regardant . derecheflaterre EBFD, & confiderant que fa partie D, qui eft fous l’Equateur, & où ie fuppole qu'il eft main- tenant nuit, retient encore aflés de la chaleur, que le fo. _ {eilluy à communiquée pendant le iour,pour faire fortir 25 _ de foy plufieurs vapeurs; PS à NA / M è 2 ARENA RES # e l'ai 1 eft PASSANTE ES ’ mais que A alr qui € au GORE NUL ZERTS À . X | AN AN deffüs vers P,n’en retient pas TAN RP | RE SK tant a proportion. Car gene- 4 DR 9 CISS UN A "> F, vi sut. ,% Ed ralement les cors groff ers & plus long tems leur chaleur, que ceux qui {ont legers & ne fubtils, & ceux qui font durs laretienent auffÿ pluslongtems, que ceux qui font li. AA So + RAS £ LE, EDS DEAR TTE " 74 ELA => “5 Gén: 2e 7, PL . Q = ER ÊE PET S ES Le piton Fi qui- fx pelans retienent toufours Discours QUATRIESME 197 quides. Ce qui eft caufe que les vapeurs qui fe trouuent _vers P, au Hieu de pourfuiure leur cours vers Q &versR, s'areftent & s’efi paiffiffent en forme de nuës, qui ,empef- chant que celles qui fortent de la terre D ne montent plus haut, les contraignent de prendre leur cours de part - & d'autre vérs N & vers O, et ainfi d'y faire vn vent de midy, qui fouflle principalement pendant la nuit, et. qui vient de bas en haut,a fçauoir de la terre vers l'air, et qui ne peut eftre que fort lent, tant a caufe que fon cours eft retardé par l’éfpaiffeur de l'air de lanuit, comme auf fy a caufe que fa matiere ne fortant que de laterre ou de l'eau, ne fe peut dilater fi promptement , ny en fi grande quantité, que celle des autres vens, qui fort ordinaire- - ment desnuës. Etenfinileft chaud et humide, tant a caufe delatardiueté de fon cours, Comme aufly il eft humide, a caufe qu’ileft compoñé des plus fubtiles par- ties de l’eau douce aufly bien que des plus groflieres, car elles fortentenfemble de la terre; Etileft chaud, a caufe: qu'ilamene auec foy versie Nort la matiere fubtile qui eftoit vers le midy. On obferue aufly, qu’au mois de Mars, & generalement en tout fe printems, les vens font plusfecs, & les changemens d’air plusfubits, & plusfre- quens, qu'en aucune autre faifon de l’annce. Dont la rai- _ fonfe voit encore, en regardant la terre EBF D,&pen- fant que le foleil, queie fuppofeeftre vis a vis du cercle BA D'quireprefente l'Equateur, & auoirefté trois mois: auparauant vis a vis du cercle H N,quireprefentele tro- pique du Capricorne, a beaucoup moins efchauffé la _ moitiédelaterreBFD, où ilfait maintenant le prin- _ tems, que l’autre moitié BE D, où il fait l'automne; &. 198 ‘Leds METÉORES : : re par confequent.que cete moitié BF D eft beaucoup plas couuerte de neiges, & que tout l'air, qui l’enui- ronne, eft beaucoup plus efpais, & plus rempli de nuës, que celuy qui enuironne l'autre moitié B E D: ce quieft caufe que pendant le iour ils'y dilate beaucoup plus de vapeurs, & qu'au contraire pendant la nuit ils’y encon- denfe beaucoup d'auantage. car la maffe de la terre y eftant moinsefchauffce, & la force du foleil ny eftant pas moindre,il doit y auoir plus d'inefgalité entre la cha- leurdüiour, & la froideur de la nuit : & ainfi ces vens d'Orient, que ‘ay ditfouffler principalement le matin, & ceux de Nort, qui foufflent fur le milieu du iour, qui les vas & les autres font fort fecs, doiuent y eftre beaucoup plus forts & plus abondans qu'en aucuneautrefaifon. Et pourceque les vens d'Occident, qui foufflent le foir, y doiuent aufy eftre affés forts par mefme raifon que ceux d'Orient, qui foufentle matin, pour peu quele cours regulier de ces vens foit auancé, ou retardé, ou détour- né par les caufes particulieres qui peuuent plus ou moins dilater où efpaiffir l'air en chafque contrée, ils fe rencon- trent les vns les autres, & engendrent des pluies ou des tempeftes, qui cefflentordinairement auffy toitaprés, a _caufe que les vens d'Orient & de Nort, qui chaffent les nuës, demeurentlesmaiftres. Etiecroy , que ce font ces vens d'Orient & de Nort, que les Grecs appeloient les Ornithies, a caufe qu’ils ramenoient les oifeaux qui vienent au printems. Maispourcequieft des Etefies, qu'ils obferuoient aprés le folftice d’efté , il eft vray femblable qu'ils procedent des vapeurs que le foleil efleue desterres & des eaux duSeptentrion, aprés auoir | | “HR : Tom Drscours QUATRIESME. 199 defia feiournéaffés longs:tems vers le'T'ropique du Can- _cre. Carvousfcaués, qu'ils'arefte bien plus a propor- tion versles Tropiques, qu'ilne fait en l'efpace qui eft entre deux: &il fault penfer que pendant les mois de Mars,d’Auril & de May, il diffout en vapeurs & en vens la ptus part desnuës & des neiges qui font vers noftre Pole; mais qu'ilne peut y efchauffer les terres &leseaux affés fort pour en efleuer d’autres vapeurs qui caufent des vens, que quelques femaines aprés , lorfque ce Srand jour de fix mois, qu’il y fait, eft vn peu au delà de fon midy. gs 17 est Au refte ces vens generaux & reguliers feroient tou- _ fiourstels queie viens de les expliquer, fi la fuperficie de laterre eftoit partout efgalement couuerte d'eaux, ou partout efgalement découuerte, enforte qu’il ny euft aucune diuerfité de mers, deterres, & de montaignes, ny aucune autre caufe qui pûff dilater les vapeurs que la _prefence du foleil, ou les condenfer que fon abfence. Mais il faut remarquer que lorfque le foleil Luift , ik fait _ fortircommunement plus de vapeurs des mers que des terres, a caufe que lesterres fe trouuant feiches en plu- fieurs endroits, ne luy fourniffent pas tant de matiere. Et qu'au contraire lors qu'ileftabfent , fa chaleur qu'ila _ caufée, en fait fortir d’auantage des terres, que des mers, _ a caufe qu’elle y demeure plus fort imprimée. C'eft pourquoy on obferue fouuent aux bords de la mer, que le vent vient le iour du cofté de l'eau , & la nuit du cofté delaterre. Et c’eft pour cela aufly que ces feux qu'on. "nomme des Ardans conduifent de nuit les voyageurs vers leseaux,.car ils fuiuent indifferemment Le cours de ; l'air, 200 LES METEORES. 4 l'air, qui tire vers là desterres voyfines, a caufe que ce- luy qui yeft fe condenfe. Il fault auffy remarquer , que l'air quitouchela fuperficie des eaux , fuit leur coursen quelque façon, D'où vient que les vens changent fouuent le long des coftes de la mer auecfes flux & reflux ; Et _quele long des grandes riuieres on fent en tems calme de petits vens, qui fuiuentleurcours. Puis il faut remar- quer auf, que les vapeurs, qui vienent des eaux , font bien plus humides & plusefpaiffes, que celles quis'efle- uent desterres , & qu'il y a toufiours parmi celles cy . beaucoup plus d’air & d'exhalaïfons. D'où vient, queles mefmes tempeftes font ordinairement plus violentes fur l'eau que fur la terre, & qu'vn mefme vent peut eftre fec en vn païs & humide en vn autre. Comme on dit queles vens de midy,qui font humides prefque par tout, font fecsen Egipte,oùil ny a que les terres feiches & bruflées du refte de l'Afrique, qui leur fourniffent de ma- ticre. Et c’eft fans doute cecy qui eft caufe qu'il n'y pleut prefque iamais: car quoy que les vens de Nord venans de la mer y foient humides, toutefois pource qu'auec ce. la ils y font les plusfroids qui s'y trouuent, ils n’y peuuent pasayfement caufer de pluie,ainfi que vous entendrés cy. “aprés. Outre cela il faut confiderer, que lalumiere de la Lune, quieft fort inefgale felon qu’elle s’efloigne ou s'approche du foleil, contribue a la dilatation des va- peurs: Comme fait aufly celle desautres Aîftres : Mais que c’eft feulement en mefme proportion, que nousfen- tons qu'elle agift contre nos yeux ; car ce font lesiuges.… les plus certains que nous puiflions auoir pour connoi-” bé ftre la force de la lumiere, Et que par confequent celle des = Discours QUATRIESME. 20r des Eftoiles n’eft quafi point confiderable, a comparai- fonde celle dela Lune, ny celle cy a comparaifon du So- Jeil. Enfin on doit confiderer, que les vapeurs s'efleuent fortinefgalement des diuerfes contrées delaterre. Car -& les montaïignes font efchauffées par les aftres d'autre façon que les plaines, & les forets quele prairies, & les chams cultiués que les defers, & mefme certainesterres {ont plus chaudes d'elles fefines ou plus ayfées a efchauffer que les autres, Et en fuite fe formant des nuës en l'air fortinefgales, & qui peuuent eftre tranfportées d’vne region en vne autre parles moindresvens, & fou- ftenuës a diuerfes diftances de laterre , mefme inf eurs enfemble au deflus les vnes des autres, Tes aftres agiffent derechef d'autre façon contre les plus hautes que contre les plusbaffes, & contre celles cy que contrelaterre qui eftau deflous ;, & d'autre façon contre les mefmes en- droits dela terre lors qu’il ny a point de nuës quiles cou- urent, quelorsqu'ilyena, &apréqu'il aplñ ou neigé qu'auparauant. Ce qui fait qu'il eft prefque impoñlible de preuoir les vens particuliers qui doiuent eftre chaf- queiour en chafque contrée de la terre : & que mefme il yen a fouuent plufieurs contraires qui paffent au deffus les vns des autres. Mais on y pourra bien déterminer en _ general quels vens doiuent eftre les plus frequens, & les plus forts, & en quels lieux & quelles faifons ils doiuent regner, fi on prentexactement garde a toutes leschofes _ qui ont efté icy remarquées. Et on le pourra encore , beaucoup mieux determiner dans les grandes mers, principalement aux endroits fort efloignés de la terre, | açaufe que n'yayant point d'inefgalités en la fuperficie Go" de “ - ! ; s 3 202 _ Les METEORES. : de l’eau, femblables a celles que nous venons de remar- quer furlesterres , il s’y engendre beaucoup moins dé vensirreguliers , & ceux qui vienent des coftes ne peu- uent gueres pafler iufques là, comme tefmoigne affés l'experience de nos matelots | qui pour cête caufe ont donné la plus large de toutes les mers le nom de Pacifi- que. Etie ne fçache plus rien icy digne de remarque, finon que prefque tous les fubits changemens d'air, comme de ce qu’il deuient plus chaud, ou plus rare, ou _ plus humide, que la faifonne le requert, dependent des vens: non feulement de ceux quifont aux mefmes re- gions où fe font ces changemens , mais auffy de ceux qui en font proches, & des diuerfes caufes dont ils proce- dent. Car par exemple, fi pendant quenous fentons icy vn vent de midy, quine procedant que de quelque cau- fe particuliere, & ayant fon origine fort prés d’icy, n’a- mene pas beaucoup de chaleur, il yen a vn de Nord aux païs voyfins, qui viene d'affés loib,ou d’affés haut, la ma- tiere tres fubtile que cetuy cy amene auec foy peut ayfe- ment parueniriufquesa nous, & y caufer vn froid ex- trordinaire. Et ce vent de midy ne fortant que du lac _voyfin, peuteftre fort humide, au lieu que s’il venoit des campaignes defertes qui font au delà, il feroit plus fec. Etn'’eftant cauféque par la dilatation des vapeurs de ce lac, fans que la condenfation d’aucunes autres qui foient vers le Septentrion y contribue, il doit rendre noftre air bien plus efpais, & plus pefant, que s’il n'eftoit caufé que par cete condenfation, fans qu'il fe fift aucune dilatation de vapeurs versle midy. Aquoy fi nous ad- | iouftons que la matiere fubtile , & les vapeurs qui font dans , \ Discours CINQUIESME.: 203 - danslespores de laterre , prenant diuers cours | yfont auffy comme des vens, quiamenent auec foy dE exha- laifonis de toutesfortes , felon les qualités des terres par où ils paffent, & outre cela quelesnuës, en s’abaiffant, peuuent caufer vn vent qui chaffe l'air de haut en bas, ainfi que ie diray cy apprés: nous aurons ie croy, tou- tes Les caufes des changemens d'air quife remarquent. DES NVES. Difcours Cinquiefme. PRES auoir confideré, comment les vapeurs enfe À dilatant caufentles vens, il faut voir commenten fe condenfant & referrant elles compofent lesnuës & les _brouillas. A fçauoir fitoft qu’elles deuienent notable- ment moins tranfparentes que l'air pur, fi elles s'eften- dent iufquesa la fuperficie de laterre, on lesnomme des brouillas, mais fielles demeurent fufpenduës plus haut, onles nomme des nuës. Et il eft à remarquer que ce qui les fait ainfi deuenir moins tranfparentes que l'air pur, c'eft que lorfque leurmouuements’alentift, & que leurs parties font affés prockes pour s’entretoucher, el- les fe ioignent & s’aflemblent en diuers petits tas, qui fontautant de gouttes d’eau, oubien de parcelles de ola- cé” Car pendant qu'elles démevrebe tout aftit feparées & flotantesen l'air, elles ne peuuent gueres empefcher … le cours de la lumiere, au lieu qu'eftant affemblees, en. - core que les gouttes d'eau ou les parcelles de glace ch ‘elles compofent foient tranfparentes , toutefois a i Go caufe ñ 204 LES METEORES, caufe que chafcune de leurs fuperficies fait reflefchir vne partie des rayons qui donnent decontre, ainfi qu'ila efté dit en la Dioptrique de toutes celles des cors tran- fparens, ces fuperficies fe trounent ayfement en affés grand nombre pour lesfaire tous on prefque tous refle- fchir. Etpourles: gouttes d'eauelles fe forment ,lorfque la matiere fubtile qui eft autour des petites parties des vapeurs, n'ayant plus aff de force pour faire qu’elles s’eftendent &{e chaffent les vnes lesautres , en a encore aflés pour faire qu'elles feplient, & en fit que toutes celles qui {e rencontrent fe ioignent & s'accumulent en- femble en vne boule. Etla fuperficie de cete boule de- s uient incontinent toute efpale & toute polie, a caufe que les parties de l'air qui la touchent fe meuuent d’au- tre façon que les fienes, & aufly la matiere fubtile qui eft _enfes pores d'autre façon que celle qui eft en ceux de l'air, comme il a defia tantoft eftéexpliquéen parlant de la fuperficie de l'eau de lamer. Et pour mefme raifon auffy elle deuient exactement ronde : car comme vous pouués fouuent auoir veu,que l'eau desriuieres tournoye _ &fait des cercles, aux endroits où il y a quelque chofe qui l empefche de fe mouuoir en ligne droite anfy vifte que fon agitation le requert: ainfi faut il penfer , que la matiere fubtile coulant par les pores des autres cors , en _ mefme façon qu'vne riuiere par les interualles des bete bes qui croiffent en fon lit, & paffant pluslibrement d’vn endroit de l'air en l'autre, & d'vn endroit de l’eau aufTy _ en l'autre, quede l'air en l’eau, ou reciproquement de . l'eau en l'air, commeilaefté ailleurs remarqué elle doit tournoyer au dedans de cete goutte, & aufly au dehors | / en Discours CINQUIESME. 20f enl’air qui l'enuironne, maïs d'autre mefure qu’au de- dans, & par ce moyen difpoferen rond toutesles parties de fa fuperficie. Carelles ne peuuent manquer d'obeir a fes mouuemers, d'autant que l'eau eft vn corsliquide. Et fans doute cecy eft fuffifant pour faire entendre, que les gouttes d’eau doiuent eftre exactement rondes, au fens que leurs fections font paralleles à la fuperficie de la terte;car il n’y a point de raifon qu'aucune despartiesde leur circonference s’efloigne ny s'approche de leurs centres plus que les autres en ce fens à, vuqu'elles ny font ne plus ne moins preffées d'vn cofté que d'autre par l'air qui les enuironne au moins s’il eft calme & tranquil- le, comme nous le déuons i icy fuppofer. Mais pource- que les confiderant en autre fenson peut douter, lorf- qu’elles font fipetites que leur pefanteur n’a pas ki force deleurfaire diuifer l'air pour defcendre , fi cela neles rend point vn peu plus plates & moins efpaifles en leur, hauteur qu’en leur largeur, comme T ,ou V;il faut pren- dre garde qu'elles ont de l'air autour de leurs coftés auffy bien qu ‘au deflous; & que fi leur pefanteur n'eft fu-. PEN - fante pour faire que celuy qui eft au .T VX ÿ deffous leur quitte fa place, & les _ laiffe defcendre;elle ne le peut eftre non plus pour faire que celuy qui eft aux coftés feretire, & les laiffe deuenir plus larges. Et pource qu'on peut doutér tout au contraire, lorfque leur pefanteurdes fait defcendre, fi l'air qu elles diuifent ne les rend point vn peu plus longues & eftroites, comme X, ou Y, il faut encore prendre garde , qu’en eftant enuironnées tout autour 1e qu'elles diuifent, & dont élles vont occu-. 603 per 206 | Les METEORES. per laplaceen defcendant , doit monter a mefme tems au deffus d'elles >Pour y remplir celle qu’elles y laiffent, & qu'ilnele peut qu'en coulant toutle long de leur fa perficie , où il trouue le chemin plus court & plus ayfé lorfqu'elles font rondes, que fi elles auoient quelque au- trefigure. car chafcun fçait que de toutes les figures c’eft la ronde qui eft la plus capable, c’eft a dire, celle qui ale moins de fuperficie a raifon de Îa grandeur du cors qu'elle contient. Et ainfi en quelle façon qu'on le veuil- le prendre , ces gouttes doiuent toufiours demeurer rondes, fi ce n’eft que la force de quelque vent, ou quel- que autre caufe particuliere les en empefche. Pour ce qui eft de leur groffeur,elle depend de ce que les parties de la vapeur font plus ou moins proches les vnes des au- tres lorfqu'elles commencent ales compofer, & aufly de ce qu’elles font par aprés plusou moins agitees, & de la quantitédes autres vapeurs qui peunent venir fe ioindre aelles. Car chafcune dabbord ne fe compofe que de deux ou trois des petites parties de la vapeur qui s’entre- rencontrent, mais aufly toft apres fi cete vapeur a efté vnpeuefpaifle , deux outroisdes gouttes qui s’enfont formées, en fe rencontrant fe ioignent en vne , & de- rechef deux outroisdecelles cyencoreenvne, &ainf de fuite, iufques a ce qu elles ne fe puiffent plus rencon- trer. Et peridant qu'elles fe fouftienent en l'air, il peut te EG, DS NE EE PRE A = - » + SRE as. e DRUT TOR TAC PEN PES LINE aufy vénir d’autres vapeurs feioindrea elles, & de grof- | fir, iufques a ce qu'enfin leur pefanteur les face tomber en pluie ou en rofée. Pour les petites parcelles de glace , elles fe forment lorfque lefroideft fi grand que les parties de la vapeur ; ne / Discours CINQUIESME, 207 ne peuuent eftre pliées par la matiere fubrile quieft par mielles. Et fice froid ne furuient qu'aprés que les gout- tes font defia formées, il les laïfle toutes rondes en les gelant, fi ce n’eft qu'il foit accompagné deauelque vent affés fort , qui les face deuenir vn peu plates du cofté qu'illes rencontre. Et au contraire s'il furuient dés au- parauant qu'elles ayent commencé a fe former, les par- ties de la vapeurne fe ioignent qu'enlong, & necompo- fent que des filets de glace fort deliés. Mais fi le froid furuient entre ces deux tems, cequieft le plus ordinaire, il gele les parties de la vapeur a mefure qu’elles fe plient & s’entaflent plufieursenfemble, fans leur donner le loy- fir de s'unir affés parfaitement pour former des gouttes: Etainf iten fait de petits noeuds où pelotons de glace, qui font tous blancs, a caufe qu’ils font compofes de plu- _ fieurs filets, quinelaiflent pas d’eftre feparé & d’auoir chafcun leurs fuperficies diftinétes, encore qu'ils foient plies l'vn fur l’autre: Et ces noeudsfont comime velus où couuers de poiltoutalentour, acaufe qu'il yatoufiours plafieurs parties de la vapeur, qui ne pouuant fe plier & s'entaffer fitoft que les autres, s'appliquent toutes droi- tes contre eux, & compofent les petits poils qui les cou- urent : Et felon que ce froid vient plus lentement ou plus acoup, & que la vapeur eft plus efpaiffe ou plus ra- re, cesnoeuds fe forment plus gros ou pluspetits; & les _poilsou filets qui fes enuironnent | plus forts & plus: cours, ou plus deliés & plus longs, re Etvous pouués voir de cecy qu'il y 4 toufiours deux chofes qui font requifes pour couuertir les vapeurs en eau ou en glace, a fçauoir, que leurs parties foient aflés fi | proches. 208 +. Les METEORES. proches pour s'éntretoucher, & qu'il yait autour d'elles affés de froideur pour faire qu’en s’entretouchant élles fe ioignent &s'areftentlesvnesauxautres. Car ce ne fe- roit pasaffés que leur froideurfufttres grande , fielles eftoient efparfes enY'air fi loin a loin qu’elles ne s'entre- touchaffent aucunement, ny aufly qu'elles fuffent fort proches les vnes des autres & fort preffées, fi leur cha- leur, c’eft adire, leur agitation,eftoit affés forte pour les empefcher defe ioindre. Ainfi on ne voit pas qu'il e forme toufours desnuësau/haut de l'air, nonobftant que le froid y foit toufiours allés grand pour cet effect: & il eft requis de plus, qu'vn ventoccidental , s’oppofant au cours ordinaire des vapeurs, les affemble & les condenfe aux endroits où il fe termine; ou bien que deux ou plu- fieurs autres vens, venans de diuers coftés, les preflent & accumulent entre eux; ou qu’vn de ces vens les chaffe contre vne nuë defia formée ou enfin qu’elles aillent s’affembler defoy mefme contre le deffous de quelque nuë, a mefure qu'elles fortent delaterre. Etilne fe for- me pas aufy toufiours des brouillars autour de nous ; ny en hyuer,encore que l'air y foit aflés froid, ny en eftéen- core que les vapeurs y foient affés abondantes, mais feu- lement lorfque lafroideur de l'air &l abondance des vVa-. peurs concourent enfemble. Comme il arriue fouuent le foir ou la nuit lorfqu'vn iour affés chaud a precedé. . Principalement au printems plus qu'aux autres faifons, | mefme qu’en automne, à caufe qu'il ya plus d’ inefgalité “7 entre la chaleur du iour & la froideur de la nuit. Et plus LE Pa EE tn Re RE s * S RSS PLATS ED he ER PURE LORS ER PET De M7 DU OU VIT TER aufly aux lieux marefcageux ou maritimes que fur les” | tétres de font loin des eaux, ny fur les eaux qui font loin | _des | Drscours CINQUIESME. ‘209 des terres ,acanfe que l'eau perdant plutoft fa chaleur quelaterre, yrafroidift l'air, dans lequel fe condenfent les vapeurs que lestérres humides & chaudes produifent enabondance. Maisles plus grans brouillas fe forment, comme les nuës, aux lieux où le cours de deux ou plu- fieurs vens fe termine. Car ces vens chaffent vers ces lieux 1à plufieurs vapeurs, qui s'y efpaiffent,ou en brouil- las, fi l'air proche de laterreeft fort froid ; ou en nuës, filne l'eft affés pour les condenfer que plus haut. Et remarques que les gouttes d’eau, ou les parcelles de gla- ce, dont les brouillas font compos , ne peuuent eftre quetres petites. car fielleseftoient tant foit peu grof- {es, leur pefanteur les feroit defcendre affés prompte- ment vers la terre, de façon que nousne dirions pas que ce fuffent des brouillas, mais de la pluie ou de la neige, Et auec cela que iamais il ne peut y auoir aucun vent où ils font, qu'il ne les diffipe bientoft aprés, principalement lorfqu “ls font compofes de gouttes d’eau, carla moindre ‘agitation d’air fait que ces gouttes en fe joignant plu- fieursenfemble fe grofiffent & tombenten pluie ou en rofée. Remarques auffy touchant les nuës, qu’elles peu- - uent eftre produites a diuerfes diftances de laterre , fe- Jon que les vapeursont loyfir de monter plus ou moins haut, auant que d’eftre aff condenfées pour les com- pofer.D'’où vient, qu’onen voit fouuent plufieurs au def- fus les vnes desautres, & mefme qui font agitées par di- vers vens. Et cecy arriue principalement aux païs de montaignes,a caufe que la chaleur quiefleue Les vapeurs _ yagift plusinefgalement qu'aux autres lieux, Ilfaut re- marquer outre cela : que les plus hautes de ces nuës ne 5 je Rs peu- 210 Les METEORES, | -peuuent quafi iamais eftre compofées de gouttes d’eau, mais feulement de parcelles de glace; car il eft certain que l'air, où elles font, eft plus froid, ou du moinsaufy froid que celuy qui eft aux fommets des hautes montai- gnes : lequel neanmoins l'eft aflés, mefme au ceur de Jl’efté, pour empefcher que les neiges ne s’y fondent. Et pourceque plusles vapeurss’efleuent haut, plus elles y trouuent de froid qui les gele, & moins elles y peuuent eftre preffees par les vens.De là vient que pour l'ordinai- re les plus hautes parties des nuës ne fe compofent que de filets de glace fort deliés, & qui font efpars en Fair fort loina loin; Puis vn peu au deflous il fe forme des noeuds ou pelotons de cete glace, qui font fort petits,&c couuersde poils;& par degrés encore d'autres au deffous va peu moins petits, Et enfin quelquefois tout au plus basil fe forme des gouttesd'eau. Etlorfque Pair, quiles contient, eft entierement calme & tranquille , oubien qu'’ileft tout efgalement emporté par quelque vent; tant ces gouttes, queces parcelles de glace, y peuuent de- meurer efparfes affés loin a loin & fans aucun ordre, en forte que pour lors la forme desnuës ne differe en rien de celle des brouillas. Mais pourceque fouuent elles font pouflées par des vens qui n'occupent pas efgalement tout l'air qui les enuironne, & qui par confequent ne les pouuant faire mouuoir de mefme mefure que cet air, coulent par deflus, & par deffous, en les preffant, &les ! Es Re Fo € SLT See RS RE ons URL ET OS EI RE En EE PR ER RTE OCT TRE" NE Sp 2. contraignant de prendre la figure,qui peut le moins em- pefcher leur mouuement: celles de leurs fuperficies con- tre lefquelles paffent ces vens deuienent toutes plates & vnies. Etcequeie defire icy particulierement que vous | TEMAT » Discours CINQUIESME. 217 remarquiés, c'eft que tous les petits noeuds ou pelotons de neige, quife trouuenten ces fuperficies , s'arrengent exactement en telle forte, que chafcun d’eux en a fix au- tres autour de foy, qui le touchent, ou. du moins quine font pas plus cfloignés de luy Fvn que l’autre, Suppofons par exemple qu'at deffus de laterre A B,il vient vn vent de lapartieoccidentale D, qui s’oppofe au cours ordi- gaire de l'air, ou fi vous l'aymes mieux à vn autre vent, SAUT LL) La 2 2 1», 2# 28 55 3. Z£ 5% psg LIL 2 SIL Û ue Re conti 2 js — — ne es LL À LT qui vient de la partie Orientale C; & que ces deux vens fe {ont areftés au commencement l’vn l’autre, enuiron l'efpace F GP , où ils ont condenfé quelques vapeurs, dont ils ont fait vne maffe confufe pendant que leurs for- ces fe balençant & fe trouuant efgales en cet endroit, ils ÿ ont laiffé l'air calme & tranquille. Car il arriue fouuent que deux vens font oppoféf en cete forte, a caufe qu'il y en a toufiours plufienrs differens aütour de la terre en mefme tems, & que chafcun d’eux y eftend'd'ofdinaire fon cours, fans fedétourner, iufques au lieu où il'én ren- contre vn contraire qui luyreffté; mais leurs forces n'y pr gueres demeurerlongtems, ainfi balancées , & Dd 2 leur 212 LES METEORES. :.. leur matiere y afluant de plus en plus s'ils ne ceflent tous deux enfemble, ce quieftrare , le plusfort prent enfin fon cours par le deffous, ou le deflus de la nuë, ou mefme aufly par le milieu,ou tout alentour, felon qu'ils'ytrouue plus difpofé; au moyen de quoy s'il n'amortift l’autre toutafait.ille contraint au moins de fe détourner.Com- _ me icy ie fuppofe que le ventoccidental, ayant prisfon coursentreG & P,a contraint l'Oriental de pañler par deflous vers F, où il a fait tomber en rofée le brouillar qui y eftoit, puis a retenu au deflus de foy la nuë G, qui fe trouuant preffée entre ces deux vens, eft deuenuë fort plate & eftendué; Et les petits pelotons de glace qui ont MU ae RP PE di AU re — efté en fa fuperficie, tant du deflus, que du deffous, coms me aufly en celle du deflous de lanuë P, ont dû syarrens ger en telle forte que chafcun en ait fix autres qui l’enui: ronnent. car onne fçauroitimaginer aucune raifon qui lesenaitempefchés, & naturellement tous les cors rons: ëc à 3 GET me. SR I EURE Hs RE TOR DRE rh Sn ET mt + D 2 Tr re à ice DRE op or np | Discours CINQUIESME. 213 & efgaus quifont meus en vn mefme plan, par vne force affés femblable s ‘arrengent en ceteforte ainfi que vous _pourres voir parexperience, en iettant confufement vn rang ou deux de perles rondes toutes defilées, fur vne afiette, & les esbranflant, ou foufant feulement vn peu decontteaffin qu’elles s’approchent les vnes des autres. Mais noté, queie ne parle icy que des jus du deffous ou du defls, & non point de celles des coftés, caufe que l'inefgale quantité de matiere, que les vens peuuent poufler decontre a chafque moment , Ou en ofter, rend ordinairement la figure de leur circuit fort irreguliere &inefgale. Ien’aiouftepointaufly, queles petits noeus de glace, quicompofentle dedans de la nuë _G, fedoiuentarrengeren mefme façon que ceux des fu. perficies, a caufe que ce n’eft pas vne chofe du tout fi manifefte. Maisie defire que vous confiderié encore ceux, qui fe peuuent aller arefter au deffous d’elle, aprés qu elle efttoute formée. car fi, pendant qu'elle demeure fafpenduë en l efpace G;ilfort quelques vapeurs des en- droits de la terre qui font vers A, lefquelles fe refroidif- fanten l'air peu a peu fe conuertiffént c en petits noeus de glace, que le vent. chaffe vers L, il n ya point de doute ue ces noeus s'y doiuent : arrenger en telle forte que chafcun d’eux foit enuironné defix autres, qui le preffent efgalement, &é foient en mefine plan, & ainfi compofer premierement comme vne feuille qui s'eftende fous la fuperficie de cete nuë, puisencore vne autre feuille qui s’eftende fous celle cy, &ainfi encore d’autres ,- autant qu'il y aura de matiere. Et de plusil faut re remarquer, que £ vent, qui i pafe < cntre la terre &cete nuë,agiffantauec Dd 3 plus 214 Les METEORES mar Kit AAA | plus de fee contre {a plus baffe de ces RGies que con- _tre celle qui eft immediatement au deflus, & auec plus de force contre cellecy que contre celle qui eft encore au deflus, &'ainfi de füite, les peut entraifner, & faire mouuoir fepatest l’une dé l’autre, & polir par Ce mo- venleurs fuperficies, en rabatant des deux coftés les pe- tis poils qui font autour des pelotons dont elles font compofées. Et mefme il peut faire gliffer vne partie de ces feuilles hors du déffous dé cetenuë.G, & lestranf- porter au delà, comme vers N ,oùellesen compofent vacnouuelle. Etencore que ien'aye icy parlé que des parcelles de olace qui font entaffées en forme de petis noeuds ou pelotons, le mefme fe peut ayfement aufy en- tendre des gouttes d’éau , pourvüque le vent ne foit point affés fort pour faire qu'elles s'entrepouffent ,.ou- bien qu'il y ait autour d'elles quelques exhalaifons, ou, commeilarrine fouuent quelques Mie non Encore Fe Mo | Discours CINQUIESME. 21$ difpofées a prendre la forme de l'eau, qui les feparent. carautrement fitoft .qu’elles fe touchent elles-s ‘aflem- blent plufeursen vne, & ainfi deuienent fi grofles& fi pefantes, qu'elles font contraintes de tomber en pluie. Aurefte ce que j'ay tantoft dit,que la figure du circuit de chafque nuë eft ordinairement fort irreouliere &: in. cfgale, nefe doit entendre que de celles qui occupent moins d’efpace en hauteur.& en largeur.que les vens qui les enuironnent. Car il fe trouue quelquefois fi grande ‘abondance de vapeurs en l’endroit où deux ou plufieurs vens f rencontrent , qu’elles conträignent ces vens de tournoyer autour d'elles au lieu de pañler au deflus ou | au deffous, &ainfi qu'elles forment vne nuë extrordinai- rement grande , quieftant efgalement preflée de tous coftés par ces vens, deuient:toute ronde & fortvnie enfoncircuit. Et méfme qui lorfque ces vens font un peu chauds, ou bien qu'elle eft expofée a la chaleur du Soleil, yacquertcomme vneefcorfe ou vne. croufte de: plufieurs parcelles de olaceiointes enfemble , quipeut deueniraffés groffe & efpaiffe fans quefa pelanteur la fa. ce tomber , a caufe que tout le refte de la nuë la. fouftient. | | | | DE: sd Les Mersones. DE LA NEIGE, DE LA PLVIE, : ET DE L À GRESLE. Difours Sixiéme. L_: ya a phGS chofes qui empefchent éommune- ment que les nuës ne defcendent incontinent aprés eftre formées. Carpremierement les parcelles de glace ou les gouttes d’eau dont elles font compofées, eftant fort petites, & par confequentayant beaucoup de fuper- ficie a raifon de la quantité de leur matiere, la refiftence de l'air qu’elles auroient a diuifer f elles defcendoient, peutayfement auoir plus de force pour les en empefcher que n’ena leur pefanteur pourles y contraindre. Puis les vens, qui font d'ordinaire plus fors contre la terre où leur cors eft plus groffier qu’au haut de lairoùdileft plus fubtil, & qui pouf cete caufe agiffent plus de bas en haut que de haut en bas, peuuent non feulement les foufte- nir, mais fouuent aufly les faire monter au deflus de la region de l'air où elles fe trouuent. Et le mefme peu- uent encore le s vapeurs qui fortant de la terre, ou venant de quelque autre cofté font enfler l'air qui eft fous elles; ouauffy la feule chaleur decet air qui enle dilatantles repouffe ; ou la froideur de celuy qui eft au deflus quien le referrant les attire; ou chofe s femblables. Et particu- lierementles parcelles de glace, eftant pouffées les vnes contre lesautres parles vens, s’entretouchent fans s’vnir pour cela tout a fait, & compofent vncors firare, fileger, & fi Discours SIXIEME. 217 _&fieftendu, que s'il ny furuient de la chaleur qui fonde quelques vnes de fes parties & par ce moyen le conden- fe & l’appefantiffe , il ne peut prefque iamais defcendre iufqu’aterre. Mais commeil aefté dit cy deffus, que l'eau eft en quelque façon dilatée parle froid lorfqu'elle fe gele, ainfi faut il icy remarquer, que la chaleur, quia couftume de rarefier les autres cors, condenfe ordinai- rement celuy des nues. Et cecy eftayfé a experimenter en la neige quieft de la mefme matiere dont elles font, excepté qu'elle eft defia plus condenfée. car on voit, qu'eftant mife en lieu chaud, elle fe referre & diminue beaucoup de groffeur , auant qu’ilen forte aucune eau, ny qu'elle diminue de poids. Ce qui arriue d’autant,que les extremités des parcelles de glace, dont elleeft com- pofée, eftant plusdelices quele refte, fe fondent plutoft, & en fe fondant , c'eft à dire , en fe pliant & deuenant comme viues & remuantes, a caufe de l'agitation de la matiere fubtile quiles enuironne, elles fe vont glifler & attacher contre les parcelles de glace voyfines, fans pour cela fe detacherde celles a qüi elles font defa iointes, & _ainfiles font approcher les vnes des autres. Mais pour- ce que les parcelles, qui côpofent les nuës , font ordinai- rement plus loin a loin que cellesquicompofent la nei- ge qui eft fur terre, elles ne peuuent ainfi s'approcher de quelques vnes de leurs voyfines fans s’efloigner par mef- me moyen de quelques autres. Cequi fait, qu'ayant efté auparauent efoalement efparfes par l'air, elles fe diuifent aprés en plufieurs petits tas ou floccons, qui denienent d'autant plus gros, que les parties de la nuë ont efté plus ferrées, & que la chaleur eft plus lente, Et mefme lorf | Ee ‘que 218 Les METEORES, : | que quelque vent, ou quelque dilatation de tout l'air qui - eft au deffus de la nuë oùautre telle caufc fait que les plus hautsde ces floccons defcendent les premiers, ils s'attachenta ceux de deflous qu’ils rencontrent en leur chemin, & ainfi lesrendent plus gros. Aprés quoy la chaleur, en les condenfant & les appefantiffant de plus en plus, peut ayfement les faire defcendre iufque ater- re. Et lors qu'ils y defcendent ainfi fans eftre fondus tout a fait, ils compofent de la neige; maisfi l'air, par où ils paffent, eft fi chaud qu'illes fonde, ainfi qu'il eft tou- fiours pendant l'efté, & fort fouuent aufly aux aurres fai. fonsen noftre climat, ils fe conuertifient en pluie. Et il arriue auffy quelquefois, qu'aprés eftre ainfi fondus où Ë prefque fondus, il furuient quelque vent froid quiles ge- lant derechefen fait de la grefle. Or cete grefle peut eftre de plufeurs fortes. Car pre- mieremét file vent froit qui la caufe rencôtre des gout. tes d’eau defia formées, ilen fait des grains de glacetous. … tranfparens & tous ronds, excepté qu'il les rend quel- _ quefois vn peu plats du cofté qu’illes pouffe. Ets’il ren- contre des floccons de neige prefque fondus,mais quine foient point encore arondis en gouttes d’eau, alors il en. fait cete grefle cornuë, & de diuerfes figures irregulie-. res, dont quelquefois les grains fe trouuent fort gros , a caufe qu'ils font formés par vn vent froid, qui chaffant la: nué de haut en bas, pouffe plufeurs de fes floccons l’vn contre l'antre,& les geletousenvnemafe. Etifeft icy a remarquer, que lorfque ce ventapproche de ces floc- cons qui fe fondent, il fait que la chaleur de l'air qui les enuiromne, c'efta dire, lamatiere fubtile Ja plus agitée HS RE Al ie 2 EE ee RD PE D } En Æ r 1 Æ . L4 FJ £ F RÉ RT RR RS DRRTTR S S TR ER ES a eh … Discours SIXIESME. 