mon

nature
adj:pos
diction
[mɔ̃] · 1 syllabe
usage
6157 par million de mots

Sens et définitions

Déterminant possessif 7

  1. Marque la possession ou l’appartenance. Le possesseur est le locuteur, ce qu’il possède est au masculin singulier.
    • Messieurs, la vérité est que ces prétendues expériences qui auraient fait bonne justice de mon arme, sont de toute fausseté. Perrot, Nouvelle Arme de Guerre, 1838, page 11
  2. figuré Pour exprimer des rapports d’habitude, de connaissance, de proximité, etc.
    • Mon voisin n’a pas respecté les règles du Code civil, que puis-je obtenir en justice ? Jean-Michel Guérin, Nathalie Giraud, Gérer les relations de voisinage : À jour des dernières lois, chez Eyrolles, 2012, page 73
  3. familier Avec, en plus, une note d’affection.
    • Mon bien-aimé le plus chéri, cette nuit sont arrivées les terribles nouvelles de votre duel. Viviane Janouin-Benanti, Le chéri magnifique : histoire d’un crime, Cheminements, 2002, page 267
  4. Avec une marque de respect ou de reconnaissance.
    • La Gloire de mon père Marcel Pagnol, La Gloire de mon père, 1957
  5. Avec un caractère identificatoire.
    • C’est ainsi que j’ai fait de mon docteur Larch un avorteur, et de Homer Wells, le jeune orphelin qu’il forme, quelqu’un qui répugne à pratiquer l’avortement. John Irving, Mon cinéma, aux éditions du seuil, 2013
  6. Avec une marque de subordination.
    • Mon supérieur se sent concerné par le bien être de ses subordonnés. Gérard Chasseigne, Cognition, santé et vie quotidienne, volume 3, chez Publibook, 2010, page 65
  7. Est une forme d’allégeance ou de soumission (obligatoire dans sa forme vocative).
    • À la caserne, l’adjudant demande à une nouvelle recrue : — Votre nom ? — Lévy, mon adjudant ! Bernard Guyso, L’année du rire, City éditions, 2015

Adverbe 2

  1. archaïque Assurément, vrai. Note d’usage : Utilisé avec le pronom ce et le verbe être, avoir ou faire.
  2. Assurément, vrai. Utilisé avec le pronom ce et le verbe être, avoir ou faire.

Interjection 1

  1. familier Interjection exprimant l’étonnement, la surprise ou l’admiration.
    • Mon ! Le beau petit chien !

Nom 1

  1. Insigne héraldique japonais.
    • Plusieurs femmes de condition qui avaient été priées renoncèrent à s’y rendre parce qu’elles ne pouvaient faire les frais du somptueux kimono de deuil (noir, semé du mon familial en blanc) qui était de rigueur dans la circonstance. Nicolas Bouvier, Le Vide et le Plein (Carnets du Japon, 1964-1970), Hoëbeke, 2004, page 132

Adjectif 1

1 emploi spécialisé
  1. Psycho- Langue austroasiatique parlée par les Môns, peuple vivant dans la région deltaïque de la Birmanie et en Thaïlande. absent du Littré

Citation

Certains auteurs, parlant de leurs ouvrages, disent : mon livre, mon commentaire, mon histoire ; ils sentent leurs bourgeois qui ont pignon sur rue
Blaise Pascal, Pens. XXIV, 68, éd. HAVET.

Origine du mot

De l’ancien français mon, lui-même probablement issu du latin munde (« proprement »).

Du japonais 紋, mon.

latin — ab « Salut de la part de mon Cicéron »

Dans le dictionnaire latin : munde

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

MON ou MA ou MES1 adj. poss. qui répond au pronom personnel moi, je (mon ; l'n se lie, et la voyelle perd le son nasal : mo-n ami ou ma ou mê ; l's se lie : mê-z amis)

1 Il exprime la possession qu'a la personne qui parle. Mon bien. Ma mère. Mes malheurs.

  • Mais j'ai suivi mon ordre [l'ordre que j'ai reçu] et n'ai point deviné... — CORN., Suréna, II, 1
  • Certains auteurs, parlant de leurs ouvrages, disent : mon livre, mon commentaire, mon histoire ; ils sentent leurs bourgeois qui ont pignon sur rue — PASC., Pens. XXIV, 68, éd. HAVET.
2 autres citations
  • Que je ne cherche point à venger mes injures [les injures que j'ai reçues] — RAC., Athal. II, 5
  • Il y a une conspiration contre moi plus forte que celle de Catilina ; soyez mes Cicérons — VOLT., Lett. d'Argental, 8 janv. 1752

2 Devant un nom féminin commençant par une voyelle ou par une h muette, au singulier, l'usage veut qu'on emploie le masculin. Mon amie. Mon humeur.

