chaire

nature
nom féminin
diction
[ʃɛʁ] · 1 syllabe
usage
7 par million de mots

Sens et définitions

Nom 8

  1. figuré Prédication.
    • Le clergé partage l’opinion de la noblesse, et a de plus que lui l’influence de la chaire et du confessionnal. Alexandre Dumas, La Vendée après le 29 juillet, La Revue des Deux Mondes tome 1, 1831
  2. Ensemble des prédicateurs.
    • Nous sommes arrivés, de critique en critique, à cette triste conclusion : […] ; que tous ces mots Droit, Devoir, Morale, Vertu, etc., dont la chaire et l'école font tant de bruit, ne servent à couvrir que de pures hypothèses, de vaines utopies, d'indémontrables préjugés; […]. Joseph Proudhon, De la Justice dans la Révolution et dans l’Église, tome I, p.70
  3. figuré Siège apostolique.
    • La chaire apostolique.
  4. Tribune plus ou moins élevée où un professeur se place pour faire une leçon.
    • Ma mémoire conserve encore avec une netteté photographique l’image de la chaire et du cahier de classe sur lequel nous ne cessions de loucher parce que nos notes y étaient consignées ; […] Stefan Zweig, traduit par Dominique Tassel, Le Monde d’hier, Gallimard, 2013, page 64
  5. Place de professeur en particulier dans une université, et par extension dans une grande école ou un établissement d'enseignement supérieur.
    • Les maximums de services prévus à l'article 1ᵉʳ sont diminués d'une heure pour les professeurs de première chaire. Décret nᵒ 50-581 du 25 mai 1950
3 emplois spécialisés
  1. Christianisme Sorte de tribune élevée et ordinairement surmontée d’un dais ou baldaquin dans laquelle se place le prêtre ou le pasteur pour prêcher, pour faire quelque lecture aux assistants, etc.
    • Après l'Évangile selon saint Luc, monsieur le Curé des Hautes-Héez est monté en chaire. Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958
  2. Administration scolaire et parascolaire Emploi de professeur à fonctions exclusives dans l'enseignement supérieur.
  3. Philosophie et religion Tribune surélevée du prédicateur, sur le côté de la nef d'une église; souvent adossée à un pilier, elle est en général surmontée d'un abat-voix, garni d'ornements en amortissement.

Citation

Ils ne montent pas dans les chaires pour y faire de vains discours
Bossuet, Par. de Dieu, 1

Origine du mot

Du latin cathedra.

Dans le dictionnaire latin : cathedra

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

CHAIRE s. f. (chê-r')

1 Siége élevé d'où l'on parle, enseigne ou commande, et, particulièrement, espèce de tribune à dais d'où le prêtre adresse la parole aux assistants. Chaire de bois, de marbre, sculptée, etc. Ce mandement fut lu en chaire dans toutes les églises. encore relevé aujourd’hui

  • Ce qui obligea le curé de monter en chaire — PASC., Prov. 15
  • Ils ne montent pas dans les chaires pour y faire de vains discours — BOSSUET, Par. de Dieu, 1
3 autres citations
  • Si nous sommes soigneux de former des prêtres que Louis puisse choisir pour remplir nos chaires — BOSSUET, le Tellier.
  • Ce que cette chaire, ce que ces autels, ce que l'Évangile que j'annonce, et l'exemple du grand ministre dont je célèbre les vertus, m'oblige à recommander plus que toutes choses, c'est les droits sacrés de l'Église — ID., ib.
  • Les autres [prêtres] à l'État rendus plus nécessaires, Ont éclairé l'Église, ont monté dans les chaires — VOLT., Henr. V

La chaire évangélique ou la chaire de vérité, la chaire où l'on prêche l'Évangile.

  • À présent que je suis assis dans la chaire de Jésus-Christ et des apôtres, et que vous m'écoutez avec attention — BOSSUET, la Vallière

Être assis dans la chaire de mensonge, de pestilence, etc. professer l'hérésie.

