batardeau
- nature
- nom masculin
- diction
- [bataʁdo] · 3 syllabes
- attesté
- Au plus tard au XIVᵉ siècle
- usage
- moins de 1 par million de mots
Sens et définitions
Nom 6
-
Espèce de digue faite le plus souvent d’un double rang de pieux et d’ais, entre lesquels on entasse de la terre, construite au milieu du courant d’une rivière ou d’un canal, soit pour détourner les eaux, soit pour les contenir pendant les travaux qu’on est obligé d’y faire.
- Parallèlement à la rivière, afin de régulariser le cours de l'eau, les paysans ont d'abord creusé puis cimenté un canal de dérivation équipé de batardeaux, ouvrages permettant de régler le débit de l'eau. Michelle Jeanguyot & Nour Ahmadi, Grain de riz, grain de vie, CIRAD/Magellan & Cie, 2002, p.55
5 emplois spécialisés
- Marine Cloison étanche appliquée à la carène d’un navire pour isoler une voie d’eau que l’on veut réparer.
- Construction Construction formant une retenue d’eau, afin d’assécher un terrain où on doit effectuer des travaux.
- Entretien des navires Coffrage utilisé pour isoler la coque d'un navire afin d'y réparer une brèche.
- Construction Digue provisoire pour mettre à sec l'emplacement d'un ouvrage à exécuter.
- Barrages et chaussées Bille, planche, madrier, poutre d'acier ou de béton introduits temporairement dans des rainures prévues à cet effet sur les parois d'un barrage ou les berges d'un canal de façon à fermer une ouverture.
Origine du mot
Du moyen français bastardeau (« digue »), dérivé de bastard (« digue provisoire établie pour mettre à sec un endroit où on veut bâtir »), probablement apparenté à bâtardeau (sens 1).
1873 — le Littré
BATARDEAU s. m. (ba-tar-dô)
Terre-plein, revêtu de briques ou de pierres, pour contenir les eaux d'une rivière ou d'un étang. encore relevé aujourd’hui
Cloison d'ais et de terre glaise qu'on fait dans l'eau pour y bâtir, quand l'eau est épuisée.
Terme de fortification. Massif de maçonnerie pour retenir l'eau d'un fossé.
Terme de marine. Espèce de rempart en planches afin de préserver de l'eau un bâtiment couché pour le radoub.
Historique
XIVe s.
- Pour la reparation du bastard, qui est rompu es fossez de la ville de Beaune — DU CANGE, bastardus.
XVIe s.
- Aiant fait bien asseoir un bastardeau dans le cours de la riviere tout le travail des assiegeans fut tout noié — D'AUB., Hist. I, 299
Étymologie
Ménage tire ce mot de bâton. Mais, vu l'exemple de bastard pour batardeau, et l'emploi très fréquent de bâtard en des sens divers (voy. DU CANGE, au mot bastardus, où l'on trouve : charrette bastarde ; coustel bastard ; un petit coustel bastardeau ; il tira le basta deau de sa dague ; mou in bastart), on peut croire qu'un batardeau a été dit pour digue bâtarde. Cependant Grandgagnage cite dans le patois wallon, bate avec le sens de fascinage au bord d'un cours d'eau pour en empêcher les empiétements ; il est à remarquer que l'Académie écrit batardeau, sans accent circonflexe remplaçant l's, ce qui s'accommoderait avec bate, mais ce qui est contraire à l'orthographe des anciens textes. On pourrait aussi penser, si on abandonnait le sens dérivé de bâtard, au radical bast, qui signifie soutenir, affermir, et qui se trouve dans bâtir.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 1 de l’édition papier
Liens de sens
Terme générique
Domaine
construction marine
Prononciation
Homophones
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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