tente

nature
nom féminin
diction
[tɑ̃t] · 1 syllabe
usage
34 par million de mots

Sens et définitions

Nom 3

  1. Sorte de pavillon fait ordinairement de toile, d’étoffe tendue, dont on se sert à la guerre, à la campagne, pour se mettre à couvert.
    • À partir du mois de juin, la plage, aujourd'hui disparue, se couvrait de tentes pour la saison des bains de mer. Frédéric Weisgerber, Au seuil du Maroc Moderne, Institut des Hautes Études Marocaines, Rabat : Les éditions de la porte, 1947, page 19
  2. Abri du campeur souvent en toile imperméable et avec une armature légère.
    • Les tentes de randonnée. On en distingue deux types : la tente abri extra-légère, la tente portative légère. Jean Loiseau, Conseils aux campeurs débutants; comment s'équiper, comment pratiquer le camping, notions élémentaires indispensables, Vigot frères, 1938, page 40
1 emploi spécialisé
  1. Anatomie Nom d’extension d’un élément anatomique dans un autre
    • Tente de l'hypophyse

Formes fléchies 5

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de tenter.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de tenter.
    • Ils ne font rien comme les autres au grand découragement de la fillette, qui tente en vain de les "débizarriser". Jane Sutton, Connaissez-vous ma famille ?, 1982
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de tenter.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de tenter.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de tenter.

Citation

Nous allons faire planter au bout de la grande allée, du côté du mail, une petite espèce de tente
Madame de Sévigné, 435

Origine du mot

Tendre 2 ; provenç. tenda ; espagn. tienda ; ital. tenda — Littré, 1873

1873 — le Littré

TENTE1 s. f. (tan-t')

1 Pavillon de peau, de toile et autres substances dont on se sert pour se mettre à couvert. encore relevé aujourd’hui

  • Il [Louis XIV] est venu camper dans un guéret, sous des tentes même assez petites, les grandes étant demeurées à Grave l'année dernière — PELLISSON, Lett. hist. t. I, p. 276
  • Nous allons faire planter au bout de la grande allée, du côté du mail, une petite espèce de tente — SÉV., 435
5 autres citations
  • Elles font des tentes, dont les unes sont de peaux cirées, les autres d'écorces d'arbres — FÉN., Tél. VIII
  • Chaque famille, errante dans ce beau pays, transporte ses tentes d'un lieu en un autre — ID., ib.
  • Toute l'armée des alliés dressait déjà ses tentes — ID., ib. XI
  • Ces tentes [des soldats], pour l'ordinaire, étaient de peaux ; d'où vient cette expression fort usitée dans les auteurs : sub pellibus habitare [loger sous les peaux] — ROLLIN, Hist. anc. t. XI, 2e part. p. 421, dans POUGENS
  • On lui présenta [à Charles XII], de la part du Grand Seigneur, une large tente d'écarlate brodée d'or — VOLT., Charles XII, 7

Fig.

  • Un seul jour, ô mon Dieu, passé dans votre maison sainte, s'écriaient-ils.... console plus le cœur que les années entières passées dans les plaisirs et dans les tentes des pécheurs — MASS., Carême, Resp. dans les temples.
  • Il habitera sous des tentes de sûreté et de confiance — ID., Profess. relig. Serm. 2
1 autre citation
  • Et qu'est-ce que la terre ? une prison flottante, Une demeure étroite, un navire, une tente — LAMART., Harm. III, 9

Fig. Se retirer sous sa tente, cesser, par contrariété, de prendre part à quelque chose, par allusion à Achille, qui, irrité contre les Grecs, cessa de prendre part aux combats.

Chez les Juifs, fête des Tentes, voyez SCÉNOPÉGIE.

2 Au plur. Les tentes, le camp, les troupes.

  • Qu'ils viennent vous chercher sous les tentes d'Achille — RAC., Iphig. v, 2
  • Le ciel qui m'a conduit dans les tentes du Maure — VOLT., Tancr. III, 2

3Fig. La guerre, à cause que c'est surtout en campagne que l'on se sert des tentes.

  • Il étudiait la géométrie jusques dans sa tente — FONTEN., l'Hôpital.
  • Il [Bonaparte] fit du glaive un sceptre et du trône une tente, Tout son règne fut un combat — V. HUGO, Odes, I, 11

4 Tente-abri, petite tente légère que les soldats peuvent dresser instantanément en réunissant ensemble plusieurs des morceaux de toile dont chacun d'eux est muni.

Au plur. Des tentes-abris.

5Terme de marine. Toile tendue sur une partie d'un navire, ou sur ce navire dans toute son étendue, pour mettre le pont à l'abri du soleil.

Tente de nage, toile que l'on tend au-dessus des bancs dans quelques embarcations.

6Terme de chasse. Sorte de filet que l'on tend pour prendre des bécasses et autres oiseaux de passage.

7 Dans quelques provinces, barrage en menues branches soutenues par des pieux que l'on fait dans une rivière, et auquel on adapte, devant un petit passage laissé exprès, la gueule d'une nasse pour prendre du poisson.

8Terme d'anatomie. Tente du cervelet, repli de la dure-mère tendu entre le cerveau et le cervelet. non relevé aujourd’hui

Historique

XIIIe s.

  • Al jardin orent fait dresser la maistre tente — Berte, X
  • Il chevauchent tant qe il furent venu en plain là ù les enimis estoient à tendes — MARC POL, p. 743

XIVe s.

  • Comme fait l'yraigne qui prend les mouches en ses rets et en ses tentes — LE CHEV. DE LA TOUR, Instr. à ses filles, f° 26, dans LACURNE.

XVIe s.

  • Les Arabes que l'on surnomme Scenites (comme qui diroit Tenteniers), pour ce que c'est un peuple vagabond, qui n'a point d'autres maisons que des tentes qu'il porte tousjours quant et soy — AMYOT, Lucull. 38
  • Sçavoir au vray les devis qu'il [Brutus] tenoit en sa tente à quelqu'un de ses privez amis, la veille d'une bataille — MONT., II, 107
Étymologie

Tendre 2 ; provenç. tenda ; espagn. tienda ; ital. tenda

TENTE2 s. f. (tan-t')

Terme de chirurgie. Faisceau de charpie longue, dont les filaments sont disposés parallèlement et liés par le milieu avec un fil, et dont on se sert pour les plaies, pour dilater certaines ouvertures, etc.

Historique

XIVe s.

  • Medecine ne tente ne doit toucier sans moien le nerf blecié, fors vin eschaufé — H. DE MONDEVILLE, f° 48

XVIe s.

  • Et sera mis en la playe une tente d'or ou d'argent.... — PARÉ, VI, 12
  • Faut mettre une tente de linge delié en quatre ou cinq doubles, trempé en syrop rosat — ID., VIII, 16
Étymologie

Tenter. La tente est proprement une sonde ; et l'on disait tenter une plaie pour la sonder : XVe s.

  • Et luy tenterent ses playes, et vont mettre sus ce qu'elles sceurent que bon feust — Perceforest, t. I, f° 47

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « tente » du Wiktionnaire.

Retour au dictionnaire