  • Lucifer assis dans sa chaire infernale — BOILEAU, Sat. XI
  • Vous, malheureux, assis dans la chaire empestée Où le mensonge règne et répand son poison — RAC., Ath. III, 4
1 autre citation
  • Des femmes de la société, de graves philosophes avaient des chaires d'incrédulité — CHATEAUB., Génie, I, 1

L'éloquence de la chaire, nom générique qui comprend toutes les sortes de discours qui sont ou peuvent être prononcés dans les églises, savoir : les panégyriques, les oraisons funèbres, les sermons, les prônes, les conférences, etc.

Fig. La prédication. Les orateurs de la chaire.

  • Avec quel succès le grand art de la chaire est cultivé à Genève — J. J. ROUSS., Dédic.

2 Tribune où siége un professeur dans les écoles publiques. Le professeur est en chaire. encore relevé aujourd’hui

Fig. L'enseignement même ou la place du professeur. Une chaire de littérature française. Ce professeur a obtenu la chaire qu'il désirait.

  • Le peuple ne donne ni chaires, ni pensions, ni places d'académie — J. J. ROUSS., Ém. v.
  • Le rhéteur Eumènes tenait à Rome une chaire d'éloquence — CHATEAUB., Mart. 115

3 Siége qu'a l'évêque au haut du chœur. L'évêque, étant dans la chaire, donna la bénédiction au peuple.

  • Les évêques à qui ils avaient laissé une chaire — BOSSUET, Hist. II, 13

Fig. La chaire apostolique, la chaire de saint Pierre, la chaire d'unité, termes qui désignent le siége apostolique, la papauté.

4 Chaire curule, ou, absolument, chaire, chaise curule.

  • Des chaires, des licteurs, des faisceaux — J. J. ROUSS., Ém. IV

5Terme de marine. Grand bateau plat pour charger et décharger les vaisseaux.

Remarque

1. Du temps de Vaugelas, l'identité de chaire et de chaise (voy. CHAISE) était encore si présente qu'il indique les cas où il faut se servir de l'un ou de l'autre. Aujourd'hui l'emploi de ces deux mots, qui sont le même mot différemment prononcé, est tellement spécifié qu'il n'y a plus lieu à aucune remarque de ce genre.

2. Th. Corneille dit : " J'ai vu plusieurs ouvrages de poésie où l'on faisait rimer chaire avec affaire ; ce qui marque qu'il y a des provinces où l'on prononce ce mot comme le féminin de l'adjectif cher. D'autres le font rimer avec guerre, ce qui est mal, quoique la prononciation de chaire en approche davantage. " Ces nuances n'existent plus pour notre oreille ; et chaire rime avec affaire, chère et guerre.

Historique

XIIe s.

  • Le povre [il] sache [tire] del femier, od les princes le fait sedeir ; chaere de glorie li fait aveir — Rois, 7

XIIIe s.

  • Cil qui ci est en une chaiere entre nous — VILLEH., LXVII
  • Un riche chevalier estoit mort, et li avoit l'en fet une grant fosse large en terre, et l'avoit l'en assis moult noblement et paré en une chaere — JOINV., 266

XVe s.

  • Respondit tanstost messire Guillaume de Fermiton et dit : Dites à Jean de Chastel-Morant qu'il s'en voise reposer un petit en sa chaiere — FROISS., II, II, 81
  • Le duc de Berry, frere du roy, presidoit assis en chaire — COMM., I, 8
1 autre citation
  • Ladicte demoiselle estoit en sa chaire et le duc de Cleves à costé d'elle — ID., V, 14

XVIe s.

  • S'eslançant d'une chaire où elle estoit assise — MONT., III, 181
Étymologie

Saintonge, Berry et norm. chaire, chaise ; bourguig. cheire, chaise ; picard, cahière, cahielle, kielle, chaise ; wallon, chèïre, chaise ; namurois, chèière, chaise ; rouchi, caière, kèière, chaise ; provenç. cadera, cadeira ; catal. cadira ; anc. espagn. cadera ; portug. cadeira ; ital. cattedra ; du latin cathedra, siége, du grec ϰαθέδρα, de ϰαθ, ϰατὰ, sur, et ἕδρα, siége, dont le radical est le même que le radical latin sed dans sed-ere (voy. SEOIR). Plusieurs patois ont conservé des formes analogues à la forme ancienne chaere, c'est-à-dire non contractée ; chaere, dans les anciens textes, était toujours de trois syllabes.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « chaire » du Wiktionnaire.

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