dru

nature
adj masculin
diction
[dʁy] · 1 syllabe
usage
3 par million de mots

Sens et définitions

Adjectif 5

  1. Dont les parties sont en grande quantité et très serrées.
    • L’ennemi se précipitait sur le pays en vagues incessantes. Leur armée était immense, drue comme des champs de canne à sucre ou des forêts de roseaux. Le Courrier du Vietnam, La légende du kumquat, lecourrier.vn, 23 mai 2020
  2. Qui est vigoureux, gaillard.
    • Un dru language était en effet devenu le nôtre, (…). Louis-Ferdinand Céline (Louis-Ferdinand Destouches), Voyage au bout de la nuit, 1932, Gallimard (Folio #28 réédition 2019) page 116
  3. Se dit des petits oiseaux assez forts pour s’envoler du nid.
    • Ces moineaux sont drus comme père et mère.
  4. Se dit des enfants assez grand pour quitter le foyer.
    • Bel enfant de quinze ans, dru comme pere et mere, Aymable comme un Ange ou deux, Que le fils de celuy qui sera ton beau-pere Se pourra dire un homme heureux ! Paul Scarron, A Mademoiselle du Lude, xviiᵉ siècle
1 emploi spécialisé
  1. Agriculture Bien venant, venant serré, en parlant de l’herbe, des blés, etc.
    • L’herbe était haute et drue. Claude Favre de Vaugelas, Q. C. liv. III, dans RICHELET

Adverbe 2

  1. D’une manière serrée, et par extension d'autant plus puissante.
    • L’eau tombait dru, presque à l’horizontale, soufflée par les rafales. Au contact sur le visage, dès que je fus dehors, elle me fit mal. Laurent Mérer, Le roman des marins, Editions du Rocher, 2010
  2. figuré Vivement ; sans façon.
    • Allant […] Plus dru qu’une navette au travers d’un métier. Mathurin Régnier, Satires, X

Citation

De telles gens il est beaucoup Qui prendraient Vaugirard pour Rome, Et qui, caquetant au plus dru, Parlent de tout et n'ont rien VU
Jean de La Fontaine, Fabl. IV, 7

Origine du mot

Du gaulois drūtos (« fort ») (→ voir druz, « gras » en breton, le gallois drud « hardi, brave », l’écossais drùth « volontaire ») apparenté au latin durus (« dur [comme le bois] »). Via les racines de l’indo-européen, il est apparenté à l’albanais dru (« bois ») voyez ci-dessous.

Les mots français venus du gaulois

1873 — le Littré

DRU, DRUE adj. (dru, drue)

1 Bien venant, venant serré, en parlant de l'herbe, des blés, etc. Ces blés sont fort drus. repris par le Wiktionnaire

  • L'herbe était haute et drue — VAUGEL., Q. C. liv. III, dans RICHELET

Par extension. Une pluie drue et menue.

Dru, adv. D'une manière serrée. Il pleut dru. Semer dru. Les balles pleuvaient dru comme mouches.

Fig. Vivement, sans façon. Vous y allez dru.

  • Allant.... Plus dru qu'une navette au travers d'un métier — RÉGNIER, Sat. X
  • Haussant et baissant les mains dru et menu sur ses cuisses — SCARRON, Roman com. II, 7
4 autres citations
  • De telles gens il est beaucoup Qui prendraient Vaugirard pour Rome, Et qui, caquetant au plus dru, Parlent de tout et n'ont rien VU — LA FONT., Fabl. IV, 7
  • Caquet-bon-bec alors de jaser au plus dru, Sur ceci, sur cela, sur tout — ID., ib. XII, 11
  • Le nœud du mariage Damne aussi dru qu'aucuns autres états — ID., Belph.
  • Eh ! mais, mais.... mon oncle, un peu de patience ; comme vous allez dru sur les questions ! — PONT DE VESLE, Somnamb. sc. 2

2Par extension, se dit des personnes que l'on compare à une herbe drue, bien venant, vif et gaillard. encore relevé aujourd’hui

