fumer
- nature
- ver
- diction
- [fyme] · 2 syllabes
- usage
- 57 par million de mots
Sens et définitions
Verbe 11
-
Jeter de la fumée.
- Eh bien, Long, c’est exactement la même chose pour les volcans. Ils ne fument pas toujours. Jules Verne, Le Pays des fourrures, J. Hetzel et Cⁱᵉ, Paris, 1873
-
Exhaler de la vapeur, en parlant d’un corps très chaud.
- Les carcasses de tôle fumaient, les plaies des corps aussi. Sylvain Tesson, Une vie à coucher dehors, Gallimard (collection Folio), 2009, page 29
-
familier Avoir de la colère, du dépit, de l’impatience, etc.
- Un ministre, porté sans doute sur la chose, réclamait une France de cent millions de citoyens. On les lui promettait pour l’an 2040 pile. Il fumait ! Tout de suite, qu’il les voulait ! René Fallet, Paris au mois d’août, Denoël, 1964, Le Livre de Poche, page 99
-
Soumettre des viandes à l’action de la fumée plus ou moins longtemps, pour les sécher et les conserver.
- Le bandit! Nous allons être fumés comme des jambons! Willy Vandersteen, La cavale d’or, Collection Bleue des éditions Standaard, Anvers, 1997, réédition 2009, cinquième planche
- Forcer un animal dans son terrier qu’on remplit de fumée ; enfumer.
- vieilli Donner une teinte d’or à de l’argent, en l’exposant à la fumée de certaines substances.
-
Faire brûler du tabac ou une autre substance, en aspirant par la bouche.
- Au Royaume-Uni, tous les jeunes nés après 2009 ne seront plus autorisés à fumer ou vapoter. Euronews avec AP, Une loi britannique veut créer une génération sans tabac, sont visés tous les jeunes nés après 2009, Euronews avec AP, 17 avril 2024
-
familier Passer à tabac, frapper.
- Je vais te fumer derrière les cyprès. IAM, Je danse le Mia, 1993
3 emplois spécialisés
-
Agriculture
Amender une terre en y épandant du fumier ou des produits chimiques.
- Au Haras comment pouvait-elle supporter l’odeur du crottin ? Quand les étalons passaient devant chez nous ils en couvraient la rue. Je courais le ramasser avec une pelle pour fumer nos tomates. Paul Guth, Le mariage du Naïf, 1957, réédition Le Livre de Poche, page 99
- Drogues et toxicomanie Brûler du tabac ou une autre substance et en aspirer la fumée.
- Salaison Soumettre un aliment préalablement salé à l'action de la fumée produite par la combustion lente de bois dur.
Conjugaison
Indicatif
Présent
- je fume
- tu fumes
- il fume
- nous fumons
- vous fumez
- ils fument
Imparfait
- je fumais
- tu fumais
- il fumait
- nous fumions
- vous fumiez
- ils fumaient
Passé simple
- je fumai
- tu fumas
- il fuma
- nous fumâmes
- vous fumâtes
- ils fumèrent
Futur simple
- je fumerai
- tu fumeras
- il fumera
- nous fumerons
- vous fumerez
- ils fumeront
Passé composé
- j'ai fumé
- tu as fumé
- il a fumé
- nous avons fumé
- vous avez fumé
- ils ont fumé
Plus-que-parfait
- j'avais fumé
- tu avais fumé
- il avait fumé
- nous avions fumé
- vous aviez fumé
- ils avaient fumé
Passé antérieur
- j'eus fumé
- tu eus fumé
- il eut fumé
- nous eûmes fumé
- vous eûtes fumé
- ils eurent fumé
Futur antérieur
- j'aurai fumé
- tu auras fumé
- il aura fumé
- nous aurons fumé
- vous aurez fumé
- ils auront fumé
Subjonctif
Présent
- je fume
- tu fumes
