renommée

nature
nom féminin
diction
[ʁənome] · 3 syllabes
usage
5 par million de mots

Sens et définitions

Nom 4

  1. Renom, réputation.
    • Ils pensent en effet que le luxe vestimentaire est proportionnel à l’importance et à la renommée d’un individu. Alain Gerbault, À la poursuite du soleil, tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929
  2. Le personnage qui jouit de cette renommée.
    • S’il est glorieux d’épouser une grande renommée, on s’aperçoit bientôt qu’un homme supérieur est, en tant qu’homme, semblable aux autres. Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844
  3. Voix publique qui annonce quelque action, quelque évènement remarquable, qui répand l’éloge ou le blâme sur quelque personnage.
    • Je n’en fus instruit que par la renommée.
1 emploi spécialisé
  1. Mythologie Être mythologique et allégorique, représenté sous les traits d’une déesse embouchant la trompette.

Formes fléchies 2

  1. Participe passé féminin singulier de renommer.
  2. Féminin singulier de renommé.

Citation

Et la gloire et la renommée Ne sont que songe et que fumée, Et ne vont point jusques aux morts
Vincent Voiture, Œuv. t. II, p. 206

Origine du mot

Renommé ; provenç. renomada, renomnada ; ital. rinomata. — Littré, 1873

1873 — le Littré

RENOMMÉE s. f. (re-no-mée ; Palsgrave, p. 57, dit, au XVIe siècle, qu'on prononçait renoumée)

1 Connaissance d'un nom parmi un public plus ou moins étendu. Bonne renommée. Mauvaise renommée. encore relevé aujourd’hui

  • Et la gloire et la renommée Ne sont que songe et que fumée, Et ne vont point jusques aux morts — VOIT., Œuv. t. II, p. 206
  • Ne montrez à la cour que votre renommée — CORN., Nicom. I, 1
7 autres citations
  • À quelque prix qu'on mette une telle fumée, L'obscurité vaut mieux que tant de renommée — ID., Hor. II, 3
  • Le soin que nous prenons de notre renommée.... — MOL., Tart. III, 3
  • Qu'heureux est le mortel qui, du monde ignoré, Vit content de soi-même en un coin retiré ; Que l'amour de ce rien qu'on nomme renommée N'a jamais enivré d'une vaine fumée ! — BOILEAU, Epître VI
  • Mes malheurs font encor toute ma renommée — RAC., Bajaz. II, 1
  • Louis XIV, jeune encore et avide de renommée, qu'il prenait pour la véritable gloire, se préparait à faire la guerre à la Hollande — D'ALEMB., Éloges, Despréaux.
  • Pour jouir de ce bonheur qu'on cherche tant et qu'on trouve si peu, la sagesse vaut mieux que le génie, l'estime que l'admiration, et les douceurs du sentiment que le bruit de la renommée — ID., Éloges, Sacy.
  • Nous marchions vers cette petite ville [Athènes], dont le territoire s'étendait à quinze ou vingt lieues, et qui balance dans l'univers la renommée de l'empire romain — CHATEAUBR., Itin. part. I

Terme de palais. Rétablir quelqu'un en sa bonne fâme et renommée.

2 La voix publique Nous avons appris l'événement par la renommée.

  • La renommée accuse juste en contant ce que vous valez — MOL., Préc. 10
  • J'eus soin de vous nommer.... Des gouverneurs que Rome honorait de sa voix ; Je fus sourde à la brigue et crus la renommée — RAC., Brit. IV, 2
2 autres citations
  • La vérité s'accorde avec la renommée, Madame, Osmin a vu le sultan et l'armée — ID., Bajaz. I, 2
  • Toujours la renommée Avec le même éclat n'a pas semé mon nom — ID., Bérén. II, 2

Terme de palais. Enquête de commune renommée, sorte d'enquête de voix publique pour constater certains faits.

