épitaphe

nature
nom féminin
diction
[epitaf] · 3 syllabes
usage
2 par million de mots

Sens et définitions

Nom 3

3 emplois spécialisés
  1. Funéraire Inscription sur un tombeau qui célèbre, décrit ou simplement désigne la personne qui y est ensevelie.
    • … c'est trop tard, je suis mort, je suis mort et je me dis : Mince, ça fait tôt quand même, et ça ferait une belle épitaphe. Fabrice Caro, Samouraï, Gallimard « Folio » n° 7250, 2022, page 207
  2. Funéraire Oraison funèbre, petit poème à vocation nécrologique.
    • Au bout de cinq minutes, le premier acte du Vengeur était joué et Rodolphe avait écrit trois vers de son épitaphe. Henry Murger, Scènes de la vie de bohème, 1848
  3. Architecture Tablette portant une inscription funéraire.
    • Dans une des lancettes de la fenêtre feinte qui lui fait face, une simple plaque de marbre porte gravée l’épitaphe du bon chanoine Adrien de la Morlière, le naïf auteur des Antiquitez de la Ville d'Amiens, mort en 1639. Edmond Soyez, « La Cathédrale, chap. 6 : Chapelles », dans La Picardie historique et monumentale, tome 1 : Arrondissement d'Amiens, Société des antiquaires de Picardie, Amiens : impr. de Yvert et Tellier & Paris : chez A. Picard & fils, 1893, p. 41

Origine du mot

De l’ancien français epitafe (« inscription gravée sur un tombeau ; support de cette inscription »), emprunté au bas latin epitaphium (« oraison funèbre »), du grec ancien ἐπιτάφιον, epitáphion,composé de ἐπί, épi (« sur ») et de τάφος, taphos (« tombeau »), littéralement « qui se célèbre sur un tombeau ».

1873 — le Littré

ÉPITAPHE s. f. (é-pi-ta-f')

1 Inscription sur un tombeau. encore relevé aujourd’hui

  • Toutes nos charges tomberont bientôt avec nous ; la mort confondra les cendres de celles [les dames] qui brillent à la cour et de celles qui sont obscures dans la retraite, et toute la différence ne va qu'à quelques titres de plus ou de moins dans nos épitaphes — FLÉCH., Mme de Montausier.
  • Ci-gît Olympe, à ce qu'on dit ; S'il n'est pas vrai, comme on souhaite, Son épitaphe est toujours faite ; On ne sait qui meurt ni qui vit — Mme DE CRECY, dans MÉNAGE, Remarques.
3 autres citations
  • Il paraît qu'on ne commença à mettre des épitaphes sur les tombeaux de nos rois que sous la seconde race — SAINT-FOIX, Ess. Paris, Œuvres, t. IV, p. 142, dans POUGENS
  • Copernic fut inhumé dans la cathédrale de Frauenberg sans pompe et sans épitaphe — LAPLACE, Expos. v, 4
  • Venez tous, passants, venez lire L'épitaphe que je me ais — BÉRANG., Épitaphe.

Fig. Faire l'épitaphe de quelqu'un, dire après sa mort le bien ou le mal qu'on en pense.

  • [Le temps après la mort] où l'on fait le recueil des bonnes et des mauvaises qualités de ceux qui meurent, et où chacun, retraçant dans son esprit les sujets qu'il a de s'en louer ou de s'en plaindre selon ses passions, fait leur épitaphe à sa mode — FLÉCH., Mme de Montausier.

Menteur comme une épitaphe, se dit d'un louangeur exagéré.

Il fera l'épitaphe du genre humain, se dit d'un homme robuste qui paraît devoir vivre longtemps.

  • Les yeux vifs, le teint frais, la face rubiconde, Vous ferez, j'en suis sûr, l'épitaphe du monde — BOURSAULT, Ésope à la cour, IV, 2

2Terme d'architecture. Tablette ornée de sculptures, que l'on place sur le mur d'une église ou contre un pilier avec une inscription sépulcrale.

Remarque

Dans le XVIIe siècle, épitaphe était indifféremment des deux genres : ; aujourd'hui il est uniquement féminin.

  • Je n'ai plus qu'à mourir, mon épitaphe est fait — CORN., Suite du Menteur, I, 6
Historique

XIIIe s.

  • .... ont escrit une espitace Desoz cel arbre en une place — Ren. 10121

XVe s.

  • Le roy fut mal content des epitaphes [placards] et libelles diffamatoires qu'ainsi avoient esté mises et attachées, à l'esclandre du dit monseigneur le connestable et d'aultres — Chr. scand. de Louis XI, an 1471, p. 173, dans LACURNE

XVIe s.

  • Ilz feirent engraver dessus sa sepulture un epitaphe de telle substance — AMYOT, Arist. 50
  • ....Puis mourant dit adieu à ses enfants qui sur lui ont posée Cette epitaphe et la tombe arrosée — MAROT, dans MÉNAGE, Rem.
Étymologie

Ἐπιτάφιος, de ἐπὶ, sur, et ταφὴ, sépulture.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 2 de l’édition papier

Dans les métiers

Marbrerie funéraire
Le texte gravé sur la pierre : nom, dates, et parfois une phrase ou un message personnel.

Liens de sens

Terme générique

inscription oraison tablette

Dérivés

épitaphier

Associés

ci-gît endotaphe RIP

Domaine

architecture littérature

Prononciation

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « épitaphe » du Wiktionnaire.

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