causer
- nature
- ver
- diction
- [koze] · 2 syllabes
- attesté
- 1174
- usage
- 34 par million de mots
Sens et définitions
Verbe 6
-
Être cause de ; occasionner, provoquer.
- Vous ne vous engagerez toujours pas sans m’en parler, et nous verrons bien si vous aurez le cœur de me causer du chagrin. Comtesse de Ségur, L’Auberge de l’Ange-Gardien, 1888
-
S'entretenir familièrement avec quelqu’un ; faire la conversation.
- Ils causèrent au coin du feu ; l’intérieur plut sans doute à l’abbé, car il se mit à l’aise. Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915
-
familier Parler trop, parler inconsidérément.
- Ne lui dites que ce que vous voudrez que tout le monde sache, car il aime à causer.
-
Parler avec malignité.
- N’allez pas si souvent dans cette maison, on en cause.
-
familier Parler à quelqu’un.
- Eh, je t’ai pas causé !
-
familier Discuter de quelque chose.
- Quand tu auras comme moi quinze mois de front et que tu auras abattu ton cinquième avion boche, tu pourras en causer. Marcel Proust, Le Temps retrouvé, chapitre II, Gallimard, Paris, 1927, page 143
Conjugaison
Indicatif
Présent
- je cause
- tu causes
- il cause
- nous causons
- vous causez
- ils causent
Imparfait
- je causais
- tu causais
- il causait
- nous causions
- vous causiez
- ils causaient
Passé simple
- je causai
- tu causas
- il causa
- nous causâmes
- vous causâtes
- ils causèrent
Futur simple
- je causerai
- tu causeras
- il causera
- nous causerons
- vous causerez
- ils causeront
Passé composé
- j'ai causé
- tu as causé
- il a causé
- nous avons causé
- vous avez causé
- ils ont causé
Plus-que-parfait
- j'avais causé
- tu avais causé
- il avait causé
- nous avions causé
- vous aviez causé
- ils avaient causé
Passé antérieur
- j'eus causé
- tu eus causé
- il eut causé
- nous eûmes causé
- vous eûtes causé
- ils eurent causé
Futur antérieur
- j'aurai causé
- tu auras causé
- il aura causé
- nous aurons causé
- vous aurez causé
- ils auront causé
Subjonctif
Présent
- je cause
- tu causes
- il cause
- nous causions
- vous causiez
- ils causent
Imparfait
- je causasse
- tu causasses
- il causât
- nous causassions
- vous causassiez
- ils causassent
Passé
- j'aie causé
- tu aies causé
- il ait causé
- nous ayons causé
- vous ayez causé
- ils aient causé
Plus-que-parfait
- j'eusse causé
- tu eusses causé
- il eût causé
- nous eussions causé
- vous eussiez causé
- ils eussent causé
Conditionnel
Présent
- je causerais
- tu causerais
- il causerait
- nous causerions
- vous causeriez
- ils causeraient
Passé
- j'aurais causé
- tu aurais causé
- il aurait causé
- nous aurions causé
- vous auriez causé
- ils auraient causé
Impératif
Présent
- cause
- causons
- causez
Passé
- aie causé
- ayons causé
- ayez causé
Formes impersonnelles
- Infinitif présent
- causer
- Participe présent
- causant
- Participe passé
- causé
Citation
Qu'il a fait un larcin de rôt ou de fromage, Égratigné quelqu'un, causé quelque dommage
Origine du mot
Du latin causari.
Dans le dictionnaire latin : causari
1873 — le Littré
CAUSER1 v. a. (kô-zé)
Être cause, occasionner. encore relevé aujourd’hui
- Qu'il a fait un larcin de rôt ou de fromage, Égratigné quelqu'un, causé quelque dommage — LA FONT., Fabl. III, 18
- Quel que soit le plaisir que cause la vengeance, C'est l'acheter trop cher.... — ID., ib. IV, 13
6 autres citations
- Je m'en tais, et ne veux leur causer nul ennui — ID., ib. IV, 8
- Cela causa leur malheur — ID., ib. IV, 6
- Le trop superbe équipage Peut souvent en un passage Causer du retardement — ID., ib. IV, 6
- Vous savez ses malheurs, vous les avez causés — RAC., Iphig. III, 4
- Je veux l'attendre ici ; les chagrins qu'il me cause M'occuperont assez tout le temps qu'il repose — ID., Brit. I, 1
- Si Dieu n'a rien en lui-même par où il puisse causer en nous les volontés libres — BOSSUET, Libr. arb. 3
Historique
XIVe s.
- ...en la maniere que aucuns le disoient et se causoient [se fondaient sur] de ce que la fin est melleur que n'est la generacion de la fin — ORESME, Eth. 220
XVe s.
- Nostre roy est le seigneur du monde qui le moins a causé [été cause] de user de ce mot de dire : J'ai privilege de lever sur mes subgectz ce que il me plaist — COMM., V, 18
XVIe s.
