dépriser
- nature
- verbe
- diction
- [depʁize]
Sens et définitions
verbe 3
- Témoigner que l'on fait peu de cas de quelque chose ou quelqu'un, mais sans le jugement moral défavorable qui fait partie du mépris
- Apprécier une chose au-dessous de sa valeur
- S'estimer moins qu'on ne le vaut
Origine du mot
Dé.... préfixe, et prix ; provenç. desprezar, despreciar ; espagn. despreciar ; portug. desprezar ; ital. disprezzare, dispregiare. — Littré, 1873
1873 — le Littré
DÉPRISER v. a. (dé-pri-zé)
1 Diminuer le prix, le mérite d'une chose, d'une personne. Ne déprisez pas cette propriété. encore relevé aujourd’hui
- Plus il [l'écrivain sacré] entasse de choses ensemble, plus il déprise ce qu'il entasse avec soin — BOSSUET, Concupisc. 12
- N'est-ce pas s'avilir soi-même que de dépriser à ce point toute l'humanité ? — MASS., Pet. car. Humanité des gr.
2 autres citations
- Je ne prétends pas dépriser Corneille ; mon commentaire n'est ni un panégyrique ni une censure — VOLT., Sur Poly.
- Apprenez à aimer tous les hommes et même ceux qui les déprisent — J. J. ROUSS., Ém. IV
Absolument.
- On ne déprise avec affectation que par le chagrin de ne pouvoir mépriser — DUCLOS, dans le Dict. de POITEVIN.
2 Se dépriser, v. réfl. Rabaisser ce qu'on est, ce qu'on vaut. encore relevé aujourd’hui
- Attentif à guetter l'opinion qu'on avait de lui, il lui arrivait souvent de parler de lui-même avec une humilité feinte, pour éprouver si l'on se plairait à l'entendre se dépriser — MARMONTEL, Mém. V
Se rabaisser réciproquement. Ces deux hommes se déprisent sans cesse.
Synonyme
DÉPRISER, MÉPRISER. Dépriser, c'est diminuer le prix ; mépriser, c'est ôter le prix. L'envie s'efforce de dépriser les belles actions. La grandeur d'âme méprise la vengeance.
Historique
XIIIe s.
- .... tant [il] se hait et desprise Qu'il pert sa force et sa vigueur — AUDEFR. LE BAST., Romancero, p. 9
- Plus les servent, plus les desprisent, la Rose, 7582.... Por ce que il me semble que il a desprisié et despité le seignor — Ass. de J. 105
XIVe s.
- Et par ces deux manieres il desprisent ou font petis les profis par eulz receus — ORESME, Eth. 255
XVe s.
- Je ne dis pas pour despriser les autres nations, mais ceulx-là ont eu de grandes victoires — COMM., II, 2
XVIe s.
- Nous les obscurcissons [les grâces des autres], ou desprisons le plus qu'il nous est possible — CALV., Instit. 541
- Afin qu'il connoisse de combien vous desprisez [méprisez] sa folie — MARG., Nouv. IV
5 autres citations
- Se louer soy mesme est aussi importun, comme se despriser et blasmer — AMYOT, Arist. et Caton comp. 11
- À fin que quelque jour ils acquissent ceste louange, d'avoir remis en prix ce qui estoit desprisé — LANOUE, 280
- .... Comme les fins marchands qui desprisent ce qu'ils ont plus grande envie d'acheter — YVER, p. 532
- Bacchus tant feut des Indians desprisé que ilz ne daignarent luy aller encontre — RAB., Pant. V, 39
- Il me semble qu'aussi souvent on me loue qu'on me desprise, oultre la raison — MONT., IV, 114
Étymologie
Dé.... préfixe, et prix ; provenç. desprezar, despreciar ; espagn. despreciar ; portug. desprezar ; ital. disprezzare, dispregiare.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 2 de l’édition papier
Prononciation
Sources
- Wiktionnaire (dump du 6 juillet 2026) Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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