fard

nature
nom masculin
diction
[faʁ] · 1 syllabe
attesté
1213
usage
6 par million de mots

Sens et définitions

Nom 4

  1. figuré Déguisement, feinte, dissimulation.
    • Privé de tout accommodement, de ses fards, de ses sourires et de ses ruses, le vice a peu de chance de séduire la vertu la plus chancelante. Francis Carco, Images cachées, Éditions Albin Michel, Paris, 1928 ; Préface de la 3ᵉ édition de 1929
3 emplois spécialisés
  1. Cosmétologie Enduit qu’on applique sur la peau ou une partie du visage pour la colorer ou pour la protéger.
    • Une petite boîte de bois rose, qui venait de l’île Dioscoride, contenait des fards de toutes les couleurs. Pierre Louÿs, Aphrodite, Mercure de France, Paris, 1896
  2. Marine Fard de l'avant : Ensemble du mât de misaine et du mât de beaupré. absent du Littré
  3. Marine Fard de l'arrière : Ensemble du mât d'artimon et du grand mât.

Citation

C'est pour eux [les étrangers] qu'elle étale et l'or et le brocard, Que chez toi se prodigue et le rouge et le fard
Nicolas Boileau, Sat. X

Origine du mot

Diez, trouvant que le lat. tincta, teinte, est traduit en vieil haut allemand par gi-farwit, gifarit, de farwjan, teindre, tire de là le mot fard. Scheler cite de Palsgrave : paynting of ones face, farcement ; ce qui supposerait un verbe farcer. C'est une faute de Palsgrave ; le verbe est farder ; et non farcer (voy. FARDER). — Littré, 1873

1873 — le Littré

FARD s. m. (far ; le d ne se lie jamais ; au pluriel, l's ne se lie pas, et on prononce : les far et les autres cosmétiques ; cependant quelques-uns la lient : les far-z et....)

1 Composition destinée à embellir le teint, en remédiant aux défauts qu'il a.

  • C'est pour eux [les étrangers] qu'elle étale et l'or et le brocard, Que chez toi se prodigue et le rouge et le fard — BOILEAU, Sat. X
  • Une courtisane qui tire toutes ses grâces du fard, qui n'a qu'une beauté empruntée, et qui sait tout au plus charmer les oreilles par le son d'une voix douce et mélodieuse — ROLLIN, Hist. anc. t. XI, 2e part. p. 773, dans POUGENS
1 autre citation
  • L'air la noircit [la céruse] en assez peu de temps, et les vapeurs du charbon ou les mauvaises odeurs des égouts, des latrines, etc. changent presque subitement le beau blanc de perle en gris obscur, en sorte qu'il est souvent arrivé aux femmes qui se servent de ce fard de devenir tout à coup aussi noires qu'elles voulaient paraître blanches — BUFF., Min. t. V, p. 387, dans POUGENS

2Fig. Déguisement, feinte, dissimulation dans les discours. encore relevé aujourd’hui

  • Leurs paroles n'ont point de fard — MALH., VI, 10
  • Les bons esprits.... Qui savent, avisés, avecque différence, Séparer le vrai bien du fard de l'apparence — RÉGNIER, Sat. v
9 autres citations
  • Toutes les couleurs et le fard de la poésie ne l'ont su peindre [Angélique, de l'Arioste] aussi belle que nous vous voyons — VOIT., Lett. 4
  • Je vois trop que vos cœurs n'ont point pour moi de fard — CORN., Cinna, Il, 1
  • Je te parle sans fard, et veux être chrétien — ID., Poly. v, 2
  • De ses pleurs tant vantés je découvre le fard — ID., Rodog. II, 4
  • Seigneur, moi qui connais le fond de son courage Et qui n'ai jamais vu de fard en son langage — ID., Clit. v, 3
  • Et n'y doit point chercher ni le fard du langage Ni la subtilité — ID., Imit. I, 5
  • La sévérité des femmes est un ajustement et un fard qu'elles ajoutent à leur beauté — LA ROCHEF., Réfl. 204
  • Sans envie, sans fard, sans ostentation, toujours grand dans l'action et dans le repos, il parut à Chantilly comme à la tête des troupes — BOSSUET, Louis de Bourbon
  • Tout ne fut plus que fard, qu'erreur, que tromperie — BOILEAU, Épît. IX

Terme de littérature. Faux ornements.

  • Soyez simple avec art, Sublime sans orgueil, agréable sans fard — ID., Art p. I
Historique

XIIIe s.

  • Renart, qui set assez de fart, Li avoit dit.... — Ren. 14938

XVIe s.

  • Fard est perdu dessus mine de singe — J. MAROT, p. 20, dans LACURNE
  • Et d'eau de fard son visage ne lave — MAROT, IV, 148
2 autres citations
  • Les regrets de quelque femmelette, qui regrette la perte des bouettes où estoient ses fards — AMYOT, Timol. 22
  • Si on y adjouste demie dragme de sublimé, lavé et preparé comme celui des fars, il sera de grande efficace — PARÉ, XVI, 36
Étymologie

Diez, trouvant que le lat. tincta, teinte, est traduit en vieil haut allemand par gi-farwit, gifarit, de farwjan, teindre, tire de là le mot fard. Scheler cite de Palsgrave : paynting of ones face, farcement ; ce qui supposerait un verbe farcer. C'est une faute de Palsgrave ; le verbe est farder ; et non farcer (voy. FARDER).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 2 de l’édition papier

Liens de sens

Terme générique

déguisement enduit

Terme spécifique

blush mascara raisin

Dérivés

piquer un fard

Domaine

marine

Prononciation

Homophones

phares phare far fart fare farre

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « fard » du Wiktionnaire.

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