  • Je te promets à ce printemps Une petite camusette, Friponne, drue et joliette, Avec qui l'on t'enfermera ; Puis s'en démêle qui pourra — LA FONT., Poésies mêlées, XXXII, pour Mignon, chien de Son Altesse royale
  • Malgré moi l'on m'a jointe avec vous, Vous vieux penard, moi fille jeune et drue — ID., Cal.
4 autres citations
  • Lucrèce jeune et drue et bien taillée — ID., Mandr.
  • La fillette était drue, honnête toutefois — ID., Cas.
  • La petite femme est à cet hôtel de la Rochefoucauld, toute gaillarde et toute drue — SÉV., 389
  • Catherine de Navarre, dit-on, fut fille amoureuse et drue, qui eut un mari débile — P. L. COUR., Lett. I, 339

Il se dit des petits oiseaux assez forts pour s'envoler du nid. Ces moineaux sont drus comme père et mère.

Par extension.

  • Bel enfant de quinze ans dru comme père et mère — SCARRON, dans RICHELET
Historique

XIe s.

  • Tout [il] l'abat mort au pré sur l'erbe drue — Ch. de Rol. CII

XIIe s.

  • Le premier jour de mai, où druz est li herbois [herbage] — Sax. XXXIII

XIIIe s.

  • Partonopex fu sainz et druz — Partonop. ms. f° 149, dans LACURNE
  • Entor les ruissiaus et les rives Des fontaines cleres et vives, Poignoit l'erbe freschete et drue — la Rose, 1401

XIVe s.

  • Et tout entre François [ils] commencent à geter De pierres et caillous qu'il voudrent aporter ; Aussi dru vont en l'air qu'on voit pluie voler — Guesclin. 19175
  • Car aussi dru que nege chet sur les arbrisseaux, Voloient viretons [dards] et flesches et carreaux — ib. 20178

XVe s.

  • Si eut par devant la cité maint assaut et maint hutin et drue escarmouche — FROISS., I, I, 58
  • Là eut fait plusieurs grands appertises d'armes, et ne s'y espargna le roi d'Angleterre neant, mais estoit toudis entre les plus drus — ID., I, I, 328
2 autres citations
  • Un bois durement fort et dru d'espines et de ronces — ID., II, II, 164
  • Du païs les plus friches dames, Mout richement et bel arrées, Drut perlées et offrisiées [parées d'orfrois] — ID., Poésies mss, f° 155, dans LACURNE

XVIe s.

  • Nous sommes druz ; chagrin ne nous suit mye — MAROT, II, 231
  • Composons luy (je vous prie) un libelle, Qui pique dru, et qui morde à loisir.... — ID., II, 387
5 autres citations
  • Le soleil nous eslance si dru, sans cesse, nouveaux rayons les uns sur les autres, que.... — MONT., I, 271
  • À mesure que ces espines domestiques sont drues et desliées, elles nous mordent plus aigu — ID., IV, 71
  • La plus agée qui estoit mure et drue — DESPER., Contes, V
  • Considerant l'horreur que faisoit à voir un front de bataille dont il sortoit tant de fers de picques et si drues.... — AMYOT, P. AEM. 31
  • En après te faut espandre dru et menu la poudre — PARÉ, XXV, 26
Étymologie

Provenç. drut ; génois, druo, dense, épais ; piémontais, dru, fertile, en parlant du sol. On a fait venir ce mot de dur par métathèse ; mais ni le sens ni le t du provençal ou de l'ancien français ne permettent cette dérivation. Dru vient probablement du celtique : kimry, drud, hardi ; gaélique, drûth, volontaire ; Cornouailles, dru, beaucoup ; bas-bret. druz, gras. Quel que soit le sens primitif en celtique, le sens primitif en français, d'après les textes, est celui d'herbe drue ; c'est par extension que dru s'est appliqué aux personnes. Il y avait dans l'ancien français un autre mot dru, drue, qui signifiait un fidèle, un amant, une amante ; un substantif, druerie ; dru en ce sens est d'origine germanique.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « dru » du Wiktionnaire.

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