lugubre
- nature
- adj
- diction
- [lyɡybʁ] · 2 syllabes
- usage
- 11 par million de mots
Sens et définitions
Adjectif 1
-
Qui marque ou qui inspire une sombre tristesse.
- Et le roi éclata de rire, mais d’un rire si faux, que l’écho de la chambre le répéta d’un ton lugubre. Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre VI
Citation
Quand quelqu'un était mort dans une famille, tous les parents et tous les amis quittaient leurs habits ordinaires pour en prendre de lugubres, et s'abstenaient du bain, du vin et de tous mets exquis
Origine du mot
Du latin lugubris.
Dans le dictionnaire latin : lugubris
1873 — le Littré
LUGUBRE adj. (lu-gu-br')
1 Qui est signe de deuil. encore relevé aujourd’hui
- Voiles, crêpes, habits, lugubres ornements — CORN., Cid, IV, 1
- Quand quelqu'un était mort dans une famille, tous les parents et tous les amis quittaient leurs habits ordinaires pour en prendre de lugubres, et s'abstenaient du bain, du vin et de tous mets exquis — ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. II, p. 83, dans POUGENS
2 Qui marque, qui inspire les larmes, la douleur. encore relevé aujourd’hui
- Les îles ne trembleront-elles pas au bruit de votre chute et aux cris lugubres de ceux qui seront tués dans le carnage qui se fera au milieu de vous ? — SACI, Bible, Ézéch. XXVI, 15
- Cette chanson me semble un peu lugubre ; elle endort, et je voudrais que vous la pussiez un peu ragaillardir par-ci par-là — MOL., Bourg. gent. I, 2
7 autres citations
- Dans une occasion plus lugubre, lorsqu'en punition de son péché il [David] fuyait devant Absalon — BOSSUET, Polit. VII, III, 8
- Là d'un enterrement la funèbre ordonnance D'un pas lugubre et lent vers l'église s'avance — BOILEAU, Sat. VI
- Nous sommes dans l'année centenaire et dans le mois de la Saint-Barthélemi, fête un peu lugubre dans laquelle en effet les frères assommèrent leurs frères — VOLT., Polit. et législ. Procès de Mlle Camp.
- Le croassement du corbeau, le cri du hibou pendant la nuit ne présagent non plus le malheur que le chant de l'alouette et du rossignol n'annonce un heureux événement ; mais ils sont lugubres.... — DIDER., Claude et Nér. II, 98
- Mais comment expliquer ces lugubres accès ? — DUCIS, Haml. II, 5
- Ma vie est sans couleur, et mes pâles journées M'offrent de longs ennuis l'enchaînement certain, Lugubres comme un soir qui n'eût pas de matin — M. J. CHÉNIER, la Promenade.
- Où sont-ils les marins sombrés dans les nuits noires ? Ô flots ! que vous savez de lugubres histoires ! — V. HUGO, Rayons et ombres, Oceano nox.
Homme lugubre, celui dont l'air, la contenance, les paroles n'inspirent que des idées de tristesse.
Historique
XVIe s.
- ....Durant le quel temps les hoirs seront tenus de la nourrir [la veuve] et entretenir, et luy bailler les vestemens lugubres — Nouv. coust. génér. t. IV, p. 909
Étymologie
Lat. lugubris, de lugere, pleurer, qui tient au radical sanscrit ruj, blesser, affliger, rauga, maladie.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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