provincial

nature
adj masculin
diction
[pʁovɛ̃sjal] · 3 syllabes
usage
2 par million de mots

Sens et définitions

Nom 3

  1. Habitant de la province.
    • Une petite provinciale.
  2. familier (Par ellipse) Gouvernement provincial.
    • Car si le provincial est responsable du secteur de l'éducation, le fédéral, lui, détient l'argent. Le Devoir, 9-10 septembre 2006
1 emploi spécialisé
  1. Catholicisme Supérieur général d’un ordre religieux qui a inspection sur toutes les maisons d’une province de son ordre.
    • Le grand docteur de ces religieuses était le provincial des Carmes, Jean de la Vega. Jules Michelet, Du prêtre, de la femme, de la famille, 3ᵉ éd., Hachette & Paulin, 1845, p.176

Adjectif 2

  1. Qui appartient à une province, qui concerne une province.
    • Les petits districts très différents qui se trouvent soudés artificiellement dans le Tarn-et-Garonne retrouveront leur vitalité quand, échappés à un compartimentage mal conçu, ils seront de nouveau mêlés aux vastes divisions provinciales commandées par la nature des choses. Ludovic Naudeau, La France se regarde : Le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931
  2. péjoratif Qualifie l’air, les manières, le langage, etc. (simplicité, rusticité, manque de finesse, etc.), appartenant ou supposés appartenir aux habitants de province, par opposition à l’air, aux manières, etc. des habitants de la région capitale dite francilienne.
    • C’était un être profondément provincial, mais cependant fort aimable. Aucune de ses gaietés ne se serait dite à Paris, mais elles étaient fort drôles et lui allaient fort bien. Stendhal, Lucien Leuwen, 1834

Citation

Madame de Coulanges dit : .... c'est donc Mlle de Retz qui se marie [à Lauzun] ; point du tout, vous êtes bien provinciale
Madame de Sévigné, 9

Origine du mot

Du latin provincialis (« de province »).

Dans le dictionnaire latin : provincialis

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

PROVINCIAL, ALE adj. (pro-vin-si-al, a-l')

1 Qui appartient à une province. Assemblée provinciale. États provinciaux. encore relevé aujourd’hui

Par moquerie. Qui est de la province et qui ignore les choses de la capitale ou de la cour.

  • Madame de Coulanges dit : .... c'est donc Mlle de Retz qui se marie [à Lauzun] ; point du tout, vous êtes bien provinciale — SÉV., 9

2 Il se dit de l'air, des manières, du langage, etc. par opposition à l'air, aux manières, au langage de la capitale. encore relevé aujourd’hui

  • En tout elle a des manières provinciales — GENLIS, Théât. d'éduc. Dangers du monde, I, 9
  • On verra clairement que vous avez pleuré à la tragédie, ce qui est un peu provincial — ID., Vœux témér. t. III, p. 112, dans POUGENS

3 Lettres provinciales, titre d'un livre de Pascal, dirigé contre les jésuites, ainsi dites parce que le vrai titre était : Lettres écrites à un provincial par un de ses amis.

On dit souvent absolument : les Provinciales.

4 Substantivement. Personne de province. encore relevé aujourd’hui

  • Le peintre reste avec madame Alis, Provinciale assez belle et bien faite — LA FONT., Rémois.
  • Nul ne dit courtisan que ceux qui ne le sont pas ; pédant, qu'un pédant ; provincial, qu'un provincial — PASC., Pens. XXV, 131, éd. HAVET.
2 autres citations
  • On dit qu'il faudrait que je vinsse à Paris.... vous savez comme on se moque, à la cour et à la ville, des vieux provinciaux qui viennent demander justice ou miséricorde — VOLT., Lett. Mme de Saint-Julien, 30 oct. 1776
  • Je suis un franc provincial qui croit qu'on peut s'occuper à Paris de ce qui se passe dans son village — ID., Lett. d'Argental, 27, janv. 1766

Il se dit souvent par dénigrement et en vue de l'ignorance où les gens de province sont des manières de la capitale ou de la cour.

  • Obsédée de provinciaux, la plus incommode nation du monde, tous grands parleurs, quelques-uns très impertinents — SCARR., Rom. com. I, 8
  • Me prenez-vous pour une provinciale, madame ? - Julie : Dieu m'en garde, madame — MOL., Comtesse, 7
1 autre citation
  • C'est une chose bien dangereuse qu'une provinciale de qualité, et qui a pris, à ce qu'elle croit, l'air de la cour — SÉV., 27 nov. 1675

5 S. m. Provincial, supérieur qui a le gouvernement de toutes les maisons de son ordre dans une province. encore relevé aujourd’hui

  • Le provincial jésuite [au Paraguay], assisté de son conseil, rédigeait les lois ; et chaque recteur, aidé d'un autre conseil, les faisait observer — VOLT., Mœurs, 154

Ex-provincial, celui qui a rempli les fonctions de provincial dans une communauté religieuse.

Historique

XVIe s.

  • La sagesse.... desdaignant.... ces petites regles feinctes, usuelles, provinciales — MONT., III, 374
Étymologie

Provenç. provincial ; du lat. provincialis, de provincia, province.

Supplément au dictionnaire

PROVINCIAL.

2 Ajoutez :

Rime provinciale, rime insuffisante. Maligne rime très mal avec machine ; c'est ce qu'on appelle une rime provinciale, CHAMFORT, Notes sur les fables de La Fontaine, VI, 15. Oui, mais La Fontaine écrivait maline, ce qui est encore aujourd'hui la prononciation populaire. Ce que Chamfort nomme rime provinciale est ce qui se dit plus ordinairement assonance.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « provincial » du Wiktionnaire.

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