appas
- nature
- nom masculin
- diction
- [apa] · 2 syllabes
- attesté
- 1201
- usage
- 1 par million de mots
Sens et définitions
Nom 3
-
Pâture que l’on met soit à des pièges, pour attirer des quadrupèdes ou des oiseaux, soit à des hameçons, pour pêcher des poissons.
absent du Littré
- Cette remarque a pu donner l’idée d'attacher l’appas au bout d’une corde ; & le poisson l’ayant avalé goulument avec une partie de la corde, on est parvenu en la tirant à soi à en amener quelques-uns à terre. Henri Louis Duhamel du Monceau, Traite des peches et histoire des poissons, ou des animaux qui vivent dans l’eau, Paris, librairie Saillant & Nyon, et librairie Desaint, 1769, page 12
-
figuré Procédé destiné à tromper, séduire, attirer.
- Que ces Provinces ne fussent bientôt épuisées de bled par les enlevemens continuels que l’appas du gain en feroit faire pour le reste du Royaume , & qu’en prévenant la disette dans les autres Provinces, elles n’y tombassent elles. Nicolas de la Mare, Traité de la police, Paris, Brunet, 1722
-
figuré Caractéristique d’une personne qui suscite une attirance sexuelle.
- Vous croyez donc , mon Frere, avoir beaucoup d’appas ? Edmé Boursault, Ésope à la ville (1690), Paris, éditions Ruault, 1776, page 43
Citation
Cette ardeur que j'ai pour ses appas, Bérénice en mon sein l'a jadis allumée
Origine du mot
D’appast. Déverbal de appâter, du latin pastus « nourriture ». Pour certains auteurs le mot est une variante orthographique d’appât (forme standard). Pour d’autres, le mot est une variante au pluriel (Archaïque, orthographe d’avant 1835) d’appâts ayant des emplois spécialisés.
Dans le dictionnaire latin : pastus
1873 — le Littré
APPAS s. m. plur. (a-pâ ; l's se lie)
1 Les beautés qui dans une femme excitent le désir.
- Cette ardeur que j'ai pour ses appas, Bérénice en mon sein l'a jadis allumée — RAC., Bérén. II, 2
- Ses périls, ses respects et surtout vos appas, Tout cela de son cœur ne vous répond-il pas ? — ID., Baj. I, 3
4 autres citations
- Une maîtresse serait sans appas pour vous — HAMILT., Gramm. 6
- Et déjà leurs appas ont un charme si fort.... — MALH., Sonnet au Dauphin.
- Mais n'est-ce point assez célébrer notre belle ? Quand j'aurai dit les jeux, les ris et la sequelle, Les grâces, les amours, voilà fait à peu près ! - Vous pourrez dire encor les charmes, les attraits, Les appas — LA FONT., Clymène, 462
- D'Estrée à son amant prodiguait ses appas — VOLT., Henr. IX
2 En parlant des choses, attraits.
- Arbres épais, et vous, prés émaillés, La beauté dont l'hiver vous avait dépouillés, Par le printemps vous est rendue ; Vous reprenez tous vos appas — MOL., Princ. d'Él. Interm. III, 2
- Si pour vous la retraite avait quelques appas — ID., l'Étour. V, 3
6 autres citations
- Ce nœud n'a-t-il pas des appas ? — ID., F. sav. I, 1
- Tous les biens de ce monde ont pour moi peu d'appas — ID., Tart. IV, 1
- Mais l'argent, dont on voit tant de gens faire cas, Pour un vrai philosophe a d'indignes appas — ID., F. sav. V, 1
- Suivant de l'honneur les aimables appas — MALH., II, 1
- Seigneur, ainsi qu'à vous la liberté m'est chère ; Quoique né sous un roi, j'en goûte les appas — VOLT., Brutus, II, 2
- Y trouver des appas [aux plus cruels supplices] — CORN., Poly. I, 1
Remarque
Appas est le pluriel de appât. L'ancienne orthographe était appast ; au pluriel, appasts ou appas. La faute a été de faire de ce mot unique deux mots différents. De là toute sorte d'irrégularités qu'on trouve dans les auteurs ; d'abord la plus forte de toutes, qui est appas au singulier. Puis appas dit pour appâts ; mais ceci n'est qu'une affaire d'orthographe. Enfin l'emploi de appas pour exprimer les attraits qu'un homme peut avoir : Le seul remède aujourd'hui à apporter à la confusion serait d'assigner à appas, substantif pluriel, le sens spécial de beautés qui attirent ; puis, cela fait, de ne voir aucune différence entre appas et appâts, au pluriel, pour signifier ce qui amorce, ce qui charme, ce qui attire ; fusion qui, ne faisant que rétablir la réalité du fait, aurait l'avantage d'ôter l'apparence d'irrégularité au cas où nos bons auteurs ont dit appas ce que nous disons aujourd'hui appâts.
- Qui dort en sûreté sur un pareil appas, Et le plaint, ce galant, des soins qu'il ne prend pas — MOL., Éc. des femmes, I, 1
- Si jamais une flamme eut pour vous quelque appas — CORN., Sert. III, 4
2 autres citations
- .... ce blé couvrait d'un lacs Les menteurs et traîtres appas — LA FONT., Fab. IX, 2
- Si Votre Majesté Est curieuse de beauté, Qu'elle fasse venir mon frère ; Aux plus charmants il n'en doit guère.... Là-dessus Astolphe répond.... Voyons si nos beautés en seront amoureuses, Si ses appas le mettront en crédit — LA FONT., Joc.
Supplément au dictionnaire
APPAS. Ajoutez :
3 Dans le langage familier, appas se dit particulièrement de la gorge et de la poitrine des femmes.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 1 de l’édition papier
Liens de sens
Terme générique
Prononciation
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (cibles)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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