tiré
- nature
- adj masculin
- diction
- [tiʁe] · 2 syllabes
- usage
- 130 par million de mots
Sens et définitions
Adjectif 4
- Abattu, amaigri, qui témoigne d’usure, de fatigue (en parlant du visage, des traits).
-
familier …
- Ils sont à couteaux tirés, Ils sont ennemis déclarés.
2 emplois spécialisés
- Généralités Signe indiquant que l'instrument à cordes doit diriger son archet dans le sens du talon à la pointe.
- Droit Personne à laquelle est donné l'ordre d'honorer un chèque, une lettre de change.
Nom 4
-
Chasse au fusil.
- Le roi fit hier un beau tiré.
-
Endroit aménagé pour cette chasse.
- Les tirés de Rambouillet.
2 emplois spécialisés
- Commerce Celui sur qui un effet a été tiré, qui est indiqué dans une lettre de change, dans un chèque, pour payer cet effet.
- Musique Mouvement d’un archet de la hausse à la tête, lorsque l’on joue un instrument de musique à cordes.
Formes fléchies 1
-
Participe passé masculin singulier du verbe tirer.
- Les Spartiates étaient petits en nombre, grands de cœur, ambitieux et violents ; de fausses lois n’en aurait tiré que de pâles coquins ; Lycurgue en fit d’héroïques brigands. Louis Thomas, Arthur de Gobineau, inventeur du racisme (1816-1882), Paris : Mercure de France, 1941, page 99
Citation
Il [le gazetier Marin devenu riche] a tant fait par ses journées, qu'enfin nous avons vu de nos jours le corsaire allant à Versailles, tiré à quatre chevaux sur la route
Origine du mot
latin — ab « Dictateur tiré de la charrue »
1873 — le Littré
TIRÉ, ÉE part. passé (ti-ré, rée)
de tirer
1 Mû, amené vers soi ou après soi. La voiture tirée par les chevaux.
2 Tiré à quatre chevaux, écartelé.
Par un jeu de mots qui est une allusion à ce supplice.
- Il [le gazetier Marin devenu riche] a tant fait par ses journées, qu'enfin nous avons vu de nos jours le corsaire allant à Versailles, tiré à quatre chevaux sur la route — BEAUMARCH., 4e mém.
3 Mis hors. L'épée tirée du fourreau.
- Dans l'antre de la bête féroce.... devant elle, sous ses yeux étincelants, ses ongles tirés — DIDER., Cl. et Nér. I, 108
Ils sont à couteaux tirés, aux couteaux tirés, voy. COUTEAU, n° 6.
4 Rideau tiré, rideau écarté. Le rideau tiré, on vit la scène.
Rideau tiré, rideau avancé pour cacher quelque chose.
- Les rideaux de son lit étaient tirés, de manière que je pouvais entrer sans être aperçue — GENLIS, Vœux témér. t. II, p. 120
5 Il se dit d'une liqueur qu'on fait couler du réservoir qui la contient. Le vin est tiré, mettons-nous à table.
- Mme Anderson a souvent observé que le lait le premier tiré ne ressemblait point au dernier — PARMENTIER, Instit. Mém. scienc. t. IV, p. 244
Fig. Le vin est tiré, il faut le boire, l'affaire est engagée, il n'y a plus moyen de reculer.
- Valère au marquis qui refuse de se battre : Oh ! vin est tiré, monsieur, il faut le boire — REGNARD, Joueur, III, 11
6Familièrement. Être tiré à quatre épingles, être ajusté avec soin.
7 Qu'on a fait sortir, délivré.
- Le pieux Henoc, miraculeusement tiré du monde qui n'était pas digne de le posséder — BOSSUET, Hist. I, 1
Fig. Tiré d'affaire, qui a échappé à une difficulté, à un péril, à une maladie.
- Vous avez cru comme moi, sans fondement, que l'abbé de Condillac était mort : heureusement il est tiré d'affaire, et reviendra bientôt chez nous jouir de la fortune et de la réputation qu'il mérite — D'ALEMB., Lett. à Voltaire, 3 janv. 1765
8 Il se dit d'un coup d'arme à feu.
- Le dernier coup tiré des remparts [de Maestricht] lui ôta la vie [au comte de Bissi] — VOLT., Mél. litt. Él. offic. morts en 1741
Tué à coups de fusil, en parlant de gibier.
