cocu
- nature
- nom masculin
- diction
- [koky] · 2 syllabes
- usage
- 5 par million de mots
Sens et définitions
Nom 4
-
familier Personne dont le partenaire ou le conjoint est infidèle.
- Sganarelle : A-t-on mieux cru jamais être cocu que moi. Vous voyez qu’en ce fait la plus forte apparence Peut jeter dans l’esprit une fausse créance : De cet exemple-ci, ressouvenez-vous bien, Et quand vous verriez tout, ne croyez jamais rien. Molière, Sganarelle ou le Cocu imaginaire, scène dernière
-
Celui qui est trompé, dupé, le dindon de la farce.
- Dans cette histoire, c’est moi le cocu.
-
Personne qui a de la chance.
- Avoir une veine (une chance) de cocu.
- argot Escargot (en France dans le Sud-Ouest), peut-être à cause des prétendues cornes dont on affuble parfois les maris trompés, ou à cause de sa coquille (ou coque). absent du Littré
Adjectif 2
-
Dupé, trompé, victime d’infidélité conjugale.
- « Cocu » est un mot pour les riches. Moi, si ça m’arrivait, je ne serais pas cocu, je serais malheureux. Marcel Pagnol, La Femme du boulanger, 1936
-
(Par antiphrase) Chanceux, veinard.
- Alors toi, aujourd'hui, tu es vraiment cocu, tu pourrais jouer les yeux fermés !
Citation
Si n'être pas cocu vous semble un si grand bien, Ne vous marier point en est le vrai moyen
Origine du mot
Provenç. cogot, coguos, coutz ; anc. catal. cugus. Le coucou est l'origine de ce mot, cocu dans l'ancien français signifiant le coucou. Cogul en provençal signifie également coucou et cocu, venant de cuculus, (2nd u allongé), coucou, qui s'est dit à côté de cuculus, ( 2nd u bref). Cous de l'ancien français répond à cucus qui se trouve dans Isidore pour cuculus. Cocu en français et cogot en provençal supposent une forme cucutus, comme qui dirait traité en coucou. — Littré, 1873
1873 — le Littré
COCU s. m. (ko-ku)
Terme de mépris et trop libre. Celui dont la femme est infidèle. encore relevé aujourd’hui
- Le maudit vieillard ne voulut être cocu — HAMILT., Gramm. 8
- Si n'être pas cocu vous semble un si grand bien, Ne vous marier point en est le vrai moyen — MOL., Éc. des f. V, 6
2 autres citations
- Quiconque a soixante ans vécu Et jeune fille épousera, S'il est galeux, se grattera Avec les ongles d'un cocu — Épigr. dans RICHELET
- On croit, j'en suis convaincu, Que vous me faites cocu — BÉRANG., Sénat.
Cocu en herbe, celui qui est menacé de l'être avant son mariage.
- Au sort d'être cocu son ascendant l'expose, Et ne l'être qu'en herbe est pour lui douce chose — ID., Éc. des maris, III, 10
Cocu en gerbe, celui qui l'est après son mariage.
Historique
XIIIe s.
- Par vous.... Sui-je mis en la confrerie Saint-Ernol, le seignor des cous Dont nus ne puest estre rescous, Qui fame ait.... — la Rose, 9167
- Uns dist à un autre par grand maltalent : voz estes coz, et de moi meïsme — BEAUMANOIR, XXX, 101
XVe s.
- Et vous pourrez ouir comment ung grant tas de vieilles commeres sçavent bien trouver les manieres de faire leurs maris coqus — VILLON, Repues franches.
- Sans que le pauvre coux de la ruelle s'osast onques montrer — LOUIS XI, Nouv. IV
6 autres citations
- Le quel vous aimeriez mieux estre cous en herbe ou en gerbe [avant ou après mariage] ? — DESPER., Contes, v.
- Et tout ainsi comme Aesopus dit que les petits oyseaux respondirent au cocu [coucou], qui leur demandoit pour quelle raison ilz le fuyoient — AMYOT, Aratus, 38
- Qui disoient que tels et tels s'estoyent faicts declarer coquus par arrest de la cour de parlement — H. EST., Apol. pour Hérod. ch. XI
- Encore faut-il estimer ces dames qui elevent ainsy leurs maris en biens, et ne les rendent coquins [gueux, pauvres] et cocus tout ensemble — BRANT., Dames gal. t. I, p. 135, dans LACURNE
- Il fut dit qu'on appelloit un homme marié cocu, qui avoit une femme impudique, d'un bel oiseau qu'on appelle le cocu, les autres l'appellent couquon, ainsi nommé de son chant ; et pour ce que ce bel oiseau va pondre au nid des autres oiseaux, estant si sot qu'il n'en sauroit faire un pour luy, par antithese et contrarieté on appelle celui-là cocu, au nid duquel on vient pondre, c'est à dire faire des petits — BOUCHET, Serées, liv. I, p. 275, dans LACURNE
- Non seulement ceux qui abusent des femmes d'autruy, mais aussi les maris abusez sont appelez cocus ; de sorte que, ce nom estant actif et passif et commun à tous les deux, nous pouvons dire cocu cocuant et cocu cocué — DU VERDIER, Div. leçons, p. 500, dans LACURNE
Étymologie
Provenç. cogot, coguos, coutz ; anc. catal. cugus. Le coucou est l'origine de ce mot, cocu dans l'ancien français signifiant le coucou. Cogul en provençal signifie également coucou et cocu, venant de cuculus, (2nd u allongé), coucou, qui s'est dit à côté de cuculus, ( 2nd u bref). Cous de l'ancien français répond à cucus qui se trouve dans Isidore pour cuculus. Cocu en français et cogot en provençal supposent une forme cucutus, comme qui dirait traité en coucou.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 1 de l’édition papier
Liens de sens
Terme générique
Famille morphologique
Prononciation
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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