mordre

nature
ver
diction
[mɔʁdʁ] · 1 syllabe
usage
21 par million de mots

Sens et définitions

Verbe 15

  1. Serrer avec les dents de manière à entamer.
    • — Si l’animal a le vice de mordre, il est attaché très-court, […]. Gabriel Maury, Des ruses employées dans le commerce des solipèdes, Jules Pailhès, 1877
  2. Piquer avec le bec ou un dard.
    • Cet enfant est tout mordu de puces.
  3. familier Prendre du goût pour une étude ou une activité, y faire des progrès.
    • Roger commence à mordre au bal voyou, moi pas tellement, ni les autres. François Cavanna, Les Ritals, Belfond, 1978, page 130
  4. figuré Saisir, passionner.
    • Je ne découvris la noire magie des mots que lorsqu’ils me mordirent au cœur. Simone de Beauvoir, Mémoires d’une jeune fille rangée, 1958, réédition Le Livre de Poche, page 24
  5. figuré Ronger, creuser ou percer.
    • Nous atteignons bientôt la région des nuages, et la température tombe si bas, que le froid nous mord horriblement les mains et les pieds. Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 82
  6. Se faire piéger.
    • — Eh bien, dit tranquillement Marie Silvert après son départ, il paraît que le poisson a mordu… Rachilde, Monsieur Vénus, chapitre 3, 1884
  7. Border, comme en empiétant.
  8. Médire, reprendre, critiquer, censurer avec âpreté.
  9. Argot Regarder.
6 emplois spécialisés
  1. Architecture Enserrer fermement.
    • Des moises doubles J pinçaient ce poteau D, reposaient sur la longrine F, mordaient les trois poteaux G, H, I, celui G étant appuyé sur le parement incliné du merlon, et venaient saisir le poteau postérieur K également incliné. Eugène Viollet-le-Duc, La Cité de Carcassonne, 1888
  2. Pêche Saisir l’appât.
    • Elle sourit en me voyant : elle m’avait reconnu. Peut-être son sourire signifiait-il aussi : « Le poisson mord !… » Paul Guth, Le mariage du Naïf, 1957, réédition Le Livre de Poche, page 53
  3. Gravure Faire subir l’action de l’eau-forte, après avoir découvert en différents endroits, à l’aide d’une pointe à graver, le vernis dont elle est enduite.
  4. Typographie Dépasser, déborder.
  5. Sports de raquette Toucher, pour une balle, l'extérieur d'une des lignes du court. La balle, dans ce cas, est bonne.
  6. Imprimerie et arts graphiques Faire subir à une plaque de photogravure, l'action corrosive d'un mordant dans les parties non protégées.

Conjugaison

Indicatif

Présent

  1. je mords
  2. tu mords
  3. il mord
  4. nous mordons
  5. vous mordez
  6. ils mordent

Imparfait

  1. je mordais
  2. tu mordais
  3. il mordait
  4. nous mordions
  5. vous mordiez
  6. ils mordaient

Passé simple

  1. je mordis
  2. tu mordis
  3. il mordit
  4. nous mordîmes
  5. vous mordîtes
  6. ils mordirent

Futur simple

  1. je mordrai
  2. tu mordras
  3. il mordra
  4. nous mordrons
  5. vous mordrez
  6. ils mordront

Passé composé

  1. j'ai mordu
  2. tu as mordu
  3. il a mordu
  4. nous avons mordu
  5. vous avez mordu
  6. ils ont mordu

Plus-que-parfait

  1. j'avais mordu
  2. tu avais mordu
  3. il avait mordu
  4. nous avions mordu
  5. vous aviez mordu
  6. ils avaient mordu

Passé antérieur

  1. j'eus mordu
  2. tu eus mordu
  3. il eut mordu
  4. nous eûmes mordu
  5. vous eûtes mordu
  6. ils eurent mordu

Futur antérieur

  1. j'aurai mordu
  2. tu auras mordu
  3. il aura mordu
  4. nous aurons mordu
  5. vous aurez mordu
  6. ils auront mordu

Subjonctif

Présent

  1. je morde
  2. tu mordes
  3. il morde
  4. nous mordions
  5. vous mordiez
  6. ils mordent

Imparfait

  1. je mordisse
  2. tu mordisses
  3. il mordît
  4. nous mordissions
  5. vous mordissiez
  6. ils mordissent

Passé

  1. j'aie mordu
  2. tu aies mordu
  3. il ait mordu
  4. nous ayons mordu
  5. vous ayez mordu
  6. ils aient mordu