219 _& la moins fubtile quifoiten cet air, fe retire dans leurs pores, a caufe qu'ilneles peut pas du tout fi toft pene- trer. Enmefmefaçon que furterre quelquefois, lorf- _qu'ilarriue tant a coup va vent ou vne pluie qui rafroidift l'air de dehors, il entre plus de chaleur qu’auparauant danslesmaifons. Etla chaleur, qui eft dans les pores de cesfloccons, fe tient plutoft vers leurs fuperficies que vers leurs centres, d’autant que la matiere fubtile , qui la caufe, y peut mieux continuer fes mouuemens : “& là elle les fond de plus en plus vn peu deuant qu'ils com- mencent derechef a fe geler: & mefme les plus liquides, c'eftadire, les plus agitées de leurs parties qui fe trou- uent ailleurs,tendent aufly vers là,au lieu que celles, qui . m'ontpas loyfir de fe fondre, demeurent au centre. d’où vient que le dehors de chafque grain de cete grefle, eftant ordinairement compofe d'vne glace continue & . tranfparente, il y a dans le milieu vn peu deneige , ainfi que vous pourrés voir en les caffant. Et pourcequ'elle ne tombe quafñ iamais qu’en efté , cecy vous aflurera, que les nuës peuuent eftre pour lors compofées de par- celles de glace aufÿ bien que l’hyuer. Maislaraifon qui empeche qu'il ne peut gueres tomber en hyuer de telle grelle, au moins dontles grains foient vn peu gros , eft qu ‘iln'arriue gueres affés de chaleur iufques aux nues pour cet effect, finon lorfqu'elles font fi bafles, que {eur matiere eftant fondue, ou prefque fondue, n’auroit ‘pas letemsde fe geler derechef, auant que d’eftre defcen- dueiufquesaterre. Que fila neige n’eft pointencore fi fondue, mais feulement vn peu refchauffée & ramollie, “it le vent froid, qui Ja conuertift en grefle, furuient, | Ee 2 elle 220 | Les METEORES. | elle ne fe rend point dutouttranfparente, mais demeure blanche comme dufucre. Etfilesfloccons de cete nei- ge fontaffes petis, comme de la groffeur d’vn pois ou au deflous, chafcun fe conuertift en vn grain de grefle qui eftafférond. Maiss'ils font plus gros, ils fe fendent & fe diuifent en plufieurs grains tous pointus en forme de pyramides. Car la chaleur, qui fe retire dans les pores de ces floccons au moment qu'vn vent froid commence a les enuironner,condenfe & referre toutesleurs parties, en tirant de leurs circonferences vers leurs centres, ce qui les fait deuenir aflés ronds, & le froid , les penetrant aufly toft apres, & les gelant, les rend beaucoup plus durs que n'eft laneige. Et pourceque lorfqu'ils font vn peu gfos, la chaleur qu'ils ontau dedans continue en- : core de faire que leursparties interieures fe referrent & fe condenfent, en tirant toufiours vers le centre, aprés que lesexterieures font tellemët durcies & engelées par le froid qu'elles ne les peuuent fuiure, il eft neceffaire qu'ils fe fendent en dedans , fuiuant des plans ou lignes droites quitendent vers le centre, & que leurs fentes s’augmentant de plus en plus a mefure que le froid pene- | tre plus auant, enfinilss’efclatent & fe diuifent en plu « fieurs pieces pointues, qui font autant de grainsde grefle, | Je ne determine point en combien detels grains chafcun fe peut diuifer, mais ilme femble que pour l'ordinaire ce doit eftre en 8 pour le moins, & qu'ils fe peuuent auffy peuteftre diuifer en douze ou 20 ou 24, mais encore mieux entrente déux , ou mefme en beaucoup plus grand nombre, felon qu'ils font plusgros, & d’yne neige plus fubtile, & que le froid, qui lesconuertift en grefle, - cft 2 _ Drscours SiIXIESME. Z2I eft plus afpre & vient plus a coup. Et i’ay obferué plus d'vne fois detelle grefle, dont les grains auoient a peu prés la figure des fegmens d’vne boule diuifée en huit “parties efgales partrois fections qui s’entrecouppent au centre aangles droits. Puis jen ay aufly obferué d’au- tres, quieftans plus longs & pluspetis, fembloient eftre enuiron le quart de ceux là , bienque leurs querres, s’eftant émouflées & arondies en fe referrant , ilseuffent quafñi la figure d’vnpain de fucre. Et ray obierué auffy, que deuant ou aprés, ou mefme parmi ces [grains de gre- fle, il en tomboit communement quelques autres qui eftoient rons. Mais les diuerfes figures de cete crefle n’ont encore _ riende curieux ny de remarquable ,a comparaifon de _celles de la neige qui fe fait de ces petis noeuds ou pelo- tons de glace arrengéf par Le vent en forme de feuilles, en la façon que j'aytantoft defcrite. Car lorfque la cha- leur commence a fondre les petis poils de ces feuilles, elle abat premierement ceux du deflus & du deflous, a caufe que ce font les plus expofés à fon action, & fait que le peu de liqueur qui en fort, fe refpand fur leurs fuperfi- cies, où il remplift auflÿ toft les petites inefgalités qui _ s'ytrouuent, & ainfi les rend aufy plates & polies que font celles des cors liquides. nonobftant qu'il s'y regele tout aufly tof, a caufe que fila chaleur n’eft point plus grande qu'il eft befoin pour faire que ces petis poils, : eftantenuironnés d’air tout autour, fe degelent, fans qu'il fe fonde rien d’auantage; elle ne l’eft pas affés pour em- pefcher que leur matiere ne fe regele, quand elleeft fur ces superficies w font de glace, Aprés cela cete cha- Ee 3 leur 222 . Les METEORES. leur ramoliffant & flefchiffant aufly les petits poils qui reftent autour de chafque noeud dans le circuit où ileft enuironnéde fix autres femblables a luy, «lle fait que ceux de ces poils , qui font Îles plusefloignés des fix noeuds voyfins, fe plians indifferemment ça & là, fe vont tousioindre a ceux qui font vis a vis de ces fix noeuds, varceuxcy eftans rafroidis par la proximité de ces neuds, nepeuuent fe fondre, mais toutau contraire font geler derechefla matiere des autres, fitoft qu’elle eft meflée parmila leur. Au moyen dequoyilfe forme fix pointes ourayonsautour de chafque noeud , qui peuuent auoir diverfes figures felon que les noeuds font plus où moins gros & preffés, & leurs poils plus ou moins fors & longs, & la chaleur qui les affemble plus ou moins lente & moderée, & felon aufly quele vent quiaccompaigne ce- te chaleur, fi au moins elle eft accompaignée de quelque XX XX FR AR R IX XX Fe FA eo HAXXNTO HMS co6s AKKAIHEHX Me de EP de tt et As XX HA He EE je M vent;,eft plus ou moins fort. Et ainfila face exterieure de la nuë, qui eftoit auparauant telle qu’on voit vers Z où \ À Discours SIXIESME, M: ou vers M, deuient par aprés telle qu’on voit vers O ou vers Q, & chafcune des parcelles de glace, dontelleeft . compofée , a la figure d'vne petite rofe où eftoile fort bientaillée. | Mais afin que vous ne penfés pas que ie n’en parle que par opinion, ie vous veux faire icy le rapport d'vne obferuation que j'en ay faite l'hyuer paffe 1635. Le qua- _triefme de Feurier, l'air ayant eftéauparauant extreme. ment froid, iltomba le foir a Amfterdam,où ’eftois pour lors, vn peu de verglas, c'eftadire, de pluie quife geloit enarriuantcontrelaterre, & apres il fuiuit vne grefle fort menue, dont ie iugay que les grains qui n’eftoient qu'a peu pres de la grofleur qu'ils font reprefenté vers H, eftoient des gouttes de la mefme pluie qui s’eftoient gelées au haut de l'air. Toutefois au lieu d’eftreexacte- ment rons comme fans doute ces gouttes auoient efté, ilsauoient vn cofténotablement plus plat que l'autre, en. forte qu'ils reffembloient prefque en figure la partie de noftre œil qu'on nomme l'humeur criftaline. D'où ie connu que le vent , qui eftoit lors tres grand & tres froid , auoit eu la force de changer ainfi la figure des. gouttes enles gelant. Mais ce qui m'eftonna le plus de tout, fut qu'entre ceux de ces grains, quitomberent les derniers , l'en remarquay quelques vns qui auoient au- tour de foy.fix petites dens, femblables a celles des ro- uës des horologes, ainfi que vous voyés versi. Et ces. dens eftant fort blanches, comme du fucre, au lieu que: lesgrains, quieftoient de glace tranfparente ,fembloient . prefque noirs, elles paroifloient manifeftement eftre fai- tesd’vne neige fort fubtile-qui s’eftoit attachée autour | d'eux 224 Les METEORES. XX % FÉES R XX XX 4 Do Q PDK EX O 7 + (1e Bee XX Kk à Me de Up j Re PAR d'eux depuis qu’ils eftoient formés, ainfi que s'attache la gelée blanche autour des plantes. Etie connu cecy d’au- tant plus clairement de ce que tout à la fini’enrencon- tray vn ou deux qui auoient autour de foy plufeurs pe- tits poils fans nombre,compofés d’vne neige plus pale & plus fubtile que celle des petites dens qui eftoient au- tour des autres, en forte qu’elle luy pouuoit eftre com- parée en mefme façon que la cendre non foulée , dont fe couurent les charbons en fe confumant, a celle qui eft recuite &entaflée dans le fuier. Seulementauois-je de la peine a imaginer qui pouuoit auoir formé & compaf- {é fi iuftement ces fix dens autour de chafque grain dans le milieu d’vn air libre & pendant l'agitation d’vn fort grand vent, iufquesa ce qu'enfinie confileray, que ce vent auoit pû facilement emporter quelques vns de ces grainsau deflous ou au delà de quelque nuë, &les y fou- ftenir, acaufe qu'ils eftoient aflés petits, & que là ils auoient deu s’arrenger en telle forte, que chafcun d'eux fuft_ \ > . x » = Re Ur Le RS EL ie ET AE el RTS D NN OUT RE PR CE PQ A PS er ee Dr RE I SAT Le See ne Ne SR en ha “ PRES Ce Discours SIxXIESME, 225 fuft enuironnéde fix autres fitués en vn mefme plan, fui- ant l’ordre ordinaire de la nature. Et de plus qu'ileftoit _ bien vray femblable, que la chaleur, qui auoit deu eftre vn peu auparauant au haut de l'air, pour caufer la pluie que‘iauois obferuce ; y auoit auffy efmeu quelques va- peurs que ce mefme vent auoit chaflées contre ces crains, où elles s’eftoient gelées en forme de petits poils fort deliés, & auoient mefme peuteftre ayde a les foufte- nir: en forte qu’ils auoient pû facilement demeurer là fufpend us, iufques a ce qu'ilfuft derechef furüenu quel- que chaleur. Et que cete chaleur fondant d’abbord tous les poils, qui eftoient autour de chafque grain, excepté ceux quis’eftoient trouués vis a vis du milieu de quel- qu'vn des fix autres grains qui l'enuironnoient , a caufe que leur froideur auoit empefché fonaétion; la matiere de ces poils fondus s'eftoit meflée anffy toft, parmi les fix tasde ceux qui eftoient demeuré, &lesayant parce moyenfortifiés & rendus d'autant moins penetrables a la chaleur, elle s'eftoit gelée parmi eux, & 1ls auoient _ainficompoféces fix dens. Au lieu que les poils fans nombre que r'auois vü autour de quelques vns des der- . niers grains quieftoient tombe, n’auoient point du tout efteattains parcete chaleur. Le lendemain matin furles huit heuresi’obferuay encore vneautre forte de grefle, ou plutoft de neige, dont ie mauois iamais ouy parler. C'eftoient de petiteslames de glace toutes plates, fort polies, fort tranfparentes, enuiron de l'efpaiffeur d'vne feuille d’affés gros papier, & de la grandeur qu'elles fe voyent vers K, maisf parfaitement taillées en hexago- nes, & dont les fix coftés eftoient fidroits, &c les. fix an- $ | | À) Li SR gles 226 RE _ Les METEORES. gles fi efgaux, qu'il eft impoffible aux hommes de rien faire defiexact. Ie vis bien incontinent que ces lames auoient deu eftre premierement de petits pelotons de glace, arrengés comme j'ay tantoft dit, & preffés par vn vent tres fort, accompagne d'affés de chaleur , en forte pag que cete chaleur auoit fondu tous leurs poils, & auoit tel- lement rempli tous leurs pores de l'humidité qui en eftoit fortie, que de blancs, qu'ils auoient efté aupara- yant, ils eftoient deuenustranfparens; & que ce ventles auoit a mefmetems fi fort preffés les vns contre les au- tres, qu'iln’eftoit demeuré aucun efpaceentre deux, & qu'ilauoit aufly applani leurs fuperficies en paffant par defflus & par deflous, & ainf leur auoit iuftement donné lafigure de ces lames. Seulement reftoit il vn peu de difiiculté,en ce que ces pelotons de glace ayant eftéainfi demi fondus,& a mefme tems preffés l'vn contre l'autre, ilsne s’eftoient point collés enfemble pour cela, mais eftoient demeuréstous feparés. Car quoy queï'y ue garde expreflement , ie n’en pû iamais rencontrer deux quitinfent l'vnal'autre. Mais ie me fatisfis bientoft l# deflus, en confiderant de quelle façonle vent agitetou- fiours, & fait plier fuccefliuement toutes les parties de: la fuperficie de l’eau, en coulant par deflus, fans larendre . pour cela rude ou inefgale . Car ie connu de là qu'in- . falliblement il fait plier & ondoyer en mefme forte les fuperficies desnuës, & qu'y remuant continuellement chafque parcelle de glace, vn peu autrement que fes voyfines, il ne leur permet pas de fe coller enfemble me: | a fait, encore qu'il ne les defarrenge point pour cela, qu'ilnelaiffe pas cependant d'applanir & de polir rt petites : & FR æ — 4 PE ge # SE En < + Ja fuit, êc T n'eft pas dibore a la fuiure fi vifte qu'elle la precede. Cequi explique l’action du rayon DF. Puis tout au contraire fi Q & R tendent plus len- temenrqu'ellevers X,8& S &'T ytendent plusfort,.R empefcheletournoyement de la partie marquée 1, & T celuy de la partie 3; fans que les deuxantres Q. & Sy facent rien. Cequi explique l'action du rayon E H. Mais il eft a remarquer que cete boule 1234 eftant fortronde, il peut ayfement arriuer que lorfqu’elle ef prefféc: vn peu fort parles deuxR &T, ellefe reuire en pirouëttant autour de l'aiffieu : 42, au ie d’ arefter {on tournoyement a leur occafion, & ainfi que changeant en vn moment de fi tuation, é tournoye aprés fuiuant | J'ordre des chiffres 4 2 g; carlesdeux R & T qui l'ont fait commencer a fe détourner, F obligent : a continuer iufques a ce qu’elle ait icheué vn demitour ence Gr & x HA ‘elles puiffent augmenter fon tournoyement :, a | Ni pr : de SA Discours HuiTIESME. .. aÿ9 lieu de le rétarder. Cequim'’aferui a refoudre la princi- pale de toutes les difficultés que ï'ay euësen cete matie.- re, Etilfe demonftrece me femble tres euidemment de tout mr que la nature jean couleurs, qui paroïffent vers 5 tpm confifte , qu'en ce oton durs r''orguéetles parties de la ma- SI tiere fubtile, quitranfmet :TJa@ion de be lumiere, ten- : dent atournoyer ; auec ‘plus de force,qu’a fe mou- uoir en ligne droite : en forte que celles qui ten- dént a totrner béaucoup plus fort, caufent la cou- leurrouge , &celles qui n'y tendent qu'vn peu plus fort , caüufent la ‘iauné, Conitné” au contraire la pature de celles , qui fe + voyent versH, ne confi- fte, qu'en ce que ces petites parties ne tournoÿent pas fi vifte, qu’elles ont de couftumé lors qu'il n’y à point de caufe particulière qui les en empéfche ; en forte que le verd paroïft où elles ne: tournoyent gueres moins vifte, -& le bleu ou elles tournoyent beaucoup moins vifte. Et ordinairement aux extremités dé ce bleu il fe mefle de . d'incarnat, qui luy donnant de la viuacité & de l'efclat, Je change en violet ou couleur de pourpre. Ce qui vient fans doute de cé quela mefmecaufe, qui à couftume de . retarder le toufnoyement des parties de la matiere futs- | Kk 2 tile, Ne tt Z (K. L 7 mn 260 Les METEORES. | tile, eftant alors affés forte pour faire changer de fitua- tion a quelques vnes, le doit augmenter en celles 1à,pen- dant qu’elle diminue celuy des autres. Etentout cecy laraifon s'accorde parfaitement auec l’ experience, que _jene croy pas qu ilfoit poffible, aprés auoir bien conneu lvne & l'autre, de douter que la chofe ne foit telle que ie viens de l’expliquer. Car s’il eft vray que le fentiment que nous auons de la dumiere foit caufé par le mouue- ment on l'inclination 2 fe mouuoir de quelque matiere qui touche nos yeux, comme plufieurs autres chofes tef- moignent , ileft certain que les diuers mouuemensde cete matiere doiuent.caufer en nous diuers fentimens, Et comme il.ne peut y auoir d'autre diuerfité en ces mouuemens, que celle que ay dite ; auffy n’en trouuons - nous point d'autre par experience dans les fentimens que nous en auons, que celle des couleurs. Et il n’eft pas poñlible de trouuer aucune chofe dans le criftal M N P qui puiffe produire des couleurs , que la façon dont ilenuoyeles petites parties de la matiere fubtile vers le linge F G H, & de là vers nosyeux.d’oùil eft cemefem- ble afféseuident,qu'onne doitchercher autre chofe non plus dans les couleurs que les’ autres obiets font paroi- ftre:car l'experience ordinaire tefmoigne que la lumiere ou le blanc, & lombre ou le noir, auec les couleurs de l'iris quionteftéicy expliquées, fuffiffent pour compo- . fer toutes les autres. Etie ne fçaurois goufter la diftin- tion des Philofophes, quand ils difent qu'ilyena qui font vrayes, & d'autres qui ne font que faufles ou appa- rentes. Car toute leur vraye nature n'eftant que de pa- soifte, _c'eftceme femble vnecontradiétion, de dire, | | qu'elles 1 Discours HuiTiesmeE, 26r _ qu'elles font fanffes, & qu’elles paroiflent. Mais iauoue -bien que l'ombre & la refraétion ne font pas roufiours neceflaires pour les produire ; & qu’en leur place la groffeur, la figure, la fituation, & le mouuement des par- _ties des cors qu’on nomme colorés, peuuent concourir dinerfement auec la lumiere, pour augmenter ou dimi- nuer le tournoyement desparties de la matiere fubtile. En forte que mefme en l'arcenciel i'ay douté d’abord, fi les couleurs s’y produfoient tout a fait en mefme façon que dans le criftal M N P: car ie n'y remarquois point d'vmbre qui terminaft la lumiere , & ne connoïiflois point encore pourquoy elles n’y paroifloient que fous - certainsangles , lufquesace qu'ayant pris la plume & calculé par le menu tous les rayons qui tombent fur les diuers poins d’vne goutte d’eau, pour fçauoir fous quels angles aprés deux refractions & vne ou deux reflexions ils peuuent venir vers nos yeux, i’ay trouué qu'aprés vne reflexion & deux refractions, il y en a beaucoup plus qui peuuent eftre veus fous l’angle de 4r à 42 degrés, que fous aucun moindre, & qu'il n’y en a aucun qui puiffe eftre vû fous va plus grand. Puis i'ay trouué aufly qu'aprés deux reflections & deux refraions ,ily eû a beaucoup plus qui vienent vers l'œil fous l'angle de sra s2 degrés, que fous aucun plus grand, & qu'iln'y en a | point qui vienent fous vn moindre. De façon qu'il y a de l'ombre de part & d'autre, quitermine la lumiere, la- quelle, aprés aucir paflé par vne infinite de gouttes de pluie efclairées par le foleil, vient vers l'œil fous l'angle de 42 degré, on vn peu audeflous, &ainfi caufe Le pre- mier &principalarcenciel ; Et il y en a aufy qui ter- | | KE 3 mine _ 262 ‘Les METEORES, mine celle qui vient fous l'angle de ;x degré ot ou vn peu au deflus, & caufe larcenciel exterieur. car ne receuoir | point de rayons de lumiereen fes yeux, ou en receuoir notablement moins d'vn obiet, que d’vnautre quiluyeft proche, c'eft voir de l'ombre. Ce qui montre claire- ment, que les couleurs de ces arcs font produites par la mefme caufe, que celles qui paroiffent par l'ayde du cri ftalM NP, & que le demi diametre del’arcinterieur ne doit point eftre plus grand que de 42 degrés, ny celuy de l'exterieur plus petit que de $r; & enfin que le pre- mier doit eftre bien plus limité en fa fuperficie exterieu- re qu'en l’interieure;& le fecond toutau contraire. Ain- fi qu'il fe voit par experience. Maisaffin que ceux qui fçauentles Mathematiques puiffent connoïftre, file cal- culque ray fait de ces ie eft aflés infte, il faut i icy queie l' explique. | Soit AF D vne goutte ee dont ie dinife le demi de C D ou À B en autant de parties efgales que ie veux calculer de rayons, affin d'attribuer autant de lu- miereaux vnsqu'auxautres. Puisieconfdere vn de ces rayons en particulier, par exemple E F, qui au lieu de pafler tout droit vers G, fe detourne vers K, & fe ‘reflefchift de K vers N, 8e de là va vers l'œil P: ou- bien fe reflefchift encore pré fois de N vers Q, &delà : fe detourne vers l'œil R. Et ayant tiré CI a angles droits fur FK, 1e connois de ce quia efté ditenla Dio- ptrique, qu'À a HF, & CI, ont entre elles la pro- portion par laquelle la refraction de l'eau fe mefure. De. façon que fi H F contient Sooo parties, telles qu'AB cn contient 10000, CI en contiendra enuiron de $984, pource- Discours HuiTiEsME. 263 } | pourceque la Rétaron de re eft tant DE peu plus | grande que de trois a quatre, & pour leplus inftement que j'aye pû la mefurer, elle eft comme de 187 a 250. , Ayantainf les deux lignes HF &CI\, ie connois ayfe- ment les deux arcs, F G qui eft de 73 degrés & 44 minu- tes, &F K qui eft de 106.30. Puis oftant le double de l'arc F K, de l'arc FG adioufté à 180 degréz > l'Ay 40. 44. pour la quantité de l'angle O NP, carie fuppofe ON parallele a EF. Etoftant ces 40.44 d'EK,ï'ay 65. 46 pour l'angle SQR, carie pofe auflÿ S Q parallele à EF. Etcalculant en mefme façon tous les autres rayons | paralleles a EF, qui paffent par les diuifions du diametre N AB,ie compofe la table Re 264. Les METEORES, la ligneila ligne! l'arc l'arc l'angle | l'angle LH CT :E6 || ER {ONP|SOR |: + ,40)165. 45 0 19 I$I- 29 1000! 748 168. 30|171.2$ 2000! 1496 [156.55 162. 48 154 4 1 3000! 22441|145$. 4 17: 561136 8 4000| 29921132. SO 145$. 10,22. 30122. 4. 5000 | 3740 | 120. 136. 4 27. 521108 12 6o00| 44881106. 16 |126. 40132. 56) 93.44 7000 | $236/91. 8 116 51 37. 26| 79. 2$| _ 8000! 5984 73. 44 1106. 30 40. 441 6ÿ. 46 CEE EE + | 9gooco!. 6732 fl. 41 95. 22140. $7 54 25 10000{ 7480 |0. 83e 10)13. 40] 69. 30 Et il eftayfé à voirencete table, qu'il y a bien plus de rayons qui font l'angle O N P d'enuiron 40 degrés, qu'il n'y en a qui le facent moindre, ou SQRd'en. uiron $4, qu'il n'y en à qui le facent plus grand. Puis affin de la rendre encore plus precife ie fais n4T 3 175 la ligne Ê Lot ee “Tarc l'angle! cie | Hours CP _FG ER TT ONPI-SOR 106. 30 140. 4àf5$.. dt 25140. 58164. À 8000! ‘5984173 44 8100! 60$8 |7r. 48 _ 8200! 613369. 50 53 __ 8300! 6208 |67. 48/r03. 14141. 20 2. "À; 8400 6283 65. 441102. 941 26/61. ..B$oo |. 6358 163. 34lrot. 241. 30/50. 8600! 64321671, 22,99. $6'4I. 30'j8. 34} 28700! 6jo7 155: 4198. 48l4r 28157. sie ET 6582 56. 42 17: 40 22156 tin OMS Ris 6732 SI, 41 os. 2240 s7|54. | | 6806|49. 094 12140. : 36/53. : 36), 7 688r 46. 803. 2 ie ‘al52 : 6956143 8 . 51339. 26/52. : 38. 38152. 274 20 1 32. 3088. 1236 652 à. CE 86. _ 58 $8|3d 12/52. 46 72,957 Hs 43,31. .31]f4 . 12 | 9400| _go31| _9$f00!| 7106 36. 26 9600 7180 _ | 9700! 7255 _ | 9800! 7330 903 à | ve 266 _ - Hs MeTronbssi Eie voy icy que le plus grand angle O.N P peut eftre de 4r dègrés 30 minutes, & le plus petit S OR de sr. 5 4, a quoy adiouftant ou oftant enuiron 17 minutes pour Le demi diametre du foleïl, i'aÿ 41. 47 pour le plusgrand demi diametre de l'arc en cielinterieur, & 51.37 pourle Il eft vray que l’eau eftant chaude, fa refraétion eft tant foit peu moindre, que lors qu'elle eft froide, cequi peut changer quelque chofe en ce calcul. Toutefois ce- | la ne fçauroit augmenter le demi diametre de l'arcen- ciel interieur, que d'vn ou deux degrés tout au plus, & lors, celuy de l'exterieur fera de prefque deux fois autant pluspetit. Cequieftdigne d'eftre remarqué; pource. que par là on peut demôftrer que la refractiô de l'eau ne peut eftre gueres moindre , ny plus grande, queie-a fu p= pofe. Car pour peu qu’elle fuit plus grande, elle ren- droit le demi diametre de l'arcencielinterieur, moindre que 41 degrés , au lieu que par la creance commune on luy en donne 45; & fion la fuppofe aff petite pour faire qu'ilfoit veritablement de 45, on trouuera que celuy de Fextericure ne fera aufly gueres.plus que des, au lieu qu'il paroift a l'œil beaucoupplus grad que celuÿ de l'in. terieur, Et Maurolycus , qui eft ie croy le premier quia determine l'vnde 45 degrés, determine lautre d’enui. ron fé. Cequi monftre le peu de foy qu'on doit adiou- s fteraux obferuations quine font pas accompagnées de la vrayeraifon. Aurefteie n’ay paseu de peine a con- _ hoiftre pourquoy le rouge eft en dehors en l'arcenciel interieur, ny pourquoyil eft en dedans en l'exterieurs Carla mefme caufe pour laquelle c’eft vers F , plucoft que Discours HuUITIESME. 267 que vers H, qu'il paroift au trauers du criftal MN _ P, fait que fi, ayant l'œil = enla place du linge blanc :FGH, onregarde ce cri- _ ftal, on y verra Le rouge | vers Hasartie plus efpaifte MP, & le bleu vers N. — pourceque le rayon teint de rouge qui va vers F, vient de C, la partie du foleil la plus auancee vers M P: Et cete mefme caufe 5 hornet dis ! faitaufly quele centre des So, ln: gouttes d'eau, & parcon- _ fequent leur plis efpaifle pärtis eftant endehors au refpeét des poins colorés qui forment l'arcencielinterieur , le rouge y doit:paroiftre en dehors, & qu'eftant en dedans au refpeét de ceux qui forment l'exterieur, le rouge ÿ: doit pe: ER en de- Mass ë : Ainfiie croy qu’il ne refte plus aucune dificotée et cetematiere, fice n'eftpeuteftre touchant les irregula- rités qui s'y rencontrent; Comme lorfque l'arc neft pas exactement rond, ou que fon centre n’eft pas en la ligne ‘droite qui pañle par l'œil &lefoleil. ce qui peut arriter files vens changent la figuré des gouttes de pluie. carel- . es ne fçauroient perdre fi peu deleur rondeur, que cela ne face vne notable differenceen l'an gle, bus lequetles D doiuent paroiftre, Ona vi aüfly quelquefois, a < BE 2 ve MANS < Le ou ill ù 2 MS N » du # € A > 268 Aït Les METEORES. TA PTS Fe nn ns En Ps. NT UE ja , AL ' + # » + jee ‘. e di ST ; è ; ge . s. RUES ul | ; e» “ ., Ps . ARE 52 Û TA ! ess AIT 4 \ prise R ra Sets al PTE TN UNE lotte 3 t t CE D 4e ln ane à a te RICE PE LPS HO 'ONNET ME 21,0 A ot EMA PEUT 2 ce qu'on ma dit, vn arc-en-ciel tellement renuerfé que fes corneseftoienttournées vers en hault, commeeft icyreprefenté FF. Cequeiene fçaurois iuger eftre ar- riué que par lareflexion desrayons du foleil donnans fur Peau de la mer, ou de quelquelac. Comme fi venans de la partie du ciel SS, ilstombentfurl'eauD'AE, &delà fe reflefchiffent vers la pluie CF, l'œilB verral'arcFF, dont le centre eft au point C, en forte que CB eftant prolongée iufques à À, & AS pañlant par le centre du fo- leil, les angles S A D &B A E foient efgaux, & que l’an- gle CB F foit d'enuiron 42 degré. Toutefoisileft anffy requis a cet effect, qu'iln'y ait point du tout de vent qui. trouble la face de l’eau vers E, & peuteftre auec cela qu'il y ait quelque nuë, comme G, qui empefche que ka lumiere du foleilallant enligne droite vers la pluie, nef face celle que ceteeau E yenuoye. d'où vient qu'iln'ar- riue que rarement. Outre cela l'œil peuteftre en telle x : fitua- LA Discours HuiITiesne. 269 | fituation, au refpeét du Soleil & de‘la pluie, qu'on verra la partie inferieure qui acheue le cercle de l'arcenciel, {ans voir la fuperieure : & auffi qu'on la prendra pour vaarc renuerfe: nonobftant qu'on ne la verra pas vers le ciel, mais versl'eau, ouverslaterre. | | On m'a dit auffy auoir vû quelque fois vn'troifiefme arc-en-ciel au deffus des deux ordinaires, mais qui eftoit * beaucoup plus foible, & enuiron autant efloigné du fe- cond que le fecond du premier. Ceque ie ne inge pas pouuoir eftre arriué, fi ce n'eft qu'il y ait eu des grains de grefle, fort ronds, & fort tranfparens, meflés parmi la pluie, dans lefquels la refraction eftant notablement plus grande que dans l'eau, l'arc-en-ciel exterieur aura deu y eftre beaucoup plus grand, & ainfi ‘paroïftre au deflus de l’autre. “Erpour l'interieur qui par mefie raie fon aura deueftre plus petit que l'intérieur de la pluie , il fe peut faire qu'il n'aura point efté remarqué a caufe du grañd luftre de cétuÿ cÿ? oubien que leurs extrémités s’eftant iointes on ne les aura conté$ tous deux que pour vo, mais pour vn dont les couleurs auront éfté autre- ment difpofées qu'a l'ordinaire. | Et cecy me fait fouuenir d'vne innéntion pour faire paroiftre des fignes dans le ciel, qui pourroïent caufer grande admiration a eux qui en ignoreroient les rai- fons. Ie fuppofe que vousfçaués defa la façon de faire voir l’arc-en-ciel par le moyen d’vne fontaine. Corñme fi l'eau qui fort par les petirstronts À BC, fautät affés haut, s'efpand en l'air de tous coftés vers R, & que le foleil foit vers Z, enforte que ZE M eftat ligne droite Fangle MER puifle eftre d'enuiron 42 dépres, lœilE ne man- ET quera 270 Les METEORES. .° F .* . LU 5 . . er de lt 0 Cordon ts 0 ant si te Liane ns: FSU NS RTS MO our ES UNE TO AL FT QE < e - , . . + » LT . ed “Pa quera pas de voir l'iris vers SR, ‘tout femblable à ae quiparoift dansle ciel. A quoy. il faut maintenent ad- joufter qu’il yades huiles, des eaux de vie, & d’autres liqueurs , dans lefquelles. la refraction {e fait notable ment plus grande ou plus petite, qu'en l'eau commune, & qui ne font pas pour cela moins claires & tranfparen- tes. En forte qu'on pourroit difpofer par ordre plufieurs on taines, dans lefquelles y ayant diuerfes de.ces li- queurs, on y verroit par leur moyen toute vne grande partie du ciel pleine des couleurs de iris : a fçauoir en faifant que les liqueurs, dont la refraction feroit la plus grande, fuffentles plus proches desfpedtateurs; &qu'el- | lesnes ‘efleuaffent point fihault, qu'elles empefchaffent la veuëde celles qui feroient derriere. Puis a caufe que fermant vne partie des troux À BC onpeut faire difpa- roiftre telle partie de l'iris RR qu'on veut, fansofter les autres, ileft ayfé a entendre que tout de mefme, oùurant & fermant a propos lestroux de ces diuerfes fontaines, on pourra faire que ce qui paroiftra coloré.ait lafigu- 1410 | - FC Drscours HuïTIESME. _ 27r re d’vne croix, ou d'vne colomne, ou dé quelque autre telle chofe, qui donne füietd'admiration.: Mais i’auoue qu'ily faudroit de l'adreffe & de la defpenfe;affin de pro- rtionner ces fontaines, & faire que les liqueurs y fau- taffent fi hanlt, que ces figures peuffent eftre veuës de fort loin par tout vn AA ; fans gae l'artifice s endé. couurift. | DE hé: COVLEVR DES. NVES, Et des cercles ou couronnes qu'on voit siquelquefois autour des nos 5: Difeours N eufafme… Are RES ce que: i 3j dit de la nature des couleurs, ie tonchant ceHeé qu on voit: itdans lesr nuës. Car premiere- _ ment pourcequieft de Leur blancheur & de leur ob{cu- rité ou noirceur, elle ne procede que de ce qu’elles font plusou moins expofées a la lumiere desaftres ou a l 'om- bre, tant d'elles mefmes, que-de leur voyfines. Etilya {eulementicy deux chofes aremarquer., Dont l'vne eft _ que les fuperficies des cors tranfparens font reflefchir vne partie des rayons qui vienent verselles,ainfi que i’ay dit cydeflus, cequieft caufe que lalumiere peut mieux penerrer autrauers detrois picques ç d’eau, qu'elle ne fait | autrauers d'vnpeu d’efcume, qui n’eft pute fois autre _ chofe que de l’eau, maisen laquelle ilya plufieurs faper- fies, dont la premiere. faifant reflefchir.vne partie de cete 272 «Ines MEÉTEGORE 62: -cete lumiere, &'lafecandevne autréparties & ainfide fuite; il n'érefte bientoft: plus du tout on préfque plus -quipaffe outre." Et c'eftainfi quenyle verrepilé, nyla neige, ny les nuës lorfquelles fônt'vn peñ efpaifles, ne penuent eftrétranfparentes. L'autréchafe qu'il ÿ'ai aremarquer, ét qu'énicore qué l'action des: cors lurt: neuxne foit que de pouffer en ligne droitelamatiere fubtile qui touche nos Jeux: , toutefois le mo ement prdinaire des potires parties de cete matierc,au RU de celles qui fonten l'air autour de nous ;eft de rouller.. en mefine façon qu ‘vne bale roullé eftant: ateftré ; encore qu'on ne lait pouffée au'éñligne droite, ‘Et cé font pro- prement les cors qui les font rouller en cete forte qu’on nomme blancs. Comme font; fans doute, tous ceux qui _ ne manquent d’'eftre tranfparens qu'a caufe de la multi- tade de leurs faperficies, Tels que font l’efcumie, le ver- re pilé, faneige, &les tués. En füite dequoy’ on peut entendre poutquoy le ciel, 'eftañit fort | pur &' défehargé detoüs nuages paroift blet, pourvû qu'on fçache que deluy mefmeilne rend aucune clarté, & qu'il paroiftroit extremement noir, s'ilny auoit point du tout d’ exhalaii | fonsny-de vapeurs au deffus de nous ; Mais qu'il y en a toufiours plus où moins qui font reflefchir quelques rayons vers nos YEUX, C eft a dire qui repouffent vêts nous les petitesparties de la matiere fubtile que Le foleil ou les autres aftresont pouffc contre élles: & lorfque c ces vapeurs font en‘ aff é grand nombie , fa matiere fubtilé VAR eftant repouflée vers nous par les premieres, enrencon= tre d’autres aprés qui font rouller & tournoyer fes pets res és paities; avant quelles patuienenta nbus Cequi fait alors k pi Discours NEUFIESME. | ss alors paroiftre le ciel blanc, Au lieu que f élle n’en-ren- _contre aflés pour faire ainfi tournoyer fes parties: , il ne doit paroiftre quebleu, fuiuant cequi a eftétantoft dit de la nature de la couleur bleuë. Et c’eft la mefme caufe qui fait aufly que l’eau de la mier, aux endroirs où elle eft fort pure.& fort profonde, femble eftre bleuë, car ilne {e reflefchift de fa fuperficie que peu de rayons, & aucun de ceux qui la penetrent nereuient. De plus on peuticy . entendre pourquoy fouuent ; quand le foleilfe couche ou fe leue, tout le coftédu ciel vers lequel il eft paroift rouge: cequiarriue lorfqu'ilny a pointtant de nuës, ou _plutoft de brouillas, entre luy & nous, quefa lumiere ne puiffe les trauerler;mais quelle ne les trauerfe pas fiayfe- ment tout contre laterre, qu’vn peu plus haalt; ny fi ay- fement vn peu plus hault , que beaucoup plus hault : car ileft euident que cete lumiere, fouffrant refration dans ces brouillas, determine les parties de la matiere fubtile quilatranfmettent, a tournoyer en mefme fens, que fe- roit vne boule qui viendroit du mefime cofté en roullant fur terre. de façon queletournoyement desplusbaffes eft toufiours augmenté par l'action de celles qui font plus hautes, a caufe qu'elle eft fuppofee plus forte que la leur, & vous fçaucs que cela fuffift pour faire paroiftrela couleur rouge , laquelle fe retiefchiffant aprés dans les nuës , fe peut eftendre de touscoftésdansle ciel. Etil eft a remarquer que cete couleur paroiffant le matin prefage des vens ou de lapluie, à caufe qu'elle tefmoi- gne, qu'y ayant peu de nuës vers l'Orient, le foleil pourra efleuer beaucoup de vapeurs auant le midy , & que les brouillas qui la font paroiftre commencent a monter,Au er MER | Cie à 274 _. Les METEORES. : _ lieuquele foir elle tefmoigne le beautems ; a caufe que ny ayant que peu ou point de nuës vers le conchant, les vens Orientaux doiuentregner, &les brouillas def. cendent pendant la nuit. | Ie ne m'arefte point a parler plus particulierement des autres couleurs qu’on voit dans les nuës. car ie croy que les caufes en font toutes affés comprifes en ceque iay dit. mais il paroift quelquefois certains cercles autour des äftres , dontie ne dois pasomettre l’explication. Ils font femblables a l’arc-en-ciel en ce qu'ils font ronds, ou pref. que rons, & enuironnent toufours le foleil ou quelque autre aftre: cequi monftre qu'ils font caufés par quelque reflexion ou refraction dont les angles font a peu prés tousefgaux, Comme auffy en ce qu'ils font colorés: ce qui monftre qu'il ya de la refra@tion, & de l'ombre qui } limite la lumiere quilesproduift. Mais ils different en ceque l'arc-en-cielne fe voitiamais, que lors qu'il pleut actuellement au lieu vers lequel on le voit , bienque fou- uentil ne pleuue pas au lieu où eft le fpectateur, Et eux nefe voyentiamaisoüil plent, Ce qui monftre qu'ils ne font pas caufés par la refraétion qui fe fait en des gouttes d’eauouendela grefle , mais par celle qui fe faiten ces petites eftoiles de glace tranfparentes, dontila cftépar- lé cy deffus. Caron ne fçauroit imaginer dans les nuës aucune autre caufe qui foit capable d'unteleffe, &fi onne voit iamais tomber de telles eftoiles que lorfqu'il fait froid, la raifon nous affure qu'ilne laiffe pas de s’en former entoutesfaifons. Mefme a caufe qu'ileft befoin de quelque chaleur, pour faire que de blanches qu’elles font au commencement elles deuienent tranfparentes, ainfi Dispexs NEUFIESME. 27$ ainf. qu'il eft requis a cet effe&, il eft vray femblable que l'efté y eft plus propre quel’ hyuer. Etencore que laplus part de celles qui tombent , paroiffent a l’œil extreme- ment plates & vnies , il eft certain neanmoins qu'elles font toutes quelque peu plus efpaiffes au milieu qu'aux extremités, ainfi qu'ilfe voit auffy a l'œil en quelques vaes, &felon qu'elles le font plus ou moins, elles font pa- roiftre ces cercles plus ou moins grands: car il yen a fans doute de plufeurs grandeurs, & fi ceux qu'on a le plus {ouuent obferués ont eu leur diametre d’enuiron 45 de- grés.ainfi que quelques vns ont efcrit,ie veux croyre que les parcelles de glace, quilescanfent de cete grandeur, out la conuexité qui leureft la plus ordinaire, & qui eft peuteftre auffÿ la plus grande qu'elles layent couftume d’acquerir fans acheuer entierement de fe fondre. Soit par exemple A B C le foleil, D l'œil, EF G pluf eurs pe- tites parcelles de glace tranfparentes , arrengées cofte a cofte les vnes des autres, ainfi qu’elles font en fe for: mant, & dont la conuexité ef relle , Que le rayon venant N par exemple du point À fur l'extremité de celle qui eft marquée G, & du point C fur l extremité de celle quieft marquée EF, retourne vers D, & qu'ilen vient vers n plufieurs autres de ceux qui trauerfent les autres parcel les de glace quifont vers E, mais non point aucun je ceux qui trauerfent celles qui font au dela du cercle GG: Ileft manitefte qu'outre que lesrayons AD, CD ,.