bréhaigne
- nature
- adj féminin
- diction
- [bʁeɛɲ] · 2 syllabes
- attesté
- Au plus tard au XIIᵉ siècle
- usage
- moins de 1 par million de mots
Sens et définitions
Adjectif 6
-
Stérile, en parlant des femelles de certains animaux.
- A Mervale, les vieilles biques bréhaignes cabretaient sans besoin de bouc, les petits poussaient sur les fumiers ! Jean Rogissart, Mervale, Éditions Denoël, Paris, 1937, page 24
-
Qualifie un poisson qui n’a ni œufs ni laitance.
- Duhamel pense aussi que les carpes qu’on nomme bréhaignes ne sont point des mulets, mais des poissons qui, dans certaines circonstances, sont dépourvus de laitance et d’œufs. Exposé succinct des principales observations faites jusqu’à ce jour sur les maladies et sur les anomalies des poissons, par P. Rayer, dans Archives de médecine comparée, Paris : chez J.-B. Baillière, 1843, volume 1, page 305
-
(Souvent ironique) Stérile, en parlant d’une femme.
- Je vous parie une vache pleine contre une dame bréhaigne qu’il se prépare des choses pas décorticables pour bientôt ! San-Antonio, Béru-Béru, Éditions Fleuve noir, 1970, chapitre 12
-
Qui est stérile, ne contient aucune vie.
- Ce n’est point cependant une terre bréhaigne, puisque ses enfants se comptent par millions, et si cette mère n’a pas de lait pour ses petits, du moins l’aiment-ils passionnément. Jules Verne, P’tit Bonhomme, chapitre 1, J. Hetzel et Cⁱᵉ, Paris, Illustrations par Léon Benett, 1891
-
Qui partage avec le cheval certaines caractéristiques, en parlant de la jument.
- [Les crocs ou de crochets sont] les quatre dents canines du cheval, que nos peres appelloient écaillons. Ces quatre dents canines sont celles dont les jumens sont dépourvûes, à l’exception de celles auxquelles nous donnons le nom de brehaigne. « ECAILLONS », dans Denis Diderot, Jean Le Rond d’Alembert, L’Encyclopédie, 1751 → consulter cet ouvrage
-
Bohémien.
- Vinos et Fibi partageaient le repas, mais gênaient peu. Ces deux vagabondes, à demi sauvages et restées effarées, parlaient bréhaigne entre elles. Victor Hugo, L’Homme qui rit, 1868
- Vinos et Fibi partageaient le repas, mais gênaient peu. Ces deux vagabondes, à demi sauvages et restées effarées, parlaient bréhaigne entre elles. Victor Hugo, L’Homme qui rit, 1868
Nom 4
-
Femelle stérile.
- Et d’ajouter aussi que c’est une vielle biche : la bréhaigne, laquelle ne peut plus se reproduire qui régule la harde. La Dépêche, 23 septembre 2012
-
vieilli Femme stérile.
- Celles qu’on reconnaît stériles ne sont employées qu’a servir ; et, des hommes impuissants, se font esclaves, qui se peuvent mêler charnellement avec les bréhaignes. Savinien Cyrano de Bergerac, Les États et empires de la lune et du soleil, Honoré Champion, Paris, 2004, ISBN 2-7453-1079-8, page 336
-
Bohémienne.
- Ces deux bréhaignes, ramassées par le philosophe dans le pêle-mêle nomade des bourgs et faubourgs, étaient laides et jeunes, et s’appelaient, par la volonté d’Ursus, l’une Phœbé et l’autre Vénus. Victor Hugo, L’Homme qui rit, 1868
- Femme stérile. Après le XVI siècle, le terme devient injurieux lorsque l’on l’utilise pour une femme humaine.
Origine du mot
De l’ancien français brehaing, brehaigne (« stérile »), attesté sous la forme baraigne dans le Livre des Créatures (1119) de Philippe de Thaon^([5]). En ancien français, le mot était masculin ou féminin, mais seul le féminin a perduré. L’étymon est un radical prélatin^([5])^([6])^([8]). Plusieurs hypothèses sont proposées :
1873 — le Littré
BRÉHAIGNE adj. (bré-è-gn')
1 Stérile, en parlant des femelles des animaux domestiques ou de ceux qu'on entretient dans des parcs et des viviers. Une jument bréhaigne. Une carpe bréhaigne. encore relevé aujourd’hui
2 S. f. Une bréhaigne, se dit parfois populairement en parlant d'une femme stérile. encore relevé aujourd’hui
Historique
XIIe s.
- Et li fameilleus sont asagiez, puisque la baraigne plusurs enfantad — Rois, 6
- Pesmes sont les eves et baraignes les terres — ib. 350
1 autre citation
- Franzois morront, s'en ert la France bregne — Roncisv. p. 42
XIIIe s.
- La roche porte un bois doutable, Dont li arbre sont merveillable ; L'un est brehaigne et riens ne porte.... — la Rose, 5973
XIVe s.
- Et pour ce les mariés steriles ou brahaignes se departent plus tost d'ensemble que les autres — ORESME, Eth. 251
XVe s.
- Voy Elisabeth ta cousine, Qui estoit brehaigne clamée — La nativité de N. S.
- Sec et brahaing, je porte fleur et graine — CH. D'ORL., Ball. 104
Étymologie
Bourguig. braime ; picard, braine ; Berry, brâgne ; wall. brouhagne ; rouchi, breine ; Metz, bereigne ; anc. angl. barrayn ; angl. mod. barren. Mot d'origine obscure. Diez propose une dérivation de barus, homme, en bas-latin, de sorte que brehaigne serait la femme-homme, la femme stérile. Grandgagnage, trouvant dans le wallon meshaignier, décompose baraigne en bar, particule péjorative, et haigner, dont du reste il ne peut indiquer le sens.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Wiktionnaire (dump du 6 juillet 2026) Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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