soeur

nature
nom féminin
diction
[sœʁ] · 1 syllabe
usage
272 par million de mots

Sens et définitions

Nom 5

  1. Femme ou fille, ayant le même père et la même mère que la personne considérée. Si un seul des parents est commun, c’est une demi-sœur.
    • Seule sa sœur venait de temps en temps la voir ; lorsque la grossesse devint apparente, elle partit pour l’Espagne afin d’y faire ses couches dans le secret. Madeleine Pelletier, « L’Enfant (Histoire vraie) », II, Œuvres diverses, 1933, page 19
  2. Membre féminin d’une adelphie.
    • La femme d’un frère mort sans enfants, si elle est reçue sœur, jouit de l’usufruit entier des biens du défunt, à l’exception des bagues et joyaux, qui doivent être remis à l’association. Archives parlementaires de 1787 à 1860: recueil complet des débats législatifs & politiques des chambres françaises imprimé par ordre du Sénat et de la Chambre des députés, Première série (1787 à 1799), tome 22, Librairie administrative de Paul Dupont, 18
  3. Réplique issue d’un original, d’importance égale ou moindre, parfois supérieure. Utilisé seulement pour les noms féminins.
    • La multiplication des bureaucraties fait ressembler l’Europe capitaliste à sa sœur soviétisée. Emmanuel Todd, Le Fou et le Prolétaire, 1979, réédition revue et augmentée, Paris : Le Livre de Poche, 1980, page 167
  4. figuré Élément (féminin) d’un ensemble.
    • — En remontant jusqu'au XIXᵉ siècle, époque de la formation de la « nation » française, je démontrerai que la France est, quintessentiellement, un pays de l'Europe du Nord-Ouest, et que sa nation-sœur, si elle en a une, est l'Allemagne plutôt que l'Italie. Emmanuel Todd, Le Fou et le Prolétaire, 1979, réédition revue et augmentée, Paris : Le Livre de Poche, 1980, page 34
1 emploi spécialisé
  1. Religion Membre féminin d’une fraternité religieuse qui a prononcé des vœux.
    • Je quitte le lieutenant licencié et regagne le couvent, où la sœur converse m'annonce qu'un ami est venu me demander. Jean Giraudoux, Retour d'Alsace - Août 1914, 1916

Adjectif 1

  1. Qualifie des choses similaires, souvent avec la même origine. — Note d’usage : Utilisé seulement pour les noms féminins (pour les noms masculins, on dit « frère »).
    • Les deux sont des villes sœurs.

1873 — le Littré

SŒUR s. f. (seur)

1 Fille née du même père et de la même mère qu'une autre personne, ou née de l'un des deux seulement. encore relevé aujourd’hui

  • Les habitants de ce pays-là lui demandant [à Isaac] qui était Rébecca, il leur répondit : c'est ma sœur — SACI, Bible, Genèse, XXVI, 7
  • Jamais sœurs ne furent unies par des liens ni si doux ni si puissants — BOSSUET, Anne de Gonz.
2 autres citations
  • La princesse Palatine s'ôta tout pour soulager une sœur qui ne l'aimait pas — ID., ib.
  • Elle vous plaint, vous voit avec des yeux de sœur — RAC., Iph. II, 1

Fig. Être sœur, avoir en commun quelque chose.

  • Nous nous voyons sœurs d'infortune — MOL., Psyché, I, 1

Sœur de père et de mère, ou sœur germaine, celle qui est née de même père et de même mère qu'une autre personne.

Sœur de père ou sœur consanguine, celle qui n'est sœur que du côté paternel.

Sœur de mère ou sœur utérine, celle qui n'est sœur que du côté maternel.

Les expressions sœur germaine, sœur consanguine et sœur utérine ne s'emploient guère qu'en jurisprudence.

Demi-sœur, celle qui n'est sœur que du côté paternel ou du côté maternel.

Sœur naturelle ou sœur bâtarde, celle qui est née de même père ou de même mère, mais hors du mariage.

Belle-sœur, voy. ce mot à son rang alphabétique.

Sœur de lait, fille qui a eu la même nourrice qu'une autre personne.

  • J'ai l'honneur d'être le fils du père nourricier de madame de.... (il me nomma la femme du ministre) ; ainsi elle est ma sœur de lait, rien que cela — MARIV., Marianne, 6e part.

Se dit des animaux. Ma chienne est la sœur de la vôtre.

2Poétiquement. Les neuf Sœurs, les Muses.

  • Dieu ne fit la sagesse Pour les cerveaux qui hantent les noeuf Sœurs — LA FONT., Clochette.
  • Quelle verve indiscrète Sans l'aveu des neuf Sœurs vous a rendu poëte ? — BOILEAU, Sat. IX

Les sœurs filandières, les Parques (voy. FILANDIÈRE).

3 Nom qui fut longtemps donné aux chrétiennes par tous les membres de la chrétienté.

Sœur en Jésus-Christ, se dit des femmes chrétiennes par rapport au Père qui est au ciel.

4 Titre que les rois de la chrétienté donnent aux reines en leur écrivant. non relevé aujourd’hui

5 Il se dit, dans le langage élevé, de filles, de femmes qui vivent ensemble, sans être unies par les liens du sang.

  • Que vous semble, mes sœurs, de l'état où nous sommes ? — RAC., Esth. II, 9

Nom que les religieuses qui ne sont point en charge ou qui n'ont point atteint un certain âge, prennent dans les actes publics, se donnent entre elles, et qu'on leur donne en leur parlant ou en parlant d'elles. La sœur Thérèse. Sœur Marie de l'Incarnation.