& femblables, qui paffent en ligne droite , font paroiftre le … foleil de fa grandeur accouftumée, les autres qui fouffrent refraction vers EE, doiuent rendre toute l'aire comprife danslecercle FF aflés brillante, & faire que fa circonfe- Mm 2 | rencé: » © 276 Les METEoREs, | | R | rence entre les cercles FF, & GG, foit com- me vne coutron- ne peinte des couleurs de mefme que le ‘rouge y doit. eftre en dedans vers F , & le bleu en dehors vers G, tout de mefme qu’on a couftume de l'obferuer. Et s’il y a deux ou - plufieurs rangs de parcelles de glace l'vne fur l'autre , pourvûü que cela n’empefche point que les rayons du foleil ne les trauerfent , ceux de ces rayons qui entrauerferont deux par leurs bords, fe courbans pref- que déux fois autant que les autres, produiront encore vaautre cercle coloré, beaucoup plus grand en circuit, mais moins apparent que le premier; en forte qu'on ver- ra pour lors deux couronnes l’vne dansl'autre, & dont l'interieure fera la mieux peinte. Comme il a auffyefté quelquefois obferué. Outre cela vous voyés bien pour- quoy ces couronnes n'ont pas couftume de feformerau-"" - tour l'arc-en-ciel: Et Discours NEUFIESME. ‘277 tour des aftres quifont fort bas vers l'horizon, car les rayons rencontrent alors trop obliquement les parcelles de glace pour les trauerfer ; Et pourquoy leurs couleurs ne font pas fi viues que les fienes. car elles font caufées par des refractions beaucoup moindres, Et pourquoy el- _ les paroiffent plus ordinairement que luy autour dela June, & mefme fe remarquent aufly quelquefois autour des eftoiles, a fçauoir lorfque les parcelles de glace in- terpofées n’eftant que fort peu conuexes les rendent fort petites, car d'autant quelles ne dependent point de tant de reflexions & refractions que l’arc-en-ciel, la lu- _ miere quiles caufe n’a pas befoin d'’eftre fi forte. Mais fouuent elles ne paroïffent que blanches, non point tant par faute de lumiere, que pourceque la matiere où elles fe forment n'eft pasentierement tranfparente, On en pourroit bien imaginer encore quelques autres qui fe formaffent a l’imitation de l’arc-en-ciel en des gouttes d’eau,a fçauoir premierement par deux refra- étions fans aucune reflexion; maisalors il n’y arien qui determine leur diametre, & la lumiere n’yeft point limi- tée pat l'ombre, commeil eft requis pour la production des couleurs. Puis aufÿ par deux refrations & trois où quattre reftexions, mais leurlumiere, eftant alors gran- dement foible, peut ayfement eftre effacée par celle qui fe reflefchift de la fuperficie des mefmes gouttes. ce qui me fait douter fi iamais elles paroïflent, & le calcul mon- ftre que leur diametre deuroit eftre beaucoup plusgrand qu'on ne le trouue en celles qu'on a couftume d ob- feruer. : Bofin pour cequieft de selles qu'on voit quelquefois Mm 3 . autour 278 + Les METEORES. autour des lampes & des flambeaux la caufe n'en doit pointeftre cherchée dans l'air mais feulement dans l'œil qui les regarde. Etienay vû cetefté dernier vne expe- rience fort manifefte, ce fut en voyafgeant de nuit dans vanauire, où aprés auoir tenu tont le foir ma tefte ap- puice fur vne main, dont ie fermois mon œil droit, pen- dant que ie regardoisde l'autre vers le ciel, on apporta vne chandelle au lieu où 'eftois: & lors ouurant les deux yeux ie vy deux couronnes autour de la flame, dont les _ couleurs eftoient auffy viues, queie les aye jamais veués en l'arc-en-ciel. ABeft la plus grande , quieftoit rouge vers À,& bleuë vers B: C D la plus petite, qui eftoit rou- A UD, ne se KZ ZX = ! s K } ES SRE ES hi 5 il | LL 1) Till 1] LU 4 4) ge aufly vers C , mais vers D elle eftoit blanche 18 _s'eftendoit iufques a la flame. Aprés cela refermant l'œil _ droit, l'apperceu que ces couronnes difparoifloient, & qu'aucontraire en l'ouurant , & fermant le gauche, elles continuoient de paroiftre. cequi m'aflura qu'elles ne _procedoient que de quelque difpofition, que mon œil | _ droit auoit acquife pendant que ie l'auois tenufermé, & qui eftoit caufe, qu'outre que la plus part des rayons de: la flame qu’il reçeuoit, la reprefentoient vers O où ils | “ | s'aflem. Discours NEUFIESME, 279: s’'affembloient , il yen auoitaufly quelques vns , qui eftoient tellement détournés , qu'ils s’eftendoient en tout l'efpace f O, oùils peignoientlacouronne C D, & quelques autres en Pefpace F G, où ils peignoient la cou- ronne AB. lene determine point qu'elle eftoit cete difpofition. carplufieurs differentes penuent caufer le mefme effet. Commes'ily a feulement vne ou deux petites ridesen quelqu'vne des fuperficies E, M, P, qui a caufe de da figure de l'œil s'y eftendent en forme d'vn cercle dont le centre foitenlaligne E,O, com- me ily en à fouuent de toutes droites qui fe croyfent en cete ligne E, O, & nous font voir de grans rayons efpars ça & R autour des flambeaux, Oubien qu'il y ait quelque chofe d’opaque entre E,:& P ; où mefine a coté en quelque lieu , pourvû qu'il s’y eftende cir- _culairement ; Ouenfin queles humeurs, ou les peaux de l'œil , ayent en quelque façon changé de tempera- ment, ou de figure. car il eft fort commun a ceux qui ont mal aux yeux de voir de telles couronnes, & elles ne paroiflent pas femblables atous. Seulement faut il remarquer que leur partie exterieure ; com- me À & C, eft ordinairement rouge, toutau contrai- re de celles qu’on voit autour des aftres. dont larai- fon vous fera claire , fi vous confiderés qu’en la pro- __ duétion de leurs couleurs , ceft l'humeur criftaline | PNM, qui tient lieu du prifme de criftal dont il a Voyés au tantoft efté parlé, & le fons de l'œil FG f, quitient ie lieu du linge blanc qui eftoit derriere. Mais vous | douter peuteftre pourquoy puifque l'humeur crifta- . Jinea ce pouuoir, elle necolore pas en mefme façon | | | tous 280 Les METEORES. | LA M RS CE LL ESS (7e, CZ = K SU 2 A, Ps à JDS$ = LÆ ER = . VC = tous les obiets que nous voyons ? fi ce n’eft que vous ” confideriés que les rayons, qui vienent de chafque point de ces obiets vers chafque point du fonds de l'œil, paf- fantles vns par celuy de fes coftés quieft marqué N, & les autres par celuy qui eft marqué S, ont des actions toutes contraires, & qui fe deftruifent les vnes les au- tres , au moins en ce qui regarde la produ@tion des couleurs, au lieu qu’icy les rayons qui vont vers FG f ne pañfent que par N. Et tout cecy fe rapporte fi bien a ce que j’ay dit de la nature des couleurs ; qu'il peut ce me femble beaucoup feruir pour en confirmer la verité. RE Discours DERNIER 39 DE L'APPARITION DE PLV. SIEURS SOLEILS. Difcours Dernier. NN étéacoie quelquefois d’autres cercles danses “+ nuës, qui different de ceux dont iay parlé, en ce qu'ils ne paroiffent iamais que tous blancs , & qu’au lieu + e d'auoir quelqueaftre en leur centre, ils trauerfent ordi- pairement celuy du foleil ou delalune , & femblent pa- ralleles ou prefque parallelesa l'Horizon. Mais pource- qu'ils ne paroïffent qu'en ces grandes nuës toutes rondes dontilaefté parlé cy deffus, & qu’on voit auffy quelque- fois plufieurs foleilsou plufieurs lunes dans les mefmes nuës, il faut que i'explique enfemble l'vn &Pautre. Soit par exemple À le midy, où eft le foleil accompagne d’vn vent chaud quitend versB, &C le feptentrion , d’oùil vient vn vent froid quitend auffy vers B. Etlàie fuppo- fe que ces deux vens rencontrent ou aflemblent vne : nuë, compofée de parcelles de neige , qui s’eftend filoin ‘en profondeur & en largeur, qu'ils ne peuuent pañler l'un au deflus l’autre au deffous ou entredeux ainf qu'ils ont ailleurs de couftume, maisqu'ils font contrains de prendre leur cours tout a l’entour : au moyen dequoy non feulement ils larondiffent;mais auffy celuy qui vient l du midy, eftant chaud, fond quelque peu la neige de fon circuit, laquelle eftant aufy toft regelce, tant par celuy du Nord qui eft froid, que par la proximité de la neige Nan inte- 282 - Les METEORES. | interieure qui n’eft pas en- Pt A core fonduë, peut former comme vn grand anneau de glacetoute continué & tranfparente , dont la fu- perficie ne manquera pas d’eftre affés polie, a caufe queles vens qui larondif. fent font fort vniformes. Et de plus cete glace ne manque pas d'eftre plus cfpaifle du cofté DEF, que ie fuppofe expofé au vent chaud & au foleil,que de l’autre G HI, où la nei- genes’eft pû fondre fi ay. fement, Et enfin il fautremarquer qu'en cete conftitu- tion d’air,& fans orage, il ne peut y auoir affes de chaleur autour de la nuë B, pour y former ainfi de la glace, qu'il ny en ait aufly affés en la terre qui eft au deflous , pour y exciter des vapeurs qui la fouftienent, en fouleuant & pouffant vers le ciel tout le cors de la nuë quelle embraf fe. En fuite dequoyileft euident quela clarté du foleil, lequelie fuppofe eftre affés haut vers le inidy, donnant tout autour fur la glace DEF G HI, & de là fe refle- fchiffant fur la blancheur de laneige voyfine, doit faire paroiftre cete neige a ceux qui feront au deflous,en for- me d'vn grand cercletoutblanc. Et mefme qu'il fufift a cet effect que la nuë foit ronde, & vn peu plus preffce en fon circuit qu'au milieu, fans que l'anneau de glace doiue YA C nl { Drscours DERNIER. 283 doiueeftre formé Maislors qu'il left on peut voir,eftant au deffous vers le point K, iufques a fix foleils, qui fem- blent eftre enchaffés dans le cercle blanc ainf qu’ autant de diamans dans vnebague. A fçauoir le premier vers E, par les rayons qui vienent directement du foleil que ie fuppofe vers A: Les deux fuiuans vers D, & versF, par Ja refraction des rayons qui trauerfent la glace en ces lieux là, où fon efpaifleur allant en diminuant, ils fe courbent en dedans de part & d'autre, ainfi qu’ils font entrauerfant le prifme de criftal dont il a tantoft efté parle. Et pour cete caufe ces deux foleils ont leurs bords peins de rouge,en celuy de leurs coftés quieft vers E,où la glaceeft le plus efpaiffe, & debleuen l’autre, où elle l'eft moins. Le quatriefme foleil paroift par reflexion au point H,; &les deux derniers auflÿ par reflexion vers G, & vers. paroùie fuppofe qu’on peut defcrire vn cercle dont le centre foit au point K, & qui paffe par Ble centre de la nuë , en forte que les angles KG B, & KB G ou BGA, font efgaux, & tour demefme K1B, & K BIou. BIA, Car vous fçaués que la reflexion fe fait toufiours par angle: efgaux, & que la glace eftant vn cors poli doit reprefenter le : foleilen tous les lieux d’où fes rayons fe peuuentretlefchir vers l'œil. Mais pourcequeles rayons qui vienent tous droits font toufiours plus vifs, que ceux qui vienent par refraction, & ceuxcy encore plus vifs, que ceux qui font reflefchis., le foleil doit paroiftre plus brillant versE, que vers D'ou F, &icy encore plus bril- lanr, que vers GouHouf, &cestrois, G,H,&lI,ne doi- uent auoir aucunes Lai be autour de ln 4 com- me les deux, D, & EF, mais feulement eftre blancs. Que | Mn fi 284 Les MaeTeoREs hot ‘ filesregardans ne font pas AN ft A versK, mais quelque part plus auancéf vers B,enfor- te que le cercle dont leurs yeux fonr le centre, & qui pañfe par B , ne couppe point la circonference de la nuë, ilsne pourront voir les deux foleils G & I, mais feulementles 4 autres. Et fi au contraire ils font fort reculés vers H, ou au delà vers C,ils ne pourront voir que les ;, D,E,F, G, &I. Et mefme eftant affés loin au delà , ils ne verront que jestrois, D. E,F, quine feront plus dde va cercle blanc, mais comme Érauercé d’vne barre blanche. Comme auffÿ, lorfque le foleil eft fi peu efleué fur l’Horizon qu'il ne peut efclairer la partie de la nuë G HI, oubien lorf- qu'elle n’eft pas encore formée, il eft euident qu’on ne doit voirque les trois foleils D,E,F. | Aurefte ie ne vous ay iufquesicy fait confi aura que le plan de cete nuë, &il y a encore diuerfes chofes a Y. remarquer qui fe verront mieux en fon pourfil. Premie- rement bienque le foleil ne foit pas enlaligne droite qui vad’E vers l'œil K, mais plus haut ou plus bas, il ne doit pas laiffer de paroiftre vers à. Principalement fi la glace ne s'y eftend point tropen hauteur ou profondeur. car alors la fuperficie de cete glace fera fi courbée , qu sé quel- Discours DERNIER, 235 quelque lieu qu'il foit, elle pourra quafñ toufiours ren- uoyer fesrayons vers K. Commefiellea en fon efpaif- feur la figure comprife entre les lignes 123 & 4 56, il eft euident que non feulément lorfquele foleil fera en la li- gne droite À 2, fes rayons la trauerfant pourront aller. vetrsl'œilK, maisaufly lors qu'il fera beaucoup plus bas, comme en Ja lignes 1, ou beaucoup plus haut, comme en la ligne T 3; &'ainfyle faire toufiours paroiftre com- me s'ileftoit vers E. car l’anneau de glace n’eftant fup- pofé.gueres large, la difference: qui eft entreles lignes : 4K, 5K, & 6K, n'eft pas confiderable, Et notés que. cela peut faire paroiftre le foleil aprés mefme qu'ileft couché, & qu'il peut aufly reculer ou auancer l'ombre des Horoléges: &leur faire marquer vne heure toute: autre qu'il ne féra. Toutefois file foleil eft beaucoup plus bas qu'il'ne:paroift vers E, enforte que fes rayons : Nn:3. paffent : 286 | .: METEOR ES. paffent aufly en ligne droite par le deffous de la glace, iufques a l’œilK, comme S > K, queie fuppofe parallele aS r, alorsoutre les fix foleils precedensonen verra en- core vn fettiefme au deflous d’eux,& qui ayant Le plus de lumiere, effacera l'ombre qu'ils pourroient caufer dans les Horologes. ‘Tout de mefine s’il eft fi haut que fes rayons puiffent pañler en ligne droite vers K par le def- fus de la glace, comme T'8 K quieft parallele a T'3, & que la nuë interpolée ne foit point fi opaque qu'elle les en empefche, on pourra voir vn fettiefme foleil au deffus desfixautres, Quefldaglace 123, 456 s’eftend plus haut & plus bas comme iufques aux poins 8, & 7,.le foleil eftant vers À, on en pourra voir troisl’vn fur l’autre, vers E, a fçauoir aux poins 8, 5,& 7: Etlorson .en pourra auf frwoir. trois l’vn {ur Lantre vers D, & trois vers F, en forte qu'ilen paroiftra iufquesa douze , enchaflés dans le cercle blancDEFGHTIT. Et le fsleil eftant un peu plus'bas que vers S, ou plus haut que vers T',ilen pourra derechefparoiftre trois vers E, a fçauoir deux dans le cercle blanc, &vnautre äu def ous, ou au deflus : Et lors ilen pourraencore paroïftre deux vers D, & das: vers F. Mais ie ne fçache point que iamais on en aittane obferuétoutala fois, ny mefne que lorfqu'on en à vi trois Pvn fur l autre, comme ileft arriué ‘blufieurs foix;ou en ait remarqué quelques autresaleurscofté, Ou bien que lorfqu'on.en a vü trois cofte acofte, commeileft aufly arriué plufeurs foix, ou en ait remarqué quelques autres au deffus, ou au tb Dont, fans doute, la rai- {on eft que la largeur de là glace, marquée entre les” poins 7 &8,nad ordinaire aucune proportion, auec la ofans |) 13, Discours DERNIER, 287 e Le .d d l $ » A TEBEITrS ; LR. 'hFre + CE A EE grandeur du circuit detoute la nuë: en forte que l'œil doit eftre fort proche du point E, lorfque cete largeur luy paroift affés grande pour y diftinguer trois {oleils l’vn für l'autre; & au contraire fort efloigné affin queles rayons quife courbent vers D, & versF, où fe diminue le plus l'efpaifleur de la glace, puiflent paruenir infque: a luy.i | | | Etil arriue rarement que la nuë foit fi entiere, qu'on en voye plus detroisen mefme tems. Toutefois on dit qu’en l'an 1625 le roy de Polongne en vitiufque a fix. Et iln'y a quetrois ans que le Mathematicien de Tubinge: obferua les quatre defignésicy parles lettres D,E,F,H.. . mefme il remarque particulierement en ce qu’il en a efcrit que les deux D & F eftoientrouges, vers celuy du milieu E, qu'ilnommele vray foleil, & bleus de l'autre. cofté, & que le quatriefme Heftoitfort pale, &:ne par. de le _ roifloit- -288 Les RE EEE à de 6 roiffoit que fort peu. Ce qui confirme fort ceque i’ ay dit. Mais l'obferuation la plus belle & la plus remar- quable, que r'aye veu en cete matiere, eft celle des s {o- leils, qui parurent a Rome en l'an 1629, le 20 de Mars, Æurles 2 ou 3 heuresaprés midy. & afin que vous puif- fiés voir fi elle s'accorde auec mon difcours ie la veux “mettre icy aux .mefmes termes qu'elle fut dés lors diuulouée. A PET Komanus. B ver- «tex loco obferuato- 12 incumbens. C * fol verus obferva- tus. À B planum verticale, in quo & oculus obfervatoris, & fol obfervatus extftunt ,in quo & vertex lociB iacet, adeoque omnia per lineam verticalem _ A B reprefentan- +ur: in banc enim totum planum ver- : ticale procumbit. dde ; Circa [olem C ap- 5 paruere due ‘in- | complete Lrides ; etdem foticcentiise, Li Ps quarum minor, five in- terior D EF _. € perfeétior fuit , curta tamen five Gens aperta = . Fe Discours DERNIER 289 aperta a D ad F,6 inperpetuo conatu fefe claudendi [tabar, & quandoqueclaudebat, fedmox denuo apericbat. Altera fed debilis [emper & déxconfhirabilé fait GA I, extertor & {ecundaria, variegatatamen & ipfa fuis coloribus; [ed ad- _modum inflabilis. Tertia, & unicolor, eaque el magna ris, fuit LM N, tota alba, quales [epe vifentur In pa- rafelents circa lunam. bæc fuit arcus excentricus integer ab 2nitio [olis per medium incedens, circa finem tamen ab M verfus N debilis & lacer,imo D inullus. Cæterum in com- munibus circuli buius interfeltiontbus cum Irideexteriore., -G AT, emerferunt duo parhelia non ufque adeo perfeëta, IN & K°; quorum hoc debilius,illud autemfortius & luculentius Plende[cebat, amborum medius nitor emulabatur folarems {ed latera coloribus Iridis pingebantur ; neque rotundi ac praæcifi, fedinæequales & lacunofi ipforum ambitus cerneban- Œur, NN inquietum Pettrum , eiaculabatur caudam fpiffam fubigneam NO P , cum iugi reciprocatione. LE M fuëre trans Zenith B, prioribus minus vivaces, [ed rotundiores & albt,1nftar circuli fui cutinherebant, lac, [eu argentum pu- | TUM EXPrIMENÉes, quanquam | Mmedi& tertià iam prope di- | fharverar, nec nifi exigua [ui veftigia [ubinde prebuit, quip- peë circulus ex illa parte defecerat. Sol N defecit ante [0- lem K 1lloque deficiente roborabatur K, quiomnium ultimus difparuit, &c. CKLM N eftoit vn cercle blanc ds lequel fe voyoient cinq foleils, &c il faut imaginer,que le fpecta- teur eftant vers À , ce cercle eftoit pendant en l'air au deffus de luy, en forte que le point B refpondoit au fom- met de fatefte, & que les deux foleils L & M eftoient … derriere fes efpaules, lorfqu'il eftoit tourné vers les trois Oo autres 290 ve ES Aug ou El autres KCN; dont les deux K & N eftoient co- lorés en leurs bors, & n’eftoiêt, . nyfironds, nyf brillans, que ce- luy qui eftoit vers C. cequimonftre qu'ils eftoient _ caufé par refra- ction ; au lieu que les deux L & _M eftoient aflés ronds,mais moins brillans , & tous blancs, fans me- flange d'aucune autre couleur en jeursbors. ce qui monftre qu ils eftoient caufés parreflexion. Et plufieurs chofes ont pû empefcher qu'il n’ait paru encore vn fi- xiefme foleil vers V, dont.la plus vrayfemblable eft que l'œil en eftoit fi proche, a raifon de la hauteur de La nuë, que tous les rayons qui donnoient fur la glace, vers là, fe à reflefchifloient plus loin quelepoint A. Et encoreque _Jepoint B ne foit pas icy reprefenté fi proche des foleils L & M, que du centre de la nuë, cela n'empefche pas que la reigle que iaytantoft dite , touchant le lieu ou ils doiuent paroiïftre, n'y fuft obferuée, Car le fpectateur. eftant ÉSS LS Discours DERNIER. 282 eftant plus proche de l'arc LV M que des autres parties du cercle, l'a deuinger plus grand , à comparaifon d'el- les, qu'’iln’eftoit; Outre que fans doute ces nuës ne font jamais extremement rondes , bienqu'elles paroiffent à l'œil eftre telles. Mais ily.a encore icy deux chofes affés remarquables, | La premiere eft,que le foleil N qui eftoit vers le cou- chant, ayant vne figure changeante & incertaine, iet- -toit hors de foy comme vne groffe queuëé de feu, N OP, qui paroifloit tantoft plus longue tantoft plus courte. Ce qui n’eftoit fans doute autre chofefinon que l’image du _ foleileftoit ainfi contrefaite & irreguliere vers N, com- me on la voit fouuent lorfqu'elle nage dans vne eau vn peu tremblante, ou qu'on la regarde au trauers d’vne vi- tredontles fuperficies fontinefgales, Carla glaceeftoit vray femblablement vn peu agitée en cet endroit là. & ny auoit pas fes fuperficies fi regulieres,pourcequ'elle y commencoita fe diffloudre, ainfi qu'il fe prouue de ce que le cercle blanc eftoit rompu, & comme nul entre M&N, & quelefoleil N difparut, auant le foleil K qui fembloit fe fortifier a mefure que l’autre fe diffipoir. La feconde chofe quirefte icya remarquer, eftqu'il y auoit deux couronnes autour du foleil C, peintes des _mefmes couleurs que l’arcenciel, & dont l'interieure DÉF eftoit beaucaup plus viuë & plus apparente que lextérieure G HI, en forte que ie ne doute point qu’el. les ne fuffent caufées, en la façon que iay täntoft dite, par . larefraction qui fe faifoit, non en cete glace continué oufevoyÿoientles foleils K & N, mais en d'autre, dinifée . enplufeurspetites parcelles, qui f trouuoit au deflus Oo 2 | TER _& au deffous, car . _il eft bien vray- femblable que h. mefme caufe,qui auoit pû compo- fertout vn cercle de glace de quel- ques vnes des parties exterieu- res de la nuë,. auoit difpofé les autres voyfines à . faire paroiftre ces couronnes. De façon que fi on n'en obferue pas toufiours detelles : No F8 101: 6rs qu'on voit Fe | plufieurs foleils, c'eft que l'efpaif- feur dela nuë ne s’eftend pas toufours au delà du cercle _ deglace qui l'enuironne; oubien qu’elle eft fi opaque & obfcure qu'onne les appercoit pas autrauers.Pour lelieu ou fe voyent ces couronnes , c’eft toufiours autour du vray foleil, Et elles n’ont aucune coniun@ion auec ceux qui ne font que paroiftre. car bienque les deux K & N fe rencontrent icy en l'interfection de l’exte: rieure & du cercle blanc, c'eft chofe qui n'eft arrinée _que par hazard, & ie m'aflure que le mefme nef vit point aux lieux vn peu loin de Rome, ou ce jen | | | | Phai- Discours DERNIER, 293 Phainomene futremarqueé. Maisie ne iu gé pas pource- la que leur centre foit toufiours en lai gne droite tirée de l'œil vers le foleil, fiprecifement qu'yeft céluy de l’arc- en-ciel ; car il.y a cela de difference, que les gouttes d'eau, eftant rondes, caufent toufiours mefme refraction en quelque fituation qu'elles foient ; au lieu que les par- celles de glace, eftant plates , la caufent d’ autant plus grande, qu'elles font regardées plus obliquement. Et pourceque lorfqu’elles fe forment par le tournoyement d’vn vent fur la circonference d'vne nuë, elles y doiuent . eftre couchées en autre fens, que lorfqu’elles fe forment au deffus ou au deffous, Il peut arriuer qu’on voye en- femble deux couronnes, l'vne dans l'autre, qui foient a _peu prés de mefme grandeur, & du n ayent pas iufte- ment le mefme centre. De plus il peut arriner qu’outre les vens AT a nent cete nuë, il en paffe quelqu’vn par deflus ou par deflous , qui derechef y formant quelque fuperficie de glace , caufe d’autres varietés en ce Phainomene. Comme peuuent encore faire les nuës d’alentour, ou la pluie sily en tombe : Car les rayons, fe re- flefchiffant de la glace d’vne de ces nuës vers ces gouttes , y reprefenteront des parties d’arc-en-ciel, dont les fituations feront fort diuerfes. Comme auf | Jes fpectateurs n'eftant pas au deffous d'vne telle nuë, mais a cofté entre plufieurs , peuuent voir d’autres cercles & d’autres foleils. De quoy ie ne croy pas qu'il foit befoin que ie vous entretiene d’auantage. - D car refpere que ceux qui auront Compris tout ce qui à | Oo à acfté jte SET À 77 ADR £ : US bo RS 90 EN À 4 $ + ‘200 De ae %e 294 Les Metro RES D ISCOURS DERNIER, a efté dit en ce traité, ne verront rien dansles nuës a l'auenir, dont ilsne puiffent ayfement entendre Hacanfe, ny qui leur donne fuiet d'admiration. > l Es ! Ca 1 / % c Het. AE x , 4 ! F x x: , , Ga » Ü 4 4 À $ # L LL ” Ÿ V \ Li UN us * Li n " s … j , > A Lis à > À è 1 ; ë Ô A « te # r * 4 FL . £ » Ed (M . * + “ « A Li L … a, à À À . p : + . A: -1S ‘ s-J"3 + 5 s r \ , À 3 « l « \ » En À] “ # 22 1 4 < : KL l (] | 4 : X : - ÿ \ \ { > - L] * e t ° Aduerifement Usaurs iey d'ay tafihé eme de intelligible a tout lemonde, mais pourcetraîté ie craïns, qu ‘ilne pourra eftre deu queparceux, qui [tauent defia ce qui eft dans les liures de Geometrie. car d'autant qu'ils contienent plufieurs ve- rités fort bien demontrées, t'ay creu qu'il feroit fuperflus de des repeter, & n'ay pas lailfé pour cela de m'en [eruir. 297 El | so à AE JA + Le: ou AS A © Ne HR .! LIVRE PREMIER. Des problefmes qu'on peut conffraire fans _} employer que des cercles €7* des hgnes droites. ee Ous les Problefmes de Geometrie fe 476 qu'il n’eft befoin par aprés que de connoi- 104 FC ftrelalongeur de quelques lignes droites, ACT. KES pour les conftruire. | | _ Etcommetoutel'Arithmetique n’eft compolée, que Commée de quatre ou cinq operations, qui font l'Addition, lale e2lxl Souftraction, la Multiplication, la Diuifion, & l'Extra- thmeri- tion des racines, qu'on peut prendre pour vne efpece et de Diuifion : Ainf n’at’on autre chofe a faire en Geo- aux ope- metrie touchant les lignes qu’on cherche, pour les pre- A à ë parer a eftre connüës, que leur en adioufter d’autres , ou trie. en ofter, Oubien en ayant vne, que ie nommeray l'vnité pour la rapporter d'autant mieux aux nombres , & qui _peutordinairement eftre prife a difcretion, puis en ayant encore deuxautrés, en trouuer vne quatriefme, quifoit à l’vne de ces deux, comme l'autre eft al'vnité, ce qui eft le mefne que la Multiplication, oubien en trouuervne : quatriefme , qui foit a l'yne de cesdeux, comme l'vnité | Ep Rte à 298 Ea CROMETRE. eft a l’autre, ce qui eft le mefme que la Diuifion, ou mi trouuer vne,ou deux ,ou plufieurs moyennes proportion- nelles entre l'vnité, & quelque autre ligne, ce qui eft le : mefme que tirer la racine quarrée, on cubique,&c. Erie ne craindräy pas d'introduire ces termes d’Arithmeti- . que en la Geometrie , affin de me rendre plus intel- ligibile, La Multi- : it tr exe plication. So exemple A Bl'vnité, &qu'il fail- le multiplier BD par B C, ien’ay qu'aioindre les poins À &C, puisti- rer DE paralleleaC A, ._& BEeft le produit de cete Multiplication, : La Divi- Oubien s'il faut diuifer BE par BD, ayant ioint les 9% poins E & D, ie tire AC parallele a D E,&BCeftle produit de cete diuifion. Ré A à Extra- &ion dela Où s'il RE tirer Fe racine acine autel quarrée de GH , ie [uy ad- ioufte en ligne. does FG, à qui eit l'unité, & diuifant F H FU GUR H en deux parties cfgales au | point K, du centre K ie tire le cercle F TH, puisefleuant du point G vne ligne droite iufques à I,à angles droits fur FH, c’eft GI laracine cherchée. Ie ne dis rienicy de la racine cubique, ny des . _ autres, à caufe que j'en parleray plus commodement cÿ | aprés, | | + € 2 Ro Maïs fouuent onn'’a pas. befoin de tracer ainf ces li- | “ne | ‘4 | ses ce Livre PREMIER. 299 gnes farle papier, &:il fufhft de les defigner par quelques lettres, chafcune par vne feule. Comme pour adioufter chiffiesen la ligne B DaGH, ie nomme l’vne 2 & l'autre b,& efcris ee a+ b, Et a-- b,pour fouftraire bd’ 4, Etab, por les mul- due par l'autre; Et -, pour diuifer a se Et aa, ou 4, pour multiplier a par Ly mefme ; Et, pour le multiplier encore vne fois par a, & ainfi a infini Et fat b, pour tirer la racine quarrée d a + ÿ. Et Host Lars, pour tirer la racine cubique deb 1: rod bb, & ainfi des autres, Oùilefta remarquer que par a ‘où y ou à ÉDABIES ie ne conçoy ordinairement que des lignes toutes fim- ples, encore que pour me feruir des noms vftés enl'Al- gebre, ie les nomme des quatres ou des cubes, &c. Ileftauffÿ a remarquer que toutes les parties d'vne mefmeli gne, fe doiuent ordinairement exprimer par au- tant de dimenfons l’vne quef'autre »lorfque F vd n'eft point déterminée enla queftion, comme icy a en con- _tient autant qu’ 404 ou & ‘dont fe compofe la ligne que jay nommée FC: 7 — b + a bb: mais que ce n'eft pas de mefme lorfque l’vnité eft déterminée, a caufe qu’elle peuteftre foufentendue par toutou ilya trop ou: trop peu de dimenfons : comme s’il faut tirer la’racine cubique de aabb--b , il faut penfer que la quantité aabb eft diuifée vne fois par l'vnité, &que l'autre quan- titébeft multiplié deux fois parla mefme, Pp2 M Au _ > 366 LA GEOMETRIE Au refte affin de ne pas manquer a fe fouuenir des noms de ces lignes, il en faut toufiours faire vn regiftre 7 feparé ; à mefure qu'on les pofe ou qu'on leschange, efcriuant par exemple. | ABær, ceftadire, ABefgalàr. GH % 4 BD 5, &c. " Commét Ainfi voulant refoudre quelque problefme, on doit d'a- sai bord le confiderer comme defia fait, & donner des noms os a toutes les lignes, qui femblent neceffaires pour le con- Dnrare. ttrüuire , aufly bien a celles qui font inconnuës , qu'aux de autres. Puis fans confiderer aucune difference entre ces probiel- mes, lignes connués, & inconnués ; on doit parcourir la diff- _culté, felon l’ordre qui monftre le plus naturellement detous en qu’elle forte elles dependent mutuellement les vnes des autres, iufques a ce qu'on ait trouué moyen d'exprimer vne mefme quantitéen deux façons: ce qui fenomme vne Equation, car lestermes de l'vne de ces deux façons font efgaux a ceux de l'autre. Et on doit trouuer autant de telles Equations,qu'ona fuppofé de li- ones, quieftoientinconnuëés. Oubien s'ilnes’en trouue pas tant, & que nonobftant onn'omette rien de ce qui eft defire en la queftion, cela tefmoigne qu’elle n’eft pasen- tierement determinée. Et lors on peut prendre a difcre. tion des lignes connuës, pour toutes lesinconnuës auf- qu'elles ne correfpond aucune Equation. Aprés cela sil enrefte encore plufieurs ,: il fe faut feruir par ordre de chafcune des Equations quireftent aufÿ , foit en la con- : fiderant toute feule, foit en la comparant auec lesautres, pour expliquer chafcune de ces lignes inconnuës, & faire M ainf 3 Livre PREMIER 301 ainfi en les demeflant, qu'il n'en demeure qu'vne: feule, efgale a quelque autre, qui foit connuë , oubien dont le quarré, oule cube, ou le quarréde quarré, oule furfoli. de, oule quarréde cube,&c.foitefgal a ce, qui {e pro: duift par l’addition, ou fouftraction de deux ou plufieurs autres quantités , dont l'vne foit connuë , & les autres foient compofées de quelques moyennes proportions nelles entre l'vnité, & ce quarré, ou cube ,ou quarré de. quarré,&c. multipliées par d’autres connuës. Cequeïe-, {cris encete forte. D b. ou 4-8 + +06 ou | 2 + 4 a+ bbxe. ou A 2 az — cx+ de Sec,” C'efta dire, 4, que ie prens pour la quantité inconnuë, | eft efgaléab, oule quarré de z eft efgal au quarre de b moins multiplié par z. ou le cube de z eft efgal à z multiplié par le quarre de 3 plus le quarré de & multiplié par moins le cube dec. &aïnfi desautres. Eton peut toufours reduire ainfi toutés les quaritités | inconnuës à vne feule, lorfque le Probléfme fe pent con- ftruire par des cercles & deslignes droites, ou aufly par desfections coniques,ou mefme par quelque autreligne quine foit que d’vn ou deux degrés plus compofée. Mais ie ne m'arefte point a expliquer cecy plus en detail, a _caufe que ie vous ofterois le plaifir de l’apprendre de vous mefme, & l'vtilité de cultiuer voftre efpric en vous y exerceant, qui eft a mon auis laprincipale,qn'on puiffe Pp 3 tirer 30 | | .. O4! GromETRIE. | tirer de cete fcience. Auffÿ q que jen y remarque tien as _fidificile, que ceux qui feront vn peu verfés en la Geo- | metrie ne & en l ne & ci Lee gar- LE + “Cet pourquoy ie je me : contenteray iCy de vous auer- tir, que pourvû qu'en demeflant ces Equations on ne manque point a fe feruir de toutesles diuifions ,; qui fe- ront-poflibles, on aura infalliblement les plus fimples termes, aufquels la queftion puiffe eftrereduite. Quels SE, Etquefiellepeuteftre refolue par la Geometricordi- problef .naire, c'eft a dire, en ne fe feruant que de lignes droites mes plans f Tr f I tif l | & circulaires tracées für vne uperficieplate, lorfque la derniere Equationaura efté entierement dec eflée,iln'y reftera tout au plus qu'vn quarré inconnu, efgal a ce qui fe produift de l’Addition, ou fouftraction de faracine multipliée par quelque quantité connue , & de re _ Autre quantité auffy connue. . | For Et lors cete racine, ou ligne inconnue {e trouue ve ment us Gr. ment. Carffaypar exemple AIcnt. ue en © % . FRERE Eu 2 , a ed DENT à RABUD 0 PRUOI HUE D TS 4efaisle triangle rectan- Fi 2 AGE 0e LHC LUOTRS ole N L M, dont le co- ä D cha” © P * L 2 _-cine quarrée de la quan- ‘Fra eu HS m treLNef à 5 4, lamoi- bg tié de l'autre quantité | connue, qui eftoit multiplié par z que ie fuppofeeftre la Hgnei inconnue. 5 aol ser MNlabaze decetri- angle, féL M eft efgal à bra- HE connue bb, & l'au- LIVRE Pom in à j03 angle, iufques aO, en forte qu’N O foit efgale aNE, k toute OM eft zla ligne cherchée. Et és s ae: en cete forte ; ao La RD Tres ao do re Que fi i ay y y © -- a y + bb, & qu'y foit laquantité qu'ilfauttrouuer , ie fais le mefine triangle reétangle NLM, &defabaze MN i'ofte N Pefgalea NL, &le refte P M'eft y la racine cherchée. De façon que iaÿ po La +V ja +üt. Ettout de mefine fi j'a UOIS x D = « . + : P M feroit : ke. & j'aurois %. © PL Tue PLe sh aa bb: & ainfi des pe | | Ent e de | 3% x be un ie fais N L efgale à L à, & LM efgale à à côme deuit, puis;au lieu deioindreles poinsM N , ie tire MQR paralleleaL N. & du cen.… tre-N par L ayant defcrit vn cer- cle qui la couppe aux poins Q & .