- il fume
- nous fumions
- vous fumiez
- ils fument
Imparfait
- je fumasse
- tu fumasses
- il fumât
- nous fumassions
- vous fumassiez
- ils fumassent
Passé
- j'aie fumé
- tu aies fumé
- il ait fumé
- nous ayons fumé
- vous ayez fumé
- ils aient fumé
Plus-que-parfait
- j'eusse fumé
- tu eusses fumé
- il eût fumé
- nous eussions fumé
- vous eussiez fumé
- ils eussent fumé
Conditionnel
Présent
- je fumerais
- tu fumerais
- il fumerait
- nous fumerions
- vous fumeriez
- ils fumeraient
Passé
- j'aurais fumé
- tu aurais fumé
- il aurait fumé
- nous aurions fumé
- vous auriez fumé
- ils auraient fumé
Impératif
Présent
- fume
- fumons
- fumez
Passé
- aie fumé
- ayons fumé
- ayez fumé
Formes impersonnelles
- Infinitif présent
- fumer
- Participe présent
- fumant
- Participe passé
- fumé
Citation
Ce corps pâle et sanglant auprès duquel fume encore la foudre qui l'a frappé [le boulet qui vient de le tuer]
Origine du mot
Du latin fumare.
Du latin *fimare qui dérive de fimus (« fumier »).
1873 — le Littré
FUMER1 v. n. (fu-mé)
1 Jeter de la fumée. Le bois n'est pas sec, il fume beaucoup. Le Vésuve avait fumé depuis quelques jours quand l'éruption commença. repris par le Wiktionnaire
- Ce corps pâle et sanglant auprès duquel fume encore la foudre qui l'a frappé [le boulet qui vient de le tuer] — FLÉCH., Turenne.
- Du salpêtre en fureur l'air s'échauffe et s'allume, Et des coups redoublés tout le rivage fume — BOILEAU, Ép. IV
2 autres citations
- L'Olympe voit en paix fumer le mont Etna ; Zoïle contre Homère en vain se déchaîna — PIRON, Métrom. III, 7
- Allez, qu'un encens pur recommence à fumer — VOLT., Sémir. III, 2
Cette cheminée fume, cette chambre fume, se dit quand la fumée, au lieu de sortir par le tuyau de la cheminée, se rabat et entre dans la chambre.
Impersonnellement. Il fume dans cette chambre.
Poétiquement. Faire fumer les autels, y brûler de l'encens, y offrir des sacrifices.
- Dans Rome les autels fumaient de sacrifices — RAC., Brit. IV, 2
- Même aux pieds des autels que je faisais fumer, J'offrais tout à ce dieu que je n'osais nommer — ID., Phèd. I, 3
2 autres citations
- Tous les temples ouverts fument en votre nom — ID., Bérén. IV, 6
- Faites fumer un doux encens en l'honneur de ce Dieu — FÉN., Tél. v.
Fig.
- Je vois ces autels où fuma l'encens de ses oraisons — FLÉCH., Mme d'Aig.
2Par extension, exhaler une vapeur humide qui devient visible. Le marécage fume au lever du soleil. Ses naseaux fument. Ce cheval a couru, il fume. encore relevé aujourd’hui
- Le sang des victimes fumait de tous côtés — FÉN., Tél. IX
Fig.
- Ce sang qui, tout versé, fume encor de courroux De se voir répandu pour d'autres que pour vous — CORN., Cid, II, 9
Son sang fume encore, il y a peu de temps qu'il a été tué.
- Le sang de Henri le Grand fumait encore quand le parlement de Paris donna un arrêt qui établissait l'indépendance de la couronne comme une loi fondamentale — VOLT., Pol. et législ. Traité sur la tol. Abus de l'intol.
Ses cendres fument encore, il y a peu de temps qu'il est mort.
- Les cendres de tant de princes fument encore — MASS., Or. fun. Madame.
Fumer du sang, se dit du lieu où le sang est versé depuis peu.
