Histoire des mathématiques Discipline

analyse p-adique

Discipline

branche de la théorie des nombres traitant de l'analyse des fonctions de nombres p-adiques

Pour comprendre

L'analyse p-adique est une branche de la théorie des nombres qui étudie l'analyse des fonctions à partir des nombres p-adiques, une autre façon de mesurer la taille d'un nombre que celle utilisée habituellement.

Ce qu'elle étudie

Elle transpose les outils de l'analyse, suites, fonctions, limites, à ce cadre p-adique, où la notion de proximité entre nombres obéit à des règles différentes de celles de l'analyse ordinaire.

Où elle se place

L'analyse p-adique se rattache à la fois à l'analyse et à la théorie des nombres.

flowchart TD
  P0[Analyse] --> D([analyse p-adique])
  P1[Théorie des nombres] --> D([analyse p-adique])
  P0 --> S0[analyse algébrique]
  P0 --> S1[analyse complexe]
  P0 --> S2[analyse constructive]
  P0 --> S3[analyse convexe]

Cas d’usage

Mesurons des nombres avec la taille \(2\)-adique. Plus un nombre non nul contient de facteurs \(2\), plus il est petit pour cette mesure. Si \(v\) est l'exposant de \(2\) dans \(n\) :

$$|n|_2=1/2^v$$

Ainsi, \(|8|_2=1/8\), \(|12|_2=1/4\), car \(12=4\cdot3\), et \(|5|_2=1\). De même, \(96=32\cdot3\), donc \(|96|_2=1/32\). Pour une fraction, on divise les tailles du numérateur et du dénominateur : \(|1/4|_2=4\), \(|1/3|_2=1\).

La distance est la taille de la différence :

$$|17-1|_2=|16|_2=1/16$$

Ainsi, \(1\) et \(17\) sont proches. Entre \(1\) et \(2\), la distance vaut \(|1|_2=1\) : ils sont plus éloignés.

Additionnons maintenant \(1+2+4+8+16+\cdots\). Les sommes successives sont \(1,3,7,15,31,\ldots\), soit \(2^n-1\) après \(n\) termes. Comparons-les à \(-1\) :

$$(2^n-1)-(-1)=2^n$$

La taille de cet écart, \(1/2^n\), tend vers \(0\). Par exemple, \(1+2+4+8+16=31\) ; \(31-(-1)=32\), de taille \(1/32\). Chez les nombres \(2\)-adiques :

$$1+2+4+8+\cdots=-1$$

La somme converge : elle s'approche de cette limite. Avec la distance ordinaire, elle diverge, sans limite finie.

Construisons une racine carrée de \(2\) chez les nombres \(7\)-adiques. Le signe \(\equiv\) modulo \(7\) indique un même reste dans la division par \(7\) :

$$3^2=9\equiv2\pmod7$$

Le carré de \(3\) approche \(2\) à \(1/7\) près. Cherchons \(x=3+7t\) tel que \(x^2\equiv2\pmod{49}\) :

$$(3+7t)^2=9+42t+49t^2$$
$${}\equiv9+42t\pmod{49}$$

La condition \(9+42t\equiv2\pmod{49}\) est satisfaite par \(t=1\), donc \(x=10\). Vérifions :

$$10^2=100=2+2\cdot49$$

À l'étape suivante, \(x=10+49\cdot2=108\) :

$$108^2=11\,664=2+34\cdot343$$

Donc \(108^2\equiv2\pmod{7^3}\). Les écarts diminuent : \(|10^2-2|_7=1/49\), puis \(|108^2-2|_7=1/343\). Les approximations \(3,10,108,\ldots\) convergent vers une racine carrée de \(2\). Aucune fraction d'entiers n'a pour carré \(2\) : ce nombre existe chez les \(7\)-adiques sans être rationnel. Chez les nombres \(5\)-adiques, il n'en existe pas : les carrés modulo \(5\) valent \(0\), \(1\) ou \(4\), jamais \(2\).

Sources