sottise
- nature
- nom féminin
- diction
- [sotiz] · 2 syllabes
- attesté
- 1201
- usage
- 9 par million de mots
Sens et définitions
Nom 4
-
Défaut d’esprit et de jugement.
- Un des aspects courants de la sottise humaine est cette croyance, que l'on découvre chez tant d'honnêtes imprévoyants, que tout durera, à peu de chose près, comme nous voyons les institutions et les choses aujourd'hui. Louis Thomas, Arthur de Gobineau, inventeur du racisme (1816-1882), Paris : Mercure de France, 1941, page 123
-
Action, propos ou pensée qui manifeste un manque d’esprit ou de jugement.
- Seigneur Commandeur… je ris de ma sottise, mais c’est mon maître qui me la fait faire. Molière, Dom Juan ou le festin de pierre,1663
-
Gauloiserie, parole indécente.
- Vous me feriez dire une sottise.
-
Injure.
- En entendant ces farouches sottises de l’Envie, qui s’élance, baveuse et hargneuse, jusque sur le passé, bien des jeunes filles eussent senti leur sang les rougir jusqu’au front ; […]. Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844
Citation
C'est une chose assez plaisante qu'aucune personne d'esprit ne voudrait d'un bonheur fondé sur la sottise ; il est clair pourtant qu'on ferait un très bon marché
Origine du mot
Sot. Le terme le plus habituellement usité était sotie. Paré a dit soteries, XIX, 32. — Littré, 1873
1873 — le Littré
SOTTISE s. f. (so-ti-z')
1 Défaut de jugement. encore relevé aujourd’hui
- C'est une chose assez plaisante qu'aucune personne d'esprit ne voudrait d'un bonheur fondé sur la sottise ; il est clair pourtant qu'on ferait un très bon marché — VOLT., Lett. Mme du Deffant, 3 oct. 1764
- C'est une grande sottise de ne trouver rien d'estimable dans un ennemi estimé de tous — ID., Comm. Corn. Rem. Observ. de Scudéry.
2 autres citations
- La sottise et la vanité sont compagnes inséparables — BEAUMARCH., Mère coupable, II, 7
- Ses amis [de Daniel de Foë] le blâmaient ; mais il leur répondit : Il ne dépend pas de moi de parler ou de me taire, et, lorsque l'esprit souffle, il faut lui obéir.... quant à moi, ce n'est pas l'esprit, c'est la sottise qui me fait aller en prison : j'ai cru bonnement à la charte.... — P. L. COUR., Rép. aux anonymes.
Sottise des deux parts, se dit en parlant de deux personnes qui, dans un débat, ont tort chacune de leur côté.
- Sottise des deux parts est, comme on sait, la devise de toutes les querelles — VOLT., Dict. phil. Sottise.
2 Parole sotte.
- Je vous puis assurer que je ne lui avais dit ni l'une ni l'autre de ces sottises — RETZ, Mém. t. III, liv. IV, p. 333, dans POUGENS
- Il rapporte une sottise triviale qu'a dite Agnès, comme la chose la plus belle du monde — MOL., Critique, 7
5 autres citations
- De dire des sottises par hasard et par faiblesse, c'est un mal ordinaire ; mais d'en dire par dessein, c'est ce qui n'est pas supportable — PASC., Pens. VI, 33, édit. HAVET.
- Faire dire aux échos des sottises champêtres — BOILEAU, Sat. IX
- Il y a je ne sais combien de sottises, que nous dirions si elles n'avaient pas été dites, et si on ne nous les avait pas, pour ainsi dire, enlevées — FONTEN., Dial. anc. mod. Œuv. t. IV, p. 180, dans POUGENS
- C'est assez qu'il faille absolument que je parle, pour que je dise une sottise infailliblement — J. J. ROUSS., 2e dial.
- À quoi bon, disait un de ces hommes qui croient penser mieux que les autres parce qu'ils pensent autrement, à quoi bon s'embarrasser de toutes les sottises qu'on a dites et faites avant nous ? — D'ALEMBERT, Mélanges, t. V, Réflexions sur l'histoire.