  • Vous m'étonnez de Pauline ; ah ! ma fille, gardez-la auprès de vous ; ne croyez point qu'un couvent puisse redresser une éducation ni sur le sujet de la religion que nos sœurs ne savent guère, ni sur les autres choses — SÉV., 510

Sœur colette ou collette, religieuse de l'ordre de Sainte-Claire.

Fig. et familièrement. Faire la sœur collette, faire la sucrée, avoir des manières, un langage affecté.

  • Nous rîmes fort de ses manières passées ; nous les tournâmes en ridicule ; elle n'a point le style des sœurs colettes ; elle parle fort sincèrement et fort agréablement de son état — SÉV., 183

Sœurs laies, et, plus ordinairement, sœurs converses, les religieuses qui ne sont pas du chœur, qui ne sont employées qu'aux œuvres serviles du monastère.

Sœur écoute, religieuse désignée pour accompagner une autre religieuse ou une pensionnaire qui va au parloir.

6 Nom donné à certaines filles qui vivent en communauté sans être religieuses.

  • Je vois que votre mal de gorge est opiniâtre ; mais je vous avertis qu'il est rare qu'un médecin guérisse ses malades à cent lieues, et qu'une sœur de la Charité fait plus de bien de près qu'Esculape de loin — VOLT., Lett. Damilaville, 18 mai 1765
  • Je ne vois plus ces sœurs dont les soins délicats Apaisaient la souffrance, ou charmaient le trépas — DELILLE, Pit. II

Sœurs grises, nom qu'on a donné quelquefois aux sœurs hospitalières du tiers ordre de Saint-François.

  • La sœur grise court administrer l'indigent dans sa chaumière — CHATEAUBR., Génie, IV, III, 6

Sœurs du pot, filles qui vivent en communauté et qui soignent les malades.

Fig.

  • Mme la duchesse d'Aiguillon, la sœur du pot des philosophes — VOLT., Lett. Thiriot, 27 févr. 1755

7Fig. Il se dit de choses assez liées ensemble pour qu'on les assimile à des sœurs.

  • Socrate.... n'aura pas voulu s'échapper de la prison contre l'autorité de ces lois [d'Athènes], de peur de tomber après cette vie entre les mains des lois éternelles, lorsqu'elles prendront la défense des lois civiles, leurs sœurs ; car c'est ainsi qu'il parlait — BOSSUET, 5e avert. 23
  • Oui, la sagesse aimable est sœur de la santé, Elle seule connaît le secret qu'on ignore D'assurer l'immortalité — BERNIS, Épît. 12

8Fig. Il se dit de choses (du genre féminin) qui se répètent.

  • Cette nuit eut des sœurs et même en très bon nombre — LA FONT., Petit chien.
  • Comme Charès, capitaine des Athéniens, après un grand avantage... écrivit au peuple d'Athènes qu'il avait remporté une victoire qu'on pouvait appeler la sœur germaine de celle de Marathon — DACIER, Plutarque, Aratus.
1 autre citation
  • Un démon qui m'inspire Veut qu'encore une utile et dernière satire Se vienne en nombre pair joindre à ses onze sœurs — BOILEAU, Sat. XI

9 non relevé aujourd’hui

  • Le bouillon des deux sœurs, un lavement — SAUMAIZE, Dict. des Préc. t. II, p. 51

Dans le Berry, tomber sur ses deux sœurs, tomber sur son séant.

Historique

XIIe s.

  • Se puis veïr ma gente sorur Alde.... — Ch. de Rol. CXXVIII

XIIIe s.

  • A l'entrée de quaresme.... se croisa li quens Bauduins de Flandre et de Haynaut, à Bruges, et la comtesse Marie sa feme, qui suer estoit au conte Thiebaut de Champaigne — VILLEH., VI
  • De là s'en ala-il vers le roi Phelipe d'Alemaigne qui sa serour avoit à fame — ID., XLII
4 autres citations
  • [Simon a dit à sa femme :] Bele suer, où est Berte, pour sainte charité ? — Berte, CXXV
  • Li baron li disent que Henris li quens de Champagne, qui moult estoit larges, avoit une fille biele et gente, qui avoit non Aelis, et estoit suer germaine l'arcevesque Guillaume-blance-main — Chr. de Rains, p. 9
  • Tombiele et ses deux sereurs — Bibl. des chart. 2e série, t. 3, p. 423
  • L'aventure des dameiseles qui esteient serur gemeles — MARIE, Frêne.

XIVe s.

  • Se nous ou notre hoir marions l'une de nos seurs — DU CANGE, auxilium.

XVe s.

  • De ce messire Edouard de Guerles ne demoura nuls enfans ; mais de serour germaine... avoit des enfans — FROISS., II, III, 92

XVIe s.

  • Thibaut, qui ouyt ces mots, estimant qu'on parloit de sa femme, qui puet-estre aimoit l'amble comme estant de nos sœurs [femme galante] — Moyen de parvenir, p. 127, dans LACURNE
Étymologie

Bourg. soeu ; provenç. sor, seror ; espagn. sor ; portug. sor, sorore ; ital. sorore ; du lat. sororem ; comparez l'allem. Schwester ; angl. sister ; goth. swista ; sanscrit, svasri. Dans l'ancien français, suer (prononcez sœur) est le nominatif, du lat. sóror, avec l'accent sur so ; seror est le régime, de sorórem avec l'accent sur ró ; contre l'habitude, c'est le nominatif, et non le régime, qui est resté dans la langue moderne.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 4 de l’édition papier

Liens de sens

Synonymes

bonne sœur frangine moniale nonnain nonne religieuse reusse sista sœurette sœusœur

Famille morphologique

soeurette

Prononciation

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « soeur » du Wiktionnaire.

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