chaland

nature
nom masculin
diction
[ʃalɑ̃] · 2 syllabes
usage
2 par million de mots

Sens et définitions

Nom 4

  1. (Par analogie, avec une nuance péjorative) Individu qui éprouve de l’intérêt pour une personne bien en vue (généralement pour une femme) et qui s’attache à elle ; galant.
    • Savez-vous bien qu’elle est assez sotte ? Cela n’attire point les chalands. Mme de Sévigné
  2. Grand bateau plat dont on se sert pour transporter les marchandises.
    • Des chalands, noirs d’une poussière de charbon, descendaient sur l’eau verte Émile Zola, Le Ventre de Paris, Georges Charpentier, Paris, 1873
2 emplois spécialisés
  1. Commerce Celui ou celle qui achète ordinairement chez un même marchand.
    • Elle attire les chalands qui viennent acheter des jouets traditionnels ou simplement s’y prendre en photo. Minh Thu, Des lanternes qui font tourner les têtes des Saïgonnais, lecourrier.vn, 28 septembre 2020
  2. Transport de marchandises Moyen de transport sur l'eau à fond plat, non motorisé et utilisé pour le déplacement de chargement.

Adjectif 1

  1. vieilli Qualifiait un pain blanc et massif.
    • Chacun est assez bon galand, Pourveu qu'il ait un pain chaland, Vous ne regardez plus sa trogne. sieur de La Valise, chevalier de la Treille, La Famine, ou les Putains à cul, 1646

Citation

Savez-vous bien qu'elle est assez sotte ? Cela n'attire point les chalands
Madame de Sévigné, 309

Origine du mot

Du grec ancien χελάνδιον, khelándion (« chelandion, dromon »), lui-même de κέλης, kélês (« coursier, cheval de course »), soit « navire de course, navire rapide » → voir corsaire. caland.

1873 — le Littré

CHALAND, ANDE1 s. m. et f. (cha-lan, lan-d')

1 Acheteur, pratique. Ce marchand a beaucoup de chalands, de bons chalands. Il perd ses chalands.

Quelquefois, simplement, acheteur. Faire venir les chalands.

2Par extension, client, et toute personne qui en recherche une autre, s'attache à elle, entretient avec elle des rapports habituels. Cette femme est un fort bon parti, elle ne manquera pas de chalands.

  • Savez-vous bien qu'elle est assez sotte ? Cela n'attire point les chalands — SÉV., 309
  • Cache ton corps sous un habit funeste ; Ton lit, Margot, a perdu ses chalands ; Et tu n'es plus qu'un misérable reste Des premiers temps et des premiers galants — MAINARD, dans RICHELET

Familièrement. C'est un chaland [une connaissance] dont je ne me soucie guère. Nous ne serons pas longtemps chalands [en bons rapports], si vous vous conduisez ainsi.

3 Se disait d'une sorte de pain assez blanc et très massif. encore relevé aujourd’hui

  • Mais retournons à table où l'éclanche [de mouton].... Des dents et du chaland séparait la querelle — RÉGNIER, Sat. X

Adjectivement, pain chaland. Ce pain était ainsi nommé, parce qu'il était le pain ordinaire des chalands d'un boulanger.

Historique

XIIe s.

  • Reis, se tu es enuinz [oint], curune d'or portant, Ne deiz estre en orgueil, mais en bien reluisant, à tun peuple deiz estre e chiefs e lur [leur] chalant — Th. le mart. 30

XVe s.

  • Gautier le camus, qui estoit accompagné de dix autres compagnons acointés et chalans de la dite Tassine.... — DU CANGE, chelandium.

XVIe s.

  • Pain chalan — O. DE SERRES, 824
  • Outre celles qu'ils entretenoient en leurs maisons, ils avoient leurs chalandes [maîtresses] par tous les endroits de la ville — H. EST., Apol. d'Hérod. p. 58, dans LACURNE
Étymologie

Espagn. chalan ; de chaland, sorte de bateau (voy. CHALAND 2) ; le chaland, qui achète, étant comparé au chaland, bateau, qui va chercher les marchandises pour les apporter au rivage, au quai, au marché (comp. BARGUIGNER). Dans le passage de Thomas le martyr, chiefs et chalant signifient chef et associé, comme le prouve l'emploi de chalandise dans un texte de Froissart cité plus loin. Enfin, dans le parler de Loudéac (Côtes du Nord), chaland signifie gouttière, conduit pour l'eau, peut-être par quelque assimilation avec chaland, bateau.

Supplément au dictionnaire

Quelque difficile, à cause du sens, qu'il soit d'assimiler chaland, chalande à chaland, sorte de navire, néanmoins cette étymologie reste la plus plausible. M. Bovet, dans un article de M. Berthoud, Journal de Genève, 3 déc. 1874, propose chalant, participe de chaloir : le chaland, celui qui désire, qui est amateur de tel ou tel objet ; mais chaloir est impersonnel, du moins dans tous les exemples connus, et ne se construit qu'avec la négation ou l'interrogation : Ne vous chaut, que vous chaut ? Il me chaut d'une chose, et non je chau d'une chose. Cet obstacle grammatical paraît difficile à surmonter.

CHALAND ou CHALAN2 s. m. (cha-lan ; le d ne se lie jamais)

Suivant les dictionnaires de marine, CHALAN.

1Terme de navigation fluviale. Grand bateau plat, pour le transport des marchandises. Les chalands qui font les transports entre le Havre et Paris. encore relevé aujourd’hui

2Terme de marine. Allége à fond plat tirant très peu d'eau.

Historique

XIe s.

  • Il n'i a barge ne dromond ne calant — Ch. de Rol. CLXXVI

XIIe s.

  • Tus les porz funt guaitier e de jur e de nuit, Qu'il n'i puisse passer od plain chalant u vuit — Th. le mart. 63

XIIIe s.

  • Et li consaus [conseil] fu tex que l'empereres Henris s'en iroit au rivage et entreroit en un chalant — VILLEH., CLXX.
  • Lors se part de Jherusalem, Puis s'en entra en un chalan ; Le flum passa, el bois en vint — RUTEB., II, 120
2 autres citations
  • Chascuns puet ce faire, ausint comme il puet mener son chalant par le flueve — Liv. de just. 64
  • Parmi le bras saint Jore Hatins les a menés, Et trovent les chalans garnis et conreés — Ch. d'Ant. II, 322

XVe s.

  • Grand plenté de nefs et de chalans — FROISS., I, I, 261
Étymologie

Anc. catal. xelandrin ; bas-lat. chelandrium, chelindrus, salandra, calannus. Origine inconnue. Diez propose, par assimilation, tortue de mer, serpent de mer. Il y a bien, dans le bas-latin, calones, barques portant le bois aux soldats ; on pourrait accepter ce changement d'on en an ; mais d'où viendrait le t ou d de chalant ou chaland dans les plus anciennes formes ?

Supplément au dictionnaire

On a aussi proposé l'arabe chalandī, bateau plat ; mais M. Devic, Dict. étym., objecte que chaland se disait en normand calant, et qu'un ch arabe peut difficilement devenir un c dur.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 1 de l’édition papier

Liens de sens

Synonymes

barge péniche

Terme générique

individu

Terme spécifique

achalandage

Dérivés

achalandé achalander chaland-citerne chalandage chalandise

Domaine

commerce

Prononciation

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « chaland » du Wiktionnaire.

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