- R, h ligne cherchée z ef M@ 1 oubiëM R, carence cas elle s’ex- | prime en ee, façons, a fçauoir + D: at Laa--bh, Hz; Via-y EAU Etfile cercle, qui ayant fon centre au ati N, päffe: par le pointI, ne couppe ny ne touche la ligne droite M QR, il n'y a aucune racine enl'Equation, de façon qu’on peut aflurer que la conftruction du pre propoféeft impoffble. ae LL sh La GEOMETRIE. TA refte ces mefmes racines fe peuuent trouer par vne infinité d'autres moyens , & i’ay feulement voulu mettre ceux cy, comme fort fimples, afin de faire voir qu'on peùt conftruire tous les Problefmes de la Geome- trie ordinaire, fansfaire autre chofe que le peu qui eft compris dans les quatre figures que i’ayexpliqueées. Ce _queie ne croy pas que les anciens Éonout ee car opoii ions nous aÿe methode pour es trouuer toutes,mais qu'ils ont IPAICBIEnE ramaf- fécelles qu'ils ont rencontrées. Exemple Eton le peut voir aufy fort clairement de ce que Pap- Pappus. Pusamis au commencement de fon feptiefme liure, ou aprés s ’eftre arefté quelque tems a denombrer tout ce quiauoit efte efcrit en Geometrie par ceux qui l’auoient precedé il parle enfin d'vne queftion , qu’ildit que ny Euclide, ny Apollonius, ny aucun autre n’auoient fceu entierement refoudre. & voycy fes mots. Je cite Quem autem dicit (Apollonius) in tertio libro locum ee Dr tres, & quatuor lneas ab Euclide perfetlum non elfe , neque ee ipfe perficere poterat ,neque aliquis alius [ed neque pau- affn que lulum quid addereiis, que Euclides [cripfit,per ea tantum chafcun an. amies, que nfque ad Euclidi tempore premofrats plus ayfe- fl Ec. 1 Et vn peu aprés il explique ainfi qu’elle eft cete que- ftion. | At locus adtres, & quatuor lineas , in quo ( Apolloniur) _ magnifice [e tailat, & oftentat,nulla habite gratiaer ; qui prius [éripferat ; eft dis Si poltione dati tribus rebtis LIVRE PREMIER. veËles lineis ab'une & eodempunito, ad tres lneds in datis an- “gulis reéte linee ducantur ; & data fit proportio retlanguli. contenti duabus duétis ad quadratum relique: puntlum:con- tin git politione datum folidum locum , boc eflunam ex tribus cohicis fettiontbus. Et fi ad quatuor reblas lineus pofitionc datas in datis angulis nee ducantur ; & rellanguli duabus duëlis contenti ad contentum duabus reliquis proportio data. Jit: femiliter punélum.datum vont feélionem pofitione contin- get. Siquidemigiturad duas tantum locus planus ofrenfus eft. Quodfi ad plures quam quatuor, punélum continget lo- cos non adbuc cognitos, [ed lineas tantum diélas ; quales au- tem fint, vel quam habeant proprietatem, non conflat: earum unam, neque primam, & que mantfefliffima videtur, compo - roi oftendentes neriege efe. pre autem LCL be funt. St ab aliquo punéto ai pof itione datas di boss quin- que ducantur reële lineæ in datis angulis , @ data fit. propor- tio folidi parallelepipedi reflanguli, quod'éribus duéis lineis continetur ad [olidum parallelepipedum reilangulum , quod continetur reliquis duabus, & data quapiam linea, punélum poftione datam lineam continget. Siautem adex, &.data _ fit proportio fohdi tribus lineis contenti ad folidin quod tribusreliquis continetur; rurfus puntlum continget politione datam lineam. Quod fi ad plures quam fex, non adhuc habent dicere,an data fit proportio cuiupià contentt quatuor lineis _. ad id quodreliquiscontinetur, quoniam non efi aliquid GOT tentum pluribus quam tribus dimenfionibus. _ Ouie vous prie deremarqueren-pañfant ,.que Le rh pales que faifoient les anciens d'vfer-destermes del’A- à sthmetique en Hagens qui ne pouuoit proceder, SN | Dix 4 jé LA GEOMETRIE | que de ce qu'ils ne voyoient pas affés clairement leur rapport, caufoit beaucoup d'obfcurité, & d'émbaras, en la façon dontils s'expliquoient. car Pappus pourfuit en ceteforte. * | … Acquie[cunt autem bis, qui paulo ante talia anterpretati _ fant. nequeunum aliquo patlo comprèbenfibile fienificantes quod his continetur., Licebit auté per contunétas proportiones bat, & dicere, & demonftrare univerfein diélis proportion Bus, atque his in hunc modum. S5 ab aliquo punéto ad pof- #ione datas reétas lineas ducantur reite lineæ in datis angu- lis, & data fit proportio coniunéla ex ea, quam babet una du éarumadunam, & altera adalteram,& alia ad aliam,& re- liqua ad datam lineam, fi Jint [eptem; fivero otto, 8 reliquæ. adureliquam: punélum continget politione datas lineas. Es. fimiliter quotcumque fint impares vel pares multitudine, cum bec,ut dixi,Wco ad quatuor lineas refpondeant, nullum igitur pofueruntita ut lineanota fit, Sc. | La queftion donc qui auoit efté commencée a refou- dre par Euclide, & pourfuiuie par Apollonius, fans auoir. eftéacheuée parperfonne , eftoit telle. Ayant trois ou quatre ou plus grand nombre de lignes droites données par pofition, premierement on demande vnpoint,. du- quelon puiffe tirerautant d’autres lignes droites vnefur chafcune des données, qui-façent auec elles des angles donnés, & que le rectangle contenu en deux:de celles, qui feront ainfi tirées d'vn mefme point, ait fa propor- tion donnée auec le quarré de la troifiefme, s'il n’yena que trois;oubien auec le rectangle des deux autres, s’il y ena quatre;oubien, s’il y en a cing,que le parallelepipede compoféde trois ait la proportion donnée auec le paral- | lelcpipede . % | LIVRE PREMIER + ‘so elepipede compofë des deux quireftent, & d’vne autre ligne donnée. Ous’'ily enafix, que le parallelepipede côpofé de trois ait la proportion donnée auecle paralle- lepipede destroisautres. Ous'ilyenafept,que ce quife produift lorfqu'on en multiplie quatre lvne par l’autre, ait la raifon donnée auec ce qui fe produift par la multi- plication des trois autres, & encore d'vne autre ligne donnée, Ous'ilyena huit, que le produit de La multi- plication de quatreait la proportion donnée auecle pro< : duit des quatre autres. Et ainfi cete queftion fe peut eftendre a tout autre nombre de lignes. Puis a caufe qu'il ya toufiours vneinfinitéde diuers poins qui peuuent fa- tisfaire a ce qui eft icy demande fly requis de connoiltre, & detracer la ligne dans laquelle ils doiuent tous fe trouuer. & Pappus dit que lorfqu'il n’y a que trois ou quatre lignes droites données, c’eft en vne des trois fections coniques. mais iln’entreprend point de la determiner, ny de da defcrire. non plus que d'expli- quer celles ou tous ces poins fe doiuent trouuer, lorfque la queftion eft propofce en vn plus grand nombre de li- gnes. Seulement ilaioufte que les anciens en auoient _imaginévne qu’ils monftroient yeftre vtile , mais qui fembloit la plus manifefte, & qui n’eftoit pas toutefois la premiere, Ce qui m a donné occafon d’effayer fi par la methode dontie me fers on peut aller auffÿ loin qu'ils ontefte. . | | SbyE Miudalheiner Et premierementi'ay connu que cete queftion n'eflant Refponfe propofée qu'entrois, ou quatre;oucinqlignes , on peut A. - _ toufiours trouuerles poins cherchés par la Geometrie Pagpu _ fimple, c’efta dire en ne fe feruant que de la reigle & du Q q 2 compas, 30$ ; JA GEOMETRIÉ. compas, ny ne faifant autre chofe, que ce qui adefiaefté dit; excéptéfeulement lorfqu'il ya cinq lignes données, fi elles fonttoutes paralleles. Auquel cas, comme aufly- lorfque la queftion eft propofée en fix,ou 7, ou 8, ou 9 liones , on peut toufiours trouuer les poins chérchés par la Geometrie des folides ; c’eft a dire en y employant quelqu’vne destrois feétions coniques. Excepté feule- ment lorfqu'ily a neuf lignes données, fielles fonttoutes paralleles. Auquel cas derechef, & encore en r0,11,12, ou 13 lignes on peut trouuer les poins cherchés par le moyen d'vne ligne courbe qui foit d’vn degré plus com- pofée que lesfections coniques. Excepté entreize fiel- les fonttoutes paralleles, auquelcas,&en quatorze, rs, 16, &17ily faudra employer vne ligne courbe encore d'vn degré plus compofée que la precedente, & ainfi alinfini. | Puis iay trouué aufy, que lorfqu’ il nya quetrois ou quatre lignes données, les poinscherchés fe rencontrent: tous , non feulement en l'vnedes trois feétions coni- ques, mais quelquefois aufly en la circonference d’vn cercle ; ou en vueligne droite. Et que lorfqu il yena. cinq; ou fix, où fept, ou huit, tous ces poins fe rencon- trenten quelque vne des lignes, qui font d’vn degré plns. compofées que les feétions coniques , & ileftimpoffible d’enimaginer aucune qui ne foit vtile a cete queftion, mais ils peuuent aufly derecheffe rencontrer envne fe- étion conique, ou en vncercle, on en vne ligne droite. Et s'ilyenaneuf, ou 1o,ouxrt,ou12, ces poins f ren- contrent en vne ligne, qui nepeut eftre que d'vn degré plus Garipoiée que les precedentes ; mais toutes celles qui Livre PREMIER. 369 qui font d'vn dé plus compofées ÿ peruent feruir, &. ainfi a l'infini, Au refte la premiere, &la plus fimple de toutes | les fections coniques , eft celle qu'on peut defcrirepar l'interfection d'vne Parabole, & d’vne ligne droite, en la façon qui feratancoft expliquée. En forte que ie penfe auoir entierement fatisfait a cèque Pappus: nous dit auoir efté cherchéen cecy parles anciens, &ie tafcheray d'en: mettre la demonftration en peu de mots.caril m'ennuie defia d’entant ecrire. Soient À B; A D, EF, G H, &c. ae lignes rs _neespar. poñition, & qu il fille trouuer vn point, comme. C, duquelayanttiréd'autres lignes droites fur les ‘don. nées, comme CB,C D, CF, &CH, en forte que les - angles CBA,C D A,CFE,CHG, &c. foient donnés, . .Qgq3 &- Pas gro . La GEOMETRIE &que ce quieft produit par la multiplication d’vne par- tie de ces lignes, foit efgal a ce qui eft produit par la mul _ tiphcationdesautres, oubien qu'ils ayent quelque autre preporrion donnes, car cela ne rend ue la ges plus difficile. | Commé Premierementie fuppofe la chofe comme A6 faite, | : sure & pour me demefler de la côfufion de toutes ces; lignes, termes je confidere l’vne des données, & l’vne de celles qu il pour ve- nir à l'E- quation cipales, & aufquelles ie Che de rapporter ainfitoutes FrON CET exemple. lesautres. Que le fegment de laligne A B, qui eft entre. Fe les poins À & B, foitnommé x. & que BC foit nomm £ y. & que toutes les autres lignes données foient prolotf” gées, iufques a ce qu’elles conppent ces deux, aufly pro- Fa longées s’il eft befoin, &fi élles ne leur font point para leles. comme vous voyes icy qu’elles couppentla ligne faut trouuer, parexemple À B,& CB, comme lesprin- ABauxpoins À, E, G, &BC auxpoinsR,S, TT, Puisa : caufe que tous les angles dutriangle À RB font donnés, la proportion, qui eft entre les coftés A B, & BR, eft auf- fy donnée, &ie la pe comme de zàb, de see qu AB eftant x, R Bfera ee & latoute CR fera y pe LE à caufe que le point B tombe Gas C &R; carfiR nb és _treC& B, C Rféroi y" 5 8 fi Ctomboit entre B&R, C Refoe y + — Tout de mefme les trois angles 1 _dutriangle DR C ts donné, & par confequent aufly la proportion qui eft entre les coté CR, &CD que is ie’ _ pa comme de x à c: de ns que CR eftant La + | “cp —"? LIivRE PREMIER. 317 : c D frs! À THE —, À pré éch pourceque les bn AB, , AD &E F fe HU par pofition, la diftance qui eft M entreles poins À & E eft auffy donnée, & fi on la nom- _ ‘mecK,onauraE Befgala 4 + x{mais ce feroit 4-- x, fi *_ lépoint BtomboitentreE & A;&--£+xfiE tomboit entre A'ÉB Et pourceque lesangles du triangle ES B font tous dénnés, la proportion de BE a BS eft aufly donnée, & ie la pote comme xà 4, fibienque BS eft a | % Et - , & la toute CS eft - A ; mais ce feroit _dk-- 4x vd ile point S LOMÈOS entreB &C;&ce féroit Sr À QU “LL ,f Ctomboit entre B & S. De plus ts trois Rates dé triangle FS C font donnés, &'en fuite là pro Le 772 | La GEOMETRIE. ‘proportion de CSàCEF, quifoit comme de£àe, &la ex nr toute CFfera =", En mefne re A G que ie nomme /eft donnée, &BGeft /-- x, &acaufe dutriangle BG T'laproportion de BG a B T ef auffy donnée , qui foit comme de x à f. &B T fera . in €T> lee Puis derechef [a proportion de T C2 CHef Du a caufe du trian gle TCH, &lapofant Z y HK F… LR comme de 3à g, on aura C H > * . ee 13 Etainf vous voyé, qu'entel nombre de lignes don- | nées par pofition qu'on puiffe auoir, toutes les lignes ti- rées deffus du point Caangles donnés faiuant Ja teneur { de la queftion , fe peuuent toufiours exprimer chafcune partrois termes, dont l’vn eft compoféde la quantité in- connue y, multipliée , ou diuifee par quelque autre connue, & l’autre de la quantité inconnue x, auffy mul- tipliée ou diuifee par quelque autre connuë, & le trofief- me d’vne quantité toute connuë. Excepté feulement fi elles font paralleles, oubiena laligne AB , auquel cas le terme compofé de la quantité xferanul ; oubienalali- gne CB, auquel cas celuy qui eft compofé de la quantité + fera nul, ainfi qu’ileft trop manifefte pour queie m'are- “fear expliquer. Et pour lesfignes +, & -- , quife ioi- gnent à ces termes, ils peuuent eftre changes en toutes les façonsimaginables, | Puis vous voyés aufy, que moltipliant plufieurs de ces lignesl'vne par Pautre, les quantités x &y, qui fe trouuent dans le produit, n'y peuuent auoir que chafcu- ne antantdle dimenfons, qu'ily aeu delignes, a lexpli- cation Livre PREMIER. D cation defquelles elles feruent, qui ont efté ainfi multi pliées: enforre qu'elles n'auront iamais plus de deux di- menfons,en ce quine fera produit que par la multipli- cation de deux lignes; ny plus detrois, encé quinefera produit que par la multiplication detrois, & ainfi a l'in- Anis | nu De plus, a caufe que pour determiner le point C, il are n'ya qu'vne feule condition qui foitrequife , àfçauoir que ee que ce qui eft produit par la multiplication d’vn certain PO nombre de ces lignes foit efgal, ou (cequi n'eft de rien plan, js plus malayfé) ait la proportion donnée , à ce quieft pro- 1° duit par la multiplication des autres; on peut prendre a Frans difcretion l’vne des deux quantitésinconnuesxouy,-&, Fe chercher l'autre par cete Equation. enlaquelleilefteui= dent que lorfque la queftion n’eft point propoféeen plus de cinqlignes, la quantité x quine fert point a l’expref- fion de la premiere peut toufiours n’y auoir que deux di- _menfons. defaçon que prenant vne quantité cônnuë pour y, ilnerefteraque xx 20 + ou--4x%-#ou--bb: & ainfi on pourra trouuer la quantité x auec la reigle &le compas, en la façon tantoft expliquée. Mefme prenant fuccefliuement infinies diuerfes grandeurs pour la ligne | _ ÿ, OnEn tfounera aufly infinies pourlaligne x,&ainfion | aura vneinfinité de diuers poins , tels que celuy quieft marqué C, par le moyen defquels on defcrirala ligne. courbedemandée, 151688 Hfe peut faire aufly, la queftion eftant propofce en fix, ou plus grand nombre de lignes, s’il y en a entre les don- nées, qui foient paralleles a B A, où BC, que l’vne des deux quantités x ou y n'ait que deux dimenfions en | | Rr : 11. lEqués. Me L 1 — ER A à 314 LA GEOMETRIE.. | _ FEquation, & ainfi qu'on puiffe trouuuer le point C auec la reigle &:le compas. Mais au contraire fi elles font tou- tes paralleles , encore que laqueftion ne foit propofée qu'en cing lignes, ce point C ne pourra ainfr eftre trou- ué, a caufe que la quantité x ne fe trouuant point entou- te l'Equation,il ne fera plus permis de prendre vne quan- tité connuë pour celle qui eft nommée y, mais ce fera elle qu’il faudra chercher. Et pource quelle auratrois di: æmenfions, on ne lapourra trouuer qu’en tirant la racine d'vne Equation cubique. .cequi ne fe peut generalement faire fans qu'en y employe pour le moins vne feion co- | nique. Et encore qu'il y ait iufques a neuflignes don- nées,pourvüqu'elles ne foient point toutes paralleles, on peut toufiours faire que l'Equation ne monte que infques au quarréde quarré. au moyen dequoy on la peut auflÿy toufiours refoudre parles fections coniques, enla façon quei’expliqueray cyaprés. Et encore qu'il venait jiuf- ques atreize ,on peut toufiours faire qu'elle ne monte que iufquesau quarré de cube. en fuite de quoy'on I. peut refoudre par le moyen d’vneligne , qui n’eft que d'vn degréplus compofée queles feétions coniques, en la façon que i’expliquerayaufly.cyaprés. Er cecy eftlà premiere partie de ceque i'auois icy a demonftrer, mais auant queie pañle ala feconde il eft befoin que ie die quelque chofe en general de la nature des lignes cour- bes.. | É LIVRE SECOND. 5 #5 FER … IGCEOMEÉTRIE: LIVRE SECOND. De la nature des lignes conrbes. Es anciens ont fort bien remarqué , qu'entre les Problefmes de Geometrie, les vnsfontplans ,lesau- Quelles tres{olides,&lesautieslineaires, c'eft adire, que les vns Re peuuenteltre coniftruits, ennétraçant que des lignes courbes droites, & des cercles; au lieu que les autres ne le peu- a uenteftre, qu'on n’y employe pour le moins quelque fe- ceuoir en étion conique, ni enfin les autres ;: qu'onn’y employe Aa quelque autre ligne plus compofée. Mais ie m’eftonne de ce qu'ils n'ont point outre cela diftingué diuers de- grés entre ces lignes plus compofées, & ie ne fçaurois comprendre pourquoy.ils les ont nommées mechani- ques, plutoft que Geometriques. Car de direqué ç'ait efté, a caufe qu’ileft befoin de fe feruir de quelque ma- chine pour les defcrire, il faudroit reietter par mefme raifon les cercles & les lignes droites;vû qu'onneles de- {crit fur le papier qu'auec va compas, & vne reigle, qu'on peut aufly nommer des machines. Ce n’eft pas non plus, a caufe que les inftrumens, qui feruent a les tracer,eftant plus compofés que lareigle & lecompas , ne peuuent eftre fiiuftes; car il faudroit pour cete raifon les reietter des Mechaniques, où la iufteffe dés ouurages qui fortent de la maineft defirée, plutoft que de la Geometrie , ou Vus ef feulement laiufteffe du raifonnemét qu'onrecher- S RER: che, 316 : SA GEOMETREE. che, & qui peut fans doute eftre auflÿ parfaite touchant ces lignes, que touchant les autres. Ie ne diray pasauffy, que ce foit a caufe qu'ils ont pas voulu augmenter le nombre de leurs demandes , & qu'ils fe fontcontentés qu'on leur accordaft, qu’ils puffent ioindre deux poins donnés par vneligne droite , &defcrirevn cercle d’vn centre donné, qui paffaft par vn point donné, carils n’ont point fait de fcrupule de fuppofer outre cela,pour trairer desfections coniques , qu'on puft coupper tout cône donnépar vn plan donné. &iln’eff befoin de rien fup- pofer pour traçef toutes les lignes courbes, queiepre- tensicy d'introduire, finon que deux ou biéf ieurs lignes _puiffent eftre meuës l'vne par l'autre , & que leursinter- . feétionsen marquent d’autres ; cé qui ne.me paroift en rien plus difficile. Ileft vray qu'ils n’ont pas aufy entie- rement receu les fections coniques en leur Geometrie, &iene veuxpas entreprendre de changerles noms qui onteftéapprouuéf par l'vfage; maisil eft,cé mefemble, tresclair, que prenant comme on fait pour Geometri- que ce quieft precis & exact , & pour Mechanique cequineFeft pas; & confiderant la Geometrie comme vnefcience, qui enfeigne generalementa connoiftreles mefures de tous les cors,on n’en doit pas plutoftexclure les lignes les plus compofees que les plus fimples, pourvi: qu'onles puiffeimaginer eftre defcrites par vn mouue- ment continu, ou par plufieurs quis’entrefuiuent & dont les derniers foient entierement reglé par ceux qui les precedent. carpar ce moyen on peut toufours auoir vne connoiffance exacte de leur mefure. Mais peuteftre que ce quiaempefché les anciens Géometres de reçe- | uoir Livre SECONp,. 3É7 uoir celles quieftoient plus compofées que lesfections coniques, c'eit que les premieres qu'ils ont confiderées, ayant par hafard efté la Spirale, la Quadratrice , & {em- blables , qui n'appartienent veritablement qu'aux Me- chaniques, & ne font point du nombre de celles que ie penfe deuoiricy eftrereceues, a caufe qu’onles: imagine defcrites par deux mouuemens feparés, & qui n’ont en- tre eux aucun raport qu'on puifle mefurer exaétement, bienqu'’ils ayent apres examiné la Conchoide, la Cifloi- de, & quelque peu d’autres quien fonf "toutefois a cau- fe qu ils n'ont peuteftre pas aftés remarqué leurs pro- prietés, ils n’en ont pas fait plus d’eftat que des premie- res. Oubienc’eft quÉvoyant , qu'ilsne connoifloient encore , que peu de chofes touchant les fectionsconi- ques, # qu'illeurenreftoit mefme beaucoup, touchant ce qui fe peut faire auec la reigle & lecompas , qu'ils ignoroient, ils ontcreu ne deuoir pointentamer de ma- tiere plus difficile, Mais pourcèque i ’efpere que d'orena- ‘ uant ceux qui auront l’adreffe de fe feruir du calculGeo- metrique icy propofé, ne trouueront pas affés dequoy s’arefter touchant les problefimes plans, ou folides, ie croy qu'il eft a propos que ie les inuite a d’autres re- cherches, où ils ne manqueront iamais d'exercice. Voyéles lignes À B, A D, AF, & femblables queie fuppofe auoir efté defcrites ar re ayde de l'inftrument Y Z,quieft compofe de plufieurs reigles tellement ioin- tes, que celle qui eft marquée Y Z eftant areftée fur la ligne A N,on peut ouurir & fermer l' angle XV Z, &que Jorfqu'ileft tont fermé , les poins B, C, D, F, G, Hfont tous affemblés au point À ; mais qu'a mefure qu'on: Kr 3 louure., use La GEOMETRIE. HER ge rer l'ouure, la fee B c. qui ef jointe 4 AM sr auec X Y au point B, pouffe vers Z la reigle C D, qui coule fur Y Z en faifant toufiours desangles droits auec elle, & C D pouffe D E, qui couletout de mefine fur Y X en de- meurant parallele a BCD EpoufieEF,EF poufeFG, cellecy pouffe G H. & onen peutconceuoir vne: infinité d’autres, qui fe pouflent confequutiuement en mefme facon, &dont les vnes facent toufours les mefmes an- glesauec Y X, &les autres. auec YZ. Or pendant qu'on. ouure ainfil’angle X Y Z,le point B defcritlaligne AB : quieft vncercle, &les autres poins D,F,H, ou fe font les tirenCtoes des autrésreigles, déferiuent d'autres Hones courbes A D, AP. A H , dont les dernieres font par ordre plus cépofées que la premiere, & cellecy plus que le cercle. maisiene voy-pas ce qui peut empefcher, qu'onne concoiuc aufly nettement, & aufly diftincte- ment la rh de cete premiere, que du cercle, où «du ss + LIVRE SECOND. 3T9 du moins que des fe&ions coniques, ny cequi peut em- pefcher, qu'on ne concoiue la feconde, & la troifiefme, & toutes lesautres, qu’on peut defcrire, auffy bien que fa premiere; ny par confequent qu'on ne les recoiue toutes en mefme facon, Robe feruir aux fpeculations de Geometrie. Ie pourrois mettre icy pluf ieurs autres Moyens pour La facons tracer & conçeuoir des lignes courbes, qui feroient de“ “tir- guer tOU= plus en pluscompoñéés par degrés a Dnpat mais pourtes les li- comprendre enfemble toutes celles, qui font en la natu- PR _ re, &lesdiftinguer par ordre encertains genres; 1e ne certains genres. Et : féache rien de meilleur que de dire que tous les poins, de £e con. celles qu'on peut nommer Geometriques, c’eft a direnoiftre le” rapport quitombent fous quelque mefüure precile & exacte, onfqu'ont neceffairement quelque rapport a tous les poins d'yne:°t leurs - poins a ligne droite, qui peut eftre exprimé par quelque: equa-:ceux des : tion, entous par vnemefme,. Et que lérfque ceteequa- La tion ne monte queiufques au rectangle de deux quanti-: tésindeterminées, oubien au quarré d’vne mefme, la li gne courbe eft du premier & plus fimple genre, dans le- | quelil ny a que le cercle; la parabole, lhyperbole , & l'Ellipfe qui foient comprifes. mais-que lorfque l’equa- _tion monte iufques ala trois ou quatriefme dimenfon: des deux, ou de lyne des deux quantité indeterminées, car ten faut: deux pour expliquer : icy le. rapport d'va. L + point a vn autre,elle eft du fecond:& quelorfque l'equa- tion monte iufques a las ou fixiefme dimenfon, elle eft dutroifiefme; &ainfi desautres a l'infini. © | Comme fi ie veux fçauoir de quel genre eft la ligne E Ç, que ARENA par l'interfeion del& +: | reiglé.: 923 La GEOMETRIE. reigle GL, & du plan rectiligne C NK L, dontle cofté KNeftindefiniement prolongé vers C , & qui eftant . meufurle plan de deffous en ligne droite, c'eftadire en telle forte que fon diametre K L fe trouue toufours ap- pliqué fur quelque endroit dela ligne B A prolongée de part & d'autre, fait mouuoir circulairement cete reigle G L autour du point G, a caufe quelle luy eft tellement iointe quelle paffe toufiours par le point L. Ie choifis vaeligne droite,çcomme A B,pour rapporter a fes diuers poins tous ceux de cete lignecourbeE C, &en cete li- gne A Bie choifis vn point,comme À, pour commencer par luy ce calcul. Ie disqueie choifis &l’vn & l’autre, a caufe qu'iléftlibre de les prendretels qu’on veult. car : encore qu'il y ait beaucoup de choix pour rendre l'equa- | tion plus courte, & plusayfée; toutefoisen quelle façon qu'on les prene, on peut toufiours faire que la ligne pa- roiffe de me{me genre, ainfi qu'ileft ayfé a demonttrer. at à Aprés , SE.” E “= 3 #47 :: LIVRE SECOND. : 221 ms + A # + @: $ se $ x À r à ; x 1 br À FER T | n à x. F ; ra * TL 2 + astéeal prenant vn point a ts UE; [a courbe, | comme €, fur lequelie fuppofe quel inftrument qui fert.. _ aladefcriré eft appliqué, ie tire de ce. oint C laligne + : CE parallele aGA, & pourceque CB & B À font deux - quantités i indetérminées & inconnuës , .ie les nomme l'vney &l'autrex. maisaffin de trouuer le rapport: de : l'vne à l’autre; ie confidere auffy les quantités connus. qui determinent la defcription de, cete ligne courbe,,r comme G À que ienomme 4, K L que ie nomme, &. _ N Lparallelea G À queienommec. puisie dis, comme. _ NLeftäLxK, si cab, ainfi CB }OUY, eftàB K,. qui CR Pa confequent 2: &BL ft — É y D, 8 AL éftx + --b, de plus comme C see à LB Qu à yep, ainfi 4, Qu G A, eft 4 LE OU HZ y -« bi de: Éios que: mèbt «. \ CSN tipliant 322 La GEOMETRIE, Li di . ab tipliant la feconde par la troifiefme on produit —ÿ 45. qui eft efgale à xy+ Ÿ, y-- by qui fe produiten multi. pliant la premiere par la derniere, & ainfi l’equation qu'il falloittrouuer eft | JD ey-- Ty Hay-ac. de laquelle on connoïft que haligne E C eft du premier genre , comme en effect elle n'eft autre qu'vne Hy- perbole. | us Que fi en l'inftrument qui fert a la defcrire on fait qu'au lieu de lakigne droite CN K, ce foit cete Hyper- bole, ou quelqueautre lignecourbe du premier genre, quitermine le plan C NKI,; l'interféétion de cete ligne: & de lareigle G L defcrira, au lieu de l'Hÿperbole EC, . vne autreligne courbe, qui fera du fecond genre. Com- mefiC NK eft vncercle, dont L foit le centre ; on de- fcrira la premiere Conchoide des anciens, & fi ceft vne Parabole dont le diametre foit KB, on defcrira la li gne. courbe, que ‘ay tantoft dit eftre la premiere, & la plus fimple pour la queftion dePappus, lorfqu'il.n'y a que cinq. _ lignesdroires donnéës parpofition. Mais fi au lieu d'yne. de ceslignes courbes dü premier genre , c'en eft vne du fecond, quitermine le plan CN KL, onen defcrira par. fon moyen vne du troifiefme, ou f c'en eft vne dutroif efié, on en defcrira vne du quatriefme, &ainfia l'infini. comme il eft fortayféa connoiftrépar le calcul: Eten _ quelque autre façon, qu’on imagine Ja def cription d'vne. digne courbe ,. pourvüqu'elle foit du nombre de cellés queic nomme Geometriques, on pourra toufourfs trou. . uer: Nr Livre SECOND. | 323 uervneequation pour déterminer tous fes poins encete forte, | “Hp nor, RAR Au refte ie mets les lignes courbes qui font monter cetcequation iufques au quarrede quarré , au mefme genre que celles qui ne la font monter que iufques au cube. & celles dont l'equationtmonte au quarré de cu- beau mefme genre que celles dontelle ne monte qu'au furfolide. & ainfi desautres.. Dontlaraifoneft, qu'ily a reigle generale pour reduire au cube toutes les difhcul- 4 f F7 LU « f Ua} doit point eftimer plus compofces. Mais il eft a remarquer qu'entre les lignes de chafque genre, encore que la plus part foient efgalement compe- fées , en forte qu'elles peuuent feruir a déterminerles mefmes poins, & conftruire les mefmes problefines il y enatoutefoisauffy quelques vnes, qui font plus fimples, & qui n'ont-pastant d'eftendueen leur puiffance, com- meentre celles du premier genre outre l’Ellipfe l'Hyper- bole & la Parabole qui font efgalement compofées ,le cercle y eftauffÿ compris, qui manifeftement eft plus fimple. & entre celles du fecond genre il y ala Conchoi- de vulgaire, qui a fon origine du cercle, & il yen a en- core quelques autres, qui bien qu'elles n’ayent pas tant d’eftendue quela plus part de celles du mefine genre, ae peuuent toutefois eftre mifes dans lepremier. Or apres auoir ainf reduit toutés les lignes courbes a ter certains genres, il m'eft ayfé de pourftiure en la de- tien de la monftration de larefponfe, que i’ay tantoftfaite 411 que- Ve ; is . de Pappus ftion de Pappus, Car premierement ayant fait voir CY mife au | liure pre- Sf 2 deflus, Dia 324 AH ASGEOMETAIE de fus. ; -Quelorfqu'il n'ya quetroisou4lignes droit es données, l'equation qui fert a determiner les poins cher- chés, ne monte queiufques au quarré, il eft euident,que la ligne courbe ou fe trouuent ces poins, eft neceffaire- ment.quelqu'vne de celles du premier genre:a caufe que cete mefme equationexplique le rapport, qu'ont tous les poins des lignes du premier genre a ceux d’vne ligne droite. Et que lorfqu'il n'ya point plusde 8 lignes droi- tesdonnées , cete equation ne monte que iufques au quarréde quarré toutau plus, &:que par confequent la ligne cherchée ne peut eftre que du fecond genre, OU au deffous.Et que lorfqu’ila’y a point plus de 12 lignes don- nées , l'equation ne monte que iufques au quarréde cu- be, & que par confequent laligne cherchée neft que du troifiefme genre, ouaudeflous, &ainf des autres. Et mefme a caufe que la pofition deslignes droites données peut varier en toutes fortes, & parconfequent faire chä- ger tant les quantités connuës, queles fignes + &-- de l’equation, entoutesles façons imaginables : il'eft eui- dent qu'iln'ya aucune ligne courbe du premier genre, . qui ne foit vtile a cete queftion, quand elle eft propofce: _en4lignes droites; ny aucune du fecond qui n’yfoit vti- le, quand elle eft propofée en huit , ny du troifiéfme, quand elle eft propofée en douze: &ainfidesautres. En: forte qu'iln'y a pas vneligne courbé quitombe fous le. Solation Calcul & puiffceftre receüe en Geometrie ,. quin’y foit. REA vtile pour quelque nombredelignes: : 2: "2 ce Maisil faut icy plus particulièrement queiedetermi- BE ne, & donne la façon de trouuer la ligne cherchée , qui Far fert en chafque Cas, lorfqu'il nya que 3 ou 4lignes droi- gnes.. | SN 2 tes: sf digg © M a RRE AS qi Er “e iier genrédes lignés cot .. en contient je fur tres, FM trois feétionsto niques, 8. Le cercle. “y SU Da JS EL HONDUSE 3 3 | de, * . ET 4f SES EN * À | 4 “ PC ‘ : ° } ‘ « set *” ,® s SA = se °° A Pa nt , ‘14 - : +5 De D » Com ex CN ape me: ‘ SN A 4 ÿ & te ste Vafrur À #. du “+ % ww [e Reprenons les Wadi AB, AD,EF, &GH don- aces cy deflus, & qu'il faille trouuer vné autre ligne en laquelle ilférencontre vne infinité de poins tels que. Co . À duquel ayant tiféles 4-lignes’ CB;CD,CE,& CH,a angles donnés, fur les données, Ç ,. CBmulripliée pat CF, roduift une fomme efgale: aCD, multiplie -par CH, c'eft a dire ayant fait CB © y, C D. RAR j TAC k dek kde gl- | des CF: É ee AR SE CH 6 ESS IE Ris rie l'equätié et Die dézzx 7. cmécfote à si écle ce “$ À # à k he 1 $ 74 ùE EPEPR 4 Tr l TA 2 : U s TC KRae eo A2 # NE FR : E à Ei À La HA AUS AE TTL mi her. be AY Lait À lu cuve patent A ertt— ce . 326 LA GEOMETRIE. | au moins en foin te tezplus grand que c p.cars'ileftoit moindre, il faudroit changer tous les fignes 4-&-, Et fila quantité yfe trouuoit nulle, ou moindre querienen ceteequation, lorfqu'on afuppofé le point C en l'angle D A G, il faudroit le fuppoferaufly en l'angle D A E, ou EAR,ouR A G, en changeantles lignes + &--felon qu'ilferoitrequisa ceteffe@t. Et fien toutes ces 4 po- fitions la valeur d’y fe trouuoit nulle , a queftion feroit impoñlible au cas propofé. Mais fappofons la icy eftre poflible, & pour en abreger lestermes, au lieu des quan- e ee … tite —— efcriuons 2m , & au lieu de eR--cger dezzÆcfgz-“begz | É 17 Hé efcriuons —; & ainfi nous au- 8% -- LLTÉ æONS ; 25, Hécfglx--bcfgxx, dont la raci- JF D2Mmÿ-- TT XI nd * EZL--CL2X ne eft gom "EE V mm le oi nnxx Hécfglx--befgxx, SITE SÉprer het pour abreger, au lieu “a + À b: à © rh n c aaoroton | Las A OU: ee + fs efcriuenso, HR de. s£ z # di . Lil eL-cgzz . a — e2- C£22 P Le À cfcriuons m° Car ces quantités efiake. toutes données, nous Îles pouuons nommer comme il nous plaift. & ainfi nous auons | - 214 20 mea + Ve mm m4 Yan qui doit à Jongeur dela ligne BC, en laiffant A B, ou x indeter- mince, Livre Secono. 329 . LL nie Etileft euident: que fa queftion n'eftant pros pofée qu'en trois eu quatre lignes; on peut:toufiouts auoirdetels termes. ‘excepté que quelques vas d'eux. peuuenteftrènuls, & que les fi See & -- + peuuent- ‘di- uerfementeftre changés. ; à. Apréscelaie fais KI efpale & parallele aB A; en a forte Le qu'elle couppe de B Cla partie BK efpalé à », à caufe qu'ilyaicy+m,; & ie l’aurois adiouftéeen tirant cete: ligne IK del’autre cofté, s’ilyatoiteu--#, &iene l’au- rois point du touttirée., fi la. quantité euft efté nulle. Puisietire aufly I L , en forte que la ligne. IKeftaKE, ‘ = de comme Zeftar. c'eft a drgque IK efiantx, KL ef. se, ju se ie 281 Et par mefme moyenie connois auiTy là proportion . si ca ds qui: PE Ï Re " : ‘ | \ 28 La -GE0 M ETRTIE quieftentreKL, &I1L, queie polé comme entre » & a: fibienque K Leftant mi Left Æ ; Etie fais que le sn point K foit entre cé êc C; a caufe qu'il y aicy -- : = Y; au lieu que i'aurois mis Hi: CN & C,fi r'euffe eu +: Y; Man L. a KE. eines diffent nÛTE fi: xeuft efté nulle. à tt &Hien ‘euffe bites | Or cela fait, ilne merefte pluspour la ligne LC, que F. que s'ilseftoient nuls, ce point C'fe trouueroit en la li. gne droite I L,& que s'ils eftoient tels que la racine s’en ? : | _cés termes, EC Dm m+ OX --,,X Xe d'oùievoy pufttirer,c'efta dire que mm & x x “eftant marqués d'vn mefme figne + ou--, 00 fuft efgal à 4 p », ou bien i b que les termes mm &ox,ouox &% x fuffent nuls, ce point Cie trouueroiten vieautre liège droite quine fe- Toit. Pas plus malayfée a trouuer.qu'A Le Mais lorfqie: cela n'eft Pas, cé point C eft toufic iours en l’unedes trois fe&ions coniques, ou en vn cercle , dont l'vn desdia- metres eftenlaligne IL, &laligneL.Cefil'vne decel: les qui Der par. ordre à. ce diametre ; On ab côn- traire 1 ‘et parallele au diametre, auquel celle qui eft: en la ligné I Le LE appliquée par ordre, À {gavoir file tere me: 2 1% x€ft nul cete fetion conique « eft ve Parabole; &:s’il eft° mar üé du fi, igne - +, de *eft vne Hyperbole : ra | enfin S’ileft marque du fi igne — -- C'eft vne Ellipfe. Excepté feulement fi la quantité” 4m eft ef gale à à pxx & que l’an-. gkeILC fois droit. ‘auquel cas on à vacercle au lieu : ® vne d'yne Ellipfe. Que ficete fedion eftvne Parabole, (on cofté droit eft efgal a &fon diametre efttoufiours en la ligne IL. .& pour trouuer le pois N, qui en cftle fommet, il faut faire IN efgale à — — , & que le point I foitentreL & N. files termes font + mm 0 xsoubien que le point L fait entreT & N, s'ils font + mm -- 0x; oubien il faudroit qu’N fuft entre 1 & L, s’il y auoit _- mmbkox. Mais il ne peut jamais ÿ auoir -- mm, En la façon quelestermes onticy efté poiés, Et enfin le point N féroit le mefme que le point] fi la quan- titémmeftoitnulle. Au moyen dequoy il eft ayfé. de. trouuer cete Parabole par le rer. Problefme du 1°, liure d’A paone T4 Que 330- «LA GEOMETRIE. Que fi la ligne demädée eft vn cercle, ou vne ellipfe,ow vne Hyperbole , 1lfaut premierement chercherle point M, quieneftle centre, & qui eft toufours en la ligne droite 1L, ouon le trouue en prenant . pour IM. en | forte que fi la quantité a eft nulle, ce centre eft iuftement au point I. Et fi la ligne cherchée eft vn cercle, ou vne Ellipfe; on doit prendre le point M du mefme cofté que le point L, au refpeét du point I, lorfqu’on a + 0x, & .orfqu’on à -- ox, onle doit prendre de l'autre, Mais tout au contraire en l'Hyperbole, fiona--ax, ce centre M doit eftre vers L, & fi on a + 0», il doit eftredel’au- tre cofté. Aprés cela le cofté droit de la figure doit eftre "00% z Ampzz k | k 4e V RES 33 lorfqu'on a + m m, & que la ligne cherchee eft vn cercle, ou vne Ellipfe ; oubien lorfqu'on à-- mm, & que c'eft vne Hyperbole. & il doit eftre Vobosai oHbpas de disons ECO | ai — an Mlaligne cherchée eftant vn cercle, ou vne Ellipfe, on à -- "1m, oubien fi eftant vne Hyper- bole &la quantitéooeftant plus grande que 4 mp, on à. mm. Que la quantitémmeft nulle, ce cofté droit ft & fioxeft nulle ileft 77 = = €, Puis pour le cofté traverfant , il fauttrouuer vne fi une, qui foit a cecofté’ droit, cômessmeftà p 3z+,xfçauoir fi ce cofte droit eft 4 CN. AMPR Ro je a : 4e 42A00MmmMm san na FT yet 10 ITATéHMMECI Cr A Er en tous ces casle diametre de la feétion eft enla ligne EM, &L Ceft l'vnede celles qui luy eft appliquée par ordre. Sibienque faifant M N efgale a la moitiédu cofté | # | frauer-- Livre Saco nn: tranerfant & le prenant. du mefine cofté itsiel qu'eft le point L, on a le point N pour le fommet. de ce diametre .en fuite dequoyil eft ayfé de trouuer la fectien re fecond & 3 ER du rer, liu.d’ de “CRARLARCRARAMASORAALESSASAS 00 vesu/foanmusan FF Mais quand cete fection eftant vne Hyperbole, on à + mm; & que la quantité 0 oeft nulle ou plus petite que 4p m,on doittirer du centre M la ligne M O P parallele a LC eCP parallele à LM. & faire M O PTT IE LE à . #4 2PP2ZX. da ns? RER oo Re RS , _ doiteftre la moitiéde KI, & pourceque langle IKE Tu S£con». 333 À À 0 13 M "ST EN V 00+4mp qu'il faut diuifer par a am8c multiplier par pax,a Caufe que ces termes expliquent la proportion qui eft entre le cofté trauerfant &le droit, & 007 il vient = #x-ox+x# 004 mp + dé _ 7 00+a4mp + mm.cequ'il fant ofter du AE precedent, & on trouue mm+0%x À xx pour le quar- réde CL, qui par confequent eft vne ligne appliquée par ordre dansvne Ellipfe,ou dans vn cercle au fegment dû diametre N L. | Et fi on vent expliquer toutes les quantités données: parnombres, en faifant par exemple E A 53, AG 5,. ABBR,BSH£:BE,GB% BT, CDæ 2CR,CF mACS; CH ACT, & quel'angle ABR foit de 60 degrés, & enfin que le rectangle des deux CB, &C F, a foit efgal au rectangle des deux autres C D & C H, car il faut auoir toutesces chofèsaffin que.la queftion foit. en- tierement determinée.. &auec cela fuppofant AB x & CB>7y,entrouue dm la façon cy deflus. expliquée YY-D 23 Es Hssss&ymt it ViH ax lxz: 22 xx: fi bienque B'K doit eftrer,& KL ou A BR eft de 60 degrés, & KIE qui eff KIBoulIK L, de 30, 1 LKR croire Et pourceque IK ou A Beft nomme #, KLelt 5x, & IL eft x72;&la quantité qui eftoit tantoft see Re era eftoit a eft 7’ 2, celle quieftoit meft-r, celle quieftoit » “ef 4, & celle qui éftoit ss eft + ,de façon qu'on à TE. | pes 4. |) pour: Quels ‘font les Jieux plans, & #olides:.8s “a facon de les -trouucr. qu'il cf ueftion de trouuer quelque point auquel il 334 La GEONETRIE. pour TM, S& V°12 pout N M , & pourcèque aa m qui eftiefticy efgal à pzx & quel ‘angle ILCeftdroit, on trouue que la ligne courbe NC eft vn cercle. Et on peut facilement examiner tousles autres cas en mefme forte: Aurefte a caufe que les equations, qui ne montent que iufques au quarré, font toutes comprifes encequeie _ viens d'expliquer; non feulement le problefme des an- ciens en 3 & 4 lignes eft icy entierement acheué, mais aufly tout ce qui appartient à ce qu'ils nommoient la compofition des lieux folides ; & par confequent auffÿ a celle des lieux plans, a caufe qu'ils font compris dans les #olides. Car ceslieux ne font autre chofe, finon quelors manque + * Livre SEcoNp. | 33$ manquevne condition poureftreentierement determi- né, ainfi qu'ilarriue enceteexemple,tous les poins mefme ligne peuuent eftre pris pour celuy qui mandé. Et ficete ligne eft droite,ou circulaire | onls nomme valieu plan. Mais fic'eftvneparabole, ou vne hyperbole, ou vneellipfe, on la nomme vn lieu folide. Et toutefois & quantes que cela eff, on peut venira vneE- quation qui contient deux quantités inconnuës, & eft pareille a quelqu'vne de celles queie viens de refoudre, Que fi la ligne qui determineainf le point cherché , eft d'vn degré plus compofée queles fe“tions coniques, on _ la peut nommer, en mefme façon , vnlieu furfolide, & ainfides autres. Ets’il manque deux conditions a la de- termination de ce point, le lieu ouil fe trouue eft vne fu- perficie, laquelle peut eftre tout de mefme ou plate, on: fpherique , ou plus compofée, Mais le plus hant but qu’ayent eu les anciens en cete matiere a efté de parue- nirala compofition des lieux folides: Et il femble que tout ce qu'Apollonius a efcrit des fections coniques n’a eftéqu'à deffein de la chercher. | Ouellet: De plus on voit icy que ceque iay pris pourle premier! pe genre deslignes courbes,n'en peut comprendre aucunes is fim- autres que le cercle, la parabole, l’hyperbole, & l’ellipfe. sh ré qui eft tout ce quei’auois entreprisdeprouuer. lignes Que fila queftion des anciens eft propofée en cinq li: REX gnes, qui foient toutes paralleles ;: il eft euident que le encen ls point cherchéferatoufiours en vneligne droite. Mais fi qe sir ù elleeft propoféeen cinq lignes, dont ilyenait quatre ciens qui foient paralleles, & que la cinquiefme les couppe af me angles droits, & mefme que toutes les lignes tirées du me à inq li- POINT g nes. 336 La GEOMETRIE. point chercheles rencontrent auffy a angles droits, & enfin que le parallelepipede compolé de trois deslignes ainfitirées fur trois de celles quifont paralleles, foit efgal au parallelepipede compofé des deux lignes tirées Fyne fur la quatriefme de celles qui font paralleles & l'autre für celle quiles couppe a angles droits, & d'vnetroifief. medigne donnée. ce qui eft ce femble le plus fim- ple cas qu'on puifle imaginer aprés le precedent ; Je point cherche fera en la ligne courbe, qui eft defcrite _ par le mouuement d’vne parabole en la façon cy deflus expliquée, sis Soient Livre. SECOND. 