prétexte

nature
nom masculin
diction
[pʁetɛkst] · 2 syllabes
usage
49 par million de mots
parenté
pré

Sens et définitions

Nom 4

  1. Cause simulée, supposée ; raison apparente dont on se sert pour cacher le véritable motif d’un dessein, d’une action.
    • La consigne est de venir chez moi et de ne me connaître sous aucun prétexte. Marguerite Duras, La douleur, P.O.L., page 95
  2. Robe longue et blanche, bordée par le bas d’une petite bande de pourpre, et que les enfants des familles patriciennes portaient jusqu’à l’âge de la puberté.
    • Et en effet, encore pupille et sous la prétexte, il osait déjà recommander des accusés aux juges et interposer son crédit dans le barreau avec tant d’efficacité que plus d’un jugement fut notoirement arraché par lui. Où ne se fût pas emportée une si précoce ambition ? Sénèque, De la Brièveté de la vie in Œuvres complètes de Sénèque le Philosophe, volume I, Hachette, Paris, 1914, page 318
2 emplois spécialisés
  1. Antiquité romaine Toge blanche bordée d’une large bande de pourpre, et qui était une marque de dignité patricienne.
    • Les consuls prenaient la prétexte le premier jour qu’ils entraient en charge.
  2. Police Explication moins élaborée que la couverture.

Adjectif 1

  1. Bordé de pourpre. Uniquement utilisé pour parler de la toge prétexte « toge bordée », qui était une toge romaine ornée d’une bordure pourpre.
    • Je grandissais dans l’indifférence : la robe prétexte, je m’en foutais. Jean-Paul Sartre, Les mots, 1964, collection Folio, page 198

Formes fléchies 5

  1. Première personne du singulier du présent de l’indicatif de prétexter.
  2. Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de prétexter.
  3. Première personne du singulier du présent du subjonctif de prétexter.
  4. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de prétexter.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de prétexter.

Citation

Il lui convenait de me faire servir de prétexte quelquefois à ce qu'il faisait, et presque toujours à ce qu'il ne faisait point
Cardinal de Retz, Mém. t. III, liv. IV, p. 187, dans POUGENS

Origine du mot

(Nom commun 1, adjectif) Du latin praetextus (« bordé, ornement, bordure, prétexte »), dérivé de praetexo (« border, broder, orner, prétexter »).

(Nom commun 2) Du latin praetexta (« toge prétexte, bordée de pourpre »), dérivé de praetexo (« border »).

Dans le dictionnaire latin : praetexta, praetextus

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

PRÉTEXTE1 adj. f. (pré-tèk-st')

Terme d'antiquité romaine. Robe prétexte, ou, substantivement, la prétexte, robe blanche bordée de pourpre, qui était à Rome une des marques de dignité.

  • La tragédie et la comédie portaient le nom de praetextata, quand on y introduisait des personnes de haute condition, dont l'habit distinctif était la prétexte — BERNARDI, Instit. Mém. inscr. et belles-lett. t. VIII, p. 274

Longue robe blanche garnie d'une petite bande de pourpre, que les enfants de famille patricienne portaient jusqu'à l'âge de puberté.

Historique

XIVe s.

  • Pretexte estoit une maniere de noble vestement, de quoy usoient entre les Romains ceux qui estoient constituz en office — BERCHEURE, f° 3
Étymologie

Lat. prætexta, sous-entendu toga, robe bordée, de præ, au bord, et texere (voy. TISSER).

PRÉTEXTE2 s. m. (pré-tèk-st')

Cause supposée, raison apparente dont on se sert pour cacher le motif réel d'un dessein, d'une action. encore relevé aujourd’hui

  • Seigneur, ne donnez point de prétexte à César — CORNEILLE, Pomp. II, 4
  • Il lui convenait de me faire servir de prétexte quelquefois à ce qu'il faisait, et presque toujours à ce qu'il ne faisait point — RETZ, Mém. t. III, liv. IV, p. 187, dans POUGENS
10 autres citations
  • Henriette, entre nous, est un amusement, Un voile ingénieux, un prétexte, mon frère, à couvrir d'autres feux dont je sais le mystère — MOL., Femmes sav. II, 3
  • Ils couvrent leur prudence humaine du prétexte d'une prudence divine — PASC., Prov. V
  • Cette raison, honnête à dire, est fort aisée à comprendre ; elle n'a point l'air d'un prétexte, après tant de preuves de votre bonne volonté et de votre magnificence — SÉV., 508
  • La peur de se ruiner est un prétexte au goût breton [au désir de Ch. de Sévigné de se fixer en Bretagne] — ID., 13 mars 1680
  • Ce serait un commencement de prétexte à me mal payer — ID., 17 juill. 1693
  • Ceux qui sont instruits des affaires, étant obligés d'avouer que le roi [Charles Ier] n'avait point donné d'ouverture ni de prétexte aux excès sacriléges dont nous abhorrons la mémoire... — BOSSUET, Reine d'Anglet.
  • Tu crois ce qu'elle dit ? c'est un prétexte pour avoir raison d'être toujours dehors — DANCOURT, Bourg. à la mode, IV, 6
  • S'il est vrai que vous ne désiriez qu'une bonne paix, la voilà qui se présente à vous, et qui vous ôte tout prétexte de reculer — FÉN., Tél. X
  • Un des prétextes dont on se servit pour accabler Bayle et pour le réduire à la pauvreté, fut son article de David dans son utile Dictionnaire — VOLT., Dict. phil. Philosophe.
  • Le jeune prince était le prétexte des visites [du roi] ; la gouvernante [Mme de Maintenon] en était le véritable objet — GENLIS, Mme de Maintenon, t. I, p. 55, dans POUGENS

Il n'y a pas de prétexte à cela, et absolument, il n'y a pas de prétexte, il n'y a pas même de raison apparente pour....

Sur un prétexte, en se fondant, en s'appuyant sur un prétexte.

  • Sur ce prétexte, il demanda au sénat le gouvernement de cette province — VERTOT, Révol. rom. XIV, 307
  • Il cherche querelle sur le moindre prétexte — Dict. de l'Acad.

Sous un prétexte, en se couvrant d'un prétexte.

  • On prenait pour prétexte qu'il était nécessaire à Cadix, car on ne lui pouvait nuire que sous des prétextes honorables — FONTEN., Renau.

Sous prétexte, loc. prép. Sous prétexte de maladie.

  • Xénophon [un médecin], sous prétexte de faciliter le vomissement, se sert d'une plume enduite d'un poison plus violent, et Claude expire — DIDER., Claude et Nér. I, 33

Sous prétexte que, loc. conj.

  • Sous prétexte qu'ils adoraient le Dieu d'Israël — BOSSUET, Hist. I, 8
Historique

XVIe s.

  • La raison accusant nostre lascheté de craindre chose si soubdaine, si inevitable, si insensible [la mort], nous prenons cet aultre pretexte [la douleur] plus excusable — MONT., I, 302
  • Soubs quelque pretexte — ID., I, 59
2 autres citations
  • C'estoit un bien rusé preteste que M. le connestable inventoit pour demeurer seul auprès du roy — CARL., II, 5
  • Le capitaine ayant abandonné la place sur le pretexte qu'il prit (fort mauvais, toutefois) d'aller.... — CASTELN., 241
Étymologie

Lat. prætextus, prétexte, de prætexere, tisser devant, et, de là, placer en avant, alléguer (voy. PRÉTEXTE 1).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « prétexte » du Wiktionnaire.

Retour au dictionnaire · Signaler une erreur sur cette fiche