- Un de ses officiers des chasses écrivit par ses ordres que c'était de la chasse de Son Altesse, et du gibier tiré de sa propre main — J. J. ROUSS., Conf. X
9 Visage tiré, visage amaigri, allongé. encore relevé aujourd’hui
- Tout son visage, tiré et rétréci [d'Astarbé], faisait des grimaces hideuses — FÉN., Tél. VIII
Substantivement.
- Les masques de Bouligneux et de Martigny avaient la pâleur et le tiré des personnes qui viennent de mourir — SAINT-SIMON, 142, 70
10Fig. Qu'on a fait sortir de la bouche d'une personne.
- Après cet aveu tiré de sa propre bouche — ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. III, p. 598, dans POUGENS
11 Qui a été extrait de, en parlant de compositions d'esprit. non relevé aujourd’hui
- Ces pensées, quoique tirées d'Homère, n'en sont pas moins plates — LESAGE, Diable boit. 14
- La tragédie d'Othello, tirée du roman de Cintio et de l'ancien théâtre de Milan — VOLT., Mél. litt. à l'Acad. franç. I
12 Imprimé.
- Le prix de la feuille tirée ne diminue qu'à raison du nombre des exemplaires — CAMUS, Instit. Mém. litt. et beaux-arts, t. v. p. 309
13 Tracé. Un retranchement tiré au-devant du village.
- Ces rues sont larges, tirées au cordeau, et formées par des maisons un peu basses, mais agréablement bâties — RAYNAL, Hist. phil. VI, 18
14 Représenté par la peinture.
- Cette beauté [Angélique, de l'Arioste].... ne fut qu'un portrait mal tiré des merveilles que nous devions admirer en vous [Mme de Saintot] — VOIT., Lett. 4
- Et moi je suis réellement capucin ; j'en ai la patente avec le portrait de saint François tiré sur l'original — VOLT., Lett. au roi de Pr. 4 mai 1770
15 Déduit, conclu.
- Il l'a trouvée [cette conséquence] toute tirée dans Vasquez — PASC., Réfut. de la rép. à la 12e lett.
16 Affecté.
- Tout en lui [le prince de Conti] coulait de source ; jamais rien de tiré, de recherché — SAINT-SIMON, 220, 215
Forcé.
- Vous nous payez ici d'excuses colorées, Et toutes vos raisons, monsieur, sont trop tirées — MOL., Tart. IV, 1
On dit dans un sens analogue : tiré de loin, tiré par les cheveux.
- Il y a des figures [dans l'Ancien Testament] claires et démonstratives ; mais il y en a d'autres qui semblent un peu tirées par les cheveux, et qui ne prouvent qu'à ceux qui sont persuadés d'ailleurs — PASC., Pens. XVI, 1, édit. HAVET.
- Il faut éviter les jeux de mots trop affectés et tirés de loin — DUMARS., Trop. part. II, art. 11
17 S. m. Terme de droit commercial. Celui qui est désigné pour payer une lettre de change. encore relevé aujourd’hui
- Celui qui fournit la lettre de change s'appelle souscripteur ou tireur ; celui sur qui elle est fournie s'appelle tiré, ou accepteur lorsque la lettre de change lui a été présentée et qu'il l'a revêtue de son acceptation — Répertoire général de l'Enregistrement, Effet de commerce, n° 5237-2
18 S. m. chasse au fusil. On fit hier un beau tiré.
On dit dans le même sens : chasse au tiré.
- Comme la bécassine part de loin et très rapidement, et qu'elle fait plusieurs crochets avant de filer, il n'y a pas de tiré plus difficile — BUFF., Ois. t. XIV, p. 257
On écrit aussi tirer.
- Les trois frères Lorrains avaient été au tirer du roi — SAINT-SIMON, 64
19 Nom donné, dans certains bois, à des taillis maintenus au-dessous de la hauteur d'homme, afin qu'on puisse y exercer la chasse à tir.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 4 de l’édition papier
Liens de sens
Contraires
Domaine
commerce finance musique
Famille morphologique
tire-bouchon tire-au-flanc tire-jus tire-ligne tire-lire tire-laine tire-botte tire-bouton tire-lait tire-larigot tire-au-cul tire-d'aile tire-fesse
Prononciation
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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