327 Soient par exemple leslignes cherchées A BIH,ED, GF,&GA. & qu'on demandele point C, en forte que _ tirant CB, CF,CD, CH, &C Ma angles droits fur les données, le parallelebipede destrois CF, CD, & CH _ foitefgal a celuy des 2 autres CB, & C M, & d’vne troi- fiefme quifoit AI. IepofeCB æy.. CMs. AI, ou AE, ou GE % 4,de façon quele point C eftant entre les lignes A B, &DE, iayCF%24--y,C D > 4% - y. & CH 07 a & FARAIRESRA ces trois l’yne par l’autre, ay y —28)ÿ-. 4 8ÿ +284 ‘efgal au produit des trois autres quieft z xy. Aprés celaie confidere la li gne cout- beCE G, quei‘imagine eftre defcrite par l’interfe&ion, déla Parabole C K N, qu'on fait mouuoir en telle forte que fon diametre KL eft toufiours für la ligne droite A B, &delareigle G L quitourne cepéndant autour du point G en telle forte quelle pañfe toufiours dans le plan de cete Paraboleparlepoint L. Etiefais KL à, & le _ cofté droit principal, c'eft adire celuy qui fe rapporte a j'aiffien de cete parabole, auffy efgal à 4,& GA Da, & CBouM A >y,&CMouAB> x. Puis a caufe sa triangles femblables GMC & CB L,G M qui eft 2 a- eftà M C quieft x, comme CB qui efty,eftàBL qui R ‘4 Ps rot LPS Et pourceque LK efts, BKeft 2 . oubien Fi 2 Et enfin pourceque ce mef- me BK eftant vn fegment du diametre de Ja Parabole, eftàBC qui luy eft appliquée par ordre, comme cel- D lecy eft au coîté droit qe eft &, le calcul monftre que 4 Meraar tag + 24, "et sens a ax y. &par confe- * | Vi | quent 338 La GEOMETRIE. ï | | O fe A ME a die # | pr: E/\M , A 1 US 0 ñn quent que le point C eft celuy quieftoit demandé. Etif peut eftre pris en telendroir de la ligne C EG qu'on ve- uille choifir, ou auffy en fon adiointe 6 E G c quife de- {cri t en mefme façon, excepté que le fommet de laPara- bole efttourné vers l’autre cofté, ou enfin en leurs con- trepofées N 10, #1 O;qui font defcrites par l'interfe&ion que fait la ligne G L en l’autre cofté de la Parabole KN: : | _ Or encore que les paralleles données À B, lH, ED. & G F ne fuffent point efgalement distantes, & que GA. ne lescouppalt point aangles droits, ny aufly les lignes | tirées Livre SECOND. +, OW tirées du point C verselles, cé point C ne laifferoit pas de fe trouuer toufours en vne ligne courbe, qui feroit de cete mefme nature. Etil s'y peut aufly trouuer quel- quefois, encore qu'aucune des lignes données ne foient paralleles. Mais fi lorfqu’il ÿena 4 ainfi paralleles, & vne | cinquiefme qui les trauerfe+& que le parallelepipede de + trois des lignes tirées du point cherché, l’vne fur cete cinquiefme, 8e les 2 autres fur 2 de celles qui font paral- leles; foit efgala celuy , des deux tirées far les deux au- tres paralleles , & d’vne autre ligne donnée. Ce point cherché eften vne ligne courbe d'vne autre nature, 2 fçauoir en vne qui eft telle, que toutesles lignes droites appliquées par ordre a {on diametre eftant efgales à cel- les d'vne fe“tion conique, les fegmens de ce diametre, qui font entre le fommet & ces lignes , ont mefme pro- portion a vne certaine ligne donnée, que cete ligne don- née a aux fégmens du diametre de la fection conique, aufquels les pareilles lignes font appliquées par ordre. Et ie ne fçaurois veritablement dire que cete ligne foit moins fimple que la precedente, laquelle iay creutoute- fois deuoir prendre pour la premiere, a caufe que la de- fcription, & le calcul en font en 1 façon plus faciles. | Pour les lignes qui feruent aux autres cas, ie ne m'are- fteray point ales rade à par efpeces. car ie n'aypas entreprisde diretout ; 8 ayant expliqué la façonde trouuer vneinfinité de poins par où elles pañlent,ie penfe auoiraffés donné le moyen de les defcrire. Mefme ileft a propos de remarquer, qu'il ya grande DMAEREE entre cete façon de trouuer plufieurs poins LL. pour un 340 LA GEOMETRIE, fonts pourtracer vne ligne courbe, & celle dont on fe fert pour de la fpirale, &fesfemblables. car par cete derniereon ne qu'en de- trouue pasindifferement tous les poins de la ligne qu’on un. cherche, mais feulement ceux qui peuuent eftre déter: plufeurs mines par quelque mefure plus fimple, que celle qui eft SRE au requife pour la compoler, & ainfi a proprement parler peuvent on ne trouue pas vnde fes poins. c’eft a dire pas vn de Asie ceux qui luy font tellement propres, qu'ils ne puiffent Geome- eftre trouué que parelle: Au lieu qu'ilny a aucun point 7 dansleslignés quiferuent a la queftion propofée , quine - fe puifferencontrerentre ceux qui fe determinent par la façontantoft expliquée. Et pourceque cete façon de tracer une ligne courbe, en trouuant indifferément plu- fieurs de fes poins, ne s’eftend qu'a celles qui peuuent aufly eftre defcrites par vn mouuement regulier & con: tinu, on ne la doit pas entierement reietter de laGeo- metrie. | RE Etonn’en doit pas reietter non ot: celleou on fe celles fert d'vn fil, ou d’vne chorde repliée, pour determiner ss l'egalité ou la difference de deux ou plufieurs lignes 4 Fi droites qui peuuent eftre tirées de chafque point de la peauenc COUrbe qu'on cherche, a certains antres poins., ou fur ess certaines autres lignes a certains angles. ainfi que nous VER auons fait en la Dioptrique pour expliquer l'Ellipfe & FHyperbole. carencore qu'on n'y puiffe reçeuoir au- cunes lignes qui femblent a dés chordes , c’eft a dire qui deuienenttantoft droites & tantoft cotes: a caufe que . Ja proportion, qui eft entre les droites & lés courbes, n'eftant pas connuë, & mefme ie croy ne le pounant eftre ee les hommes, onne c pourroit rien conclure de là qui fo: | LivRE SECOND. SAT fuft exact &afluré. Toutefois a caufe qu'on ne fe fert de chordes en ces conftructions, que pour déterminer des lignes droites, dont on connoift parfaitement la lon geur, cela ne doit point faire qu’on lesreiette.. … Ordecelafeul qu’onfçaitle rapport, qu'ont tous lès Que pous poins d'vne ligne courbe a tous ceux d'vne ligne droite, en. en la façon queiay expliquée, il eft ayfé de trouuer aufÿ proprie- le rapport qu'ils ont a touslesautres poins, & lignes don- “°° “- nets: & en fuite de connoiftre les diametres, les aiflieux, cowbes, … _ les centres, & autres lignes, ou poins, a qui chafque li- a gne courbe aura quelque rapport plus particukier , ou lerappors- plus fimple, qu'aux autres: & ainfr d'imaginer diuers sn moyens pour lesdefcrire, & d’en choïfirles plus faciles, poins a Et mefme on peut auflÿ par cela feul trouuer quafi tout henes | cequi peut eftre determiné touchant la grandeur de l’e- er Le fpace quelles comprenent, fans qu’il foit befoin que en detirer . donne plus d'ouuerture. . Etenfin pour cequieft detou-tiutres tes les autres proprietés qu'on peut attribuer aux lignes-qu les courbes, elles ne dependent que de la grandeur des an- SFPPE®E gles qu'elles font auec quelques autres lignes. Maislor£ ces poins - qu'on peut tirer deslignes droites quilescouppent a at os gles droits, aux poins ou elles font rencontrées par cel- lesauec qui elles font les angles qu’on veut mefurer, ou;: cequeie prensicy pour le mefme, qui couppent leurs: contingentes; la grandeur de ces angles n’eft pas plus malayfée a trouuer, que s'ils eftoient comprisentre deux: lignes droites. C'eftpourquoyie croyray auoir mis icy. tout ce quieft requis pour les elemens des lignes cour bes, lorfque auray generalement donné la façon deti- rerdes lignes droites, qui tombent à angles droits für Vv: 3: tels . 342 LA GEOMETRIE, tels de leurs poins qu'on voudra choifir. Et ï'ofe dire que c'eft cecyle problefme Je plus vtile, & le plus gene- talnon feulement queiefçache, mais mefme que l'aye jamais defiré de fçauoir en Geometrie. ‘Facon generale _ Soit C E pour la ligne courbe, tiques & qu'il faille ti- droites; FET Vue ligne | qui coup- . se rs G droite par le Éd point C, qui fa- . .GONACES» dc ROUE elle desanglés droits. Ie fuppofe la chofe defia contin- faite, & que la lignecherchéeeft C P, laquelle ie pro- apr k longe iufques au point P, ou elle rencontre {a ligne droi- droits. te GA, queie. fappofeettre celle aux poins de laquelle onrapporte tous ceux de la ligne C E : en forte que fai- fant M A ou CB > y, &C M, ou B A % x, iay quelque equation, qui explique le rapport, qui ef entre x & y. Puisie fais PCs, &P A x, ou P M —Y, & à caufe du triangle rectangle PM C iayss, qui eft Ie quar- ré de la baze efgal à xx vu 20y<+yy, qui font les quarrés des deux coftés. c'eft à dire iay x % : Vss-vuHi 2vy-=yy, oubien y Du V's5-- xx, 8 parle moyen de cete equation, i'ofte de l’autre equa. tion qui m'explique le rapport qu'ont tous les poins de la courbe € E a ceux dela droite G A, l’vne des deux quan- titésindeterminées x ou y. ce qui eft ayfé a faire en mettant partout 7 Ss-vvH20y- yy au lieu d’x, & le Der de cete fomme au lieu d'xx, & fon cube au lieu d y, Scain desautres, fic'eftx que ie veuilleofter; ou- “bien _ Livre SECOND, 34 bien fi c'efty, en mettantenfonlieux + Vs5—%x;, 8 le quarré, ou le cube, &c. de cete fomme, au lieu d'yy,où y &c. De façon qu'il refte toufiours aprés cela vne equa- tion, en laquelle il ny a plus qu'vne feule quantité inde- terminée, x,ou y. ie D Comme fi CE eft vne Ellipfe , & que M A foit le fegment de fon diametre, auquel € M foit appliquée par ordre, & quiait rpour fon cofté droit ,& q pour le tra- | _ uerfant;onà parle t3th, dur liu. d’Apollonius | r < d* oftant xx, il refte s 5 -— r æ VUH-2UY-YY DO rY-—Y Ye «7 ns ‘AE à | oubien, yy AIT FAT T'efgal a rien. caril ef mieux enr: cet endroit de confiderer ainfi enfemble toute la fom- me , que d’en faire vne partie efgale a l’autre. >, 93 x Tout de mefme fi C E eft la ligne courbe L defcrite par le mou- uement d'vne Parabole en la façon cy deflus: B expliquée, & qu'onait | poféépour GA, cpour KL, & d pour le cofté: | “droit du diametreKL A €nlaparabole:l'equatié: qui explique le rapport qui: 344 : LA GEOMETRIE, | qpieftentres&y,eybyy car Ébedt day d'où oftant Wir ON LA J — byy--cdy + bcd + dy V' s5--vv+ 2 0Y-= y: & remetrant en ordre ces termes par le moyen de la multiplication, il vient 204 | --1bbcd ste ab paca}: 3 Fr --2bc cddy hr ccddoo. } ÆHddvv Etainfidesautres. Mefme encore que les poins de la ligne ne ne fe rapportaflent pas en la façor queiay ditte a ceux d’vne ligne droite, mais entoute autre qu'on fçauroit imagi- - ner, on ne laïffe pas de pouuoir toufiours auoir vne telle equation. CommefiC Eeftvneligne, qui aittelrap- portaux trois poins F,G, & À, queleslignes droites ti- rées de chafcun de és poinscommeC, iufques au point F rMhepañen la ligne.F A d'vne quantité, qui ait certaine. | proportiô o don _ néavne autre _ quantité dont \, À GA furpañfe les ir à Ua Re € lignes tirées des mefmes satfiées àG. Faifons G A 20 b, AF ec, & prenant à difcretionle point C dans la courbe, que la quantité dont CF furpafle F A, foit à celle dont G A furpañfe GC, comme à e, en forte que fi cete quantité ape ji indeterminee fe nomme 2, EC eftc+7,&GC eft b--3 L Puis pofant M A D y, GMefté--y,&FM eft c+4,6 a. cage du ab reétangle CMG., oftant le quarré é de “He SECOND... ” 345 de GM du quarréde GC, on ale quarréde € M, qui eft a x 2byee y. puis oftant le quarré de FM du quarréde F C,ona encore le quarréde C M en d'au- tres rermes, a fçauoir 33H 26%--2 Cy--yy, & cester- mes eftant efgaux aux precedens , ils font connoiftre Ÿ» dédzz 4 2 cddz -- 6622 1 à E 2 bdex,, ouM8 qe: eme & fubftituant. ce- te fomme au lieu d'y dans le quarré de Le M ; On trouue qu'il s'exprime en ces termes. Er | bddzx M ceezx 2 bcdde -- 2 bcdez | RE DA A D TO Puis fuppofant que la ligne droite PC rencontre 12 courbe aangles droits au point C, & faifant PC >, & P Av comme deuant, PMeftv--y ; & a caufe du triangle rectangle PCM,onàss--vv—+2uy--yypour . le quarré de C M, ou derechef ayant au lieu d’yfubftitué la fomme qui luy eft efgale, il vient Æ 2 bcdde -- 2 bcdez -- à cdduz -- 2 bdeux -- bddss & édduv .- 4x h Æ cee ee v - dd v -- clés & cddve. 50 9 pour lequation que ñous cherchions. : Orapré qu'onàtrouuévnetelleequation , aulieu . des’enferuir pour connoiftre lés quantité x,our, ou x, . quifont defa données, puifquele point C eft donné, on la doit employer atrouuer v , ou s, qui determinent le point P, quieft demandé. Et a cet effect il faut confide- _rer,que fice point P eft tel qu’onle defire, le cercle dont il fera le centre, & qui paffera par le point C, ytouchera laligne courbe GE, fans lacoupper: mais que fice point P, eft tant foit peu plus proche, ou plus efloigné du point | XX A,qu'il 346 ELA Géénterutt. | À, qu'ilne doit, cecercle couppera la courbe , non fn lementau point C, mais aufly neceffairement en quel- queautre. Puisil faut aufly confiderer, que lorfque ce cercle couppe laligne courbe CE, l’equation par laquel- le on cherche la quantité x, où y, ou quelque autre fem- blable, en fappofant PA &PCeftre connuës, contient neceffairement deux racines, quifont inefgales. Car par exemple fice cercle couppe la courbeaux poins C & E, ayant tiré E Q parallele a CM, les noms des quantités indeterminées x & y, conuiendront auffy bien aux lignes. EQ, &Q À, qu'a CM, & MA; puis PE eft efgale a PC, a caufe du cercle, fi bien que cherchant les lignes: | EQ & QA, par PE & P A qu'on fuppofe com- me données , on aura ne mefme equation, que fi on cherchoit C M & M A par PC,PA. d'où é I] 1} fufteuidemment,quela mi m - A valeurd’x, ou dy, ou de telleautre quantité qu'on aura fuppofee , fera double en cete equation, c’eft a dire qu’il y aura deux racines inef.. galesentreelles, & dont l’vne fera CM, l'autre EQ , fi c’eftxqu'on cherche. oubienl’vne fera M A, & l’autre Q A;fic'eft y. & ainfi des autres. Il eft vray que fi le point Ene fe trouue pas du mefme cofté de la courbe que le point C, il n'y auraque l’vne de ces deux racines _ qui foit vraye, & l'autre fera renuerfée, ou moindre que rien: mais plus ces deux poins, €, & E, font proches lvn de l'autre, moinsil ya de difference entre ces deuxraci- nes: 2 { | Livre SECOND 347. nes, & enfin elles font entierement efgales, s’ils font tous deuxioins en vn, c'eftadire file cercle,qui pañle parC, y touchela courbe C E fans la coupper. De plusil faut confiderer, que lorfqu'ily a deux raci- nes efgales en vne equation, elle a neceffairement la mefme forme,que fion multiplie par foy mefme la quan- tité qu'on y fuppofe eftre inconnuë moins la quantité connue qui luyeftefgale, & qu’aprés cela fi cete derniere fomme n'a pas tant de dimenfions que la precedente, on la multiplie par vne autre fomme qui en ait autant qu'illuy en manque; affin qu'il puiffe yauoir feparement equation entre chafcun des termes del'vne, & chafcun destermes de l'autre. Commeparexemple ie dis que la premiere equation trouuée cy deffus, afçauoir PPNESAVI ETUIS q--r celle qui fe produift en faifant e efgalay, & multipliant J77epar foy mefme,d'oùil vient 7y--2 27 + ee,en forte qu'on peut comparer feparement chafcun de leurs ter- mes, & dire que puifque le premier qui eft yreft toutle mefme en l’vne qu'enfautre, le fecond qui omiene gry:-29 V9, g--r cherchant la quantité v qui eft la ligne P A , on à — doitauoir la Pme Rs que eft efgal au fecôd def autre qui éft--267y,d'où Fu 4 nv p 70e et 37, oubie sesosansaanse i … a.caufe ue nous auons aa FES FHaa ,Ona B<: 2 ainfi 348 La GBOMETRIE. ainf où pourrais: trouuer x par le troifiefme terme ee 50 T1" mais pourceque la quantité v determine aftés le ont P,qui eft le feul que nous cher chions on n'a pas befoin de pañler outre. Tout de mefme la feconde equation ciduuée cÿ def fus, a fçauoir, Li cd ibbed | RS 2 À, tibed} 3% ccdd&,,, … y ACER dre ÿ ue AE tt Er : Xd d'u v- doit auoir mefine forme, quela fomme qui fe produift Jens a multiplie db: SE “pis | y HART RTK quieft 3 # ÿ 4 “af jee el A y’ re Pr -2ek Jrmeit Fe NE né Reef Le Hechi | de Le que de ces deux Ste entire fix autres, qui feruent a connoiftre les fix quantités f, g, b, &,v,&cs. D'oûileftfortayfé a entendre, que de quelque genre, que puiffe eftrela ligne ri propolée, il vient tôu- fiours par cete façon de proceder autant d’equations, qu'oneft obligé de fuppoler de quantités , qui font in- -connués.: Mais pour demefler par ordre ces equations, & trouuer enfin la quantité v,. quieft la feule dontona befoin, & à l'occafion de laquelle on cherche les autres: 1ffaut premierement par le fecend terme chercher f la premiere des quantités inconnuës de la derniere fom- me, & on trouue f 2 2 e-- 2 b: Puis par le dernier il faut chercher 4 la dérntere des. dise inconnuës dé la mefme fomme, _& on trouue: 7. CC d À. Puis. Livre SEconD. V1. Ré Püis par le troifiefme terme il faut chercher s la feconde quantité, &onagse 3ee--abe--2 cd+ bb+ dd _Puispar le penultiefme il faut chercher à la penultiefme __ 2bbccdd 2 bccdd: quantité, qui eft h? 30 —— — F Etainf il fau- droit continuer fuiuantce mefme cidre iufqués a là der- nicre, s’il y en auoit d’auantage en cete fomme: carc’eft chofe qu'on peut toufiours faire en mefme façon. Puis parle terme qui fuit en ce mefme ordre, qui eft icy le quatriefme, il faut chercher la quantité v, & on à 4 4 pe 3 ; DR P & Li { 263 38e bbe ave, se bce bbcc. y D dt 1e 4 d “rsenen 4 ke - PEN DEP ee LA PEN eu mettant au lieu d'e quiluy eft efgal on a- 29 3 5byy bby 26 206 3e bbce. DD ha Ee dd Ace A NUE pour la ligne A P. À Etainf ilatroifiefme equation, qui . | KA 41480 350 ‘LA GEOMETRIE ELLES vhedez..2 cddur.2bdevx - bddss & bddwu- bdd EEE CO Cet - ddvv, | | | cn 2“ à la mefme forme que --ddv 44--2fx+f, en fuppofant fefgalaz,f roue il y a dérechef equation entre--2f, ou--2x, & bcdd--1bcde--1cddv--1bdev. UE bddæ& ceerkeev--dav d’où Leo connoift que ‘bcedd-bcde k bddz & ceez. da quantité « veft RTE TT TETE T LUS DE TES C'eft pourquoy compoñfant la ligne À P , de cete fomme ef- & gale à v dont toutesles quan- tités font connuës, Scti tirant da point Painfitrouué, vne digne droite vers C, elle y couppe la courbe GE a an- gles droits. quieft ce qu'il falloit faire. Et ie ne voy rien -qui empefche, qu'on n'eftende ce problefme en mefme façon a toutes leslignes courbes, quitombent fous Fee G .que calcul Geometrique. _ Mefmeileft a remarquer touchant la derniere fom- me, qu'on prent a difcretion, pour remplir le nombre des dimenfons del'autrefomme , lorfqu'il y enman- que , comme nous auons pris tantoft | | J'y ge yy+bh3y4 84; quélesfignes + & -- y peuuent eftre fuppolés tels, qu'on veut, fans que la li- gne v, ou A P, fe trouue diuerfe pour cela, comme vous pourtésayfement voir parexperience. car s’il falloit que ie m'areftaffe à demonftrertous les theorefmes ii 1 | ais LIVRE SECOND. st fais quelque mention, ieferois contraint d’efcrire vn vo- lume beaucoup plus gros que ie ne defire.. Maisie veux bien en paffant vous auertir que l’inuention de fuppofer deux equations de mefme forme, pour comparer fepa- rement touslestermes del'vnea ceux de l’autre, &ainfi “en faire naiftre plufieurs d’vnefeule, dont vous aues vi icy vnexemple, peut feruir a vne infinité d’autres Pro- blefmes, & n’eft pas l’vne des moindres de la methode dont ie me fers. ROUE Ten’adioufte point les conftructions, par lefquelles on: peut defcrire les contingentes ou les perpendiculaires. cherchées, en fuite du calcul queie viensd'expliquer , 2: caufe qu'ileft toufiours ayféde les trouuer: Bienque fou- uent on ait befoin d’vn peu d'adreffe, pour les rendre: courtes & fimples.. Comme par exemple, fi D Ceft la premiere conchoi- prempte de des anciens, de la con dont A foit le po- 4 ro. de ce pro- le, & BH la regle: Re | Aa cCOon- en forte que tou- choide. tes les lignes droi- tes qui regardent. vers À , & font . comprifes entre la courbe CD, &la: SRE EN | droite BH, com- me DB &CE, foientefgales: Etqu’on veuille trouuer- _ Rligne CG quila couppe au point € à angles droits. On pourroit en cherchant, dans la ligne BH, le point. » . par où.cete ligne C G doit paffer, felon la méthode icy | | De exphis # ‘Explica- tion de 4 nouue- Aux gen- - xes d'O- uales, qui - feruenta Y'Opti- que. 352 La GEOMETRIE. expliquée, s'engager dans vn calcul autantou plus Jong qu'aucun des precedens:Et toutefois la conftruétion, qui deuroit aprés en eftre deduite ,eft fort fimple. Car ilne faut queprendreC F en la ligne droite CA, & la faire efgale à.C H qui eft perpendiculaire fur H B: puis du point Ftirer EF G, parallele à BA, & efgaleà FA: au moyen de quoy on a le point G , par lequel doit paffer CG la ligne cherchée. | R Aurefteaffin que vous fçachiées que la confideration des lignes courbes icy propofée n'eft pas fans vfage, & qu’elles ontdiuerfes proprietés, quine cedent en rien a celles des feétions coniques, ie veux encore adioufter icy l'ex plication de certaines Ouales, que vous verres eftre tres vtiles pour la Theorie de la Catoptrique , & de la Dioptrique. Voycy lafaçon dontieles defcris. Premierement ayant tiré les lignes droites FA , & À R, qui s'entrecouppentau point À, fans qu’il importe a quelsangles, ie prensenl’vne le point F à difcretion, c'eRa dire plus ou moins cloigné du point A felon que | 2 _ je Livre SECOND, 357 ie veux faire ces Ouales plus ou moins grandes, &dece point F comme centre ie defcris vncercle ; qui paffe quelque peu au delà du point À, comme par le point s, = puisde ce point sietire la ligne droite s6, qui couppe J'autre au point 6, en forte qu’ A 6 foit moindre qu’ A ÿ, felon telle proportion donnée qu'on veut, a fçauoir fe- Jon celle qui mefure les Refractions fi on s’en veut fer- _uir pour la Dioptrique. Aprés celaie prens auffy le point G, enlaligne F À, du coftéoù eft le point ;:,a difcrction, c'eftadireenfaifant queleslignes À F & G A ont entre elles telle proportion donnée qu'on veut, Puis ie fais R A efgaleà G A enla ligne A 6. & du centre G defcri- uant vn cercle, dont le rayon foit efgal à R 6, il couppe l'autre cercle de part & d'autre au point r, qui eft l’vn de ceux par où doit pafñfer la premiere des Ouales cher- chées. Puis derechef du centre EF ie defcris vn cercle, qui pale vn peu au deça, ou au delà du point. s; comme par le point 7, & ayant tiré la ligne droite 7,8 parallele a 5 6, du centre Gie defcris vnautre cercle, dontle rayon eftefgalala ligne R$. & ce cercle couppe celuy qui pañle par le point 7 au point r, qui eft encore l'vn de ceux de la mefme Quale,… Et ainfi:on en;peut trouuer au- tant d’autres qu'on voudra , en tirant derechef d’au- tres lignes paralleles à 7 8, & d'autres cercles des centres RARE Aer pm V4 Pouria feconde Ouale il n’y a point de difference fi- _ nonqu'aulieu d'A Rilfautde lautrecofté du point A prendre À Sefgalà À G, & que.le rayon.du cercle .de- {crit du centre G, pour coupper celuy qui eft.defcrit du centre F &-qui pañle. par leipoint.s ; foit efgal a la ia | Nu à 0 igne l 354 La GEOMETRIE. Hé s'6 ‘6jou qu vi foit fera ns ficeft pour coupper celuy qui pañfe par le point 7. & ainfi des autres. au _moyén dequoy ces cercles s'entrecouppent aux poins HArqUEs + 2, 2 qu font ceux dé cete feconde Ouale A>X: Pourla éoïf cfime, &la Biaiflefine!s ai lieu de la ligne A G il faut prendre A H de l’autre cofté du point À, à fçauoir du mefme qu'eft le point F. Etilya icy de ples a obferuer que cete ligne À H doit eftre plus grande qué A F: laquelle peut mefne eftre nulle, ch forte que le point F ferencontreoù eftle point À , en la defcription detoutescesouales. Apréscela les lignes AR RORS cftant efgalesà AH, pour defcrire la Hroifiefnel -ouale A 3 Voie faisvn cercle du centré H, dont le .. | efgal Livre SEcoN». | 325$ ° * à: F4 dy ef se À 4-04 x i } : "ET Ki j DRE x HR ; ES | “tt 4 C2 ner oc PT LEURS NL SUPER MURS TR Hé) QU Le Hl EF GRR | | D [7 À s Me Midi Fe L é :êe 5 re 4 Lu ® 3 À e a Q / 2 = 8 PET ”* as 3 s f » 7  3 Fi NP l [] % #1 CL UA PO 4 te, $ + U PE a # F4 e A FOUR. : FL S ss " El Nes ot ET / NASA ,. an D D NC tagaasous À < da Ps D" UV UE W le; vl( mn 2 4 Pu efgal à S 6, qui couppe au point 3 celuy du centre F, qui paffe par Le point 5, & vnautre dontle rayon eft efgal a S 3, qui couppe celuy qui paffe par le point 7, au point aufly marque 3; &ainfi des autres. Enfin pour la derniere à 356 -__ La GEOMETRIE. | oualeie fais des cercles du centre H , dont les rayons font efgaux aux lignes R 6,R 8, & femblables, qui coup- pent les autres cercles aux poins marqués 4. On pourroit encore trouuer vne infinité d’autres moyens pour defcrire ces mefmes ouales. comme par exemple, on peut tracer la premiere ‘A V, lorfqu'on fup- _pofe leslignes F A & AG eftre efgales, ff on diuife la toute F Gau point L,enforte que F LioitaLG, com- me À sà A 6. c'eftà dire qu’elles ayent la proportion, qui mefure les refractions. Puis ayant diuifé À L en deux partiesefgalesau point K, qu'on face tourner vne reigle, commeFE, autour du point EF, enpreffant du doigt C,. la chorde E C, qui eftant Va au bout de cetereigle vers E, fe replie de C vers K, puis de K.derechef versC,. & de C vers G, oufonautre boutfoit attaché , en forte que la longeur de cete chorde foit compoñée de celle: deslignes G A plus A Lplus FE moins AF. & ce fera lemouuement du point C, qui defcrira cete ouale, a limitation de cequiaeftédit en la Dioptrig;de l'Ellipfe,. eæ Livre SECOND: DURE à &del Hyperbole. mais ie ne veux point m'arefter plus = longtems fur ce füier. Or encore que toutes ces ouales femblent eftre quaf de mefme nature,elles font neanmoins de 4 diuers gen- res, chafcun defquels contient fous foy vneinfinité d’au- tres genres, qui derechef contienent chafcun autant de diuerfesefpeces, que fait le genre des Ellipfes, ou celuy des Hyperboles. Car felon que là proportion', qui eft en- tre les lignes A s, A 6, ou femblables, eft differente ; le genre fubalterne de ces ouales eft different. Puis felon que la proportion,- qui eft entre leslignes À F, & A G.ou À H, eft changée, les ouales de chafque g genre fubailter- ne changent d'elpece. Etfelonqu' A G,ou A H eft plus ou moins grande, elles font diuerfes en grandeur. Et fi leslignes À 5 & A6 fontefgales, au lieu desouales du premier genreou dutroifiefme, onne defcrit que des: lignes droites, mais au lieu de celles du fecond on atou- tesles Hyperboles poffibles, & au lieu 4 der- niertoutesles Ellipfes. Outre cela en chafcune de cesouales 1 Eaut chafdcres Les pro deux parties, quiont diuerfes proprietés ; a fçauoir en la P‘i 6, & HY cb, dheft plus grande que 2ce—+eb, & lors | C Y doit eftre- la feconde partie de Îa mefine oùale du troifiefme genre, qui atantoft efté nomée 3 Ÿ: 3; ;Oubien d heftefgale, ou moindre que 2 RUE & lois CV, doit eftre la feconde partie de l'ouale du fecond genre quia cy deflusefténommeée 2 X 2. Et enfin file point H eftle mefme que le point F,ce qui n’arriue que lorfque FY &F Cfontefgales cete lune Y Ceftvncercle. Aprés celail faut chercher C A € l'autre fuperficie de ce verre, qui doit eftre vne Ellipfe, dont H foitle point bruflant, fon fuppofe que les rayons quitombent deflus foiët paralleles, & lors il efr ayfé de la trouuer.Mais fion fuppofe qu'ils vienét du point G,ce doit eftrela premiere partie d'vne ouale du premier genre,dont les deux poins. bruflans foiët G & H, & qui paflepar le point C:d’où on. trouue le point A pour le fommet de cete ouale,en confi- derat que GCdoit eftre plus grâde que GA ,d'vne quan: tité qui foit a celle dont H A furpaffe H C,comme dàe. car ayant pris kpour la difference, qui eftentreCH,&H M, fi on fuppofe x pour À M,on aura,x -- k, pour la diffe- rence qui eftentre À H, & CH; puis fi on prent g pour celle, quieftentre GE, & GM ; qui font données, on : 2 2 * pour celle qui éft éntre GC; & GA; & ZZ 3 pour- 366 LA GEOMETRIE. Commér pourceque cetederniere #+- xeft à l'autre x- 4, com- ‘On peut RE dk firevn medeftàe,onàge-exædx--.dk, oubien * VCITC; qui aitle mef. pour la ligne x, ou A M , par laquelle on determine le me effect | oi point À quieftoit Éhéréne pen prete Pofons maintenent pour l'autre cas, qu'on ne donne ue 1a pr . ° pass que les poins G C, & F,auecla proportion qui eftentre cé delvne Jes lignes À M,& Ÿ M, & qu'il faille trouuerla figure du à de fes fu- perficis verre À C Y, qui face quetousles rayons, qui vienent aicla pro- 4, point Gs HAVE au point F.. portion donnée On peut derechef icy fe feruir de deux ouales dont fe ee À C, ait G & H pour fes pois bruflans, & F: autre, dcl'autre. — C Y,ait F&H pour les fiens.Et pourles trouuer,premie- sement fuppofant le point H quieft commun atoutes deuxeftre connu, ie cherche A M par les trois poins G,C;H,enla façon tout maintenent expliquée, a fçauoir preuant 4pour la difference, qui eftentreC H, &HM, & gpour( celle qui eftentreGC, &GM: & A Geftant la premmieré partie de l'Ouale du premier genre , iay = pour AM: puis. ie cherche auffy MY par les trois. POSE, C, H,en forte que CY foit la premiere partie. Te ouale du troifiefme genre; & Prensnt y pour M Ve | is LIVRE SECOND. 367 &fpourla difference, quieft entre CF, &FM, ÿay f—+ y, pour celle quieftentreCF,&F Y: puis ayant de- fia kpour celle quieftentre CH, &H M,iay & + y pour cellequieftentre CH, & H Y, que ie fcay deuoir eftre af + y comme e eftà d, à caufe del que st nes . genre, d'oùietrouue que y où MY dis ee ni puis ioi- guant SHpraè Es os quantités trouuées pour A M, & MY, ietrouue* É pour la toute A Y ; D'où il fuit que de quelque été que foit fuppoféle point H, cete ligne AY efttoufiours compofée d'vne quantité, qui eft a cel- le dont les deux enfémble GC, &CF furpaffent la tou- te GF,Commee,la moindre des deux lignes qui feruent a autre les refractions du verre propofé, eftà d--e, la difference quieftentre ces deux lignes. cequieft vn Pre _fésbeautheorefme. Or ayant ainf la toute AY, illa. faut couper felon la proportion que doiuent auoir fes partiès A M & MY; au moyen de quoy pource qu'on à defia le point M, ontrouue auflÿ les poins À &Ÿ; &en füite le point H, par le problefme precedent. Maïs au- parauant il faut di. A fi la ligne A M ainfi trouuce eft plus grande que re —-ou plus petite, ou efgale. Car fi elle eft plus grande, on apprent delà que la courbe A.C doit eftre la premiere partie d’vne ouale du premier genre; & C Y la premiere d’vne du troifiefme, ainfi qu’elles ont efté icy fuppofées: au lieu que fielleeft pluspetite;, cela: monftre que c'eft C Y, qui doit eftre la premiere partie d'vne ouale du premier genre, & que AC doit eftre la: prises vne dutroifiefme : Enfin fi AM cft efgale à _4® Fe € LD 3e LA GEOMETRIE, —— © [es deux courbes AC &C Y ins eftre deux hy- st On pourroit efrendre ces deux péoersti a vne inf- nitéd autres cas, que ie ne m'arefte pas a deduire.à caufe qu'ils n'ont eu aucun vfage en la Dioptrique. | On pourroit aufly paffer outre, & dire, lorfque l'vne des fuperficies du verre eft donnée, pouruû qu'elle ne {oit quetoute plate,ou compofée de feétions coniques, ou de cercles, commenton doit faire fon autre fuperf- cie, afin qu 1 Érnimietre tous les rayons d’ yn point don- ne,avnautre point aufy donné. carcen ‘eft rien de plus | difficile que cequeie viens d'expliquer ; ou plutoft c’eft. chofe beauçoup plus: facile , à caufe que le chemin en eft ouuert. Maisi aymei mieux, que CL: autres le cherchent, 3 affinque s'ilsont encore vn peu de peine à le trouuer, ce- la leur face d'autant plus eftimer li inuention des chofes qui font icy demonftrées. - PA Au reftei ie n’ay parlé entout cecy,que des lignés c cour- on peut bes, qu'on peut defcrire far vne luperficie plate; maisil appliquer eft ay de rapporter ceque j'en ay dit, à toutes celles cequia efté dit qu'on fçauroit imaginer eftre formées , par le mouue- icy d lignes LDH régulier des poins de quelque cors; dans vn efpace courbes qui a trois dimenfions. A fçauoirent tirant deux perpen- defcrites fürvne diculaires,de chafeun des poins de la ligne courbe qu’ on He veut confiderer, fur deux plans quis'entrecouppenta ani celles qui gles droits, l’vne fur l' vn, &lautrefur l autre. car lés ex2 Rdeeri- tremités de ces perpendiéulaites défcritent deux autrés uét das vn efpace qui lignes courbes, vne fur chafcun de ces plans, defquelles sos on aie enlafaçon cy deffusexpliquée, determinertois les LIVRE SECOND. 369 fie poins, & les rapporter a ceux delaligne droite, qui eft commune a ces deux plans, au moyen dequoy ceux _-de la courbe, qui à trois dimenfions, font entierement detérmines. Mefme fi on veuttirer vneligne droite, qui couppe cete courbe au point donné a angles droits : il faut fenlement tirer deux autres lignes droites dans les deux plans, vne en chafcun, qui coupperit aangles droits les deux lignes courbes, qui y font, aux deux poins, où tombent les perpendiculaires qui vienent de ce point donné. car ayant efleuédeux autres plans, vn fur chaf- cune de ces lignes droites, qui couppe a angles droits le plan où elle eft, on aura l’interfection de ces deux plans pour laligne droite cherchce. Et ainfi ie penfe n’auoir rien omis deselemens, qui fontneceffäires pour la con- noiffance des lignes courbes. Fe y hi Re Fran GC EOME ER LE. LIVRE TROISIESME. De la conffruétion des Problefines qui | “Jour S olides, ou plufque Solides LL RARE 1 De quel- E\ GORE quetoutes les lignes courbes, qui peinent les lignes Courbis eftre defcrités par quelque mouuement: régulier, on peu doiuent eftre receuës en la Geometrie , ce n'eft pas a di: {feruir, en la con- re qu’il foit permis de fe feruir indiffereniment de la pre: ftru&ion de chafa; miere qui fe rencontre, pour la conftruction de chafque naar Aaa | PrO- me. | Exemple touchant livouentidô de plu. feurs moyënes prop jo- tionelles, 370 La GEOMETRIE. problefme: maisilfaut auoir foin de choifir toufours [a plus fimple , par laquelle il foit poflible de le refoudre, Et mefme il eft a remarquer, que par les plus fimples on ne doit pas feulement entendre celles, qui peuuent le plusayfement eftre defcrites, ny celles qui rendent la * Aconftruction, ou la demonftration du Problefme propo- fé plus facile, mais principalement celles, qui font du plus fimple genre, qui puiffe feruir a determiner la quan titéqui eft cherchée, N Comme par exemple ie ne croy pas, qu'il yaitaucu- ne façon plus facile, pour trouuer autant de moyennes proportionnelles, qu'on veut, ny dont la demonftration foit plus euidente, que d'y employer les lignes courbes, quife defcriuent par l'inftrument X Y Z cy deffus expli- qué. Car voulant trouuer deux moyennes proportion- nelles entre Y À & Y E, ilne faut que defcrire vn cercle, dontle diametre foit Y E; & pource que ce cercle conp-. be __. Livre TROISIESME. 