fardeau

nature
nom masculin
diction
[faʁdo] · 2 syllabes
usage
14 par million de mots

Sens et définitions

Nom 6

  1. Faix ; charge.
    • Humbert obéit, sans un seul mot, et se contenta d'arranger, le moins malcommodément possible, le fardeau sur ces épaules si peu accoutumées à s'y plier. Thérèse Alphonse Karr, Une rose blanche au pays de Souabe, Paris : chez C. Dillet, 1880, p. 126
  2. figuré Soucis, peines ou douleurs qu’on a à supporter.
    • Je ne sais pas quoi faire Oh mon Dieu, quel fardeau ! Obéir à mon frère, ou à mon beau lérot ? Les Enquêtes de Chlorophylle, 1992–1995
4 emplois spécialisés
  1. Industrie minière Terres et roches qui menacent d’ébouler.
  2. Industrie Ensemble d’éléments, de panneaux ou d'emballages liés en vue de leur expédition, de leur stockage ou de la facilité de leur manutention. Souvent il s'agit d’une palette, d'une caisse-palette, parfois d’un conteneur.
  3. Vocabulaire général Chose pénible à supporter.
  4. Emballages Ensemble d'éléments de panneaux ou d'emballages, liés en vue de leur expédition, de leur stockage ou de la facilité de leur manutention.

Citation

Ésope prit le panier au pain ; c'était le fardeau le plus pesant ; chacun crut qu'il l'avait fait par bêtise ; mais, dès la dînée, le panier fut entamé, et le Phrygien déchargé d'autant
Jean de La Fontaine, Vie d'Ésope

Origine du mot

Bourguig. fadeà ; provenç. fardel ; cat. fardell ; espagn. fardo, fardillo ; ital. fardello. Origine incertaine. Du Cange le tire de φόρτος, fardeau, faix ; mais le changement de voyelles (o en a) dans toutes les langues romanes fait difficulté. Génin pense que fardel est dit pour hardel, de hart, lien ; mais, ici aussi, le changement de h en f dans toutes les langues est un obstacle qu'on ne peut laisser de côté. Le simple fardo se trouve dans le portugais, et les étymologistes portugais le tirent de l'arabe fard, qui signifie vêtement, drap. Dans le fait, il y a aussi dans le portugais farda, habit ; dans l'espagnol et le portugais, fardar, et, dans le vieux français, fardes, habillement (De poures fardes se vesti, Rou, ms. p. 182, dans LACURNE). Diez admet, comme la vraie origine, que du sens de vêtement on ait passé à celui de bagage, et de celui de bagage à celui de fardeau ; c'est ainsi que, inversement, robe, qui signifiait butin, a passé au sens de vêtement. Cependant toute incertitude n'est pas écartée, vu qu'on ne trouve pas le passage du sens d'habillement à fardeau. — Littré, 1873

1873 — le Littré

FARDEAU s. m. (far-dô)

1 Chose plus ou moins pesante destinée à être transportée ou élevée soit par l'homme, soit par les bêtes de somme, soit par un véhicule. Les fardeaux les plus extraordinaires que l'on ait élevés en France sont les deux pierres qui forment le fronton de la colonnade du Louvre. encore relevé aujourd’hui

  • Ésope prit le panier au pain ; c'était le fardeau le plus pesant ; chacun crut qu'il l'avait fait par bêtise ; mais, dès la dînée, le panier fut entamé, et le Phrygien déchargé d'autant — LA FONT., Vie d'Ésope
  • Moitié de ce fardeau ne vous sera que jeu — ID., Fabl. VI, 16
2 autres citations
  • Un homme qu'on soulage d'un fardeau accablant — FÉN., Tél. XI
  • C'est une chose étonnante de voir de quels fardeaux ils [les soldats romains] étaient chargés dans une marche — ROLLIN, Traité des Ét. 3e part. ch. 1er.

Se dit de l'enfant dans le sein de la mère.

2Fig. Il se dit, dans le langage élevé, d'impôts trop lourds.

  • Un roi sage.... Craint le Seigneur son Dieu.... Et d'injustes fardeaux n'accable point ses frères — RAC., Ath. IV, 2

3 Dans le langage poétique, fardeau de la terre, homme, race inutile au monde.

  • Voudrais-je, de la terre inutile fardeau, Trop avare du sang reçu d'une déesse, Attendre chez mon père une obscure vieillesse ? — RAC., Iph. I, 2
  • Et ce peuple, autrefois vil fardeau de la terre, Semble apprendre de nous le grand art de la guerre — VOLT., Alz. III, 6

4 Ce qui pèse moralement.

  • Ce [d'indignes favoris] sont des fardeaux et des empêchements des royaumes, qui pèsent à toutes les parties de l'État — BALZ., De la cour, 2e disc.
  • Me voilà délivrée d'un pesant fardeau [dit la femme d'Argan, en apprenant sa mort supposée] — MOL., Mal. imag. III, 18
9 autres citations
  • S'étant déchargé du fardeau de son scrupule — PASC., Prov. 8
  • Mon discours, dont vous vous croyez peut-être les juges, vous jugera au dernier jour ; ce sera un nouveau fardeau, comme parlaient les prophètes ; et, si vous n'en sortez plus chrétiens, vous en sortirez plus coupables — BOSSUET, Anne de Gonz.
  • Le crime d'une mère est un pesant fardeau — RAC., Phèdre, III, 3
  • C'est un pesant fardeau qu'avoir un gros mérite — REGNARD, le Joueur, II, 8
  • Chacun ne portera-t-il pas son propre fardeau devant la majesté terrible de celui.... — MASS., Carême, Resp. hum.
  • Je ne vous ennuie point de mes autres misères ; il ne faut pas appesantir son fardeau sur les épaules de l'amitié, mais savoir le porter avec un peu de courage — VOLT., Lett. d'Argental, 14 sept. 1773
  • Se délivrer, par la calomnie, du fardeau de la reconnaissance — MARMONTEL, Mém. x
  • Ce fardeau de malheur qu'en naissant j'ai porté — C. DELAV., Paria, I, 1
  • Déposer le fardeau des misères humaines, Est-ce donc là mourir ? — LAMART., Médit. I, 27

Poétiquement. Le fardeau des ans.

