ïambe

nature
nom masculin
diction
[jɑ̃b]

Sens et définitions

Nom 4

  1. (Prosodie ancienne) Pied de deux syllabes dont la première est brève et la dernière longue
  2. Vers dont le second, le quatrième pied sont des ïambes et le sixième un ïambe ou un pyrrhique
  3. (Versification française) Pièce lyrique qui, par le sentiment amer et le ton acerbe, rappelle les ïambes des anciens
  4. Pièce lyrique en même temps que satirique où le vers alexandrin alterne avec le vers de huit syllabes, avec croisement de rimes

1873 — le Littré

ÏAMBE s. m. (i-an-b')

1Terme de versification grecque et de versification latine. Pied dont la première syllabe est brève et la seconde longue. Ce vers n'est composé que d'ïambes. encore relevé aujourd’hui

2 Vers dont le second, le quatrième et le sixième pied sont ordinairement des ïambes. Les poëtes grecs et les poëtes latins ont employé les ïambes dans leurs drames. encore relevé aujourd’hui

Adj.

  • Le poëte Archiloque, natif de Paros, inventeur des vers ïambes, vivait du temps de Candaule, roi de Lydie — ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. II, p. 601, dans POUGENS

3 Au plur. Dans la littérature française, pièce de vers satirique d'un caractère acerbe, composée d'un alexandrin et d'un octosyllabe, à rimes croisées, et dont le premier modèle se trouve dans les poésies d'André Chénier ; il intitula ainsi ces pièces, par allusion aux ïambes mordants du poëte Archiloque, dont l'antiquité nous a transmis le souvenir. Les ïambes d'André Chénier.

  • L'auteur a compris sous la dénomination générale d'ïambes toute satire d'un sentiment amer et d'un mouvement lyrique ; cependant ce titre n'appartient réellement qu'aux vers satiriques composés à l'instar de ceux d'André Chénier ; le mètre employé par ce grand poëte n'est pas précisément l'ïambe des anciens, mais quelque chose qui en rappelle l'allure franche et rapide : c'est le vers de douze syllabes, suivi d'un vers de huit, avec croisement de rimes ; cette combinaison n'était pas inconnue à la poésie française, l'élégie s'en était souvent servie, mais en forme de stances ; c'est ainsi que Gilbert a exhalé ses dernières plaintes — BARBIER, ïambes.
Remarque

L'Académie met un tréma sur l'i de iambe ; mais ce tréma est tout à fait inutile pour la prononciation, seul objet qu'il pourrait avoir ; d'autant plus que l'Académie ne met point de tréma à ionique.

Étymologie

Ἴαμϐος, de ἰάπτω, lancer, frapper ; ἴαμϐος est proprement coup, jet, vers satirique.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 3 de l’édition papier

Prononciation

Homophones

iambe

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « ïambe » du Wiktionnaire.

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