  • Si le défaut d'inventaire porte sur un mobilier échu à la femme, celle-ci ou ses héritiers sont admis à faire preuve, soit par titres, soit par témoins, soit même par commune renommée, de la valeur de ce mobilier — Code Nap. art. 1504

3 Être mythologique et allégorique représenté sous la figure d'une femme embouchant la trompette (en ce sens il s'écrit avec une r majuscule). Peindre, sculpter plusieurs Renommées. encore relevé aujourd’hui

  • Lorsque d'un pied léger la prompte Renommée, Semant partout l'effroi, vient au chantre éperdu Conter l'affreux détail de l'oracle rendu — BOILEAU, Lutr. V

En cette acception, on s'en sert dans plusieurs phrases de style oratoire et poétique, mais sans y mettre l'r majuscule. La renommée publie ses victoires. Le vol de la renommée. Sur les ailes de la renommée.

  • Mais on croit trop ici l'aveugle renommée, Son infidèle voix vous a mal informée — VOLT., Adél. I, 3
  • Mon cher ami, vous savez que la renommée a cent bouches, et que, pour une qui dit vrai, il y en a quatre-vingt-dix-neuf qui mentent — ID., Lett. à Collini, 22 oct. 1766
1 autre citation
  • La renommée a publié de ses cent bouches les victoires qu'il [Amazan] remporta sur les trois rois avec ses Espagnols, ses Vascons et ses licornes — ID., Princ. de Babyl 11
Synonyme

RENOMMÉE, RÉPUTATION. La renommée a pour point de départ la célébrité ; la réputation, une opinion plus circonscrite. La renommée est dans le grand public ; la réputation, dans un petit public. Aussi Duclos a-t-il dit : La réputation et la renommée peuvent être fort différentes, et subsister ensemble, Consid. mœurs, 5.

Remarque

Corneille ayant dit : Et lui, désespéré, s'en alla dans l'armée Chercher d'un beau trépas l'illustre renommée, Poly. I, 3, Voltaire objecte que renommée ne convient point à trépas ; ce mot ne regarde jamais que la personne, parce que renommée vient de nom : la renommée d'un guerrier, la gloire du trépas.

Historique

XIIIe s.

  • Mieux aim [j'aime] de li [de ma dame] avoir dure pensée, Que d'une autre greigneurs biens atenir ; Tant aim de li [j'aime d'elle] la douce renommée — VIDAME DE CHARTRES, Romanc. p. 114
  • Il furent chevalier de haute renommée — AUDEFR. LE BAST., ib. p. 25
7 autres citations
  • Trop dolente en seroie, s'en faisiez renommée [si vous en parliez] — Berte, XVI
  • Bone gent [ils] sont et sage et de grant renommée — ib. XLVI
  • Par toute la contrée en va la renommée — ib. CIV
  • Tant que il avint que renoumée, qui par tout vole, en vint au roi Phelippe — Chr. de Rains, p. 61
  • Et fu renoumée de celi femme qu'il voult [voulut] gesir avec elle contre se [sa] volenté — Bibl. des chartes, 2e sér. t. III, p. 425
  • Maistre Robert de Cerbone pour la grant renommée que il avoit d'estre preudomme, il [Louis IX] le faisoit manger à sa table — JOINV., 195
  • Mais de sorplus ne vos fas [je ne vous fais] renomée [récit] — Aubri, p. 159

XIVe s.

  • Il est escript : la vieille renommé est tost alée quant elle n'est renouvelée — LE CHEV. DE LA TOUR, Instruct. à ses filles, f° 85, dans LACURNE.

XVe s.

  • De quoi lesdits seigneurs ne voulurent mie plenté sejourner, ni eux endormir en la renommée des medisans — FROISS., I, 1, 201
  • Balade que bonne renommée vault mieux à l'homme que fin or — E. DESCH., Poésies mss. f° 368
1 autre citation
  • Plus griefve chose est la moitié, de male renommée faire bonne que de la bonne faire mauvaise — Perceforest, t. I, f° 124

XVIe s.

  • Si le soing de se faire cognoistre aux siecles advenir et de la renommée — MONT., I, 291
Étymologie

Renommé ; provenç. renomada, renomnada ; ital. rinomata.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 4 de l’édition papier

Liens de sens

Terme générique

personnage renom voix

Terme spécifique

gloire

Dérivés

commune renommée enquête de commune renommée sur les ailes de la renommée temple de la renommée trompettes de la renommée

Associés

déesse au cent bouches

Domaine

mythologie

Prononciation

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « renommée » du Wiktionnaire.

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