  • Prenons parti, mon âme, en de telles disgrâces — CORN., Hor. III, 1

3 Il se dit aussi en parlant à une personne ou d'une personne qu'on aime.

  • Rends-moi mon Curiace, ou laisse agir ma flamme — CORN., Hor. IV, 5
  • Mon Hermione encor le tient-elle asservi ? — RAC., Andr. I, 1
2 autres citations
  • Ma Phoedime, eh ! qui peut concevoir ce miracle ? — ID., Mithr. IV, 1
  • Aussi bien n'ai-je point vu d'aujourd'hui ma cruelle Marine, c'est ma comtesse à moi — BRUEYS, Muet, I, 10

4Familièrement. Il se met pour désigner des objets qui ne nous appartiennent pas dans le sens précis du mot, mais avec lesquels la personne qui parle a pourtant quelque rapport d'habitude ou de mention faite précédemment, etc. Voilà mes fous.

  • Voilà mon homme pris, et ma vieille attrapée — CORN., Veuve, IV, 7
  • Il [le chat] y tombe [dans un piége] en danger de mourir ; Et mon chat de crier — LA FONT., Fabl. VIII, 22
3 autres citations
  • Notre interprète transmit en indou le discours impie de mon jeune homme — VOLT., Voyages de Scarmentado.
  • Je connais mon public : l'enthousiasme passe ; il n'y a que l'amitié qui reste — ID., Lett. d'Argental, 11 mars 1752
  • Je renverrai mon fat, et mon affaire est faite — GRESSET, Méchant, III, 10

Il se dit dans le même sens devant les noms propres.

  • Non, baron, je connais assez mon Londres, quoique je n'y sois que depuis trois semaines — BOISSY, Français à Lond. I, 1
  • Je ne suis pas scrupuleux ; je lis quelquefois mon Pétrone — DIDER., Essai sur la peint. ch. 5

5 Mon, ma, mes devant les adverbes ou adjectifs comparatifs forment le superlatif. Mon meilleur ami. Ma plus chère espérance. Mes moindres chagrins.

Remarque

1. Autrefois on disait ma devant une voyelle et on élidait l'a comme nous l'élidons dans la : m'espée, m'esperance, etc. Il en est resté seulement m'amie, m'amour. C'est dans le courant du XIVe siècle que ce solécisme a commencé à s'introduire et à prendre force d'usage ; vrai solécisme, car le féminin a toujours été ma, ta, sa, et jamais mone, tone, sone. Comment s'est-il fait ? l'ancien picard, qui disait le pour les deux genres, disait aussi pour les deux genres men au lieu de mon, ma ; il est possible que l'influence picarde, qui a été considérable, se soit fait sentir et ait causé devant les voyelles la confusion de mon et de ma.

2. Il faut dire : j'ai mal à la tête, et non pas à ma tête, parce que le pronom je montre suffisamment que c'est ma tête dont je veux parler, et que d'ailleurs on ne peut avoir mal à la tête d'un autre. Mais il faudra dire : je vois que ma jambe s'enfle, si je veux parler de ma jambe, et non pas seulement : je vois que la jambe s'enfle, parce que je peux très bien voir la jambe d'un autre s'enfler.

3. Mon, ma, mes se répètent devant chaque substantif et devant chaque adjectif, à moins que ces adjectifs n'aient à peu près le même sens. On dit donc : Mon père et ma mère sont venus ; Je lui ai montré mes beaux et mes vilains habits. Mais on dit : Je lui ai montré mes beaux et brillants équipages. Il est évident dans le dernier exemple que les adjectifs beaux et brillants sont appliqués au même substantif.

Historique

IXe s.

  • Si salvarai eo [je] cist [ce] meon fradre Karlo — Serment
  • Et Karlus meos sendra [mon selgneur] — ib.

XIe s.

  • Conseiler mei come mi hume saive [mes hommes sages], Ch. de Rol, II., Que jel suivrai od [avec] mil de mes fedelz — ib. VI
  • Là vous suirat, ce dist, mis avoez — ib. IX
1 autre citation
  • Tu n'es mes hom, ne je ne sui tis sire — ib. XX

XIIe s.

