pré
- nature
- nom masculin
- diction
- [pʁe] · 1 syllabe
- usage
- 25 par million de mots
Sens et définitions
Nom 5
-
Lieu où a lieu un duel.
- On ne connaît au sujet de Monsieur d’A. qu’un scandale, d’ailleurs flatteur : il est allé sur le pré à la suite d’une liaison avec la femme d’un conseiller d’ambassade. Marguerite Yourcenar, Quoi ? L'Éternité, 1988
-
archaïque Bagne.
- Ma petite Madeleine, apprête-toi à retourner au pré à vioque, reprit Jacques Collin. Honoré de Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes, 1838-1847, quatrième partie
3 emplois spécialisés
-
Agronomie
Champ où pousse de l’herbe (naturelle ou cultivée), où l’on recueille du foin, ou qui sert au pâturage.
- Un bon terrain peut fournir jusqu’à cent milliers de betteraves par hectare, j’en ai même récolté jusqu’à cent vingt sur un pré nouvellement défriché, […]. Jean-Antoine Chaptal, Mémoire sur le sucre de betterave, Mémoires de l’Académie des sciences, tome 1, 1818 (pages 347-388)
- Géomorphologie et géomorphogénie Terrain plat à végétation courte.
- Agriculture Terrain produisant de l'herbe qui sert à la nourriture du bétail.
Citation
Un ruisseau qui, sur la molle arène, Dans un pré plein de fleurs lentement se promène
Origine du mot
Du latin pratum (« pré »).
Dans le dictionnaire latin : pratum
1873 — le Littré
PRÉ s. m. (pré)
1 Terre à foin ou à pâturage. encore relevé aujourd’hui
- Un ruisseau qui, sur la molle arène, Dans un pré plein de fleurs lentement se promène — BOILEAU, Art p. I
- Les prés et les bois de bonne qualité sont de tous les biens ceux qui exigent le moins de soins et de frais — GENLIS, Maison rust. t. I, p. 18
Fig.
- Le pré valait-il la fauchure ? [Le jeu valait-il la chandelle ?] — PIRON, les Misères de l'amour
Vert comme pré, très vert.
Prés salés, prés situés au bord de la mer et ayant une saveur salée excitant l'appétit des animaux et donnant à la chair, au lait, au beurre un goût particulier qui les fait rechercher.
- La chair du mouton n'est nulle part aussi bonne que dans les pacages ou prés salés — BUFF., Quadrup. t. I, p. 241
Pré-salé, voy. ce mot à son rang.
Fig. Faire son pré carré, s'arrondir, en parlant d'un propriétaire qui accroît son domaine, d'un prince qui gagne des territoires.
- Sérieusement, monseigneur, le roi devrait un peu songer à faire son pré carré — VAUBAN, Lett. à Louvois, 19 janv. 1673, dans Journ. des Débats, 27 avr. 1862
- Prêchez toujours [au roi] la quadrature, non pas du cercle, mais du pré ; c'est une belle et bonne chose que de pouvoir tenir son fait des deux mains.... — ID., Lett. à Louvois, dans Revue des Deux-Mondes, 1862, 1er févr. p. 633
2 Pré aux Clercs, nom d'une plaine qui s'étendait dans une partie de l'enceinte actuelle de Paris, où se trouve maintenant le faubourg Saint-Germain : c'était le rendez-vous ordinaire des étudiants, et le lieu où se vidaient les duels. non relevé aujourd’hui
Fig. et par allusion au Pré aux Clercs , pré, lieu assigné pour un duel. Il est resté sur le pré.
- Nous vidons sur le pré l'affaire sans témoins — CORN., Ment. IV, 1
- Je vous crois trop bon sens pour lui faire un appel ; Ésope sur le pré serait un beau spectacle ! — BOURSAULT, Fabl. d'Ésope, IV, 1
Fig. Sur le pré, au moment de la décision.
- Il fallait, pour embrasser ce parti de se passer du parlement, plus de nerf que la nature n'en avait mis en lui [le duc d'Orléans], plus d'assurance par soi-même et sur le pré qu'il n'était en lui de le faire — SAINT-SIMON, 399, 192
Proverbes
Il vaut mieux en terre qu'en pré, se dit d'un vieil avare, d'une personne inutile, nuisible, dont la mort serait un soulagement.
Épargne de bouche vaut rente de pré, c'est-à-dire économiser sur les dépenses de table est un bon revenu, les prés étant le bien-fonds dont le revenu est le plus assuré.
Historique
XIe s.
- Tout [il] l'abat mort al pred sur l'herbe drue — Ch. de Rol. CII
- Il l'abat mort devant lui en la prée — ib. CV
XIIe s.
- [Ces cheveux].... du chief [de la tête de] la reïne furent, Onques en autre pré ne crurent — la Charrette, v. 1417
XIIIe s.
- Marli, Montmorenci et Conflans, en la prée — Berte, LXXXII
- Mout [nous] sommes en bel pré mis de pauvre bruiere — ib. CXXX
1 autre citation
- Biauté se puet trop poi garder : Tantost a faite sa vesprée Com les florettes en la prée — la Rose, 8369
XVe s.
- Cependant sourdit grand different entre le seigneur Ludovic et Robert de Sainct Severin.... et demeura le pré [la place, l'avantage] au seigneur Ludovic — COMM., VII, 2
XVIe s.
- Il vient comme pluye agreable Tombant sur prez fauchez — MAROT, IV, 298
- Je le mene sur le pré.... — D'AUB., Faen. I, 1
Étymologie
Berry, prée ; provenç. prat ; espagn. prado ; ital. prato ; du lat. pratum. Les étymologistes latins le regardent comme une syncope de paratum, la chose prête ; mais cette étymologie n'est soutenue ni par la forme ni par le sens ; et l'origine de pratum reste obscure. Pré, au masculin, représente pratum ; prée, au féminin, représente le pluriel neutre prata, suivant l'usage de la langue, qui, du pluriel des noms neutres, faisait des féminins singuliers. Prée s'est conservé dans le Berry et dans quelques noms propres, comme la Prée Vallée.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « pré » du Wiktionnaire.