trêve
- nature
- nom féminin
- diction
- [tʁɛv] · 1 syllabe
- attesté
- 1101
- usage
- 18 par million de mots
Sens et définitions
Nom 5
-
Suspension de l’usage des armes, cessation de tout acte d’hostilité pour un certain temps, par convention faite entre deux États, entre deux partis qui sont en guerre.
- Le Roi a une entrevue à Nice avec le Pape Paul III, qui ménage une trêve de dix ans entre les Puissances belligérantes. Jacques Auguste de Thou, Abrégé de l’histoire universelle, commenté par Rémond de Sainte-Albine, 1759, vol. 10, page 440
- Toute suspension d’hostilités entre adversaires.
-
figuré Relâche.
- un bombardement sans cesse ni trêve Alphonse Allais, Pauvre garçon ! in Deux et deux font cinq, 1895
-
familier Cesser quelque chose ; cesser de parler de quelque chose.
- Trêve de balivernes. André Malraux, La Condition humaine, 1946, réédition Folio Plus Classiques, 2019, page 257
1 emploi spécialisé
- Relations internationales Cessation de tous actes d'hostilité pour un certain temps, par convention faite verbalement, ou par écrit, entre deux États, entre deux partis qui sont en guerre.
Citation
Après avoir perdu la bataille et demandé lui-même une trêve qui lui fut incontinent accordée
Origine du mot
De l’ancien français trieve, de l’ancien bas vieux-francique *treuwa « accord ; fidélité » (cf. néerlandais trouw), apparenté à l’allemand Treue et à l’anglais truce. L’espagnol et l’italien tregua, le portugais trégua et l’occitan entregar (« faire trêve ») remontent au gotique triggwa. Le circonflexe ne conforme pas à l’étymologie, et n’est accepté dans le Dictionnaire de l’Académie française qu’en 1798^([1]).
1873 — le Littré
TRÊVE s. f. (trê-v')
1 Cessation temporaire de tout acte d'hostilité. encore relevé aujourd’hui
- M. le maréchal de Créquy leur avait refusé une trêve pour enterrer leurs morts — PELLISSON, Lett. hist. t. II, p. 414
- Après avoir perdu la bataille et demandé lui-même une trêve qui lui fut incontinent accordée — FLÉCH., Hist. de Théodose, II, 65
3 autres citations
- Le roi a enfin pris des mesures pour avoir la paix ; ses ministres à Ratisbonne ont ordre de signer une trêve de vingt ans — MAINTENON, Lett. à Mme de St Géran, 13 août 1684
- À condition que les princes et les États protestants ne feraient ni paix ni trêve avec l'empereur, que du consentement de la France et de la Suède — VOLT., Ann. Emp. Ferdinand II, 1634
- Pendant que la trêve se publiait d'un côté, elle se rompait de l'autre — ANQUETIL, Espr. de la Ligue, IV, année 1576
Trêve marchande, trêve durant laquelle le commerce est permis entre deux États qui sont en guerre.
Trêve de pêche, ou trève-pêcherie, convention de respecter les pêcheurs des deux partis.
Trêve de Dieu, ou trêve du Seigneur, répit interposé par l'Église aux combats entre seigneurs féodeaux, différente de la paix de Dieu qui était perpétuelle, et par laquelle l'Église imposait la paix à l'égard des ecclésiastiques, des femmes, des enfants, des laboureurs paisibles.
- Quand chaque seigneur faisait en France la guerre ou la paix, la religion donna des trêves qui devaient avoir lieu dans de certaines saisons — MONTESQ., Esp. XXIV, 16
2Fig. Relâche. Son mal ne lui donne pas de trêve.
- Filles de l'Achéron, pestes, larves, Furies.... Pour mieux agir pour moi, faites trêve aux enfers — CORN., Médée, I, 4
- C'est une bonté de la Providence que nous fassions trêve aux tristes réflexions qui seraient en droit de nous accabler journellement — SÉV., 1 juill. 1685
2 autres citations
- Je passais avec lui tous les moments que j'avais de libres, à chanter des airs italiens et des barcaroles sans trêve et sans relâche du matin au soir, ou plutôt du soir au matin — J. J. ROUSS., Confess. VIII
- Les fléaux avec nous ne font ni paix ni trêve — COLLIN D'HARLEVILLE, Optimiste, III, 9
N'avoir ni paix ni trêve, n'avoir pas un moment de repos.