  • Baron, amenez-moi mon felon boisseor [trompeur] — Ronc. 198
  • Ma seror te donai par bone volonté — ib. 198
6 autres citations
  • Men escient [à mon escient] — ib. p. 26
  • Tenez m'espée — ib. p. 29
  • [à] Marsilion de moie part nonciez... — ib. 120
  • En Rencevals gisent mort mi Frenzois — ib. 137
  • Que m'amor ne soit doutée — Couci, I
  • Tuit mi penser sont à ma douce amie — Couci, II

XIIIe s.

  • Je voudroie, par m'ame, qu'ele fust decolée — Berte, XVI

XIVe s.

  • Et reçoy m'ame en ta benoite foy — Ménagier, I, 1
  • J'ay par mon ire esmeu plusieurs à jurer moult vilainement et de moult vilains sermens — ib. I, 3
2 autres citations
  • Et que on le deist en ma presence et à mon ouie — ib. I, 3
  • Je me suis excusé et mectoie mon excusation premierement — ib.

XVe s.

  • Je ferray [frapperai] d'estoc et de taille De m'espée sur lui tous jours — Resurrect. N. S. Mystère

XVIe s.

  • Pourtant je veux, m'amie et mon desir... — MAROT, I, 343
  • Sus, louez Dieu, mon ame, en toute chose — ID., IV, 308
3 autres citations
  • Un soleil voit naistre et mourir la rose ; Mille soleils ont veu naistre m'amour — RONS., 52
  • Il m'est souvenu de mon homme — MONT., I, 382
  • Depuis le temps des rois de très louable memoire, mes pere et aieul — D'AUB., Hist. II, 242
Étymologie

Berry, moun, devant une voyelle : moun âne ; wallon, mi ; Hainaut, mén ; picard, men, min ; au fém. em', ème, emn' ; provenç. mas, mon ; au fém. ma, au plur. mei, miei ; espagn. et ital. mio, mia ; du lat. meum, mea. Dans l'ancienne langue mis, mes était le nominatif singulier, pour le masculin ; mon, le régime singulier ; mi, le nominatif pluriel ; mes, le régime pluriel. Mon, ma, ainsi que le, la, ton, ta, son, sa, se caractérisent comme les seuls mots qui aient gardé les terminaisons latines en um, a ; cela tient à leur enclytisme, faisant que leur finale n'avait pas occasion de tomber.

MON2 particule adv. (mon)

qui sert à affirmer, à interroger ; elle est tout à fait inusitée. non relevé aujourd’hui

  • Ardez, voire, c'est mon — RÉGNIER, Sat. X
  • M. Jourdain : Lorsque je hante la noblesse, je fais paraître mon jugement ; et cela est plus beau que de hanter votre bourgeoisie. - Mme Jourdain : Çà mon vraiment, il y a fort à gagner à fréquenter vos nobles — MOL., Bourg. gent. III, 3
Historique

XIIe s.

  • E ceaus [ceux] qu'um ne purra aveir ne asembler, Lur mesage od lur letres i deivent faire aler, Saveir mun s'il voldrunt cel sacre graanter [octroyer] — Th. le mart. 127

XIIIe s.

  • Li rois apela celi prince, et li dit : tu es revenu de l'ost des Tartarins, et il repondit : Sire, ce sui mon — JOINV., 264
  • Aus chevaliers la montre et dit : Vez, voi ci le plus hardi home Qui soit d'Illande jusqu'à Rome ; Il a plus cuer que un lion. Cil respondent que ce a mon — MÉON, Nouv. rec. I, 253
1 autre citation
  • À folie me font entendre ; à folie, voir, ce font mon, Car je n'i voi nule raison — la Manekine. V. 458

XVIe s.

  • Respondez-moi, veu ceste foy constante, à sçavoir-mon, s'il nous laisse au besoing ? — MAROT, I, 304
  • Tu estimes bien ce qui sert, et non pas ce qui nuit. - Ce fay mon, dit Critobule — LA BOÉTIE, 109
Étymologie

Origine incertaine. On a indiqué la particule grecque μῶν et la particule de l'ancien scandinave mun ; suédois, monne ; mais ces particules sont dubitatives, interrogatives, et mon est affirmatif. Diez émet une conjecture ingénieuse et plausible : il suppose que mon répond à l'adverbe latin munde (munde ayant donné mon, comme mundus avait donné mont) ; de sorte que mon signifierait purement, certainement.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « mon » du Wiktionnaire.

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