bigre
- nature
- ono
- diction
- [biɡʁ] · 1 syllabe
- usage
- 1 par million de mots
Sens et définitions
Interjection 1
-
familier Atténuation de bougre.
- — Bigre, une panthère volante !? — C’est peut-être un mirage ? — Oui, on ne supporte plus la chaleur. Jacques Nicolaou, «Placid et Muzo et la statuette d'or», Pif Gadget nᵒ 224, 11 juin 1973, p.66, cases 10 et 11.
Nom 1
-
Garde forestier affecté à la conservation des abeilles.
- L'élevage des abeilles, fait quelquefois par les particuliers, était confié dans les forêts à une catégorie d'agents forestiers, les bigres, qui recherchaient les essaims, les cultivaient, et recueillaient, pour le compte d'un seigneur, le miel et la cire. Faral, La Vie quotidienne au temps de st Louis, 1942, page 172
Origine du mot
De l’ancien bas vieux-francique *bikari correspondant à bijker (« apiculteur ») en frison → voir bij, « abeille ».
1873 — le Littré
BIGRE1 interj. (bi-gr')
1 Jurement adouci. Très familier (voy. BOUGRE).
Supplément au dictionnaire
2
- Bigre à l'huile, expression grossière par laquelle on désignait les minimes, parce que saint François de Paule, fondateur de l'ordre, leur avait prescrit de ne manger que de l'huile, c'est-à-dire de faire toute leur cuisine à l'huile, et cela, parce que les pauvres, en Calabre, faisaient de même — CH. NISARD, Parisianismes, p. 144
- Tu te rengorges bien, reprit le moine altier, Et tu fais bien le bigre à l'huile, Apprends, mon grand ami, qu'ignorant cordelier Vaut un minime habile — Recueil de nouvelles poésies galantes, 2e part. p. 131, 1726
BIGRE2 s. m. (bi-gr')
Terme d'ancienne coutume. Garde forestier spécial pour la conservation des abeilles. encore relevé aujourd’hui
Chasseur d'essaims dans les forêts.
Historique
XVe s.
- Avons droit d'avoir et tenir en la dite forest [de Conches] ung bigre, lequel peut prendre mousches, miel et cire pour le luminaire de notre dite eglise, mercher [marquer], couper et abattre les arbres, où elles seront, sans aucun dangier ne reprinse — DU CANGE, bigrus.
- Ai droit de trois ans en trois ans, quand on met les mouches en ladite forest [de Breteuil], d'envoyer mon bigre avec les bigres du roi, lequel doit estre juré devant le chastelain de Breteuil, de bien et fidelement querre les abeiles et le miel, pour en faire mon besoing — ID., ib.
1 autre citation
- Et dudit fief d'Auvergny depend ung hostel appellé la Bigrerie, ou l'hostel aux mouches — ID., ib.
Étymologie
Bas-lat. bigrus, bigarus. Étymologie inconnue.
Supplément au dictionnaire
On l'a tiré du lat. apiger, celui qui gouverne les abeilles, par le retranchement de l'a (voy. LEBER, Collect. des meilleures dissert. t. XX, p. 307). Il vient plutôt du germanique : anglo-sax. beo ; dan. bie ; angl. bee, abeille, d'où le bas-lat. bigarus, bigre, gardien d'abeilles.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 1 de l’édition papier
Liens de sens
Dérivés
Prononciation
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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