371 pe la courbe À D au point D, Y D eft Fvne des moyennes proportionnelles chérchées. Dontla demonftration{e voit al’œil par la feule application de cet inftrument fur hligne Y D. car comme Y A, ou Y B, quiluy eft cigare er Cain Y CetaYD,&YDaYE. Toutdemefme pour trouuer quatre moyennes pro- portionelles entre Ÿ À &Y G:; ou pour en trouuerfix en tre Y A &Ÿ N, ilne faut quetracerle cercle Y F G,qui couppant À Faupoint F, determinelaligne droiteYEF, qui eft l'vne de ces quatre proportionnelles, ou Y HN, qui couppant À H au point H, determine YH l'vne des fix, & ainfidesautres. Mais pourceque la ligne courbe A D eft du fecond genre, & qu’on peut trouuer deux moyenes proportio- nelles par les feétions coniques, qui font du premier ; & aufly pourcequ'on peut trouuer quatre ou fix moyenes proportionelles, par deslignes quinefont pas de genres ficompofés, que font A F, & À H, ce feroit vne fauteen Geometrie que de les y employer. Et c’eft vne faute aüfly d'autre cofté de fe trauailler inutilement a vouloir conftruire quelque problefme par vn genre de lignes plus fimple, que fa nature ne permet. Or afin que ie puiffe icy donner quelques rei igles, De la na: pour euiter lyne & l autre de ces deux fautes, il faut que “re des ie die quelque chofe en general de la nature ‘des Equa- a. tions; c'eft a dire des fommes compofces de plufeurster- mes partie connus, & partie inconnus, dont lés vns font efgaux aux autres, ou plutoft qui confiderdl tous enfem- blefontefgauxarien, car ce {era ouuent le meille ut de les confiderer en cete forte, | Aa 2. Scachés 2 La GEOMETRIE. | Scachés donc qu'en chafque Equation, autant que auoir de [a quantité inconnue a de dimenfions , autant peut il y en chafa; auoir de diuerfes racines, c'eft a dire de valeurs de cete Fquatié quantité. car par exemple fi on fuppofe xefgale a 2, ou- bien x-- 2 efgal a rien ; & derechef x 5 3, oubien x - 3 0 0;en multipliant ces deux equations x -- 2 wa, & x --3 00, l'vneparl'autre, onaura xx--$ x +60, oubien xx 2 $x-- 6, quieftvne Equation en laquelle la quantité x vaut 2 & tout enfemble vaut 3. Que fi dere- chefonfait x 420 0, & qu’on multiplie cete fomme par XX--$SX-F6200, On aura x5-- OXX +26 X --24 D°Y, qui eft vne autre Equation en laquelle x ayant trois di- menfons aauffy trois valeurs,qui font 2, 3, & 4. ne Mais fouuentil arrine, que quelques vnes de ces raci- fauffes ra. nes font faufles , ou moindres que rien. commefion cines, fuppofe que x defigne auflÿ fe defaut d'vne quantité qui foit S:0Na% 520 , qui eftant multipliée par Hi 9%X-H26X--24 70 ôfait At 4N/19XXH- 106% 12000 pour vne equation en laquelle il y aquatre racines, fçauoir trois vrayes qui font 2, 3, 4, & vne fauffe qui = RE Jeu | Ses _ Eton voit euidemment de cecy, que la fomme d'vne diminuer equation, qui contient plufieurs racines, peut toufiours fenombre CT - / Li de des di. Ctre diuifée par-yvn binôme compofe de la quantité in- dos connué,moinsla valeur de l’vne‘des vrayes racines, la: quation Quelle quete foit; ou plus lavaleur de l’vne des fauffés.… life Au moyen de quoy on diminue d'autant fes dimen- connoil quel- 101$: è | - Le rHe nl déve Etreciproquement que fila fomme d’vne equation nes, Bts Ses ne 37 Combien 7 il peut y: ? | LIivrE TROISIESME. 7 Li] e L 1 CG ne peut eftre diuifée par vn binôme compofé de la Quan- a jen tité inconnue + ou -- quelque autre quantité, cela ref. examiner ‘ : j | Ê - fiquelque moigne que cête autre quantité n’eft la valeur d'aucune one de fesracines. Commecete derniere | sr KT 4 Xi L9 XX H- 106 N-- 120 D 0 | leur d’vne pent bien eftre diuifée , par x -- 2, & par x-- 3, &par de x--4, &parx+-5, mais non point par x -+ oU--aucu- ne autre quantité. cequi monftre qu'elle ne peut auoir que les quatre racines 2,3,4,8& 5. | On connoift auffy de cecy combien ilpent y auoir de Combien- vrayes racines, & combien de fauffes en chafque Equa- us D, tion. A fçauoirily en peut auoir autant de vrayes, que vs les fignes + &-- s’y trouuent de fofs eftre changés ; & Op autant de faufles qu'il s’y trouue de fois deux fignes +, Equatio. ou deux fignes -- qui s’entrefuiuent. Comme en la der- niere,a caufe qu’aprés + x+ilya--4x 3,quieft vn chan- gement du figne +-en--,& apre$-- r9 x xilyaek 106, _ & aprés + 106 xilya-r20 qui font encore deux autres changemens, on connoift qu’il ya troisvrayes racines, & vue fauffe,a caufe que les deux fignes-- de 4x °, & 19vx, _ s’entrefuiuent. ; __ Deplusileft ayféde faire en vne mefine Equation, cames que toutes les racines qui eftoient faufles deuienent on fait vrayes,& par mefme moyen quetoutescelles qui eftoiêt À qe vrayes deuienent faufles : a fçauoir en changeant tous racines les fignes + ou -- qui font en la feconde , en la ue quatriefme , en la fixiefme,. ou autres places qui fe s Re mA defignent par les nombres pairs , fans changer ceux es Ven de la premiere ; de la troifiefme, de la cinquiefme ee & femblæbles qui fe defignent pan les. nombres | 2 Aaa 3 impairs. 374 LA GEOMETRIE. = impairs, Comme fi au lieu de x tee AXS-- 19 X Xi 106 X -- 120 D 86 on efcrit = x 4H ANS 2e 19 NX == 106 X -- 120 D 0 _ona vne Equation en laquelle il n’y a qu’vne vraye ra- cine, qui eft s, &troisfaufles qui font 2,3, & 4. ZA Que fi fans connoïftre la valeur des racines d’vne E- augmen- quation, on la veut augmenter, ou diminuer de quelque ne quantité connu, il ne faut qu’au lieu du terme inconnu _ lesracines en fuppofer vnautre, qui foit plus ou moins grand dece- PA te mefime quantité, & le fubftituer par tout en la place fansles dupremier. | | connoi- fre. Comme fi on veut augmenter de 3 Îa racine de cete Equation ; | OX AN ON Ma LOG X =" 120 300 il faut prendre y au lieu dx, & penfer que cete quantité yeft plus grande qu’x de 3, enforte que y -- 3 eft efgal a x, &au lieu d’x x, ilfaut mettrele quarré d’y-- 3 qui eftyy-- 6 y + 9 &aulieu d’x : il faut mettre fon cube quiefty5--0yy+27y- 27, & enfinaulieu d'x+ il faut mettre fon quarré de quarréqui eft y *-- 12y + 54 yy --108y—+8r. Etainfi defcriuant la fomme precedente en fubitituant par tout y au lieu d’xona | Cyf--t2 Hs4yy 1o8y 8e + 4)5--06yy + 108 y -- 108 | 19YYF 114Y--171 Fa: = 106 +318 nr, J'y +8 2.2 oubien .. Livre TROISIESME. PS oubien y … 8yy -- x YF 8:00.0, où la vraye racine qui eftoit ç eft maintenant 8, a caufe du nombre trois qui luy eft aioufté. Que fi on veut au contraire diminuer de trois la raci- ne de cete mefme Equation ,. il faut faire + 30% &yy + 6y-+97 xx. & ainfi des autres de façon qu'au lieu de xtH4xi 10%x-- 106 Xe 12008 on met Ya kr 2y; +S4yy+108y Le 2 à LU ait 26. vy 108 71108; iQ Ye 4 pr AL — 106ÿ »= 318 120. y T 167 71 4Y -- 420 D 0. Etileft a remarquer qu'en augmentant les vrayes ra- Qu'en cines d’yne Equation, on diminue les faufles de la mef es me quantité; ou au contraire en diminuant les vrayes,on Yes "2 augmente les fauffes.' Et que fi on diminue foit les vnes diminue {oit les autres, d’vne quantité qui leur foit efpale, elles si Re deuienent nulles, & que fi c'eft d’vne quantité qui les fur- contraire. pafle, de vrayes elles deuienent faufles, ou de fauffes vrayes. Comme icy en augmentant de 3 la vrayc racine quieftoit 5, on a diminué de 3 chafcune des faufles, en forte que celle qui eftoit 4 n'eft plus qu’r, & celle qui eftoit 3'eft nulle, & celle quieftoit.2 eft deuenue vraye & cft r,a caufe que -- 2 +3 fait + r. c'eft pourquoy en cete Equation y: - 8 y y -- 1 + 8 oil ny a plusque _ gracines, entre lefquelles il y en a deux qui font vrayes, 1 RO Côment -on peut ofter le fecond ‘TErme d'vneE- quation. 376 | LA GEOMETRIE. 3, & 8, & vne faufle qui eftaufly 1. & en cete autre 22 dE + 7rYy --4ÿ-- 420700 | iln’y en a qu’vne vraye quieft 2, a cafe que -+ 5 -- 3 fait + 2, &trois fauffles qui font 5,6, & 7. Or par cete façon de changer la valeur desracines fans les connoiftre, on peut faire deux chofes, qui auront cy aprés quelque vfage: la premiere eft qu'on peuttou- fiours ofter le fecond terme del'Equation qu'on exami- ne,a fçauoir en diminuant les vrayes racines, de la quan- tité connuë de ce fecond terme diuifée par le nombre des dimenfions du premier, fil’vn de ces deux termes eftant marquédu figne 4-,l’autre eft marqué du figne --; oubien en l’augmentant de la mefme quantite, s'ilsont tous deuxle figne -+, ou tous deuxlefigne--. Comme pour ofter le fecond terme de la derniere Equati6 quieft J*H16y + 71yy-4y-"420 D 0 ayant diuifé r6 par 4, a caufe des 4 dimenfions du terme x 3 «il vient derechef4, c'eft pourquoy ie fais 4 -- 420 y, Dico . 216% + 9632 256% F256 TT 16% 19222768 X--1024 FTP Re 568 grI 136 - 427 16 = 420 ati 24-60 4-36 Do. ou la vraye racine qui eftoit 2, eft 6, a caufe qu'elle oft _ augmentée de4, & les faufles qui eftoient s,6, &7,ne font plus que 1,2,&3, a caufe qu’elles font diminuets, | chafcune de4. Tout Livre: TROISIESME. 377 : Tout de mefme fon veut ofter le fecond terme es 244 eut #42 24% -F445%0, | ge | MANNRG TE "+ M1 pourceque: diuifant 2 a par 4il vient £ #; il faut faire” z+iamx&efcrire | BTE 2 1 "1 + ZX F24a%? Det 2e eme j æe = sn A NE 2 A T2aaxsg thai ia ex CC == GCC RU | 24 Y 44 A CO 2 L x.* Sp | aa as Sa$. po ; | CC --alc z4acc & fon trouue aprés la valeur de ie en : luy. aiouftänt ? L on aura celle de x L 7 UPPER Lafeconde chofe, qui aura cy aprés dodtque vfage, on peut aire que eft, qu'on peut toufiours en augmentant la valeur des soures vrayes racines, d’vne quantité qui foit plus grande agéles fuites n'eft celle d'aucune des fauffes, faire: qu'elles deuienent ste | toutes vrayes,en {orte qu'il n'y ait point deux fignés +, Re ou deux fignes -- qui s’entrefuiuent, & outre cela que la vrayes, quantité connué du troifiefme terme foit plus grande, Le EU quarréde la moitiéde celle du fecond. Car en-’deuienér -core‘que cela fe face , lorfque ces fauifes racines font "1" inconnués, ileft ayféneanmoins deiuger a peu pré de Jeur grandeur, & de prendre vne quantité, quiles far. paffe d'autant, ou de pages n' cf pd a cet: spot à _ Comme fi ona. { De À Los # E ER. chi rer Lt ME à ra CPAURRRE 4 Bb be FE FPE dé hs A 7 378 _ : LA GEOMETRIE. x ŒMux'-Cnnxtk3;6n Ixb-- 216m4x% CAUILIE EN 7276 nepe _ enfaifanty-6# 50 *, on trouuera _ yé- RU y+--4)10 n3 ion | mat Es) re En ('-- sonn à + 360 n3 -— 2160 74 tk 6480m5 -. 7776n6 re Can Æ 144 . -- 1296 RAA He 5184 nt | 2 77766 k 36 ni - 648nT. #4 3388n54 -- 7776n6 - ! 216 p+| H 25927 ‘| « 777676 J mi296 ns] -- 7776n6 E V-- 35m y'æso4nn jt 3780 m3 yimisrio m4 y?--27u6 »5y * Do. Ouil eft manifefte, que 504 #», qui eft la quantité connuëé dutroifiefme terme eft plus grande, quele quar- rede #° », quieft lamoitiéde celle du fecond. Et iln'y a point de cas, pour lequel la quantité, dont on augmen- telesvrayesracines, ait befoina cet effect, d'eftre plus grande, a proportion de celles eo fonc données , que | pour cetuy Cy.. ane. Maisacaufe( que le dernier terme s'ytrouue nul, fi on quevou- ne defire pas que cela foir, il faut encore augmenter tant rsEs foi peu la valeur desracines, Etcene fçauroit eftre de Bvne E- fi peu, que ce ne foit affés pour cet effect. Non plus que ss lorfqu’ on veutaccroiftre le nombre des dimenfions de - remplies. quelque Equarion, & faire que toutes les places de fes | termes foient remplies. Comme fiaulieu de x : **** -5 © o, on veut auoir vne Equation, en laquelle la quantitéinconnue ait fix dimenfons, & dont aucun des _termesne foit nul, ilfaut premierementpour : ae ON 1 M borelcrire :),, CSN 6% Mn br Ÿ00e Re nb TS rt, onaura :? : fig - yé-- 645 Æissay* CE ane ni Ab réa ef _ byqab Ouileft manifefte que tant petite que la An a foit | FÉDOIES ; L IVRE ROSIESME, 379 fappofée toutes les places del'Equation ne laiffent pas d’eftre remplies | | Ai a De pluson peut, fans connoiftre la valeur des vrayes Dre . » ° EUR À qe hi. on pe racines d'vne Equation, les multiplier, on diuifer tou- res : tes, par telle quantité connuë qu'on veut. Cequi fe fait Pet | : Rs ds di. co, diutieries en fuppofant que la quantité inconnuë eftant multiplice, racines API Ds Eee PRE PU | | EPRET PA fans les où diuife, par celle qui doit multiplier, ou diuifer les RDS racines, eft efgale à quelque autre, Puis multipliant, ou fre. _diuifant la quantité connuë du fecond terme, par cete mefme qui doit multiplier, ou diuiferles racines, &par fon quarré, celle dutroifiefme, & par fon cube, celle du | quatriefme; &ainfi iufques au dernier. Ce qui peut fer. Some, uir pour reduire a des nombres entiers & rationaux, les . nom- fractions, ou fouvent aufly les nombres fours , qui fe net trouuent dans les termes des Equations. Comme fi on a M: vob ; .4f 6 4 Le." iTal a desen= à. à me LR XXHEFxe. 2vz D 0, PR ticrs. & qu’on veuille enauoïir vne autre en fa place, donttous Jestermes s'expriment par desnombresrationaux, ilfaut c< Lame D x V3, & multiplier par #3 la quantité connuë du fecond terme, qui eft aufly 7/3, & par fon quarré qui eft 3 celle dutroifiefme qui eft 28, & pat fon cube qui eft 39” 3 celle du dernier, quieft £- ,cequi : fait | | | | miel 25 y. 0 NP Je GORE NE “hi Puis fionen veut auoir encore vne autre en Ja placede celle cy, dont les quantites connuës ne s'expriment que par des nombres entiers; il faut fuppofer z ; y,& mul- tipliant 3 pars, $° pars, & $parz7ontrouue ù 4-92? 7 26%:-240 0, où les racines eftant 2,5, & 4, on connoift de [à que celles de l’autre d’auparauant Re? -Bbb 2 eftoient 380 : LA GEOMETRIE,. | eftoient ,1,8& 4, & que celles de la Penn: éhojent 5 073,5 3 V 33 Ts YA 3° San à Cete Gb RE OA peut auffy feruir pour Le la quan- quantité tite connué de quelqu'un des termes de l'Equatiô cigale connuË | a quelque autre donnée, comme fi ayant. de l’vn des.ter. … Mt ÿ Mure mes d'vne AS On veut auoir en fa place vne autre Equation, en laquel- se a. le Jaquantité connuë, du terme qui occupe la troifiefme te cautre “qu'on place,a fçauoir celle qui eft i iéÿi bb, foit 3&.a,il faut fappo- ‘veut, +38 mer fer y ox Frs puisefcrire y ? * _ ja y + V3 Da. Que les Aurefte tant les vrayesracines quelesfauffes ne font XaCINeS; . tant vra- pas toufiours reelles; mais quelquefois feulementi imagi- xesque … naires; C ’eft a dire qu’on peut bientoufioursen imaginer peuuenr autant que iay dit en chafque Equation; mais qu'il n'y a a quelquefois aucune quantité, qui: correfponde a celles [imaginai- qu'on imagine. comme Encore qu'on.en puiffe i imagi- . ner trois en celle DE 6% + 134-1000, in cna toutefois qu vne reclle, qui eft 2, ‘& pour les deux autres, quoy qu'on lesaugmente,ou dHuinue, ou multi- plie enlafaçon que. ie viens d'expliquer, .on ne 1e fGaunoi les rendre autres qu'imaginaires. De Laredu- Or quand pour trouuer Ja El ochion de quelque ion des Equatiés problefme, on vient a Vne Equation, en laquelle la quan- eubiques tité inconnue a trois dimgnfons ; premierement fi les orfaue le: 7 rs quantités connuËs , qu nt , contiennent quelques . ft nombresrompus, il fes faut reduire a d’autres entiers, par ane d Ja multiplication tantoft expliquée ; Et s’ils en contie- nentdefours , il faut auffy les reduire a d’autres ratio- naux, autant qu'il fera poffi Plestant par cetemefme mul- tiplication, * LivRetPROISISEME. . 38r tiplication, que par diuers autres moyens, quifont affés facites atrouuer: Puis examinant par ordre toutes Îles quantités , qui peuuent diuifer fans fraction le dernier terme, ilfaut voir, fi quelqu'vne d'elles, iointe auec la quantité inconnué par le figne + où --, peutcompofer vn binome , qui diuife toute lafomme, & fi cela eftle Problefmeelftplan ,. c’eft a direil peut eftre conftruit . auec la-reigle &.de compas ; Car oubien la quantité connuë de ce binofime:eft la racine cherchée ; ° oubien J'Equation eftant dinifée par luy , fe reduift a deux di menfions, en forte qu'on en peut trouueraprésla racine, par ce quiacftédit au premier liure..… ri LT | Parexemplefiona:. dr : y CE 8y+-- 124y 640 0: Nan Ho le dernierterme ,quieft 64, peut eftre diuifé fans fra: tion par r, 2, 4, 8,16, 32, & 64; C'eft pourquoy il faut examiner.par ordre fi cete Equation ne: peut: point _eftre diuifée par quelqu'vn des binomes., Yy == 1 Ou « » ; YYF1,Yy--200Yy-+ 2, yy-- 4 &c.8&ontrouue quel. : le peut l'eftre par yy-- 16, en cete forte. | gi yes 8y*- 124 y 64 Do | ge Meier “uÿ 1 y° es, By -é Ca Y ms. ELA Are | FE ART DAT Ie commence par le derniérterme, &diuife -: € 4 par —— 16, CE qui fait + 4, que i'elcris dans le quotient , puis vneEqua- ie multiplie +4 par + y y,ce qui fait + 4yy;c'eft pour- quoyielcris--4yy en la fomme, qu'il faut diuifer.car il y À S BbD 3. ; faut; 2%. La GromETRis, | fe peut faire par luy en cete forte. fauttoufiours efcrire le figne + où -- tout contraire a * celuy queproduift la multiplication.& ioignant- 12 4yY _auec--47y, iay -- 128 yy, que ie diuife derechefpar--16, &iay +8 yy, pour mettre dans le quotient & en le mul- -tipliant par yy,lay -- 8 y * pour ioindre auecletermequ'il … faut diuifer, quieft aufly --8 y+, & ces deux enfemble ‘font-- 167, queie diuife par --16, ce qui fait + ry+ pour le quotient, & -- r y ,pourioindre auec+r1y6, ce- qui fait o, & monftre que la diuifion eft acheuee. Mais s'ileftoit refté quelque quantité, oubien qu’on n'euft pü _diuifer fans fraétion quelqu’vn des termes precedens, on -euft par la reconnu, quelle ne pouuoit eftre faite. Toutdemefmefion ay "#y "PaYY—2a%ce D 0. | ; ce AAC4 ‘le dernier terme fe peut diuifer fans fraction par - -4,a8, aa-t"cc,a' ace, &femblables. Mais il n'yena que deux qu'on aitbefoin deconfiderer, à fçauoir 22 & sat cc;Car les autres donnant plus ou moins de dimen- ions dans le quotient, qu'iln’yen an la ‘quantité con- -nué du penultiefme terme, empefcheroient que la dini- ion ne s'y pâft faire, Etnotés, -quéie ne conte icy les .-dimenfions d’yf, que pourtrois, a caufe qu’il ny a point -d’y5,ny d'y}, ny d’ yentoute la fomme. Oren-exami- nant le binôme yy -- #4--c6 50 o,on trouue que la diuifion g ne 38 . . &.. ; = # #4c € € à an LÉ PRE PP TIR AE A | J Y JY --#AC4 K se 6 -— 1244 A+ LE er CC rs 4 CC Er 4 #4-- CC T3 mm. -- AAC --#8-- CC ; arr nn - h * | 5 N AN 0 5h 44 CG 20: Ce- LIVRE LROISIESME. :383 Ce qui monftre que la racine cherchée eft aa 4er. : Et la preuue eneftayfée a faire parla multiplication. : Mais lorfqu'on ne trouue aucun binôme, qui puiffe Ne ainf diaifer toute lafomme de l’Equation propofce, ilmes font eft certain que le Problefme qui en kdeperid eftfolide. Et ess ce n'eft pas vne moindre faute aprés.cela, de tafcher a le r l'Eque. conftruire fans y employer que des cercles & des lignes es | droites, que ce feroit d’ employer des fections coniques a conftruire ceux aufquels on n'a befoin que de cercles. car enfin tout ce qui mA ane ï “AE MEN ‘s'ap- pele faute. Que fion avne Eüjékétin dûAé la quantité INCONNUË due _aitquatre dimenfons, il fauten mefme façon, aprésen Gtion de auoiroftélesnombresfours, & rompus, s'ilyena, voir fi sde ps on pourra trouuer quelque binôme, qui diuife toute [a ont qua- tre di- fomme, en le compofant del'vne des quantités, qui di- étions, uifent se fraétion le dernier terme. Et. fi onentrouue Die le fef- vn, oubien la quantité connuë dé ce binôme eft laracine Ê< nt cherchée; on du moins apréscete diuifon, ilne refte enplan. E quels font. fEquation, que trois dimenfons , en faite dequoy il deux qui font foli- faut derechef examiner en fa mefme forte. Mais lorf- + qu'ilne fe trouue point de tel binôme , il faut en au- gmentant, ou diminuant la valeur de la: racine, ofter le fecond terme delafommé , en la façon tantoft expli- grée. Et aprés lareduire a vne autre , qui ne Contie- ne que trois dimenfions : + Cequi fe fait encete forte. | Aulieude+x+ 1 DELETERES De, ilfaut efcrire He y 2h" UT. se ka Ve Er pour Îes fignes + ou == ; Que iay omis, s'il ya iioiac LR ; eu 334 1: Æa GEOGMETRIE. eu + p enla precedente Equation, ilfautmettre encel- lecy+2pousilyaen--f, ilfaut méttre--2p. &cau contraire s'ilyaeu + 7, ilfaut mettre--47, ou s'ilya eu --r, il faut mettre + 47. & foit qu'il y ait eu +- q; où -+g,ilfauttoufioursmettre--9g,8 + pp. au moins fi _ -onfuppofe que:m+,8& y font marqué du fignes +, . Car ce féroit tout le contraire fi on y fuppofoit 1: fi- gne--. arcrémple foi ati Lo Br 4 bp à fautefcrireenfonlieuyf--8yt -124)y--64%00. car la quantité que iay, nommée p eftant .- 4, il faut mettre =8y+pour2p La +. & celle, queiay nommée reftant 35, Loi +4 äl faut mettre CE ceft a dire = 124ÿy au lieu de “#6, Ve: &enfih eftant À il faut mettre —- Ga pour -- gg. on: ‘Toutdemefme : au lieu de + KA 0 17 XX == 20 Ne 6 70 0 ‘il Rutefcrire . +y$-34yt+ 313) 400 D 0. Car 34eft double de 17, &.313.en eft le dune joint au r | quadruple de 6, & 400 eftlé quarré de 20. Tout de mefme aufly aulieude. STE os Lau fur Eee Do, in ee 7% ceci a LA jaace Il faut efcrire. | Lo. | né FRE Du {3 : ER à xs 5 à A 6 Ty 2 RE à: “ 5 à ve 2 a y x cf w es À Carpet + faa-ce, &pp, cft{ fat aacc Fc y &ar eft-- a+ aace, & enfin -- 97 ra a.-2atcc--aac 4 Aprés que l'Equationeft aïnfi reduite a trois dimen- fions, il faut chercher la valeur d'yÿ par la methode defia expliqué; Et fi celle ne peut eftre trouuce , on n'a point befoin Lives TROISIESME. 285 befoinde paffer outre, caril fuit de là infalliblement, que leproblefme eft folide. Maïs f on la trouue , on peut diuifer par fon moyen la precedente Equation en deuxantres , en chafcune defquelles la quantité incon- nuë n'aura que deuxdimenfons, & dont.les racines fe- ront les mefmes que les fienes. A frauoir, au : lieu re + x+° PXX.q4X. r 00, si il fautefcrire ces deux autres de Tee bar Le aa px 3yy ip 20 0, 8 vint pe Es Et pour les fignes + &-- que iay omis, s'ilya+ pen T'Equation precedente, il faut mettre + pen chafcune de celles Dai 5p,S'ilyaen l’autre -- 4 Mais il faut mettre Late D. celle oùily a--y x; &-- 7, encelle où if yatye lefns ily a + qen la Ce Et au con- traire s'il ya--4, il faut mettre? en celle où il y a == y X; & + Ssencelle où ily a + yx. Enfuite dequoy ileft ayfé de count toutes les racines de 1’ Equation propolée, & par confequent de conftruirele problefme, dont elle contient la folutien , fans y employer que des . cercles, &des hignes droites. Par me a caufe que Este y° == 34#" 1 313yy-- 400 70 0, Pour %,"--174%--20%--6 0w, ontrouue queyy ft r6, on- doii au lie de cete Equation à xt da one os 20% 6 D0, efcrire ces deux | Ccc : autres È 4 MN 386 LA GEOMETRIE autres vx 4x 3 200, Et xx 4ñkame caryelt4,3yyeft8,p eft 17, & q eft 20, de façonque Hp ee Ep faites, & + Eyy 5 p +5 fait 2 Et tirant les racines de ces deux Equations, ontrouuetou- tes les mefmes , que fionles tiroit de celle où eft x4, a _fçauoir on en trouuevne vraye, quieft ?/ 3 + 2,&trois : faufles, quifont 7 7--2, 1 9/2, &2- pa. | ‘ Ainfi ayant x $-- 4 4x -- 8 x 35 D o,pourcequelaracine _deyf--8y"--124yy +64 %0,eft derechef 16 , ikfaut efcrire u | je | XX ANT $ 00, XX-+ A4 X + 720 0. e 5, Na, ES “à a." L ;. FUN q Caricy Fa 2 rate z ? 7, ait SALOE. TE Luis Z: À TH fait. Et pourcequ'on netrouue aucune racine , ny vraye, ny faufle , en ces deux dernieres Equations , on connoift de là que les quatre de Equation dont elles procedent font imaginaires; & que le Problèfme , pour lequelon l'a trouuée, eft plan de fa nature ; mais qu'il ne fçauroit en aucune façon eftre conftruit,a caufe que les quantités donnéesne peuuent fe ioindre.. Tout de mefme ayant: . 1 RÉ ET AUEE HOME a CT "#4 ol ac} runm t, ? pourcequ'ontrouue &a -+ ce pour yy, il faut efcrire: ge = V'aat-cc 2e - La V'aa+ cc Do, & st V'aataz-tianat za V aa + cm. Car yeft dan Fe, & HE yy + 1p ete, &£ eft5e aa, D'où onconnoift que ka valeurde x 14 : “PINCE. # Live TROISIESME 387 ER Va + co V'e-L ant Tee HS Van Fc oubien 3 # aa + ce 2 APT Hicc-H ia aaten Et pourceque nous auions fait cy deflus z3 + £a%x, nous apprenons que laquantitéx, pour la connoiffance _ delaquelle nous auons fait toutes ces operations, eft ma La À CC = rc Laa-tiat aa te. \ B Mais affin qu'on puifle mieux connoiftre l'utilité de Fe cete reigle il faut que ie lappliquea quelq; Problefme. de ces re- _ Silequarré A D, &la ligne B N eftant donné, il faut °° prolongerle cofte' A Ciufques a E, en forte qu'E F;tirée d’E versB, foit efgale a NB. On apprent de Pappus, qu'ayant premierement prolongé BD iufquesàG , en. forte que D G foitefgale à D N, & ayant defcrit vn cer- cle dont le diametre foit BG, fi on prolonge la ligne droite A C, elle rencontreralacirconference de cecer. cle aupointE, qu'on demandoit. Mais pour ceux qui ne fçauroiêt point cete côftruction elle feroit affés difficile à rencôtrer, & en la cherchät par la methode icy propo- {ée, ils ne s’auiferoiëc iamais de prédre D G pour la quä- ‘ titéinconnue, maisplutoift CF, ou F D, a caufe que ce | eÉAC 2 font 388 _ La GBOMETRIE. font elles qui conduifent le plus ayfement a FEquatis: & lorsils en trouueroiëèt vne qui ne feroit pasfacile a'deme- fler, fanslareigte que:ie viens d'expliquer. C'arpofinte “pour B D'ou C D;&cpour EF, & x pour DF onaCF DO 4%, && côme CF ou a-- seat Eou c, ainfi F D'ou x, eftaBE, qui. par confequent ef — + RUISA caufe du trie angle rectangle B D F, dontles Ein font l'un x & l’au- tre a, leurs quarrés, qui font x x + 4 4, font efgaux a ce- CCXX luy de la baze, quieft Ste ,de façon que multi- pliant le tout par xx--2ax— ua, on trouue que l'E- quationelt x *-—-2ax}2aaxx--2ax ta" Decxx, oubien x*-—24ax3*"%xx.-2ax taxe. Eton connoift par les reigles precedentes,que fa racine, qui eft la longeur de laligne D F , eft £ a + (es at ice eV Lot sara aa te Que fion à pofoit BE, ou CE, ouBE pour là quantité inconnuë, on. viendroitderechefà. vne Equation, en la- quelleilyauroit4dimenfions, mais qui féroit plus ayfée a démefler, &ony. viendroitaflésayfement, anlieu que fic'eftoit D'G qu'on füppofaft, on viendroit beaucoup plus dificilementa:l'Equation, maisauflyelle feroittres fimple. Cequeiemetsicypour vous auertir, que: lof. quele Probléfmepropofén'eft point folide; fienlè chier: \ chant parvn clieminon vient a vne: Equation fort:con. fe pofée;on peut ordinairement. veniravne plüsfimple, en ; lecherchantparvrmantre: ï 4 12 AU pari F Ë — RS SE RE le rm ip RE eee 5 Co 4 +. \ El RP PT AS Iepaurroisencore aioufter: diverfèsreigles prour-dé: Ge. mefler les Equations, quivont:auCübe, ou au Quarré ti Û de Livre. Taoïsiaswe, | 389 dequarré, maiselles feroi 1perflués: : Problefmes font plans: ,o1re I p ci _ conftruétion par celles cy. “Te pourrois auffy'en adieu ter d'a res pour _. Equa- Regle tions qui montent iofques afin, Ph com a 2. cube, où au delà: m'as 1/a rire meurs les: con # duireles e toutes er vne, & direenrgeneraf! me lotion rafch Cp de les reduire x mefine forme, auecellesd'aurmrdb dt. fent le quarré de. menfons, quivienent dela rar ph art de deux A diarré. tresquien ont moins, & qu'ayant déhombré tous les | “moyens, par lefquels cete multiplication eft poffible la chofe n’a pû fucceder par aucun, on doit s’affurer qu'el- lesne fçauroient eftre reduites a ‘de plus fimples. En for- te que fi la quantité inconnu a 3 on 4 dimenfons, le Pro- blefme pour lequelon la cherche ef {olide; & fielle en à 5,on 6,il eft d'vn degré plus compefé, & ainfi des autres, Aurefte f’ay omis icy les demonftrations de la plus _ part de ce que iaÿ dit a caufe qu'elles m'ont femblé fi fa- _ciles, que pourvüque vous. prenies la peine d'examiner ” methodiquement fiiay failly,elles {e prefenteront a vous | d'elles mefme: & il fera plus vtile de les une En ce- te façon, qu’en les lifant. Or quand on eft aflüuré, que Le Plobléfine propofc ct Re _folide, foit que l'Equation par laquelle on fe cherche pourcon- monte au quarre de quarré, foit qu’elle ne monte que LT jufques au cube, on peut toufiours en trouuer la, racine problefr … par l'vne des trois fections coniques, laquelle que ce foit a$.e ou mefme par quelque partie del’vne d'elles, tant petite ME qu'elle puiffe eftre; en ne fe feruât aurefte que de lignes quan de droites, se cercles. Mais ie me contenteray icy de “oisou quatre di= CCE OR donner menfions, 890 _ La GEOMBRTRIE. donner vne reigle generale pour les trouuer toutespar le moyen d'yne Parabole, a caufe qu’elle si en En fa çon la plus fimple. _Premierementil faut ofter le fecondterme del’ Equa- tion propofée, s’il n’eft defia nul, & ainfi la reduire à tel. le forme, 3: o*.apx#.aag, fila quantité inconnuë n'a que trois dimenfons, oubienàtelle, 3 °c *, apzz3. aaqz, asr,fi elle en a quatre;oubien en prenant a pour l'vnité, àtelle,x °°. p 3.4, &àtelle Re AE *. PXX 4% Te ‘ dre | Aprés NÉS ER SR ne Es nl, à PT D Se £ £ PR URI R SES SEE e ee rs ” TRS RS SE D EE PRE Cor EE k : RER RO PRET DE EE RE Ne NE ot MN EE Livre TROISIÈME. 391 Aprés cela fuppofant que la. Parabole F AG eft defia defcrite, & quefori aïflieu eft A C DKL, & que fon co- fté droitef a,ou +, dont À Geftla moitié, &enfin que Le point Ceft au dedans de cete Parabole, & que A en eft le fommet; Il faut faire C D & +», & la prendre du mef. me cofté, qu'eft le point À au regard du point C, s'ilya “pet Equation; mais s'il y a -- pil faut la prendre de Fautre cofte. Et du Lepe D, oubien, fi la pas KR PH + 12 L) A 7 D Si De La + # e s . . nn] L3 0 = L e + ‘ 9 L - LS + x * ; ‘ + L, L] 4 # + 4 D À e. C Pa , 1 CRU, ,° Le - LI Li ES Vi À PS Æ ) rs LA A H ] °ausocuet® S | ra eftoitnalle, és point Cil faut efleuer vne ligne a ane gles droitsiufques2E, en forte qu'elle foit efgaleaïg | Erenfin du centréEil ‘faut defcrire le cercle FG, dont. | lé: 28? LLa Geome ras. de M ou Le.demidiametre oit AE ,. fi J'Fquation _m'efrquecubique, -en forte que :la quanti- tér foit nulle. Mais quand il ya + ri faut dans cete ligne À.E prolongée, pren- dre d’vn cofte AR _efgaleàr, & de l'autre AS efgale au cofté droit de la Parabole qui eft r, & ayant de- oe va cercle dont le diametre foitRS,il faut faire AH perpédiculaire fur AE , laquelle À H rencontre ce cer- cleRHS au point H,quieft celuy par où autre cercle FH G doit pañer, Et quandily à -r il faut aprés auoir ainftrouuélaligne AH, infcrire AI qui luy foitefgale, dans vn autre cer- A: vip dont AE foir | | ct parle pété: que oo. Livre TROISIESME. 392 que doit paffer FIG le premier cercle cherché. Orce cercle F G peut coupper, où toucher la Parabole en 1, ou 2, ou 3, ou 4poins, defquels tirant des perpendiculai- res far laiflieu, on a toutes les racines de l'Equation tant _vrayes, que faufes. À {çauoir fila quantité g eft marquée -du figne +, les vrayes racines feront celles de ces per- pendiculaires, qui fe trouueront du mefme cofté de la parabole, que Ele centre du cercle, comme FL; &les autres, comme GK, feront fauffes: Mais au contraire fi _cete quantité qeft marquée du figne -- les vrayes feront cellesde l'autre cofté, & les fauffes, ou moindres que rien feront du coftéoueft E le centre du cercle. Eten- fin fice cercle ne couppe,nyne touchela Parabole en au- cun point, cela tefmoigne qu'il n’y a aucuneracine ny vraye ny faufle en l’'Equation , & qu’elles fonttoutes imaginaires. En forte que cete reigle eft la plus genera- le, & la plus accomplie qu'il foit pofible de fou- Fr | Et la demonftration en eft a. ayfée. Car fi la ligne GK, trouuée par cete conftruétion , fenomme z, AK fera 33, acaufe dela Parabole , en laquelle GK doit eftre moyene proportionelle entre À K/'& le cofté droit quieft 1. puis fi de A K i'ofte A C, quiefe ; 5, & CD qui eft : 2P; ilrefte DK, ou E M, qui eft ia 2? =. + dont Le quarré ee. zh 2x HE pp+ip+£ &acaufe que DE, dE KMeft3q,latoureGMeftx-+ 39, dont le quarré eft _ 22—+ 93499 &afflemblant ces deux quarrés, ona RE pr TX 541 TT PP Fit ren | + 8 | pour } #0 204 _ La GEOMETRIE. pour le quarréde la ligne G E, acaufe qu ‘elle eft la baze dutriangle rectangle EMG. . | ,Maisa caufe que cete mefme ligne G E eft le AE diametre du cercleF G, elle fe peut encore expliqueren ! d’autres termes a fçauoir E D eftant : 24: & AD eftant ; 2p+2+EAef V àgg+ibp+ap+a a caufe de l’an- gle or A DE, puis H A eftant moyene proportionelle entre À S quieft r & A Rquieft relle eft 7/7. &à cau- fe de l'angle droit E À H, le quarréde HE , ou E G eft 299 FT sb? EP + 3 + r: fibienque il y a Equation entre Livre TROISIESME. 39$ entre cete fomme & la precedente. cequieft le mefme _quex"20"pzz--q2-+r. & par confequent lalignetrou- uce GK qui a efté nommée zeft la racine de cete Equa- tion. ainfi qu'ilfalloit demonftrer. Et fi vous appliqués ce mefme calcul a tous les autres cas de cete reigle, en changeant les fignes -+ & -- felon l’occafon , vous y trouuerés voftre conte en mefme forte, fans deu ‘l {oit be- foin que ie m'y arefte, Si on veut donc fuiuant cete reigle trouuer deux mo: yennesproportionelles entre les lignes à & g; chafcun fçait que ee z pour fvne, comme seit à > , ainf Peer © de A ,& = à ;,; de façon qu'il y a Equation: entre g & L'inuen-. d à he ef adire,z5 2 **44q.Et la Parabole F À G eftant “re 8 | portio- , : Ddd 2 de- nelles. 396 LA GEOMETRIE. _defcrite,'auec la partie de fon aiflieu À C, quieftiala moitiédu cofte droit ; il faut du point G efleuer % per- pendiculaire C E efgale à ! à; g,&ducentre E, par À, de- fcriuant le cercle À F,ontrouue FL, &LA, pour les deux RTEBRS cherchées, Tout de mefine fi on veut diuifer l'angle NOP, où- & bee bien l'arc, ou portion de cercle N QT P, en trois par- en CIO vient, | +} 2 * 3%-- 4 Me Et tiré les lignes N Q,O0Q, O T;& faifant QS parallele a T O, on voit que comme NOEAN a N sn LD UT enforte que El . | 4 L: Vans ci ques efgales, faifant N O > 1, pour le rayon du cercle, & N Pa, pour la fubtendue de l'arcdonné, &N Q æz, . pour la fubtendue du tiers d cet arc ; F Equation A RS TT PE CR RS TE MO NE Re Elo EN à Livre TROISIESME. 397 _que NOeftant r,& N Qeftant z,QR eft 73, &RSeft 23: Et a caufe qu iFs'en faur feulement RS, ou x’, que la ligne N P, qui eft 9, ne foit triple de N Q; quieft 3, on à 4203 x 3 oubien, x 03% 9. Puis la Parabole F A Geftant defcrite , & C A Fa moi- tiéde fon cofte droit principal eftant £ Ne on prent C D: _ 5, &laperpendiculaire DE£3, & que du centreE, _par À, on defcriue le cercle F A £G, ilcouppe cete Pa- rabole aux troispoins F, g,&G, fans conter le point À qui enefr le fommet. Ce qui monfire qu’il ya trois raci- nesen cete Equation, à fçauoir les deux GK, &e 4, qui: font vrayes, & la troifiefme qui eft fauffe, 4 fçauoir F L. Et de ces deux vrayes c’eft ge plus petite qu'il faut prendre pour laligne N Q qui eftoit cherchée. Car Pau tre GK, eftefgale à N V, la fubtendue de la troifiefme partie de l'arc N V P, qui auec l’autre arc N Q_P acheue le cercle. EtlafaufeF L eft efgale a ces deux enfemble QN & NV, ainfi qu'ileft ayfé avoir parle calcul, 1! feroit fuperflus que iem'areftaffe a donner icy d’au- Quetous tres exemples, car tous les Problefmes a ne font que arr folides fe peuuent reduirea tel point,qu’onn'aaucun be- folides fe foin de cetereigle pour les conftruire fiñon entant qu’el- moi le fert atrouuer deux moyennes proportionelles, oubien Ste a divifer vn angle en trois partiesefgales. Ainfi que vous tions. connoiftré$ en confiderant, que leurs difficultés peuuent toufiours eftrecomprifes en des Equations, quine mon. tent que iufque au quarré de quarré, ou au cube : Er que toutes celles qui montent au quarré de quarré, fe redui- fent au ae par le moyen de quelques autres, qui ne ji ad 3; montent 398 LA GEOMETRIE, - montent que iufques au cube: Et enfin qu'on peut ofter le fecond terme de celles cy. En forte qu'il n'y en a point qui ne fe puiflereduirea quelq, vne de cestrois formes. Up +’ Res XD +pr- 4 Orfionaz:æ*.pz-+3, la reigle dont Cardan at tribue l’inuention a vnnommé Scipio Ferreus, | NOUS ap- prent que la racine et, | VC++ vigris HV C+S VÉNATTEE 27 1° Comme aufly Rite on220*+p3-F3g, & quele quarré de la moitie du dernier terme eft plus grand que le cube du tiers de la quantité connuë du penultiefme, vne pareille reigle nous apprent que la racine eff, VOL Vu SP + VO Vi ED hs où il paroift qu'on peut conftruire tous les Problef- mes, dont les diicultés fe reduifent a l’vne de ces deux formes, fans auoir befoin des fections coniques pour au- tre chofe, que pour tirer les racines cubiques de quel- ques quantités donnees, c’eft a dire, pour trouuer deux moyennes proportionelles entre ces quantités & l’vnité, Puisfionaz; 20 Ÿ+ pq, & que le quarré de la moitié du dernier terme ne foit point plus grand que le cube du tiers de la quantitéconnuë du penultiefme, en . fuppofant le cercle N Q P V,dont le demidiametre NO foit 7”1p, c'eftadire la moyenne proportionelle entre le tiers de la quantité donnée p & l’vnité, & “PPORSE aufTy la ligne N P iufcrite dans ce cercle qui foit + FF "Cet # # LIVRE TROISIESME. 399 c'efta dire qui Lit à r autre quantité donne q comme l'vnitéeft au tiers de p, il ne faut que diuifer chafcun des deux arcs N Q P & NV Pentroisparties efgales, &on aura N Q, la fubtendue dutiers de l’vn ,'& N V la fub- tendue du tiers de l’autre, quiiointes ERA R le SO _ feront laracine cherchce. _ Enfin fiona 3: *p2--q en fuppofant de derechef le cercle N QE V, dont lerayon N O foit 7/2 p,& l’infcri- te NP foit 2? , NQ la fubtenduë du tiers de l'arc NQP fe- ra lune LE racines cherchées, & N V la fubtendue du tiersde l'autre arc feral’autre. Au moinsfi le quarré de | la moitié du dernier terme, n’eft point plus grand,quele . cube du tiers de la quantité coninué du penultiefme. car s’ileftoit plus grand,la ligne N P ne pourroiteftre infcri- te dans le cercle, a caufe quelle feroit plus longue que fon diametre: Ce qui feroit caufe que lesdeux vrayes ra- cines: & , japo . : … MTSASGROMETIRIE: | RE cines decete Equation ne feroient qu'imaginaires ; & qu'ilny en auroit de reelles que la faufle, qui füiuant la reigle de Cardan feroit, : 3 | ee "A, PE LR 4 pete Ne 14 de: "C3 HV 5417 25? HV Ci - 1 3q Er. ‘L: É. e : 3 . on. Aurefteileft a remarquer que cete façon d'exprimer … d’expri- merla va- [a valeur des racines par lerapport qu'elles ont aux co- leur : | ip" > " 3 toutes les tés de certains cubes dontil n’y aïque le contenu qu'on cl connoiffe, n’eftenrien plusintelligible, ny plus fimple, quations que de les exprimer par le rapport qu'eles ont aux fub- 4 de tenduës de certains arcs, ou portionsde cercles , dont de toutes Jetripleeft donné, Enforte que toutes celles des Equa- a ‘tions cubiques qui ne peuuent eftre exprimées par les | Futqursan | EIBLES de Cardan, le peuuent eftre autant ou plus claire- quarré de ment par la façonicy propolée. Vote Car fi par exemple , on penfe connoiftre la racine de cete Equation, 3520 *-- gp. a caufe qu'on fçait qwelleeft compofée de deux lignes. dont l’vne eft le cofté d’vn cube, duquelle contenu eft £ 7, adioufté au cofté d'vn quarré , duquel derechef le contenu eft 2 gq--28p ?; Etlautreeftle cofté d’vn autre cube, dont le contenu eft la difference, qui eft entre ? 