Histoire des mathématiques Discipline

algèbre commutative

Discipline

la branche des mathématiques qui étudie les anneaux commutatifs, leurs idéaux, les modules et les algèbres

domaine
Algèbre

Pour comprendre

L'algèbre commutative est une branche des mathématiques qui étudie les anneaux commutatifs, leurs idéaux, les modules et les algèbres. Elle appartient à l'algèbre.

Ce qu'elle étudie

Cette discipline réunit l'étude des anneaux commutatifs, de leurs idéaux, des modules et des algèbres. Elle ne se limite donc pas à un seul objet : elle examine aussi les relations entre les objets nommés dans sa description. Le mot commutatif qualifie ici les anneaux qu'elle étudie. Les idéaux, les modules et les algèbres font partie du même domaine d'étude.

Où elle se place

Elle est placée dans l'algèbre par la relation indiquée dans le dossier.

Cas d’usage

Un anneau commutatif permet d'additionner, soustraire et multiplier, sans que l'ordre des facteurs compte : entiers et polynômes en sont des exemples. Un idéal est une partie stable par addition et par multiplication par tout élément de l'anneau.

Combinons les idéaux \(4\mathbb Z\) et \(6\mathbb Z\), ensembles des multiples de \(4\) et de \(6\). Leur somme contient tous les \(4a+6b\). Ils sont pairs ; inversement, \(2=6-4\) appartient à la somme, donc tous ses multiples aussi :

$$4\mathbb Z+6\mathbb Z=2\mathbb Z$$

Ainsi \(10=4+6\) et \(14=4\times2+6\). Leur intersection contient les multiples communs : \(4\mathbb Z\cap6\mathbb Z=12\mathbb Z\). On y trouve \(12\) et \(24\), mais pas \(6\). La somme vient du plus grand diviseur commun, le PGCD ; l'intersection du plus petit multiple commun, le PPCM. Tout idéal de \(\mathbb Z\) s'écrit \(n\mathbb Z\) : un seul générateur suffit. On dit que \(\mathbb Z\) est principal.

Calculons avec des polynômes à coefficients entiers en imposant \(X^2=2\). Cette règle définit un anneau quotient. On remplace chaque carré : \(X^3=X\cdot X^2=2X\), puis :

$$(1+X)(1-X)=1-X^2=1-2=-1$$
$$(1+X)(X-1)=X^2-1=2-1=1$$

L'inverse de \(1+X\) est donc \(X-1\) : leur produit vaut \(1\). Ensuite, \((1+X)^2=1+2X+X^2=3+2X\) et \((3+2X)(3-2X)=9-4X^2=9-8=1\). On retrouve les calculs avec \(\sqrt2\) : \((1+\sqrt2)(\sqrt2-1)=1\) et \((1+\sqrt2)^2=3+2\sqrt2\).

Cherchons si un seul générateur suffit pour l'idéal engendré par \(2\) et \(X\) dans \(\mathbb Z[X]\), l'anneau des polynômes à coefficients entiers : il est formé des \(2f+Xg\), où \(f\) et \(g\) sont des polynômes quelconques. Il contient exactement les polynômes dont le terme constant, sans \(X\), est pair :

$$4-6X+3X^2=2\cdot2+X(-6+3X)$$

Mais \(1+X\) n'y appartient pas. Un générateur unique devrait diviser \(2\) et \(X\). Les seuls diviseurs de \(2\) sont \(\pm1\) et \(\pm2\). Ces derniers ne divisent pas \(X\), car \(X/2\) n'a pas ses coefficients entiers. Restent \(\pm1\), qui feraient entrer \(1\) dans l'idéal, impossible puisque son terme constant est impair. Cet idéal n'est pas principal.

Liens

Sources