éperdu
- nature
- adj masculin
- diction
- [epɛʁdy] · 3 syllabes
- usage
- 4 par million de mots
Sens et définitions
Adjectif 4
-
Qui a l’esprit troublé par la crainte ou par quelque autre passion.
- Mais elle était devenue blême, elle le suppliait d'un geste éperdu, et il demeura immobile, l'haleine coupée. Emile Zola, L'Œuvre, 1886, page 131.
-
figuré Avec affolement.
- Les journaux s’engagent dans une course éperdue à l’audience. Bernard Poulet, La fin des journaux et l’avenir de l’information, Gallimard, 2009, page 176
-
D’un air qui marque la violence de la passion.
- André, éperdu, fit une grande exclamation et regarda Henriette d'un air effaré. George Sand, André, 1869
- Invétéré, impénitent.
Formes fléchies 1
- Participe passé masculin singulier de éperdre.
Citation
Il les étonna tellement par la fermeté de son courage qu'ils prirent la fuite tout éperdus
Origine du mot
Part. passé de l'anc. verbe esperdre (Li vilains.... Jure et esmaie, si s'espert, Por ce que sa jornée pert, Ren. 16961), de es, et perdre ; provenç. esperdut. — Littré, 1873
1873 — le Littré
ÉPERDU, UE adj. (é-pèr-du, due)
1 Qui est profondément troublé par la crainte, ou par une passion quelconque. encore relevé aujourd’hui
- Et mon âme d'ennuis est si fort éperdue Que.... — RÉGNIER, Plainte.
- Il les étonna tellement par la fermeté de son courage qu'ils prirent la fuite tout éperdus — VAUGEL., Q. C. liv. x, dans RICHELET
5 autres citations
- Et quelle âme, dis-moi, ne serait éperdue Du coup dont ma raison vient d'être confondue ? — RAC., Andr. III, 1
- Peins-toi dans ces horreurs Andromaque éperdue — ID., ib. III, 8
- Mes filles, soutenez votre reine éperdue, Je me meurs — ID., Esth. II, 7
- Pompée éperdu ne vit dans les premiers mouvements de la guerre, de parti à prendre que celui qui reste dans les affaires désespérées — MONTESQ., Rom. X
- Je marche en frissonnant, mon cœur est éperdu.... — VOLT., Zaïre, v, 9
2 Vif, violent, en parlant de l'amour. encore relevé aujourd’hui
- Comme un honteux effet d'un amour éperdu — CORN., Tite et Bérén. I, 1
Transporté d'amour.
- Madame Paul qui est devenue éperdue — SÉV., 143
- La sultane éperdue N'eut plus d'autres désirs que celui de sa vue — RAC., Bajaz. I, 1
1 autre citation
- Tu veux commander seul à mes sens éperdus — VOLT., Zaïre, IV, 2
Historique
XIIe s.
- De lui [se] venger ne fut mie esperduz — Ronc. p. 90
- Grant alure s'en est à la porte venuz ; Fermée la trova : dunc fu mult esperduz — Th. le mart. 47
XIIIe s.
- Quant Blanchefleurs l'entent, le cuer [elle] ot esperdu — Berte, LXXIX
XVIe s.
- Esperdu de frayeur — MONT., I, 62
- Une fuyte esmeue, mais non pas estourdie ny esperdue — ID., IV, 3
2 autres citations
- Lors il se trouva délivré de la frayeur esperdue et du grand trouble où il estoit — AMYOT, Thémist. 48
- Les troupeaux sont esgarés et esperdus par les champs — PARÉ, XXIV, 52
Étymologie
Part. passé de l'anc. verbe esperdre (Li vilains.... Jure et esmaie, si s'espert, Por ce que sa jornée pert, Ren. 16961), de es, et perdre ; provenç. esperdut.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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