4, & le cofté de ce quarré dont le contenu eft Ÿ 99 -- -£p3, quieft tout ce qu'on enapprent par la reïole de Cardan.Il ny apoint de doute qu'on ne connoiffe autant ou plus diftincte- ment {aracine de celle cy,3°%*<+9--p,en la confi- -derantinfcrite dans vn cercle, dont le demidiametre eft V p, & fçachant qu’elle ÿ eft la fubtenduë d’vn arc dont le triple a pour fa fubtendue + Mefme ces ter- mes: COS 5 de PE î Livre TROISISEME. 407 mes font beaucoup moins embaraflés que les autres , & ils fe trouueront beaucoup plus cours fi on veut vfer de quelque chiffre particulier pour exprimer ces fübten- duës, ainfi qu'on fait du chiffre 7 C. pour exprimer le cofté des cubes. | Et on peut auffy en fuite de cecy exprimer les racines de toutes les Equations qui montent iufques au quarré de quarré, par les reigles cy déflüs expliquées. En forte queie ne {çache rien de plus à défirer en cete matiere. Careufn la nature de ces racines ne permet pas qu'on Jesexprimeentermes plus fimples, ny qu’on les deter- mine par aucune conftruction qui foit enfemble plus ge- nerale & plus facile. | Ileft vray queie n'ay pas encore dit fur quellesraïfons Pour- ie me fonde, pour ofer ainfi aflüurer, fi vne chofe eft poffi- 1} Fo R problef- ble, ou nePeft pas. Mais fi on prent garde comment, par Fa foli- re : ne la methode dont ienefers, tout 6e qui tombe fous la hr confideration des Geometres, fe reduift à vn mefme . et . ï ‘iCrüits genre de Problefmes, quieftde chercher la valeur des ansies- ASS * T Fos ; ar NET OI PE ions rACInES de melque Equation, on iu gera bien qu’il n'eft coniqies, pasmalayfé de faire vn dénombrement detontes les vo- ny ceux Fe A dre : ui font yes par lefquelles on les peut trouuer, qui foit fuffifant ho com. pour demonftrer qu'on a choifi la plus generale, & la plus e fans fimple. Et particulierement pou rcequieft des Problef À. mes folides, que 1ay dit ne pouuoireftre conftruis, fans gnes plus : : : ‘+ | . compo- qu'on y employe quelque ligne plus compofée que la Res circulaire, c'eft chofe qu’on peut affés tronuer, de ce qu'ils fe reduifent tous a deux conftructions . en l'vne defquelles il faut auoir tout enfembleles deux poins,qui . determinent deux moyenes proportionelles entre deux Ece lines æ 40h: : La GEOMETRIE,. | lignes données, & en l’autre les deux poins, qui diuifent en trois parties efgales: vnarc donné: Car d'autant que la courbure du cercle ne depend , que d’vn fimple rapport de toutes fes parties, au point quieneft le centre, on ne peut auffy s’en feruir qu'a determiner vn feul point entre deux extremes,comme atrouuer vne moyenne propor- tionelle entre deux lignes droites données, ou diuifer en deux vn arc donné: Aulieu que la courbare des fe&ions coniques, dependant toufioursde deux diuérfes chofes, peut aufly feruir a determiner deux poins differens. Mais pour cete mefme raifonileft impofñlble:, qu’au- cun des Problefmes qui font d'vn degréplus compofes que les folides, & qui prefuppofent l'inuention de quatre moyennes proportionelles, ou la diuifion d’vn angle en cinq parties efgales, puiffent eftre conftruits paraucune Î desfections coniques. C’eft pourquoyie croyray faire en cecy tout le mieux qui fe puiffe, fi ie donne vne reigle ge- nerale pour les conftruire, en y employant la ligne cour- be qui fe defcrit par l’ interfeétiô d'vne Parabole & d'vne ligne droite en la façon cy deffus expliquée. car j’ofe af furer qu'ilny ena point de plus fimple en la nature, qui puifle feruiracemefme effect, & vous aués vü comme elle fuitimmediatementles tions coniques, en cete queftion tant cherchée par les anciens, dont la folution enfeigne par ordre toutes leslignes conrhes qui doiuent Faconge- Eftre receuës en Geometrie. nerale ” Vousfçaues defiacomment, lorfqu'on cherche les Pour con- fruire quantités qui font requifes pour la conftruction de ces tous les duits a ui au 2e “ Problefmes, onles peut toufioufs reduire a quelque E- mes re- quation,Qqui ne monte queiufques au quarré de cube, ou Livre TROISIESME, 403 _aufurfolide, Puis vous fçaués aufly comment, enaug- vneEqua: mentant la valeur desracines de certe Equation, on peut tion a _ toufiours faire qu’elles deuienent toutes Vrayes, ôtauec re de cela que la quätité connuë dutroifiefme terme foit plus die grande que le quarré de la moitié de celle du fecond:Et “enfin comment, fi elle ne monte queiufques au furfoli- de, onlapeut hauffer iufques au quarré de cube, &fai- re que la place d'aucun de fes termes ne manque d'eftre remplie, Oraflin quetoutesles dificulré, dont il eft icy queftion, puiff ent eftre refoluës par vne mefme rei- gle, ie defire qu'onface toutes ces chofes, & par ce . moyen qu'on les reduife SE ris a vne Equation de telle forme, y -py + nd LA D opt v Do, + en laquelle la quantité nommée 4 foi plus grande quele quarré de la moitié de celle qui eft nommée #. j Fee 2 : Puis 404 LA GEOMETRIE. | __ Puis ayant Gi a ligne B K indef- niement longue. _ des deux coftés : & du point B ayant tiré la per-* pendiculaire A B:. dontla longueur foir £p;ilfaut dans -vnplanfeparé de- fcrire vne Para- bole, comme C D F dont le cofté … droit principalfoit Me — L WT 9 a. PP CE que ie nommeray. #z pour abreger. Aprés cela il faut: pofer le plan dans Jéqueleft cete Parabole fur celuy ou font leslignes AB& BK, enforte que fon aiflieu D Efe rencontre iuftement au defflus de la ligne droite BK: Et ayant pris la par- de d cet aiflieu, qui eft entre les poins E &D , efgale à de : “, il faut appliquer fur ce point E vne longue reigle, en telle façon qu’eftantaufly appliquée fur le point À du plan de deffous ,elle demeure toufiours iointe a ces. deux poins, pendant qu'on haufferaou baiflera la Para- bole | LIivRE TROISIESME. . 405: : bole tout 1e long dela ligne BK , fur laquelle fon aiflieu eft appliqué. au moyen dequoy l’interfeétion de cete Pa- rabole, & de cete reigle, qui fe fera au point C , defcrira la ligne courbe A CN, quieft celle dont nous auons be: = foin de nous feruir pour la conftruétion du Problefme propofé. Carapres qu’elle eft ainfi defcrite, fi on prent le point Len laligne BK, du cofté vers lequel eft tourné lefommet dela Parabole, & qu'on face B L efgale à D E, c’eft àdireà — + Puis du point L, versB , qu'on prene en la He ligne BK., la ligne LH, efgale à | —— & que dû point H ainfi trouué, on tire à angles droits, du cofté qu’eft la courbe ACN ;,lalione HI, dont la longeur foit —+- + _ | 488 Vu qui pour abreger’ fera nommée e : Et aprés, ayant joint les poins L & I, . qu'on den à cercleLPI,dontIL foitle diametre, & qu'on infcriue en ce cercle a ligne L P dont la lon- geur foit Res HT , Ÿ. Puis enfin du centre I, par le point P | ainfitrouué, qu'on défcriue lécercleP CN. Ce cercle couppera ou touchera la ligne courbe ACN ,enautant: _ depoins qu’il y aura de racines en l Equation : En forte que les perpendiculaires tirées de ces poins fur laligne BK,commeCG,N R, QO, & fembläbles, ferontles: : racines cherchces. Sans qu'il y ait aucune exceptionny aucun deffaut en cete reigle. Car fi la quantité s cftoit: figrande, à proportion des autres p, q,r,4, &v,que lali- gne LP fetrouuaft plus grande quele diametre du cer- ik LEGER cle. 496 LA. GEOoMETRIE. + cleI Len forte qu'elle n'y puit eftre infcrite, il ny auroit aucune racine enFEquation propofée qui ne foft i iMmagi« naire: Non plus que file cercle I P eftoit fi petit, qu’ ilne coupaft la courbe AC N'enaucunpoint. Etilla peut couper en fix differens , ainfi qu'il peut y auoir fix diuerfes racines en F Equation. Mais lorfqu'il la coupe en moins ; Cela tefmoigne qu'il y a quelques vnes de ces racines qui font efgales entre elles , oubien quine {ent qu'imaginaires, < œ | K Que \ LIVRE TROISIESME, 407 Que fi la façon de tracer la ligne A C N par le mouue- ment d'vne Parabole vous femble incommode, ileft ay- féde trouuer plufeurs autres moyens pour la defcrire. Comme fiayant les mefmes quantités que deuant pour A B &B L;& la mefme pour B K, qu’on auoit pofée pour D. le coftédroit principal de la Parabole,on defcrit le demi- cercle K ST dont le centre foit pris a difcretion dans la ligne BK, en forte qu'il couppe quelq; partlaligne A B, comme au point S, & que du point T', ou il finift,on pre- ne vers K la ligne T V, efgale à B L,; puis ayant tiré la li- gne S V, qu'on en tire vne autre, qui luy foit parallele, par le point À, comme A C, & qu'on en tire aufly vne autre par S,qui foit parallele a BK, commesS C, le point Cou ces deux paralleles ferencontrent;feral’vn de ceux delaligne courbe cherchée. Et on en peuttrouuer , en mefme forte,autant d’autres qu'onen defire, Or 408 LA GEOMETRIE. Or la demonftration de tout cecyeft affés facile. car appliquant lareigle À E auec la Parabole F D furle point . C; comme:il eft certain qu'elles peuuent y eftre appli- quéesenfemble , puifque ce point C eft en la courbe AC N,quieft defcrite par leur interfection ; fi CGfe nomme y, G D fera 2 , à caufe que le cofté droit, qui éfcr,eftà CG, ei CGaGD.&oftant DE, quieit 2: Vv dé GD: onà= pa f as pour GE. Puis à caufe que | A BeftaBE, comme CGetaGE, AB -eftantie À BE Vu à Et tout de mefme en fuppofant que le point Cde la courbe à . eftétrouué par l'inter- fei6 des lignes droi- tes, SC parallele à B K, & AC parallele a 27 r SV. SB quieftefgale B'.àCG,efty: & BK : V eftant efgale au cofté droit de [a Parabole, que iay nommé 7, B i'R et — car comme. KBeftaBS, ainfiBS SD TT, Hip eftant LIVRE nant 409 Frs B y eft L' +. ne ainf AB eftà BE , qui eftant la mefne ques BE ,sceft a dire eft par confequent 7 1. s comme deuant, d'où on voit : quec'eftvne mefme ligne courbe qui fe defcrit en ces _ deux façons. Aprés cela, pourceque B L & DE font die. D Fr &. BE le font aufiy: de CES qu'adiouftit LH, quieft— a àDL, qui eft -- 7” on à la toute DH gui cit 2) l'E AT UNOES : Me. RE Tr: en ne G'D qu de onà GH, qui . TL re ne e Ceque refcris & 2nVT q par ordre encete forte G H ARENA 1 Em 2 LV v. ñ' Et le quarre ‘de GH eff, ta = py'= % «+270 y’ - p 12 te Me ARS RE UE nn y | Eten quelque autre endroit É cete ligne courbe qu'on veuille imaginer le point C, comme vers N, ou vers Q, _ontrouuera toufiours que le quarré de là ligne droite, quieft entrele point H & celuy où tombe la perpendicu- . laire du point C fur BH, peut eftreexpriméen ces mef- ‘ : mestermes, & auec lss mefmes fignes HER zh De plusI H eftant ;, &*L KH nt nn? =, I L ef | AE +: à caufe de l'angle droit IH L,& LPeftat | FA. A 440 ; LA GEOMBETRIE: vai is, 2 | IPoulCef, , 7 bVv : FR es As au CAE avfy de l'angle n4 ANNU nn . nn ? droitI PL. Puis ayant fait C M perpendiculaire fur 1H, I M eftla difference et entrel H, & HM où CG, c’eft a dire entre e , & y ,; en forte que fon quarré n':dE ‘à 2078 2 EL EE de s efttoufours —, -- — + yy, qui eflant ofté du quarré | AR Po Livre TROISIESME. is $ ÊVT 2my “deIC, il refle en - 2 He | pour le quarre de CM, gs eft efgal au quarre de GH de fiatrouué. Oubien en faifant que cete fomme foit diui- _{ée comme l'autre par #2yy, ona any amy pb 0 yy--59y + yy. Puis M Re ol remettant . RE : Li T 3 PP sa 2 ny # & YA U VAE y ;, Pour 2 #1? mul l'vne & l'autre fomme par DACE Jp) me HN, en y y+s Gy C'eft adire qu'ona, | -pÿ +94" “7 y 5 y 2e 8 0 00. | De où il paroift queles lignes C G, NR, QO, &fembla- bles font lesracines de cete e Equation, qui eft ce qu'il fal. loit demonftrer. Ainfidonc fi on vent trouuer quatre moyennes pro- portionellesentre les lignes &b, ayant pofé x pour la premiere , l'E Equation eft 45 #*%%% 0 545200 oubien HT a4bx" Do. Et faifant y --a D xil vient y 6 ay His aay* --20 4y3+ 1$a#yy. RAT 0. _ C'eftpourquoyil faut prendre 3 ÿ a pour la ligne AB, & V° 64 23 kaab IETTE => + mood ou le cofté droit de la Pa- Fff 2 _ rabole Aa L A GEOMETRIE. rabole que iay nominé 7. &—, 1Yaa+ ab pour D E où BL. Et aprés auoir defcrit la ligne courbe ACN fur | at Re 4ab la mefure de ces trois, il faut faire LH, | mod 1023 18244 34 3 e + 4 aa aa + ab+ & HF 20 hé batas 2m Var ab, nr LP > L 15 © sat e AIVan a b. nn au point I pañlera parle point Painf trouué, couppera la courbe aux deux poins C& N,; defquels ayant tire les perdendiculaires NR& CG, fi la moindre, N R, eft oftée de la plus grande, C G, lerefte fera, x, li premiere des quatre moyennes proportionelles cherchées. Ileft ayfé en mefme façon de diuifer vn angleen cinq parties efgales, & d’infcrire vne figure d’vnze ou treze coftés efgaux dans vn cercle, & de trouuer vne infinité d’autres exemples de cetereigle. Toutefoisileft à remarquer, qu’en plufeurs de ces exemples, ilpeut arriuer que le cercle couppe fi obli- quement la parabole du fecond genre, que le point de leur interfection foit difficile à reconnoiftre: & ainfi que cete conftruction ne {oit pas commode pour la pratique. À quoyilferoit ayféde remedier en compofant d'autres regles, àlimitation. de celle cy ; comme on en peut compofer de mille fortes. Car le cercle qui ayant fon centre Mais mondeffein n'eft pas de faire vn gros liure, & ie tafche plutoft de comprendre beaucoup en peu de mots: comme on iugera peuteftre que iay fait, fion con- fidere, qu'ayant reduit à vne mefme- conftruétion 7. | es Livre TROISIESME 413 les Problefmes d’vn mefme genre, iay tout enfemble donné la façon deles reduire à vne infinité d’autres di- uerfes, & ainfi de refoudre chafcun deux en vne infinité de façons. Puis outre cela qu'ayant conftruit tous ceux qui font plans, en coupant d’vn cercle vne ligne droite, & tous ceux qui font folides, en coupant aufly d’vn cer- _cle vne Parabole; & enfintous ceux qui font d’vn degré plus compofe$, en coupant tout de mefme d’vn cercle vne ligne qui n’eft que d’vn degré plus compofée que Ia Parabole;.ilne faut que fuiure la mefme voye pour con.- ftruire rous ceux qui font plus compofésal'infini, Car en matiere de progreffions Mathematiques, lorfqu’on a les deux outrois premiers termes, il n'efpas malayfé de trouuerlesautres, Etiefpere que nos neueux me {çau- rontoré, non feulement des chofés que iay icy expli- quees, mais aufly de celles que iay-omifes volontaire. _ rement, afin de leur laiffer le plaifir de les inuenter. : Aduertiflement. | C: Eux qui ne vifitèt les Tables des liures, qu'affin d'y chot- No fr les matieres qu'ils veulent voir,& de S'exempter de la peine de lire le relte, netireront aucune [atisfaéfion de celle cy: Car l'explication des queftions qui y font marquées des _pend quaf toufiours ff expreffement de ce qui les precede, & fouuent auf} de ce qui les fuit, qu'on ne la [cauroit entendre parfaitement fionne lift auec attention tout le liure.. Mais pour ceux qui l'auront defia leu, & qui [cauront affez bien les chofes les plus re qgé'ilcontient, cete Table leur pourra feruir; tant.a plus particulieres qui feront efchappées de leur memoire; que fau auffy à leur faire prendre garde a celles qu'ils auront P re pallées fans les remarquer: es faire fouuenir des endroits où ilef} parlé des < LE Des EP VIP TRRTE Re sv principales d iffcuitez, ; Quifont expliquées enla DIDPTRIQUE: Difrours Premier. DE LR EUMRER 5. C Eu. 1l fafit HT concetoir la nature de la here pour cbnae tontes [es proprictez. Page 4. Comment [es rayons pal]ent en vn inffant du Soléil. infe ques a nous. 4%. Comment on voit les couleurs par [on moyen. * 4. Quelle eSt la nature des couleurs en general. 4 Qu'onn'a point befoin d’efpeces intentionelles pour les-voir. ÿ y mefme qu'il y ait rien dans les obiets qui für [emblable aux fénti- | MENS QUE NOUS EN AUONS.. Que nous voyons de iour, par le moyen des rayons qui vienent des obiets VS HS Jeux. : Et qu'au contraire les chats voyent de unit par Le mur des rayons qui = tendent de léurs Jeux vers les obiets. | Ù ‘ Quelle eff la matiere qui tranfmet les rayons. | 6: Comment les rayons de plufieurs diners obiets peuuent entrer enfemble dans l'œil. T On allant vers diners yeux palfer par vn mefme endroit de Fair [ans fe . méfler ny s'entr empefcher. ne. INy effre empefchez par la fluidité de F aire | ÿ INy par l agitation des. vens. 7 N'y par la dureté. du verre ou autres tels cors tranfparens,. - Comment cela n'empefche pas mefme qu'ils ne foient exablement, “droits. | | a , @. Et ce que c'eff proprement que ces YAyOns. 8. Et comment ilen vient yne infinité de chafeun des poins des cos lémi- neHxe. | 8. Le + HT AE UE. Ce que c'ef q# VA GOFS Noire. r cy À nc lose Ce guec eff qu vp miroir. | À é | LE Comment les miroirs tant he que connexes ë concanes font reflefchir les rayons. À | 10 IL Ce que c'eff qu'vn cors blanc. SR à 1e En quoy confifte La nature des couleurs moyeness PRES 1x _ Comment les covs colorez. font refle[chir les fous | CT 12 Ce que c'eff que la Refratlion. | 12 «a Dafcours Seconde : DE LA REFRACTION. Ue les cors quile meunent ne doinent point s ‘arefer ancus Moment contre CeAx qui ; les font reflefchir. A Ponrquoy l'angle de la reflexion est efgal a celsy de l'incidence. x4, Put, TO; De combien le mounement d vne bale eff dérourné, lorjgué elle paffe au traners d'une toile. | 16,17, Et de combien lor(qu'elle entre dans l'eau. 18 Pourquoy la Refraëbson est d'antant plus grande, que l'incidence eff plus _ oblique. 19 Et nulle, quand! Hbrdenice ef perpendiculaire. | 19 Ponrqnoy quelquefois les bales, des canons tire7 vers l'eau, #7} pennent entrer, © fe reflefchiffent vers l'air. 19 De combien les rayons [ont détourne? par les cors tranfparens qu'ils pene- trente 20 Lomment il fant mefurer la grandeur des refratlions. 21,22 Que les rayons pafent plus 1 ement an trancrs de verre que de l Cat, © __ deleauque de l’uir, Et pourquoy. 23 Pourquoy la Refraïtion des rayons qui entrent dans DA eSt efgale, 4 celle des rayons quienfortenr. 24 Et pourgnoy cela r'e$k pas general en tous Cors tran/parens. 2 Que les rayons peunent quelquefois effre courbe? [ans fôrtir d'un mefme * Cors transbarent. 2 EL. Comment [è he la Refraëlion en chafque Point des fiperficies cor- bées, | 25 Difours PNR TS NT CRT ET CURE DE LA Droprrique. Diftours Troifiefme DE L'OE IL. Ve la peau nommèe valgairement Retina » eff autre chofe que le nerf Optique. 26 Quelles [ont les refrailions que can[ent les humeurs de l'œil, 27 Pour quel vfage la prunelle s’effrecifl © s'eflargift. 27 Que ce mounement de la prunelle ef volontaire, 28 Que l'humeur criffaline efé comme vn mufcle qui peut changer la figure detont l'œil, 28 Et que les petits filets nommez proceflus ciliares en fon les tendons. 28 Difcours Quatriefme DES SENS EN GENERAL. Ve c’eft l'ame quifent & nonlecors. 29 Quelle [ent en tant qu'elle eff dans le ceruean, € non en tant gel. le anime les autres membres. . 29 One c'eff par l'entremife des nerfs qwelle [ent. 30 Que la fabffanceinterienre de ces ner ik eff compofce de plufieurs petits £. dets fort deliez.. 320 Que ce font les mefmes nerfs qui fe crtent aux Jens, © aux mouut- mens. 27 Que ce font les efprits animaux coutenns dans les peaux de ces nerfs qui meuuent les membres. . ; 31 Que c’eff leur [ubffance interieure qui [ert aux x fé ns 31 (Comment fe e fait le fentiment par Pay de des nerfs. 32 Que les idées que les fens exterienrs ennoyent en la phantaifi 1ene il ont point des images des obiets: on du moins qgwelies nont. pre befoin de leur refembler. 232 Due les diners mounemens .. petits filets de chajqne nerf fi fe ht pour canfer diners (entimens, 34. G ce 0 Difcours Fi st otraun À E Difcours Cinquiefme DES IMAGES QUI SE FORMENT HN CISUR LE FONDS DE L'OEIL, . C Omparaifon de ces images auec celles qu'on voit en vne chambre obfcure. | | _ 3$ Explication de ces images eu Fœil d'un animal mort. 36 Qu'on doit rendre la figure de cet œil un peu plus lonçue lorfque les ob- iets font fort proches, que lor[qn'ils font plus efloignez.. 37 Qwilentreen cet œil plafeurs rayons de chafque point de l'obiet. 38 Que tonsceux qui vienent d'rn mefme point fê doinent affembler au fonds de ie œil enuiron le mef[me point; Et qu'il faut difho RER a cet ejfecr. g Que ne de diners poins s’y doinent affembler en diners poins. : 8 Comment les couleurs fe voyent au trauers d'yn papier blanc qui e5t für le fonds de cet œil. | ‘410 Que les images qui s'y forment ont la refémblance des obiets, Comment la grandeur de la prunelle fêrt à la perféition de ces ima- ges. 40 Comment y fért la refrattion qui [6 fait dans l'œil ; Et comment elle y nuiroit effant plus grande on plus petite qu’elle n'est. 4t Comment la noirceur des parties interieures de cer œil, l'ob[curité de La chambre ou fe voyent ces images y [ert auffy. 43 Pourquoy elles ne [ont iamais fi parfaites en leurs extremitez qu'an mi- ben. | Va ee 43 Comment on doit entendre ce qui fe dit, que vifio fitperaxem. 43 Que la grandeur de la prunelle rendant les couleurs plus viues,rend les fi- gares moins diffiniles: Et ainfine doit effre que msdiocre. 44 Que les obiets qui font a coffé de celuy à la diffance duquel l'œil eff difpo- JE, en effant beaucoup plus efloignez on plus proches , s'y reprefentent, moins diffinilement , que Sils en effoient prefque à paralle di- ffance. | 44. Que ces images font rennerées. - 44 Que leurs figures font changées G° racourcies à raifon de la diffance on fi- tuation des obiets, | NORME Que ces images [ont plus parfaites en l'œil d'un animal vinant , “ii celuy DE LA DioPtTRique. celey d'en mort; Et en cely d'vn homme, qu'enceluy d'un bœnf. 46 Que celles qui paroiffent par le moyen d'une lentille de verre dans vue Chambre obfcnre, s'y forment tout de mefme que dans l'œil, Et qu'on y peut faire l'experience de plufieurs chofes qui confirment ce quiet icy ex- or | 46,47:48. Comment ces images palfent de l'œil dans le cernean, 49 Difcours Sixiefme DE LA VISE" Q” La vifion ne [e fait point par le moyen des images qui palfent des Jeux dans le cerucau, mas par le moyen des mouuemens qui les compojent.. ; | Et Que c'eff par la force de ces monnemens qu'on [ent la lumiere. sr Et par leurs autres varicte? qu'on [ent les couleurs. * $t- Comment fe [entent les fans, les gonffs, © le chatonillement © la dou- lenr. | $ 1,52 Ponrquoy les conps qu’on recoit dans l'œil font voir diuerfes Inmieres: & ceux qu'on recoit contre les oreilles font ouir des fons: Et ainfi vne me[- me force caufe diners féntimens en diners orranes. 3 LL Pourguoy tenant les yeux fermez vn peu aprés anoir rexardé le foleil , il … fémble qu'on voye dinerfes couleurs. 52 Ponrquoy il paroïift quelquefois des couleurs dans les cors qui ne font que tranfparens: comme l'arc-en-ciel paroiff dans la pluie. 53, 254 Que le fentiment qu'on à de la lumicre eff plus on moins fôrt [elon que l'ob. et e$t plus on moins proche. LR TE Et felon que la prunelle eF plus ow moins grande. 53 Et felon que l'image qui [e peint dans le fonds de l'œil et plus ou mroins perite. | S: Comment la multitude des petits filets du nerf optique fért à rendre la vi- for diflintte. dre fe Rp 1 Ponrquoy les prairiet effant peintes de dinerfés couleurs ne paroiffent de loinque a’vne feule. | dune , Ponrquoy tous les covs fe voyent moins diféintlement de loin que de Fo | M # Comment la grandeur de l'image fert à rendre la vifion plus diffin- Île, | | : 5 5 GP’ Com FE AS DE. Comment on connoift vers quel colfé e$f l'obiet qu'on regarde : Ou celay qu’on monftre du doigt fans le toucher. | 55,56 Ponrqnoy le renuerfêment de l'image qui fe fait dans l'œil n'empefche pas que les obiets ne paroiffent droits. Ë 57. Pourgnoy ce qu'on voit des deux yeux, on qu'on touche des deux mains, ne paro:|} pas double pour cela. | 58 Comment les mousemens qui changent la figure de l'œil féruent à faire voir la diffance des obiets. | 9 Qu’encore que nous ighorions ces monnemens nous ne laiffons pas de CON noiffre ce qu'ils defixnent.. FRE 58 Comment le rapport des 2 yeux fért aufy a faire voir la diflance. 58 Comment on peut voir la diffance anec vn œil feul en luy faifant changer : . | deplace. s9 Comment la diféinilion on confufion de la figure, & la debilité on la frce de la lumiere fert auffy 4 voir la diffance. _ 60,62 Que la connoilf ance qu'on a euê amparanant des obicts qu'on regarde fert awmieux connoiftre leur diffance. | éo Comment la fituation de ces obiets y jert an£y. | 62 Comment on voit la grandeur de chafque obiet. 62 Comment on voit fa figure. | 62 Pourquoy fouuent les frenetiques, ou ceux qui dorment , penfent voir ce qu'ils ne voyent point. | sf 63 Pourqnoy on voit quelquefois les obiets donbles. 63 Comment l'attonchement fait anffy quelquefois inger qu'un obier [ot donble. | | 64 Pourquoy ceux qui ont la tannife, oubien qui regardent an traners d'un Verre ianne, igent que tout ce qu'ils voyent on a la couleur, 64 Queleët le lien on on voit lobier an traners d'un verre plat dont les fe perficies ne font pas paralleles, ù 64: Et celuy 04 on le voit au trancrs d'un verre concane. 64 Et pourquoy l’obiet paroiff alors plus petit qu'il 'eff. 64 Quelest le lien on il paroiff au trauers d'yn verre connexe, Et ponrgnoy il y paroifi quelquefiis plus grand, © plus efloigné, qu'il n'est ; Ët quelquefois plus petit S plus proche, € ansc cela renner[e. 64 Quel eff le lien des ima ges qu'on voit dans les miroirs | tant plats, que connexes ,on concanes: Et pourquoy elles y paroiffent droites, onren- #erfees; © plus grandes, du plus petites; S plus proches ou plus efloi- gnées que ne font les obiers, | ) 64 AS Ponr« DE LA DIroPTRIQUE. Pourgsoy nous nous trompons ayfemerit en ingeant de la diflance. 66 Comment on pent prouner que nous n'auons point couffnme d'imaginer de diffance plus grande que de x00 04 200 pieds. 6 Pourquoy le foleil & la lune fémblent plus grans eftant proches de l'Ho- rifôn, qu'en effant éfloignez. Nes ‘es Que la grandeur apparente des obiets me doit point fe mefarer par cellé de lançle de la vifion. RE 7 Ponrgnoy les obiets blancs C lumineux paroiffent plus proches © plus grans qu'ils ne font. | | R 67 Pourqguoy tous les cors fôrt petis, ou fort efloigne? ,paroiffent ronds. 68 Comment [e font les efloignemens dans les tableanx de Perfheitine. 69 Difrours Septiefme - Aide DES MOYENS DEPERFECTION- NER LA VISION. V'il “y 4 que quatre chofes qui font requifes pour rendre la vifior | tonte parfaite. RE NON “UAONTE Comment la Nature a’ pourv& a la premiere de ces chofes, € ce qui refte _ al'art ay adiouffer. 72,72 Quelle difference il y a entre les yeux des iennes gens € ceux des viest- NAS à ét Th LS Comment il faut pouroir à ce que la Nature à omis aux yeux de cedx qui ont la venë courte: Et comment, a ce qu’elle a omis aux yeux des Vieillars. | | 73 Qwentreplufieurs verres qui pennent fernir a cet effect il faut choifir les plus 4ayfY a tailler : Et anec cela ceux qui font le mieux que les YAYOns qui vienent de diners poins femblent venir d'autant d'antres di- HEYS porns. É | Rae Quilnest pas befoin de choïfir en cecy autrement qu’4 pen près, © pour 707 | | x 74 Que la grandeur des images ne depend que de la diflance des obiers, de lies on fe croyfent les rayons quientrent dans l'œil, G deleur refra= nt; TES r AE 7$ Que larefrattion eff pas icy fort confider able; N'y la diflance des obiers acceffibles: Et comment on doit faire lorfqw'ils [ont inacceffibles. 77 En quoy confiffe l'innention des lunetes à puce compoftes d'un fénl Gge3 Vérres TE ai 8 Lire. verre, G'quel 65f leur effet. 7,78 Comment on pent augmenter des imagesen faifant que les rayons Je … croyfent fort loin del'œil, par le moyen d'ontayan plein d'eau, 79 Que plus ce tuyan Si long, plus il augmente l'image, Et qu'il fair le mefrme que fi la Nature auoit fair l'œil. d'autant plus long, 8o Qu la prunelle de PœilnniSf, an lieu de (éruir, lorfqu'on je {rt d’un tel DA os R soil ‘80 Que ny les refratlions du verre qui contient l’eau dans ce tuyan, ny cel- les des peaux qui enuelopent les humeurs de œil, ne font confidera- bles. j so Comment on peut faire le me[me par le moyen d'un tuyau fêparé de l'œil, que par vn qui luy efl ioint. | 81 En quoy confifte l'insention des lunetes d'approche. 82:83 Comment on peut empefcher que la force des rayons qui entrent dans l'œilne foit trop grande, Re DU 83,86 Comment on la peut augmenter, lorfqu'elle est trop foible,&° que les ob- sets font acceffibles. ‘64 83 Et Comment, lor{qu'ils font inaccellibles © qu'on fe fêrt de lanetes d'ap- à proche. De combien ou pent faire l'ounerture de ces lunetes plus grande que nef la prunelle. Et pourguoy on la doit faire plus grande. 84,85 Que pour les obiets acceffibles on n'a point be(iin d'augmenter ainf l'ou- nerture du tuyan. 86 Que pour diminuer la force des rayons , lorfqu'on { [rs de lunetes , il vaut mieux cftrecir leur ouuerture, que da couurir d'vn verre co- re. : | : 86 Que pour l'effrecir, il vant mieux couurir les extremitez da verre par \ ne que par dedans. : a La 86 eÆ quoy il est vtile de voir plafienrs obiets enmefimetems ; Er ce qu’on doit faire pour n'en anoir pas de befbin, 87 Q#'on pent acquerir par exercice la facilite de voir les obiets proches ou _efloignez. 85 D'ou vient que les Gymnofophifles ont p# regarder le foleil [ans gafter der vene. | LS Ge st 83 à Défoours LR TEE RSS SES De LA DiropTrique. TT Difcours Huitiefme qe DES FIGURES QUE DOINENT AV OIR lescorstranfparens pour detourner les rayons par _refraétion, en toutes les facons qui. _ feruent a la veuë. Uelle eff la Nature de l'Elipfe © comment on la doit defcrire, Q 89,90 à À De AA UE) | Demonfrration de la proprieté de l'Ellipfe touchant les refraëtions. 93 Comment fans employer d'autres lignes que des cercles on des Ellipfes on pent faire que les rayons paralleles s'aflemblent en vn point , on que ceux qui vienent d'un point [e rendent paralleles. 94395 Comment on peut faire que les rayons paralleles d'un coffé dm verre, © foient efcartez de l'antre comme s'ils venoient tous d'un mefme point, | # 96 Comment onpent faire qu'effans paralleles des deux coffés , ils [aient re- ferrez en vn moindre efface de bun,que de l'autre, Comment on peut faire le me[me , €n faifant autie cela que les ao foient renuerfez. | fé es De Comment on peut faire que tous les rayons qui vienent d'un point s'af- _ femblent en vr autre poinr. | 08 Etque tous ceux qui vienent d'un point s'efcCartent comme s'ils venoient d'yn anñtre point. - Mb 99 Et quetons ceux qui font e[cartez comme s'ils tendoient vers vn mefme point , s'efcartent derechef comme S'ils vencient d'vn mefme pote - 1-90 La nature de ! H yperbole » © la facon de la décrire. 100,101, 102 Demonffration de la proprieté de PHyperbole touchant les refra- tions, PA RE : QUE UT et Comment fans employer que des Hyperboles & des lignes droites on pent faire des verres qui changent les rayons, en toutes les mefimes façons, que ceux qui font compofez d'Elipfes de cercles. x106,107,108 Que bienque il y ait plufieurs autres figures qui puiffent canfer les mef- mes effets, 51 y et a point de plus propres pour les lunetes que les pre- T0 À Slide Li ie | J10 Que 1: ME We L se Que celles qui ne font compofées que d'Hyberboles & de lignes droites . font les plus ayfées a tracer. | 110 Que quelque figure qu'aye le verre il ne peut faire exatlement, que des rayons venans de diners poins s’affemblent en autant d'autres diners poins. RP PÉNPNES I1E Que cenx qui font compoférz d'Hyperboles [ont les meilleurs de tous à cet effeil. SAUVE. UE 6e Ma: Le Que les rayons qui vienent de diuers poins S'écartent plus apres auoir tramerfé vn verre Hyperbolique, qu'apres en anoir trauerfé on Eliptique. sit T14 Que d'autant que lElliprique eff plus efbaïs, d'antant ils S'écartenr. moins en la trauer[ant.. RU à LIT Que tant efbats qu'il puiffe effre , il ne peut rendre l'image que peignent ces rayons que d'un quart on d'un tiers plus petite, que ne fait l'Hy- perbolique, ; | ZES Que cete inégalité e$t d'antant plus grande que la refrailion du verre ef plus grande. | ; | I1$ Qu'on ne pent donner a verre aucune figure qui rende céte image plus gralidesque celle de PHyberbole; ny qui la rende plus petite que celle de l'Ellipfe. | 115 . Comment 1l faut entendre , que les rayons venans de diners poins [f croi- fent fur la premiere [uperficie, qui a la force de faire qu'ils fe raffem- blent en autant d'antres diners poins._ “I Que les verres Elliptiques ont plus de force pour brafler que les H yper- . boliques. | T17. Comment il faut mefurer la force des miroirs , on verres bru- ir MRC: Q'on n'en pent faire aucun quibrafle en ligne droite a l'infini. … xx7 Que les plus petits verres ou miroirs affemblent autant de rayons pour brufler,en l'efpace ou ils les affemblenr; que font les plus grands qui ont des figures fémblables à ces plus petits, en un efpace pareil, 18 | Que ces plus grans n'ont antre anantage que de les affembler en vn efpa. … ceplus grand © plus efloigné. Etainfiquon peut faire des miroirs owverres tres petits qui ne laiffent pas de bruler auec beaucoup de force à | | | 118 ®wvn miroir ardent dont le diametre nexcede point la xoo partie de la diffance a laquelle 1l affemble les rayons, ne peut faire qu'ils bruflent on efchanffent d'anantage que ceux qui vienent direilemet du foleil, x18 Que DE LÀ DiropTrique . Sue les verres Elliptiques penuent recenoir plus de rayons d'un mef- me point pour les rendre apres paralleles, que ceux d'aucune atre fi- nre Fi 119 . Que fousent les verres Hyperboliques font preferables aux Elliptiques, à ea qu'on pent faire auec vn fenl ce aqu0y il en faudroit employer UX | | 120 Difcours Neufiefme DE LA DESCRIPTION DES LUNETIES | Uelles qualite? font confiderables pour choïfir la matiere des lu netes, | 121 Ponrquoyil [ fait qual toufiours quelque reflexion en la faperficie des cors tranfparens. Pr ER | 121 Ponrquoy cete reflexion eff plus forte fur le criflalque fur le verre. x22 Explication des lunetes qui feruent à ceux qui ont la vené conrte, ” 123 Explication de celles qui féruent à ceux qui ne penuent voir qne de loin. | 123 Pourquoy on pent (äppofer les rayons qui vienent d'un point affez efloir gne, comme paralleles. | 124. Pourquoy la figure des lunetes des vicillars n'a pas befoin d'eftre fort ex- aile, | 124 Comment sl faut faire les lunetes à puce auec vn fenl verre. 124, Quelles doinent effre les lunctes d'approche pour etre parfaites. 7 26 Et quelles auffy les lunetes à puce pour effre parfaites. Ro et Que pour fe [férair de ces lunetes ileff mienx de fe bander un œil , que de le fermer par l'ayde des mufcles. ne Qw'ilféroit bon any d'anoir anparanant attendri [à veuê en fe tenant en lieu fort ob[cur. 135 Et anffy d'auoir l'imagination difpofée comme pour regarder des chofés fort éloignées & ob[cures, 135 D'où vient qu'on a moins rencontré cy denant a bien faire les lunctes … d'approche que les autres. 136 Hhh Difrours TABLE Difcours Dixse[me DE LA FACON DE TAILLER LES VERRES. É. il faut trouner la grandeur des 1efraëlions du verre dont à on vent fe férmirs 137 Comment on trouue les poins bruflans, © le [immet de l'Hyperbole, dont le verre duquel on connoiff les refraütions doit auoir la figure. 139 Comment on pent augmenter on diminuer la diffance de ces poins. 139 Comment on pent defcrire cete Hyperbole anec vne chorde. 140 Comment on la peut defcrire par l'inuention de plufieurs poins.. 40 Comment on trounue le Cone dans lequel la mefme Hyperbole peut effre conppée par un plan parallele a Paille. T4 Comment on la peut defcrire d'un feultrait par le moyen d'yne ma- chine. +" | TA 2: - Comment on peut faire vne autre machine qui donne la figure de cete Hyperbole a tout ce qui en peut auoir beiin pour tailler les verres, Et comment on s'en doit fernir. de 70 Ce qu'il faut obferuer en particulier pour les verres concanues,Ô" en parti- culier pour les connexes. | 150 L'ordre qu’on doit tenir pour s'exercer a tailler ces verres. ISI Que les verres connexes qui feruent aux plus lonçues lunetes ont bein . d'effre taillez plus exaflement que les autres. | 155. Quelle SE la principale vtilité des lunetes a puce, 152 ; ÿ Comment on pent faire que les centres des deux [uperficies d'un me[me verre fe rapportent. | ARE 153 TABLE DES METEORESs. T À B LUE Des principales difficultez,, Qui font expliquées aux M°E T E ORuEuS Difcours Premier. DE LA NATURE DES CORS TERRESTRES. Me UE feau, la terre, l'air, G° tous les autres tels cors sf nt LD Ÿ® compofez de plufieurs parties. 