tante
- nature
- nom féminin
- diction
- [tɑ̃t] · 1 syllabe
- usage
- 182 par million de mots
Sens et définitions
Nom 7
- Cousine de l’un des deux parents.
-
Conjointe d’un oncle ou d'une tante.
- Demain, je vais manger chez mon oncle et ma tante.
-
péjoratif Homosexuel efféminé.
- Non, mais tu as vu, cette tante, avec son pétard ? Tu l’as vue ? Il a bien failli me descendre, le con ! Robert Merle, Week-end à Zuydcoote, 1949, réédition Le Livre de Poche, page 16
-
Mont-de-piété.
- – Où prendras-tu de l’argent ? dit-elle. – Chez mon oncle, répondit Raoul. Florine connaissait l’oncle de Raoul. Ce mot symbolisait l’usure, comme dans la langue populaire ma tante signifie le prêt sur gage. Honoré de Balzac, Une fille d'Ève, V, 1839
- Exploitant d’attraction de foire.
2 emplois spécialisés
-
Famille
Sœur de l’un des deux parents.
- Quand il pousse la porte du Café du Pont, à Vrigne-aux-Bois, la tante est derrière le comptoir. Le café est à elle. C’est elle qui a fait dire qu’il n’avait qu’à venir. Que dans les fonderies, il y avait du travail tant qu’on en voulait. Suffisait d’être courageux. Michel Séonnet, Le Vent vivant des peuples : récits et légendes de Champagne-Ardenne : 1945-2005, Creaphis Éditions, 2006, page 73
- Anthropologie Sœur du père ou de la mère. Femme de l'oncle.
Citation
Je ne m'arrêterai point à Dijon : je ne pourrai refuser quelques jours en passant à quelque vieille tante que je n'aime guère
Origine du mot
Altération enfantine de ante (« sœur du père ou de la mère ») attesté jusqu’au XVIIᵉ siècle, issu du latin amita (« tante paternelle »).
latin — abamita « Grand'tante, sœur du trisaïeul paternel »
Dans le dictionnaire latin : amita
1873 — le Littré
TANTE s. f. (tan-t')
1 La sœur du père ou de la mère. encore relevé aujourd’hui
- Éraste : Et monsieur votre oncle ? - Pourceaugnac : Je n'ai point d'oncle. - Vous en aviez pourtant en ce temps-là... - Non : rien qu'une tante. - C'est ce que je voulais dire, madame votre tante ; comment se porte-t-elle ? — MOL., Pourc. I, 6
- Je ne m'arrêterai point à Dijon : je ne pourrai refuser quelques jours en passant à quelque vieille tante que je n'aime guère — SÉV., 154
2 La femme de l'oncle.
3 Grand'tante, la sœur de l'aïeul ou de l'aïeule. Deux grand'tantes.
4 Tante à la mode de Bretagne, la cousine germaine du père ou de la mère. encore relevé aujourd’hui
5Populairement. Ma tante, le Mont-de-piété ou un prêteur sur gages. Emprunter cent francs à ma tante.
- Il m'est impossible de faire ce que vous demandez [rendre la vaisselle d'argent qu'il avait achetée à crédit] par la raison qu'en ce moment mon argenterie ou, si vous aimez mieux, votre argenterie est chez ma tante - Chez ma tante ! cria l'orfévre se levant ave fureur — CH. DE BERNARD, les Ailes d'Icare, ch. 4
Historique
XIIIe s.
- Se li frere prant feme, et la sor se marie, et chascun a enfanz, li enfant à la seror apeleront lo frere lor oncle et cil au frere apeleront la sor ente — Liv. de jost. 226
- Nos meres qui furent seurs germaines de nostre dit oncle et antes de nostre dit cousin — Ass. de Jérus. II, 413
4 autres citations
- E sa tante celui porta — Grégoire, p. 50
- Ele fu sa tante e sa mere — ib. p. 112
- Et come Eideline se seist avec l'enfant, il comença à crier et à dire à icele Eideline : ma tante, ma tante, veez, veez — Miracles St Loys, p. 173
- Se tere esquiet [échoit] de costé à celi qui est mariés, comme d'oncle ou d'antain, de frere ou de sereur.... — BEAUMANOIR, XIII, 13
XVe s.
- Et se tint madame Anne de Behaigne à Bruxelles delez son oncle et sa belle ante — FROISS., II, II, 133
- Que comme il ait votre pere servi Et vostre tante en Lombardie aussi — E. DESCH., Supplicat. au roi.
Étymologie
Picard, ante, nante ; wallon, antin, grand'tante ; provenç. amda ; lombard, ameda ; amida ; Brescia, meda ; du lat. amĭta, qui, ayant l'accent sur a, a donné régulièrement ante, qui est la forme ancienne conservée dans le picard. Mais d'où vient le t-ante ? Diez pense que c'est un t euphonique comme dans voilà-t-il ; mais, pour qu'une lettre euphonique ait une raison d'être, il faut qu'il y ait rencontre de deux voyelles ; aussi, précisant davantage, et pour avoir cette rencontre, Scheler admet qu'avec les adjectifs possessifs féminins on a intercalé un t : ma-t-ante, et que finalement ce t euphonique s'est agglutiné avec ante. À cela, il y a lieu d'objecter que nous n'avons aucune trace de l'intercalation d'un t euphonique après les adjectifs possessifs féminins ma, ta, sa. Cela reste donc à l'état d'hypothèse. Autant que nous savons présentement, tante représente ta ante ; mais alors comment se fait-il que ta ante ou t'ante soit devenu l'équivalent de ante ? Ici se présente une analogie : les cas analogues sont la justification des cas singuliers. Le wallon forme les noms de parenté avec l'adjectif possessif mon, ma, ainsi monfré, frère, maseûre, sœur, mononk, oncle, matante, tante ; dans ces mots mon, ma n'est qu'un son et n'a point de sens. Quelque chose de semblable se sera fait pour ante ; ta s'y sera agglutiné sans y rien ajouter ; et tante a fini par expulser ante ; ces formes proviennent du parler enfantin et domestique ; et les enfants disent encore aujourd'hui tatan pour tante. Au reste, tante est fort ancien ; il est dans le poëme sur Grégoire. Quant à antain, c'est le cas du régime pour ante.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (cibles)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « tante » du Wiktionnaire.