Histoire des mathématiques Discipline
K-théorie algébrique
Disciplineune branche de l'algèbre homologique, dont l’objet est de définir et d’appliquer une suite de foncteurs 𝐾ₙ de la catégorie des anneaux dans celle des groupes abéliens
- domaine
- algèbre homologique · K-théorie
Pour comprendre
La K-théorie algébrique est une branche de l'algèbre homologique qui vise à définir et à utiliser une famille de foncteurs, notés \(K_n\), permettant de passer de la catégorie des anneaux à celle des groupes abéliens.
Ce qu'elle étudie
Un foncteur \(K_n\) associe à chaque anneau un groupe abélien, de façon à transporter certaines propriétés algébriques de l'anneau de départ vers un objet plus simple à manipuler. La K-théorie algébrique étudie cette famille de foncteurs pour chaque entier n, et cherche à comprendre ce que ces groupes révèlent de la structure des anneaux dont ils proviennent.
Où elle se place
Elle appartient à la fois à la K-théorie et à l'algèbre homologique, dont elle prolonge les méthodes en les appliquant à l'étude systématique des anneaux.
Cas d’usage
Comparons les restes des divisions par \(7\) et par \(6\). Dans ces anneaux, on additionne et multiplie en gardant les restes : c'est le calcul modulo. Un idempotent est égal à son carré. Dans \(\mathbb{Z}/7\), les carrés successifs sont \(0,1,4,2,2,4,1\) : seuls \(0,1\) sont idempotents.
Dans \(\mathbb{Z}/6\), ce sont \(0,1,3,4\) : \(3\times3=9=6+3\), \(4\times4=16=12+4\). Modulo \(6\), on a aussi \(3+4=7=1\) et \(3\times4=12=0\). Chaque reste \(n\) se décompose donc en \(3n+4n\), avec une part dans \(P=\{0,3\}\), l'autre dans \(Q=\{0,2,4\}\). Les \(2\times3=6\) combinaisons sont distinctes.
Ces morceaux détachables de l'anneau sont des modules projectifs. Empilons \(a\) copies de \(P\) et \(b\) copies de \(Q\). En autorisant les différences d'empilements, on obtient \(K_0(\mathbb{Z}/6)=\mathbb{Z}\oplus\mathbb{Z}\), le couple d'entiers \((a,b)\). Dans \(\mathbb{Z}/7\), tout reste non nul a un inverse, qui donne \(1\) en le multipliant : c'est un corps. Un module projectif y est un espace vectoriel, décrit par sa dimension, nombre de directions indépendantes. Ainsi \(K_0(\mathbb{Z}/7)=\mathbb{Z}\).
Cherchons ensuite quelles matrices entières sont inversibles. Une matrice est un tableau de nombres ; son inverse doit défaire son action, avec des coefficients encore entiers.
\(\begin{pmatrix}2&3\\1&2\end{pmatrix}\) a pour déterminant, différence des produits en diagonale, \(2\times2-3\times1=1\). Son inverse est \(\begin{pmatrix}2&-3\\-1&2\end{pmatrix}\), entière.
\(\begin{pmatrix}1&2\\3&4\end{pmatrix}\), de déterminant \(-2\), a pour inverse \(\begin{pmatrix}-2&1\\3/2&-1/2\end{pmatrix}\) : elle contient des fractions. Enfin, \(\begin{pmatrix}0&1\\1&0\end{pmatrix}\), de déterminant \(-1\), est sa propre inverse.
Si \(M\) et \(M^{-1}\) sont entières, \(\det M\times\det M^{-1}=1\). Ces deux entiers valent donc \(1\) ou \(-1\). Le déterminant donne \(K_1(\mathbb{Z})=\{+1,-1\}\), avec la multiplication.
Sur les rationnels \(\mathbb{Q}\), fractions d'entiers, \(\begin{pmatrix}5/7&0\\0&1\end{pmatrix}\) est inversible. Tout rationnel non nul peut être un déterminant. \(K_1(\mathbb{Q})\) regroupe ces nombres avec la multiplication : il est infini.
Sources
- Wikidata CC0-1.0