boutique
- nature
- nom féminin
- diction
- [butik] · 2 syllabes
- attesté
- Au plus tard au XIVᵉ siècle
- usage
- 58 par million de mots
Sens et définitions
Nom 9
-
Magasin, partie de façade du rez-de-chaussée d’une maison consacrée à un commerce de détail ou, à la fois, à la fabrication et à la vente.
- En sabots, les manches relevées sur leurs bras blancs, les filles balayaient le devant des boutiques. Francis Carco, Brumes, Éditions Albin Michel, Paris, 1935, page 158
-
Étalage en plein vent ou baraque de marchand forain.
- Il y a deux boutiques où l'on vend de la viande rôtie, kebab. Ces boutiques sont tenues par des Turcs, le kebab n'étant pas un mets arabe. Burckhardt, « Voyages en Asie », dans Histoire universelle des voyages effectués par mer ou par terre dans les cinq parties du Monde, revus ou traduits par Albert Montémont, Paris : chez Armand-Aubrée, 1833, page 31
-
Métier de commerçant.
- Il me faut du repos. C’est une marchandise dont vous ne tenez pas boutique à la foire, sous l’enseigne de Motus-un-doigt-sur-la-bouche. Allez rire et ne restez pas ici. C’est malsain : la vieillesse se gagne. Anatole France, Le crime de Sylvestre Bonnard, Calmann-Lévy ; réédition Le Livre de Poche, 1967, page 192
-
Toutes les marchandises dont une boutique est garnie.
- Il a engagé toute sa boutique.
-
familier Maison particulière, administration, compagnie que l’on veut discréditer.
- Car il est toujours ivre, et avec ça l’esprit le plus exécrable, criant du matin au soir contre les bourgeois, disant que, s’il avait encore des bras, ce serait lui qui ferait sauter la boutique… Émile Zola, Paris, 1897
-
Bateau de pêcheur dont le fond est percé de trous et dans lequel le poisson se conserve vivant.
- Aller prendre du poisson à la boutique.
- vieilli Entreprise artisanale de la métallurgie.
2 emplois spécialisés
- Généralités Spécialement. Magasin ou rayon de prêt-à-porter d'un grand couturier.
- Établissements commerciaux Magasin de vente au détail de dimension modeste.
Formes fléchies 5
- Première personne du singulier de l’indicatif présent de boutiquer.
- Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de boutiquer.
- Première personne du singulier du subjonctif présent de boutiquer.
- Troisième personne du singulier du subjonctif présent de boutiquer.
- Deuxième personne du singulier de l’impératif de boutiquer.
Citation
Toutes les boutiques sont tendues [à Paris] de filets invisibles où se vont prendre tous les acheteurs
Origine du mot
Attesté en 1242 sous la forme bouticle et le sens de « lieu où un marchand ou un artisan étale et vend sa marchandise » ; botique ; (1564) boutique a le sens de « atelier, fonds de commerce » : La fantasie de lhomme est une merveilleuse boutique pour forger des folles imaginations — (Calvin, Lettres) ; (1565) bouthique (H. Estienne, Conformité du langage français avec le grec) est une version étymologisante qui ne se maintiendra pas : du latin apotheca (« entrepôt », « dépôt ») qui donne aussi l’allemand Apotheke, l’occitan botiga, botica, l’espagnol bodega, l’italien bottega, avec déglutination du a initial sous l'action de l'article défini.
Dans le dictionnaire latin : apotheca
1873 — le Littré
BOUTIQUE s. f. (bou-ti-k')
1 Lieu où un marchand vend sa marchandise. Grande et belle boutique. Louer une boutique. Fille de boutique, garçon de boutique, courtaud de boutique. S'établir ou se mettre en boutique. Avoir ou tenir boutique.
