mystique

nature
adj
diction
[mistik] · 2 syllabes
usage
10 par million de mots

Sens et définitions

Nom 4

  1. Personne expérimentant régulièrement ou en permanence un contact direct ou une union parfaite avec Dieu.
    • Beaucoup de mystiques décrivent leur expérience comme une alternance de lumière et de ténèbres. Max Huot de Longchamp, Qu'est-ce qu'un mystique?, Novalis, Montréal, 2021, page 181
  2. Ensemble des pratiques qui conduisent aux états mystiques et l’ensemble des connaissances qui en découlent.
    • Il n’avait que cela pour lui, mais il l’avait au moins, l’amour passionné de la mystique et de la liturgie, du plain-chant et des Cathédrales ! Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915
  3. Mode d'appréhension de l'existence qui laisse une large part à la croyance pure en un principe inexpliqué.
    • Imbus de cette mystique, les citoyens se prenaient tous pour des héros. Víctor del Árbol, Toutes les vagues de l’océan, Babel Noir, 2014
  4. Système d’affirmations se rapportant à un objet qu’on met au-dessus de toute discussion ou auquel on attribue une sorte de vertu magique.
    • Chez les chefs qui appartenaient à la noblesse, l’amour de la guerre était plus personnel. Toutes les histoires de chevalerie, la mystique de l’honneur guerrier se rapportent toujours à des nobles. Madeleine Pelletier, La Guerre est-elle naturelle ? dans la bibliothèque Wikisource , I, Groupe de propagande par la brochure, 1931, page 4

Adjectif 3

  1. Qui a un sens caché, relatif à la religion.
    • Mais l’Enfant, sur la peau du Serpent azuré, S’inclina doucement comme un rameau doré, Et, coupant deux fois l’air par un signe mystique, D’un doigt rose effleura l’Écriture magique. Leconte de Lisle, Poèmes barbares dans la bibliothèque Wikisource , « Le Runoïa », Librairie Alphonse Lemerre, 1900 (1ʳᵉ éd. 1862), pages 93-94
  2. Relatif au mysticisme ; qui participe du mysticisme.
    • Il n'est rien de plus inepte qu'un séminariste ; rien de moins propre à être un jour ce que l'on veut qu'il soit, un pasteur éclairé : ces jeunes gens n'ont la tète remplie que de fadaises mystiques. Nicolas Edme Restif de La Bretonne, Monsieur Nicolas, part.1 : Souvenirs d’enfance, an V
  3. familier Bizarre, au sens de suspect.
    • Vieux, vous étiez mystiques ! Et la Convention de Genève alors ? se hasarda Sera Sera, le jeune homme de confiance, qui était un garçon sensible. In Koli Jean Bofane, Mathématiques congolaises, 2008, p. 169

Citation

Le secret de l'Esprit de Dieu caché dans l'Écriture ; car il y a deux sens parfaits, le littéral et le mystique
Blaise Pascal, Lett. à Mlle de Roannez, 2

Origine du mot

Du latin mysticus (« relatif aux mystères »), emprunté au grec μυστικός, mystikos (« secret »).

Dans le dictionnaire latin : mysticus

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1873 — le Littré

MYSTIQUE adj. (mi-sti-k')

1 Qui a un caractère de spiritualité allégorique, en parlant des choses de la religion. L'Église est le corps mystique de Jésus-Christ. encore relevé aujourd’hui

  • Le secret de l'Esprit de Dieu caché dans l'Écriture ; car il y a deux sens parfaits, le littéral et le mystique — PASC., Lett. à Mlle de Roannez, 2
  • De peur qu'il [M. Périer] donne bien plus de soin et de peine au bâtiment d'une maison qu'il n'est pas obligé de faire, qu'à celui de cette tour mystique dont tu sais que saint Augustin parle dans une de ses lettres — ID., Lett. à Mme Périer, 5 nov. 1648
4 autres citations
  • Le saint travail de l'Église pour enfanter de nouveau en Notre-Seigneur ceux qu'elle a perdus dans le schisme du dernier siècle, est l'effort commun de tout le corps mystique de Jésus-Christ — BOSSUET, 1re instr. sur les prom. de l'Église, 1
  • Et Jésus-Christ même se voyait contraint [dans des persécutions], au grand malheur des hommes ingrats, de chercher d'autres voiles et d'autres ténèbres que ces voiles et ces ténèbres mystiques dont il se couvre volontairement dans l'eucharistie — ID., Reine d'Anglet.
  • Il [Tertullien] dit dans le livre du Baptême que, nous autres chrétiens, nous sommes des poissons mystiques, qui ne pouvons naître que dans l'eau, ni conserver notre vie qu'en y demeurant — ID., Sermons, Rechutes, 2
  • Les fidèles, qui sont les membres du corps mystique de Jésus-Christ — BOURDAL., 2e dim. après l'Épiphan. Dominic. t. I, p. 64

Substantivement. Le mystique, ce qu'il y a de raffiné dans la spiritualité.

  • Corbinelli est tout pétri dans le mystique, il y a plus d'un an ; je suis dans cette confidence : tous les dehors de la place sont tellement pris, qu'il ne peut souffrir d'autres lectures — SÉV., 11 sept. 1689

2 Qui a un caractère comme mystique. encore relevé aujourd’hui

  • La coutume fait toute l'équité, par cette seule raison qu'elle est reçue ; c'est le fondement mystique de son autorité — PASC., Pens. III, 8, édit. HAVET.

3 Qui raffine sur les matières de dévotion et sur la spiritualité. Auteur mystique. Livre mystique. encore relevé aujourd’hui

  • Je vous dirai que Corbinelli est plus mystique que jamais ; il est au delà de sainte Thérèse — SÉV., 612

4 S. m. et f. Un mystique, une mystique, celui, celle qui est livrée au mysticisme. encore relevé aujourd’hui

  • Bien informés que ces dangereuses manières de prier [les états d'oraison], introduites par quelques mystiques de nos jours, se répandaient insensiblement, même dans votre diocèse — BOSSUET, Ordonn. sur les états d'oraison
  • Quand on vient avec nos mystiques à faire un dogme formel de l'indifférence du salut, jusqu'à ne le plus désirer ni demander — ID., États d'orais. IX, 7
2 autres citations
  • C'est ainsi quelquefois qu'un indolent mystique, Au milieu des péchés tranquille fanatique, Du plus parfait amour pense avoir l'heureux don, Et croit posséder Dieu, dans les bras du démon — BOILEAU, Ép. XI
  • L'histoire ne nous a rien raconté de nos mystiques, que nous ne retrouvions dans Jamblique — DIDER., Opin. des anc. philos. (éclectisme).

5 S. f. Étude de la spiritualité.

  • Attaché aux saints pères et aux principes de la théologie, dont la mystique est une branche — BOSSUET, Rem. Rép. à la relat. sur le quiétisme, VII, 1
  • La nouvelle mystique, les doctrines des nouveaux mystiques — ID., Instr. sur les étais d'orais. III, 20
Historique

XVIe s.

  • La theologie, mesme la mystique, nous enseigne que, pour bien preparer notre ame à Dieu et à l'impression du Saint Esprit, il faut la vuider, nettoyer.... — CHARRON, Sagesse, II, 2
Étymologie

Lat. mysticus, de μυστιϰὸς, qui vient de μύστης, initié (voy. MYSTE, MYSTÈRE).

Supplément au dictionnaire

MYSTIQUE. Ajoutez :

6 Testament mystique, voy. TESTAMENT, n° 1.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « mystique » du Wiktionnaire.

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