opprobre

nature
nom masculin
diction
[opʁɔbʁ] · 2 syllabes
usage
2 par million de mots

Sens et définitions

Nom 4

  1. Très grande honte publique ; déshonneur.
    • C’est un opprobre pour le lion de pleurer face au renard. Talmud, Tana Deve Eliyahou, 225
  2. État d’abjection.
    • La vie est un opprobre, et la mort un devoir. Voltaire
  3. Le génocide suscite indéniablement une opprobre particulière car il vise l’oblitération physique de groupes humains. — (Dictionnaire Reverso, s. d.)
  4. Cela a commencé par une attaque de Jean-Luc Mélenchon, associant Valeurs Actuelles et l’hebdomadaire Marianne dans une même opprobre. — (Daniel Schneidermann, “Le journalisme selon Natacha Polony”, Gazette n° 671, 16 septembre 2020) absent du Littré

Citation

Pleurez le déshonneur de toute notre race Et l'opprobre éternel qu'il laisse au nom d'Horace
Pierre Corneille, Hor. III, 6

Origine du mot

Du latin opprobrium.

Dans le dictionnaire latin : opprobrium

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

OPPROBRE s. m. (o-pro-br')

1 Honte profonde, déshonneur extrême. encore relevé aujourd’hui

  • Pleurez le déshonneur de toute notre race Et l'opprobre éternel qu'il laisse au nom d'Horace — CORN., Hor. III, 6
  • Jérusalem et votre peuple sont aujourd'hui en opprobre à toutes les nations qui nous environnent — SACI, Bible, Daniel, IX, 16
7 autres citations
  • Venez, rebâtissons les murailles de Jérusalem, afin qu'à l'avenir nous ne soyons plus en opprobre — ID., ib. Esdras, II, Néhémias, II, 17
  • Quoi donc ! les Romains ont-ils pu penser à honorer comme dieu celui que leurs magistrats avaient condamné au dernier supplice et que plusieurs de leurs auteurs ont chargé d'opprobres ? — BOSSUET, Hist. II, 12
  • C'est bien assez pour moi de l'opprobre éternel D'avoir pu mettre au jour un fils si criminel — RAC., Phèdre, IV, 2
  • N'attends pas qu'un père furieux Te fasse avec opprobre arracher de ces lieux — ID., ib.
  • Père juste, lui dit-il [Jésus-Christ], voici enfin le jour de votre gloire et de mes opprobres — MASS., Carême, Passion.
  • Je ne vous ai caché ni le bien ni le mal, ni nos opprobres ni notre gloire — VOLT., Princ. de Babylone, 8
  • La postérité prononcera entre mes juges et moi [Socrate] : tandis qu'elle attachera l'opprobre à leur mémoire, elle prendra quelque soin de la mienne — BARTHÉL., Anach. ch. 67

2 L'opprobre de, c'est-à-dire ce qui est une cause de honte.

  • Un exécrable Juif, l'opprobre des humains — RAC., Esther, III, 1
  • Réponds donc à ton juge, opprobre de ma vie — VOLT., Brutus, V, 7
1 autre citation
  • Tous les gens de lettres, à l'exception de ceux qui sont l'opprobre de la littérature, ne sont pas moins indignés que vous du traitement que j'éprouve — D'ALEMB., Lett. à Volt. 30 juin 1765

3 État d'abjection. repris par le Wiktionnaire

  • Mais mourir dans l'opprobre et dans l'ignominie — VOLT., Alz. II, 1
  • L'opprobre avilit l'âme et flétrit le courage — ID., Mérope, II, 2
3 autres citations
  • Quand on a tout perdu, quand on n'a plus d'espoir, La vie est un opprobre et la mort un devoir — ID., ib. II, 7
  • Il vit que la mauvaise fortune avait déjà flétri son cœur, que l'opprobre et le mépris avaient abattu son courage — J. J. ROUSS., Ém. IV
  • [L'indigent] Dévoré de besoin, de projets, d'insomnie, Il vieillit dans l'opprobre et dans l'ignominie — A. CHÉN., Idylle, le Mendiant.
Historique

XIIe s.

  • Aemple [remplis] les faces d'icels d'opprobre — Liber psalm. p. 118

XIVe s.

  • Et poui un peu de gaaing ils soustiennent obprobres et vilaines reproches et diffames — ORESME, Eth. 111

XVe s.

  • Combien que le doux Jhesus des obprobres que nous li faisons nous peust et puist reprendre et blamer — Myst. de Barl. et Josaphat, dans GUI DE CAMBRAI, p. 371

XVIe s.

  • Ils se desplaisent et melancholient de se voir ainsi en opprobre de tout le monde — PARÉ, XIX, 4
Étymologie

Lat. opprobrium, de ob, et probrum, action honteuse, qui est pour prohibrum (comparez manubrium pour manuhibrium), de prohibere, prohiber : chose qu'on prohibe et qu'on reproche.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « opprobre » du Wiktionnaire.

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