morgue
- nature
- nom féminin
- diction
- [mɔʁɡ] · 1 syllabe
- usage
- 17 par million de mots
Sens et définitions
Nom 5
-
Contenance fière et orgueilleuse ; arrogance.
- Il trouva qu'elle était fille noble de bonne foi, sans morgue et sans fausse humilité. George Sand, Valentine, 1832
- Qui a les caractères de ce comportement.
3 emplois spécialisés
- Funéraire Endroit où l’on expose les cadavres des personnes inconnues trouvées mortes hors de leur domicile, afin qu’elles puissent être identifiées.
- Organisation médico-hospitalière Lieu où des corps et des restes humains sont entreposés jusqu'à ce qu'ils soient identifiés et réclamés ou que des arrangements soient faits pour leur disposition finale.
- Généralités Contenance hautaine et méprisante; affectation exagérée de dignité. Arrogance, hauteur, insolence, orgueil.
Formes fléchies 5
- Première personne du singulier de l’indicatif présent de morguer.
- Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de morguer.
- Première personne du singulier du subjonctif présent de morguer.
- Troisième personne du singulier du subjonctif présent de morguer.
- Deuxième personne du singulier de l’impératif de morguer.
Citation
Nous sommes loin de confondre la morgue sophistique avec les saines connaissances de l'esprit et du cœur
Origine du mot
Origine inconnue. Cependant Grandgagnage, au mot mouron, cite le languedocien morga, museau ; ce serait le même mot. Morgue ne paraît pas dans la langue avant le XVIe siècle. — Littré, 1873
1873 — le Littré
MORGUE1 s. f. (mor-gh')
1 Contenance sérieuse et fière.
- Morgue de magistrat rébarbatif, sévère, Qui ne dément jamais son grave caractère — DUFRÉNY, Mar. fait et rompu, I, 2
2 Orgueil et suffisance.
- T'ai-je tracé la vieille à morgue dominante ? — BOILEAU, Sat. X
- [Le maréchal de Villeroy] esprit borné et sans culture, de la vieille galanterie, un jargon de cour, de la morgue, haut ou plutôt glorieux, et plus bas que respectueux auprès du feu roi et de Mme de Maintenon — DUCLOS, Œuvres, t. V, p. 217
2 autres citations
- La fausse dignité ou la morgue — DIDEROT, Salon de 1767, Œuv. t. XV, p. 147 dans POUGENS
- Nous sommes loin de confondre la morgue sophistique avec les saines connaissances de l'esprit et du cœur — CHATEAUBR., Génie, III, II, 1
Historique
XVIe s.
- Ces parolles achevées, Juppiter, contournant la teste comme un singe qui avalle pillules, feit une morgue tant espouvantable que tout le grand Olympe trembla — RAB., Pant. IV, Nouv. prol.
- Loyre et sa femme se vestirent de leurs beaux habillemens, comparurent en la salle, faisans bonne morgue — ID., ib. IV, 12
2 autres citations
- Vous trouvez de ces morgues de vent coustumierement aux Espagnois — D'AUB., Faen. IV, 5
- C'est injustice et folie de priver les enfants qui sont en aage, de la familiarité des peres, et vouloir maintenir en leur endroict une morgue austere et desdaigneuse — MONT., II, 79
Étymologie
Origine inconnue. Cependant Grandgagnage, au mot mouron, cite le languedocien morga, museau ; ce serait le même mot. Morgue ne paraît pas dans la langue avant le XVIe siècle.
MORGUE2 s. f. (mor-gh')
1 Petite chambre à l'entrée des prisons, où l'on met d'abord les prisonniers, pour donner le temps aux guichetiers de bien les reconnaître.
- On me conduit au petit Châtelet, où, du guichet étant passé dans la morgue, un homme gros, court et carré vint à moi — la Prison de M. Dassoucy, etc. Paris, 1674, in-12, p. 35
2Par assimilation. Entrée de la manche de certains filets.
3 Endroit où l'on expose les corps des personnes mortes hors de leur domicile, afin qu'elles puissent être reconnues. encore relevé aujourd’hui
- La morgue est un endroit situé dans l'enceinte du grand Châtelet, où les corps morts dont la justice se saisit, sont exposés à la vue du public, afin qu'on puisse les reconnaître — SAINT-FOIX, Ess. Paris, Œuvr. t. III, p. 221, dans POUGENS
- Il extermine en effet ma pauvre Irène ; il prétend qu'elle sera traînée à la morgue, et pendue par les pieds, parce qu'elle s'est tuée étant chrétienne — VOLT., Lett. Thibouville, 10 nov. 1777
Remarque
Mercier dit morne et non pas morgue : C'est à l'Hôtel-Dieu, c'est à la morne, que l'on aperçoit les nombreuses et déplorables victimes des travaux publics et d'une trop nombreuse population, Tabl. de Paris. Lieutenant de police.
Étymologie
D'après Ménage, morgue signifie visage, et est le même que morgue 1 : le lieu où l'on reconnaît la morgue, le visage des morts. L'étymologie est bonne, mais à condition que morne de Mercier soit une faute.
Supplément au dictionnaire
2. MORGUE. Ajoutez : - REM.
- La morgue était originairement le second guichet du Grand-Châtelet ; on y gardait les nouveaux prisonniers pendant quelques instants, afin que les guichetiers pussent les morguer à leur aise, c'est-à-dire les dévisager attentivement, et se graver leurs traits dans la mémoire — MAXIME DU CAMP, Rev. des Deux-Mondes, 1er nov. 1857, p. 208
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « morgue » du Wiktionnaire.