refuge
- nature
- nom masculin
- diction
- [ʁəfyʒ] · 2 syllabes
- usage
- 25 par million de mots
Sens et définitions
Nom 13
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Asile ; retraite ; lieu où l’on cherche un abri.
- Carcassonne était la place centrale des opérations entreprises contre l’armée aragonaise et un refuge assuré en cas d’échec. Eugène Viollet-le-Duc, La Cité de Carcassonne, 1888
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Centre d’accueil et de protection destiné à recueillir les animaux trouvés.
- Il avait également un chien – un bâtard de deux ans, qu’il était allé chercher le jour de Noël au refuge SPA de Montargis. Michel Houellebecq, La carte et le territoire, 2010, J’ai lu, page 229
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Habitat de montagne pour les alpinistes.
- Les refuges sont faits pour abriter les alpinistes avant ou après la course, et non pour servir d’auberges ou de buts de promenade aux simples badauds… Samivel, L’amateur d’abîmes, 1940, réédition Le Livre de Poche, page 52
- Terre-plein au milieu de la voie publique où les piétons peuvent se garer des voitures.
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figuré Bienfaiteur dont on attend, dont on implore la protection, le secours.
- Voilà mon dernier refuge.
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figuré Prétexte, raisons apparentes sous lesquelles l’erreur ou la mauvaise foi cherche à se mettre à couvert.
- Quel misérable refuge que ce prétexte!
- figuré Activité paisible qui occupe l’esprit et détourne des autres tracas.
6 emplois spécialisés
- Protestantisme Ensemble des pays dans lesquels se sont installés les Huguenots qui ont fui la France pendant les persécutions.
- Parcs et jardins botaniques Bâtiment aménagé pour permettre aux visiteurs de se réchauffer, de se restaurer ou de dormir.
- Parcs et jardins botaniques Lieu où des animaux, notamment des oiseaux ou des poissons, sont protégés et où il est interdit de pêcher ou de chasser; p. ex. un refuge d'oiseaux migrateurs, un refuge ichtyologique, un sanctuaire faunique.
- Forces terrestres En opérations terrestres, endroit où il est possible de se disperser et de se dissimuler temporairement pour le repos, la maintenance, le ravitaillement ou d'autres activités administratives.
- Sécurité des personnes Plate-forme ménagée au milieu d'un pont ferroviaire, sur le côté, et destinée à servir de refuge aux personnes qui y travaillent, au moment du passage d'un train.
- Droit international public Abri contre un danger, une menace, une poursuite, que l'on recherche ou que l'on se procure en se rendant ou en se trouvant dans un lieu où l'on espère pouvoir échapper à ce danger, à cette menace ou à cette poursuite. La notion de refuge peut s'appliquer soit à l'abri recherché contre un danger physique : cas du navire qui cherche refuge dans un port contre un péril de mer, de la personne cherchant refuge dans une ambassade ou sur un navire de guerre pour échapper aux violences de la foule, soit à l'abri recherché pour échapper à l'action de l'autorité publique; cas du criminel cherchant refuge en pays étranger.
Citation
Mais chercher ton asile en la maison du mort ! Jamais un meurtrier en fit-il son refuge ?
Origine du mot
Du latin refugium (« action de se réfugier », « lieu de refuge », « refuge », « asile ») de refugere (« fuir en rebroussant chemin », « reculer », « se réfugier ») composé du préfixe re- et de fugere (« fuir », « s’enfuir »).
Dans le dictionnaire latin : refugium
1873 — le Littré
REFUGE s. m. (re-fu-j')
1 Lieu où l'on s'enfuit, où l'on se retire pour être en sûreté. encore relevé aujourd’hui
- Mais chercher ton asile en la maison du mort ! Jamais un meurtrier en fit-il son refuge ? — CORN., le Cid, III, 1
- Il [Dieu] sera votre juge : Vous ne trouverez point devant lui de refuge — ID., Poly. V, 2
3 autres citations
- Les coupables du même crime cherchent naturellement un même refuge — BOSSUET, Déf. Var. 1er disc. 40
- Dans cette inconstance des choses humaines.... celui-là me semble heureux qui peut avoir un refuge — ID., Sermons, Amour des plaisirs, 2
- Là [dans la tour de Montlhéri], depuis trente hivers un hibou retiré Trouvait contre le jour un refuge assuré — BOILEAU, Lutr. III
Lieu où se rendent des gens qui ne sont guère reçus ailleurs.
