roseau

nature
nom masculin
diction
[ʁozo] · 2 syllabes
attesté
801
usage
4 par million de mots

Sens et définitions

Nom 4

  1. Nom courant du phragmite (Phragmites australis).
    • […]; le sol s’affaisse en s’asséchant. Pour l’affermir, il faut d'abord brûler les choins, massettes, roseaux, et, pour cela, tenir le marais le plus à sec possible, […]. François Rozier, Cours complet d'agriculture ou Dictionnaire universel d'agriculture, t.11, 1805, page 480
  2. Nom d’autres plantes, d’aspect et d’écologie (plantes sociales) similaires.
    • L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature, mais c'est un roseau pensant., Blaise Pascal, Pensées, Fragment 231 de l'éd. Sellier.
  3. Calame.
    • Le peintre oriental y avait tracé d’un roseau exact et sobre, avec un réalisme qui n’oubliait rien, une jeune demoiselle nue… Pierre Louÿs, Les Aventures du roi Pausole, 1901
  4. Anche. Instrument à anche (hautbois, clarinette, saxophone, bombarde…).
    • Soufflant tonnerre dans du roseau / C'est pas toi qui y’es / Dans l’bagad de Lann-Bihouë Alain Souchon, Le Bagad de Lann-Bihouë, album Toto 30 ans, rien que du malheur… (RCA, 1978)

Citation

Le chêne un jour dit au roseau : Vous avez bien sujet d'accuser la nature ; Un roitelet pour vous est un pesant fardeau
Jean de La Fontaine, Fabl. I, 22

Origine du mot

De l’ancien français rosel, diminutif de raus, rauche, attesté en latin tardif rausum , rosum (1268), emprunté au vieux bas francique *rausa (“reed”), du proto-germanique *rausą, *rauzą (“tuyau, roseau, tube”), qu'on retrouve dans le moyen néerlandais roesdommel, aussi attesté dans la toponymie du Nord de la France : Rosel, Rosiere et Roubaix (d’un ancien Rosbais). S’apparente, par alternance consonantique, au néerlandais roer, à l’allemand Rohr et à l’islandais reyr.

1873 — le Littré

ROSEAU s. m. (ro-zô)

1 Plante dont la tige, lisse et droite, est creuse et remplie de moelle. non relevé aujourd’hui

  • Le chêne un jour dit au roseau : Vous avez bien sujet d'accuser la nature ; Un roitelet pour vous est un pesant fardeau — LA FONT., Fabl. I, 22
  • Un appui de roseau soulageait leurs vieux ans — ID., Phil. et Baucis.
4 autres citations
  • Irai-je dans une ode, en phrases de Malherbe, Troubler dans ses roseaux le Danube superbe ? — BOILEAU, Sat. IX
  • Et s'il ne m'est permis de le dire au papier, J'irai creuser la terre, et, comme ce barbier, Faire dire aux roseaux par un nouvel organe : Midas, le roi Midas a des oreilles d'âne — ID., ib.
  • La couverture de roseau dure quarante à cinquante ans — GENLIS, Maison rust. t. I, p. 39, dans POUGENS
  • On fabriquait des vêtements et des nattes avec les roseaux, principalement avec le papyrus — MONGEZ, Instit. Mém. hist. et litt. anc. t. IV, p. 240

2Fig. Il se dit de l'être humain comparé pour sa faiblesse au roseau. non relevé aujourd’hui

  • L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature, mais c'est un roseau pensant — PASC., Pens. I, 6, édit. HAVET.
  • Comme un chêne est le confrère d'un roseau, le roseau, en levant sa petite tête, dit au chêne : Ceux de Dodone n'ont jamais mieux parlé — VOLT., Lett. prince de Beauvau, 5 avr. 1771
4 autres citations
  • Avouez qu'il est plaisant que j'aie attrapé ma soixante et seizième année en ayant tous les jours la colique ; mon ami, nous sommes des roseaux qui avons vu tomber bien des chênes — ID., Lett. Thiriot, 9 août, 1769
  • Ce bras [de Dieu].... Soutiendra ce roseau plié par les orages — ID., Zaïre, III, 4
  • Je me vis seule au monde, en proie à mon effroi, Roseau faible et tremblant, n'ayant d'appui que moi — ID., Tancr. I, 4
  • Qui appuiera ce roseau [la femme], si la religion n'en soutient la fragilité ? — CHATEAUBR., Génie, I, VI, 5

C'est un roseau qui plie à tous les vents, se dit d'un homme qui cède à toutes les impulsions.

S'appuyer sur un roseau, mettre sa confiance en quelqu'un qui n'a ni force ni crédit, etc.

  • Sur quel roseau fragile a-t-il mis son appui ? — RAC., Esth. II, 1

Roseau peint en fer, esprit qu'on croit ferme et qui est faible.

3 Roseau des étangs ou de la passion, roseau à quenouille, ainsi dit parce que son épi a l'air d'une quenouille nommé aussi roseau canne ou roseau des jardins, l'arundo donax, graminées.

Roseau à balais, arundo phragmites, L.

Roseau des Indes, bambou.

Roseau odorant, acore.

4Terme d'architecture. Se dit de certains ornements dont on remplit par le bas les cannelures des colonnes rudentées. non relevé aujourd’hui

Historique

XIIe s.

  • E nostre sires ferrad [frappera] Israel, e croler le frad si cume fait li rosels par cele riviere — Rois, p. 293
  • Cez de Egypte ki sunt cume bastons de rosel pesceed, [rompu], Sur qui si l'um se apuied, tost falsed et depiesced — ib. 408

XVIe s.

  • Appuiez-vous, après Dieu, sur ces espaules fermes, et non sur ces roseaux tremblans à tous vents — D'AUB., Hist. III, 184
  • Estançonner le mensonge d'un roseau — COTGRAVE
1 autre citation
  • Ung vaisseau d'argent doré, de forme ronde, de la longueur de près d'une aulne de Paris, dedans lequel estoit le roseau qui fut baillé à N. S. Jesus-Crist, quant Pilate dict aux Juifs : Ecce homo — DE LABORDE, Émaux, p. 478
Étymologie

Wallon, rozaî ; prov. rauzel, rauzeu ; d'un radical ros ou raus qui se trouve dans l'ancien français et dans le provençal ; Berry, rauche, roseau ; norm. ros ; du goth. raus, jonc ; allem. mod. Rohr.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « roseau » du Wiktionnaire.

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