guindé
- nature
- adj masculin
- diction
- [ɡɛ̃de] · 2 syllabes
- usage
- 1 par million de mots
Sens et définitions
Adjectif 2
-
Qui a l’air contraint, qui veut paraître toujours grave. — Note d’usage : S’applique surtout aux manières, aux allures.
- Dans une atmosphère d’usages si froids et si guindés, elle avait si peu joui de la fraîcheur et de la poésie de son âge. George Sand [Amantine Aurore Lucile Dupin, baronne Dudevant], Valentine, 1832
-
Surélevé.
- Malgré la marche du vent, la vénusté de la lumière et le vernis des couleurs, on avait pu jusque-là se croire en plaine et soudain, sans avoir jamais monté (sauf là-bas à Bargemon, mais on l’a depuis longtemps oublié), on se trouve guindé au-dessus d’un vide profond et d’un espace immense. Jean Giono, « Il est vain de vouloir réunir… », 1961, dans Provence
Formes fléchies 1
- Participe passé masculin singulier de guinder.
Citation
Sinon il consentait d'être en place publique Guindé la hart au col, étranglé court et net
1873 — le Littré
GUINDÉ, ÉE part. passé (ghin-dé, ée)
de guinder
1 Hissé, porté en haut à l'aide de machines. encore relevé aujourd’hui
- Sinon il consentait d'être en place publique Guindé la hart au col, étranglé court et net — LA FONT., Fabl. VI, 19
Par extension.
- Dans quelque rang qu'il soit des mortels regardé, Je le [Jupiter] tiendrais fort misérable, S'il ne quittait jamais sa mine redoutable Et qu'au faîte des cieux il fût toujours guindé — MOL., Amph. Prol.
2Fig. Qui a un caractère factice d'élévation, et comme si une machine avait contribué à cette élévation.
- Les vers d'Horace [tragédie de Corneille] ont quelque chose de moins guindé — CORN., Ex. de Cinna.
- Vous me dépeignez fort bien ce bel esprit guindé ; je ne l'aimerais pas mieux que vous ; mais je ne serais point étonnée que le comte de Guiche s'en accommodât — SÉV., Lett. 6 avril 1672
5 autres citations
- Il était guindé dans toutes ses allures — HAMILT., Gramm. 7
- Dufresne [un acteur] n'était nullement fait pour les rôles de dignité et de force ; je l'ai vu guindé dans Athalie, quand il faisait le grand prêtre — VOLT., Lett. d'Argental, 17 janv. 1742
- Elles [des dames anglaises] étaient guindées et froides, prenaient du thé, faisaient un grand bruit avec leurs éventails, ne disaient mot, ou criaient toutes à la fois pour médire de leur prochain — ID., Mél. littér. Lett. à M***.
- Un goût factice et guindé qui n'est plus que l'ouvrage de la mode — J. J. ROUSS., Hél. VI, 5
- Que d'orateurs guindés qui se disent profonds Se tourmentent sans fin pour enfanter des sons ! — GILB., Le XVIIIe s.
Il est toujours guindé, il a l'air contraint, il veut paraître toujours grave.
- Il n'a rien de vrai, ni de naturel, il est guindé, et outré en tout — FÉNEL., Dial. des morts anc. Dial. 24
3Terme de manége. Être guindé à cheval, s'y tenir raide, dans une position gênée et avec affectation.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 2 de l’édition papier
Liens de sens
Synonymes
haut sur cravate
Prononciation
Homophones
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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