rempart
- nature
- nom masculin
- diction
- [ʁɑ̃paʁ] · 2 syllabes
- usage
- 10 par million de mots
Sens et définitions
Nom 3
-
Levée de terre, ordinairement revêtue de pierres et entourée d’un fossé, qui défend une place.
- À l’époque de ce siège, les remparts de Carcassonne n’avaient ni l’étendue ni la force qui leur furent données depuis par Louis IX et Philippe le Hardi. Eugène Viollet-le-Duc, La Cité de Carcassonne, 1888
-
figuré Ce qui sert de défense.
- Sur le terrain extrapatrimonial, le droit moral assure le respect dû à l’auteur et à sa création. Parfois, néanmoins, cette construction est utilisée pour servir de remparts. Marc Rees, Pour l'avocat général de la CJUE, un rapport militaire ne peut être protégé par le droit d’auteur, Next INpact, 26 octobre 2018
-
Parois vertigineuses qui marquent puissamment le relief de l’île.
- Un paysage qu’on aurait dit taillé à la hache par quelque géant mythologique, et qui rebondissait d’îlets en remparts, laissant planer ces ombres immenses et inquiétantes, qui balayaient l’espace au gré des alizés. Philippe Morvan, L’envol du papangue, Orphie, 2024
Citation
Il dompta les mutins [les Juifs de Jérusalem].... Et laissa leurs remparts cachés sous leurs ruines
Origine du mot
Remparer ; le t est une faute ; il aurait fallu écrire rempar ; ital. riparo. — Littré, 1873
1873 — le Littré
REMPART s. m. (ran-par, le t ne se prononce pas et ne se lie pas : un ran-par élevé ; au pluriel, l's ne se lie pas : des ran-par élevés ; cependant quelques-uns la lient : des ranpar-z élevés)
1 Anciennement, muraille en maçonnerie pleine, servant à entourer et à protéger une ville ou un château. Abattre, élever des remparts.
- Il dompta les mutins [les Juifs de Jérusalem].... Et laissa leurs remparts cachés sous leurs ruines — RAC., Bérén. I, 4
Fig.
- Écoutez l'apôtre saint Paul : il faut renverser les remparts des mauvaises habitudes ; il faut détruire les conseils profonds d'une malice invétérée — BOSSUET, Bourgoing.
- Et ses ruses [de la chicane], perçant et digues et remparts, Par cent brèches déjà rentrent de toutes parts — BOILEAU, Lutr. V
1 autre citation
- Sous le brillant rempart d'une forte cuirasse — LAMOTTE, dans DESFONTAINES
2 De nos jours, enceinte rasante garnie de bastions et de courtines, couronnée d'un parapet, garnie d'artillerie, entourée d'un fossé et percée de portes et de poternes.
3 Il se dit de quartiers d'une ville qui sont situés près des remparts ou qui en occupent la place.
- J'aurai, vers le rempart, quelque réduit commode Où je régalerai les beautés à la mode — REGNARD, Ménechmes, IV, 2
Fig. Mettre une femme sur le rempart, la rendre galante (les promenades sur le rempart étant un lieu de rendez-vous ; locution vieillie).
- Vraiment, si je voulais mettre une fille sur le rempart, je ne lui souhaiterais qu'une mère et un confesseur comme elle en a — SÉV., 25 mai 1680
4 Les remparts, la ville, la cité, en poésie.
- Quand verrai-je, ô Sion, relever tes remparts Et de tes tours les magnifiques faîtes ? — RAC., Esth. I, 2
- Il est par un décret chassé de nos remparts — VOLT., Tancr. I, 4
5Fig. Ce qui sert de défense. repris par le Wiktionnaire
- Mon nom sert de rempart à toute la Castille — CORN., Cid, I, 6
- Faites-vous un rempart des fils contre la mère — ID., Rodog. III, 2
10 autres citations
- Le voile n'est le rempart le plus sûr Contre l'amour — LA FONT., Mazet.
- Je saurai lui faire un rempart de cette même vie qu'il a sauvée — MOL., D. Juan, III, 5
- Contre la médisance il n'est point de rempart — ID., Tart. I, 1
- [La ligue des Achéens] c'était le dernier rempart de la liberté de la Grèce — BOSSUET, Hist. I, 8
- L'amour de la justice était comme né avec ce grave magistrat.... c'est aussi de cette heureuse naissance que sa modestie se fit un rempart contre les louanges qu'on donnait à son intégrité — ID., le Tellier.
- La fameuse journée du Raab, où Louis, par des exploits inouïs, devint le rempart de l'Autriche, dont il avait été la terreur — ID., Mar.-Thér.
- Cependant Athalie, un poignard à la main, Rit des faibles remparts de nos portes d'airain — RAC., Ath. V, 1
- Le rempart le plus sûr d'un État est la justice, la modération, la bonne foi — FÉN., Tél. X
- Schullembourg, qui fut général des Vénitiens, et à qui la république a érigé une statue dans Corfou, pour avoir défendu contre les Turcs ce rempart de l'Italie — VOLT., Charles XII, 3
- Les descendants des braves aventuriers qui avaient formé ces colonies lui paraissaient [à l'Espagne] un rempart contre lequel toutes forces britanniques devaient se briser — RAYNAL, Hist. phil. X, 16
Historique
XVIe s.
- Pyrrhus, ayant ja passé la trenchée et le rempart des chariots, s'efforceoit d'entrer en la ville — AMYOT, Pyrrh. 67
Étymologie
Remparer ; le t est une faute ; il aurait fallu écrire rempar ; ital. riparo.
Supplément au dictionnaire
REMPART. Ajoutez :
Fusil de rempart, voyez FUSIL.
Historique
XVIe s. Ajoutez : (ici rempart est écrit sans t, conformément à l'étymologie).
- Les jours viendront sur toy [Jérusalem], et tes ennemis te advironneront de rempars — Luc, XIX, 43, Nouv. Testam. éd. Lefebvre d'Étaples, Paris, 1525
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « rempart » du Wiktionnaire.