marâtre

nature
nom féminin
diction
[maʁatʁ] · 2 syllabes
usage
1 par million de mots

Sens et définitions

Nom 7

  1. vieilli Belle-mère, épouse du père par rapport aux enfants qu’il a eus d’un précédent mariage.
    • J’affectai les chagrins d’une injuste marâtre. Jean Racine, Phèdre, 1677
  2. péjoratif Mauvaise belle-mère.
    • Maintenant, Julie voulait vivre pour préserver son enfant du joug effroyable sous lequel une marâtre pouvait étouffer la vie de cette chère créature. Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832
  3. Dans une situation de polygamie, coépouse de la mère.
    • En terme de parenté, il est dit qu’un homme ne peut pas épouser la fille de sa sœur, ni la sœur d’une marâtre (coépouse de sa mère). Marc Pilon, Ménages et familles en Afrique sub-saharienne: du village à la capitale, entre permanence et changement : L'exemple de la société Moba-Gurma du Togo, Presses universitaires du septentrion, Villeneuve d’Ascq, 2002, page 159
  4. Mauvaise mère.
    • Et moi, jeté au dernier rang par une providence marâtre, moi à qui elle a donné un cœur noble et pas mille francs de rente, […] moi, refuser un plaisir qui s’offre ! Stendhal, Le Rouge et le noir, 1830
  5. Poutre circulaire supportant le haut de la cuve d’un haut fourneau, à sa jonction entre le creuset qui collecte les matériaux en fusion, et la cuve, qui canalise les gaz et les matières enfournées. Un haut fourneau construit ainsi est dit à marâtre. Cette conception est en voie de disparition.
2 emplois spécialisés
  1. Métallurgie Désigne des gueuses de haut fourneau renforçant l’appareil de briques ou de pierre qui constituait la cuve d’un haut fourneau ou d’un four d’affinerie, du temps où ceux-ci étaient bâtis en pierres.
  2. Métallurgie Poutre métallique supportant la partie supérieure d'un haut fourneau et placée au raccordement entre la cuve et les étages.

Adjectif 1

  1. Qui se conduit comme une mère exigeante et sévère.
    • Il est actif et industrieux comme tous ceux qu’une nature marâtre dresse au joug de la nécessité. George Sand, Jeanne, 1844

Citation

Ce qu'une marâtre aime le moins de tout ce qui est au monde, ce sont les enfants de son mari : plus elle est folle de son mari, plus elle est marâtre
Jean de La Bruyère, V

Origine du mot

De l’ancien français marastre, du latin matrastra (« belle-mère »), qui a remplacé le classique noverca. Les belles-mères n’étant pas toujours tendres envers les enfants d’un premier mariage comme en témoigne le vers français médiéval De mauvaise marastre est l’amour moult petite, on comprend aisément que le terme marâtre soit devenu synonyme de mauvaise belle-mère. Toutefois, il est aujourd’hui également devenu synonyme de mauvaise mère y compris pour désigner la mère biologique.

Dans le dictionnaire latin : matrastra

1873 — le Littré

MARÂTRE s. f. (ma-râ-tr')

1Terme injurieux. Belle-mère par rapport aux enfants d'un autre lit.

  • J'affectai les chagrins d'une injuste marâtre — RAC., Phèdre, I, 3
  • Ce qu'une marâtre aime le moins de tout ce qui est au monde, ce sont les enfants de son mari : plus elle est folle de son mari, plus elle est marâtre — LA BRUY., V

2 Mauvaise mère. Ce n'est pas une mère, c'est une marâtre. repris par le Wiktionnaire

Fig.

  • Il ne peut s'imaginer que la France, où l'hospitalité fut toujours si sainte, devienne pour lui la marâtre des étrangers — PATRU, Plaidoyer 11, dans RICHELET
  • La nature, marâtre en ces affreux climats, Ne produit au lieu d'or que du fer, des soldats — CRÉBILLON, Rhadam. II, 2
1 autre citation
  • Quand la marâtre nature nous prive de la vue, elle peint les objets avec plus de force dans le cerveau — VOLT., Lett. Mme du Deffant, 12 déc. 1768

Adjectivement.

  • Ô France ! des partis déplorable théâtre ! Que maudit soit le jour, où ta haine marâtre En foule de ton sein rejeta tes enfants ! — DELILLE, Pitié, IV

3 S. f. pl. Terme de métallurgie. Pièces de fonte qui servent de plafond aux embrasures d'un haut fourneau.

Remarque

C'est par plaisanterie que Beaumarchais fait dire par Antonio à Bartholo :

  • Vous n'êtes donc qu'un père marâtre [c'est-à-dire dénaturé] ? — BEAUMARCHAIS, Mar. Fig. III, 18
Historique

XIIIe s.

  • Ha ! fortune, chose legiere, Qui vins devant et poins derriere, Comme es marrastre ! — RUTEB., I, p. 82
  • Et de lès els seoit l'empereris, qui feme estoit au pere et marastre au fil — VILLEH., XCIII
1 autre citation
  • De mauvaise marastre est l'amour mout petite — Berte, LIV

XVe s.

  • Ô tu [Paris] cité de justice aournée, Qui onques jour n'ouvras de tirannie, Fille de Dieu et par Dieu gouvernée, Mere de foy, mairastre d'eresie, Le vrai escot de la theologie — E. DESCH., Poésies mss. f° 37

XVIe s.

  • Qui a marastre a le diable en l'atre — COTGRAVE
  • Ô vrayment marastre nature, Puis qu'une telle fleur ne dure Que du matin jusques au soir ! — RONS., à Cassandre.
Étymologie

Wallon, mârâse ; namur. maurause ; du bas-latin matrastra, de mater, mère, avec la terminaison aster, astra, qui indique seulement que la chose ou la personne n'a pas son caractère propre, est un diminutif de la chose ou personne ; aussi marastre n'a-t-il signifié primitivement que belle-mère, un diminutif de mère. On disait de même : parastre, fillastre.

Supplément au dictionnaire

MARÂTRE. - HIST. XIIe s.

  • La tiere estoit marastre à lui et à sa gent ; Quar recouvrer n'i pueent ne soile [seigle] ne forment — li Romans d'Alixandre, p. 94

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 3 de l’édition papier

Liens de sens

Terme générique

poutre

Associés

fillâtre filsâtre frarâtre frèrâtre parâtre sœurâtre sorâtre

Domaine

métallurgie

Prononciation

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « marâtre » du Wiktionnaire.

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