- Toutes les boutiques sont tendues [à Paris] de filets invisibles où se vont prendre tous les acheteurs — MONTESQ., Lettres pers. 58
- En vain contre ce flot d'aversion publique Vous tiendrez quelque temps ferme sur la boutique ; Vous irez à la fin, honteusement exclus, Trouver au magasin Pyrame et Régulus — BOILEAU, A ses vers, Ep. X
2 autres citations
- Et Gombaud tant loué garde encor la boutique — ID., Art p. IV
- Les uns y tiennent boutique et ne songent qu'à leur profit — J. J. ROUSS., Ém. IV
Fonds de boutique, les marchandises qui sont depuis longtemps dans une boutique.
Ouvrir boutique, commencer un commerce en boutique. Fermer boutique, cesser son commerce ; et fig. quitter une profession.
Faire de son corps une boutique d'apothicaire, prendre des remèdes à tout propos, sans raison.
2 Lieu où un artisan travaille. Boutique de tailleur, de cordonnier, de menuisier.
- J. -C. passe trente ans de sa vie dans la boutique d'un artisan — FÉN., XVIII, 246
3 Ensemble des marchandises qui sont dans une boutique, des outils d'un artisan, et, en général, d'ustensiles servant à quoi que ce soit. encore relevé aujourd’hui
- Son chauffe-cire [du garde des sceaux] et sa boutique étaient dans une chambre à part — SAINT-SIMON, 513, 38
4 Tout endroit où quelque chose se fait. encore relevé aujourd’hui
Fig. Ce pamphlet sort d'une boutique que l'on connaît. C'est un intrigant, il tient boutique de philanthropie.
- J'en voudrais.... tenir boutique ouverte — RÉGNIER, Ép. II
- Moi qui ne lève point boutique de philosophie — SÉV., 583
2 autres citations
- C'en était plus qu'il n'en fallait pour persuader M. de Paris que ce livre était sorti de leur boutique [des Jésuites] — SAINT-SIMON, 65, 77
- Il [Tonnerre] était fort mal dans cette petite cour par ses bons mots ; il lui avait échappé de dire qu'il ne savait ce qu'il faisait dans cette boutique — ID., 24, 530
5 Bateau de pêcheur pour conserver le poisson. encore relevé aujourd’hui
6 Gaîne de bois ou de cuir qui contient les outils du boucher.
Boîte des merciers ambulants.
7Populairement, maison où les domestiques sont mal nourris ou mal payés.
Par antiphrase, boutique d'honneur, maison de débauche.
Historique
XIVe s.
- Item que toutes filles de vie ou femmes communes diffamées voisent [aillent] tenir, tiennent et facent leurs bouticles ès lieux à ce ordonnés — DU CANGE, botigia.
XVIe s.
- Tigres, lyons, ours, serpens, basilicques Sont plus humains en leurs creux et bouticques Que ces vilains quant entrent en leur rage — J. MAROT, V, 70
- Bourgeoys, marchans, et peuples mechaniques Sont tous perplex en leurs bancs et boutiques — ID., V, 75
7 autres citations
- Ainsi est Rome la boutique fatale, où se sont forgez les glaives d'occision, qui ont jadis respandu tant de sang — LANOUE, 58
- Davantage ce seroyent des boutiques [réserves] d'où se tireroyent les capitaines d'infanterie — ID., 266
- Les guerres civiles sont les boutiques de toutes meschancetez — ID., 708
- Valets et gens de boutique — CARL., V, 32
- On les peut longuement garder [les murènes] dedans les viviers et boutiques pour s'en servir en temps — PARÉ, XXIII, 39
- Qui tient boutique doit parler à chacun — COTGRAVE
- La grande boutique, le palais où l'on plaide ; un de la grande boutique, un avocat — OUDIN
Étymologie
Bourguig. bouticle ; provenç. botiga ; espagn. botica ; ital. bottega ; napolit. potega ; sicilien, putiga ; du latin apotheca ; du grec ἀποθήϰη, de ἀπὸ, latin ab, et τιθέναι, mettre (voy. THÈSE) : mot à mot mise en réserve. Ce mot est venu d'Italie, comme le porte à croire l'apocope de l'a.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (cibles)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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