abri

nature
nom masculin
diction
[abʁi] · 2 syllabes
attesté
1170
usage
74 par million de mots

Sens et définitions

Nom 12

  1. Lieu où on peut se mettre à couvert, se protéger des intempéries ou d'un danger.
    • Si misérable que soit l’abri dont on dispose, il est encore préférable à la bise glacée. Ludovic Naudeau, La France se regarde : Le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931
  2. Construction équipée d’un toit qui protège les utilisateurs de transports en commun, le matériel sensible…
    • Rejoignons l’abri pour attendre l’autobus.
  3. figuré Ce qui préserve de l’adversité.
    • Ce coin perdu de Jan-Mayen n’est pas à l’abri des cancans, des mystères, des intrigues et même des complications diplomatiques. Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928
9 emplois spécialisés
  1. Agriculture Tout ce qui sert à garantir, soit de l’action désastreuse des vents, soit de la trop grande ardeur du soleil, soit du gel.
    • Sylvius, tant que le cornouiller au tronc noir restera debout, nos âmes vivront dans cet abri de verdure où nous nous sommes aimés, elles fleuriront avec les roses et se pencheront sur les bordures épaisses des buis. Marguerite Burnat-Provins, Le Livre pour toi dans la bibliothèque Wikisource , LXIX. « Avant de m’en aller vers d’autres contrées », E. Sansot et Cie, 1907, pages 141-142
  2. Militaire Installation destinée à protéger des projectiles ennemis.
    • Vers 15 heures, alors que le défilé de la débâcle continuait, un bruit d'avions inquiéta la population. Trois ou quatre chasseurs bombardiers survolaient la ville, et les habitants gagnèrent en hâte les abris. Jeanne Pautrat, La Vallée de Nohain : ses villages, ses moulins, son patrimoine au fil de l'eau, Éditions du Terroir, 1998
  3. Météorologie Enceinte en forme de caissette montée sur socle, exposée au nord, et contenant divers appareils de mesure.
    • Le 29 avril, j'ai installé un second poste d’ozonoscopie à la rampe de notre belvédère, à 20 mètres au-dessus du poste établi dans l’abri des thermomètres qui servent aux observations météorologiques. P. Bruno, L'ozone et la prévisions du temps, dans Ciel et Terre, volume 14, 1894, page 207
  4. Parcs et jardins botaniques Installation peu coûteuse permettant aux visiteurs de se protéger contre les intempéries et contenant habituellement un poêle à bois, une table, des bancs et parfois des panneaux d'information sur le patrimoine du parc.
  5. Militaire Structure servant à protéger les troupes, le matériel, les véhicules ou les aéronefs contre les effets des armes, mais ne permettant pas de tirer sur l'ennemi.
  6. Gestion des urgences Endroit qui offre une protection contre un danger, des contaminants ou des éléments nocifs dans l'environnement et qui peut servir à héberger temporairement les personnes touchées par un incident.
  7. Militaire Protection naturelle ou artificielle.
  8. Service d'incendie Espace couvert et fermé sur les côtés, aménagé pour le personnel derrière la cabine de certains véhicules d'incendie.
  9. Protection des végétaux Dispositif utilisé en agriculture pour protéger les productions végétales contre les excès dommageables de certains éléments climatiques, généralement le vent et les températures minimales.

Citation

L'arbre sacré [de la liberté] sur ce concours immense Forme un abri de rameaux toujours verts
Pierre-Jean de Béranger, Lafay.

Origine du mot

Du moyen français abri, de l’ancien français (même mot), déverbal sans suffixe de l’ancien français (XIᵉ siècle) abrier (« mettre à l’abri »), usité jusqu’au début du XVIIᵉ siècle et conservé comme terme de marine et comme régionalisme, du bas latin apricare, altération de apricari (« se mettre au soleil », puis « se mettre à l’abri, s’abriter »), de apricus (« exposé, ensoleillé »), peut-être de *apericus, lui-même de aperire (« ouvrir », puis « découvrir, dévoiler, mettre au grand jour »), peut-être issu de *ap-ueriō, et operio (« fermer ») de *op-ueriō, composés de *ueriō, dont le correspondant existerait dans les langues balto-slaves : le vieux slave *vrěti ; apparenté à veru ; de l’indo-européen commun *u̯er-.

latin — ab « et au fig.) : De, de chez, hors de, à l'abri de : A judice venio »

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

ABRI s. m. (a-bri)

1 Ce qui protége contre.... Abri contre la pluie. Sous un abri sûr. Le mauvais temps les força de chercher un abri. La côte offrait un abri au vaisseau. Cette rade est un abri. La montagne sert d'abri contre le vent du nord. encore relevé aujourd’hui

  • S'il est, aux bords déserts du torrent ignoré, Quelque rustique abri de verdure entouré.... — LAMART., Médit. XX
  • L'arbre sacré [de la liberté] sur ce concours immense Forme un abri de rameaux toujours verts — BÉRANG., Lafay.

