tirade
- nature
- nom féminin
- diction
- [tiʁad] · 2 syllabes
- usage
- 4 par million de mots
Sens et définitions
Nom 3
-
Morceau d’une certaine étendue qui fait partie d’un ouvrage en prose ou en vers et qui roule ordinairement sur une même idée, sur un même fait.
- Il y a de belles tirades dans ce panégyrique. - Il nous a dit une belle tirade de son poème.
-
péjoratif Lieux communs qu’on emploie avec quelque développement et qui n’ont qu’un rapport éloigné au sujet de l’ouvrage.
- Georges se lança ensuite dans l’une de ses tirades favorites sur l’inertie profonde et la propension à la paresse des adolescents de l’époque. Delphine de Vigan, Rien ne s’oppose à la nuit, J.-C. Lattès, 2011
1 emploi spécialisé
-
Théâtre
Suite de phrases, de vers, qu’un des personnages débite sans être interrompu.
- […] ; si l’on dérange cet accord, la pensée de l’auteur cesse d’être intelligible ; telle tirade, telle expression, vraie à la lecture, devient fausse et froide à la scène ; le style jure avec l’habit… Julie de Quérangal, « Philippe de Morvelle », Revue des Deux Mondes, tomes 2, 4, 1833
Citation
Les tirades et les secousses durèrent une heure [dans l'écartèlement de Damiens] ; les membres s'allongèrent et ne se séparèrent pas
Origine du mot
Tirer ; provenç. et espagn. tirada, portée, trait, jet ; ital. tirata. — Littré, 1873
1873 — le Littré
TIRADE s. f. (ti-ra-d')
1 Action de tirer.
- S'il [Ravaillac] avoua des choses étranges, ce ne fut que lorsqu'il eut demandé, à la première tirade des chevaux, qu'on le relâchât — SAINT-FOIX, Ess. Paris, Œuv. t. III, p. 121
- Les tirades et les secousses durèrent une heure [dans l'écartèlement de Damiens] ; les membres s'allongèrent et ne se séparèrent pas — VOLT., Hist. parl. XXX
2Fig. Morceau d'un ouvrage en prose ou en vers, et qui est le développement d'une même idée. encore relevé aujourd’hui
- Voilà une tirade où ma plume m'a conduite, sans y penser — SÉV., 27 janv. 1687
- Vous avez des pensées et des tirades incomparables ; il ne manque rien à votre style — ID., 22 janv. 1672
Une tirade de, beaucoup de pensées, de phrases qui se suivent sur le même sujet.
- Je vous conjure de pardonner ces tirades de réflexions à l'extrême tendresse que j'ai pour vous — SÉV., à Mme de Grignan, 6 avril 1672
Familièrement. Une tirade d'injures, beaucoup d'injures débitées de suite.
3Terme de théâtre. Ce qu'un personnage débite sans être interrompu. encore relevé aujourd’hui
- Rien de parfaitement beau, rien qui enlève ; point de ces tirades de Corneille qui font frissonner — SÉV., 126
- Villars ne parlait que par tirades de théâtre — SAINT-SIMON, 259, 219
5 autres citations
- Il ne faut pas aller à bride abattue ; mais toute tirade demande à être un peu pressée ; c'est un point essentiel — VOLT., Lett. Mlle Clairon, janv. 1750
- On trouve dans ses pièces [de Boissy] plus de détails que de grands effets, plus de tirades que de scènes, et plus de portraits que de caractères — D'ALEMB., Élog. Boissy.
- La facilité du public à applaudir les tirades et les portraits, a fait de nos scènes de comédie des galeries d'enluminures — MARMONTEL, Œuv. t. VI, p. 491
- Quant au reste de la tirade [dernière scène d'Alzire], c'est la substance de la morale évangélique — CHATEAUBR., Génie, II, II, 7
- La tirade, ou, en termes de coulisses, la tartine, voilà ce que l'on va chercher au théâtre.... la tirade, bien analysée, peut presque toujours se réduire à une conversation entre l'auteur et le public, à laquelle les personnages de la pièce ne servent que de prétexte — Globe, 17 janvier 1825
4 En mauvaise part, développement de lieux communs sans rapport bien marqué avec le sujet. Une ennuyeuse tirade.
- Il ne lui restera que l'ignominie d'avoir fait des tirades contre des gens de bien — GRIMM, Corresp. t. I, p. 176
5Terme de musique. Passage que fait la voix ou l'instrument dans l'intervalle d'une note à une autre, par les notes diatoniques de cet intervalle distinctement articulées. Une tirade brillante.
6 D'une tirade, tout d'une tirade, loc. adv. et famil. Tout d'un trait, sans s'arrêter. Il nous a récité une ode tout d'une tirade.
- Cela dura le reste du voyage de Marly, qui, d'une tirade, nous conduisit à Fontainebleau sans retourner à Versailles — SAINT-SIMON, 305, 244
Étymologie
Tirer ; provenç. et espagn. tirada, portée, trait, jet ; ital. tirata.
Supplément au dictionnaire
TIRADE. Ajoutez :
7 Longueur et difficulté d'une affaire.
- Je suis bien plus épouvanté que vous de cette longue tirade de négoce, dont vous êtes venu à bout — BALZAC, Lettres inédites, LXIII, éd. Tamizey-Larroque.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 4 de l’édition papier
Liens de sens
Contraires
stichomythie
Terme spécifique
Domaine
théâtre
Prononciation
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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