1$9 2 Qu'il y à des pores entous ces cos qui font remplis d'une SZ matiere fort ubrile. 159 OP Que les parties de l'eau fônt longues, vnies, gliFantes. | 159, O' 174 Que celles de la plus part des antres cors font comme des branches d'ar- bres, © ont dinerfes fi gares irregulieres. _ 259 Que ces branches effant jointes om entrelacées compo ent des cors _ durs. 159 Que lorfqw'elles ne f ft point ainfientrelacées , ny fi groffes qu'elles ne paient effre agitées par la matiere f ubtile, hs er ent des huiles on de l'air. 160 Que cete matiere fubtile ne ceffe iamais de fe mounoir, 11660 Qu ‘elle fe ment ordinairement plus viffe contre la terre que vers les nues, vers l'Equatenr que vers les poles, l'effé que l'hyuer, © jour que la nuit. 160 Qu'elle eff compofe de parties inégales. 160 | One les plus petites L fes parties ont le moins de force pour mou oiT les attYes COYSe _x160a Que les moins petites (e Eu tronnent “ plus aux lieux où elle et le plus agitées 161 Hi 2 Duc PT Que ces moins petites ne peunent paller au traucrs de plafenrs cors: Et que cela rend ces cors froids. | Sér Ce qu'on peut conceuoir pour le chaud, € pour le froid, 162 Comment les cors durs peunent effre e[chanfez. 162 D'o# vient ane l'eau eff communement liquide, © comment le froid la rend dure, | 162 Comment la glace conferue tonfiours [a froideur, mefme en efté: Er pour- guoy elle ne s'amolff pas pen a pen comme la cire. 163 Quelles [ont les parties des fels. 163, © 17$ Quelles [ont les parties des e[prits on eaux de vie, 163 Pourquoy l’eau s'enfle en fe gelant.. “163 Pourgnoy elle s'enfle anffy en s'échanfant.. 164 Pourquoy l'ean bouillie fe gele platof que l'autre. 164 Que les pluspetites parties des cors, ne doinent point effre concenës com- me des atomes, maïs comme celles qu'on voit à l'œil, excepté quelles font incomparablement plus petites. Et qwil nef} point Lefoin de rien reicter de la Philofophie ordinaire pour entendre ce quiel.en ce traité. 164, Difcours Second DESVAPEURS-ET'DES. ; EXHALAISONS. | g Omrment le foleil fait monter en Pair plufieurs des petites parties des cors terreffres, NN | À 16$ | Quelles f ont les vapeurs. ( 166 Quelles font les exhalaifons, 166 Qu'il monte en Pair beaucoup moias d'exhalaifons que de vapeurs. 166 Comment les plus groffieres exhalailons fortert des cors terreffres. 166 Potrgnoy l'eau efant connertie en vapeur occupe incomparablement plus d'efpace qu'anparanant, 167 Comment les nefmes vapeurs peanent effre plus on moins preffées.. 169 D'ox vient qu'on fent quelquefois en eflé vue chaleur plus eflonffante que de coufturse. 169 Comment les vapeurs [ont plus on moins chaudes, ou froides. 169 Ponrgnoy Poaleine f fent plus chaude quand on fonffie ayant la bonshe | fort ouuerte, que ft on l'a prefqne fermée. . 171 Pour=- Des METEORES. Ponrquoy les vens impetueux (ont toufiours froids. | 171 Comment les vapeurs font plus on moins tranfparentes, RU A Pourquoy noffre haleine [6 voit mieux lhyuer que l'efte. | S à à Que fonuent il y adans air le plus de vapeurs , lorfqwon les y voit le moins, ÿ 172 Comment les mefmes vapeurs [ont plus on moins humides ou fiches: Er comment vne mefme [6 peut dire, en divers fens,plu fiche, & plus bu. mide qu'une autre. | 172 Quelles [ont les diner(es natures des Exhalai{ons. 173 Comment elles fe demeflent € feparent des vapeurs... 173 Difcours Trorfiefme. DV SEL. s AN Velle est la nature de l'eau falée: Et que les parties de l'eau font tel: dsqu'ilæeffe ditinl so "2 | $ rs Pourquoy les cors mouillez d'eau font plus ay[e7 a feicher, quereux qui font mouillez d'huile. 174 Ponrquoy le fel a vn gouff fi different dé celuy de l'eau douce, : TRS Pourquoy les chairs fe confernent effant falees…. 175 Ponrqguoy le [elles durcifn "D GAS dot Pourquoy l'eau donce les corrompt.. 17$ Ponrguoy l'eau [alée eff plus pefante que l'eau douce. | 175 Pourquoy neanmoïns le [el ne [e firme que für la fäperficie de Fean de la 1er, | 176 Qüeles parties du [el commun (6nt droites @ efralement groffes par les deux bonts, | | 176 Comment elles s'arrengent ejtant meflées auec celles de l'eau donce.. 176 Que les parties de l'ean fälée fe menuent plus vifle que celles de l'éar donce, 176: Ponrquoy le [el eff ayfement fondu par l'humidité. | Et pourquoy en cer- Laine quañtite d'enrs il ne s'en fon À que iulques à certaine quatité.177 Pourquoy leur de ls mer eSE plus tranSharente que celle des rinieres. 177 | Pourquoy elle caufé des vefraitions Un pen plus grandes 177 Pourquoy elle ne fe gele pas fs ayfement.. , 177 Comment on pent faire geler de l'eau en efte anec ds Jel,.é-pourgtoyi1 77 | HBb 3: Pour | RE) TR L:'E. | : Pourguoy le flesf fort fixe G l'eau douce fort volatile, : #78 Posrquoy l'ean dela mer s'adouciff en paffant au trauers du fäble: x 79 Pourguoy l'eau des fontaines des riaeres eff douce. 179 “Pourqoy les rinieres entrant dans la mer ne l'empefchent point d'effre fa= lées ny ne larendent plus grande. à PS 2 Ponrqnoy lamer eff plus falée vers l'Equatenrque vers les poles. 189 D'où vient que Foan de la mser et moins propre a efleindre les embrafe- mens que celle des rsnieres. | 150 D'ox vient qu'elle efhincelle la nuit effant agitée. 180 Pourquoy ny lafaumure, ny l'eau de mer qui eSEtrouble © corrompue, w'effincellent point en cete forte. | 18x Pourquoy l'ean de la mer effincelle plus quand il fait chand , que quand ilfait froid, 18€ Pourquoy toutes fes vagues, ny toutes [es gouttes , 'effincellent pas e[ga- lement. 181 fel. Fr 1Sr Pourguoy ilne s’en fait qu'en tems chand & fee 181 Pourquoy la faperficie des ligneurs eSt fort vnie. 182 Ponrgoy la fuperficie de l’eau e5t plus malayfée à diuifér que le de- ETTA 182 Comment les parties du [el vienent floter an defus de l'eau. 182, 183 Pourquoy la baze de chafque grain de fel eSt garrée. 184, Pourquoy cete bare quarrée paroiff a l'œil toute plate , © neanmoins e$E Vh pen conrbce. 184 Comment le refte de chaque grain de jel fe baftit fur cetebaze. 185 Ponrquoy ces grains font creux au milieu, 18s Ponrquoy leur fuperietre partie eff plus large que leur baze. 185 Que C'eff qui pent rendre leur baze plus grande ou plus petite, 185 Ponrquoy le (elva quelquefois au fonds de l'eau fâns (8 fèrmer en grains 186 at deffus. | Ce gti fait que letallu des 4 coffés de chafque grain eff plus o4 moins grand: Et pourquay ils font quelquefois en efchelons. 186 Pourquoy les querres de ces quatre coffez.ne [ônt ny fort ayguës, ny fort vaies: Et pourquoy les grains de fels’ y féndent plus qu'ailleurs. 186 Pourquoy laconcauïté de chafque grain eff platoft ronde que quarrée. 186 Ponrquoy ces grais effant entiers petillent dans le féu; Et ne perillent point cffant pilez: ils: 187 D'où Pourquoy onretient Peau en des foffes am bord de la mer, ponr faire le Des METEORESs. D'où vient l'odenr du [el blanc, & la conleur du [el noir. | 187 Ponrquoy le [el eff friable. 287 Pourguoy ileff blanc, on tranffarent. 187: Posrqnoy 11f find plus ayfément cat entiér, 7 "effant puluerifé G [ei- che, 187 D'où vient la grande difference qui eff « entre fês s partie G* celles de l'eau douce. 188 Ponrguoy les vnes © les autres [ont rondes. 185 Comment fe fait l'huyle de (el. 188 Pourguoy cete huyle à vn gouff aigre qui differe fort de celuy du [el 189 Difcours Quatriefme DES VENS.. () "Ve c "eff que le venir. | 189 j Comment il fe fait en vnee Æolipile. 19a : Comment il fe fait en l'air : Et en quoy il differe de és) d'yne + Æoli- ile.” 197 : Eu ce font principalement hs vapeurs qui caufent les vens 3 Mars non pas elles féules qui les compofent. "UD : Ponrquoy la can(e des vens doit effre attribuée anx vapeñts, , É non pas aux exhalaifons. V0 : Pourquoy les vens oriéntanx font plus fecs que les occidentaux. 193 Ponrquoy c'eff principalement le matin que J ouffient les vens d'orient, €" le {oir que fonfflent ceux d’occident. *_ TJ - Que ce vent d'orient eff plus fôrr, que celay a d'orcident. qui: vient de la meme Cane. 194 : Pourquoy le vent de Nord fiafe plus le iour que la nuit. 195 : Ponrquoy il fouffle plato$t de bant en bas que de bas en haut. 19$ Pourquoy il'eff ordinairement plus violent que. les anires, . 195 : Pourqnoy il eff fort froid, € fort f'ec. | 196 Poñrquoy le vent de midy regne plus la nuit que le our. 196 . Pozrguoy il vient de bas en haut. 196 : Pourguoy ileft ordinairement plus lent, pi fosble que les autres, 197 Ponrquoy il et chaud & humide. 197 : Ponrquoy vers lé mots ” Mars les vens font plus [ecs qu'en ancunce autre fn. | | 197 Pour 2 T° AB L'E. Ponrqnoy les changemens d'air fônt auf alors plus fabits & plus fre .AUens. 198 Quels [ont les vens que les anciens nommoient les Ornithies. 198 Quels [ônt les Etefies. | 198 Comment la difference qui eff entre la mer € laterre contribuë à la PT 0m duilion des vens. 199 Ponrquoy fonuent aux bords de la mer le vent vient le iour du cofté de l'ean, © la nuit du coffé de la terre. 199 Pourqguoy les Ardans conduifent les voyafgeurs vers les eaux. 199 Ponrguoy les vens changent fouuent aux cotes de la mer auec fes fus refus. Ponrgtoy les mefmes tempefles ont couffume d'efire plus violentes [ar mer que fur terre, 208 Comment un mefme vent peut effre [ec en un païs ; © humide en l'au- re, 200 Pourquoy les vens de midy [ont fêcs en Egipte; Et pourquoy il n'y pleut que rarement. 200 Comment @ combien les affres contribaent à le produëtion des We- teores. | 200 Comment y contribué auffy la dinerfité qui e5k entre les parties de la terre. 201 D'où vient l'irregularité © la multitude des vens particuliers © com- bien iles difficile de les predire. | 201 ae les vens generaux [ont plus aïfe7 à predire : Et pourquoy il y en a moins d'irreguliers au milieu des grandes mers que vers la terre. 20% Que la plus part des changemens de Pair dependent des vens. 202 Comment l'air ne laiffe pus d'eftre quelquefois froid on [ec lor(gwil fônffle on vent qui eff chaud on humide. | : 202 Que le cours que prenent les vapeurs dans la terre contribué au]fy aux changemens de l'air, 202 Difcours Cinquiefine DUelle différence il y a entre les nues, les vapeurs, & les brouillas,203 RDA les ns ne font compolées que de gouttes d’ean, on de parcelles de glace, Ë RE 203 Pourquoy 200 : REP ER RS EM FRS Des METEORESs. Pourgtey les nuës ne [ont pas transparentes. | 203. Comment les vapeurs fé changent en gouttes d'eau “a ls unes. 204 “Ponrquoy ces gonttes font exailement rondes. 204,20 Que c'esF quirend ces gouttes groffes on petites. DR Comment les vapears fe changent en parcelles de glace dans les nues, 206, 207 D'o8 vient que ces parcelles de glace (nt quelquefois rondes transpn- rentes, quelquefors longues € delices, ob ge rondes © blan- ches. 207 D'on vient que ces dernieres font couvertes de petits poil : Et que c'eft qui les rend plus groffes ou plus petites, ÿ ces poils pe forts C plus courts, on plus déliez plus longs, | 207 . Que le froid fenlne faffit pas pour conuertir les xd ch cat on er glace, 208 Quelles [ont les canfes qui afembleut les vapeurs en nues, “os Quelles font les caufes qui les afemblent en brouillas. 208 D'on vient qu “l'y 4 plus de bronillas at printems qu'anx autres a1(0 ns= Et plus aux pe marefcagenx on maritimes , q#e lois des caux on loin de la terre. 208 Que les plus grans brouillas, on les plus grandes nues, k fine par loppo- ve ition de deux on plafienrs vens. 209 Que les gouttes d'ean on parcelles de glace qui Corepefer es brouillas ne — peunest effre que tres petites. 209 Qnilue peut y auoir de vent ou font les bronill qu il ne les diffipe TOMPIEMENE 209 © il y a fénuent plufieurs nues l'vne far l'autre: Et plus aux païs de | montaignes qu'ailleurs : .209 Que les hautes nues ne [ônt ordinaitement compo. ées que de parcelles de glace. 210, 259 Que les vets preffent & poliffent les fiperf cies des nues , © les rendent | plates. 210 Que ces faperficies effant plates, les petits pelotons de glace qui les com | pofé Cut s'y arrengent en telle [rte que cha(cun en a fix autres qui l'en- uironnents. 211 Comment deux vens prenent leur cours lon plus haut que l'autre, € po- lient les [uperficies du deffous & du defins des nues. 212 Que les faperficies du circuit des nues ne [e poliffent pat ere ca, _f ont ordinairement fort irregnlieres, “Hi L Jia | Conte Æ, UE MAT AE Ts a SOA Fa Lis Hs Comment il s'affemble (onuent au deffous des nues plufieurs fénilesson faperficies compofées de parcelles de glace ; chacune defquelles eff en- aironnee de fix autres tr 213 Qué fonuent ces feuilles, on faperficies, [e meuuent féparement l'une de l'autre: é sl à 2 1 4 Qu'il penf y anoir des nuës qui ne (ôient compoltes que de telles fruil. les ; * 214 Que les gonttes d'eau pennent aufy s'arrenger dans les nuës., er meme facon que les parcelles de glace. 214 Comment quelquefois le circuit des plus grandes nuës s’arondift, & mef- me pent fe couurir d'une [uperficie de glace affex efpailfe ; [ans que [à pefantenr les face tomber. 215, 281. | Difcours Sixiefme ne 4 DE LA NEIGE,DE LA PLUIE ET “DE LA GRESLE “ Omment les nnës fe fouffienent en l'air. 216 Comment la chalenr, qui a couflurme de rarefier les antres cors con- denfe les nnës, ‘ - | | 217 Comment les parcelles de glace qui compofent les nuës, S’entaffent en di- uers floccons.… nt ie Comment ces floccons [e groffifent G tombent enneige,on en pluie, ou en grefie. ZE Pourquoy la grefle ef? quelquefois toute tran$Parente & toute ronde. 118 Os fenlement un pes plus plate d'un coffé que d'autre. 218,@ 223 Corsment [e fait la plus groffe grefle qui eff d'ordinaire cornue ire gt liere. 2 Pourguoy.on [ent quelquefois plus de chaleur qu'a l'ordinaire dans les mai{ons. ) are | 217 Ponrquoy la plus groffe grefle effant tranfparente en [à faperficie, eff tou- “te blanche © compofce de neige au dedans. 7 2 D'o8 vient que cete groffe grefle ne tombe gueves que l'effé. 219 Comment [e fait la grefle qui ef} blanche comme du fucre. 219 Ponrquoy [es grains font quelquefois affez ronds & plus durs en leurs {- perficies que vers leurs centres, "228 Pourquoy ils font quelquefôis pointus & ont la fi gare d'une pyramide os d'un pain de fucre. VE RAR ANS e Corsa 218 RS >; ï ! É. EeS 5 L £ D OA SR RS Sn € RER NET ET AI ne Rd Mes FRE Er ee LS Des: METEORES. (omsment les petites ‘parties de La neige prenent la f gure de roues on effoi- les qui ont chafcune fix pointes, ME à D'on vient qu'il tombe anffy quelquefiis de petits grains de grele tous | tranffarens qui ont autour de [0 y fix pointes toutes blanches. 22? D'o vient qgw'il tombe auffy de petites lames tranfparentes | qui [ont he= xagones, 225 Et d'autres qui femblent des rofes, ou des roues d'horologe qui ont feule- e8t fix dens arondies en demi-cercle. | 227 Pourquoy quelques vnes de ces rones ont vn ja point blanc au miles. 22 ge D'où vient quelles (ont quelques do jointes deux à deux par Vn ail]ien os Vne petite colomne de glace: Et d'ou vient que l’one de celles qui [one ainf jointes eff quelqnefois plus grande que l'autre. 228 Peurquoy il tombe quelquefois de petites effoiles de glace qui ont mix ayons, 228,23 Pourguoy ilen tombe anffy,bienque fort rarement,qui en ont huit. 230 Ponrquoy les vnes de ces effoiles font blanches, & les autres tranfparentess Et les rayons des vnes font courts € ronds en forme de dens; les autres longs € pointus, S ouuent dini(ez en plufieurs branches , qui TEpre= fentent des plumes,os des fenilles de fougere,ou des fleurs de lys. 237 Comment ces effoiles de glace defcendent des nues, mere Pouwrguoy lorfqu'elles tombent en tems. calme elles ont conflume d'eftré finies de plus de LE maïs que ce n'eft bé le mefme quand il fait vent. 2: … Comment la pluie Abe des nues: Et que c'eff qui rend fes gouttes grof- fes ou menness 233 D'o8 vient qu'il commence Auelauetuis, 4 RéGte attant meme que l'air foit connert de nues. 234 Comment les bronillas tombent en roxée on gelée blanche. Et que c'ejt que le Serein. 234: D'on vienent la manne, les autres tels [ucs: Et pourquoy quelques Vus S’attachent a certains cors plutoff qu'a d'autres. px Po! #vg40y ji les brouillars montent le matin, que la roxée ne tombe point, v'eff igne de pluie. 235 Pourqnoy file [oleil lait am matin lorfqu'il y à des n nues ent aise ef auffy figne de pluie, 225 Pourguoy tous les fignes de pluie font incertains. 12 Tii 2 . Dijtours = TABLE . Difrours S eptiefme | DES TEMPESTES, DE LA FOUDRE, & de tous les autres feux qui sallu- ment en l'air. CT nt les vues en S'abaiffant penuent caufêr des vens firt impe- LueuXx. si | | sr D'où vient que les fortes pluies [nt (ôunent precedées par un tel vent. 237 Pourgwoy les hirondelles volent fort bas auant la pluie. je . D'ox vient qu'on voit quelquefois tonrnoyer les cendres on les fflus au coin du feu dans les cheminées. | … Comment fe font les tempeltes nommées des tranades. 237 Comment s'engendrent ces feux qui s'attachent aux mats des nanires für La fin des grandes tempeffes. 239 Ponrquoy les anciens voyant deux de ces feux les prenoient pour vn bon augure; Ët en voyant vn, ou trois, pour vn maunaïs. 239 Ponrquoy onen voit maintenant quelqnefois infques a 4 ou $ fur va mefme vaiflean, he 240 nelle eSE la canfe du tonnerre. - 228 Posrqney il tonne plus rarement l'h ner que Pelé. . 241 Ponrquoy, lerfqn'apres vn vent Ttenionatèn fent vne chaleur moite .! @cffoufante, c'eff fine de tonnerre. 241 Ponrquey le bruit du tonnerre eSt fèrt grand &° d'où vienent toutes les _ différences qu'on y remarque. Sale 241 Engnoy confiffent les differences des efclairs des tourbillons & de la foa- . dre: Et comment s'engendrent les efclairs. 7. mr Ponrquoy ilefclaire quelquefois [ins quil tonne, ny qu’on voye de nes en © Pair; Et pourquoy il tonne quelquefois [ans qu'il efclaire, Comment s'engendrent les tourbillons. 242 Comment s'entendre la fondre. 243 D'ox vient que la foudre peut bruler les habits [ans nuire an cors, on an contraire fündre l'ebée [ns gafler Le fourrean , & chofés fémblables. 243° | | Comment la matiere de ls fondre [e peut conuertir en one pierre. 242 244 Ponrquoy elle tombe platoff fur les pointes des tours on des rochers que fur les lienx Bus. Fan Fan 244 | Ponr- à ’ & PE AR ESA | DES METEORES. . Powrquoy chafque coup de tonnerre ef? founent fini d'yne ondée de pluie: Et pourquoy le tonnerre [6 palfe lorfque cete pluie vient fort abon- _ dante, M VUE à ET - Ponrquey le bruit des cloches on des canons diminue la force du ton- Bee AN ‘ 245 Comment s'eñgendrent les effoiles on boules de fn qui tombent guclquefois du ciel, fans tonnerre ny pluie, 7. éd Ram an be 246 Comment il pent quelqnefôis pleunoir du lait, du fang, du fer, des pierres, on chofes [émblables. 246 Comment s'engendrent les effoiles de fèn qui fémblent trauer{er leciel; Er les ardans qui errent proche de laterre; Et les fenx qui s'attachent aux crins des chenaux on aux pointes des piques. | 246 Ponrquoy ces feux ont fort pen de force; Et pourquoy an contraire celuy de la foudre en à beancoup. | | | "47 Que les feux qui s'engendrent an bas de l'air pennent durer affez long tems : mais que ceux qui s'engendrent plus hant [6 doinent effeindre fort ptomptement; Etque par conféquent, ny les Comeres, ny les cheu- rons qui femblent de feu, ne [ont point de tels feux. RTS Comment on pent Voir des lumieres «ÿ des mounemens dans les nues qui reprefentent des combats, € féient pris par le peuple pour des prodi- ges, Q | PIE ME © Comment on pent an[fy voir le (ileil pendant la nuit 249,6 255 | Diféours Huitiefme _ DE L'ARC-EN-CIEL. Te ce eff point dans les vapeurs, ny dans les nues , mais féulement Q dans les gouttes de la pluie que [e forme l'arc-en- ciel. 250 Comment on peut confiderer ce qui le c A one ol dei ronde, € pleine d'eau, à ET | 250. Que l'interieur eff canfé par des rayons qui parnienent 4 l'œil apres deux refrailions ne reflexions Er l'extersenr par dés rayons qui n°y par- yichentqu'apres deux vefrathions ©:2 reflexions Fe (e qui le read P lus fible que l'autre. a Es - 262 Comment par le moyen d'un prifme 04 triangle de criflal on voit les mef- mes couleurs qu'en l'arcenciel. 11 Sr f2 su Que ny la figure des cors tranfhparens,, ny la reflexion des rayons ; y la J11 3 plura. à'3 D MU BIT E pluralité de leurs GUESS ne feruent pois a la produéion " ces couleurs. # 255 Querien n'y fert qu'une refiaétion,& ! La lise ; ü l'ambre qui limite cete lumiere. Re D'où vient la dinerfité qui eff entre ces buts : 256 En quoy confifée la natsre du rouge, G'celle du jaune, qu'on voit par le _70ÿ en de ce prifme de criffal; Et enquoy celle du verd & celle du bleu. . 259 | Coment il[e mefle de Pincarnat anec ce bleu qui en compo du violer. 9 Enguoy confiffe la nature des couleurs que font paroiffre les autres obiers: Et quil yen a point de fauffes. 260 Comment {out proauites celles de L'arc-en- 0) Et comment sl 5 7 tronue de Pombre qui limite la lrnrete. 261 . Pourgsoy le demi-diametre de l'arc interieur ne pat point effre plus grid que de 42 degrez; Ny celuy de l'exteriewr plus perit que de $1. 262 Pourquoy le premier eff plus limitéen Ja fperficie exicrienre qu'en l'in= tertere; Et le fecoud tout au contraire. 4 ne 62 Comment tout cecy fe demonffre exattement par le calcul 262 Que lPean effant chaude [a refrattion e$E vn pen moindre, qu'elle caufe l'arc interieur vn pen plus g grand, æ r exterieur plus petit ; que lorf- quelle eff froide. | 266 re ommEnt on demonfire. que la de de l'ean à l'air eff a peu pres, comme 187 à250: Et le demidiametre de l'arc-en- ciel ne peut effre de 45 degrez 266 Pourquoy 'eff la partie exterienre Ér l'arc interieur qui Le, ronge ; Et lsnterienre de l'exterieur. * 266 Comment il pent arriuer que cet arc ne foit nr cxallement Yon... 200 Comment il peut paroifére reuerfé é. 268 Comment ilen peut paroiffre trois l'un fèr lantre. | 269 Comment on peut faire paroiffre des fi Ha dans le ciel qui fe f Dune des prodi LP | 269 Difcours Neufiefme | DELA COULEUR DES NUES: Et des cercles .ou couronnes qu'on voit quelquefois autour des aftres. Ve c'eff qui fait paroiffre les nuës blanches ou noires. 13874 &. Ponrguey; ny le verre pilé ; y la neige > ny les nues un peu Rif cp : Ar Le EE ne a NE ET PR RP ETS Des METEORES. efpaiffes ne font transparentes, 272 els font proprement les cors blancs: Et pourquoy Pefcume, le verre pi- ne, la neige, © les nues font blanches. 272 Ponrgnoy, l'air eftant fort ferein,le ciel paroiff bleu: Et pourquoy 5 pa= roiff blanc quand l'air eff rempli de vapeurs. , Se Pourguoy l'ean de la mer paroilf bleue aux lieux au elle eff fort claire € fort profonde. 12%e Pourquoy founent lorfque le foleil [e cause ou fe jme. le ciel paroiff VOHæ CA ré ie lé matin cete rongeux du ciel prefäge des vens on de là plaies. Et le foir elle prefage le beautems. 274, Comment [e ferment les couronnes autour des 274 Qéelles prennent efére de plufeurs grandeurs : Et que c'eff qui les rend grandes ow petites, 277$ Pourquoy eftant colorées elles [nt roues en dedans, G blenes en dehors, | 276 Pourquoy ilen bal quelquefiis deux l vae antonr de lantre , Et dont l'interienre eff la mieux peinte. | 276 Ponrquoy elles ne ie point añtour dés affres qui [ont font bas vers l'horizon. 276 Pourguoy leurs couleurs ne font pas fi vines que celles de arc-en-ciel: Er pourquoy olles paroiffent plus [ouuent qwe Jay. autour de la lune , Et mefme fe VOyEnt autour des effoiles. 227 Pourquoy d'ordinaireelles ne paroiffent que tontes blanches, 277 Pourquoy.elles ne peunent paroiffre en des gouttes d'eau, ainfi at l'arc en-ciel, L'y Duelle e$t la caufé des couronnes qu’on voit eh autour des flans beaux. 278 D'o# vient qu'on y voit anffy de grands rayons quis'effendent çà 7 là en lignes droites, 279 Pourquoy ces couronnes [ont ordinairement rouges en dehors, 67 bleues on blanches en dedans, am contraire de celles qw'on voit autour des affres.. ap Pourquoy les refratlions de l'œil ne nous fut point toufonrs voir des cou leurs... | | | 280. Difconrs DABNE F . Défcours Dernier DE L'APPARITION DE PLU. | “SIEURS SOLEILS. RUN Fe Omment fe forment les nues gui font paroiftre plufiewrs (oleils. 281 Qu'il [e fait comme vn anncau de glace autour de ces nues, dont La — fuperficic eff affex polie. Que cete glace eff ordinairement plus eSfaiffe vers le coffé dn (ôteil que vers les autres. À di: | D 7. Que c'eff qui la fontient au haut de l'air. Fr202 Que c'eff qui fait paroiftre quelquefois dans le ciel on grand cercle blanc quin'a aucun affre pour [ôn centre. 282 Comment on peut voir iufques a fix foleils dans ce cercle blanc : Le pre- amier diretlement; les deux faiuans par refraëtion ; € les trois autres par reflexion. | | FERRAND Pourquoy ceux qu'on voit par réfrailion ont d'un coffé leurs bors peins de rouge, © de l'autre de bleu. | "#0 287 Pourquoy les 3 autres ne font que blancs, ont pen d’efclaæt.. 283 D'on vient qu'on n'en œoit quelquefois que 5 ; Et quelquefois que 4; Êt quelquefois que tros. | he 2 Ponrquoy lorfqu'on n'en voit que trois, il ne paroil} quelquefiis, au lieu au cercle blanc, qu'une barre blanche qui les tranerfe. 284 Quelle foleil,effant plus haut on plus bas que ce cercle blanc, ne laiffe pas = de paroiffie a mefme hauteur. | 284 Que cela le pear faire voir apres l'heure qw'ileff couché : Et anancer on reculer de beaucoup l'ombre des horologes. 285 Comment on peut voir vu feptie[me foleil an deQfus ou an deffous des fix precedens, | | 286 Comment on pent auf]y en voir trois Pun [ür l'autre. Et posrquoy alors on n'a point conffume d'en voir d'autres a cofté. te - À: Explication de quelques exemples de ces apparitions, Et entre autres de l'ebferuation des cinq foleils qui ont paru a Rome le 20 Mars 1629, 287 | Pourquoy le fixiefme foleil n'a point parn en cete obferuation, 290 Pourg#oy la partie du cercle blanc la plus efloignée du foleil 3 ef+ repre- fentée plu grande qu'elle ra pheftre. 290 \ DE LA GEOMETRIE. … Do vient que l'un de ces féleils amoit Une groffe as de fes, qui chan geoit fi anent de fi gare, 291 D'o8 vient ga" “lparoiffeit deux couronnes autour du principal de ces f6- leils: Et d'où vient qu'ilien paroif} pas tonfiours de telles. 291 Que le lies de ces couronnes n'a rien de commun auec le lien des foleils qu’on voit a coffé du principal. 292 … Que de [oeil n'ef pas tonfiours dé) Le centre de ces couronnes : Et g#'ilpent y en amoir deux Pyne autour de l'autre qui ayent diners centres. 293 Quelles penuent effre les can[es detontes les autres apparitions CXt107 dim Haies, se appartienent aux Meteores, 293 MS HAN, WA EH Des matieres de la 2G D CM ET RATE Livre Premier. DES PROBLESMES QU: ON. PEUT _conftruire fans y employer que des cercles 4 des ienes droites. Dinifi on, de. ‘À Fe ol du la racine quarreë, 268 Comment on peut vfer de chiffres en Geometrie, ‘299 Comment il faut venir aux Equations qui feruent a refndre les pro- blefmes, | 300 Quels [ont les problefmes plans; Et comment ils [e ref vents 302 Exemple tiré de Pappus. ; 3204 ‘. Refponfé 6 a la queffion de Pappus. 307 nor on doit pole er les termes FUME penis a l'Equation en cet exëple.310 K k k Coms: Comment 0# trouve que ce. prie r pis " " 71 ñ point prapofé ï en pe de ÿ lignes. 313 Denis S TA (DE LA Re ne DES LIGNES .. COURBES, : Vel oi les lignes courbes gi on peut fecesoir en Geometrie. 315 La facon de diffingner tontes ces lignes courbes en certains genres: Et de connoiffre le rapport qu onttous urs poins a ceux des lignes droites. 319 Suite del pie de la queftion p Papprs mile au linre precedent. 323. Solution de cete queffion quand lle n eff propofed qu'en 3 on 4liones. 324. | Demonffration de cete fe olution, | 332 Quels font les lieux plans G jolides & la façon " les tronuer tous. 234 Quelle eff la premiere € la plus fimple de tontes les lignes courbes qui feruent a la queftion des anciens quand elle ef propo [6e en cinq lignes. . Quelles [ont les lignes courbes qu'on defcrit en tronnant phufis ienrs de leurs poins qui peuuent effre receuës en Geometrie. 240 Quelles font auf} celles qu'andefcrit anes vue chorde qui peunent y eftre recenes, 340 Que pour trouuer toutes les proprietez des li ques courbes , il [a fit de L Ca- noir le rapport qu ‘ont tous letars poins a cenx des lignes droites; © la facon de tirer a autres Le qui les conpent entous ces poins 4 : angles droits. 341 Façon generale pour trouner des lignes droites gai conppent les courbes donnes ,on leurs contingentes 4 angles droits. 342 Exemple de cete operation en vne Ellip{e : Et en vne parabole du fecond ELU 343 -e Autre exemple en vue ane du fecond geure. | 344 Exemple de la confiruttion de ce problefme en la conchoide. 351 Explication de a nouneaux geures d'Ouales qui ferment al Optique,zs 2 Les propriete? de ces CA touchant les reflexions @ les refratbions. 357 4e Demonfiration de ces proprietez. | 36 Come | | De LA GEOMETRIE. — Comment on peut faire on verre autant connexe on concaue en l'une de [es fuperficies, qu'on vondra, quivaffemble a vn point donné tous les rayons qui vienent d'un antre point donne. 363 “ati on en peut faire un qui face le me[me , © que la condexité de l'une de fes fuperficies ait la ii Et donne aucec la connexité on concanité de l'autre, 366 Comment on pet rapporter tout ce qui a effé dit des lignes courbes de- fcrites {ar vne faperficie plate,a celles qui fe defcrinent dans vn efpace ag a 3 dimenfions, oubien [ar vne fuperficie courbes a due Liure Troifi efme DE LA CONSLRVETAEEN D ES problefmes folides, ou plufque folides. D E quelles lignes courbes on peut Jef féruir en la Gonxaérson de chaf- ge problefme.. _ 369 Exemple touchant l'insention de plafi Geurs moyenes proportionelles. 379 De lanature des Equations. OA Combien il peut y anoir de racines en chafque Equation, :372 Quelles [ont les faulfes racines. 372 noi on peut diminuër le nombre des dimenfi ons d'vne Equation, _ dorfqu'on connoiff quelqu’ vie de [es racines. | 372 Comment on peut examiner ff quelque arantié donnee ef la valeur d'vne racine. 373 Combien il peut y auoir de vrayes racines en chaque Equation, 373 Comment on fair que les faulfes racines denienent vrayes , © les vrayes faulfes. 373 Comment on pent augmenter on diminuër les racines d'uneEquation.374 * Qu'en augmentant ainfi les Ayes racines on diminuè les fauffes , où au contraire, 375 Comment on peut ofler le fecond terme d'une Equation. | 376 4 omment on fait que les faulfes racines ue vrayes fans que les . vrayes denienent faulfes. 277 Comment on fait que tontes les places d'uneEqwation foient remplies 378 Comment on peut multiplier on diifer les racines d'vue Equation. 379 Comment on offe les nümbres Ompus d'une Equation, 379 omment on rend la quantité connuë de l'un des termes d'une Equation efgale a telle autre qu'on veur. | 380 É KREK 2 Que Tasze. De LA GEOMETRrYrE. Que les racines tant vrayes que faues pement eftre reelles ou imaginai- | ARE MAS: à | ME & 380 La redullion des Equations cubiques lorfque le proble[me ef plan. 380 La facon de dinifer vne Equation par Un binome qui contient fa racine, 38h. sus | | Quels problefmes font [olides lorfque PEguation ef} cubique. 383 _Lareduition des Equations quiont quatre dimenfions lorfque le problef- ….wmcest plan. Et quels font ceux qui [ont folides, 383 Exemple de l'ufage de ces reduétions. 387 Regle generale pour reduire toutes les Equations qui paffent le quarré de guarre. al | | 389. Facos generale pour conffruire tous les problefmes folides reduits à vne Equation de trois ox quatre dimenfions. 389 : L'innention de deux moyenes proportionelles. | 390$ La dinifion de l'angle en trois, | / | 396 | D tons les problefmes folides fe peunent reduire 4 ces deux confire- | ions. ! | : | ( | 97. La faion d'exprimer la Valeur de toutes les racines des € quations pi 14 g#es: Et en fuite de toutes celles qui ne montent que iulques an quar- “yédequarre. | 400 Pourguoy les problefmes (olides ne peument effre conffruirs fans les [e- . étions coniques, ny ceux qui font plus compolés fans quelques antres lignes plus compfeës. | 401 Facon generale pour conffruire tous les problemes reduits à vne Equa- tion qui n’a point plus de fix dimenfions. \ 602 L'innention de quatre moyenes proportionelles.. 411 pu FAO ARE NS Fra | de Les ae Les fañtes de l'impreffion. : | DANS LE DISCOVRS DE LA METHODE. É page 6,ligne 2, pour des lifez les, page 8, ligne 22,augment liféz augmentent, p.9,l.22, des liféz les. p.10, 1.26, la life? le. è p.12,16, Philofophos lifez Philofophes. p. 1 8,1. 1,nes lifex DOS,p. 18 L7,vu lifez vn. p.19.1.9.Miuerue lifez Minerue.p.r19,l.17,cerraines lifez certaines. p.24,l.29,qu'il hfez qu'ils.p.37,/r5, tour Lf2 tout. p.37,1.26,ces life? les.p.42,l.26,antant l5{e7 en tant. p.47,/.3,Cat 4- fer Car:p.sa,l.6,en life? on. p.s7,1.6,ou Lifez on.p 60, L15, taité li fer traité.p.74, l.2,ie pris refolution /i{ez ie fus enrefolution. | DANS LE RESTE DU LIURE. P.13,ligne 20,pour des life de. p.27,1.6,de liféz du. page 33. L29, lozanges que par autres /fez des lozanges que par d'autres.p.##, l21,auois fx auoir. p.48,l.1,vn plus 7 vn peu plus. p.s1,413, tant {6x d’autant.p.56,l.17,ieu hfez lieu.p.72.1. 7,conduiflent/{z côduifent. p.77; L. 30,croiflans life? croifans.p.85,l.12,S 1 G lifez SRG.Et en la figure les lettres K@ M doiuent efhre plus proches du point L qu'elles ne font.p.87,l.4, eft Lifez &. p.96,en la fisure la lettre K doit effre. mile un pen au deffous du point I. p.rr$, h 15, K L M lifez LHM. p.136, l. 1, fera lifer. fera, p. 139, l2, Blfe7 P: 1:26: _efloignées lfez efloignez. p. 140, 1. 9, picques lifz. picquets. pri8s,l.11, roulle Lfz roullét.p.186,411,coftés {7 coftes.p.219, l'a,tant lifez tout.p.258,1.27; 123 lifez 321:P.269,1 27, trouts h- fx trous. p.269, l 3; auffi hféz ainfi. p, 270, 1, 8, ontai- nes liféz fontaines.p.30$,/.8,datü {62 datä.p.326,118, ; lifez. e2: p-343,lieu x Ljez lieu © &p. 345 ,116;hd4 lifez bdd,.p.357,l.23, recouruent l/2 rerournent.p.377,l.132, _. lifez re p.378,1.24-- 6 li. fez -* b.p.398,l. 10,4 V É: ES CE 4 NAT 72: p.398,115 x :4 ; de liféz + Z] +, p.40 1,l.17,0e hfez. 6 On troanera auf} en plufieurs endroits des diffinétions fort mal mifés, ‘quantité a'antres fautes de pen d'importance: lefquelles onexcufera facilement quand on [caura que PAutheur ne fait pas proféffion a'eftre Grammairien ; que le (om- : pofireur dont le Libraire s'eft férni n'entend pas vu mot de François. M) Ar grace & priuilege du Roy tres chre- _ flien ileft permis a l'Autheur du liure in. titulé Drfcours dela Methode €$ c. plus la Dio- ptrique,les Metcores,e la Geometrie grec. dele faire imprimer en telle part que bon luy fem. blera dedans & dehors le royaumede France, & ce pendant le terme de dix annees confe- quutiues, a conter du iour qu'il fera parache-, uc d'imprimer, fans qu'aucun autre que le li- braire qu'il aura choifile puifle imprimer, ou faire imprimer en tout ny en partie, fous quel- que pretexte ou deguifement que ce puifle cftre; ny en vendre ou debiter d'autre impref- fion quedecellequiaura efté faite par fa per- miflion,a peine de mil liures d'amande, con- filcation de tous les exemplaires &c. Ainfi quil eft plus amplement declarc dans les let- tres donnees a Paris le 4 iour de May 1637. fi- gnces par le Roy en fon confeil Crberet & fcellees du grand fceau de cireiaune fur fimple queuë, D A 2 | PAucheur a permis a Tan Maire marchand libraire à Leyde, d'imprimer le dit liure & de jouit du dit priuilege pour letems & aux con- ditions entre eux accordees, | _Acheué d'imprimer le 8. iour de Juin 1637. bec | | 1) Staten Generael der vereenichde Nederlanden heb- ben ghecon[enteert, gheaccordeert , ende gheotiroyeert, confenteren, accorderen, ende oëtroyeren by defen Ian Maire Boeckvercooper woonende binnen Leyden,dat hy voor den tyt vanneghennaeltcomende jaren , alleene in defe vereenichde Nederlandé,geaffocieerdeLant(chappen endeSteden, [al mo- gen drucken, doen drucken, uytgeven,ende vercoopen, feecker boeck daer van den Titelis, Difcours dela Methode &c. plusla Dioptrique,les Meteores, & la Geometric, &c.ver- biedende alle ende een yegelick Fnge[etenen van de[e landen, binnen den voorf%. tÿtvan neghen naeficomende jaren, heë _woor{z. Boeck, tnt gheheelofte deel nae te drucken , doen na drucken,uytgheven, of vercoopen, ofte elders naegedruckr, _binnen defe Landente brenghen om vercocht ofte ghebruycke te worden, fonder confent vande voorfz. Ian Maire op ver- beurte van alle denaeghedruckte exemplaren, ende daeren- boven van een [omme van dryebondert Carolus guldens, tap- liceren een derdendeel daer van,ten behoeve van den Officier die de Calangte doen [al , het tweede derdendeel ten behoeve van den Armen ,ende het refferende derdendeel ten behoeve van den voorfz. Ian Maire. Ghedaentinden Hage den xx. December 16 36. F SCHOUVENBORCH. Fer ordonnantie van de Hooghghemelte Heercn: Staten Generacl, Ve Lo CorNEezis MuscH. LR Fa PALIN Roi D 7% FRITES PPS Po PES hi! À HV 1h, UE ", Vo Dep, 4 hi. HZ