Plus-que-parfait

  1. j'eusse mordu
  2. tu eusses mordu
  3. il eût mordu
  4. nous eussions mordu
  5. vous eussiez mordu
  6. ils eussent mordu

Conditionnel

Présent

  1. je mordrais
  2. tu mordrais
  3. il mordrait
  4. nous mordrions
  5. vous mordriez
  6. ils mordraient

Passé

  1. j'aurais mordu
  2. tu aurais mordu
  3. il aurait mordu
  4. nous aurions mordu
  5. vous auriez mordu
  6. ils auraient mordu

Impératif

Présent

  1. mords
  2. mordons
  3. mordez

Passé

  1. aie mordu
  2. ayons mordu
  3. ayez mordu

Formes impersonnelles

Infinitif présent
mordre
Participe présent
mordant
Participe passé
mordu

Citation

Dans le premier transport de ma douleur, je me jetai sur le glacis et je mordis la terre
Jean-Jacques Rousseau, Confess. I

Origine du mot

Du latin populaire *mŏrdĕre, en latin classique mŏrdēre « mordre ». De cette racine latine, le français a aussi mordicus.

Dans le dictionnaire latin : mŏrdĕre

1873 — le Littré

MORDRE v. a. (mor-dr')

, je mords, tu mords, il mord, nous mordons, vous mordez, ils mordent ; je mordais ; je mordis ; je mordrai ; je mordrais ; mords, qu'il morde, mordons, mordez, qu'ils mordent ; que je morde, que nous mordions, que vous mordiez ; que je mordisse ; mordant, mordu

1 Entamer avec les dents. Un chien enragé l'a mordu. Il a été mordu d'une vipère. encore relevé aujourd’hui

  • Dans le premier transport de ma douleur, je me jetai sur le glacis et je mordis la terre — J. J. ROUSS., Confess. I
  • Qui leur eût dit que.... Les chevaux de Crimée un jour mordraient l'écorce Des vieux arbres du grand Louis ? — V. HUGO, Voix, 2

Fig.

  • Rien que la médiocrité n'est bon ; c'est la pluralité qui a établi cela, et qui mord quiconque s'en échappe par quelque bout que ce soit — PASC., Pens. VI, 14, éd. HAVET.
  • Un pâle pamphlétaire.... S'en vient, tout grelottant d'envie et d'impuissance, Sur le front du génie insulter l'espérance, Et mordre le laurier que son souffle a sali — A. DE MUSSET, Nuit de mai.

Fig. Mordre le sein de sa nourrice, se montrer ingrat.

  • Ne mordez jamais le sein de vos nourrices — VOLT., Disc. aux Velches.

Fig. Se mordre la langue, voy. LANGUE.

Se mordre les lèvres de dépit, de rage, etc.

  • De rage, sans parler, je m'en mordais la lèvre — RÉGNIER, Sat. X
  • Mordant ses lèvres de dépit — LA FONT., Nic.
1 autre citation
  • Si quelqu'un disait un bon mot, les autres baissaient les yeux et se mordaient les lèvres de douleur de ne l'avoir pas dit — VOLT., Babouc.

Fig. Se mordre les lèvres, signifie aussi se montrer étonné, surpris.

  • Il [Télémaque] parle ainsi, et tous ces princes se mordent les lèvres et ne peuvent assez s'étonner de la vigueur avec laquelle il vient de parler — FÉN., t. XXI, p. 315

S'en mordre les doigts, s'en mordre les pouces, se repentir d'une chose qu'on a faite.

  • Car on tient que, deux jours après son mariage, Il s'en mordit les doigts — TH. CORN., Baron d'Albikrac, II, 9
  • Je crois que Lambert se mordra les pouces de m'avoir réimprimé ; dix volumes sont durs à la vente ; Dieu le bénisse et ceux qui liront mes sottises ; pour moi je voudrais les oublier — VOLT., Lett. Thiriot, 10 sept. 1756

Se mordre les doigts, ses doigts, ronger ses doigts avec les dents, pendant qu'on est plongé dans la méditation et le travail.

  • Dès que j'y veux rêver [à louer], ma veine est aux abois ; J'ai beau frotter mon front, j'ai beau mordre mes doigts — BOILEAU, Sat. VII

Mordre ses ongles, se ronger les ongles avec les dents ; et fig. se travailler l'esprit pour faire quelque composition en vers ou en prose.

Fig. et familièrement. Je ne sais quel chien l'a mordu, je ne sais quel caprice le prend.

  • Quelque chien enragé l'a mordu, je m'assure — MOL., Éc. des f. II, 2

2Par extension, entamer avec le bec ou les suçoirs, se dit en parlant des oiseaux, des insectes. Le perroquet le mordit. Cet enfant est tout mordu de puces.