- Quoique avant le soleil, tous les jours, il se lève, Jusqu'à ce qu'il se couche il n'a ni paix ni trêve — BOURSAULT, Ésope à la cour, v, 7
Elliptiquement, trêve de, trêve à, se dit pour faire cesser quelque chose.
- Hé ! trêve de douceurs — MOL., l'Ét. I, 2
- Trêve aux cérémonies, que voulez-vous ? — ID., Sicil. 8
2 autres citations
- Trêve d'austérités, pendant que ce rhume durera — BOSSUET, Lett. abb. 44
- Sais-tu que la plaisanterie Convient ici fort mal ? trêve de raillerie — DESTOUCH., Irrésolu, IV, 6
Historique
XIIIe s.
- Ensi fu la treve prise de cels de l'ost et de la cité — VILLEH., CXX.
- Thodres li Ascres.... avoit trives à l'empereour Henri, et ne li avoit mie bien tenues — ID., CLXVI
3 autres citations
- Trive est une coze qui done seurté de le [la] guerre, el tans que ele dure — BEAUMANOIR, LX, 1
- Trives brisies et asseurement brisié sont bien cas de haute justice — ID., LVIII, 7
- Et se trée, sofferte ou porprise, se prenoit entre lesdites parties.... — CASTAN, Siége de Besançon, p. 75
XVe s.
- Legier cœur et plaisant folie.... Vous font ceste melencolie : Mais c'est un mal dont on relieve ; Faictes à vos pensées triefve — AL. CHART., la Belle dame sans mercy
- Il leur dit : seigneurs, je recongnois Sebille et contremande la treve ; trop avons tardé, mais gardez-vous de moy, et je vous deffie — Perceforest, t. I, f° 114
2 autres citations
- Quant ilz furent montez, et aussi plusieurs autres du chasteau, si allerent à sauver treves jusques à l'ost — Lancelot du lac, t. III, f° 143
- L'en doit savoir que treve, si come l'en la prent en laie court, est un assegurement qui est fait par la foi baillie du cors, que celui qui la donne ne fera mesuy mal, ni ne fera fere à celui à qui il la donne — DU CANGE, treva.
XVIe s.
- Si aucun refuse de donner treves à autruy, et depuis celuy soit navré, mutilé ou desrobé, le refusant en sera puni comme de treves enfraintes — Coust. gén. t. II, p. 131
- Je reserve là [chez moi], et pour moy, et pour les aultres, une liberté inusitée ; il s'y fait trefve de cerimonie — MONT., III, 282
Étymologie
Provenç. trega, tregua, treva, trev ; espagn. tregua ; portug. tregoa ; ital. tregua, triegua ; de l'anc. haut-allem. triuwa, triwa ; goth. triggua, confiance, sécurité ; allem. trauen, se fier.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 4 de l’édition papier
Formes apparentées 2 langues · 11 pays
Racine commune : trieve (fro)
Les langues
Les langues où la racine a laissé une forme, et cette forme. Le sens, lui, a pu changer en route.
- albanais trevë
- catalan treva
Les pays où l'une de ces langues se parle
Un pays figure ici dès qu'une de ces langues s'y parle, même en minorité — la liste est donc large par nature.
- Albanie trevë (sq)
- Andorre treva (ca)
- Espagne treva (ca)
- France treva (ca)
- Grèce trevë (sq)
- Italie treva (ca)
- Kosovo trevë (sq)
- Macédoine du Nord trevë (sq)
- Monténégro trevë (sq)
- Serbie trevë (sq)
- Turquie trevë (sq)
Liens de sens
Terme générique
Dérivés
États de la Trêve faire trêve à sans repos ni trêve sans trêve ni repos trêve de trêve de Dieu trêve de plaisanterie trêve des confiseurs trêve hivernale trêve olympique
Prononciation
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (profondeur)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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