3 Action sotte, chose sotte.
- Que cela me fait de bien, me disait autrefois un excellent homme, de voir que les héros ont fui, que les sages ont fait des sottises ! — BALZ., De la cour, 6e disc.
- Dame mouche s'en va chanter à leurs oreilles, Et fait cent sottises pareilles — LA FONT., Fabl. VII, 9
11 autres citations
- Hélas ! on voit que, de tout temps, Les petits ont pâti des sottises des grands — ID., ib. II, 4
- George Dandin, George Dandin, vous avez fait une sottise la plus grande du monde — MOL., G. Dand. I, 1
- Le roi lui dit en riant : " Vardes, voilà une sottise, vous savez bien qu'on ne salue personne devant moi. " M. de Vardes, du même ton : " Sire, je ne sais plus rien, j'ai tout oublié, il faut que Votre Majesté me pardonne jusqu'à trente sottises. " - " Eh bien ! je le veux, dit le roi, reste à vingt-neuf " — SÉV., à Moulceau, 26 mai 1683
- Elle est aimable sans être belle, elle fait cent petites sottises qui plaisent — ID., 144
- Pour moi, pauvre petite femme, si j'avais fait une sottise, je n'y saurais pas d'autre invention que de la boire — ID., 23 janv. 1682
- Des sottises d'autrui nous vivons au palais ; Messieurs, l'huître était bonne ; adieu, vivez en paix — BOILEAU, Ép. II
- Il n'y a rien qui rafraîchisse le sang comme d'avoir su éviter de faire une sottise — LA BRUY., XI
- Bien souvent on fait par hasard les plus heureuses sottises du monde — FONTEN., Dial. 6, morts anc.
- Il n'y a personne qui n'entre tout neuf dans la vie, et les sottises des pères sont perdues pour les enfants — ID., Dial. 3, morts. anc. mod.
- Après tout, cette affaire [la forme du capuchon des cordeliers] n'ayant pas ébranlé de trônes et ruiné des provinces, on peut la mettre au rang des sottises paisibles — VOLT., Dict. phil. Sottise.
- D'Alembert conforme sa conduite à ce principe ; il dit beaucoup de sottises, n'en écrit guères, et n'en fait point — D'ALEMB., Portr. de l'aut.
4 Composition littéraire sans mérite.
- Hé quoi ! vil complaisant, vous louez des sottises ! — MOL., Mis. I, 2
- Pourrez-vous toujours voir votre cabinet plein Et de pédants et de poëtes, Qui vous fatigueront avec un front serein Des sottises qu'ils auront faites ? — DESHOUL., Poés. t. I, p. 38
1 autre citation
- Comme par une vague une vague est poussée, La sottise du jour est bientôt remplacée — DELILLE, Imag. V
5 Parole obscène. Il est indigne d'un honnête homme de dire des sottises devant une femme.
Faire une sottise, faire quelque sottise, se dit, par euphémisme, d'accointances entre homme et femme.
- Celles qui font quelque sottise — LA FONT., Oies.
- Je m'appréhendais fort, et craignais qu'avec toi Je n'eusse fait quelque sottise — MOL., Amph. II, 3
1 autre citation
- Chez lui [Hérodote], les dames, les princesses mènent boire leurs vaches ou celles du roi leur père à la fontaine voisine, trouvent là des jeunes gens, et font quelque sottise, toujours exprimée dans l'auteur avec le mot propre — P. L. COUR., Prospect. d'une nouv. trad, d'Hérodote, Préf.
6 Injure. Dire des sottises à quelqu'un.
Historique
XIIIe s.
- Non ferez ; ce n'est pas sotise — Nouv. rec. Fabl. t. II, p. 367
XVIe s.
- Et si se laisse en beaucoup de lieux couler ès sottises de Xenarchus — AMYOT, Nicias, 1
- De dire moins de soy qu'il n'y en a, c'est sottise, non modestie — MONT., II, 62
Étymologie
Sot. Le terme le plus habituellement usité était sotie. Paré a dit soteries, XIX, 32.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 4 de l’édition papier
Liens de sens
Synonymes
ânerie bêtise connerie fatuité idiotie imbécilité imbécillité niaiserie nunucherie stupidité
Dérivés
sottiseux sottisier
Associés
pipi de chat
Prononciation
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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