3 Absolument. Ce chien est dangereux, il mord. Mordre dans un morceau de pain.

  • Nos dogues mordent par instinct de courage, et lui par instinct de bassesse — VOLT., Écossaise, II, 4
  • Il [l'agouti] mord cruellement — BUFF., Quadrup. t. III, p. 88

Fig.

  • Il [J. B. Rousseau] a fait une épigramme sanglante contre vous ; elle commence ainsi.... Ce malheureux veut toujours mordre et n'a plus de dents — VOLT., Lett. d'Argens, 18 oct. 1736

Mordre jusqu'au sang, serrer entre les dents jusqu'à ce que le sang vienne.

  • Il mord jusqu'au sang, en faisant sembler de baiser la main ; il sera mordu de même — VOLT., Lett. d'Alembert, 8 déc. 1776

Mordre à l'hameçon, se dit du poisson qui saisit l'appât et l'hameçon.

  • S'il était des poissons dont la pêche réussissait lorsque la lumière du jour avait disparu, d'autres aussi ne mordaient jamais à l'hameçon ou n'approchaient jamais des filets dans les ténèbres — AMEILHON, Instit. Mém. litt. et beaux-arts, t. V, p. 382

Fig. Mordre à l'hameçon, se laisser séduire par une proposition qui a été faite pour tromper, pour surprendre.

  • Charmé de ce qu'il mordait si bien à l'hameçon — LESAGE, Guzm. d'Alf. V, 5

Fig. Il mord à la grappe, il trouve agréable ce qu'on lui dit, ce qu'on lui propose.

  • Elle s'aperçut que nous mordions à la grappe — LESAGE, Bachel. de Salam. ch. 19

Fig. Mordre à quelque chose, y prendre goût, y faire des progrès. Ce jeune homme mord aux mathématiques.

  • Comme elle [Pauline, la nièce de M. de Sévigné] a, ainsi que son oncle, la grossièreté de ne pouvoir mordre aux subtilités de la métaphysique — CH. DE SÉVIGNÉ, dans SÉV. 15 janv. 1690

Il n'y saurait mordre, il ne peut comprendre, il ne peut réussir, et aussi il aspire à une chose à laquelle il ne saurait parvenir.

4Poétiquement. Mordre la poudre, la poussière, la terre, être tué dans un combat.

  • ....Dont la main.... Met Égée en prison et son orgueil à bas, Et fait mordre la terre à ses meilleurs soldats — CORN., Méd. IV, 3
  • J'ai fait mordre la poudre à ces audacieux — RAC., Théb. I, 3

5 Ronger, creuser, percer, en parlant de certaines choses qui exercent ces actions. encore relevé aujourd’hui

  • Les flots du lac, poussés par le vent, mordaient leurs rivages — CHATEAUBR., Natch. 2e part. 1re moitié.
  • L'onde incendiaire [l'océan de flamme qui dévore Sodome] Mord l'îlot de pierre Qui fume et décroît — V. HUGO, Orient. 1

Terme de gravure. Mordre une planche, ou faire mordre une planche, lui faire éprouver l'effet de l'eau-forte.

Terme de teinturier. L'étoffe mord la teinture, prend la couleur.

6 V. n. Exercer une action corrosive, entamer. L'eau-forte mord sur les métaux. L'eau-forte n'a pas assez mordu sur cette planche. La lime ne mord pas dans l'acier trempé. encore relevé aujourd’hui

  • La rouille y mord [sur les fers] avec mille fois plus d'avantage que sur ceux dont la surface est garantie par la trempe — BUFF., Hist. min. Introd. part. exp. Œuv. t. VIII, p. 128
  • Un chemin de glace où les pieds des chevaux, couverts d'un fer usé et poli, ne pouvaient pas mordre — SÉGUR, Hist. de Nap. IX, 9

7Terme de marine. Se dit de l'ancre dont la patte inférieure s'enfonce dans le sol.

Le vent mord au nord, il tend à passer vers le nord.

8 Faire impression sur. encore relevé aujourd’hui

  • La Parque et ses ciseaux Avec peine y mordaient [sur le sanglier] ; la déesse infernale Reprit à plusieurs fois l'heure au monstre fatale — LA FONT., Fabl. VIII, 27

Absolument. Terme de peinture. Se dit des couleurs qui s'attachent à la toile.

9 Empiéter.

Mordre dans un mur, avancer dans un mur. Cette pièce de bois ne mord pas assez avant dans le mur pour y tenir ferme.

