paradoxe

nature
nom masculin
diction
[paʁadɔks] · 3 syllabes
usage
8 par million de mots

Sens et définitions

Nom 2

  1. Proposition contraire à l’opinion commune ou à la vraisemblance.
    • Nos amis appellent paradoxe celles de nos pensées qui leur déplaisent, par une espèce de gentillesse. Charles Dantzig, Dictionnaire égoïste de la littérature française, page 635
  2. Proposition qui contient ou implique une contradiction.
    • Ambivalence, ambiguïté, dénégation : Robert Misrahi soulève le paradoxe qu'il y a à défendre Israël mais à ne pas défendre qu'Israël se défende si on l'attaque. Michel Onfray, La résistance au nihilisme, Grasset, 2020, page 389

Formes fléchies 5

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de paradoxer.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de paradoxer.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de paradoxer.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de paradoxer.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de paradoxer.

Citation

On aime à soutenir des opinions extraordinaires et à réduire tout en paradoxe
Montesquieu, Lett. pers. 38

Origine du mot

Du latin paradoxon, lui-même issu du grec ancien παράδοξος, paradoxos (« opposé au sens commun »).

Dans le dictionnaire latin : paradoxon

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1873 — le Littré

PARADOXE s. m. (pa-ra-do-ks')

1 Opinion contraire à l'opinion commune. encore relevé aujourd’hui

  • On aime à soutenir des opinions extraordinaires et à réduire tout en paradoxe — MONTESQ., Lett. pers. 38
  • Rien n'est si aisé et par conséquent rien ne prouve moins que de soutenir des paradoxes et des idées singulières — ST-FOIX, Ess. Paris, Œuv. t. IV, p. 222, dans POUGENS
3 autres citations
  • Le Tout est bien de Shaftesbury, de Bolingbroke et de Pope n'est qu'un paradoxe de bel esprit, une mauvaise plaisanterie — VOLT., Dict. phil. Puissance.
  • J'aime mieux être homme à paradoxe qu'homme à préjugés — J. J. ROUSS., Ém. II
  • Comme depuis mille ans les vérités nouvelles et fécondes sont infiniment rares, il [Helvétius] avait pris pour thèse le paradoxe qu'il a développé dans son livre de l'Esprit — MARMONTEL, Mém. VI

Crier au paradoxe, dénoncer une opinion comme contraire à l'opinion commune.

  • Tous les hommes vulgaires, tous les petits littérateurs sont faits pour crier toujours au paradoxe, pour me reprocher d'être outré — J. J. ROUSS., Lett. à M. Moultou, Corresp. t. VI, p. 34, dans POUGENS.

Par extension.

  • Connaissez donc, superbe, quel paradoxe vous êtes à vous-même ; humiliez-vous, raison superbe ; taisez-vous, nature imbécile — PASC., Pens. VIII, 1, éd. HAVET.
  • Faut-il que sur l'office de votre salut seulement vous soyez un abîme de contradictions et un paradoxe incompréhensible ? — MASS., Avent, Délai de la conv.

2 Chose qui est contre l'opinion commune (peu usité en ce sens). encore relevé aujourd’hui

  • Le tempérament a beaucoup de part à la jalousie, et elle ne suppose pas toujours une grande passion ; c'est cependant un paradoxe qu'un violent amour sans délicatesse — LA BRUY., IV

3 Adj. Paradoxal.

  • Les béatitudes de Jésus-Christ en apparence si paradoxes et si incroyables, authentiquement et sensiblement vérifiées — BOURDAL., Avent, Réc. des saints, 28
  • Une réponse qui paraîtra d'abord avoir quelque chose de paradoxe, mais dont on reconnaîtra bientôt la solidité — ID., Pensées, t. I, p. 207
2 autres citations
  • Une carte de l'empire d'Alexandre, dont il rendait l'étendue beaucoup moindre, par ce même principe paradoxe dont il se servait pour la retraite des dix mille — FONTEN., Delisle.
  • Cette proposition si paradoxe et si chimérique — ID., Amontons.

Comme adjectif il a vieilli.

Historique

XVIe s.

  • François Ier, pour les paradoxes vertus qu'il reconnut en lui [Bayard], le choisit pour recevoir l'ordre de chevalerie par ses mains — PASQUIER, Rech. liv. VI, p. 520, dans LACURNE
  • Voylà un discours ignorant, voylà un discours paradoxe ; en voylà un trop fol — MONT., III, 356
Étymologie

Παράδοξος, de παρὰ, à côté, et δόξα, opinion.

Supplément au dictionnaire

PARADOXE. Ajoutez :

Paradoxe hydrostatique, nom du principe de physique, en vertu duquel la pression exercée par un liquide sur le fond du vase qui le renferme est indépendante de la forme du vase ; ainsi dénommé à cause de ce qu'il paraît paradoxal, au premier abord, de dire qu'avec un poids constant de liquide on peut exercer des pressions différentes sur une surface donnée.

Remarque

Paradoxe, adjectif, s'est dit des personnes.

  • On devient un individu paradoxe de l'espèce humaine — BAYLE, dans SAINTE-BEUVE, Port-Royal, t. III, p. 366, 3e éd.
Historique

XVIe s. Ajoutez :

  • Vous avez bien voulu choisir Ce paradoxe pour en rire ; Je le défends pour mon plaisir — D'AUB., le Printemps, Paris, 1874, p. 64

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « paradoxe » du Wiktionnaire.

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