cuistre
- nature
- nom masculin
- diction
- [kɥistʁ] · 1 syllabe
- attesté
- 1670
- usage
- moins de 1 par million de mots
Sens et définitions
Nom 3
-
Personne pédante, vaniteuse et ridicule, souvent fière d’étaler son savoir mal assimilé devant des gens simples qu’elle croit moins éclairés qu’elle, parce qu’ils sont incapables de la contredire ou ne comprennent pas son jargon.
- C’est bien qu’on voie ça, il faut montrer, […] la vraie nature des cuistres. Pierre Desproges, à propos de Bernard-Henri Lévy
-
Savant autoproclamé dont l’étroitesse d’esprit est aggravée par le manque de finesse et la prétention à briller.
- Il tenait tous les professeurs pour des cuistres. Simone de Beauvoir, Mémoires d’une jeune fille rangée, 1958, réédition Le Livre de Poche, page 247
-
vieilli Nom que l’on donnait autrefois aux valets de collège. Employé à la fois polyvalent et sans compétence particulière, factotum, homme à tout faire, qui s’occupe de tout.
- Un timbre fut sonné et le cuistre (lisez le garçon de cour, un peu à tout faire […]) apparut. Verlaine, Œuvres complètes, t. 4, Mes prisons, 1893, page 362
Citation
Quelque ancré qu'il fût [Godet, évêque de Chartres], son extérieur de cuistre le rassura [Fénelon]
Origine du mot
De l’ancien français quistre (« marmiton »).
1873 — le Littré
CUISTRE s. m. (kui-str')
1 Valet de collége. J'ai été cuistre dans le collége de l'Assomption. non relevé aujourd’hui
2Par extension, pédant encrassé.
- Quelque ancré qu'il fût [Godet, évêque de Chartres], son extérieur de cuistre le rassura [Fénelon] — SAINT-SIMON, 34, 135
- M. Furia est un cuistre, ancien cordonnier comme son père — P. L. COUR., I, 64
3 autres citations
- Nul front sinistre ; Propos de cuistre, Airs de ministre N'y sont point permis — BÉRANG., Cocagne.
- Allez, cuistre fieffé — MOL., Bourg. gent. II, 4
- Pauvre enfant, se disait le vieillard, tu chantes comme l'oiseau que tient en joue le chasseur : tout le monde conspire à te marier avec ce cuistre — CH. DE BERNARD, Un Homme sérieux, § 13
Historique
XIe s.
- Revint li costre à l'imagine el muster — St Alexis, XXXVI
XIIIe s.
- À un soir vint à la chapiele ; Et li coustres ferme les huis — Roman de Robert le Diable
XVe s.
- Le coustre, tenant le lieu de son compagnon estant à Rome.... — LOUIS XI, Nouv. XLII
XVIe s.
- Cuistre (domestique qui cuit pour les écoliers) — OUDIN, Dict.
Étymologie
Diez le tire de cocistro, qui est dans les Gloses d'Isidore avec le sens de cuisinier ; mais on ne trouve aucun exemple ancien de ce mot ; ce qui serait étrange, s'il venait de cette glose, au lieu que cela sera tout naturel si l'on suppose que cuistre n'est qu'une autre prononciation de coustre, sacristain (qui vient, lui, du latin custos, gardien, avec épenthèse de l'r ; voy. CUSTODE ; allem. Küster) ; le sens aura facilement passé de serviteur d'église à serviteur de collége.
Supplément au dictionnaire
CUISTRE. - HIST.
XIIIe s. Ajoutez :
- Que il se tenroient.... à l'ordenanche de Louis, cousteur de Saint-Quentin ; et jou Loeis, coutres de Saint-Quentin.... — Charte du Vermandois, dans Bibl. des ch. 1874, XXXV, p. 457
Étymologie
Ajoutez : Les formes coustre au sujet et cousteur au régime montrent que le bas-latin ou latin populaire disait non pas custos, custodem, mais custor, custorem.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 1 de l’édition papier
Liens de sens
Terme générique
Prononciation
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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