Terme de couturière et de tailleur. Il faut mordre plus avant dans l'étoffe, il faut faire la couture un peu plus loin du bord de l'étoffe, pour qu'elle ne se défasse pas.

En termes d'imprimerie, la frisquette mord, les bords de la frisquette empêchent quelques portions de papier de recevoir l'impression.

Les dents de cette roue ne mordent pas assez sur les ailes du pignon, elles n'engrènent pas assez.

10Fig. Faire une critique de quelqu'un ou de quelque chose comparée à une morsure.

  • Elle va d'un pas et d'un ordre Où la censure n'a que mordre — MALH., III, 3
  • Ainsi sur chaque auteur il trouve de quoi mordre — RÉGNIER, Sat. X
9 autres citations
  • Leurs louanges mordent, leurs caresses égratignent — BALZ., De la cour, 6e disc.
  • Esprits du dernier ordre, Qui, n'étant bons à rien, cherchez sur tout à mordre.... — LA FONT., Fabl. V, 16
  • Que dites-vous de la beauté de cette retraite [du cardinal de Retz] ? le monde, par rage de ne pouvoir mordre sur un si beau dessein, dit qu'il en sortira — SÉV., 9 oct. 1675
  • Votre peinture du cardinal Grimaldi est excellente ; cela mord — ID., 15 avr. 1671
  • Belle conclusion et digne de l'exorde. - On l'entend bien toujours : qui voudra mordre y morde — RAC., Plaid. III, 3
  • Pour ne pas donner à la médisance le moindre sujet de mordre, on convint que des dames respectables et les plus graves de la cour seraient présentés à cette entrevue — Mme DE CAYLUS, Souvenirs, p. 68, dans POUGENS
  • L'envie veut mordre, l'intérêt veut gagner — VOLT., Lett. Albergati, 23 déc. 1760
  • Dira-t-on qu'en des vers à mordre disposés Ma muse prête aux grands des vices supposés ? — GILB., XVIIIe siècle.
  • Chacun, vous dénonçant à la haine publique, Se dit : fuyez cet homme, il mord, c'est un critique — ID., Mon apologie.

Fig. Mordre en riant, faire, tout en plaisantant, quelque reproche incisif.

11 Se mordre, v. réfl. Se faire une morsure à soi-même. Il s'est mordu en mâchant.

Se faire des morsures l'un à l'autre. Ces chiens se sont mordus cruellement.

Fig. Ils ne se mordront pas, se dit de gens fort éloignés l'un de l'autre.

Fig. Se déchirer, se faire du mal.

  • Très sots enfants de Dieu.... Ne vous mordez donc plus pour d'absurdes chimères — VOLT., Ép. 96
Proverbes

Cela ne mord ni ne rue, se dit d'une chose indifférente.

S'il t'égratigne, mords-le, se dit à quelqu'un pour l'exciter à se battre, à se venger.

C'est un beau mâtin s'il voulait mordre, se dit d'un homme qui paraît avoir tout ce qu'il faut pour faire une chose, sauf la volonté, le courage, etc.

Tous les chiens qui aboient ne mordent pas, se dit, en méprisant, des menaces.

Chien qui aboie ne mord pas, c'est-à-dire ceux qui font le plus de bruit ne sont pas les plus à craindre.

Mordu de chien ou de chat, c'est toujours bête à quatre pattes, c'est-à-dire : que le mal nous arrive par celui-ci ou par celui-là, c'est toujours la même chose.

Historique

XIe s.

  • Al destre bras lui morst uns vers [verrat] si mals — Ch. de Rol. LVI
  • Et porc et chien le mordent et defoulent — ib. CLXXXIII

XIIIe s.

  • Et povreté fait pis que mort, Car ame et cors tormente et mort, Tant cum l'ung o [avec] l'autre demore — la Rose, 8194
  • Briement les nommerai sans ordre, Por plustost à ma rime mordre — ib. 10488
1 autre citation
  • Penssons que, quant li homs est ou travail de mort, Ses biens ne ses richesces n'i valent un chat mort, Ne li pueent oster l'angoisse qui le mort, Ne ce dont conscience le reprent et remort — J. DE MEUNG, Test. 315

XIVe s.

  • Tenailles à ce porpocionées, à ce que il [elles] puissent mordre la chose qui est fichée enz — H. DE MONDEVILLE, f° 37, verso.
  • Philotecles qui avoit esté mors d'un serpent appellé vipere — ORESME, Eth. 210

XVe s.