- Elle monstre que toutes ces choses sont causées [fondées] en Jesus Christ, comme en estant le fondement — CALV., Instit. 1066
- Au moyen de quoi, lui fut facile de causer [motiver] son voyage là dessus — B. DESPER., Contes, V
3 autres citations
- Il mourut d'une apoplexie que ce coup luy causa — MONT., I, 74
- Cela m'a causé me restraindre de trop grande liberalité — B. DE PALISSY, 11
- Donnant à entendre que.... : langaige causé [développé comme cause et motif] et contenu en ladicte ordonnance — CARLOIX, VIII, 3
Étymologie
Cause ; espagn. cauzar ; ital. causare.
Supplément au dictionnaire
1. CAUSER. Ajoutez :
2 Donner pour motif (sens inusité).
- Cela insinue beaucoup en causant comme petit-fils de Sa Majesté [en donnant pour motif de la décision le titre de petit-fils] — SAINT-SIMON, t. VIII, p. 194, éd. Chéruel.
CAUSER2 v. n. (kô-zé)
1 S'entretenir familièrement. Ils causent ensemble. De quoi causent-ils ? Nous causerons de cette affaire. encore relevé aujourd’hui
- Je veux me vanter d'être toute l'après-midi dans cette prairie, causant avec nos vaches et nos moutons — SÉV., Lett. 384
- Voilà la chose du monde la plus heureuse pour lui ; vous savez tout cela, mais on cause [c'est-à-dire je vous écris cela pour causer avec vous] — ID., 592
2 autres citations
- Pour mon fils, M. le maréchal n'a pas voulu le laisser venir ; il est le seul avec qui il cause de toute chose — ID., ib.
- Le duc d'Orléans régent daigna un jour causer avec moi au bal de l'Opéra ; il me fit un grand éloge de Rabelais — VOLT., Lett. Mme du Deffant, 13 oct. 1759
Familièrement. Causer de choses et d'autres, s'entretenir sans propos déterminé.
Fig. Causer de la pluie et du beau temps, parler de riens, de choses de peu d'importance.
Elliptiquement. Causer littérature, voyages, etc. causer de littérature, de voyages.
Familièrement. Ah çà ! causons un peu, expliquons-nous, entendons-nous.
Passivement et impersonnellement, dans le parler familier, c'est assez causé, ou, simplement, assez causé, ne parlons plus, agissons, et aussi, taisez-vous, brisons-là.
2Familièrement, tenir des propos, parler avec légèreté et indiscrétion, ou avec malignité. encore relevé aujourd’hui
- Le monde, chère Agnès, est une étrange chose ! Voyez la médisance, et comme chacun cause ! — MOL., Éc. des fem. II, 6
- Je ne m'étonne point si parfois on en cause — ID., Prol. d'Amph.
1 autre citation
- Voilà ce que c'est que d'avoir causé ; vous n'en tâterez plus, et je vous laisse sur la bonne bouche — ID., G. Dandin, II, 7
3 V. n. Terme de fauconnerie. Se dit du cri des perroquets et des pies. non relevé aujourd’hui
Remarque
Peut-on dire : il m'a longtemps causé de ses affaires ; allez lui causer de cette nouvelle ? C'est une façon de parler qui est très en usage. Mais observez qu'on ne pourrait pas dire, en mettant un substantif au lieu du pronom : j'ai causé de l'affaire à mon avocat ; il faut avec mon avocat. Cela rend très suspect l'emploi du pronom, et il sera mieux de dire : il a longtemps causé avec moi de ses affaires ; allez causer avec lui de cette nouvelle. On ne cause pas à quelqu'un ; on cause avec quelqu'un. Pourtant cette manière de parler se trouve dans J. J. Rousseau, qui n'est pas toujours très pur, et sans doute dans d'autres.
- La première fois que je la vis elle était à la veille de son mariage ; elle me causa longtemps avec cette familiarité charmante qui lui est naturelle — J. J. ROUSS., Confess. VII
Historique
XIIIe s.
- Par poi Hersent n'enrage d'ire Por Ysengrin, qui si la chose [gronde] — Ren. 725
- Moult de sa gent parler n'en osent, Mais par derriere moult l'en chosent [blâment], Fabliaux — BARBAZ., I, 160
XVe s.
- Je vous ait dit et causé [expliqué] toutes les avenues de Jean Bar, de Jean Pict.... — FROISS., II, II, 239
- Envie qui accuse et cause [blâme] Maintes personnes tout à tort — Myst. Resurr. de N. S
2 autres citations
- L'homme songeart il [le vin] fait causer et rire — BASSELIN, XXXVII
- Si voulez que je cause et preche, Et parle latin proprement, Tenez ma bouche toujours freche, De bon vin l'arrosant souvent — ID., LVIII
XVIe s.
- Ce fut un commandement nu et simple, où l'homme n'eut rien à connoistre et à causer [demander raison] — MONT., II, 208
Étymologie
Provenç. chausar, causciar, reprocher, disputer ; espagn. causar, faire un procès ; du latin causari, faire un procès, d'où disputer, reprocher, et simplement, causer. Diez et d'autres étymologistes font intervenir l'ancien haut allemand chôzôn, allemand moderne kosen ; mais le latin suffit à la forme et au sens du mot roman.
Supplément au dictionnaire
2. CAUSER. - REM. Ajoutez : Corneille a dit me causer pour causer avec moi : Lysis m'aborde, et tu veux me causer, Lexique, éd. Marty-Laveaux.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
- Morphalou 3.1 — ATILF (CNRS / Université de Lorraine) LGPL-LR
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