- Sera-ce hors des murs, au milieu de ces places Qu'on voit fumer encor du sang des Curiaces ? — CORN., Hor. V, 3
- Vous voyez que depuis tant d'années [de guerre] tous les fleuves sont teints, et que toutes les campagnes fument du sang chrétien — BOSSUET, Panég. St Bernard, 2
3 autres citations
- Si de sang et de morts le ciel est affamé, Jamais de plus de sang ses autels n'ont fumé — RAC., Iphig. V, 2
- Et la Crète fumant du sang du minotaure — ID., Phèdre, I, 1
- Ils craignaient de comparaître devant le parlement de Toulouse, dans une ville qui fumait encore du sang de Calas — VOLT., Lett. Sudre, 6 févr. 1769
3Fig. et populairement. Avoir du dépit, de l'impatience. Je l'ai fait fumer. Il fume, mais il n'ose témoigner son dépit. encore relevé aujourd’hui
On dit souvent en ce sens : fumer sans pipe.
La tête lui fume, il est fort en colère.
4 V. a. Exposer à la fumée. Fumer des jambons. encore relevé aujourd’hui
Fumer l'argent filé, lui donner le fumage.
Terme de chasse. Fumer les renards, remplir de fumée le terrier des renards pour les en faire sortir et les prendre à la seule issue non bouchée.
Terme de métallurgie. Fumer un four ou un fourneau, le sécher après qu'il a été reconstruit ou réparé.
5 Aspirer et rendre en fumée par la bouche. Fumer la pipe, le cigare. Fumer du camphre. encore relevé aujourd’hui
- L'auteur [Lopez de Gama] avoue que c'est là-dessus [de ce que les indigènes d'Amérique mangeaient des limaçons, des cigales, des sauterelles] qu'on fonda le droit qui rendait les Américains esclaves des Espagnols, outre qu'ils fumaient du tabac et qu'ils ne se faisaient pas la barbe à l'espagnole — MONTESQ., Esp. XV, 3
Fumer l'opium, opération qui se fait en introduisant un ou deux grains d'extrait d'opium dans une pipe qui ne ressemble en rien à notre pipe, brûlant de temps en temps cet extrait à une petite lampe qu'on a à côté de soi, et aspirant la fumée.
Fumer sa pipe, se dit d'un symptôme qui se présente quelquefois dans les apoplexies : le malade, dont un côté de la face est paralysé, a ce côté gonflé passivement à chaque expiration ; mouvement qui a quelque ressemblance à celui d'un fumeur.
Le Mont-Blanc fume sa pipe, dicton des Savoisiens qui expriment par là la vapeur que le sommet du Mont-Blanc paraît presque toujours exhaler, même dans les plus beaux temps.
Fumer le calumet de la paix, voy. CALUMET.
Voltaire a dit fumer le calumet de la guerre, pour déclarer la guerre ; nous ne savons si cela est fondé sur les coutumes des peuplades américaines du Nord.
- Nous ne fumâmes contre lui ni contre ses enfants le calumet de la guerre, — VOLTAIRE, Jenni, 7
Absolument, fumer, prendre du tabac en fumée. Il a fumé toute la nuit.
- Ils fumaient comme des dragons — HAMILT., Gram. 3
6 Se fumer, v. réfl. Être exposé à la fumée. Mettre un jambon dans la cheminée pour qu'il se fume. encore relevé aujourd’hui
7 Être fumé. Le tabac se fume avec plaisir. encore relevé aujourd’hui
Historique
XIIe s.
- Sire, encline tes ciels e descent, toche les monz, e il fumerunt — Liber psalm. p. 222
- Ensi come li feus qui fume, Tant que la flame s'i est mise — Chev. au lyon, v. 1778
XIIIe s.
- Lors s'en torna en un essart Droit devant le chastel Renart, Et vit la cuisine fumer, Où il ot fait feu alumer — Ren. 937
XVe s.
