L'écriture bengalie

L’écriture bengalie, ou bengali-assamaise, sert au bengali, parlé par environ 230 à 270 millions de personnes au Bangladesh et dans l’État indien du Bengale-Occidental, ainsi qu’à l’assamais. Elle appartient à la même famille que la devanagari, et la page les compare lettre à lettre.

বাংলা

  1. বাব + াbā
  2. ংংṅ
  3. লাল + াlā

Une sœur de la devanagari

Comme la devanagari, l’écriture bengalie descend de la brahmi, par l’écriture gupta puis la siddhamātṛkā. Une forme dite proto-bengalie, ou gauḍī, se distingue vers les Xᵉ-XIᵉ siècles. La forme moderne se stabilise avec l’imprimerie : Charles Wilkins grave une fonte bengalie pour la grammaire de Nathaniel Halhed, en 1778. En 1855, Ishwar Chandra Vidyasagar réforme l’alphabet dans son abécédaire, le Barnaparichay, encore en usage.

Lettre à lettre

Les écritures indiennes partagent le même ordre phonétique, et Unicode les range en parallèle : chaque lettre bengalie occupe la case de sa sœur devanagari. Les formes diffèrent, le principe reste le même. Une seule case reste vide, celle de va : ব note à la fois b et, dans les mots savants, v.

En grand, la lettre bengali ; en petit, la devanagari de la même case. Un tiret : la lettre n'existe pas en bengali.
voyelles অ अ a আ आ ā ই इ i ঈ ई ī উ उ u ঊ ऊ ū ঋ ऋ ṛ এ ए e ঐ ऐ ai ও ओ o ঔ औ au
Point d'articulationsourdesourde aspiréesonoresonore aspiréenasale
vélaires (gorge) ক क ka খ ख kha গ ग ga ঘ घ gha ঙ ङ ṅa
palatales (palais) চ च ca ছ छ cha জ ज ja ঝ झ jha ঞ ञ ña
rétroflexes (langue retournée) ট ट ṭa ঠ ठ ṭha ড ड ḍa ঢ ढ ḍha ণ ण ṇa
dentales (dents) ত त ta থ थ tha দ द da ধ ध dha ন न na
labiales (lèvres) প प pa ফ फ pha ব ब ba ভ भ bha ম म ma
semi-voyelles য य ya র र ra ল ल la — व va
sifflantes শ श śa ষ ष ṣa স स sa
aspirée হ ह ha

Ce qui change

Comme la devanagari, c’est un abugida : la consonne porte une voyelle inhérente, mais ce a se prononce le plus souvent [ɔ] en bengali ; ক se lit kɔ. Le signe i, ি, s’écrit avant la consonne, comme en devanagari, et les lettres pendent aussi à une ligne supérieure, que certaines coupent. La lettre ৎ, khanda ta, note un t sans voyelle. Plusieurs lettres héritées se confondent à l’oral : শ, ষ et স notent le plus souvent [ʃ] ; জ et য, [dʒ].

  • ৎ khanda ta t sans voyelle, en fin de syllabe : উৎসব utsab, « fête »
  • য় antastha ya y entre voyelles (য + point) : নয় nay, « non, n’est pas »
  • ড় ṛa r battu rétroflexe (ড + point) : বড় baṛo, « grand »
  • ৰ ra assamais le r de l’assamais
  • ৱ wa assamais le w de l’assamais

Les ligatures

Les consonnes qui se suivent sans voyelle forment de nombreuses ligatures, souvent difficiles à reconnaître. Leur lecture s’éloigne parfois des lettres : ক্ষ se lit d’ordinaire khô, et জ্ঞ, gyô.

  1. ক্ষ ক + ্ + ষ kṣ ক্ষমা khômā, « pardon »
  2. জ্ঞ জ + ্ + ঞ jñ জ্ঞান gyān, « connaissance »
  3. ন্ত ন + ্ + ত nt শান্তি śānti, « paix »
  4. ক্ত ক + ্ + ত kt রক্ত rôkto, « sang »

Les chiffres

  1. ০0 · ०
  2. ১1 · १
  3. ২2 · २
  4. ৩3 · ३
  5. ৪4 · ४
  6. ৫5 · ५
  7. ৬6 · ६
  8. ৭7 · ७
  9. ৮8 · ८
  10. ৯9 · ९

Le 21 février

Le 21 février 1952, à Dacca, alors au Pakistan oriental, des étudiants sont tués en manifestant pour que le bengali devienne langue officielle du Pakistan, aux côtés de l’ourdou. En 1999, l’UNESCO a fait du 21 février la Journée internationale de la langue maternelle. Rabindranath Tagore, prix Nobel de littérature en 1913, écrivait en bengali ; il est l’auteur des hymnes nationaux de l’Inde et du Bangladesh.