2Fig. Ce qui préserve. Abri contre le malheur. L'accusé trouva un abri dans sa dignité. encore relevé aujourd’hui

  • Sous l'abri d'un grand nom sûr de l'impunité, à d'horribles excès leur orgueil s'est porté — C. DELAV., V, Sicil. II, 2

3 À L'ABRI, loc. adv. Se tenir à l'abri dans sa maison.

  • Dans une rade où ils se trouvèrent à l'abri — FÉN., Tél. IX
  • Vous ne pouvez qu'aux dépens de sa tête Mettre à l'abri la vôtre — CORN., Mort de P. I, 1
1 autre citation
  • Il fallut se mettre à l'abri — LA FONT., Fiancée.

4 À L'ABRI DE, loc. prépositive. En sûreté contre. Être à l'abri du froid. Afin que les défenseurs fussent à l'abri des balles. être à l'abri de l'injure. Personne n'est à l'abri du mal. A l'abri des railleries. Le port est à l'abri de tous les vents.

  • Rien ne met à l'abri de cet ordre fatal — RAC., Esth. I, 3
  • Les montagnes mettent cette côte à l'abri des vents — FÉN., Tél. III
1 autre citation
  • J'essuyai les mépris qu'à l'abri du danger L'orgueilleux citoyen prodigue à l'étranger — VOLT., Orph. II, 6

5 À L'ABRI DE, En sûreté sous. Mouiller à l'abri d'une terre. À l'abri d'une cabane, nous laissâmes passer l'orage. Il se mit à l'abri du fleuve. À l'abri de son déguisement, il parcourait les campagnes.

  • Ils ont des amis qu'ils vous mettront en tête, et, à l'abri de ces protecteurs, ils sont en état de repousser tous vos coups et de résister à tous vos efforts — BOURD., Pens. t. II, p. 264
  • Et vous et vos enfants, vos amis, votre époux, A l'abri du sénat aurez un sort plus doux — MAIRET, Mort d'Asd. IV, 4
3 autres citations
  • À l'abri de ce trône attendez mon retour — RAC., Esth. II, 8
  • Encor si vous naissiez à l'abri du feuillage Dont je couvre le voisinage — LA FONT., Fab. I, 22
  • Un galant de qui tout le métier Est de courir le jour de quartier en quartier, Et d'aller à l'abri d'une perruque blonde De ses froides douceurs fatiguer tout le monde — BOILEAU, Sat. IV

6

Historique

XIIe s.

  • E quant vint tempeste et pluie, en cel encloistre [clos] pur [pour] abri aveir entrerent — Rois, 251

XVIe s.

  • A l'abri des coups — MONT., I, 25
  • Ceux que Dieu a mis à l'abry des necessités — ID., IV, 97
Étymologie

Bourguign. averi, aibri ; wall. à l'abri, exposé : èse à l'abri del plaive, être exposé à la pluie ; bas-lat. abrica, abriga ; provenç. abric ; catal. abrig ; espagn. et port. abrigo ; du latin apricus, exposé au soleil. La concordance est complète pour la forme ; apricus ayant l'accent sur la seconde syllabe, l'accent est resté dans les langues romanes sur cette même syllabe ; ce qui est la règle de la dérivation. La signification seule fait difficulté. Mais les langues romanes ont pris se mettre à l'abri pour se mettre à couvert, parce que les choses exposées au soleil sont en quelque sorte à couvert du frold et du mauvais temps. D'ailleurs la signification d'exposé au grand air se trouve dans le wallon, comme on voit. Les langues germaniques ont aber, exposé au soleil, anc. haut allem. âpon, serein, qui paraissent avoir de la parenté avec le mot latin. Diez n'accepte pas cette étymologie, y objectant que l'italien n'a pas ce mot qu'il aurait s'il venait d'apricus, et que le sens ne peut pas passer de exposé au soleil, au sens de à couvert. En conséquence il propose l'allemand bergen, au présent birg, cacher, mettre en sûreté ; d'où, par une métathèse de l'r, et avec la préposition romane à, on a abric. Malgré ces objections, l'étymologie latine me paraît la plus vraisemblable.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « abri » du Wiktionnaire.

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