sinon
- nature
- con
- diction
- [sinɔ̃] · 2 syllabes
- usage
- 254 par million de mots
Sens et définitions
Conjonction 2
-
Si ce n’est : si ce qui est énoncé est faux, alors.
- Comment expliquer ce qui ne peut pas ne pas apparaître comme, au mieux, une négligence, sinon une malhonnêteté ? Archives de Philosophie 2011, Centre d’Études Cartésiennes, 2009, Tome 74
-
Faute de quoi ; sans quoi.
- Faire mine de rien, surtout faire mine de rien, il ne devait pas savoir que je savais, sinon j’étais grillé. Marie Causse, Bleu tatouage, L'Arpenteur, 2014, chap. 7
Citation
Sinon, j'en jure encore, et ne t'écoute plus, Son trépas dès demain punira ses refus
Origine du mot
Si 1, et non. L'ancienne langue, comme on a vu, séparait si de non. — Littré, 1873
1873 — le Littré
SINON conj. (si-non)
1 Autrement, faute de quoi, sans quoi. Que la fortune soit sans reproche, j'accepte ses faveurs ; sinon, je les refuse.
- Sinon, j'en jure encore, et ne t'écoute plus, Son trépas dès demain punira ses refus — CORN., Héracl. I, 3
2 Si ce n'est. Qu'est-ce que solliciter un juge, sinon douter de sa probité ? non relevé aujourd’hui
- Je ne dirai rien de la philosophie, sinon que, voyant qu'elle a été cultivée par les plus excellents esprits qui aient vécu depuis plusieurs siècles, et que néanmoins il ne s'y trouve aucune chose dont on ne dispute, je n'avais point assez de présomption pour espérer d'y rencontrer mieux que les autres — DESC., Méth. I, 12
- Ce qui me contentait le plus de cette méthode était que par elle j'étais assuré d'user en tout de ma raison, sinon parfaitement, au moins le mieux qu'il fût en mon pouvoir — ID., ib. II, 13
5 autres citations
- Sinon que je n'ai pas envie de m'arrêter, j'ajouterais.... — ID., Météor. 3
- Et l'un et l'autre enfin ne sont que même chose ; Sinon, qu'étant trahi je mourais malheureux, Et que, m'offrant pour toi, je mourrai généreux — CORN., Héracl. IV, 1
- Cette montagne mystérieuse où [Jésus], ne daignant parler aux riches sinon pour foudroyer leur orgueil.... — BOSSUET, Sermon, Septuagés. I
- Qui peut de vos desseins révéler le mystère, Sinon quelques amis engagés à se taire ? — RAC., Bajaz. IV, 7
- Vous qui, sinon pour moi, du moins pour votre gloire, Deviez de cet esclave étouffer la mémoire — VOLT., Alz. III, 5
Sinon, avec de explétif devant un infinitif.
- Après quoi il ne me reste plus autre chose à faire, sinon de m'écrier avec le prophète.... — BOSSUET, Serm. Septuag. 3
- Pour être heureux, que faut-il, sinon de ne rien désirer ? — BUFF., Morc. choisis, p. 68
Remarque
On met quelquefois ou devant sinon : Obéis à l'instant, ou sinon tu seras châtié. Des grammairiens ont blâmé cet ou, qui en effet est pléonastique, mais n'a rien de choquant.
Historique
XIe s.
- Ne me crerez se de vostre prod nun — Ch. de Rol. X
XIIe s.
- Onques en lor jouvente [ils] ne firent se mal non — Sax. III
XIIIe s.
- Ne jà, por pooir que nous aions, ne sera recouvrée [la terre sainte] se par ceste gent non — VILLEH., XXXVIII
XVe s.
- De sa jeunesse ne sçauroye parler, sinon par ce que je luy en ay oui dire — COMM., Prol.
XVIe s.
- Comme si nous n'estions pas desjà par trop enclins à vanité, sinon [sans] qu'on nous mist devant les yeux une compagnie de dieux bizarres.... — CALV., Instit. 23
- Il commande de cercher Dieu en son temple, afin que les fideles ne s'adonnassent sinon à celui qui s'estoit declaré par sa parole — ID., ib. 52
8 autres citations
- Dieu ne requiert rien plus estroitement, sinon que nous observions son sabbat — ID., ib. 217
- Si nous ne taschons à faire gain, sinon qu'honneste et legitime — ID., ib. 306
- Rien n'est, sinon Dieu, parfaict — RAB., Pant. III, prol.
- Monseigneur, je n'estimerai jamais temps perdu, sinon celui où je ne vous pourray fere service — MARG., Lett. CVIII
- Venus respond, sentant bien de Junon Le feint parler, qui ne tendoit sinon à destourner le sceptre d'Italie.... — DU BELLAY, 4, 9, recto.
- L'amour se guarit par la faim, sinon par le temps — MONT., II, 221
- Exemptes de toute autre besongne, sinon que de filer la laine — AMYOT, Rom. 30
- ...Un estranger, Qui n'a rien seur sinon que le danger — RONS., 641
Étymologie
Si 1, et non. L'ancienne langue, comme on a vu, séparait si de non.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 4 de l’édition papier
Liens de sens
Synonymes
mis à part ou sinon si ce n’est voire
Dérivés
ou sinon
Prononciation
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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