Histoire des mathématiques Discipline
physique théorique
Discipline- domaine
- physique
Pour comprendre
Construire par les mathématiques
La physique théorique construit et explore les théories par les mathématiques, en amont ou en aval de l’expérience. Son travail consiste à poser des axiomes, écrire des équations et en tirer des prédictions. Les mathématiques ne remplacent pas nécessairement l’expérience : elles organisent les théories, rendent leurs conséquences explicites et permettent d’examiner les relations entre différents cadres physiques. Elle sert aussi à formuler clairement les hypothèses, à comparer leurs conséquences et à préciser ce que l’expérience pourra examiner directement.
Retrouver les cas limites
Une bonne théorie contient l’ancienne comme cas limite. La mécanique de Newton reste ainsi valable aux faibles vitesses. Ce principe permet de comprendre qu’une théorie nouvelle n’efface pas nécessairement les résultats antérieurs : elle peut les inclure dans certaines conditions. La physique théorique compare donc les domaines de validité des descriptions et cherche les équations qui permettent de passer d’un cadre à l’autre.
Repères historiques
- Principia de Newton en 1687, première grande synthèse mathématique de la physique
- Mécanique analytique de Lagrange en 1788, la physique sans figures, par les seules équations
La figure compare les énergies cinétiques classique et relativiste selon la vitesse.
Cas d’usage
Comparons une horloge à lumière vue à bord et depuis le sol. Partons de deux axiomes, des règles admises : la lumière garde la vitesse \(c\) pour tout observateur ; les lois restent les mêmes dans un véhicule allant en ligne droite à vitesse constante. Un éclair monte entre deux miroirs distants de \(h\). À bord, la durée est \(t_0=h/c\). Depuis le sol, pendant la durée \(t\), l'horloge avance de \(vt\), où \(v\) est sa vitesse. La lumière parcourt \(ct\) en diagonale. Le triangle rectangle donne :
À \(v=0{,}6c\), \(\sqrt{1-0{,}36}=0{,}8\), donc \(t=1{,}25t_0\) : une heure à bord dure 1 h 15 min au sol. C'est le triangle \(3\)-\(4\)-\(5\) : déplacement, hauteur, trajet lumineux. À \(0{,}8c\), le facteur vaut environ \(1{,}667\) : 1 h 40 min.
Composons deux vitesses de même sens. Un mouvement a une vitesse \(u\) à bord d'un véhicule allant à \(v\) par rapport au sol. Vu du sol, sa vitesse est :
Avec \(0{,}6c\) et \(0{,}6c\), on obtient \(w=1{,}2c/1{,}36\approx0{,}882c\). Avec \(0{,}9c\) et \(0{,}9c\) : \(0{,}994c\). Avec \(u=c\), on retrouve \(w=c\), quel que soit \(v\). Pour deux voitures à 30 m/s, la correction au dénominateur est :
L'addition \(u+v\), qui donne 60 m/s, convient donc aux petites vitesses.
Comparons les énergies cinétiques, les énergies du mouvement, pour une masse \(m\). La formule nouvelle est \((\gamma-1)mc^2\), avec \(\gamma=1/\sqrt{1-v^2/c^2}\). Pour \(x=v^2/c^2\) petit, réécrivons-la avec des puissances successives de \(x\) :
Le terme \(x/2\), multiplié par \(mc^2\), donne \((1/2)mv^2\). Comparons \(\gamma-1\) et \(v^2/(2c^2)\), les énergies divisées par \(mc^2\), avec des valeurs arrondies :
- À \(0{,}1c\), \(\gamma=1{,}005038\) : \(0{,}005038\) contre \(0{,}005\), écart 0,8 %.
- À \(0{,}5c\), \(\gamma=1{,}1547\) : \(0{,}1547\) contre \(0{,}125\), écart 24 %.
- À \(0{,}9c\), \(\gamma=2{,}294\) : \(1{,}294\) contre \(0{,}405\), soit 3,2 fois plus.
Dates
- premiere trace
- Principia de Newton, première synthèse mathématique
- formalisation
- Mécanique analytique de Lagrange
Liens
- a compté parmi ses contributeurs
Sources
- Wikidata CC0-1.0