  • [à la bataille de Montlhéry] du costé du roy fust un homme d'estat, qui s'enfuit jusques à Luzignan, sans repaistre ; et du costé du comte [de Charolois], un autre homme de bien jusques au Quesnoy-le-Comte ; ces deux n'avoient garde de se mordre l'un l'autre — COMM., Mém. I, 4

XVIe s.

  • Lequel en son epitaphe se complainct estre mort pour estre mords d'une chatte au petit doigt — RAB., Pant. IV, 17
  • À present, quand on void quelcun à la cour avec l'habillement de l'an precedent, on lui dit : nous le conoissons bien ; il ne nous mordra pas — LANOUE, 165
16 autres citations
  • Quand quelqu'un estoit noté d'estre querelleux, on le fuyoit comme un cheval qui mord ou qui rue — ID., 245
  • Comme ceste avant garde faisoit bonne mine, ceulx de la religion ne l'osoyent aller mordre — ID., 593
  • M. le mareschal d'Anville estoit alors mordu des calomniateurs qui l'accusoyent d'avoir intelligence avec son cousin l'admiral — ID., 699
  • Mordre en riant — CALV., Instit. Ép. 309
  • Douleur poignante et mordante — PARÉ, VIII, 10
  • Piqués ou mordus des bestes venimeuses — ID., XXIII, 1
  • Je fus mords d'une vipere au bout du doigt index — ID., XXIII, 23
  • Lorsque la partie morse devient purpurée, noire ou verdoyante — ID., XIII, 30
  • Si j'oyois faire quelque conte où je ne peusse pas mordre.... — MONT., I, 200
  • Socrates avoit seul mordu à certes au precepte de se cognoistre — ID., II, 62
  • Il faut leur faire baisser la teste et mordre la terre soubs l'auctorité — ID., II, 150
  • Une volupté cuisante et mordante — ID., II, 215
  • Il adjouxta à son dire ce traict de risée : Un homme mort ne mord point — AMYOT, Pomp. 108
  • Bien souvent les sages et vrayes remonstrances mordent et irritent ceulx qui sont en malheur — ID., Phoc. 2
  • On ne sçait qui mord ni qui rue — COTGRAVE
  • Tel rit qui mord — ID.
Étymologie

Provenç. mordre ; espagn. et portug. morder ; ital. mordere ; du latin mordere ( 1er e long). Le français et le provençal ont rendu brève la syllabe de, dit mordere ( 1er e bref), et reculé l'accent ; d'ailleurs le supin morsum et le parfait momordi se rapportent à un mordere ( 1er e bref) plutôt qu'à un mordere ( 1er e long) ; et il est possible que les langues romanes représentent une forme archaïque conservée populairement. Mordere se rattache au radical sanscrit mard, broyer.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 3 de l’édition papier

Formes apparentées 3 langues · 15 pays

Racine commune : *mŏrdĕre (la-pop)

Les langues

Les langues où la racine a laissé une forme, et cette forme. Le sens, lui, a pu changer en route.

  • ancien français mordre
  • frioulan muardi
  • italien mordere

Les pays où l'une de ces langues se parle

Un pays figure ici dès qu'une de ces langues s'y parle, même en minorité — la liste est donc large par nature.

  • Allemagne mordere (it)
  • Australie mordere (it)
  • Autriche mordere (it)
  • Brésil mordere (it)
  • Canada mordere (it)
  • Croatie mordere (it)
  • France mordere (it)
  • Italie muardi (fur), mordere (it)
  • Malte mordere (it)
  • Royaume-Uni mordere (it)
  • Saint-Marin mordere (it)
  • Slovénie mordere (it)
  • Suisse mordere (it)
  • État de la Cité du Vatican mordere (it)
  • États-Unis mordere (it)

Langues sans territoire aujourd'hui

Langues anciennes ou sans État à qui rattacher un pays — latin, gotique, étrusque. Certaines se parlent encore.

ancien français mordre

Liens de sens

Synonymes

gnaquer niaquer

Dérivés

à la mords-moi-le-nœud démordre entre-mordre mordant mordette mordeur mordillage mordiller mordouiller mordre à l’hameçon mordre à la grappe mordre à pleines dents mordre au fruit défendu mordre dans la vie à pleines dents mordre la main qui nourrit mordre la poussière mordre la terre mordre le sein de sa nourrice mordre sur sa chique mords-y l’œil mords-y l’œil, t’auras l’os mordu remordre s’en mordre les doigts s’en mordre les lèvres se mordre la langue

Associés

mors morsure

Domaine

architecture engraving pêche typographie

Famille morphologique

mordeur

Prononciation

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « mordre » du Wiktionnaire.

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