5 Ce qui exige beaucoup de soin et engage la responsabilité.

  • Le fardeau était trop pesant pour une seule tête — VAUGEL., Q. C. livr. X, dans RICHELET
  • Le fardeau l'empire] que sa main est lasse de porter — CORN., Cinna, II, 1
3 autres citations
  • Mais je sais peu louer ; et ma muse tremblante Fuit d'un si grand fardeau la charge trop pesante — BOILEAU, Disc. au roi
  • Mais à peine le ciel eut rappelé mon père.... Je sentis le fardeau qui m'était imposé ; Je connus.... que le choix des dieux, contraire à mes amours, Livrait à l'univers le reste de mes jours — RAC., Bérén. II, 2
  • Mon cœur peut-il porter, seul et privé d'appui, Le fardeau des devoirs qu'on m'impose aujourd'hui ? — VOLT., Zaïre, III, 4

6 Il se dit de ce que coûtent les guerres en hommes et en argent. non relevé aujourd’hui

  • Ils soutinrent le fardeau de tant de guerres — BOSSUET, Hist. I, 10
  • Ce qu'il y eut de plus étrange, c'est qu'étant entré dans Dresde le 18, il y fit la paix le 25 avec l'Autriche et la Saxe, et laissa tout le fardeau au roi de France — VOLT., Louis XV, 17

7Terme de mines. Terres, roches qui menacent d'ébouler. repris par le Wiktionnaire

8Terme de brasserie. L'eau et la farine que contient une cuve à faire de la bière.

Historique

XIIIe s.

  • Lors se sont andui [tous deux] esveillié ; Si ont moult bien apareillié, Comme marcheanz, lor fardel ; Et Primaut a pris un hardel, Et si l'a à son col pendu — Ren. 3691
  • Cil qui metent fardiaus en l'iaue en Greve pour aler à Corbuel à la foyre.... si ne doivent noient — Liv. des mét. 285

XVe s.

  • Dont St Christophe et son fardel [J. Christ qu'il porta].... — EUST. DESCH., Poésies mss. f° 393, dans LACURNE
  • Adonc luy rendit ses lettres toutes telles que elles estoient, liées en un fardeau — Bouciq. II, 25

XVIe s.

  • Fardeau de robes ou trosseau [trousseau des nouvelles mariées] — Nouv. coust. génér. t. II, p. 1237
Étymologie

Bourguig. fadeà ; provenç. fardel ; cat. fardell ; espagn. fardo, fardillo ; ital. fardello. Origine incertaine. Du Cange le tire de φόρτος, fardeau, faix ; mais le changement de voyelles (o en a) dans toutes les langues romanes fait difficulté. Génin pense que fardel est dit pour hardel, de hart, lien ; mais, ici aussi, le changement de h en f dans toutes les langues est un obstacle qu'on ne peut laisser de côté. Le simple fardo se trouve dans le portugais, et les étymologistes portugais le tirent de l'arabe fard, qui signifie vêtement, drap. Dans le fait, il y a aussi dans le portugais farda, habit ; dans l'espagnol et le portugais, fardar, et, dans le vieux français, fardes, habillement (De poures fardes se vesti, Rou, ms. p. 182, dans LACURNE). Diez admet, comme la vraie origine, que du sens de vêtement on ait passé à celui de bagage, et de celui de bagage à celui de fardeau ; c'est ainsi que, inversement, robe, qui signifiait butin, a passé au sens de vêtement. Cependant toute incertitude n'est pas écartée, vu qu'on ne trouve pas le passage du sens d'habillement à fardeau.

Supplément au dictionnaire

FARDEAU. Ajoutez :

8 Réunion de plusieurs colis en un seul.

  • L'article 16 [de la loi de douanes du 27 juillet 1822] défend de réunir par une même ligature plusieurs colis, soit ballots, caisses ou surons fermés, pour en former un fardeau qu'on déclare comme unité — Circulaire des douanes, 28 juill. 1822, 20 740

En fardeau, expression consacrée en parlant de colis réunis en un seul par un moyen quelconque.

  • Sur quelques points, les fabricants ou marchands qui emportent ou font des livraisons à des établissements industriels de l'intérieur sont dans l'usage de réunir diverses caisses en fardeau sous un seul lien ; pourvu que la réunion des caisses soit formée de manière à rendre toute substitution impossible, il ne sera, dans ce cas, apposé qu'un seul plomb — Circul. des contrib. indir. 13 fév. 1871, n° 114, p. 4

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 2 de l’édition papier

Liens de sens

Terme générique

faix

Terme spécifique

charge croix voiture

Dérivés

fardeau de l’homme blanc fardelage fardeleuse fardeliser

Prononciation

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « fardeau » du Wiktionnaire.

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