- Votre maison est le refuge ordinaire de tous les fainéants de la cour — MOL., Critique, 1
2Fig. Appui, soutien, en parlant des personnes qui servent de refuge. encore relevé aujourd’hui
- Tous nos maux en ce monarque Ont leur refuge et leur secours — MALH., II, 4
- Ce lion ayant été contraint pour quelques raisons d'État de sortir de Libye avec toute sa famille.... je crois que vous ne trouverez pas indigne de vous d'être le refuge des lions affligés — VOIT., Lett. 41
2 autres citations
- Dieu est notre refuge et notre force — SACI, Bible, Psaumes, XLV, 2
- Promettez.... Que, sévère aux méchants et des bons le refuge, Entre le pauvre et vous, vous prendrez Dieu pour juge — RAC., Athal. IV, 3
Il se dit aussi des choses.
- N'a-t-on point de présent à faire, Point de pourpre à donner, c'est en vain qu'on espère Quelque refuge aux lois... — LA FONT., Fabl. XI, 7
- La reine voulait que les rebelles trouvassent leur refuge dans sa parole — BOSSUET, Reine d'Angl.
3Fig. Prétexte pour s'excuser, raison apparente dont on cherche à se couvrir. On l'a poursuivi dans tous ses refuges. encore relevé aujourd’hui
- Vous voulez dire que la cour ne se connaît pas à ces choses ; et c'est le refuge ordinaire de vous autres messieurs les auteurs — MOL., Critique, sc. 7
- C'était le dernier refuge des manichéens — BOSSUET, Nouv. myst. 16
4 Maison de refuge ou, simplement, refuge, maison d'asile pour les indigents, ou de correction pour des femmes qu'on veut retirer du désordre. encore relevé aujourd’hui
- Je me trouve fort offensée de la proposition de ce milieu entre le monde et le refuge — MAINTENON, Lett. à Mme de Villette, 13 août 1708
5 Ordre du refuge, ordre de religieuses fondé à Nancy en 1617 et établi pour la retraite des femmes et des filles dérangées. non relevé aujourd’hui
6 Chez les Hébreux, refuges ou villes de refuge, villes où se retiraient ceux qui avaient commis un meurtre involontaire.
Historique
XIIe s.
- E faiz est li sires refuges al povre — Liber psalm. p. 9
- Pur ceo vos requerum merci, De defendement suffraitus, Et de refuge besoignus — BENOÎT, II, 293
3 autres citations
- Ne il ne poent contre lui Aver defense ne refui — Grégoire le Grand, p. 60
- Pur ço est France franche, par les sainz ù je fui, Que cil ki mestier unt i viengent à refui — Th. le mart. 54
- Il est mis escudz [mon bouclier] e ma salveted ; il me eslieved, e il est mun refui — Rois, p. 205
XIIIe s.
- Sont en terre establi li juge Por estre deffense et refuge à cel cui li monde forfet — la Rose, 5486
XIVe s.
- Il cuident et tienent que en tel cas le seul et singulier refuge c'est à ses amis — ORESME, Eth. 229
XVe s.
- Il connoissoit bien les adreces et les refuges du pays, comme celuy qui en estoit — FROISS., liv. I, p. 91
- Au fort, puisqu'en ce point je suy, Je porterai ma grant penance, Ayant vers loyauté refui, Où j'ay mis toute ma fiance — CH. D'ORL., Ball. 17
XVIe s.
- Il fut contraint de se retirer pour son dernier refuge par devers luy — AMYOT, Marius, 14
Étymologie
Provenç. refug, refuy, refuch, refut ; espagn. refugio ; ital. rifugio ; du lat. refugium, de refugere (voy. REFUIR). On remarquera les deux formes refui et refuge.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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