- Si commença à soi fumer [enrager], et couleur changer — LOUIS XI, Nouv. XLI
- Car au cuer ay telle amertume, Que de douleur tout mon cuer fume — la Resur. de N. S. Myst.
XVIe s.
- Et lors que plus jalousie se fume, Lors que Danger plus sa cholere allume, Et que Rapport plus se mect à blasmer, Lors se doit plus vraye amour enflammer — MAROT, I, 349
- Quand revoirai-je helas, de mon petit village, Fumer la cheminée, et en quelle saison Revoiray-je le clos de ma pauvre maison ? — DU BELLAY, VI, 11, verso.
6 autres citations
- Ceux-cy [fourmis] trainent les grains trop pesans et trop gros, Ceux-là les vont poussant de l'espaule et du doz : Tout le chemin en fume — ID., VIII, 47, recto.
- Je me sens fumer en l'ame, parfois, aulcunes tentations d'ambition — MONT., IV, 132
- Le peuple n'est point de retour dans ses maisons, la pluspart embrasées et encores fumantes — D'AUB., Hist. II, 252
- Vachonniere solicité par les compagnons d'aller cercher de quoi faire fumer le pistollet.... — ID., ib. 285
- Celuy qui veut prendre garde à la cholere du commencement, en voyant qu'elle commence à fumer et à s'allumer.... — AMYOT, Comment refrén. la colère, 7
- Par toy d'un paisible labeur Le bœuf fume sous la charrue — RONS., 514
Étymologie
Bourguig. feumai : provenç. et espagn fumar ; ital. fumare ; du latin fumare, dont le radical est le même que le grec θύμα, fumée de sacrifice, de θύειν, offrir de l'encens en sacrifiant, et θυμὸς, vapeur, d'où esprit ; sanscrit, dhu, agiter, fumer.
Supplément au dictionnaire
1. FUMER.
7 Ajoutez : On dit aussi fumer pour se fumer, être fumé.
- Il ne suffit pas que les feuilles soient de bonne qualité et bien préparées, pour qu'un cigare fume bien.... le cigare fume mal et devient mauvais — Monit. univ. 11 août 1867, p. 1099, 1re col.
FUMER2 v. a. (fu-mé)
Épandre du fumier sur une terre. Fumer un champ. encore relevé aujourd’hui
- Les terres intérieures [dans l'Amérique] n'ont commencé que depuis peu à être fumées ; le besoin étendra cette pratique indispensable — RAYNAL, Hist. phil. XI, 25
Absolument. Il faut fumer si l'on veut avoir des récoltes.
Fumer en couverture, répandre le fumier uniformément sur le sol ; mode de fumer ainsi nommé parce que l'engrais forme sur le terrain une sorte d'enveloppe.
Par extension. Fumer un coin de terre, y être enterré.
- Aimez votre ancien ami Voltaire, qui vous est tendrement attaché jusqu'à ce qu'il aille fumer son jardin après l'avoir cultivé — VOLT., Lett. Marmontel, 26 janv. 1772
Fig. Fumer ses terres, se dit d'une alliance, par mariage, entre noble et vilain, le noble étant pauvre, et le vilain riche.
Historique
XIIIe s.
- Li faucons tent bas es terés Vers un camp femé par monciaus — l'Escoufle
XVIe s.
- Aucunes foys le laboureur par trop fumer n'a le meilleur — GÉNIN, Récréat. t. II, p. 235
Étymologie
Voy. FUMIER ; provenç. et catal. femar. La forme régulière et ancienne est femer ; fumer est une altération populaire, comme celle qui transforme femelle en fumelle, semer en sumer, etc.
Supplément au dictionnaire
2. FUMER. Ajoutez :
- Fumer en couvertures, étendre le fumier sur le sol, au lieu de l'enterrer — Rev. agricole, 1er avril 1875, p. 138
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
- Morphalou 3.1 — ATILF (CNRS / Université de Lorraine) LGPL-LR
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