ravissement

nature
nom masculin
diction
[ʁavisəmɑ̃] · 4 syllabes
usage
8 par million de mots
parenté
ravir

Sens et définitions

Nom 4

  1. Enlèvement qu’on fait avec violence. Il n’est guère en usage que dans ces locutions :
    • Le temple était tout incrusté de marbre, avec des bas-reliefs qui représentaient Jupiter changé en taureau, le ravissement d’Europe, et son passage en Crète au travers des flots : ils semblaient respecter Jupiter, quoiqu’il fût sous une forme étrangère. François de Salignac de La Mothe-Fénelon, Les Aventures de Télémaque dans la bibliothèque Wikisource , Didot, Paris, 1841, page 163
  2. État de l’âme lorsqu’elle est transportée de joie, d’admiration, etc.
    • Elle rangeait sa chambre tous les matins, et elle éprouvait un ravissement inconnu à caresser la soie de son pyjama, …. Out-el-Kouloub, Zaheira, dans "Trois contes de l'Amour et de la Mort", 1940
  3. État d’une âme transportée hors d’elle-même par l’extase.
    • Le ravissement de saint Paul se dit de saint Paul enlevé au troisième ciel.
  4. Le fait d'être privé de la maîtrise de ses activités conscientes, notamment dans le cadre d'une démarche mystique ou amoureuse. — Note d’usage : Ce terme est assez proche de la notion d'extase.

Citation

Bas-reliefs qui représentaient Jupiter changé en taureau, le ravissement d'Europe, et son passage en Crète au travers des flots
Fénelon, Tél. IX

Origine du mot

Ravir. — Littré, 1873

1873 — le Littré

RAVISSEMENT s. m. (ra-vi-se-man)

1 Action d'enlever, de ravir.

  • Bas-reliefs qui représentaient Jupiter changé en taureau, le ravissement d'Europe, et son passage en Crète au travers des flots — FÉN., Tél. IX
  • Pour justifier le ravissement des biens ôtés par l'Église et par les armes à la maison de Toulouse dans la guerre des Albigeois — VOLT., Ann. Emp. Frédéric II, 1220

2 État de l'esprit transporté de joie, d'admiration. encore relevé aujourd’hui

  • Certes je ne puis faire en ce ravissement Que rappeler mon âme.... — MALH., I, 1
  • Que de ravissements je sens à cette fois ! — CORN., le Ment. IV, 4
5 autres citations
  • Mon frère, vous seriez charmé de le connaître [Tartufe], Et vos ravissements ne prendraient point de fin — MOL., Tart. I, 6
  • Son mari [de Mme de Martel] lui a écrit des ravissements de votre beauté ; il est comblé de vos politesses — SÉV., à Mme de Grignan, 20 mai 1672
  • Dans ce ravissement divin [des champs Élysées] les siècles coulent plus rapidement que les heures — FÉN., Tél. XIX.
  • La manière dont il s'exprime en quelques endroits sur les ravissements que cause la jouissance de la vérité, est si vive et si animée qu'il aurait été inexcusable de se proposer une autre récompense — FONTEN., Tschirnhaus.
  • Qu'avec ravissement je revois ce séjour ! — VOLT., Tancr. III, 1

3 Le ravissement de saint Paul, l'état de saint Paul enlevé au troisième ciel.

4 Sorte d'extase, transport de l'âme hors d'elle-même. encore relevé aujourd’hui

  • Sainte Thérèse s'abîme dans la contemplation de l'immensité de Dieu par les ravissements, les transports et les extases — FLÉCH., Panég. Ste Thérèse.
  • Au lieu des cantiques charmants Où David t'exprimait ses saints ravissements — RAC., Ath. II, 9
Historique

XIIIe s.

  • Et lidiz mestre Dudos parloit aucunes choses estranges et vaines [dans une fièvre] ; et se douterent les phisiciens du ravissement de la matiere, et que ele montast au cervel — Miracles de St Loys, p. 161

XIVe s.

  • Ravissemenz de personnes, feux boutés — Bibl. des chartes, 5e série, t. I, p. 81
  • Ravissement est quant l'ame est menée par aucune chose hors elle — ORESME, Thèse de MEUNIER.

XVe s.

  • Quant est à parler de ravissements, violations et autres besognes extraordinaires, il en fut fait, selon les coutumes de la guerre, comme en ville conquise — MONSTREL., II, 117

XVIe s.

  • Il laissa ses terres venir en friches par un contemnement des choses terrienes et un ravissement de l'amour des celestes — AMYOT, Péric. 36
Étymologie

Ravir.

Supplément au dictionnaire

RAVISSEMENT. - HIST.

XVIe s. Ajoutez :

  • Si Son Excellence [Guillaume le Taciturne] n'a pas trop de quoy se nourrir.... c'est à cause d'avoir liberalement et heroïcquement employé tout ce qu'il luy restoit du ravissement de la tyrannie espagnole au bien et au salut de sa patrie — Œuvr. de Th. Marnix de Ste-Aldegonde, Écrits politiques et historiques, Bruxelles, 1859, p. 67

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 4 de l’édition papier

Liens de sens

Terme générique

enlèvement

Terme spécifique

extase

Famille morphologique

ravir ravisseur

Prononciation

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « ravissement » du Wiktionnaire.

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